Les spéculateurs sont de fieffées crapules.

16 Mar

Alors que l’épidémie de coronavirus se transformait, dans les annonces de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), en une authentique PANDEMIE, la simple « correction » financière, sur les marchés boursiers, mutait, jeudi 12 mars, en terrible krach boursier.

Après un lundi noir, les Bourses mondiales ont en effet connu, jeudi 12 mars, un violent accès de fièvre malgré l’intervention des banques centrales. « Il faut remonter à 2008 pour essuyer deux sessions de Bourse aussi négatives en une seule semaine », souligne Laurent Boudoin, responsable de la gestion obligataire de Sanso Investment Solutions.

Christine Lagarde, la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), se souviendra de son baptême du feu. Malgré les mesures de soutien annoncées jeudi par l’institution de Francfort, le CAC 40 a plongé de 12,3 % pour clôturer à 4 044 points : jamais l’indice vedette de la Bourse de Paris n’avait subi un tel écroulement sur une séance, même pendant le mois d’octobre 1987 de sinistre mémoire.

Le CAC 40 abandonne désormais près de 31 % depuis le début de l’année. A la mi-février, porté par l’euphorie des spéculateurs, il caracolait encore au-dessus des 6 000 points. Les montants sont vertigineux : ces 2 000 points effacés en trois semaines équivalant à quelque 100 milliards d’euros de capitalisation boursière évaporés pour les actionnaires de LVMH, Total, Renault et autres grandes banques.

Les Bourses européennes, de Londres (– 10,9 %) à Madrid (– 14 %), en passant par Francfort (– 12,2 %), ont aussi subi des dégringolades record. Mais, sans surprise, c’est la place de Milan qui s’est avérée la plus pénalisée, alors que la pandémie liée au coronavirus contraint l’économie italienne à l’arrêt. L’indice-phare des actions transalpines a plongé de près de 17 %. Le taux d’emprunt à dix ans de l’Etat italien s’est, lui, tendu de 50 points de base. Mais que croyez-vous qu’il arrivera, aujourd’hui lundi 16 mars à la Bourse de Paris , après les annonces du Premier ministre que la Terre entière nous envie ?… »Je vous le donne en quatre, je vous le donne en dix, je vous le donne en cent » ! (comme dirait Mme de Sévigné).

Dans la soirée, la Réserve fédérale américaine (Fed, banque centrale) n’a pas plus réussi que sa consœur européenne à rassurer les salles de « trading ». Elle a pourtant annoncé l’injection de 1 500 milliards de dollars (1 340 milliards d’euros) de liquidités sur le marché monétaire. « Un pas très important », a salué James Knightley, économiste en chef chez ING.

Cela n’a pas empêché, à Wall Street, l’indice S&P 500 de lâcher 9,5 % pour clôturer sous les 2 500 points. A ce niveau, « cela veut dire que les investisseurs anticipent une récession aux Etats-Unis. C’est exagéré, mais il y a beaucoup de nervosité, car l’incertitude reste très grande », souligne Philippe Müller, responsable des thématiques d’investissement chez UBS Wealth Management. Il oublie simplement, pour bien comprendre, que la plupart de ceux qu’il appelle des « investisseurs » ne sont en réalité que des spéculateurs.

Signe de stress majeur, la montée en flèche de l’indicateur VIX – surnommé aussi « l’indice de la peur » –, qui mesure la volatilité des actions américaines. Autre phénomène inquiétant, même l’or, sacro-sainte valeur refuge, a perdu de son éclat. « Jeudi, le métal jaune a commencé, dans un premier temps, par s’apprécier avant de chuter. Cela montre qu’il y a des vendeurs forcés, qui sont obligés de couper leurs positions même si ce n’est pas leur intérêt », analyse M. Müller.

« Les marchés s’effondrent, comme en 2008, mais la situation n’a rien à voir, car la liquidité est loin d’être aussi dégradée que pendant la crise des subprimes. Nous ne sommes pas dans un environnement systémique », insiste Benjamin Melman, directeur des gestions chez Edmond de Rothschild Asset Management (Edram), qui ajoute : « Il y aura un choc économique mais peut-être a-t-il été surestimé. » Preuve que la spéculation est davantage à la manoeuvre que la réflexion d’investisseurs.

Le choc est bien réel : le transport aérien, le tourisme, l’hôtellerie, les centres commerciaux, la culture…, des secteurs entiers de l’économie voient leur activité freinée par la mise en place de mesures destinées à limiter l’expansion du virus.

Les pétroliers, de leur côté, souffrent de la glissade du prix du baril depuis dimanche 8 mars, après la décision de l’Arabie saoudite d’augmenter sa production et de réduire ses tarifs pour écouler plus de brut. Les banques, enfin, apparaissent doublement pénalisées par la chute des marchés et par la montée potentielle des défaillances d’entreprises.

Faute de pouvoir prévoir la durée de la crise sanitaire, les investisseurs s’en remettent aux Etats et aux banques centrales pour éviter que la lutte contre la pandémie ne provoque des dommages irréversibles sur l’économie mondiale. Déjà, des dispositifs de soutien aux PME ou aux banques ont été annoncés ici et là, mais, à mesure que l’Italie ferme ses commerces, les Etats-Unis ses aéroports et la France ses écoles, les attentes se font plus pressantes. C’est le schéma désormais classique de la privatisation des profits mais de la mutualisation des pertes…

« La peur du coronavirus chez les investisseurs augmente plus vite que ne parviennent les informations sur les stimuli fiscaux et monétaires », résume M. Müller. « Les mesures annoncées par la BCE sont très bonnes, mais il ne s’agit pas d’un bazooka, ajoute M. Melman. [Surtout,] on aurait pu espérer une coopération monétaire et budgétaire plus marquée, au moins au sein de l’Europe. »

Après le « pschitt » des banques centrales, les investisseurs espèrent une intervention déterminante des Etats. « Nous, Européens, ne laisserons pas une crise financière et économique se propager. Nous réagirons fort et nous réagirons vite. L’ensemble des gouvernements européens doit prendre les décisions de soutien de l’activité, puis de relance, quoi qu’il en coûte », a promis, jeudi soir, Emmanuel Macron lors de son allocution télévisée.

Mais, en 2008, il avait fallu la faillite d’un établissement de crédit allemand pour que la chancelière Angela Merkel accepte l’élaboration d’un plan européen de sauvetage des banques. Et il n’est pas certain du tout qu’elle accepte, cette fois, de déroger à ses sacro-saints principes. Les premiers éléments dont nous disposons aujourd’hui ne rendent d’ailleurs pas très optimiste…

Cette crise sanitaire inattendue aura-t-elle finalement vocation à ouvrir les yeux de nos compatriotes sur l’inutilité (voire les nuisances) de l’Union européenne par rapport à la souveraineté nationale ?

Le 16 mars 2020.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Une Réponse to “Les spéculateurs sont de fieffées crapules.”

  1. Hervé J. VOLTO mars 16, 2020 à 11:05 #

    Pendant ce temps là, la mafia napolitaine, la Camorra, se recycle de la contrebande de cigarettes à la contrebande de « mascherine » -prononcer « maquérine » et entendez masques médicaux https://www.prodottibenessereitalia.com/mascherine-antivirus/ – et en produits hydro-alcooliques vendu sous le manteau.

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