Au lieu de profiter de cette nouvelle plaie d’Egypte que constitue l’épidémie de coronavirus…

21 Mar

Pour réduire la surpopulation carcérale en France, les pouvoirs publics tiennent absolument à mettre les malfrats à l’abri !

Rendez-vous compte. Au 1er janvier 2020, les prisons françaises comptaient 70 651 détenus dont plus de 80% d’origine étrangère (principalement maghrébins et subsahariens). Parmi ceux-ci, plus de la moitié (41 700) sont hébergés à raison de plusieurs par cellule. Bref, un terrain extraordinairement favorable au développement explosif d’une épidémie.

A ce jour, un seul détenu, positif au coronavirus, est mort lundi 16 mars à Fresnes (Val-de-Marne). Il n’y aurait actuellement aucun autre cas avéré, fruit apparemment bénéfique du confinement imposé par les pouvoirs publics à la population. Mais, selon une source pénitentiaire, onze cas seraient confirmés parmi le personnel et six parmi les intervenants extérieurs. Ce qui laisse entrevoir quelques sources possibles de contamination (les parloirs étant désormais interdits…).

Et quelle réponse la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, cherche-t-elle à apporter à cette situation ? Faire baisser la pression démographique dans les maisons d’arrêt ! Au lieu de voir dans l’épidémie de coronavirus la plus naturelle des luttes contre la surpopulation carcérale…

Nicole Belloubet a même commencé à passer à l’acte en annonçant, jeudi 19 mars dans un communiqué, que « la régulation de l’occupation des maisons d’arrêt constitue (…) une priorité pendant cette période ». La ministre de la justice a demandé aux juridictions, dans une circulaire diffusée le 14 mars, de « différer la mise à exécution des courtes peines d’emprisonnement ». Concomitamment au gel d’une partie de l’activité classique des tribunaux, cela a déjà permis de réduire le nombre d’entrées quotidiennes en prison à une trentaine de personnes ces derniers jours contre 200 à 300 habituellement ! Une pure folie à la sauce Taubira.

A l’autre bout de la peine, les sorties de prison sont en hausse dans le ressort de certaines juridictions. « Les juges de l’application des peines ont pris la mesure de leurs responsabilités dans cette situation de crise », affirme sans honte Cécile Dangles, juge à Lille et présidente de l’Association nationale des juges de l’application des peines. Elle a décidé, ces derniers jours, des libérations conditionnelles pour des détenus dont elle nous dit qu’ils sont à quelques semaines ou mois de leur libération.

Aucune politique nationale n’est édictée en la matière, les juges étant indépendants, mais certains juges de l’application des peines à Lyon mèneraient une politique de libération très volontariste. Ceux de Toulouse seraient moins allants. A Marseille, les freins viendraient du parquet. En d’autres termes, chacun fait ce qu’il veut selon ses convictions (politiques la plupart du temps) et se trouve autorisé par la ministre à vider les prisons. Résultat : nous ne manquerons pas de retrouver rapidement tous ces malfrats aux avant-postes de la criminalité et des trafics !

« Nous allons utiliser le seuil de six mois qui figure dans la réforme pénale censée limiter les courtes peines de prison, en se basant sur l’idée qu’on n’entre pas en prison pour une peine de six mois, et que lorsqu’il ne reste que six mois à exécuter, on sort », prévient Mme Dangles. Elle sait que tous les juges ne la suivront pas, mais « les choses bougent », assure-t-elle.

Manifestement, un grand ménage s’avèrera nécessaire au sein de la magistrature…le moment venu.

Et ça continue : dans les centres de semi-liberté, où les personnes condamnées rentrent dormir après une activité professionnelle en journée, le confinement est quasiment impossible. En accord avec les parquets, ils sont aujourd’hui en passe d’être vidés de pratiquement la moitié de leurs occupants. Au 1er janvier, 1 633 condamnés étaient dans de tels centres.

« En accord avec les juges de l’application des peines, nous avons fait savoir aux détenus que des réductions supplémentaires de peines seront accordées en fonction du comportement pendant cette période », explique Eric Mathais, président de la conférence nationale des procureurs de la République. Une façon aussi d’aider les surveillants face à des personnes privées de parloirs et d’activités en raison du confinement imposé au pays.

Pour faciliter cette régulation carcérale, la chancellerie travaille à des dispositions qui seront prises par ordonnance dans la foulée de la loi d’urgence actuellement soumise au Parlement. « Nous allons prendre des mesures pour limiter les courtes peines, mais je peux vous assurer que les détenus dangereux ne seront pas concernés », a annoncé Mme Belloubet, jeudi, au Sénat. On peut lui faire autant confiance qu’à Christiane Taubira, en son temps !

En attendant, les prisons s’organisent face au risque d’épidémie. A la maison d’arrêt de Toulouse-Seysse (1 169 détenus pour 655 places au 1er janvier), une aile a été libérée afin d’avoir 30 cellules individuelles pour d’éventuels confinements à venir. « Pour cela, on a dû mettre un troisième détenu dans d’autres cellules et augmenter le nombre de matelas au sol », détaille Stéphane Gély, directeur de la région pénitentiaire de Toulouse. Le seuil des 200 matelas au sol a été franchi. Actuellement, 32 des 6 000 détenus de la région Occitanie font l’objet d’un confinement pour suspicion de contamination. Les responsables du ministère de la Justice n’ont à coup sûr rien compris aux bienfaits de la sélection naturelle…

« Le seul vecteur de contamination dans les prisons aujourd’hui, depuis l’arrêt des visites des familles et des intervenants extérieurs, c’est le personnel », explique un membre de l’administration pénitentiaire. « Or, sans masques pour les surveillants, c’est intenable », précise-t-il. Les premiers masques promis par la ministre de la justice devaient être livrés dans les établissements vendredi. Mais le stock de 100 000 masques vanté par la chancellerie apparaît bien maigre et, surtout, très hypothétique. L’administration craint désormais des mouvements de panique, avec des détenus qui voudront se protéger des surveillants. Un comble.

Face à cette situation, les traître relèvent la tête et des voix s’élèvent pour aller beaucoup plus loin. Dans une tribune publiée jeudi par Le Monde, les avocats secrétaires de la Conférence du barreau de Paris souhaitent l’arrêt des comparutions immédiates et demandent des mesures de libération massive pour « cesser de nourrir la machine à tuer que peut devenir la prison ». Mise en ligne jeudi sur le site du Monde, une autre tribune signée par 207 magistrats, 633 avocats, 147 universitaires et 70 médecins ou employés du secteur médico-social propose « un recours massif à la grâce individuelle d’un nombre important de personnes incarcérées ». La CGT Pénitentiaire veut une modification législative dans le cadre de l’état d’urgence afin d’autoriser une grâce collective.

Sous des formes différentes, le contrôleur général des lieux de privation de liberté, le Syndicat de la magistrature ou l’Observatoire international des prisons réclament aussi un désengorgement rapide et massif des prisons.

Un bon conseil : enfermez-vous chez vous; vous constaterez que le confinement à du bon.

Le 21 mars 2020.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

2 Réponses to “Au lieu de profiter de cette nouvelle plaie d’Egypte que constitue l’épidémie de coronavirus…”

  1. Hervé J. VOLTO mars 21, 2020 à 9:41 #

    Trois Livres à lire durant le confinement :

    1. Pour un Royalisme religieux :

    Marquis de la Franquerie, CARACTERE SACRE ET DIIN DE LA ROYAUTE EN FRANCE (Editions de Chiré)
    https://www.abebooks.fr/rechercher-livre/auteur/andre-la-franquerie/

    2. Pour un Royalisme politique :

    Yves-Marie Adelyne, LE ROYALISME EN QUESTIONS (L’Age de L’Homme – Editions de Paris)
    http://christroi.over-blog.com/article-12346835.html

    3. Pour un Royalisme people (prononcer pipole), pardon, historico-mondain :

    Pierre Miquel, LES DERNIERS ROIS D’EUROPE (Robert Laffond)
    https://www.leslibraires.fr/livre/44489-les-derniers-rois-de-l-europe-pierre-miquel-robert-laffont

    Comment ne pas conseiller le seul, le grand, l’unique livre de Jean Raspail, qui fut mon cadeaux de Noel ?

    LE ROI EST MORT ! VIVE LE ROI !
    http://via-romana.fr/litterature/337-le-roi-est-mort-vive-le-roi–9782372711302.html

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