Le double discours de Jérôme Salomon.

21 Mar

Directeur général de la santé (DGS), Jérôme Salomon vous tient en haleine chaque jour vers 18 heures 30, depuis qu’une nouvelle plaie d’Egypte virale s’est abattue sur notre pays et qu’il énonce derrière son pupitre du ministère de la santé la sinistre litanie de contaminés et de morts du Covid-19. Deux mois, jour pour jour, que dure cette triste cérémonie qui permet aussi aussi, n’en doutons pas, au DGS de tenter d’éteindre quelques incendies déclenchés par les défaillances gouvernementales.

Car Jérôme Salomon n’est pas un perdreau de l’année. Son parcours, son CV et son expérience lui ont parfaitement appris les conséquences désastreuses des politiques de santé des gouvernements successifs de la République depuis des décennies.

Dès 2016, alors qu’il était sollicité pour accompagner la démarche présidentielle d’Emmanuel Macron, il s’inquiétait des insuffisances du système de santé français (rappelons tout de même que le CER dénonçait ces mêmes insuffisances dès sa fondation, en mars 2012 !).    Confronté aujourd’hui à la pandémie causée par le coronavirus, il se voit obligé de les justifier…L’art du double langage.

Résultat, de l’un à l’autre, entre le véritable numéro deux du ministère de la santé, conseiller scientifique du gouvernement et du président, et l’expert en épidémiologie, il y a forcément un décalage. Une hésitation évidente entre l’analyse lucide d’une épidémie et la nécessité de masquer les ratés de la lutte contre son expansion. C’est le propre (si l’on peut dire) de ce que l’on appelle LA POLITIQUE.

On est frappé, en tout cas, par l’évolution de son discours, jour après jour. Tous ses points de situation figurent sur le site du ministère de la santé. Vous pouvez les réécouter, c’est édifiant.

On l’y entend exposer l’évolution de la pandémie. Dès le 27 janvier, il y détaille les « moyens efficaces de lutter contre l’épidémie », à la lumière, notamment, de la politique stricte mise en œuvre en Chine. Isolement des personnes malades, d’abord. Mesures barrières ensuite. « Nous recommandons le port du masque pour les personnes malades, c’est un message de bon sens, ainsi que des équipements de protection pour les professionnels du transport et les professionnels du soin », explique ainsi Jérôme Salomon. Ce même jour, il indique qu’il convient de « tester systématiquement » toute personne ayant des symptômes, car, « comme en Chine, cela permet la mise à l’isolement ».

Que s’est-il passé pour que, cinq semaines plus tard, la porte-parole du gouvernement, Sibeth(-Patankça) Ndiaye, qui ne dit jamais rien sans avoir validé ses« éléments de langage » auprès de l’Elysée et de Matignon, affirme que les masques ne sont utiles que pour les soignants et que les tests n’apportent rien ?…Ne serait-ce pas un évident manque de préparatifs coupable, notamment face à la faiblesse des stocks de masques et de tests ? « M. Salomon n’a cessé de mentir sur l’approvisionnement en masques ou sur les tests, affirmant que les médecins pouvaient y avoir accès, ce qui est faux », dénonce le président de la Fédération des médecins de France, Jean-Paul Hamon, lui-même contaminé par un de ses patients.

En vérité, Jérôme Salomon est depuis longtemps conscient des insuffisances du système de santé français. Les Macronleaks, ces quelque 20 000 courriels échangés au sein de l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron lors de la campagne pour la présidentielle de 2017, montrent qu’il en a alerté le futur chef de l’Etat, alors qu’il n’était que le conseiller santé du candidat. Dans une note du 5 septembre 2016 destinée à rester ­confidentielle, il expliquait « que la France n’est pas prête à un afflux de plus de 300 patients en urgence absolue. » Un an plus tôt, le pays a connu une vague d’attentats meurtriers. « L’épidémie sévère de grippe que la France affronte cet hiver (virus A H3N2) est une triste et caricaturale confirmation du paradoxe français », écrivait-il aussi, le 11 janvier 2017. Il y détaillait « l’absence de maîtrise des gestes basiques d’hygiène: mouchoirs en papier jetables, lavage des mains, solutions hydroalcooliques, port du masque par les malades, généralisé en Asie et quasi inconnu en France ! » Puis mettait en garde : « L’hôpital, déjà en crise, est désormais en tension car il ne dispose d’aucune élasticité pour absorber des variations d’activité. (…) On peut déjà anticiper un coût humain important et pourtant évitable. » Et il ne s’agissait là que de la grippe, pour laquelle il existe chaque année un vaccin…Ce qui veut dire qu’

Emmanuel Macron savait. Il savait tout. Qu’a-t-il fait ?

RIEN.

De fait, M. Salomon connaît parfaitement et depuis longtemps, les failles d’un système qui n’a cessé de subir des coupes budgétaires. Et, plus encore depuis janvier, l’ampleur de la menace que représente sur ce système l’irruption d’une pandémie inconnue.

Publiquement, cependant, il persiste à tenir son double discours. « DGS », il est vrai, c’est un job impossible. Un de ces postes de pouvoir exposés, où il faut être médecin, mais aussi psychologue, diplomate accompli et doté d’un vrai sens politique. Bref, la quadrature du cercle. Mais est-on obligé de mentir ?

« Le DGS peut être sans arrêt court-circuité par un sous-conseiller du ministre, et il doit non seulement tenir face aux crises majeures, mais aussi savoir éventuellement avaler des couleuvres », renchérit Bernard Bégaud, spécialiste de pharmaco-épidémiologie à l’Inserm, qui a travaillé avec M. Salomon. C’est une autre façon de dire combien son poste n’est pas seulement celui d’un médecin. Il réclame aussi de s’adapter aux contraintes budgétaires et politiques d’un pays. En vérité, pour un médecin, un vrai, UN MÉTIER IMPOSSIBLE.

Sauf pour Jérôme Salomon ! Derrière lequel se cache un passionné de politique. Il était encore conseiller à la sécurité sanitaire au sein du cabinet de la ministre des affaires sociales et de la santé, Marisol Touraine (de bien triste mémoire), lorsque, en 2016, Emmanuel Macron l’a approché. A l’hôpital de Garches, Jérôme Salomon avait côtoyé Philippe Denormandie, chirurgien et père de Julien Denormandie, ce jeune homme déjà lancé dans la création d’En marche ! Socialiste dans l’âme, ancien conseiller santé au sein de Terra Nova, un think tank proche du PS (ce qui explique bien des choses), M. Salomon était alors déçu par François Hollande, et voilà qu’Emmanuel Macron promettait d’en finir avec le vieux monde et lui réclamait ses propositions pour la santé ! Il a foncé. Quelques mois plus tard, Emmanuel Macron l’a fait nommer DGS. Le rapport de force entre le petit ministère de la santé et la forteresse de l’équilibre budgétaire à Bercy n’a cependant pas changé.

Mais Jérôme Salomon n’a pas su ou pas pu inverser la donne. Et c’est ainsi qu’il s’est retrouvé à affirmer, un mois après avoir souligné le contraire, que les masques devaient être réservés aux seuls soignants et que les tests n’étaient pas d’une importance majeure (alors que les expériences chinoise ou coréenne ont démontré le contraire). Habillage rassurant de carences qu’il connaissait pertinemment…

Jérôme Salomon est indiscutablement un bon soldat. Mais c’est un soldat cynique. Pas sûr que cela soit versé à son crédit.

Le 21 mars 2020.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

5 Réponses to “Le double discours de Jérôme Salomon.”

  1. Hervé J. VOLTO mars 21, 2020 à 6:32 #

    Destituer Emmanuel Macron et mettre en place une procédure d’intérim
    https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2020/03/21/regard-sur-la-pauperisation-de-la-sante-publique-en-france/
    ne suffira pas : c’est tout le Régime qui doit faire l’objet d’un recours constitutionnel !

    Dans l’attente, LIBERO une quotidien en ligne de droite italen nous fait parvenir une bonne nouvelle
    https://notizie.virgilio.it/coronavirus-farmaci-combinati-idroclorochina-azitromicina-francia-1309513?ref=libero
    Une recherche conduite sur plusieurs patients par Philippe Gautret et Didier Raoult, de l’Institut Meditettéranéen pour les infections de l’Université de Marsailles (Ihu), a eu des résultats encourageants dans le domaine de la lutte contre le Coronavirus. Selon ce que rapporte l’Ansa, agence de presse italienne, l’expérimentation d’un VACCIN sur des malades a été effectué à partir d’un médicament anyti-malarai (ou anti paludisme ?), l’Hydroclorochine, combiné avec une antibiotique, l’Azitromicine.

    Ont été impliqués vingt patients, dont certains a-symtpomatiques, d’autres avec des symtomes localisés aux voies respiratoires. Selon ce qui fut observé par les savants, il se serait vérifié “una significativa riduzione della carica virale”. une dernière ligne droite d’expériences sur d’autres malades devraient nous confirmer la bonne nouvelle.

    Si le vaccin pouvait être défintivement mise au point, Jérôme Salomon verrai sa tête épargnée. Car de fait, M. Salomon, comme Mme Buzin, connaîssaient parfaitement et depuis longtemps, les failles d’un système qui n’a cessé de subir des coupes budgétaires. Et, plus encore depuis janvier, l’ampleur de la menace que représente sur ce système l’irruption d’une pandémie inconnue.

    Et le Président Macron savait. Il savait tout. Qu’a-t-il fait ? RIEN. Et il y a eu beucoups de morts entretemps. Il devra nous expliquer pourquoi…

  2. Hervé J. VOLTO mars 21, 2020 à 6:55 #

    UN DERNIER POUR LA ROUTE !

    Pour sa part, votre serviteur, peut-être pris je vous l’accorde par le climat latin de complotisme sévissant en Italie, trouve suspect que le matin même où il est annoncé que le scandale de l’affaire Buzin pourrait déboucher sur un possible désir du Sénat de convoquer le Président Macron pour venir répondre devant une commission parlemantaire, ce qui en cas de reconnaissance de crime de haute trahison -on n’en est pas encore là- pourrait découcher à son tour sur une procédure d’empèchement à la Française avec n mise en palce d’un ITERIM, on nous fait Providentiellement parvenir via l’Italie la… nouvelle encoragente d’un possible vaccin contre le Coronavirus !

    Quelqu’un,quelque part, est en train d’orchestrer d’une main habile le roulage dans la Farine d’une France créinisée par les médias et les résaux socieux. Au milieu de tout celà, Jérôme Salomon ne peut pparaître que comme le pantin chargé intamment de tenter d’éteindre quelques incendies déclenchés par les défaillances gouvernementales.

  3. Hervé J. VOLTO mars 21, 2020 à 7:10 #

    PS

    A méditer

    • conseilesperanceduroi mars 21, 2020 à 8:03 #

      Toujours aussi percutante notre copine Tatiana ! Et combien nous relisons nos propres publications dans ses vidéos…Ne serait-ce qu’à propos de Sibeth-(Patankça) Ndiaye ou des comptes qu’il faudra que ces gens-là rendent à la Nation.

  4. Hervé J. VOLTO mars 22, 2020 à 8:16 #

    Etant jeune, n’appartenenant pas à l’établissement, elle possède une indépence d’esprit que ne possède pas les membres de l’oligarchie. Son indépendance d’esprit lui donne le recul nécessaire à une pertinante vision des choses et à une bonne synthèse des sitauations.

    Qui sait si un jour elle ne devienne pas Royaliste…

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