Il paraît que nous sommes en guerre !

24 Mar

Mais comment peut-on envoyer au front des soldats sans armes ?

C’est pourtant ce que font Emmanuel Macron et son gouvernement avec les soignants, médecins et infirmier(e)s, qui doivent prendre en charge l’explosion exponentielle de l’épidémie de coronavirus…sans (ou quasiment) protection. Comme l’a rappelé et martelé Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des médecins de France et lui aussi contaminé par un patient, « il faudra rendre des comptes« .

La mort du médecin urgentiste de Compiègne, suivie de celles du gynécologue de Mulhouse et du généraliste de Saint-Avold ont redoublé l’inquiétude et la colère des professionnels de santé, en première ligne dans la lutte contre l’épidémie, mais sans armes, ou si peu. Depuis le début de la crise sanitaire, médecins, infirmières, aides-soignants, pharmaciens dénoncent le manque de masques, ahuris de devoir travailler sans, d’avoir à se rationner ou de se contenter de simples masques chirurgicaux, pourtant inefficaces pour se protéger d’une contamination.

« Comment l’Etat n’a-t-il pas pu anticiper les stocks ? Nous sommes pour la plupart à court de gel hydroalcoolique, nous utilisons des masques FFP2 (protection de référence en cas d’épidémie) périmés, et nos pharmacies n’ont toujours rien reçu. J’ai le sentiment d’avoir été envoyée au casse-pipe », s’indigne Maryse Balmy, médecin généraliste dans le Val-d’Oise, testée positive au Covid-19.

Le ministre de la santé, Olivier Véran, a annoncé samedi avoir commandé 250 millions de masques et confirmé que les 86 millions actuellement en stock seront en priorité distribués aux professionnels de santé. Mais le temps presse et rien ne vient: la « vague » épidémique a déjà commencé à déferler sur la France, avec plus de 16 000 personnes contaminées et 674 morts.

Et sachez que chaque jour qui passe sans que les soignants soient correctement protégés met en péril la capacité du système de santé français à encaisser le choc. La contamination des soignants aggrave dangereusement la situation, soit parce qu’ils sont temporairement confinés chez eux alors que les effectifs manquent déjà par endroits, soit parce qu’ils risquent de propager l’épidémie, au sein même de leurs établissements de santé ou à l’extérieur.

« En termes d’impact sur les professionnels de santé, on peut comparer (la situation actuelle) avec l’épidémie d’Ebola en Afrique, notre point de repère, explique Bruno Grandbastien, président de la Société française d’hygiène hospitalière. La transmission du virus au personnel soignant avait été très importante. Cela avait complètement désorganisé le système de santé et contribué à l’amplification de l’épidémie. » S’il reste confiant sur la capacité de la France à ne pas reproduire un tel scénario, il remarque que « le système craque de tous côtés » dans plusieurs régions, en particulier le Grand-Est. Prenez-vous la mesure de l’état de délabrement dans lequel les dirigeants successifs de la République ont mis notre pays ?

Rappelez-vous que le président de la République, Emmanuel Macron, a répété il y a peu que « Nous sommes en guerre ». Dès lors, les hôpitaux comptent leurs troupes, réorganisent, parent au plus urgent. La réserve sanitaire est mobilisée pour venir en renfort. Mais combien de professionnels de santé sont-ils déjà contaminés ?

En Espagne, ils représentent déjà 12 % des cas confirmés. En France, le flou règne : aucun chiffre n’a été communiqué au niveau national. Le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, n’y est pas favorable. « Je ne suis pas certain qu’un décompte particulier parmi les soignants [testés positifs] soit une bonne idée, a-t-il expliqué dimanche. Certains n’ont pas envie d’afficher qu’ils ont pu être contaminés. Et beaucoup de gens sont positifs dans d’autres circonstances. » Il n’y a pas à dire, ce qui caractérise le pouvoir en place c’est bien…LA TRANSPARENCE !

Le nombre de soignants malades n’est fourni qu’au compte-gouttes par les structures hospitalières. En Ile-de-France, où la situation est tendue, la direction de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a dévoilé, vendredi, que 345 de ses soignants ont été infectés et dépistés, dont trois sont hospitalisés et deux en réanimation.

Au CHU de Stasbourg, principal complexe hospitalier de la région Grand-Est, débordée par l’afflux de malades, ce sont désormais 238 soignants qui sont testés positifs au virus, un chiffre qui a doublé en quelques jours. La plupart sont toujours au travail. Même au CHU de Tours, encore largement épargné par l’épidémie, huit soignants ont déjà été testés positifs et sont confinés à domicile.

A chaque cas confirmé, une enquête est menée dans l’entourage professionnel et personnel pour retracer d’éventuelles contaminations les jours précédents. « On demande au soignant infecté avec qui il a travaillé, qui il a croisé, combien de temps, s’il avait un masque, etc., explique la direction du CHU de Tours. Puis on établit une chronologie pour récapituler. » Une « équipe opérationnelle d’hygiène »rappelle ensuite individuellement toutes les personnes pour vérifier l’information, annoncer que le médecin est infecté et passer les consignes : surveiller sa température et appeler le 15 en cas de symptômes alarmants.

Chaque soignant contaminé peut donner lieu à des confinements en cascade. Juliette Camuset, pneumologue à l’hôpital Tenon, à Paris, fait partie des premiers à avoir contracté le virus. Un peu de fièvre, une toux sèche, l’odorat et le goût qui disparaissent, des maux de tête… Elle n’était pas inquiète, c’était le début, la vague semblait encore loin. « J’ai été testée positive le 3 mars. Comme j’étais à un enterrement le vendredi avec plusieurs dizaines de personnes et que j’ai mangé avec eux entre la messe et le cimetière, une douzaine ont dû être placés en confinement », dont d’autres médecins.

Cette praticienne de 50 ans est restée quatorze jours en confinement. Depuis que l’épidémie s’est aggravée, les règles ont évolué : ils peuvent désormais reprendre du service plus vite, quarante-huit heures après la fin des symptômes. Une fois guérie, Juliette Camuset a repris le travail… dans une unité Covid-19. « Je suis immunisée », assure-t-elle. La pneumologue n’a pas été à nouveau dépistée avant de reprendre – les tests aussi sont rares et rationnés.

Au CHU de Strabourg, ces enquêtes pour trouver les « personnes contacts » du personnel infecté sont devenues difficiles à mener : la « vague » monte et occupe toutes les ressources. « J’en suis à ma douzième journée, à quinze heures par jour, et demain j’y retourne », témoignait, vendredi, une cadre hospitalière. L’épuisement des soignants dans l’Est fait craindre de nouvelles contaminations. Situation que connaissent bien les soignants italiens et espagnols.

A Colmar, l’hôpital fonctionne lui aussi à flux tendu avec des personnels infectés. « Tout le monde travaille dans mon service, on prend des mesures de protection », explique Jean-François Cerfon, chef de service en anesthésie-réanimation. Les cas de soignants gravement atteints sont pour l’instant rares, mais ils existent : selon nos informations, un chef de service du CHU de Colmar se trouve actuellement en réanimation.

A Metz, la plupart des soignants malades sont aussi sur le pont, avec des mesures de protection supplémentaires. « S’ils sont trop symptomatiques, on les met en télétravail », précise François Braun, président du SAMU-Urgences de France et urgentiste.

Selon leur état de santé, certains poursuivent les consultations à distance, d’autres sont cloués au lit. Les jours de carence ont été supprimés temporairement en cas d’arrêt maladie, indique la direction générale de la santé. Qu’ils télétravaillent ou soient arrêtés, tous s’imposent de respecter chez eux les gestes barrières pour ne pas contaminer leurs proches.

Partout, médecins et infirmiers retraités proposent leur aide. Un soutien précieux, mais qui pourrait s’avérer périlleux pour ces volontaires, d’autant plus en danger qu’ils sont âgés, donc plus susceptibles de développer une forme grave de la maladie. L’épuisement, l’angoisse ou la dépression peuvent aussi mettre à mal les effectifs. « On aura des cas graves à accueillir, on le sait, avertit Pierre Loisel, aide-soignant à Lorient (Morbihan), dans le groupe hospitalier Bretagne-Sud. La charge émotionnelle va être très forte. Des soignants vont se mettre en arrêt maladie. » Leur défi relève de la prouesse : tenir, aussi longtemps que durera le coronavirus.

Les Français ont-ils tous pris conscience de la dette  qu’ils contractent en ce moment envers ces courageux soldats, dont beaucoup doivent monter au front désarmés ?

Le 24 mars 2020.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

4 Réponses to “Il paraît que nous sommes en guerre !”

  1. Hervé zafrani mars 24, 2020 à 1:06 #

    Je prie pour chacun d entre nous et pour le prince et sa famille quelle époque où on vis

  2. Hervé J. VOLTO mars 24, 2020 à 1:11 #

    Il serait peut-être judicieux de crééer, à l’image de ce que possèdent les Services américains, d’une divison INTELLIGENCE MEDICALE OU SANITAIRE au sein de nos Services avec l’objectif de surveiller l’éclosion et la propagation des épidémies dans le monde.

    Si une telle choses existerait déjà en France, il serait judicieux d’en augmenter le budget.

  3. Hervé J. VOLTO mars 24, 2020 à 1:18 #

    Il paraitrait que le Président Marcon se serait mi au travail
    https://www.lepoint.fr/politique/coronavirus-comment-le-general-macron-dirige-son-armee-23-03-2020-2368341_20.php?M_BT=3254625801088#xtor=EPR-6-%5BNewsletter-du-soir%5D-20200323

    Mais n’a-t-il pas pris un peu trop son temps ? ne prend-t-il pas toutes ces mesures avec un retard irresponsable ? n’at-il pas été, selon les dires d’Agnès Buzin l’artisan d’une masacarade qu’il tente à présent de réparer ? Le Général Anytoine Martinez a parlé à c sujet de gouvernement d’amateurs…

    Rappelons-nous des paroles de Joseph de Maîstre, secrétaire d’Etat du Roi de Piémont-Sardeigne Charlesr-Emmanuel IV, dont l’épouse était Coltilde de France, soeur de Louis XVI :

    – Les peuples ont le gouvernement qu’ils méritent !

  4. Hervé J. VOLTO mars 24, 2020 à 1:27 #

    UN DERNIER POUR LA ROUTE !

    Coup de gueule de l’avocat des 600 médecins qui ont saisi la cour de justice de la république : « peut-on avoir en core confiance en noter gouvernement républicain ? »
    https://lalettrepatriote.com/terrifiante-intervention-de-lavocat-des-600-medecins-qui-ont-saisi-la-cour-de-justice-de-la-republique/

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