Le massacre budgétaire de nos armées se paie cher aujourd’hui…

26 Mar

…Mais il se paiera encore plus cher demain.

Et, comme toujours depuis la fondation du Conseil dans l’Espérance du Roi, en mars 2012, ce n’est pas faute d’avoir sonner l’alarme. Pas une année depuis lors, pas une loi de finance annuelle, pas une loi sexennale de programmation militaire sans que nous ayons dénoncé les réductions budgétaires de plus en plus drastiques frappant nos armées. Nous attirions, en particulier, l’attention sur les dangers de ces coupes budgétaires non seulement vis-à-vis des nombreux engagements de nos troupes dans des opérations extérieures (dont certaines nous paraissent d’ailleurs mal fondées ou désormais périlleuses – https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2020/01/16/sahel-reculer-pour-mieux-sauter/  -) mais aussi (et peut-être surtout) en ce qui concerne les possibilités de réponse armée adéquate dans la défense de nos compatriotes face à la violence explosive des communautés allogènes qui ont envahi notre pays et en menacent l’existence même (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/11/09/budget-des-armees-fini-les-belles-promesses-demmanuel-macron/).

Or, l’épidémie de coronavirus que subit aujourd’hui notre pays braque de façon inattendue les projecteurs sur nos forces armées…Car les attentes vis-à-vis de nos soldats sont toujours très fortes en cas de crise et s’expriment évidemment dans celle-ci comme dans beaucoup d’autres qui l’ont précédée. Pourquoi l’armée n’en fait-elle pas plus, se demandent les Français comme nombre de décideurs. Juste avant l’intervention d’Emmanuel Macron le 16 mars, des voix évoquaient le déploiement de soldats dans toute l’Ile-de-France pour imposer un couvre-feu, en dépit du droit, qui exclut (pour le moment) l’armée des missions d’ordre public.

Ensuite, l’attente d’un « hôpital de campagne », inspirée des clichés de l’établissement chinois sorti de terre à Wuhan (mais que nous serions bien incapables de réaliser), a envahi les médias, alors que l’armée n’en dispose pas. En ce début de semaine, certains parlaient bien de rouvrir le Val-de-Grâce. « Cela n’est pas dans la planification », répondait lundi le porte-parole de l’état-major, Frédéric Barbry. Le bâtiment est à l’abandon depuis trois ans et n’abrite plus qu’une section de soldats de l’opération « Sentinelle », logés là faute de mieux !

« Les Français gardent en tête l’image de l’armée de masse de la conscription, mais ce temps est bel et bien fini », indique un officier. Et, là encore, ce n’est pas faute d’avoir réclamé son rétablissement…Dans le contexte dramatique de l’épidémie de coronavirus, toute contribution est bienvenue et les images diffusées sont efficaces pour rassurer la population, estime Bénédicte Chéron, chercheuse et auteure du Soldat méconnu. Les Français et leurs armées : état des lieux (2018, Armand Colin). « Il faut s’interroger sur le fait que les moyens mobilisés dans une crise (police et justice face au terrorisme, médecine face au virus) sont devenus suffisamment erratiques pour que le recours au kaki apparaisse nécessaire », a commenté cette chercheuse sur son compte Twitter.

Et, dès hier à Mulhouse, Emmanuel Macron a surjoué la communication en faveur d’un plus grand engagement des forces armées face à cette terrible épidémie. Lui donnant même un nom : l’ « Opération Résilience » :

Hélas, l’outil de défense français, en 2020, n’est plus du tout pensé pour une opération nationale de secours aux sinistrés.

Ses contributions actuelles sont modestes. Un A330 en version « Morphée », pouvant déplacer douze blessés graves. Un « élément militaire de réanimation » sous tentes, soit 30 lits, mis en place par l’armée de terre à Mulhouse pour soulager le secteur public débordé – les besoins seront de plusieurs milliers de lits au pic de l’épidémie. Enfin, l’hôpital embarqué du porte-hélicoptères Tonnerre, bâtiment qui était d’alerte à quai, mobilisé pour évacuer 12 patients d’Ajaccio vers Marseille.

Ces moyens représentent pourtant un effort important. Le service de santé des armées (14 800 personnes, dont 2 400 médecins, 1 % de l’offre de soins) a subi des coupes budgétaires brutales ces vingt dernières années. Il lui manque des professionnels par dizaines, notamment des médecins, et il a renoncé à certains équipements. Au début de la crise du coronavirus, un responsable de la défense interrogé sur des renforts éventuels mis à contribution répondait à un journaliste: « On ne les a pas. »

L’hôpital d’instruction des armées du Val-de-Grâce a été fermé en 2017, dans l’indifférence générale, jugé trop coûteux par la Cour des comptes. Sa remise aux normes était alors estimée à 250 millions d’euros. Un officier notait, lundi, que celui de Marseille, si précieux aujourd’hui, a été sauvé de justesse dans le cadre des réformes récentes.

La dernière réforme du service de santé des armées a consisté à le recentrer sur les opérations militaires et les blessures de guerre – la stratégie de la France organise une « armée d’emploi » qui combat. Il dispose ainsi d’antennes chirurgicales déployables, mais il a dû inventer de toutes pièces le module de réanimation de Mulhouse. La défense n’a pas d’hôpital de campagne au sens commun du terme, encore moins de navire-hôpital comme en dispose son homologue américaine.

Afin de pouvoir monter sur le porte-hélicoptères à Ajaccio, les ambulances civiles ont dû passer par une porte latérale, sur une rampe de bois confectionnée à la hâte, et non par le radier de débarquement, dont la pente ne sied qu’aux véhicules militaires surélevés. L’hôpital du bord a dû être mis en dépression, alors qu’il reste habituellement en surpression. Et la marine a dû se procurer des bouteilles d’oxygène. Elle a consommé en une nuit 25 bouteilles pour les civils atteints du Covid-19. C’est l’équivalent de dix années de dotation du navire en la matière…Ou quand la misère finira par tuer.

Face au coronavirus, les directives ministérielles sont claires : « Priorité reste aux opérations. » Des entraînements, des stages opérationnels ont déjà été annulés par mesure de précaution. Au-delà, l’état-major ne pourra contribuer plus, sauf à décider d’amputer des missions en cours, « Barkhane » au Sahel (qui ne devrait plus y être), patrouilles aériennes au profit de l’OTAN (qui se soucie de nous comme d’une guigne), opérations maritimes ailleurs… Ce que le président de la République a jusqu’à présent refusé d’ordonner.

Mais, entre « poursuite des opérations » et nécessité de « se confiner pour ne pas faire partie du problème coronavirus », les injonctions contradictoires du moment secouent l’armée. « L’enjeu est de durer dans cette configuration, explique le commandant Eric Lavault, porte-parole de la marine. Nos écoles sont fermées pour deux mois et on va se prendre un énorme tsunami quand les relèves ne pourront se faire. » La suppression de permissions d’été est à l’étude.

Le plan ministériel de continuité de l’activité est au niveau 2 – soit « protéger et préserver les missions ». Il exige que sur les sites de la défense, et « hors permanence opérationnelle », seuls 10 % à 20 % des personnels soient présents physiquement, par rotation tous les quinze jours. La règle est toutefois à l’appréciation du terrain, où l’on veut poursuivre formations, entraînements, et maintenance des matériels.

De quoi susciter des critiques dans les rangs. « Chaque décideur intermédiaire défend le caractère essentiel de son activité, et on se retrouve à entraver la stratégie de confinement du gouvernement, regrette un militaire. Je préférerais être réquisitionné pour sécuriser un hôpital civil. Si on grille du monde parce qu’on n’aura pas détecté les militaires malades, on n’arrivera plus à tenir les opérations futures. » Alors vient une question : COMBIEN DE MILITAIRES ONT ETE DEPISTES POUR LE CORONAVIRUS ?

AUCUN !

Alors, imaginez à présent quelle protection de la population française de souche nos forces armées pourront (et surtout ne pourront pas) fournir face à

A U C U N E  ! (ou si peu)

Le 26 mars 2020.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

3 Réponses to “Le massacre budgétaire de nos armées se paie cher aujourd’hui…”

  1. Hervé J. VOLTO mars 26, 2020 à 8:12 #

    Exellant article. Je suis à 99% d’accord avec l’anlyse de Jean-Yves Pons pour le CER : le 1% qui tue, c’est le rétablissment du Service Militaire. Je fais partis des gens qui ont milité pour sa supression et pour son remplacement par une armèe de métier, de volontaires, à l’amèricaine.

    Jacques Chirac n’a fait que 2 uniques bonnes choses dans son double quinquénat : renouveller l’appareil nucléaire et la suppression du service miloitaire. Si demin il y a guerr civile, ce n’est pas des « branleurs » qui faudra opposer aux hallogènes mais « des durs, des vrais, des tatoués ».

    Sinon, la menace est réelle, les cités sont une poudrière, et la solution, à proposer pour consultation à notre conseiller militaire Français Romain d’une part, et à un conseil de généraux type Commité Surcouf d’autre part, pourrait consister à amputer des missions en cours, « Barkhane » au Sahel (qui ne devrait plus y être), patrouilles aériennes au profit de l’OTAN (qui se soucie de nous comme d’une guigne), opérations maritimes ailleurs…

    Personnellement, neuveu de Légionnaire, j’aurai envie de crier :

    -A MOI LA LEGION, PU…REEE !!!

  2. Hervé J. VOLTO mars 26, 2020 à 8:38 #

    UN DERNIER POUR LA ROUTE !

    Bien utlisé, et je parle n connaissance de cause, un tireur d’élite en pleine ville pourrait faire des dégats considérables dans les rangs ennemis et donner un espoir aux siens

  3. Hervé J. VOLTO mars 26, 2020 à 8:55 #

    PS J’espère me tromper, mais celà pourrait bien se passer un jour dans nos banlieues

    Ce jour là, il faudra des pros, pas des petits cons…

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