Voici pourquoi nous devons nous attendre à un tsunami migratoire et TOUT FAIRE POUR NOUS EN PREMUNIR.

26 Mar

Ce que nos pays européens connaissent aujourd’hui des flux migratoires en provenance en particulier, d’Afrique subsaharienne n’est probablement rien par rapport à ce qui les attend au cours des prochains mois. 

Et la raison principale n’en sera pas nécessairement la seule croissance démographique que nous dénoncions ici : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/06/12/le-xxi-eme-siecle-sera-celui-dune-tragedie-demographique-entre-lafrique-et-leurope/ ethttps://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/12/17/lafrique-est-en-soins-palliatifs/. Même s’il s’agit là de la cause structurelle du phénomène à venir.

Il va y avoir en effet une autre cause, circonstancielle celle-ci, à de nouvelles « Grandes Invasions » : la crise sanitaire due au coronavirus et ses conséquences.

L’Afrique comptait, mercredi 25 mars, 2 475 cas confirmés de coronavirus (une hausse de 20% en 24 heures) et 64 décès. Les chiffres restent encore assez faibles par rapport au bilan mondial de la pandémie, mais la progression du virus est rapide et 46 pays sur 54 sont déjà touchés.

Mais, dès le mois de février, il était évident que l’Afrique serait affectée de façon profonde, quoique indirecte, par les effets induits de l’épidémie dans le reste du monde. Le Fonds monétaire international (FMI) montrait le risque de ralentissement sec de l’économie mondiale, la perturbation générale des systèmes de production, frappant par contrecoup les vingt et un pays du continent dont les ressources dépendent de l’exportation de matières premières.

Les usines arrêtant de tourner en Chine, notamment, et les ports cessant d’importer et d’exporter, les achats de minerais se sont effondrés. De 6 300 dollars (5 800 euros) par tonne en janvier, le cuivre est descendu à 4 300 dollars, avant de remonter faiblement, sous la barre des 5 000 dollars. Le prix du baril de pétrole a connu la même secousse, préparant le terrain à l’arrivée du virus, un mois plus tard, avec cette fois la perturbation potentielle de la production dans les pays exportateurs.

Aujourd’hui, « ce n’est plus une crise, dans les mines, c’est un massacre », admet, abattu, le responsable d’un groupe minier présent en Afrique du Sud, où il s’apprête à geler ses opérations, alors que des mesures de confinement total de la population pour trois semaines ont été annoncées par le président Cyril Ramaphosa, lundi 23 mars.

Ce jour-là, le pays ne comptait que 402 cas de patients positifs, et aucun mort, mais la perspective était claire, combinaison de récession (contraction de 2,9 % de l’économie prévisible à ce stade), et de l’extension des contaminations pour atteindre des « dizaines de milliers, puis des centaines de milliers » de cas, selon les projections d’un comité d’experts et les travaux de l’école de médecine de Wits (Witwatersrand), cités par Cyril Ramaphosa. Dès le lendemain, le chiffre sud-africain avait augmenté de prés de 40 %, atteignant 554 cas en fin de matinée seulement. Zweli Mkhize, le ministre de la santé sud-africain, un médecin qui connaît parfaitement son dossier, a averti que « 60 % à 70 % de la population [du pays] » seraient sans doute infectés à terme.

A l’échelle du continent, l’Afrique du Sud fait figure d’exception, en raison d’une combinaison de facteurs particuliers. Près de 10 millions de personnes (un sixième de la population) y sont porteuses de pathologies fragilisantes d’un point de vue immunologique (dont le VIH), et ainsi potentiellement plus vulnérables face au virus. Le pays est aussi marqué par le taux d’urbanisation le plus élevé d’Afrique et, enfin, l’attente de l’arrivée de l’hiver austral avec sa chute des températures à partir d’avril, supposée favorable au virus.

Cela signifie-t-il que les autres pays africains sont protégés ? Pas le moins du monde, comme l’ont compris et anticipé certains d’entre eux. Le Rwanda, le Maroc et Maurice ont déjà pris des mesures de confinement. Le Sénégal et la Côte d’Ivoire, entre autres, ont décrété l’état d’urgence, et se dirigent vers des durcissements comparables. Le confinement a également été imposé, lundi, à Lubumbashi, en République démocratique du Congo (RDC). A la frontière de la Zambie, dans la région productrice de cuivre et de cobalt, Lubumbashi est le cœur de l’économie minière de la RDC. Mais depuis plusieurs jours, la panique gagne d’autres villes de RDC, notamment à Kisangani (Est), où les prix flambent dans l’hypothèse d’une perturbation des approvisionnements. L’impact lointain et global, déjà, affecte les systèmes au niveau local. Et ce modèle risque de se voir reproduit dans plusieurs pays à l’échelle continentale.

Ronak Gopaldas, de la société Signal Risk, au Cap, établissait récemment la liste des facteurs constituant une « ligne de contagion » économique, avec des perturbations mondiales, se transmettant aux secteurs financiers, aux monnaies, et accrue par la chute des cours des matières premières. Dans cette étude réalisée pour le cercle de réflexion ISS Africa, il signalait aussi le peu de marge de manœuvre des Etats du continent : « La plupart des pays africains ont une base fiscale très étroite, des mécanismes faibles de collecte de l’impôt et une dépendance très lourde vis-à-vis des exportations de matières premières. »

Ainsi, la chute des cours du brut va affecter les pays exportateurs au premier chef, comme le Nigeria, qui avait établi son budget en tablant sur un baril à 60 dollars, alors que le cours actuel est deux fois moindre. Or, le pétrole représente 84 % de ses recettes à l’export et la moitié de son revenu.

Selon une étude de l’institut de recherche Overseas Development Institute (ODI), les pays les plus vulnérables aux conséquences de l’épidémie sont les plus pauvres. L’organisme britannique a calculé que la perte pour l’Afrique devait déjà se monter, à la mi-février, à plus de 5 milliards de dollars. Ce chiffre est désormais largement dépassé, quoique impossible à calculer, tant les dommages s’accentuent de jour en jour. Si le continent ne peut agir sur les prix des matières premières, il lui reste à mener le combat contre la pandémie. Or, dans un premier temps, l’absence, puis la rareté des cas, et l’idée que le coronavirus était une « maladie de Blancs », comme le chantent certains DJ, ont installé l’impression trompeuse de ne pas être concerné.

« L’Afrique devrait se réveiller, mon continent devrait se réveiller », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Son pays, l’Ethiopie, n’a recensé qu’un nombre limité de cas, mais on y est très peu testé, faute de moyens jusqu’ici (mais qu’il se rassure, ce n’est pas mieux en France !). 

On attendait, après les déclarations des représentants européens venus à Addis-Abeba, en février, au sommet de l’Union africaine, élaborant un nouveau « partenariat stratégique » avec l’Afrique, une réaction décisive. Mardi, sans plus s’étendre, le ministre français des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a annoncé qu’un « paquet financier » européen allait être mobilisé pour aider les pays les plus vulnérables, notamment en Afrique, à faire face à la pandémie. Plus de détails pourraient être donnés jeudi 26 mars, à l’occasion du Conseil européen des chefs d’Etat et de gouvernement. Difficile de deviner l’ampleur d’une telle assistance, tant l’Europe peine à résoudre ses propres problèmes logistiques. La France manque de masques et de tests, l’Italie compte sur la Russie pour l’aider à se réapprovisionner…

Désormais, tout relève d’une course contre la montre, estime le Sud-Africain Colin Coleman, ancien responsable de Goldman Sachs pour l’Afrique, et désormais professeur à Yale, qui souligne : « A l’échelle du continent, il y a un effet à craindre sur le long terme, affectant la croissance dont l’Afrique a besoin pour se développer alors que s’accroît sa population. Cette épidémie risque de compromettre les chances de tout un continent où, en 2100, se trouvera 40 % de la population mondiale, avec le risque de voir cette partie du monde soumise à une forte instabilité. Ce qui se passe aujourd’hui avec le coronavirus pourrait donc avoir, ici, des répercussions dans une ou deux décennies. »

Il n’est pas nécessaire d’être un savant ou même un marabout pour comprendre ce qu’il va se passer : la misère va en pousser des millions et encore des millions vers ce qu’ils croient être un Eldorado ! Et ce sera la fin du monde, du notre en tout cas.

Le 26 mars 2020.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

3 Réponses to “Voici pourquoi nous devons nous attendre à un tsunami migratoire et TOUT FAIRE POUR NOUS EN PREMUNIR.”

  1. Hervé J. VOLTO mars 26, 2020 à 12:43 #

    Nous devons maintenir le lien entre nous, surtout depuis que l’on nous enferme… chacun chez soi !

    Choisir de continuer à nous informer, à révéler les réalités du drame vécu par de nombreux Français, éloignés de force de leur travail, de leurs parents : mais aussi ces Français en EHPAD qui ne peuvent plus recevoir de visites.

    Pendant que nous sommes tous confinés, d’autres frappent à la porte, en Grèce par exemple, pour tenter d’entrer en force sur nos territoires historiques.

    Il est vital que nous puissions nous informer sur ce qui se passe là-bas, préfiguration de ce qui va arriver chez nous.

  2. Hervé J. VOLTOh mars 26, 2020 à 12:48 #

    Les drônes que l’on utilise pour surveiller les coomunes en confinement forcé ne pourraient-ils pas être utilisés pour surveiller d’une part nos cités sensibles et d’autre part les frontières… par le haut, en renfort de la police des frontières ?

  3. Hervé zafrani mars 26, 2020 à 2:44 #

    Les algériens quittent la France en ce moment mais nous ne faisons pas d illusions l appel de la caf sera plus forte que. Celle du muezzin ils reviendront hélas

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