Trafic de stupéfiants : la honte, le coronavirus réussit là où les pouvoirs publics échouent !

28 Mar

Nous sommes aux anges ! Nous qui ne cessons de militer contre les trafiquants de drogue et leur économie souterraine. Nous qui avons fourni aux pouvoirs publics une méthode, clé en main, pour éliminer ces racailles assassines (car ils détruisent la santé de nos compatriotes intoxiqués, enfants compris, et en tuent même quelques uns) et reconquérir les territoires perdus par l’Etat :

1/ la peine de mort…incompressible (!) pour tous les trafiquants,

2/ vider intégralement les banlieues de nos villes, hauts lieux de ces trafics, de tous les trafiquants et selon la méthode que nous avons déjà souvent indiquée. Il faut les nettoyer comme nos soldats savent nettoyer une kasbah :

  •  bloquer toutes les voies d’accès et de sortie par des barrage, comme en temps de guerre,
  • y pénétrer par la force car il n’y a pas d’autre moyen,
  • les vider de tous leurs trafics, rue par rue, immeuble par immeuble, cave par cave,
  • mettre à terre toutes les « barres » et autres « tours » non seulement insupportablement laides mais qui en sont aussi les sanctuaires impénétrables,
  • mettre aux fers tous les délinquants qu’on ne manquera pas d’y trouver ; le bagne et des camps de travail feront parfaitement l’affaire,
  • renvoyer chez eux manu militari tous les illégaux et organiser (vraiment) la remigration du reste

Nous sommes donc aux anges car il n’a pas fallu plus de quelques semaines à l’épidémie de coronavirus pour mettre très sérieusement à mal ces trafics de drogues partout où l’absence de volonté, de courage et de méthode de nos dirigeants politiques les laissaient ronger notre pays.

À toute chose malheur est bon !

Pour X., Bobo parisien de 40 ans, bien en vue dans une institution radiophonique d’Etat, une jolie femme, quatre beaux enfants, un bel appartement dans le centre de Paris et….une vieille addiction au cannabis, il est mpossible de terminer la journée sans fumer ses «deux ou trois» joints. « Déjà qu’on est enfermés, mais si, en plus, je dois me sevrer contraint et forcé, je vais péter un câble », ironise-t-il.

Pauvre fou !

Quand quelques-uns de ses amis se précipitaient vers leurs résidences secondaires, à l’annonce du confinement lié à l’épidémie de coronavirus, lui s’est hâté vers une banlieue du nord de la capitale, où son dealeur a ses quartiers ! Il a acheté le double de la quantité habituelle, soit huit pochons d’herbe (environ 4 grammes chacun) et deux barrettes de résine de cannabis, pour un total de 200 euros. « C’est parti pour durer, pas sûr que ça tienne jusqu’à la fin du confinement », s’inquiète-t-il (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/12/02/une-demonstration-de-plus-que-le-poisson-pourrit-dabord-par-la-tete/).

Le trafic de drogue n’échappe pas aux aléas de l’économie classique. Avec la crise sanitaire, ce marché souterrain qui pèse en temps normal aux alentours de 3,5 milliards d’euros par an, selon les chiffres de la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), tourne au ralenti depuis dix jours. Consommateurs et dealeurs confinés, frontières fermées, approvisionnement coupé… C’est tout l’écosystème qui est frappé de plein fouet. « C’est vexant, le coronavirus a réussi, là où on a échoué ; il a gagné la bataille de la sécurité en Ile-de-France », dit amusé un policier haut gradé, spécialisé dans la lutte contre les trafics de stupéfiants. Le virus, venu de Chine, a dû nous entendre !

L’ensemble de la chaîne semble grippé. « Pour l’instant, l’activité continue avec les stocks existants, mais il y a beaucoup moins de déplacements, les gens ne se rendent pas sur les points de deal », explique Virginie Lahaye, commissaire divisionnaire à la tête de la brigade des stupéfiants de Paris. Et la marchandise s’épuise petit à petit. « Les enquêtes, qui sont toujours en cours au sein de la brigade, nous permettent de savoir que là aussi c’est un secteur en crise », confirme Mme Lahaye.

La production dans l’Hexagone est très faible et les filières internationales sont quasi toutes à l’arrêt. Avec la fermeture des frontières, plus question d’organiser des « go fast », notamment depuis les PAys-Bas ou le Maroc.

Même souci pour les dealeurs de cocaïne. La fermeture des ports et des aéroports empêche la production d’arriver d’Amérique latine. Le phénomène des « mules », ces personnes qui ingèrent la marchandise afin de franchir les contrôles, notamment en provenance de Guyane, est provisoirement endigué.

Dans les quartiers nord de Marseille, haut lieu du trafic de stupéfiants mais plus difficile à contrôler, les allées et venues ont certes diminué, mais elles n’ont pas encore totalement cessé, constate le préfet de police des Bouches-du-Rhône, Emmanuel Barbe, qui a accompagné des policiers sur le terrain, mercredi 25 mars. Aux quartier des Oliviers (13e arrondissement), en 10 minutes, une trentaine d’acheteurs attendant d’accéder au « charbonneur » (revendeur) ont été verbalisés pour non-respect du confinement. Mêmes résultats dans une cité voisine. « Le gars qui est d’Avignon et me dit qu’il vient voir sa grand-mère à la cité Kallisté, il fait immédiatement demi-tour avec une amende de 135 euros. Ça lui fait cher la barrette de shit », dit un policier.

Le décret réglementant les déplacements a donné un moyen aux forces de l’ordre de maintenir la pression sur les points de deal, en s’attaquant directement à la demande. « Sans clients, pas de trafic », se réjouit un spécialiste de la lutte contre les stupéfiants. Les habitants, premières victimes des réseaux, s’en félicitent. Ce qui apporte de l’eau à notre moulin lorsque nous affirmons que

quand on veut…on peut.

L’occasion pour les policiers de pousser leur avantage. Pas question de lâcher du lest. A Colombes, dans les Hauts-de-Seine, un département qui abrite plusieurs « fours » (gros points de vente), la police municipale poursuit sa guerre contre le trafic de stupéfiants. « On gare nos voitures à l’entrée des points de vente habituels, bien en vue, on laisse tourner les gyrophares, on contrôle les passants, on fait tout pour les déranger », raconte l’ancien colonel de gendarmerie Alain Faugeras, chargé de la police municipale.

La plupart des clients qui s’aventurent jusqu’au quartier du Petit-Colombes rebroussent chemin. Ceux qui réussissent à passer sont priés de monter dans les étages. C’est là qu’ont lieu, désormais, les transactions. Les vendeurs ont quitté les halls d’immeuble, jugés « trop visibles » en temps de confinement. Le patron de la police municipale a par ailleurs observé une « croissance » du nombre de livreurs de repas dans le secteur, du type Deliveroo ou Uber Eats, « mais on ne peut rien faire, on ne peut pas les fouiller, on n’a aucune preuve qu’ils transportent de la drogue ». Avec nous aux manettes, soyez assurés qu’ils seraient tous fouillés au corps…

Les experts de la lutte antidrogue en sont certains : le marché commence déjà à se restructurer. « Il ne se passe plus rien depuis la fin de semaine. Mais le trafic s’adapte. Une certaine clientèle parisienne cherche par exemple à s’approvisionner dans les départements du Nord. » D’autres se tournent vers la livraison à domicile, qui s’est considérablement développée ces dernières années, mais qui, elle aussi, connaît des difficultés.

Lundi 16 mars, certains dealeurs s’étaient empressés de faire la promotion de leurs produits sur les réseaux sociaux. Sur Snapchat, un revendeur promettait ainsi de livrer « jusqu’à la fin du monde », c’est-à-dire jusqu’au début du confinement, mardi 17 mars à midi. Dès le lendemain, les messages étaient nettement moins enthousiastes. « Désolé pour les gens qui n’ont pas été servis, mais comprenez qu’en ces temps d’épidémie les déplacements sont réduits et surveillés… Nous faisons au mieux. » Afin de satisfaire une forte demande, le trafiquant assure disposer de deux livreurs travaillant « tous les jours de 11 heures à minuit durant le confinement » et affiche d’emblée que « les commandes de 100 euros et plus sont prioritaires » !

Certains dealeurs se retrouvent doublement au chômage technique. Nicolas, 29 ans, travaille habituellement dans un café parisien, qui a fermé, et vend de la drogue pour arrondir ses fins de mois. Mais sa marchandise n’a plus la cote. « Je n’ai plus aucune commande depuis une semaine, commente celui qui propose habituellement de livrer cocaïne, kétamine et ecstasy. Les gens ne veulent plus de drogues festives vu qu’il n’y a plus de fêtes. »

Le trafic de stupéfiants s’accommode mal de la fameuse distanciation sociale. Benjamin, consommateur d’herbe occasionnel, à Paris, raconte avec un sourire comment il a fait plus ample connaissance avec son voisin, également amateur, « en fumant un joint, chacun sur son balcon, pour respecter les gestes barrières ». Ce dernier lui a donné le numéro d’un dealeur qui continue à officier pendant le confinement.

Un texto plus tard, le trafiquant était au pied de l’immeuble. Benjamin a légèrement hésité avant de monter dans la voiture pour récupérer son ravitaillement : « Il n’avait pas de gants ni de masque. Je lui ai donné mes billets, lui ses quatre pochons, et je suis ressorti. Dès que je suis rentré chez moi, je me suis lavé les mains, puis j’ai mis du désinfectant sur les pochons, et je ne vais pas y toucher pendant au moins quarante-huit heures. » On croit rêver.

Pourtant, il y a une réelle peur du virus : les livreurs et les clients ne veulent pas entrer en contact et, pour les trafiquants, il faudra donc évaluer le bénéfice/risque de leurs activités, compte tenu de la forte présence policière sur la voie publique.

Les autorités redoutent d’ailleurs que les trafiquants ne se réorientent temporairement vers d’autres secteurs criminels. « Certains quartiers sont au bord de l’implosion. Pour ces crapules, il est hors de question que l’activité cesse, qu’il n’y ait plus de revenus, assure Nicolas Pucheu, responsable communication de l’UNSA-Police, en Ile-de-France. On peut imaginer qu’une fois leurs réserves écoulées, ils se tournent vers des braquages de commerces ou de distributeurs de billets. » Si les policiers qui luttent au quotidien contre les trafics de stupéfiants observent avec délectation l’effondrement du marché, chacun sait qu’en matière de drogue les victoires sont bien souvent provisoires.

Non pas tant du fait de l’imagination débordante de leurs maîtres d’oeuvre que du manque de courage des décideurs politiques et du laxisme de beaucoup de magistrats en la matière.

Le 28 mars 2020.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

3 Réponses to “Trafic de stupéfiants : la honte, le coronavirus réussit là où les pouvoirs publics échouent !”

  1. Hervé J. VOLTO mars 28, 2020 à 1:17 #

    Les drones, que la police utilise pour surviller les rues d’en haut, ne pourraient-ils pas être utilisés au-dessus des cités chaudes pour le surveiller ?

    Et des tireurs d’élite en hélicoptère pour faire respecter le confinement ?

    Parce que… si on veut, on peut.

  2. Hervé J. VOLTO mars 28, 2020 à 1:24 #

    UN DERNIER POUR LA ROUTE !

    Tireurs d’élite : ils ne sont que 200 dans l’armée française.

    Sachez que le GIGN et le RAID emploient eux aussi des tireurs d’élite…

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