Les chefs d’entreprise du BTP sont des imposteurs.

29 Mar

Malgré la pression du gouvernement, qui les incite vigoureusement à reprendre leurs activités dans le domaine extrêmement dynamique de la construction, les professionnels refusent de redémarrer à court terme les innombrables chantiers arrêtés à cause de l’épidémie de Covid-19. « Nous n’avons pas envie d’envoyer nos salariés à l’abattoir » prétend Jean-Luc Tuffier, le président de la Fédération française du bâtiment (FFB) pour le Grand Paris.

« Reprendre sans masques, puisqu’ils sont destinés en priorité au personnel soignant, sans gants ni gel hydroalcoolique, et alors que les règles de confinement se durcissent de jour en jour ?, demande M. Tuffier. Honnêtement, je ne vois pas bien comment on peut faire. » Il oublie volontairement de rappeler que son domaine d’activité est l’un de ceux qui emploient le plus de travailleurs issus de l’immigration, la plupart du temps clandestine ! Forfait qui ne provoque pas autant de scrupules…

Après quelques passes d’armes, le gouvernement et les représentants du BTP ont commencé, le 21 mars, à préparer ensemble un « guide de bonnes pratiques » précisant les conditions dans lesquelles certains chantiers pourraient repartir. Mais s’entendre sur ces recommandations n’a rien d’évident.

Le texte, attendu initialement le 24 mars, n’est toujours pas finalisé. Surtout, il n’est pas dit que, une fois diffusé, ce guide suffira à relancer vraiment l’activité.

Depuis l’instauration du confinement, le 16 mars, de 80 % à 90 % des chantiers de l’Hexagone sont à l’arrêt. De nombreux clients l’ont imposé, qu’il s’agisse de particuliers, d’entreprises ou de collectivités. A Paris, par exemple, la ville a suspendu l’ensemble des chantiers dont elle est commanditaire, à l’exception de ceux relevant de mesures de mise en sécurité. Au moins, les Parisiens ne pourront plus accuser la maire, Anne Hidalgo, de perturber leur quotidien en lançant trop de travaux simultanés… Et quand les maîtres d’ouvrage ne le demandaient pas, les entreprises de BTP elles-mêmes ont pris l’initiative de stopper l’activité, pour des raisons tant sanitaires que pratiques.

C’est ainsi que de grands chantiers comme la rénovation de Notre-Dame de Paris, la restauration de l’opéra d’Avignon, l’extension du tramway de Bordeaux vers l’aéroport de Mérignac, ou encore le maillage du pays en fibre optique sont suspendus.

De même, les énormes tunneliers qui venaient d’être baptisés et devaient creuser pour les lignes 16 et 17 du futur métro automatique du Grand Paris Express restent, pour l’instant, au point mort.

L’essentiel des chantiers maintenus concerne des artisans qui travaillent seuls, par exemple pour rénover un appartement en l’absence de ses occupants. Et ceux liés à des urgences, comme la construction d’installations hospitalières.

Faut-il redémarrer toute cette activité ? Le sujet a suscité un étonnant bras de fer. Les patrons de l’artisanat et du BTP, qui ne passent pas pour les patrons les plus humanistes, ont été les premiers à juger intenable la poursuite des chantiers au prétexte de protéger leur personnel. Et c’est l’exécutif qui les pousse à travailler malgré tout, en les accusant de vouloir mettre leurs salariés à l’arrêt pour « profiter du chômage partiel ». Ce qui est très exactement le principal motif de leur obstination avec l’objectif complémentaire d’obtenir des facilités d’emploi pour les migrants clandestins non régularisés.

Pour le gouvernement, soucieux de limiter la crise économique, rien n’impose que les chantiers soient stoppés. Au contraire, les personnes qui travaillent « en extérieur chantiers de bâtiments et travaux publics notamment doivent poursuivre » leur activité, a affirmé clairement le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, dans un courrier adressé le 18 mars aux préfets. Le lendemain, la ministre du travail, Muriel Pénicaud, s’en est violemment prise à la Capeb, l’organisation des artisans du bâtiment. « Quand un syndicat patronal dit aux entreprises : Arrêtez d’aller bosser, arrêtez de faire vos chantiers”, ça, c’est du défaitisme », a-t-elle déclaré sur LCI.

Alors, se sont accumulées toutes les mauvaises raisons pseudo-sanitaires pour résister aux injonctions gouvernementales. Ainsi Denis Maupas, Secrétaire général de 3LM Bâtiment, une PME de l’Essonne, prétend que « la complexité commence dès le trajet pour aller sur place, dont l’employeur est responsable : impossible de certifier qu’il n’y aura pas de contact avec le virus dans les transports en commun. Même doute pour les vestiaires, souvent d’étroits préfabriqués où se côtoient 40 ou 50 ouvriers.« 

Puis vient la question du chantier proprement dit. « C’est un métier qui se fait à plusieurs, constate Denis Maupas. Pour prendre du béton dans la toupie, le couler, le coffrer, les ouvriers se touchent forcément. Et certaines tâches ne se prêtent guère à l’usage de gants. » Difficile aussi de se passer durablement de la traditionnelle réunion de chantier hebdomadaire, où tous les intervenants se coordonnent.

Au bout du compte, le chef d’entreprise a enjoint à toutes ses équipes de rester chez elles. « Les règles de confinement nous imposent des protections que nous sommes incapables de garantir à nos salariés », juge Denis Maupas. Il ajoute : « Aux compagnons qui me demandent Vous préférez votre fric ou la vie de vos ouvriers ?, je ne peux répondre qu’une seule chose, Restez chez vous. »

On pleurerait presque devant tant de compassion !

Et pourtant, ils en ont moins lorsque des négriers déguisés en organisations humanitaires vont récupérer en Libye des milliers de migrants subsahariens et les leur livrent, pieds et poings liés, pour leur servir de main-d’oeuvre à bas coût…Souvent employée « au noir« .*

Mais sachez qu’il en est de même dans d’autres domaines tels que les activités de nettoyage ou de manutention, de ramassage et de tri de déchets, d’agriculture ou de commerce, d’aide à la personne ou de restauration, etc.

Jean-Albert Guidou, de la CGT de Seine-Saint-Denis, rapporte le cas de deux salariés d’un commerce alimentaire, sans papiers et atteints du Covid-19. « Ils ont travaillé alors qu’ils avaient des symptômes et qu’on était dans une situation qui pouvait faire craindre une contamination plus large, estime-t-il. L’employeur, qui ne les avait pas déclarés, les a finalement virés. »

« Un grand nombre de travailleurs sans papiers sont indispensables à l’économie du pays et sont plus vulnérables, prétend une autre syndicaliste. Nous revendiquons plus que jamais leur régularisation (Ben voyons !). Il faut aussi garantir leur accès aux soins. Ils n’ont pas la sécurité sociale alors qu’ils cotisent, et beaucoup n’ont pas droit à l’aide médicale d’Etat car ils dépassent le seuil de ressources. » On marche sur la tête.

La responsable syndicale s’étonne par ailleurs du maintien de certaines activité comme la livraison de repas via les plates-formes comme Uber Eats ou Deliveroo (n’oubliez pas de relire ceci : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2020/03/28/trafic-de-stupefiants-la-honte-le-coronavirus-reussit-la-ou-les-pouvoirs-publics-echouent/ ). Plusieurs syndicats et collectifs ont demandé leur « arrêt immédiat », « avant que les livreurs ne tombent comme des mouches », disent-ils dans un communiqué, publié jeudi 26 mars.

Et si, tout simplement, ils repartaient travailler dans les pays d’où ils viennent.

Le 29 mars 2020.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* A relire : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2020/02/13/cet-homme-devrait-etre-mis-aux-fers-et-meme-plus/

2 Réponses to “Les chefs d’entreprise du BTP sont des imposteurs.”

  1. Hervé J. VOLTO mars 29, 2020 à 11:17 #

    Et si, tout simplement, nos gouvernements européens arrétaient de leur dire de venir travailler dans les pays européens ?

  2. Hervé zafrani mars 29, 2020 à 2:28 #

    Les chefs d entreprises du BTP sont des esclavagistes ils imposent derrière leurs bureaux confinés que les nationaux travaillent mêmes au black malgré l époque troublée où nous vivons quand aux immigrés ils ont les syndicats rouges qui les soutiennent

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