Pénurie de médicaments indispensables : nous touchons le fond.

1 Avr

Il y a longtemps maintenant que nous dénonçons la pénurie grandissante de médicaments, dans tous les domaines de la santé (depuis ceci – https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2014/12/05/bulletin-climatique-quotidien-5-decembre-2014de-la-republique-francaise/ – jusqu’à cela – https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2020/02/27/deja-endemiques-les-penuries-de-medicaments-vont-devenir-dramatiques/ -, en passant par bien d’autres).

Bien longtemps que nous alertons les pouvoirs publics qui répondent inlassablement que tout ira bientôt mieux alors que la situation ne cesse d’empirer. Au point que ce qui devait arriver est arrivé : l’épidémie de coronavirus dont nous sommes aujourd’hui gravement victimes met brutalement en évidence à la fois les carences des pouvoirs publics en matière d’anticipation des besoins de la population et les comportements intolérables des entreprises pharmaceutiques qui, pour le seul profit de leurs actionnaires, ont délocalisé la fabrication de ces médicaments dans quelques pays producteurs d’Asie (pour la plupart) et dont nous sommes intégralement dépendants.

Sachez qu’aujourd’hui la situation est devenue dramatique.

L’alerte vient des neuf plus grands services hospitaliers d’Europe. Dans une lettre adressée à leurs gouvernements respectifs, les médecins appellent à des mesures d’urgence pour faire face à la pénurie de médicaments. « Les hôpitaux seront bientôt à court de médicaments essentiels pour traiter les patients atteints du Covid-19 hospitalisés en unités de réanimation. Faute d’une collaboration européenne pour garantir un approvisionnement continu en médicaments, ils risquent de ne plus pouvoir fournir des soins intensifs adéquats d’ici une à deux semaines », expliquent les signataires, des médecins et des directeurs d’établissements membres de l’Alliance européenne des hôpitaux universitaires.

Tous sont en première ligne face à l’épidémie de Covid-19, qui a déjà fait plus de 23 000 morts en Europe. Parmi eux : l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), San Raffaele à Milan, Vall d’Hebron à Barcelone, le King’s College à Londres ou encore la Charité à Berlin. En France, la lettre devait être adressée dans la matinée de mardi 31 mars, au président de la République, au premier ministre ainsi qu’au ministre de la santé.

« A ce rythme de consommation, les stocks des hôpitaux les plus touchés seront vides dans quelques jours et dans deux semaines pour ceux qui disposent de stocks plus importants. […] Cela a déjà conduit certains hôpitaux à acheter des médicaments ou des dosages différents de ceux auxquels ils sont habitués. Il est extrêmement inquiétant de voir des infirmiers et des étudiants en médecine surchargés de travail et souvent moins expérimentés (…) utiliser des produits et des dosages dont ils ne sont pas familiers. »

Pour prendre en charge les cas les plus sévères, les réanimateurs doivent plonger les patients dans un coma artificiel, et les intuber. Ils ont pour cela recours à de puissants médicaments, comme les curares, qui paralysent les muscles respiratoires ; le propofol, qui endort profondément ; le midazolam ; ou encore la morphine. Ils administrent aussi très souvent des antibiotiques, afin de limiter le risque d’infection. Hélas, dans les régions les plus touchées par l’épidémie, la consommation de ces molécules a augmenté « jusqu’à 2 000 % », a reconnu le Premier ministre, Edouard Philippe, dans son intervention, samedi 28 mars. Au point que les stocks français sont désormais dangereusement bas.

Dans de nombreux hôpitaux, les médecins travaillent l’œil rivé sur le compteur. « C’est la pêche à l’ampoule », lâche Jean-Louis Dubost, chef du service de réanimation de l’hôpital de Pontoise. Dans cet établissement du nord de l’Ile-de-France, 44 patients atteints de Covid-19 sont hospitalisés, soit plus du double de la capacité habituelle du service. La quasi-totalité du stock de curare y est passée. « Ces patients ne s’endorment pas bien, ce qui nous oblige à leur administrer des doses bien plus élevées qu’à l’accoutumée », témoigne le médecin. « Et comme ils sont aussi difficiles à réveiller, les quantités de médicaments requises sont très importantes », ajoute-t-il. Son expérience montre qu’il faut attendre au moins huit jours avant de désintuber les patients.

Voyant leurs stocks s’effondrer, les pharmaciens hospitaliers se sont empressés de multiplier les commandes auprès des industriels spécialisés dans les médicaments de réanimation. « Depuis jeudi, nous sommes submergés de demandes : une cinquantaine d’hôpitaux à la recherche d’ampoules de curare nous ont contactés », témoigne Luc Lamirault, le fondateur de Medpha, un laboratoire pharmaceutique situé dans l’Essonne. « Il nous en reste encore, mais plus tous les dosages », précise le chef d’entreprise.

Contacté par des établissements inquiets de ne pas pouvoir tenir jusqu’au lundi, il a rouvert ses entrepôts au cours du week-end afin de les livrer en urgence. « Pour les prochaines semaines, nous avons peu de visibilité », déclare Luc Lamirault. Comme tous les fabricants, il transmet tous les deux jours l’état de ses stocks à l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Il échange aussi quotidiennement avec la cellule de crise chargée d’évaluer les stocks nationaux et estimer les besoins à venir.

Dans ce contexte d’urgence, le Premier ministre, Edouard Philippe, a jugé samedi « envisageable » la réquisition des moyens de production de médicaments, tout en soulignant qu’elle ne constituait pas une « baguette magique » et était à utiliser « avec prudence ». « Aucun pays européen ne dispose à lui seul des installations de production nécessaires pour fournir tous les médicaments nécessaires », soulignent les signataires de la lettre, qui plaident pour une gestion à l’échelle européenne des stocks et des échanges.

Mais alors à quoi sert l’Union européenne à part être une association de malfaiteurs ?

Quelle que soit la solution retenue, il faudra des semaines avant que les médicaments soient disponibles. « Nous avons commencé à augmenter la production, mais le délai de fabrication pour des ampoules de curare est d’un mois et demi à deux mois en incluant tous les contrôles qualité », souligne Luc Lamirault, qui fait appel à deux façonniers en Slovaquie et en Lettonie pour ses médicaments. « Nos matières premières, qui viennent d’Espagne et d’Italie, sont aussi longues à fabriquer », précise le chef d’entreprise.

Le défi est d’autant plus grand que l’épidémie de Covid-19 n’épargne pas les usines. « Pour nos employés le message n’était pas clair : faut-il aller travailler ou non ? Résultat, nous avons 15 % d’absentéisme, et les lignes tournent au ralenti », constate un façonnier qui produit pour de grands groupes pharmaceutiques. Selon lui, la marge de manœuvre est faible. « Pour ces médicaments peu chers, personne n’a de stocks et la production est en flux tendu », explique ce responsable, qui souligne aussi l’impact de l’épidémie sur les usines chinoises et indiennes, d’où viennent la plupart des principes actifs pharmaceutiques utilisés pour la fabrication de médicaments en Europe.

« Je crains qu’il n’y ait pas beaucoup d’anticipation sur ces questions d’approvisionnement. Or c’est vital », s’inquiète Rémi Salomon, président de la commission médicale d’établissement de l’AP-HP, qui fait partie des signataires de la lettre. Pour éviter une rupture totale des stocks, de nouvelles recommandations ont été transmises le 27 mars aux médecins. Elles visent à économiser les médicaments de réanimation, en diminuant les doses et la durée d’utilisation

Mais ce n’est pas tout. Car, ces ruptures de stocks touchent en réalité LA TOTALITE DE NOS BESOINS MEDICAMENTEUX. DANS TOUS LES DOMAINES DE LA SANTE ! Des plus simples molécules antibiotiques jusqu’aux traitements des cancers.

Contrairement à ce que prétend notre gouvernement, il ne s’agit pas de MEDECINE DE CATASTROPHE. Il s’agit hélas de MEDECINE DE PENURIE. Un crime d’Etat.

Le 1er avril 2020.

Pour le CER, Hippocrate, Conseiller à la santé publique.

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