Les effets secondaires de l’épidémie de Covid-19 ne seront pas ceux que l’on croit.

2 Avr

Si, heureusement, la plupart des malades touchés par le coronavirus guérissent, certains gardent un certain nombre de séquelles pendant des durées variables : difficultés respiratoires ou même cardiaques, asthénie (fatigue) parfois invalidante et durable, etc. Et l’on pourrait ici s’alarmer d’effets secondaires plus ou moins néfastes.

Mais, en vérité, ses pires conséquences ne seront pas là. Elles seront dans l’ajournement, la sous-estimation voire l’oubli quand ce n’est pas le déni…de toutes les autres maladies, aiguës ou chroniques face à l’ampleur du défi épidémique !

« Docteur, je ne veux pas vous déranger »… Combien de fois les médecins généralistes entendent-ils cette phrase ces derniers jours, alors que l’épidémie de Covid-19 met le système sanitaire à rude épreuve ?

Ils sont très inquiet pour leurs malades chroniques, diabétiques, insuffisants cardiaques… qu’il ne voit quasiment plus. « Les personnes âgées à domicile n’ont plus ou quasiment plus de soins de rééducation, perdent le peu de contacts sociaux qu’ils avaient, le risque est grand de les voir perdre en autonomie », anticipe ce généraliste. « Les pertes de chance [par rapport au pronostic attendu] risquent de toucher davantage les populations déjà fragilisées socialement ou par le handicap », s’insurge-t-il. Des constats partagés par un grand nombre de soignants. Les pédiatres, eux, insistent sur la nécessité de ne pas négliger les enfants, notamment pour les vaccinations.

Le Collège national des généralistes enseignants alerte aussi dans un communiqué du 24 mars : « Une détérioration de la qualité des soins et de la surveillance de tous les patients fragiles et polypathologiques risque d’augmenter les hospitalisations et la mortalité liées aux autres causes que le Covid. »  Il ne manquerait plus que ça ! De fait, pour accueillir les patients atteints par le Covid-19, qui ne cessent d’affluer, les hôpitaux ont réorganisé leurs services, déprogrammé des opérations chirurgicales, et augmenté les capacités de lits de réanimation, tout en maintenant un minimum d’activités pour les autres malades. Un petit minimum…

Au niveau des services d’urgence, les demandes de patients infectés par le virus ont pris le dessus sur tout le reste. « Le nombre d’appels au SAMU est allé jusqu’à quadrupler, actuellement, il n’est plus que multiplié par deux par rapport à l’activité habituelle, et nous sommes organisés pour faire face », assure François Braun, président de SAMU-Urgences de France. Selon l’urgentiste, les délais d’intervention des équipes du SAMU ne se sont en tout cas pas envolés. Les patients tardent-ils de leur côté à appeler les secours en cas d’urgence ? « On a l’impression de prendre en charge moins d’infarctus du myocarde et d’accidents vasculaires cérébraux, ce qui nous inquiète un peu car il n’y a pas de raison que leur nombre soit à la baisse », poursuit-il.

Christophe Couturier, responsable des urgences du centre hospitalier de Dunkerque (Nord), confirme cette tendance. « Dans les Hauts-de-France, l’activité hors Covid des urgences hospitalières a baissé de 50 % à 80 % depuis le 15 mars. Cette chute s’explique en partie par la diminution des accidents du travail, de la circulation, des petits traumatismes en milieu scolaire ou lors des activités sportives, mais comment expliquer le moindre recours pour des urgences vitales et fonctionnelles ? » Crainte de « déranger » ou d’être contaminé en se rendant aux urgences ? « Les retards de prise en charge dans ces situations sont en tout cas très préjudiciables et peuvent aboutir à des drames », poursuit M. Couturier.

Ainsi, la semaine dernière, dans le Dunkerquois, un homme qui « n’a pas voulu déranger » à 2 heures du matin, alors qu’il avait une douleur dans la poitrine, n’a pu être réanimé par l’équipe du SMUR, appelée par l’entourage huit heures après le début des symptômes. C’était malheureusement trop tard. « Nous voyons également arriver de façon beaucoup trop tardive des patients victimes d’un AVC avec des déficits constitués hors délais thérapeutiques. Ce sont très clairement des drames collatéraux de l’épidémie en cours », déplore l’urgentiste. Qui insiste sur la nécessité d’appeler sans délai en cas de signes de détresse vitale ou fonctionnelle (douleur à la poitrine, troubles de la parole, difficultés à bouger un membre…).

Les activités de transplantation d’organes sont, elles, déjà réduites de 50 %. « Les greffes rénales (3 640 en 2019) ont été arrêtées depuis le 15 mars, notamment en raison du risque de forme grave de Covid-19 lié au traitement immunosuppresseur. Mais on essaie de maintenir les greffes urgentes de cœur, de foie… », assure le professeur Olivier Bastien. Le responsable du prélèvement et des greffes à l’Agence de la biomédecine intime en outre aux patients de ne pas modifier leur traitement immunosuppresseur car un rejet dans ce contexte serait particulièrement dangereux.

Les spécialistes hospitaliers sont eux aussi préoccupés. Le professeur Philippe Gabriel Steg, chef du service de cardiologie de l’hôpital Bichat (AP-HP), ne cache pas sa crainte de pertes de chance pour les patients ayant des pathologies cardiaques. Ainsi, la prise en charge d’urgences comme une décompensation d’insuffisance cardiaque chronique pourrait être retardée par la réticence de certains à appeler leur médecin ou les urgences. Philippe Gabriel Steg pointe également de potentielles conséquences de la déprogrammation massive d’opérations chirurgicales non urgentes. « Dans notre spécialité, il s’agit d’interventions dans le cadre par exemple d’atteintes des artères coronaires ou des valves cardiaques, ou encore d’anévrismes de l’aorte abdominale [dilatation localisée de cette grosse artère], énumère le cardiologue. Décaler de quelques semaines la chirurgie n’est généralement pas un problème, mais, au-delà, cela augmente statistiquement le risque des complications qu’on veut justement prévenir par l’intervention, comme une rupture d’anévrisme de l’aorte, mortelle dans la majorité des cas. »

« On commence à observer des retards à la prise en charge de certaines pathologies, s’inquiète aussi un médecin interniste, qui exerce dans un établissement de santé privé d’intérêt collectif (Espic), en région parisienne. Certains symptômes cliniques qui auraient fait l’objet d’explorations légitimes, notamment les douleurs thoraciques ou les gênes respiratoires sans fièvre vont faire l’objet de conseils téléphoniques simples, repoussant la prise en charge, avec des conséquences qui peuvent être graves. » Quant à la téléconsultation, qui s’est développée de manière exponentielle depuis le début de la crise, c’est un pis-aller. « Cette technique ne permet pas une bonne appréciation clinique, car il n’y a pas d’auscultation, de palpation… Cela peut engendrer des erreurs d’interprétation aux conséquences potentiellement dramatiques. »

Mais il y a peut-être pire. Dans le domaine du cancer, « les patients sont pris en charge et opérés aussi vite que possible, c’est du cas par cas, comme d’habitude », affirme le professeur Jean-Yves Blay, directeur général du centre Léon-Bérard, à Lyon. « On essaie qu’il n’y ait pas de perte de chance, mais nous avons deux contraintes : nos patients sont plus à risque de forme sévère du Covid-19 et, si on décale le traitement oncologique, l’impact est immédiat », poursuit-il. Selon lui, les dix-huit centres de lutte contre le cancer (réunis dans le réseau Unicancer) ont davantage décalé ce qui n’est pas urgent, c’est-à-dire les opérations de reconstruction par exemple, et pour les consultations de surveillance, les patients sont vus en téléconsultation. Mais à l’institut Gustave-Roussy, à Villejuif, dans le Val-de-Marne, « on commence à voir moins de patients pour une première consultation, en partie car certains lits sont réaffectés aux patients atteints d’une infection à Covid-19 », constate de son côté le professeur Fabrice André, directeur de la recherche à Gustave-Roussy. Et sans compter les conséquences des pénuries de médicaments utilisés dans les traitements de chimiothérapie.

« Si ça dure trois mois ça peut poser problème », prévient le professeur Charles-Hugo Marquette, chef du service de pneumologie au CHU de Nice, qui prend en charge des malades ayant un cancer du poumon ou des pathologies respiratoires chroniques. Pour ces derniers, « le danger est qu’ils décident d’eux-mêmes d’arrêter les corticoïdes inhalés, ce qui peut exacerber l’asthme ou la BPCO [bronchopneumopathie chronique obstructive] », souligne le spécialiste.

« Des retards pour la mise en place de traitements sont à craindre, notamment pour soigner les allergies, et l’asthme, avec plus de risques de décompensation, c’est-à-dire de crise sévère », ajoute le pneumologue. Par ailleurs, « le risque d’allergies aux pollens, graminées − la saison vient de démarrer ou aux acariens peut être amplifié car nous passons plus de temps à l’intérieur ».

Après la phase aiguë de l’épidémie de Covid-19, qui bouleverse totalement le fonctionnement des hôpitaux, il s’agira de reprogrammer sans trop attendre toutes les consultations, hospitalisations, interventions annulées… Un défi de plus pour des équipes qui étaient déjà en grande souffrance avant l’épidémie.

Et en espérant que les pertes de temps ne se traduiront pas par des pertes de chance…

Le 2 avril 2020.

Pour le CER, Hippocrate, Conseiller à la santé publique.

3 Réponses to “Les effets secondaires de l’épidémie de Covid-19 ne seront pas ceux que l’on croit.”

  1. Hervé J. VOLTO avril 2, 2020 à 10:07 #

    Entre la France et la Suède et les États-Unis, une guerre sans pitié s’est déclenchée pour entrer en possession de précieux masques produits en Chine. Avec à la clef quelques événements étonnants. Et parfois indigne…
    https://lalettrepatriote.com/la-guerre-des-masques/

    Tout commence le 5 mars lorsque la France réquisitionne, à Lyon, 4 millions de masques appartenant à l’entreprise suédoise Mölnlycke, un géant du secteur médical spécialisé dans les produits jetables (masques, blouses pour bloc opératoires, etc.). Deux jours auparavant, le président Emmanuel Macron a signé un « décret de réquisition » permettant au gouvernement, comme en temps de guerre, de saisir tous stocks de produits et matériels se trouvant sur le territoire français afin de lutter contre le Covid-19.

    Après cette saisie, le gouvernement Suédois est entré en furie.

    Et ce sont les États-Unis qui sont venus ensuite en quelque sorte venger la Suède, directement sur le tarmac de l’aéroport de Shanghai. Des masques commandés en Chine par la région Grand Est ont été “rachetés” directement par les Américains sur le tarmac des aéroports d’où doivent partir les avions de livraison. Ces derniers changent donc leurs plans de vol pour se diriger vers les Etats-Unis au lieu de la France ! Le président de la région PACA, Renaud Muselier, s’était également plaint mardi d’une telle pratique de la part d’acheteurs américains…

    En, Italie, la Guardia di Finanza, un mélanges transalpin de douanes et de police financière, a décidé de copier les Etats Unis et partique la saisie de tout stok de masque et de produits hydro-alcooliques se trouvant sur le territoire italien, allant traquer les navires ou les avions-cargos sur les aéroports, parfois sur des plateforme multinodales où je travaillais à controller des camions jusq’à ce qiue l’on me mette en chômage partiel il y a un mois : votre serviteur en vu passer des unifomes de la « Finanza » dans les zones industrielles et les MIN de Parme, Plaisance et Crémone.

    Les maffias italiennes -Cosa nostra ou mafia sicilienne, la plus ancienne La Mafai, la Camorra ou mafia napolitaine, la Ndrangheta ou mafia calabraise, très présente sur la Cote d’Azur où elle fait de l’ombre à la Brise de Mer d’origine Corse, la Sacra Coronna Unita ou mafia pouliaise, et la Coupola ou mafia capitale : la mafia de Rome- ont depuis commencé à imiter la Guardia di Finanza pour leur propore compte, « réquisitionnant » tout ce qui « tombe des camions » et devrait être destiné aux hopitaux et aux pharmacies, ce pour revandant au marché noir, surtout aux particuliers, à prix d’or.

    Quand on vous dit que c’est la guerre…

  2. Hervé J. VOLTO avril 2, 2020 à 10:09 #

    Vers l’intelligence médicales ?

    COVID 19 et srvices de rensignements
    https://lalettrepatriote.com/covid-19-et-services-de-renseignement/

  3. Hervé J. VOLTO avril 3, 2020 à 1:44 #

    Alors là, je me suis trompé de vidéo. Ce n’est pas la bonne.

    La CIA possèderait un dépertement INTELLIGENCE MEDICALE.

    Késako ?

    Un système surveillance de l’éclosion, de la difusion et de l’expension de maladies virales, qu’elle soient naturelles ou terroristes. Celà put se faire en étant en contact avec les responsables de grands centres hosptitaliers de pays industriels, les sociéités pharmaceutiques, les gouvernemennts (ministère de la santé), etc…

    Dans un cas comme l’EBOLA, par exemple, ce serait très utile. Le Coronavirus, malsidie naturelle ou saleté échappèe d’un laboratoire, doit être monitorée, surveillée : nous devons, par exemple posséder des cartes dela situation de la contagion.

    Un départment INTELLIGENCE MEDICALE au sein de la DGSE ? C’est exactment de quoi je parle…

    Au passage il serait bon de réhabiliter la potection des populations civiles (donner à la Protection Civile les moyens de lutter contre les catastrophes naturelles, les risques industriels majeurs, chimiques, nucléaires, bactériologiques, les accidents divers -aériens, férovières, routiers et autoroutiers- les actions hostiles de terrorisme et d’espionage).

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