L’Italie à la pointe du combat contre la funeste Union européenne.

2 Avr

Mardi 31 mars en fin de matinée, dans toute l’Italie, les drapeaux italiens ont été mis en berne en signe d’unité nationale et de deuil, alors que le bilan de l’épidémie ne cesse de s’alourdir, dépassant désormais les 12 000 victimes pour plus de 100 000 cas officiellement constatés. Après un peu plus de trois semaines de confinement, les effets des mesures de distanciation sociale commencent à se faire sentir, et la propagation du virus semble en passe de vraiment ralentir, au prix d’efforts surhumains et grâce à la mobilisation des populations, qui respectent les consignes du gouvernement avec un sens civique indiscutable…que les Français, en particulier dans les banlieues malfamées du pays, feraient bien d’imiter (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2020/03/30/petite-musique-de-jour/) :

Comme un écho à ce moment d’unité nationale, dans toutes les villes d’Italie, les drapeaux tricolores se sont mis à fleurir aux fenêtres et aux balcons des immeubles. Ce phénomène s’accompagne d’un autre, beaucoup plus diffus mais amplement relayé sur les réseaux sociaux par les sympathisants de droite et certains comptes liés au Mouvement 5 étoiles (antisystème) : dans plusieurs villes, surtout du nord du pays, des élus locaux se font filmer en train de décrocher les bannières européennes, en signe de protestation contre ce qu’ils considèrent comme l’absence de solidarité de l’Europe envers eux.

L’initiateur de ce mouvement sporadique est le vice-président de la Chambre des députés italienne, Fabio Rampelli, par ailleurs chef du groupe des députés Fratelli d’Italia, qui s’est fait filmer, lundi, masqué et ganté, en train d’exécuter ce geste dans son bureau au Parlement. Le soir même, la présidente de son mouvement, Giorgia Meloni*, au plus haut dans les sondages – Fratelli d’Italia est crédité de plus de 12 % d’intentions de vote dans les dernières enquêtes d’opinion –, applaudissait sans réserve ce geste : « Assez de ces accords dans lesquels l’Allemagne refuse de faire des concessions. Ces dernières années, l’Allemagne, grâce à la monnaie unique, s’est enrichie sur notre dos. (…) Si l’Europe ne nous aide pas, l’Union européenne n’a qu’à se dissoudre. » Une rhétorique partagée également par Matteo Salvini, le chef de file de la Ligue, lequel recommence ces derniers jours à évoquer la perspective d’une sortie de l’Italie de l’Union européenne.

Pourtant, la décision sans précédent de la Banque centrale européenne, qui a annoncé un plan de rachat de dettes souveraines de 750 milliards d’euros, a eu un effet indéniable sur la situation de l’Italie sur les marchés financiers, contribuant à ramener le spread (différentiel entre le taux d’intérêt des bons du Trésor allemand et italien) à moins de 200 points, alors qu’il avait un temps, mi-mars, dépassé les 300. Ainsi, mardi, l’émission de bons du Trésor italien pour 8,5 milliards d’euros a-t-elle été souscrite sans difficultés, au taux de 1,4 %. Dans le même temps, la suspension des contraintes du pacte de stabilité, qui imposait à l’Italie un douloureux parcours de réduction de son endettement, offre au pays la possibilité de soutenir son économie, menacée d’une profonde récession, tout en ayant les coudées franches pour produire l’effort sanitaire nécessaire, si bien que les inquiétudes à court terme sur la situation financière italienne semblent s’être dissipées.

Pourtant, ces mesures exceptionnelles ont bien peu de poids dans une large frange de l’opinion publique italienne, où le souvenir de l’inaction de Bruxelles dans la crise migratoire a laissé, à juste titre, des traces durables. Dans le même temps, les images amplement médiatisées de l’aide sanitaire chinoise ou russe ont installé une fois de plus l’idée que l’Europe avait abandonné l’Italie à elle-même.

Ces derniers jours, les réticences des pays du Nord, en particulier l’Allemagne et les Pays-Bas, à l’idée d’une mutualisation de la dette par la voie de « coronabonds » ont été très durement ressenties, d’un bout à l’autre du spectre politique italien. La voie du recours au Mécanisme européen de stabilité, privilégiée par les pays du Nord qui veulent refaire avec l’Italie ce qu’ils ont fait subir à la Grèce ? Le gouvernement la juge intenable politiquement, tandis que la droite eurosceptique la rejette par avance : ce soutien impliquerait en retour une sévère cure d’austérité rejetée par avance par les partis eurosceptiques.

Face à cette impasse, le président de la République, Sergio Mattarella (surnommé « pasdecouille-pasd’embrouille« ), a solennellement mis en garde, vendredi 27 mars : « J’espère que tous comprendront, avant qu’il ne soit trop tard, la gravité de la menace pour l’Europe. La solidarité n’est pas seulement exigée au nom des valeurs de l’Union. Elle l’est aussi au nom de l’intérêt général. » Le président du conseil, Giuseppe Conte, a souligné, lors d’un entretien à la télévision allemande ARD, qu’« il ne s’agit pas d’un chaos asymétrique » et que la crise n’est pas causée par « les problèmes financiers d’un seul pays ». Dans ce qu’il qualifie de « défi historique », le chef du gouvernement italien sait qu’il joue son avenir politique.

D’autant que Matteo Salvini est aux aguets et prêt à bondir.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

 

* Lire à ce propos : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2020/02/06/fratelli-ditalia-vous-connaissez-vous-devriez/

3 Réponses to “L’Italie à la pointe du combat contre la funeste Union européenne.”

  1. Hervé J. VOLTOh avril 2, 2020 à 9:27 #

    En France ussi, il retrient les drapeaux européens !

    Vu sur le site IL PATRIOTTA, proche de FRATELLI D’ITALIA
    https://voxnews.info/2020/03/30/anche-in-francia-ammainano-bandiere-ue-rivolta-in-tutta-europa/

    (On dirait Florian Philippo, mais ce n’est pas sûr)

  2. Hervé zafrani avril 3, 2020 à 12:03 #

    Je suis solidaire du val Aoste les autres je m en fout ❗️⚜️

  3. Hervé J. VOLTO avril 3, 2020 à 12:59 #

    Si celà vous interesse, le Val d’Aoste fait partit des mouvement Rattachistes
    https://francechretienne.forumactif.com/t951-rattachisme-et-royalisme

    En deux mots, le ROYALISME EN FRANCE est avant tout UNE ATTITUDE CULTURELLE CATHOLIQUE : celle de la Tradition. En politique, il participe du PRINCIPE DE’XPENSION-EVANGELISATION dont Léon XIII reprendra l’idée: tout le contraire de l’actuel euro-mondialisme islamisant! C’est aussi UN NATIONALISME FRANCAIS ET CHRETIEN : mourir pour la Patrie, c’est mourir pour le salut de la société Française déstabilisée par les idées révolutionnaires. C’est enfin, face à la masse, L’AFFIRMATION DE LA PERSONNE, VOULUE CHRETIENNE.

    -Avant d’être Royaliste, je suis Catholique et Français; je dirai même que JE SUIS ROYALISTE PARCE QUE JE SUIS CATHOLIQUE ET FRANCAIS (Maurice d’Andigné) !

    Si notre Royalisme inspire en France le Légitimisme, qui part du principe que LE ROI EST LA SEULE AUTORITE LEGITIME EMANANT DE DIEU, dit PRINCIPE ROYAL, et ces Néo-Légitimismes que sont le Survivantisme, le Providentialisme et le Régentisme, notre Royalisme Français inspire à l’étranger le carlisme espagnol et latino-américain, le Néo-Bourbonisme napolitain et parmesan, le Miguélisme portugais et brésilien, le Jacobitisme écossais et irlandais, le Magyarisme des Pays de Visegarde (Hongrie, Slovaquie, République Tchèque, Pologne), le Hiérosolymitisme de Terre Sainte et des pays de l’ex-Empire Latin de Constantinople et le Rattachisme wallon, québéquois, Valdostin, et andorain.

    Au val d’Aoste aussi, ils retirent les drapeaux européens !

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :