Que diable allions-nous faire dans cette galère ?

25 Avr

La nouvelle crise financière qui vient sera fatale à la zone euro. C’est ce qui se prépare en sourdine, sous les auspices de la pandémie au Covid-19 et grâce à la désunion des pays membre de ce que certains appellent encore l’ « Union européenne« .

Tandis que le sommet européen de jeudi 23 avril n’a débouché sur aucune percée majeure, les investisseurs et les marchés financiers commencent à se se détourner de la monnaie unique, se réfugiant vers le dollar. « Le retour d’une crise de la zone euro inquiète », explique John Velis, de la banque américaine BNY Mellon.

Cet établissement tient depuis une décennie un indice qui suit les mouvements de capitaux à travers la planète. Alors que celui-ci était positif en mars pour la zone euro, il s’est effondré en quelques semaines et il a maintenant atteint le plus bas niveau de son histoire pour la monnaie unique. Les investisseurs se retirent en masse de tous les marchés européens (actions, obligations…), préférant placer leurs actifs en dollars, qui restent la monnaie de réserve mondiale, jugée plus sûre.

Ces mouvements de capitaux ne s’expliquent pas tant par un phénomène économique que politique. L’onde de choc déclenchée par la pandémie est similaire des deux côtés de l’Atlantique, comme le prouvent les 26 millions de chômeurs supplémentaires enregistrés aux Etats-Unis en un mois.

Certains leaders européens en sont parfaitement conscients. Emmanuel Macron, dans une interview au Financial Times le 16 avril, estimait que la survie de la zone euro était en jeu : « On est au moment de vérité. (…) On a besoin de transferts financiers et de solidarité pour que l’Europe tienne. » Fin mars, neuf chefs d’Etat et de gouvernements européens, dont ceux de France, d’Italie et d’Espagne, appelaient déjà, dans une lettre commune, à la création de « coronabonds », des obligations paneuropéennes. Pendant le sommet de jeudi, Christine Lagarde, la présidente de la BCE, a averti : le risque est que les gouvernements agissent trop peu et trop tard.

Le blocage politique était pourtant patent. Jeudi, les leaders européens se sont contentés d’accepter de « travailler vers la création d’un fonds » commun, mais sans en déterminer ni le montant ni le fonctionnement. La Commission est désormais chargée de plancher sur le dossier. « Un sentiment de déception domine », regrette Frederik Ducrozet, de la banque Pictet.

En l’absence de décision concrète, la zone euro en revient aux vieilles recettes. « Tout repose une nouvelle fois sur la Banque centrale européenne », explique Eric Dor, directeur des études économiques à l’Iéseg, une école de commerce. La BCE a pris une décision majeure le 18 mars, en annonçant un plan de rachat de titres de 750 milliards d’euros. Cela s’ajoute à d’autres plans présentés précédemment, portant le total à plus de 1 000 milliards d’euros. Concrètement, elle utilise cet argent (qu’elle crée elle-même) pour acheter les obligations des Etats de la zone euro, dont les taux sont ainsi maintenus artificiellement bas. Ce qui porte un nom : LA PLANCHE À BILLETS. Et ne rassure donc personne.

Mieux encore, la BCE s’est débarrassée de règles qui l’obligeaient jusqu’à présent à acheter les dettes équitablement entre tous les pays de la zone euro. Désormais, elle peut se concentrer sur les seuls pays en difficulté, et pourrait théoriquement tout dépenser pour soutenir l’Italie, si cela se révélait nécessaire.

Cette gigantesque intervention a fonctionné. Les marchés se sont calmés depuis un mois. Mais progressivement, les tensions ressurgissent, comme le prouve la fuite des capitaux hors de la zone euro. Après l’échec du sommet de jeudi, l’euro a reculé face au dollar, à 1,07, et le taux de la dette italienne est remonté au-dessus de 2 %, tandis que celui de l’Allemagne restait à – 0,5 %. L’écart entre les deux (le « spread », dans le jargon), qui a augmenté depuis deux semaines, est un indicateur des tensions qui existent au sein de la zone euro, les investisseurs demandant une prime de risque supérieure pour prêter à l’Italie. Les niveaux actuels n’atteignent pas encore les sommets de 2012 (quand le taux italien frôlait 7 %) mais ils sont inquiétants : plus ils sont élevés, plus l’Italie aura du mal à rembourser sa dette.

Or, l’Italie, troisième puissance économique de la zone euro, est plus que jamais son principal maillon faible. Avant la pandémie, qui a fait plus de 25 000 morts dans la Péninsule, sa dette était déjà de 135 % du produit intérieur brut (PIB). D’ici à la fin de l’année, elle pourrait atteindre 170 % ou 180 % du PIB. Tant que les taux restent bas, le poids du remboursement est soutenable. Mais s’ils s’envolent, la perspective d’un défaut de paiement se rapproche.

Les agences de notation commencent à s’inquiéter. Standard&Poors a décidé, vendredi 24 avril au soir, de maintenir provisoirement la note italienne. Celle-ci n’est déjà que BBB, c’est-à-dire le neuvième cran, très loin de la note maximale AAA, encore détenue par l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Autriche. Si elle est abaissée, elle ne sera plus qu’un cran au-dessus des catégories dites « spéculatives » (« junk »), un niveau qui ferait fuir les investisseurs.

Signe de sérieuses tensions, l’Italie commence à connaître une fuite des capitaux au sein même de la zone euro. Entre fin février et fin mars, la banque centrale italienne a enregistré une sortie de capitaux de 107 milliards d’euros vers les autres pays de la monnaie unique, tandis que la Bundesbank, son homologue allemande, a enregistré une entrée de capitaux de 114 milliards d’euros. « En clair, des dizaines de milliards qui étaient en Italie ont été transférés vers l’Allemagne », explique M. Dor.

Cette agitation ne peut être arrêtée que de deux façons, d’après le consensus en vigueur dans les milieux financiers. Soit les Etats européens acceptent de mutualiser leurs dettes, au moins en partie, par exemple avec le fonds débattu jeudi à Bruxelles. Les pays plus solides financièrement – Allemagne, Pays-Bas, Autriche… – se porteraient alors garants du remboursement de la dette des autres, ce qui permettrait à ces derniers d’emprunter à moindre coût. Soit les gouvernements échouent à trouver un compromis, et la BCE sera amenée à augmenter davantage encore son programme de rachat de dettes et donc à inonder de nouveau les marchés de liquidités volatiles.

Avec son « programme pandémie » de 750 milliards d’euros, celle-ci achète actuellement autour de 5 milliards d’euros par jour de titres financiers. A ce rythme, note M. Ducrozet, « on sera au bout de l’enveloppe mi-octobre ». La majorité des analystes pensent que la BCE devra renouveler son action. Morgan Stanley parie sur 250 milliards d’euros supplémentaires.

A force de laisser le fardeau à la BCE, celle-ci possède désormais près du quart des dettes des pays de la zone euro. Les gouvernements doivent de l’argent à leur propre banque centrale, ce qui n’a guère de sens. Une solution serait que la Banque centrale annule ces sommes, mais c’est interdit par les traités européens. A défaut, il est possible que la BCE s’engage à renouveler ces dettes pour l’éternité – ou sur une très longue période, par exemple trente ou cinquante ans. Mais tant que le doute demeure, les investisseurs vont continuer à demander une prime de risque pour acheter de la dette italienne. A moins que les gouvernements trouvent enfin un accord, et mettent fin au risque politique qui plane au-dessus de la zone euro depuis une décennie. Ce n’est pas ce qu’il s’est dessiné lors du sommet de  jeudi dernier…

Nous avions déjà montré, lors de la crise grecque, que la zone euro n’avait pas d’avenir. La situation économique actuelle est hélas bien pire et le prix à payer pour quitter cette organisation mal pensée et boiteuse n’en sera que plus élevé. Alors oui, que diable allions-nous faire dans cette galère ?

Le 25 avril 2020.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

3 Réponses to “Que diable allions-nous faire dans cette galère ?”

  1. Hervé J. VOLTO avril 25, 2020 à 10:36 #

    Exellante analyse ! Tout est dit.

    -Nous sommes en guerre ! a dit Macron.

    Alors… « A la guerre comme à la guerre » ?

    Non ! pour Macron et sa clique gouvernementale, ce n’est pas « à la guerre comme à la guerre », mais « à la guerre comme en temps de paix », ce qui en clair, signifie se livrer à l’ « ennemi » !

    Déplorer l’impréparation du gouvernement pour faire face à cette pandémie est aujourd’hui dépassé ; cette impréparation était largement rattrapable et très vite, si toute cette clique gouvernementale ne multipliait pas les entraves aux mesures aptes à régler le problème.

    Il devient de plus en plus évident que ces traitres au pouvoir qui imposent leurs dikdats à l’ensemble de la population, marquent une volonté délibérée de ne pas résoudre la crise mais d’en générer une encore plus grave, tout ceci, pour servir les desseins mondialistes de ceux qui ont fait élire Macron et que le peuple Français rejette de plus en plus.

    « Nous sommes en guerre » dites-vous ?

    Oui ! en guerre contre le peuple tant il est évident que toutes les décisions prises par ce gouvernement depuis le début vont dans le sens d’une aggravation volontaire de la crise sanitaire et laissent apparaître clairement que le pouvoir souhaite FAIRE EVOLUER LA CRISE SANITAIRE EN CRISE ECONOMIQUE ,AJEUR pour justifier le dépouillement programmé de la classe moyenne, conformément aux vues des commanditaires de la mondialisation qui ont fait élire Macron. N’oublions pas que lors d’une réunion du « Bildelberg », Macron avait « planché » sur le sujet suivant :

    -les exigences de la classe moyenne, obstacle à la mondialisation.

    ce qui explique assurément qu’il soit là où il est.

    Que reste-t-il à faire ? supprimer la classe moyenne !

  2. Hervé J. VOLTO avril 25, 2020 à 10:39 #

    cOMMENT SE POSE LE PROBLEME ?

    Nous devons lutter contre un virus pour lequel un des plus éminents Professeurs mondiaux en infectiologie, le Professeur RAOULT –et non un charlatan qui aurait subitement fait valoir un « remède miracle » jailli de quelques-unes de ses élucubrations– a trouvé un protocole de traitement à base de médicaments anciens : la « chloroquine » et l’ « azythromycine » dont l’inocuité est reconnue par le fait que d’une part, la « chloroquine » fut en vente libre pendant plus de 70 ans et d’un coût très faible, d’autre part, que l’ « azythromycine » est un antibiotique, également connu et largement utilisé.

    Ce protocole a été testé par le Professeur RAOULT, il est efficace.

    Que restait-il à faire ?

    Tout simplement, à faire prendre préventivement aux personnes susceptibles de contracter le Covid 19, de la chloroquine commercialisée sous le nom de « plaquénil » ou « nivaquine » –médicament que tout un chacun ayant voyagé dans les pays où il y a risque de paludisme a eu l’occasion de prendre– et pour ceux qui présentaient des signes premiers de contamination, administrer le protocole du professeur RAOULT.

    En quelques jours, voire en quelques petites semaines, le problème était réglé pour tout un chacun. J’ai personellement l’exmple en la personne de mon beau-frère qui, en Italie, a étè traité àl Chloroquine/Azythromycine et se porte mieux.

    C’est dès le mois de février, une fois le protocole testé, que le Professeur RAOULT a déclaré « coronavirus, fin de partie » et en a avisé le gouvernement qui n’en a rien fait.

    Pourquoi ? parce que ce n’est pas ce qui était concocté par les traitres qui nous gouvernent dont toutes les décisions prises marquent non seulement l’acharnement à ne pas vouloir appliquer les mesures qui permettraient d’apporter la solution au problème, mais à créer des problèmes que seules l’impréparation et l’incompétence ne peuvent justifier.

  3. Hervé J. VOLTO avril 25, 2020 à 10:41 #

    CE N’EST PAS FINI !

    Le prétendu conseil scientifique destiné à guider la politique dans la lutte contre le coronavirus devrait être composé d’infectiologues, de virologues, de pneumologues, de médecins-chercheurs… afin de pouvoir donner un avis éclairé et que soit apportée une réponse adaptée au problème posé.

    En réalité, l’aréopage constitué par le gouvernement comporte surtout des personnalités étrangères au problème : généralistes, spécialistes du VIH, de l’hépatite, anthropologues, sociologues…raison pour laquelle le Professeur RAOULT l’a déserté.

    C’est ainsi que la présence, au sein de ce conseil, du sociologue Benamouzig, auteur d’une thèse sur « l’ utilisation des méthodes quantitatives », met en évidence le choix du gouvernement d’une médecine industrielle, rentable, qui n’a rien à voir avec la médecine.

    Le confinement généralisé sans dépistage est une décision imbécile et mortifère. Comme le souligne Nicole Delépine, cancérologue, c’est une aberration sanitaire et une décision politique destinée à masquer les insuffisances du gouvernement, d’autant que, d’après les taux de mortalité enregistrés et ainsi que le souligne le Professeur Raoult, l’ampleur de cette épidémie est moindre que celles des grippes des années précédentes qui n’ont pas entraîné une telle décision. Tout ceci accrédite donc davantage l’idée d’une volonté politique que d’une nécessité sanitaire.

    De plus, jusqu’ici, les pays les plus confinés sont les plus atteints : l’Italie, l’Espagne et la France sont les pays d’Europe où l’on compte, jour après jour, le plus de morts – à l’exception des DOM-TOM où le taux de mortalité est quasiment nul en raison de l’usage habituel de chloroquine – quand l’Allemagne, qui teste à grande échelle et traite sans confinement général, enregistre un taux de mortalité très faible.

    Non seulement le confinement généralisé ne sert à rien, mais les conséquences sont nombreuses sur la santé mentale des confinés et sur l’économie du pays , ruinant les petites structures, qu’elles soient commerciales, artisanales ou libérales, générant des faillites et du chômage en nombre et l’on est en droit de se demander si ce n’est pas, précisément, un des buts recherchés : pressurer la classe moyenne, tant il est évident que les PME et les TPE sont les plus fragilisées par le confinement alors même qu’elles constituent les forces vives de la Nation.

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