Espagne : la gestion de l’épidémie de Covid-19 par le gouvernement est de plus en plus critiquée.

27 Avr

C’est terriblement affaibli sur sa scène politique intérieure que le chef du gouvernement espagnol, le socialiste Pedro Sanchez, a participé au sommet européen, jeudi 23 avril alors qu’il avait l’intention de réclamer des aides financières accrue de la part de Bruxelles… Au Parlement espagnol, mercredi, il a bien tenté de centrer son discours sur le « plan Marshall européen » qu’il allait défendre afin de financer « la reconstruction économique et sociale ». Ce plan, annonçait-il, inclurait la « création d’un grand fonds pouvant aller jusqu’à 1 500 milliards d’euros, financé par de la dette perpétuelle ». Une vue de l’esprit. Mais nous y reviendrons très vite.

Surtout, Pedro Sanchez n’a pu éviter le feu des critiques de l’opposition contre sa gestion de l’épidémie de Covid-19, dont le dernier bilan fait état de 21 717 morts (avec en particulier une prise en charge catastrophique des personnes âgées en maisons de retraites). « Si le Covid-19 est l’iceberg, le gouvernement est le Titanic, et ne comptez pas sur nous pour être l’orchestre », a lancé à tribune le chef de l’opposition, le président du Parti populaire (PP, droite), Pablo Casado, qui a une nouvelle fois accusé le gouvernement de « mentir » sur les chiffres des décès, qui n’incluent que ceux qui ont été confirmés par un test. Mais, comme vous le savez, nous avons les mêmes chez nous !

Malgré les critiques que n’ont pas manqué de formuler la plupart des partis, le gouvernement a fait approuver le troisième prolongement de l’état d’alerte, jusqu’au 10 mai. Avec 269 voix pour et 60 contre, il a finalement pu compter sur le vote favorable du PP, qui a mis en avant son sens de « la loyauté » et « de la responsabilité ». En revanche, l’exécutif n’a pas obtenu le soutien des indépendantistes de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), qui avaient été indispensables à son investiture, en janvier. Ces derniers, favorables à un arrêt total de l’économie et opposés à la « recentralisation » opérée sous l’état d’alerte, ont choisi de nouveau de s’abstenir, comme le 26 mars et le 9 avril. Dans les faits, la majorité qui a porté le socialiste à la tête du gouvernement espagnol et permis la formation d’une coalition de gauche avec Unidad Podemos n’existe donc plus.

Soucieux de sauver son mandat, M. Sanchez a proposé à tout l’arc parlementaire de participer à un grand « pacte pour la reconstruction » du pays, sur le modèle des pactes de la Moncloa, signés à la fin du régime du général Franco. Sans surprise, le PP a refusé, lundi 20 avril, de s’asseoir à la même table que les indépendantistes catalans. Et les socialistes ont accepté de se contenter de débattre, en commission parlementaire, des mesures de reprise. En espérant que la crise sanitaire ne dérive pas en crise gouvernementale.

Car les critiques sont constantes contre le chef du gouvernement : pour l’achat de milliers de tests puis de masques défectueux ; pour sa gestion catastrophique des personnes confinées dans les maisons de retraite et qui ont payé un prix exorbitant à la maladie ; pour les cafouillages autour des premières mesures de déconfinement ; ou encore pour son manque de dialogue avec l’opposition et de consensus avec les présidents de région. Ces derniers sont convoqués par M. Sanchez par vidéoconférence chaque dimanche, alors que les annonces ont lieu le samedi…

Ce climat politique très lourd, marqué par une polarisation extrême, se retrouve aussi dans la société. Selon le dernier sondage du Centre de recherche sociologique (CIS) paru le 16 avril, 60 % des Espagnols disent avoir peu ou aucune confiance en Pedro Sanchez, face aux 38 % qui ont assez ou très confiance en lui.

« A mesure que l’Espagne est apparue comme l’un des pays avec le pire bilan, la méfiance a grandi », explique Narciso Michavila, président de l’institut de sondage GAD3, qui souligne « le manque d’expérience et un excès de communication maladroite de l’exécutif » comme possibles explications. « Le directeur du cabinet [Ivan Redondo] est un consultant politique dont le travail habituel consiste à gérer les campagnes électorales, rappelle-t-il. Les ministres socialistes ont peu d’expérience de gouvernement, ce qui explique certaines erreurs de gestion, comme l’échec des achats centralisés de matériel sanitaire. Et ceux de Podemos jouent sur la polarisation, avec des appels à des “concerts de casseroles” contre le roi. » Ce qui, non seulement est injuste, mais surtout stupide.* Car, en Espagne, la monarchie joue, depuis sa réinstauration en 1975, un rôle essentiel et irremplaçable dans l’unité du pays et de ses régions autonomes. Elle est le ciment de l’Etat et sa disparition précipiterait inéluctablement le pays , de nouveau, dans l’abîme. Comme en 1931-1936. 

Alors, de grâce, évitons de donner du crédit à ces apprentis sorciers.

Le 27 avril 2020.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Pour vous en faire une idée, suivez le compte Twitter de la Maison Royale d’Espagne : https://twitter.com/casareal

2 Réponses to “Espagne : la gestion de l’épidémie de Covid-19 par le gouvernement est de plus en plus critiquée.”

  1. Hervé J. VOLTO avril 27, 2020 à 10:58 #

    L’espagne paiera très cher son oublie de Dieu, son communisme d’Eatat et la profanation de la tombe de Francisco Franco.

    • conseilesperanceduroi avril 27, 2020 à 12:28 #

      Comme nous-mêmes payons (et n’avons pas fini de payer) la volonté d’ « écraser l’infâme« , le socialisme d’Etat (qui n’est pas moindre que le communisme d’Outre-Pyrénées) et bien sûr l’assassinat de Louis XVI.

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