Et voici revenu le temps des manifestations et des échauffourées.

29 Avr

Souvenez-vous, 2019 avait été l’année de grands mouvements de révolte, du Chili à Hong Kong en passant par l’Algérie ou le Liban. 2020 a commencé sous les assauts d’une pandémie virale venue de Chine et qui, depuis plusieurs semaines et le confinement de millions d’individus, a comme anesthésié les protestations à travers le monde

Inégalités sociales, liberté, citoyenneté… Les revendications étaient larges et nombreuses, et ces mouvements inscrits dans la durée. Mais le coronavirus a surgi, et ces mouvements se sont progressivement éteints, soit en raison des interdictions de se regrouper, soit par peur du virus.

Ils avaient des raisons de redescendre dans l’arène, car il y a quelques jours, la police a de nouveau arrêté plusieurs personnalités de l’opposition, dont un célèbre avocat de 84 ans, Martin Lee, et un patron de presse, Jimmy Lai. Et Pékin pousse à l’adoption de nouvelles lois sécuritaires, en violation de l’autonomie prévue pour 50 ans.

Mais comment manifester par temps de pandémie et de gestes barrière ? A Hong Kong,  les manifestants s’étaient dispersés dans les étages du Centre commercial, se tenant à quelques pas les uns des autres, donnant de la voix avec leurs slogans et leur hymne à la gloire de Hong Kong libérée.

En revanche, ce n’était pas le cas à Beyrouth, où, là aussi, les protestations disparues pour cause de confinement ont ressurgi ces derniers jours, avec l’aggravation de la crise économique et financière du pays. Des heurts ont eu lieu lorsque les manifestants ont voulu bloquer des axes routiers. D’autres manifestations sont annoncées, sans se soucier d’un virus jugé moins menaçant que la survie économique.

Dans ces deux cas, à Hong Kong ou au Liban, on est dans la reprise de mouvements, et de revendications, qui existaient avant la pandémie. C’est, nous dit-on aussi, le cas des échauffourées que l’on observe à présent quotidiennement dans les cités de la région parisienne où, comme avant, tout démarre par des incidents avec les forces de l’ordre pourtant bien peu présentes, sur ordre des autorités.

En réalité, les violences de nos banlieues ont d’autres motifs directement liés à cette pandémie. Le premier, le plus important, est d’ordre économique : il résulte du quasi assèchement du trafic de stupéfiants par la baisse drastique de la consommation de cannabis liée au confinement sévère des usagers des beaux quartiers. Le second résulte de la conjonction du fait culturel et social que constitue le ramadan avec le confinement de populations indisciplinées mais pléthoriques dans des lieux clos : cela leur met les nerfs à vif !

Et c’est là qu’apparaît un nouveau risque. Celui de contestations, ou même d’émeutes, consécutives à la prolongation de la pandémie. Des émeutes de la faim ou des révoltes sociales, alors que le chômage explose (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2020/04/28/pandemie-voici-quapparaissent-les-premieres-mauvaises-nouvelles-economiques/), que des pénuries alimentaires sont annoncées, et que d’innombrables acteurs du secteur informel de l’économie ont perdu leur gagne-pain. Là où les États ne parviendront pas à protéger leurs populations, faute de moyens ou d’organisation, il est à craindre que la peur du coronavirus n’empêche pas les soulèvements.

Et c’est alors que, chez nous, on se souviendra peut-être avec quelle ardeur nous avons oeuvré pour la préservation de nos forces armées et le refus de leur « Barbarisation« .

Le 29 avril 2020.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

2 Réponses to “Et voici revenu le temps des manifestations et des échauffourées.”

  1. Hervé J. VOLTO avril 29, 2020 à 11:06 #

    Le cas des échauffourées que l’on observe à présent quotidiennement dans les cités de la région parisienne où, comme avant, tout démarre par des incidents avec les forces de l’ordre pourtant bien peu présentes, sur ordre des autorités, est emblématique.

    En réalité, les violences de nos banlieues ont d’autres motifs directement liés à cette pandémie. Le premier, le plus important, est d’ordre économique : il résulte du quasi assèchement du trafic de stupéfiants par la baisse drastique de la consommation de cannabis liée au confinement sévère des usagers des beaux quartiers. Le second résulte de la conjonction du fait culturel et social que constitue le ramadan avec le confinement de populations indisciplinées mais pléthoriques dans des lieux clos : cela leur met les nerfs à vif !

    Et c’est là qu’apparaît un nouveau risque. Celui de contestations, ou même d’émeutes, consécutives à la prolongation du confinement. Des émeutes de la faim ou des révoltes sociales, alors que le chômage explose, que des pénuries alimentaires sont annoncées, et que d’innombrables acteurs du secteur informel de l’économie ont perdu leur gagne-pain.

    Là où les États ne parviendront pas à protéger leurs populations, faute de moyens ou d’organisation, il est à craindre que la peur du coronavirus n’empêche pas les soulèvements. D’où la tentation suicidaire en France de porlonger le confienement…

  2. Hervé J. VOLTO avril 29, 2020 à 11:07 #

    …quand d’autres pys européens ont déjà commencé le déconfinement !

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