Michèle Barzach, grande amie de Jacques Chirac et donneuse de leçons à la Terre entière…rattrapée par son passé sulfureux.

29 Avr

Mais, dans l’affaire que nous allons évoquer, elle n’est pas la seule. Son autre ami, Jacques Toubon, lui-même fidèle de Jacques Chirac, ancien ministre devenu…Défenseur des droits, depuis 2014, est mouillé jusqu’au cou.

Les trois amis : Barzach, Toubon et Chirac

Alors, voici un échantillonnage de leurs turpitudes.

L’affaire Matzneff n’en finit pas de rattraper les personnalités du monde littéraire et politique, sans épargner les plus solides réputations… En arrivant à Nanterre, le 2 mars dernier, Michèle Barzach, 76 ans, s’est prestement engouffrée dans les locaux de l’Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP), le service de police chargé de l’enquête pour « viols sur mineurs de moins de 15 ans » qui vise l’écrivain Gabriel Matzneff (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2020/01/23/le-monde-trouble-des-protecteurs-trices-de-gabriel-matzneff/).

Le nom de l’ancienne ministre de la santé et de la famille de Jacques Chirac (de 1986* à 1988) est cité à plusieurs reprises dans deux ouvrages du sulfureux auteur, tous minutieusement épluchés par les policiers. Les enquêteurs ont décidé d’entendre comme témoin dans l’affaire de pédophilie qui secoue le microcosme parisien, cette ancienne figure de la droite chiraquienne, auréolée d’un engagement sans faille dans la lutte contre le sida et dans l’humanitaire pourtant gauchisant.

Le scandale a éclaté en janvier dernier, lors de la parution du livre de Vanessa Springora, Le Consentement (Grasset). La quadragénaire, devenue éditrice, y raconte dans le détail sa relation avec Matzneff, en 1986, alors qu’elle avait 14 ans et lui 49. Encouragée par ce premier témoignage et l’­ouverture d’une enquête, à la demande du parquet, une autre ancienne victime présumée de l’écrivain, Francesca Gee, a, à son tour, décidé de rompre le silence dans le New York Times, dénonçant l’emprise que Matzneff a exercée sur elle pendant trois ans à partir de 1973, lorsqu’elle avait 15 ans, et lui 37… C’est cette dernière, aujourd’hui âgée de 62 ans, qui a confirmé aux enquêteurs, le 20 février, le rôle que jouait Michèle Barzach, alors gynécologue avenue Félix-Faure, à Paris, dans le 15e arrondissement : au début des années 1970, en toute connaissance de cause, cette femme peu recommandable, prescrivait la pilule à des jeunes filles mineures que Matzneff mettait dans son lit.

Beaucoup, en réalité, avait déjà été dévoilé par Gabriel Matzneff lui-même dans plusieurs de ses récits. Ce que Mme Barzach ne pouvait dons pas ignorer. Dès 1991, dans Élie et Phaéton, la partie de son « journal intime » qui couvre la période 1970 à 1973, il racontait son inquiétude, au bout de trois mois de relation avec la très jeune Francesca : « J’achète un truc à la pharmacie pour savoir si on attend un bébé ou non. Francesca sèche l’école, vient chez moi faire le test. Ouf ! c’est négatif. Toutefois, il faut que nous trouvions un gynécologue qui accepte de lui prescrire la pilule sans prévenir sa mère. Si nous tombons sur un médecin réac, hyper-catho, c’est fichu. » 

L’écrivain est un mondain, connecté au Tout-Paris. À l’automne 1973, après quelques coups de fil, Matzneff emmène Francesca prendre un café près des Champs-Élysées avec une connaissance, la journaliste Juliette Boisriveaud.

Alors âgée de 41 ans, cette ancienne voix de RTL, militante féministe revendiquée, est débordée : elle s’apprête à lancer le magazine Cosmopolitan, qu’elle pilotera pendant des années. « Je garde le souvenir d’une femme très sympathique, se souvient Francesca Gee. Elle a chaleureusement recommandé Michèle Barzach en expliquant que c’était… la nouvelle petite amie de son ex-mari ! Mes propres parents étaient en train de divorcer et ça se passait plutôt mal, j’étais donc stupéfaite. » En ce début des années 1970, Michèle Barzach, gynécologue férue de psychologie, a organisé des colloques avec le psychologue Bruno Bettelheim, participé à des séances de thérapie de groupe, suivi une psychanalyse et même fondé une consultation de gynécologie à Aubervilliers avec la gauchiste Joëlle Kauffmann, militante historique du Groupe Information Santé (GIS)… « Matzneff a pris rendez-vous avec Michèle Barzach et m’a conduite à son cabinet, rapporte Francesca Gee. La conversation entre eux a commencé sur un ton assez mondain, puis il est allé s’asseoir dans la salle d’attente et est revenu dans le cabinet pour régler la consultation. » Michèle Barzach n’était ni réac ni hyper-catho ! Ça tombait bien.

À l’issue du premier rendez-vous, le 13 novembre 1973, Matzneff s’extasie : « Nous y sommes allés avec la crainte d’être critiqués, sermonnés, aussi avons-nous été très agréablement surpris. Michèle Barzach est une jeune femme douce, jolie, attentive, qui à aucun moment n’a cru devoir faire la morale à ce monsieur de 37 ans et à sa maîtresse de 15. Elle a, je pense, tout de suite compris que nous formons un vrai couple, que nous nous aimons. » Francesca Gee affirme avoir consulté la gynécologue « 5 ou 6 fois en trois ans », toujours en compagnie de Matzneff : « Il m’a toujours accompagnée chez elle, j’ai la vague impression qu’il était content d’entretenir des relations avec elle. En tout cas, il ne se plaignait jamais de devoir y aller. »

Francesca Gee a gardé trace de ces visites : une ancienne prescription pour une prise de sang, signée en février 1974 par la gynécologue, sur laquelle ne figure pas le nom de la patiente. En ce temps, la loi Neuwirth permettait la vente de produits contraceptifs aux mineures, mais elle était soumise à autorisation parentale jusqu’à la loi Veil de décembre 1974… Qu’importe, Michèle Barzach, comme bien des médecins progressistes à l’époque, assumait de violer la loi. Pourtant, Matzneff ne cache pas ses penchants. À l’automne 1974, il publie même Les moins de seize ans, une apologie de la pédophilie, où il reproduit des lettres de Francesca. « Elle ne m’a jamais posé de questions, mais à l’époque personne ne trouvait à redire à ma relation avec Matzneff, observe Francesca Gee. Alors que j’étais juste une gamine dont les parents ne s’occupaient pas, sous l’emprise d’un prédateur expérimenté.»

Pendant ce temps-là, Michèle Barzach, alors ministre de la santé, a géré avec bonhommie l’apparition du sida en France, libéralisé la vente des seringues en pharmacie et s’est forgé une belle réputation jusque dans les milieux de gauche. Malgré sa rupture avec Francesca Gee, en 1976, Matzneff aurait continué à consulter la gynécologue pendant plusieurs années. Dans Les Soleils révolus (1979-1982), il raconte ainsi avoir accompagné, en juin 1979, « Marie-Elisabeth, 16 ans… » avenue Félix-Faure. Errare humanum est…

Michèle Barzach a cessé d’exercer la médecine au mitan des années 1980, alors qu’elle faisait ses premiers pas en politique, comme conseillère d’arrondissement à Paris, sous le parrainage de son ami de toujours, Jacques Toubon, secrétaire général du RPR et parrain de sa fille aînée. Un homme de gauche déguisé en militant de droite. En 1995, alors ministre de la culture, ce dernier a remis à Gabriel Matzneff les insignes de chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres. « Je n’avais pas lu ses livres, je ne savais pas qu’il était pédophile, je ne savais pas qu’il connaissait Michèle Barzach », plaide aujourd’hui le Défenseur des droits. Tu parles ! (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/12/20/un-gouvernement-digne-de-ce-nom-destituerait-immediatement-jacques-toubon-pretendument-defenseur-des-droits/). Un monde de copains et de coquins, pervers et pourris.

Cette année-là, l’aventure politique de la gynécologue est déjà terminée. Les missions qu’elle enchaîne pour l’OMS ou le Fonds mondial contre le sida, son mariage, en 2003, avec le docteur Jacques Lebas (décédé en 2019), l’un des fondateurs de Médecins du monde, son élection en 2012 à la tête d’Unicef France (fauteuil qu’elle quitte en 2015), l’agence des Nations unies chargées de défendre les droits de l’enfant, laissent voir de Michèle Barzach une figure emblématique de la médecine de la femme post-soixante-huitarde. En réalité, sans aucune conviction sinon le goût du pouvoir et des mondanités.

Jusqu’à ce 2 mars, où son passé trouble et inavouable l’a rattrapée.

Le 29 avril 2020.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

 

* En 1986, elle est de ceux (particulièrement inspirés) qui prétendirent, après la catastrophe de Tchernobyl, que le nuage radioactif n’avait pas touché la France et que les femmes enceintes, en particulier, n’avaient pas de précaution particulière à prendre !…

4 Réponses to “Michèle Barzach, grande amie de Jacques Chirac et donneuse de leçons à la Terre entière…rattrapée par son passé sulfureux.”

  1. Paul-Emic avril 29, 2020 à 9:05 #

    il n’y a aucune possibilité de rédemption, il faut couper toutes les têtes de l’hydre républicaine

  2. Hervé J. VOLTO avril 29, 2020 à 11:16 #

    En ces temps troublés et en cette période de confinement où la grogne populaire se fait entendre sur tout le territoire et dans toutes les populations, où le gouvernement n’est plus seulement détesté, mais haï, nous aimerions nous intéresser à un mot qui revient sans cesse dans la bouche de tous les journalistes : la colère. Qu’est-ce, au juste, que la colère ? Quel est son objet ? Peut-elle être juste et positive ou n’est-ce qu’un élan de destruction ? Posons-nous la question et regardons si nos élites ripoux-blikaines parvenues et mécréantes ont compris qi’elles devaient complètement se réinventer ou… laisser la place.

    LES FOUS DU ROIS savent quand à eux que, quelque part, le Fantôme du Louvre est assis serainement dans la pénombre, sur un siège avec des accoudoirs, regardant sur son écran les évènements avec le même détachement de quelqu’un qui regarderait un match de foot, fumant un bon havanne dont la fumée s’accumule au plafond, déborde par une fenêtre ouverte pour aller s’ajouter aux nuages menaçant qui s’amoncellent dangereusement dans le ciel.

    Et qu’il n’a plus qu’à attendre. Une étincelle…

  3. Hervé J. VOLTO avril 29, 2020 à 11:18 #

    -Il nous manque un Roi. La démocratie comporte toujours une forme d’incomplétude, car elle ne se suffit pas à elle-même.
    Il ya dans la processus démocratique et dans son fonctionnement un absent. Dans la politique Française, cet absent est la figure du Roi, dont je pense fondamentalement que le peuple Français n’a pas voulu la mort. La Terreur a creusé un vide émotionnel, imaginaire, collectif : le Roi n’est plus là !
    On a essayé ensuite de réinvestir ce vide, d’y placer d’autres figures : ce sont les moments napoléonien et gaulliste, notamment.
    Le reste du temps, la démocratie Française ne remplit pas l’espace. On le voit bien avec l’interrogation permanante sur la figure présidentielle, qui vaut depuis le départ du Général De Gaulle. Après lui, la normalisation de la figure présidentielle a réinstallé un siège vide au coeur de la vie politique. Pourtant, ce qu’on attend du Président de la République, c’est qu’il occuppe cette fonction. Tout est construit sur ce malentendu.

    (Emmanuel Macron, le 28 Juillet 2915, dans une interwiew à l’hebdomadaire LE 1)

    Le Président Macron nous avait promis de mettre fin à l’ancien monde. Nous attendons…

  4. MA Guillermont avril 29, 2020 à 2:26 #

     » (…) un monde de copains et de coquins , de pervers et de pourris (…)  »

    Ces gens-là sont issus du monde POUBELLE , , ils sont extrèmement déviés et déviants .
    C’est à vomir , ils avancent main dans la main … ET ILS SE TIENNENT TOUS PAR DES TURPITUDES ABOMINABLES ET INIMAGINABLES .

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