Coronavirus : après la crise sanitaire, la crise économique puis la crise sociale.

1 Mai

La première semble amorcer, dans les chiffres, une relative amélioration. La deuxième ne fait que commencer mais sera sévère (surtout si l’on continue de se baser sur les critères d’hier). Quant à la troisième…elle ne tardera pas à s’exprimer et sera terrible.

Ce qui amène à se poser trois questions. Comment les travailleurs vivent-ils leur situation depuis le début de l’épidémie de Covid-19 ? Quelles sont leurs inquiétudes ? Comment voient-ils l’avenir ? Des questions auxquelles a cherché à répondre une enquête réalisée par Kantar* pour la CFDT. Mille cinq personnes, issues du privé et du public, ont été interrogées du 16 au 22 avril selon la méthode des quotas.

Sans surprise, près de 7 sondés sur 10 déclarent avoir vu leur vie professionnelle affectée par la crise. « Ce qui m’a frappé, ce sont les contrastes de situation, explique Emmanuel Rivière, qui dirige la division Public de Kantar. Même si cette réalité avait déjà été illustrée, l’étude met en évidence que la France ne s’est pas entièrement confinée : plus de 30 % des personnes en activité se sont maintenues dans les mêmes conditions professionnelles qu’auparavant. »

Un peu plus de la moitié (53 %) ont continué à exercer leur métier à temps plein quand 31 % basculaient en chômage partiel. Ces derniers ayant vu leur nombre progresser depuis le moment où a été conduite l’étude, la part qu’ils représentent aujourd’hui est plus élevée. Les autres sont en arrêt ou ont perdu leur poste.

Parmi ceux qui sont toujours en emploi, la moitié se rendent dans leur entreprise ou leur administration. Un peu moins de l’autre moitié – des cadres, essentiellement – se trouvent en télétravail, au moins partiellement, et se disent, très majoritairement, satisfaits de leur sort. C’est particulièrement vrai dans le privé et chez les hommes. Ce sentiment positif englobe l’espace de travail, l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle, les liens avec leur hiérarchie et leurs collègues, ou encore la question de l’équipement.

A contrario, une écrasante majorité (87 %) de ceux qui restent en activité en allant sur leur lieu de travail estiment être exposés à des risques de contamination. Une opinion très répandue chez les salariés employés dans le secteur du commerce (100 %), dans un établissement qui reçoit du public (98 %) ou dans un espace extérieur comme un chantier (88 %). Cette appréhension se révèle très élevée, y compris chez ceux qui travaillent dans un bureau ou dans une usine. Un sentiment prégnant, alors même que 75 % d’entre eux considèrent avoir reçu suffisamment d’informations et d’équipements de la part de leur direction pour se protéger. Les mesures sanitaires arrêtées par le management pour affronter le risque sont majoritairement approuvées, surtout si elles sont le fruit de discussions en interne. 

Il n’en demeure pas moins que l’inquiétude domine. Près de 80 % des personnes sondées pensent que la crise va avoir des incidences négatives sur leur entreprise ou leur administration. C’est majoritairement le cas dans le privé, en particulier dans les secteurs du commerce, de l’industrie et du BTP. Les cadres, suivis des ouvriers, se montrent les plus pessimistes. Au total, 53 % redoutent qu’on leur demande de travailler plus longtemps, et près de la moitié anticipent une baisse de leur salaire (47 %) ou des suppressions de postes (45 %). Un tiers craignent de perdre leur emploi.

« L’insécurité financière est (…) palpable », constate l’étude : 62 % des sondés assurent avoir déjà subi une perte de salaire ou bien l’anticipent. Un avis très fréquent chez les ouvriers, les employés et dans les petites entreprises. Aussi, 56 % de ceux qui sont au chômage partiel indiquent avoir vu leur rémunération baisser et 30 % s’y attendent : au-delà du smic, ils ne reçoivent en effet que 84 % de leur salaire net. Pensez-vous que cela sera sans conséquence avant longtemps ?

Pour faire face à une dette qui va se creuser, deux propositions sont plébiscitées : rétablir une contribution des plus riches (87 % d’adhésion) et diminuer les dépenses publiques (77 %). L’idée de lancer un grand emprunt national rencontre aussi un certain succès (68 %). Dans tous les cas…attendez-vous à une forte augmentation de la pression fiscale !

La majorité des personnes questionnées désapprouvent la suppression d’un jour férié, le durcissement des conditions d’accès à l’assurance-chômage, le gel du smic ou des prestations sociales, ainsi que l’allongement du temps de travail mais de telles mesures ne sont pas non plus massivement rejetées, 41 % à 45 % des sondés les trouvant « tout à fait » ou « plutôt acceptables ». « Les salariés ont intégré qu’il faudrait faire des efforts mais à condition que ces efforts soient justement répartis », soutient M. Rivière. « On perçoit aussi une forme d’attente pour la suite, l’espoir d’évolutions profondes de notre sociétéLes travailleurs veulent que ce ne soit plus comme avant, ni sans eux. » Car nos élites auraient tort de penser que les Français n’ont rien appris de la crise actuelle. En particulier il est de plus en plus évident que nos compatriotes veulent en finir avec les méfaits de la mondialisation et du  « TOUJOURS PLUS« . 

Une quasi-unanimité se dégage (95 %) pour que la relocalisation « des productions clés » en France devienne une priorité. Il en va de même pour la revalorisation des emplois qui se sont révélés indispensables durant le confinement (94 %). C’est la réponse que nous évoquions plus haut à cette crise aussi inattendue que douloureuse. Mais c’est aussi l’une des exigences du CER maintes fois énoncées dans les pages de notre blogue.

Arrive juste derrière la nécessité de repenser les modes de production et les filières d’approvisionnement pour les rendre plus respectueux du climat (90 %). La thématique des services publics se classe au quatrième rang : leurs modes de gestion doivent être revus et leurs moyens renforcés (89 %).

 En même temps la réduction des dépenses publiques recueille l’assentiment de beaucoup des personnes interrogées, ce qui est contradictoire avec le désir de voir la collectivité s’impliquer dans la protection de catégories jugées les plus fragiles. Ce résultat place les Français face à des choix : celui de la solidarité ou celui de logiques plus individuelles, du chacun pour soi, avec des gagnants et des perdants, sachant que les gagnants, dans notre monde moderne, sont toujours les mêmes et…les perdants aussi ! 

Si le deuxième l’emporte, il est probable que notre société sera en péril.

Le 1er mai 2020.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

 

Kantar est une entreprise basée au Royaume-Uni, filiale dédiée au conseil, aux études de marché et marketing du groupe WPP, fondée en 1993. Elle est constituée d’un réseau de 13 filiales spécialisées, emploie 28 500 personnes dans une centaine de pays dans le monde.

3 Réponses to “Coronavirus : après la crise sanitaire, la crise économique puis la crise sociale.”

  1. Saint-Georges mai 1, 2020 à 7:53 #

    Mon avis est qu’il est assez évident que la crise économique aurait lieu, virus ou pas. Malgré sa petite taille…il a le dos large! On vous dira: la crise vient du virus! à mon sens: nenni!
    D’autre part les sondages sont complètement faussés dans cette France socialiste, et ô combien!
    Imaginez qu’une femme de ménage d’une petite mairie a un statut assimilé fonctionnaire!
    Donc tous ces gens, fonctionnaires, et à commencer par ceux de l’Educ Nat (la plus grosse administration du monde en son temps après l’Armée Rouge) …se sentent…en vacances.
    Donc sondages à relativiser.

  2. Hervé zafrani mai 1, 2020 à 12:31 #

    Cela profitera pas à la gauche révolutionnaire ils manquent de crédibilité melanchon Besancenot et arthaud des bouffons (pardon pour les bouffons)⚜️

  3. Hervé J. VOLTO mai 1, 2020 à 4:37 #

    Coronavirus : après la crise sanitaire, la crise économique puis la crise sociale. Après la crise sociale, le soulèvement populaire, la guerre civile puis une invasion étrangère profitant de la guerre ciivle., ce qui amène la chute de la République

    Et puis le Roi pour organiser la réisiatnec et chasser l’envahisseur ennemi.

    Dieu n’a interdit de réver…

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