Lourds effets collatéraux de la pandémie au Covid-19.

4 Mai

Vous vous souvenez peut-être de l’un de nos articles du 17 avril dernier intitulé « Voulez-vous un conseil ? » (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2020/04/17/voulez-vous-un-conseil-ne-developpez-pas-un-cancer-en-ce-moment/). Nous y insistions, après d’autres mises en garde sur le même sujet, sur « l’oubli » des cancers et des personnes qui en sont atteintes dans un contexte d’omniprésence du coronavirus .

Tout cela se précise alors que se profile le déconfinement de la population et la probable deuxième vague de la pandémie.

Le bilan définitif du nombre de victimes dû au coronavirus n’est pas encore connu que l’on perçoit déjà l’onde de choc provoquée par le virus sur d’autres pathologies. La sidération et la gestion de crise ont, en effet, eu des effets indirects sur des maladies lourdes. Selon les acteurs de santé, s’il faudra du temps pour avoir des chiffres, les dégâts collatéraux pourraient faire davantage de victimes en France que le Covid-19.

Au cœur de la première région touchée par le virus, le Grand-Est, le docteur Thierry Arnaud, médecin généraliste à Mulhouse (Haut-Rhin), responsable de SOS-médecins et pilier de la régulation du SAMU local, estime que « le bilan sera lourd pour les malades hors Covid ». Selon lui, les cas de « syndrome de glissement » dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) sont nombreux, et les altérations graves de pathologies sont courantes. « Certains, dit-il, ont préféré ne pas faire leur chimio par peur de l’hôpital et dans notre région, les scanners ayant été réservés aux patients Covid, un choix a été fait entre les différentes gravités, à cette échelle, c’est du jamais-vu. »

En Ile-de-France, la crise a fait chuter les consultations de 40 % chez les généralistes, de près de 70 % chez les spécialistes et l’activité des urgences a régressé. « Les Franciliens ont eu moins recours aux soins, précise l’agence régionale de santé d’Ile-de-France, ce qui peut malheureusement engendrer, pour les cas les plus graves, des décès. » Pour l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), l’inquiétude porte surtout sur « la baisse importante et inquiétante de fréquentation des services hospitaliers d’oncologie et sur la filière de prise en charge des cancers ». C’est précisément ce sur quoi nous insistions dans l’article ci-dessus cité.

En cancérologie, les premières victimes des retards de prise en charge sont les enfants. L’Institut Curie, à Paris, a vu le nombre des urgences et consultations pédiatriques reculer de 30 %. « Or, chez eux, explique Daniel Orbach, chef de service pédiatrie à Curie, la tumeur cancéreuse se développe très rapidement, quelques jours suffisent, le défaut de diagnostic a des conséquences graves, surtout en termes de séquelles fonctionnelles, sur l’os ou la rétine par exemple. » Les premiers symptômes du cancer étant souvent banals, les familles ont préféré maintenir leurs enfants confinés plutôt que de consulter. « Parmi ceux que nous suivons, relate le docteur Orbach, des parents ont voulu décaler des consultations, on a dit non. Notre crainte, c’est la hausse du nombre de tumeurs plus étendues qu’elles auraient dû l’être. »

Les adultes sont aussi concernés par ces retards de diagnostic, notamment pour les formes de cancer les plus agressives, comme celui du poumon. A Curie, le professeur François Le Tourneau, chef du département de l’oncologie médicale, assure que « pendant trois semaines, au lieu de 15 à 20 personnes par jour aux urgences, on n’avait que 2 à 3 patients ; fin avril, on est entre 5 et 10, et on s’attend à une vague de surdiagnostics à des stades plus graves ». Un constat partagé par l’autre grand institut français de lutte contre le cancer, Gustave-Roussy, dans le Val-de-Marne. Les urgences ont perdu 50 % de leur fréquentation. « On a envoyé des messages d’information aux 15 000 personnes inscrites dans nos fichiers, on a eu moins de 10 % de réponses », déplore Stéphane Pardoux, directeur adjoint de l’Institut. « Pour le suivi des patients, certains, ajoute-t-il, ont refusé des dates d’opération chirurgicale, la peur du Covid a anesthésié les esprits. » La faute à qui ? Nos médias comme nos responsables politiques ne parlent plus que du Covid-19. Tant aux plans sanitaire qu’économique. Etonnez-vous que les lendemains ne chantent pas…

Les maladies cardiovasculaires ont également subi de plein fouet la crise due au coronavirus. En soins intensifs en cardiologie à l’hôpital de la Pitié-Salpétrière, à Paris, l’activité a baissé de plus de 15 %. Le chef du service, le professeur Johanne Silvain, ajoute que la cardiologie à la Pitié-Salpétrière a dû décaler trois quarts des opérations programmées. « Quand on a rappelé des patients pour fixer des dates, certains étaient décédés entre-temps », dit-il.

B R A V O !

En cardiologie, le temps de réaction est vital et en voici la preuve. Mi-avril, une Parisienne de 65 ans a subi un gros infarctus à son domicile, mais préférant restée confinée, elle n’a appelé personne car les symptômes étaient mineurs. Sept jours plus tard, elle est conduite à la Pitié-Salpétrière. Elle meurt d’une « rupture cardiaque », phénomène rare. Les médecins constateront les effets du temps perdu.

Mais les dégâts collatéraux du Covid n’ont pas touché que les zones affectées par le virus. En Nouvelle-Aquitaine, le docteur François Rouanet, chef du pôle de neurosciences cliniques à l’hôpital Pellegrin à Bordeaux (Gironde), a vu, pendant vingt jours, le nombre d’AVC baisser de 50 %. « On ne sait pas ce qu’ils sont devenus. La pathologie, elle, n’a pourtant pas disparu, cela nous fait craindre une hausse brutale des accidents et de la mortalité. » La peur du virus a joué. Le docteur Rouanet l’observe chez ses patients. « Certains ne font pas leur prise de sang, ce qui ouvre la voie à de graves hémorragies cérébrales. On a aussi des patients qui n’ont pas renouvelé leur médicament, aspirine ou anticoagulant, l’AVC peut survenir dans la semaine qui suit. »

Les Ehpad, enfin, ont durement subi les effets collatéraux du SARS-CoV-2. Pour Marc Bourquin, à la Fédération hospitalière de France (FHF), « en isolant strictement les résidents, on les a protégés, mais ce confinement sévère nous fait craindre une deuxième vague de décès ». Les dégâts psychosomatiques ont, selon lui, donné lieu à de nombreux syndromes d’abandon, conduisant les gens à se laisser mourir. Et le défaut de suivi des maladies chroniques a aggravé, voire compromis, la santé de patients déjà fragile.

Les médecins ont alerté, dès mars, sur les dangers encourus par les résidents des Ehpad ne souffrant pas du Covid-19 à cause des mesures prises contre le virus. « Le 8 avril, avec la FHF, confie Florence Arnaiz-Maumé, de la Fédération d’Ehpad privés Synerpa, nous avons dit au premier ministre et au ministre de la santé que s’ils ne rouvraient pas les visites, on allait vers un autre drame. Le 13 avril, le chef de l’Etat les autorisait. »

En revanche, pour assurer l’accès à l’avortement de toutes les femmes pendant la pandémie de coronavirus, un arrêté du ministre de la santé s’est empressé d’étendre la possibilité d’une interruption volontaire de grossesse (IVG) médicamenteuse à domicile jusqu’à neuf semaines afin de limiter les consultations en milieu hospitalier ! Des milliers de morts infantiles supplémentaires…Ces gens sont fous.

Il faudra certes du temps pour évaluer les dégâts sur l’ensemble des autres pathologies. Mais il est un chiffre que l’on ne connaîtra pas, celui des personnes mortes chez elles par défaut de soins. 

Le 4 mai 2020.

Pour le CER, Hippocrate, Conseiller à la santé publique.

2 Réponses to “Lourds effets collatéraux de la pandémie au Covid-19.”

  1. Hervé J. VOLTO mai 4, 2020 à 11:46 #

    Le régime semble devenu réellement fou. Est-il raisonnable de le laisser encore en fonction ?

    Tout élève de cavalerie de Saumur ou de Cahntilly sait que les écuries doivent êtres propres et aérées : l’écurie républicaine à besoin d’être nettoyée, vidée du fumier qui s’y est accumulé, ses murs lavés et chaulés pour empêcher la vermine d’y revenir.

    Le temps est venu de sortir brouettes, fourches, râteaux et balais… mais qui va répartir les tâches ?

    car l’heure n’est-elle pas venue de nettoyer les Ecuries d’Augias ?

  2. Hervé J. VOLTO mai 4, 2020 à 12:40 #

    UN DERNIER POUR LA ROUTE !

    La pandémie du coronavirus touche aujourd’hui l’ensemble de la planète et force est de constater que tous les Etats consacrent tous leurs efforts pour la maîtriser et l’éradiquer dans les meilleurs délais. C’est une priorité car la menace que représente ce virus et les conséquences de la crise générale provoquée est réelle mais elle occulte tout le reste, mis en sommeil à présent, et notamment d’autres dangers, c’est à dire ceux qui touchent à la sécurité des Etats et des peuples.

    Parmi ces derniers, la Turquie en représente un sérieux. Il ne faut, en effet, pas oublier l’attitude indigne et hostile du président turc, M. Erdogan, manifestée il y a deux mois avec ce qu’il convient de qualifier de déclaration de guerre à l’Europe contre laquelle il a décidé d’appliquer des mesures de représailles et de chantage injustifiées et inacceptables. Car, effectivement, en quoi l’Europe est-elle responsable des lourdes pertes subies par l’armée turque sur le territoire syrien qu’elle avait envahi et sur lequel elle opérait aux côtés des milices islamistes ? En ouvrant, selon sa propre déclaration, les portes pour les migrants après la mort de ses soldats visés par les bombardements aériens des forces syriennes, M. Erdogan a voulu faire pression sur l’Union européenne (UE) et les membres de l’OTAN pour obtenir – invoquant effrontément leur appartenance à la même alliance militaire – leur soutien dans ses opérations militaires engagées, il faut le souligner, illégalement contre un Etat souverain.

    Sinon, on rique de finir en guerrila urbaine
    https://www.valeursactuelles.com/clubvaleurs/politique/haine-de-soi-communautarisme-repentance-le-cocktail-molotov-francais-118752
    prélude à une guerre civile…

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