Phil Hogan: errare humanum est…

8 Mai

…Perseverare diabolicum.

Après avoir été commissaire européen à l’agriculture, l’ancien ministre centriste irlandais Phil Hogan s’est vu attribuer le portefeuille du commerce à Bruxelles en novembre 2019. A 59 ans, celui qui fut la bête noire  du monde agricole français en raison de sa vision portée sur l’exploration de nouveaux marchés ou l’intégration plus poussée avec l’agroalimentaire défend une vision libérale des échanges. L’épidémie du Covid-19 ne l’a pas fait changer d’opinion et « Big Phil « reprend son bâton de pèlerin du mondialisme. Autant dire qu’il n’a rien compris aux causes ni au déroulement de la pandémie…

Ainsi, prétend-il qu’ « il faut rappeler l’importance pour l’Union européenne (UE) d’être ouverte sur le monde. Ce sont en effet trente-cinq millions d’emplois qui, sur le continent, dépendent de ses exportations. Quant aux investissements directs étrangers, ils sont à l’origine de 16 millions d’emplois en Europe. »  Et ce n’est pas tout puisqu’il va jusqu’à affirmer que l’Union européenne… « a besoin d’importer. Sans quoi nombre d’entreprises ne seraient pas capables de produire !  » On a vu ce raisonnement à l’oeuvre dans la délocalisation folle de tant de nos industries et de nos moyens d’existence comme on l’a vu dans la pénurie de masques et même l’incapacité de certains de nos pays à fabriquer des tests de dépistage du Covid-19 !…

Le mondialisme, la marchandisation et le consumérisme à la Phil Hogan, c’est la mort de nos pays européens.

Même s’il veut bien, dans une interview récente, reconnaître sans rire que, comme par hasard face à la pandémie, « Nous étions mal préparés. Nous n’avions ni les capacités de production ni les stocks. Nous nous sommes découverts dépendants de la Chine, de la Corée du Sud et de l’Inde. Il va falloir y remédier, en relocalisant une partie de la production ou en reconstituant des stocks. Mais il s’agit là d’une exception. L’Union européenne doit rester ouverte sur le monde et, dans les cas où elle est vulnérable, elle doit prendre les mesures nécessaires.« 

N’en doutez plus, cet homme est un illusionniste comme l’UE est ce que nous ne cessons de répéter : une association de malfaiteurs.

Et quels sont ses arguments pour soutenir un tel raisonnement ? Que, dans les vingt prochaines années, 85 % de la croissance du monde se fera en dehors de l’Europe. Qu’en 2040, 50 % de la population mondiale vivra à moins de cinq heures de la Birmanie. Et que, chaque jour, 150 millions de personnes en Asie sortent du seuil de pauvreté. Pour lui, les chiffres parlent d’eux-mêmes et se suffisent à eux-mêmes. Comme si la vie et l’histoire de l’humanité pouvait se résumer à ces trois arguments…

Hélas, logique avec ce raisonnement et droit dans ses bottes, il insiste et prétend que les entreprises européennes ne voudront pas se priver de cette manne d’activité et qu’il faut donc que l’UE  approfondisse  les accords de libre-échange existants − il y en a déjà avec quelque 70 pays − et cherche à en contracter d’autres ! Vous pouvez, à ce sujet, relire notre dernier article sur le Mexique (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2020/05/01/les-membres-de-la-commission-europeenne-sont-comme-les-emigres-de-la-revolution-francaise/).

M. Hogan souhaite également que l’Union européenne continue à défendre l’existence d’une structure multilatérale, comme l’OMC et à discuter avec les partenaires du G20, « afin de repousser encore et toujours plus loin les barrières au commerce« …

Avec ces gens-là le monde n’est plus qu’un vaste supermarché dont, vous l’aurez compris, nous ne voulons plus. C’est tout l’enjeu de l’après coronavirus. 

Le 8 mai 2020.

Jean-Yves Pons, CJA.

2 Réponses to “Phil Hogan: errare humanum est…”

  1. Hervé J. VOLTO mai 8, 2020 à 6:42 #

    -Ma crainte, c’est que le monde d’après ressemble furieusement au monde d’avant, mais en pire !

    Dans un entretien accordé au Monde, le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a mis en garde sur les conséquences politiques du coronavirus. La pandémie, qui a mis à l’arrêt une bonne partie de la planète, pourrait faire la part belle aux populistes, nourris par la crise économique et la défiance envers les pouvoirs en place.

    -Serait-ce un mal ? interroge dans un essai remarqué, QUAND ROME INVENTAIT LE POPULISME (Éditions du Cerf), Raphaël Doan, ancien élève de l’ENS et de l’ENA, agrégé de lettres

  2. Hervé zafrani mai 9, 2020 à 1:55 #

    Le mondialisme véritable piège à cons qui considèrent les nations comme des régions planétaires pour ne pas dire des départements⚜️

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