La République en Marche sur la voie du déconfinement !

10 Mai

En tout cas en ce qui concerne les idées, disent certains députés… Le neuvième groupe à l’Assemblée nationale, évoqué depuis plusieurs semaines et sans cesse repoussé, devrait être finalement lancé la semaine prochaine, afin d’être opérationnel le 1er juin.

Ils sont 58 députés à être intéressés par la démarche de ce groupe baptisé « Ecologie démocratie solidarité ». Une appellation assez vague et générale pour plaire à beaucoup d’entre eux. Ils viennent en fait de plusieurs horizons, LREM, Libertés et Territoires, ex PS, ex EELV; du groupe social-démocrate formé par l’ancien député Jean-François Cesarini ; de la sphère de Matthieu Orphelin, proche de Nicolas Hulot et à l’initiative avec d’autres parlementaires de la plateforme « Le jour d’Après » ; de non-inscrits, souvent venus de la gauche, exclus du groupe majoritaire ; du « bloc villaniste », autour du mathématicien Cédric Villani.

Parmi les députés ayant participé à la démarche, Delphine Batho, la députée LREM Emilie Cariou (ancienne PS), qui a récemment quitté son poste de la commission des Finances de l’Assemblée, le député LREM du Val d’Oise Aurélien Taché ou celui des Deux-Sèvres, Guillaume Chiche.

Le groupe veut « faire plus et mieux à l’Assemblée nationale », pour « répondre à l’urgence écologique, moderniser la démocratie, réduire les inégalités sociales et territoriales », dit leur profession de foi dans une version provisoire datant du 4 mai. « Après le Covid-19, plus rien ne doit être comme avant ». Une « épreuve » qui « a violemment révélé toutes les failles et les limites de notre modèle de développement » et après laquelle il faut « retrouver d’urgence le sens de l’essentiel : notre souveraineté alimentaire, notre besoin de sécurité sanitaire, notre production locale pour des emplois de proximité », « relever les défis du changement climatique », « réinventer le lien social ».

A croire que ces braves gens lisent tous le blogue du CER !*

Les députés déplorent le fonctionnement du Parlement ces derniers temps, et veulent faire entendre leur voix pour « le plan de relance et de transformation de notre pays et de l’Europe. » Ils veulent notamment « porter l’ambition exprimée par les citoyens dans la consultation LeJourd’Après », relayer les propositions de la Convention citoyenne pour le climat , mais aussi, des associations, syndicats, entreprises « qui attendent du changement », autour de « trois piliers » énoncés dans le nom du groupe – écologie, démocratie, solidarité – et en sortant « des dogmes budgétaires ».

Mais l’initiative tombe au pire des moments pour Emmanuel Macron. « Ils sont dans une rupture de confiance avec le président et avec leurs électeurs », prévient un poids lourd de la majorité pour qui voir LREM perdre la majorité absolue (elle sera préservée en incluant le Modem), et des députés rompre avec lui quand il a au contraire besoin de solidité pour aborder l’étape si compliquée du déconfinement, est un crève-coeur. Mais ne l’avions-nous pas déjà annoncé ? (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2020/03/10/ne-vendons-pas-la-peau-de-lours-avant-de-lavoir-tue/).

Ces derniers jours, les proches du chef de l’Etat espéraient que certaines personnalités choisiraient de peser au sein de la majorité plutôt qu’en dehors (comme Barbara Pompili…). Et s’activaient pour dissuader ces députés d’employer les mots définitifs qui les inscriraient dans l’opposition et consacreraient la « rupture » , mot prononcé dans la version du texte. « Notre groupe est indépendant, ne se situant ni dans la majorité ni dans l’opposition. Dans la gravité des circonstances, nous voulons être d’abord un groupe utile à la France », dit le manifeste. Tout en nuançant aussitôt : « nous serons une force exigeante, prête à construire avec le gouvernement et la majorité chaque fois qu’ils seront à l’écoute de nos propositions ».

Le « ni ni » (ni dans la majorité ni dans l’opposition) n’étant pas possible à l’Assemblée, les proches du chef de l’Etat espèrent qu’ils choisiront d’y rester. Ils se montrent prêts à leur donner une écoute qu’ils n’ont pas eue jusqu’alors. Stanislas Guerini (patron du parti LREM) et Gilles Le Gendre (patron du groupe LREM) ont cette semaine estimé que l’interview de Nicolas Hulot dans Le Monde était « une contribution essentielle au débat ». Signal s’il en est. « On peut encore obtenir que ce groupe soit un atout. Il permettrait de rééquilibrer le dispositif et de ratisser au-delà à gauche, ce que nous n’avons pas réussi à faire jusqu’ici », veut même croire un proche du chef de l’Etat.

Sauf que les mêmes pensaient que la crise sans précédent que traverse le pays conduirait ces députés à remiser leur projet, et à s’inscrire dans l’esprit de « concorde » souhaité par Emmanuel Macron au moment où il donne un tour à la fois social et écologique à son quinquennat. Cela n’est manifestement pas le cas. Et savez-vous pourquoi ?

Parce qu’ils ont compris que LREM, c’est un nouveau Titanic ! Ils préfèrent l’abandonner au plus vite plutôt que de couler avec lui.

Le 10 mai 2020.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Même si c’est un peu tard par rapport à notre affirmation de 2017 :

« Si Macron est élu…c’est cinq ans de foutus »

2 Réponses to “La République en Marche sur la voie du déconfinement !”

  1. Hervé J. VOLTO mai 10, 2020 à 8:45 #

    Emmaneul Macron espère rebondir en changeant de Premier Ministre. Qui sera le nouvel élu ?

    Pour nous, le Président Macron n’a plus que 3 options :

    1. Démissionner. Mais comme il a le droit constituionnel de rester jusqu’en 2022, il restera. A ses risques et périls.

    2. Dissoudre l’Assemblée Nationale. Celà aurait l’intelligence de jeter les Français dans un défouloir électoral. Mais Emmaneul macron prendra-t-il le rsique de devoir cohabiter avec Marine Le Pen ? Changer le Premier Ministre sans dissoudre l’Assemblée Nationale demeure possible : on appelle çà un remaniement.

    3. Invoquer l’Article 16. Le Coronavirus lui a jusque là évité de le faire. Aprésent que la France sort du confinement, le Président Macron pourrait invoquer l’Article 16 : soit pour devenir un nouveau dictateur -il est asse jeune pour être réélu troifois- soit pour appeller le Roi…

    De l’autre coté du CHANEL, les paris sont ouverts !

  2. Hervé zafrani mai 10, 2020 à 5:11 #

    La république en marche est un parti de classe on y retrouve la bourgeoisie traditionnelle la bourgeoisie bohème et la beurgeoisie Macron a réunie cette électorat dont il fait partie ⚜️

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