La France est devenue un dépotoir.

12 Mai

En voici la démonstration, au cas où vous en douteriez encore.

Avant le confinement, qui a pris fin ce lundi 11 mai après cinquante-cinq jours, Naïma ne s’était pas rendu compte à quel point le déjeuner à l’école était vital pour sa famille, soulageant son quotidien et son portefeuille. « Je n’avais que le repas du soir à fournir aux filles, explique cette mère de 33 ans. Aujourd’hui, c’est plusieurs fois par jour. C’est la galère sans cantine. » Car ces gens-là ne viennent pas chez nous que pour les allocs. Ils viennent aussi pour la cantine des enfants…payée par le contribuable via le budget communal !

Mais, par peur du Covid-19, Naïma ne remettra pas ses enfants à l’école cette semaine et le déconfinement ne changera pas grand-chose pour elle. Sans emploi, elle s’occupe seule de ses deux filles. Les aides qu’elle reçoit (RSA et APL) couvrent de justesse le loyer de son petit F3 de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) qui s’élève à 975 euros par mois. « Une fois que j’ai payé les factures, il me reste 100 euros pour les courses », décrit-elle. Et il faudrait sans doute que nous en ayons la larme à l’oeil.

Avec la pandémie, elle a dû changer ses habitudes. Terminé les courses à l’hypermarché Carrefour du coin, « trop risqué à cause du virus ». Elle se rend au supermarché en bas de chez elle « où il n’y a quasiment rien du tout et où chaque article coûte plus cher que dans un grand magasin », assure-t-elle.

Calculatrice à la main, Naïma fait ses achats au plus serré : du thon en conserve, des pâtes, des yaourts nature, un peu de viande. Pas de légumes ou de fruits frais, trop onéreux. « Le 15 du mois, il ne me reste plus rien, souffle-t-elle. Alors se payer des masques à 5 euros, je ne sais pas comment je vais faire ? » Pour ne pas épuiser ses provisions, elle rationne les plats, ressert les restes de la veille aux enfants « et moi, je grignote, je me sacrifie, confie-t-elle. Ce qui compte, c’est que mes filles mangent à leur faim, qu’elles se couchent le ventre plein ».

Pour nous, ce qui compterait vraiment, c’est qu’elle retourne au pays. Comme le père des enfants.

Elle n’a pas reçu l’« aide exceptionnelle » promise aux plus modestes par le président Emmanuel Macron lors de son discours prononcé le 13 avril et se met à pleurer en évoquant ses parents ouvriers qui n’hésitent pas à l’aider. Car, tenez-vous bien, toute la famille est là et vit sur la bête. « Ils sont venus d’Algérie pour travailler. Normalement, à mon âge, c’est moi qui devrais m’occuper d’eux, lance-t-elle. Ce n’est pas une vie, c’est de la survie. J’ai l’impression que je ne vais jamais m’en sortir. » Elle est fin prête pour le festival de la pleurnicherie…

Le conseiller municipal en charge de la lutte contre les discriminations (car, ne vous y trompez pas, la situation de Naïma n’est rien d’autre qu’une DISCRIMINATION. ON CROIT RÊVER.), Madjid Messaoudene, est au courant de sa situation et l’a mise en relation avec des associations locales. Cet élu ne compte plus les parents en difficulté depuis la fermeture des écoles et donc des cantines.

« Il y a eu des milliers de colis alimentaires distribués aux familles qui leur ont permis de surmonter le confinement et d’éviter une autre épreuve traumatisante, celle du frigo vide, explique-t-il. Des exemples comme Naïma, il en existe tant à Saint-Denis ou ailleurs en France. Mais combien de personnes sont hors de nos radars et ne se nourrissent plus. »

Quoi qu’il en soit, l’entraide citoyenne permet à de nombreuses familles de subsister. « Elle vient pallier les défaillances des pouvoirs publics », estime Yazid Attalah, membre de l’association Santé et environnement pour tous de Marseille, qui fournit chaque semaine en produits alimentaires une centaine de personnes (la moitié est atteinte du Covid-19).

Zohra, Algérienne de 27 ans et en France depuis trois ans, a pu compter, quant à elle, sur la bienveillance de parents de l’école de ses trois filles. Informés de la situation délicate de cette famille qui ne paie pas la cantine, ils lui ont porté des colis alimentaires à base d’huile, de légumes ou de viande. Le mari de Zohra, en situation irrégulière (et donc un de ceux qui sont employés clandestinement par des employeurs véreux), a perdu ses revenus quand les marchés sur lesquels il travaillait ont fermé avec le confinement !

Et c’est aux parents d’élèves de nourrir cette famille qui devrait avoir été réexpédiée dans son pays depuis longtemps…

Les cinq membres du foyer s’entassent dans 50 m2, dans le IVarrondissement de Marseille. L’assistance sociale a déjà donné des chèques alimentaires de 60 euros à Zohra, mais manifestement ce n’est pas suffisant. « Je fais quelques courses, mais je vais à l’essentiel, explique-t-elle. Les chocolats et les bonbons, je n’en achète plus depuis des années déjà. Je vais aussi aux Restos du cœur. », précise-t-elle.

Dans un autre quartier de Marseille, Mariama, une Sénégalaise de 45 ans, vit dans 42 m2 sans mari, mais avec trois enfants. Une immaculée conception africaine sans doute ! Lorsqu’ils sont scolarisés, elle aussi ne paie pas de cantine, les marmots étant nourris par la commune. Alors, une cagnotte a été lancée à l’école de l’un de ses garçons pour lui venir en aide ainsi qu’à d’autres familles précaires. « On m’a donné 400 euros la première semaine du confinement, puis 200 euros, et quelques semaines plus tard 300 euros. Ça m’a surpris et fait du bien », reconnaît-elle. Tu parles, 900 euros sans se donner le moindre mal, ce sont les copines restées au pays qui vont être surprises…et qui vont vouloir, elles-aussi, venir à Marseille. Ces dons lui ont permis de payer les factures et d’envoyer un peu d’argent à son quatrième enfant, une fille, restée au pays chez les grands parents.

Mariama, qui travaille habituellement la tresse africaine des cheveux, n’a plus de clientes en ce moment. Sans-papiers, elle ne touche aucune aide et doit déjà 1 100 euros de loyer. « Tout le reste de l’argent qu’on m’a offert est parti dans les courses », dit-elle dépitée. Pour les repas, elle fait en sorte que les plats sénégalais qu’elle cuisine durent plusieurs jours. « Et on réussit à manger à notre faim pendant le ramadan », se réjouit-elle.

Un dépotoir, vous dis-je.

Mais ce n’est pas fini. A Marseille toujours, Samia, 47 ans, tente de garder le moral. Elle et son conjoint sont sans-papiers. Ils ont quitté l’Algérie en 2014 pour offrir à leur fille adoptée « une vie de liberté » en France. Ils louent un petit appartement non loin de la Cannebière pour 650 euros par mois.

Ses récentes sorties ont été consacrées à récupérer des colis alimentaires. « Quel choc de voir autant de familles qui ont du mal à se nourrir », lance-t-elle. Un paquet de vivres permet à Samia de tenir plusieurs jours. « Je cuisine jusqu’au prochain, sourit-elle. Je me débrouille. Avec peu, j’essaie de faire de grands plats. »

Samia a été cuisinière et espère reprendre au plus vite son travail, car ce confinement a été un enfer, notamment à cause des punaises de lit. « Ça sort des murs, dit-elle en fondant en larmes. Les propriétaires profitent de notre situation, ce sont des marchands de sommeil. »

Comme chez Naïma, les enfants de Samia, Zohra ou Mariama vont rester à la maison malgré la réouverture des écoles pour se tenir le plus loin possible du nouveau coronavirus. Mais, pour ces familles, il faudra encore compter sur les colis alimentaires, l’aide des communes ou de l’Etat, de proches ou d’anonymes pour pouvoir se nourrir. Et tenir jusqu’à la prochaine rentrée scolaire et la reprise de la cantine…

Cette activité porte, dans notre langue, un nom tout simple et si évocateur :

PARASITISME. 

Mais il en faudra deux pour nommer l’attitude des Français et de leurs pouvoirs publics :

STUPIDITE*  et  MASOCHISME.

Et, en 2022, vous apporteriez vos voix aux complices de cette chienlit ?

Le 12 mai 2020.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Un mot plus cru conviendrait davantage.

Une Réponse to “La France est devenue un dépotoir.”

  1. Hervé zafrani mai 13, 2020 à 12:05 #

    Khadafi ne s est pas trompé la France est un paillasson ou l on s essuie les pieds⚜️

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