Communiqué de l’Académie de Médecine à propos de la pandémie de Covid-19.

15 Mai

Recherche clinique et Covid-19 : la science n’est pas une option

Communiqué de l’Académie nationale de Médecine 8 mai 2020

La vérité scientifique ne se décrète pas à l’applaudimètre. Elle n’émerge pas du discours politique, ni des pétitions, ni des réseaux sociaux. En science, ce n’est ni le poids majoritaire ni l’argument d’autorité qui font loi.

C’est pourtant dans ce type de dérive que s’est fourvoyée la recherche de traitements médicamenteux actifs contre le Covid-19 : trop de précipitation dans la communication, trop d’annonces prématurées, trop de discordes entre les équipes, trop de pressions de toutes sortes, mais pas assez de science.

La démarche scientifique exige du temps, de la méthode et de l’esprit critique. Dans le domaine du médicament, il faut non seulement vérifier qu’une substance est efficace, mais aussi s’assurer que ses avantages l’emportent largement sur ses effets indésirables, eu égard à la gravité de la maladie cible. C’est la balance bénéfices/risques. L’essai thérapeutique contrôlé randomisé est la seule méthode permettant de répondre à ces questions avec un niveau de preuve élevé.

Dans le cas du Covid-19, en l’absence de traitement de référence susceptible de servir de comparateur, chaque médicament candidat doit être comparé à un placebo. Ce choix est légitime en situation d’incertitude, c’est-à-dire lorsqu’on ne sait pas a priori si le patient qui sera inclus dans l’essai thérapeutique aura intérêt à être dans un groupe plutôt que dans l’autre. Mais les prises de positions passionnelles, voire compassionnelles, en faveur de l’hydroxychloroquine avant tout essai comparatif ont été si nombreuses, et les pressions si fortes dans un contexte anxiogène, que les patients n’acceptaient d’entrer dans l’essai qu’avec la certitude de ne pas être inclus dans le bras placebo, ce qui est incompatible avec le principe même de l’essai contrôlé. En conséquence, rares étant ceux quiacceptaient de contribuer à l’avancée de la science.

Par ailleurs, l’évolution spontanément favorable de l’infection par le SARS-CoV-2 dans 85% des cas impose de recruter un grand nombre de participants pour démontrer l’efficacité d’un traitement dans la phase initiale de la maladie. Or, la regrettable dispersion des essais limite la taille des effectifs et réduit la puissance statistique des résultats.

Enfin, le battage médiatique en faveur de l’hydroxychloroquine se déportant secondairement vers le remdesivir et le tocilizumab sur la foi de modestes résultats préliminaires, il importe de rester prudent en attendant leur confirmation.

Si le contexte anxiogène de la pandémie stimule la compétition entre les équipes de recherche dans le monde entier, cet impératif ne saurait justifier l’utilisation de méthodes inappropriées, d’études bâclées, ni d’une communication avide d’exclusivités. Précipiter l’évaluation d’un candidat médicament, c’est exposer les patients à d’éventuels effets adverses sans être sûr de leur apporter un bénéfice. Il existe heureusement des équipes responsables qui font preuve d’imagination et de proactivité en raccourcissant autant que possible les délais d’obtention de leurs résultats.

Le temps de la recherche et de la science n’est pas celui de l’immédiateté des médias et des réseaux sociaux. Le doute, inhérent à toute démarche scientifique, est aussi intolérable pour le public soucieux d’apaiser son anxiété que pour le politique désireux de conforter ses décisions. En temps de crise, si le doute exaspère, les croyances sont nuisibles et souvent dangereuses.

Face au défi du Covid-19, l’Académie nationale de médecine rappelle que la recherche thérapeutique doit :

  • –  s’appuyer sur des essais cliniques scientifiquement rigoureux et éthiquement irréprochables malgré la contrainte de délais optimisés ;
  • –  se fonder sur des bases pharmacodynamiques et pharmacocinétiques solides ;
  • –  coordonner des équipes nationales et internationales dans de grandes études multicentriques ;
  • –  s’astreindre à une communication prudente et responsable de la part des chercheurs, ne divulguer que des résultats contrôlés et validés, et s’interdire de susciter de faux espoirs et de provoquer des réactions d’engouement injustifiées dans le grand public.

Le 15 mai 2020.

(Merci à MM pour l’info)

3 Réponses to “Communiqué de l’Académie de Médecine à propos de la pandémie de Covid-19.”

  1. Hervé J. VOLTO mai 15, 2020 à 3:05 #

    Selon Christophe Cambadélis, la crise du Coronavirus auarait obligé Emmaneul Macron à la réflexion, et le Présdient chercherait à rebondir.

    Le Président de la République aurait 3 options :

    1. Démissionner : il ne le fera pas, préférant rester jusqu’en 2022, à ses risques et péril.

    2. Dissoudre l’Assemblèe nationale : il aurait l’intelligenece d’envoyer les Franòais exédès à un défouloir politique. Mais le Président accepterait-il une cohabatiton objecetive avec un gouvernement RN et marine Le Pen Premier Ministre ?

    3. Invoquer l’aerticle 16 et appeller le Roi….

    Si le Président choisi la Première option, il lui reste une solution : le remaniement. sans dissoudre l’Assemblèe nationale, chnger le Gouvernement. Si Emmanuel Macron remplaçait Édouard Philippe, hypothèse parmi d’autres, les noms qui circulent restent très masculins. Mais ferait-il appel à une femme ?

    Une femme Premier Ministre aurait l’avantage de faire paraître la France un pays enfin moderne aux yeux des pays étrangers.

    L’apparition, tel un rêve surgi du passé, en a stupéfié plus d’un. Un soir de la fin février, alors que l’on débat fiévreusement de la réforme des retraites dans l’hémicycle de l’Assemblée, une petite troupe de députés LREM tombe à la buvette sur cette scène insolite : virevoltant entre les tables rondes en marbre vert, Nathalie Kosciusko-Morizet, que l’on croyait exilée de l’autre côté de l’Atlantique, devise gaiement avec d’anciens camarades LR dans le décor Art nouveau.

    -Elle donnait l’impression d’être contente de les retrouver, comme si elle testait sa popularité, qui était assez élevée, nous dit quelqu’un qui veut rester anonyme.

    Une belle femme, la NKM. Celà marquerait bien. Et intelligente. Mais politiquement ?

  2. Agnès Lacour mai 15, 2020 à 4:13 #

    Tout ceci est pitoyable !
    L’académie de Médecine à la botte du gouvernement et de BIG Pharma confirme les propos de la secte des experts gouvernementaux pour contrer Le professeur Raoult qui ne fait pas partie de l’establishment parisien . Nous avons la chance d’avoir une sommité mondiale que tout le monde nous envie qui utilise un médicament prescrit depuis plus de 70 ans( j’en ai eu moi -même et mon papa aussi sous le nom de NIVAQUINE certes pour autre chose du paludisme ) donc un médicament absolument pas dangereux administré toujours par ailleurs dans d’autres pays et qui tout d’un coup est devenu une substance dangereuse parce que la Buzyn l’a décrété sous pression de son mari qui déteste le Professeur Raoult . A qui veut-on faire croire cela ?
    Ils ne savent pas quoi faire pour discréditer cet homme tout comme le professeur Montagnier prix Nobel de Médecine
    Tout comme ils ont discrédité le professeur Benvéniste sur sa communication sur la mémoire de l’eau tout comme ils ont discrédité le professeur Beljansky pour ses traitements sur le SIDa et les Cancers
    C’est une honte et cela sera « gobé » par les Français toute honte bue même ceux qui ont été guéris dans les services de Raoult parce que rendus zombis par une télévision aux ordres qui passe en boucle la même chose toute la journée et des chiffres faux sur le nombre de mort et surtout des Français rendus incultes et incapables de se documenter par eux mêmes grâce à une éducation nationale débilitante
    C’est écoeurant et ce n’est pas fini

  3. Paul-Emic mai 15, 2020 à 6:19 #

    on voit que cette communication qui perd un peu de sciure en route est clairement dirigée contre l’hydrochloroquine et plus particulièrement contre un des virologue les plus réputés de la planète.
    N’en déplaise à l’Académie (d’ailleurs à ce niveau de servilité, le « a » minuscule s’imposerait) le traitement proposé à Marseille est efficace à condition de le prescrire au bon moment et non pas en phase terminale. De même certains traitements à base de plantes comme ceux utilisés à Madagascar semblent prouver leur efficacité, bien plus que le « ne surtout rien faire » prôné par l’académie. Il ,’échappera à personne que contrairement aux sirènes des médias, l’Afrique est relativement peu touchée pour ne pas dire pas touchée du tout. Naturellement l'(hydroxychloroquine utilisée contre la malaria n’y est absolument pour rien, c’est juste le hasard ou la volonté de Dieu, inc’h Allah comme on dit là-bas.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :