OMS : il faut nettoyer les écuries d’Augias.

18 Mai

L’Assemblée mondiale de la Santé est un événement annuel qui n’intéresse d’ordinaire que les experts du secteur des 194 pays membres de l’OMS, l’Organisation mondiale de la Santé. Mais, cette année, elle promet au contraire de se transformer en véritable champ de bataille géopolitique, comme l’est progressivement devenue la pandémie de Covid-19. Comptez d’ailleurs sur les États-Unis de Donald Trump pour faire un coup d’éclat au cours des deux jours de cette rencontre par visio-conférence, aujourd’hui lundi et demain mardi !

En lever de rideau, Donald Trump tweetait ce weekend son agacement que la Chine, malgré son importante population, ne payait qu’une fraction de ce que versaient les États-Unis à l’OMS. Un argument discutable puisque les cotisations sont liées au Produit intérieur brut, pas à la population. Mais peu importe, Trump en a profité pour lancer une nouvelle pique à propos du « fléau qui nous est venu de Chine » .

Mais Donald Trump n’est pas le seul à critiquer l’OMS : de nombreux États et experts estiment que l’OMS a été trop indécise, a trop tardé avant de reconnaître la transmission du virus d’humain à humain, a laissé Pékin dicter le moment du déclenchement de l’alerte sanitaire internationale, une décision capitale. Et tout cela sous la houlette bienveillante de son Directeur général, l’Ethiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus, l’homme-lige des Chinois. Beaucoup en veulent aussi à la Chine pour son absence de transparence, son opposition à la présence de Taiwan à l’OMS, etc.

M. Tedros à Pekin

Née après la guerre, l’OMS est pourtant la seule organisation mondiale dédiée aux questions de santé dont nous constatons à quel point elles sont existentielles – et transnationales. Si l’OMS n’existait pas, il faudrait l’inventer, mais sans aucun doute différemment…

La faiblesse principale de l’OMS est d’être, comme toutes les instances des Nations Unies, le reflet de l’état des rapports internationaux. Lorsque ceux-ci sont exécrables, comme c’est le cas actuellement, ces organisations en subissent le contrecoup. S’agissant de santé publique mondiale, c’est désastreux.

Alors comment rendre l’OMS moins dépendante des rapports de force des grandes puissances ? En 2005, après l’épidémie de SRAS, les États avaient renforcé le règlement sanitaire international (RSI), la « bible » de l’OMS, lui donnant une dose de pouvoir supranational. Mais on voit bien que dans le contexte actuel, l’OMS ne l’a pas utilisé. C’est la principale contradiction et un sujet grave qui mériterait de vrais débats.

Quoi qu’il en soit, souhaitons pour commencer que M. Tedros soit rapidement remercié et remplacé par quelqu’un de plus compétent et, surtout, de plus avisé.

Le 18 mai 2020.

Pour le CER, Hippocrate, Conseiller à la santé publique.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :