Le honteux et funeste pillage des médecins étrangers par les pays prétendument riches.

19 Mai

En France, le docteur Jean-Jacques Razafindranazy est mort le 21 mars. Retraité depuis deux ans, il continuait à travailler comme contractuel aux urgences du centre hospitalier de Compiègne, dans l’Oise, qui s’est révélé être l’un des premiers foyers de l’épidémie de coronavirus en France. Diplômé de médecine à…Madagascar, il était venu en France au début des années 1980 pour tenter une spécialité en chirurgie générale et digestive. Il y est resté, comme la quasi-totalité des médecins étrangers et s’y est établi avec son épouse, pédiatre. Il fut le premier médecin hospitalier victime du Covid-19 dans notre pays. M. Razafindranazy était devenu…franco-malgache. Ils sont désormais des milliers dans ce cas.

Au Royaume-Uni, lorsque le premier ministre, Boris Johnson, a quitté l’hôpital londonien St. Thomas, le 12 avril, où il venait de passer une semaine en soins intensifs à cause du nouveau coronavirus, il a remercié les soignants, notamment les deux infirmiers qui avaient veillé sur lui « quand tout aurait pu basculer » : « Jenny de Nouvelle-Zélande et Luis du Portugal. »

C’est un phénomène d’ampleur, ancré dans le temps, et pourtant il semble qu’on le redécouvre à chaque crise sanitaire : les systèmes de soins des pays riches reposent de façon extravagante sur des professionnels de santé étrangers. Plus du quart des médecins en activité dans les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ne sont pas natifs du pays dans lequel ils exercent. Même constat, ou presque, concernant les infirmiers : dans les pays à haut niveau de revenus, 15,2 % d’entre eux sont nés ou ont été formés à l’étranger, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

« Dans la mondialisation actuelle, il y a une forme de course aux capacités manquantes, explique Yasser Moullan, chercheur associé à l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes). Les médecins font de plus en plus l’objet de politiques migratoires, reflétant le besoin criant qu’en ont les pays d’accueil. »

Ces soignants constituent un contingent vital pour les pays riches, dans un contexte de pénurie chronique à l’échelle mondiale. La moitié des pays de la planète ne dispose ainsi que de 15 médecins pour 10 000 habitants. En 2013, selon sa dernière évaluation, l’OMS estimait le besoin total à 17,4 millions de professionnels de santé. L’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud sont les zones où ce manque est le plus criant. Et c’est pourtant de là que vient le plus grand nombre de ces expatriés, appauvrissant davantage encore leurs propres pays dans ce domaine.

Les pays riches pâtissent eux aussi de carences. En France, par exemple, plus du quart des postes de praticiens hospitaliers à temps plein ne sont pas pourvus, faute de candidats (merci le numerus clausus et les politiques paupérisantes de nos gouvernements successifs !), d’après le Centre national de gestion (CNG), l’organisme de gestion des carrières médicales à l’hôpital. Pour faire face à ces pénuries, les pays de l’OCDE recourent de plus en plus aux médecins étrangers : en 2000, ces derniers représentaient 21 % du personnel médical, puis près de 24 % dix ans plus tard, et pas loin de 27 % en 2016. « Les migrations de professionnels de santé continuent de s’accentuer, note Mathieu Boniol, statisticien à l’OMS. Cela s’explique par de nombreux facteurs, notamment la capacité à être mobile et toutes les raisons économiques qui poussent les gens à migrer pour trouver un emploi. » Mais des migrants de luxe par rapport aux sub-sahariens qui traversent l’Afrique du Nord puis la Méditerranée pour parvenir jusqu’à nous !

Dans certains pays de l’OCDE, notamment anglophones, le recours aux professionnels de santé étrangers est massif. En Australie (pourtant très hostile à l’immigration lorsqu’elle n’est pas aussi sélective), plus d’un médecin sur deux est né à l’étranger. Ils sont 41 % en Irlande, 38 % au Canada, 33 % au Royaume-Uni et 30 % aux Etats-Unis. Ces deux derniers pays réunissent les plus gros contingents, avec respectivement 87 000 et 290 000 médecins nés à l’étranger. Comment les systèmes de santé des pays riches en sont-ils arrivés à une telle dépendance ? C’est très simple…comme ils sont devenus dépendants de la Chine ou de l’Inde pour leur approvisionnement en médicaments ! Ou les méfaits de la mondialisation.

En Grande-Bretagne, cette configuration est ancienne. Créé en 1948, au sortir de la guerre, le système de soins national (National Health Service, NHS) n’a cessé d’encourager le recrutement de main-d’œuvre étrangère. Cette politique a coïncidé avec une forte immigration, à partir des années 1960, depuis le Commonwealth et les ex-colonies britanniques. Politique dont les Britanniques se mordent aujourd’hui les doigts sans pouvoir faire marche arrière. Aneez Esmail, 63 ans, a étudié la médecine au Royaume-Uni, où il est arrivé quand il n’était encore qu’un enfant. Sa famille figure parmi ces nombreux Britanniques d’origine indienne, ayant quitté l’Ouganda en 1972 sous le régime de Idi Amin Dada.

Aujourd’hui, Aneez Esmail est professeur de médecine à l’université de Manchester. Il est également l’auteur de nombreux travaux consacrés aux médecins immigrés. Et il dit la vérité (qui s’applique tout autant à notre pays) : « Si le NHS dépend tant des personnels étrangers, c’est avant tout parce qu’il a refusé d’investir dans les écoles de formation nationales de médecins et d’infirmières », explique-t-il. « Recruter à l’extérieur est moins coûteux et a été jugé très pratique : il suffit d’appuyer sur le bouton pour stopper ou relancer les recrutements. Si le gouvernement a pu mettre ce système en place aussi facilement, c’est parce que l’ex-pouvoir colonial avait installé, en Inde et au Nigeria, des systèmes éducatifs très solides notamment des écoles de médecine (ndcer : ce qui, à part l’Algérie, n’a pas été le cas dans les anciennes colonies françaises).  L’instruction était donnée en anglais, souvent par des praticiens britanniques. Jusqu’en 1972, les étudiants diplômés de médecine en Inde avaient même automatiquement le droit d’exercer la médecine au Royaume-Uni », poursuit M. Esmail.

Pour Jean-Christophe Dumont, chargé des migrations internationales à l’OCDE, les pénuries de soignants se sont aggravées dans les années 1990 sous l’effet d’une théorie dite de la « demande induite », en vogue à l’époque. Derrière ce jargon économique, il y a l’idée stupide que plus il y a de médecins, plus la consommation de soins est élevée. Autrement dit, une offre de santé surabondante stimulerait une demande artificielle. Selon cette théorie, une partie des dépenses de santé pourrait donc être réduite en limitant le nombre de médecins, sans pour autant porter préjudice à l’état de santé de la population. « Beaucoup d’Etats ont alors préconisé une réduction du nombre de médecins », rappelle M. Dumont.

En France, la théorie de la demande induite s’est notamment instillée dans l’esprit des gestionnaires bornés de l’assurance-maladie. Le numerus clausus, mis en place en 1971 pour réguler le nombre d’étudiants en médecine, n’a cessé de baisser. Il a atteint son niveau le plus bas en 1993 avec seulement 3 500 places disponibles en deuxième année d’études médicales, et n’est remonté qu’au début des années 2000. « La France n’est pas un cas isolé, souligne M. Dumont. On retrouve les mêmes tendances dans d’autres pays, comme au Royaume-Uni ou au Canada. » La plupart des Etats de l’OCDE ont limité l’accès aux formations médicales, sans rencontrer d’opposition de certains membres de la profession qui y ont d’abord vu leur propre intérêt : limiter la démographie des soignants permettait aussi de maintenir un niveau de sélectivité et de rémunération élevé. Mais la plupart d’entre eux ont rapidement compris que ce système menait droit à la paupérisation de la santé publique. Hélas, les pouvoirs publics sont restés sourds à toutes les alertes en ce domaine. Nous en payons aujourd’hui le prix, dénoncé sans relâche par le CER depuis sa fondation.

Pourtant, et contrairement aux promesses de la théorie économique, la demande de soins n’a pas fléchi. Au contraire, analyse Mathieu Boniol, de l’OMS, « les besoins ont augmenté sous l’effet du vieillissement de la population, de l’augmentation des maladies chroniques et de l’amélioration des traitements et des suivis – par exemple du cancer, du diabète et d’autres pathologies. Et puis il y a aussi le vieillissement du personnel de santé, plus rapide que le renouvellement par la formation. »

Voilà ce qu’il arrive lorsqu’on laisse la médecine aux seules mains des comptables:

Moins coûteux et plus facile à mettre en œuvre qu’une réforme de la formation qui ne peut produire d’effets qu’au bout d’environ dix ans, compte tenu de la longue durée des études de médecine le recours à la main-d’œuvre étrangère a donc permis, en partie, de combler des besoins au sein de l’OCDE, avec des écarts de situation importants entre Etats, en fonction de leur histoire et de leur politique migratoire.

Les ressortissants d’Inde et du Pakistan, anciennes colonies britanniques, représentent les premiers contingents de médecins nés à l’étranger au Royaume-Uni. Héritage du passé colonial français, ce sont les Algériens et les Marocains qui figurent aux premiers rangs des médecins étrangers exerçant dans l’Hexagone. L’Allemagne, qui a reçu le plus important afflux de demandeurs d’asile lors de la « crise » des réfugiés de 2015, a accordé une protection à plus de 500 000 Syriens. A la fin 2018, 3 900 médecins syriens exerçaient dans le pays, selon l’Ordre fédéral des médecins, soit plus du double qu’avant 2015. Elle le regrettera.

En 2015, année où la Suède a reçu Plus de 160 000 migrants, plusieurs régions ont mis en place des programmes d’intégration spécifiques à destination des médecins étrangers, identifiés dès leur arrivée dans les centres d’accueil. Dans la région de Kalmar, dans le sud-ouest du royaume scandinave, dix-huit médecins ont donc suivi durant quatre ans des cours de suédois adapté au secteur de la santé ainsi qu’une formation complémentaire à l’université, leur permettant d’obtenir la licence médicale suédoise. En 2016, pour répondre à la pénurie de médecins, le pays a décidé de simplifier le processus d’obtention de cette licence pour les praticiens qui ne sont pas originaires de l’Union européenne (UE). Et ce qui devait arriver arriva : le niveau baissa !

Autre exemple, près de chez nous. Leïla a exercé six ans dans un CHU d’Alger avant de s’installer en France, en 2016. Elle travaille à présent dans un hôpital francilien (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/10/01/medecins-algeriens-tirons-une-fois-encore-la-sonnette-dalarme/). Plusieurs raisons ont motivé le départ de cette gynécologue obstétricienne, membre du Syndicat national des praticiens à diplôme hors Union européenne (SNPADHUE). « C’était d’abord un choix personnel, raconte-t-elle. Mon conjoint, qui est chirurgien orthopédique, en avait ras-le-bol des conditions de travail en Algérie. Et un de mes enfants avait besoin d’une prise en charge médicale. » C’est aussi simple que ça !

Aujourd’hui âgée de 40 ans, Leïla a trouvé en France une vie plus agréable, qu’il s’agisse de la garde de ses enfants, de leur scolarité ou même de la possibilité d’obtenir un crédit. Elle, qui avait fait une partie de son internat en France, voyait aussi dans ce départ d’Alger une opportunité d’« épanouissement professionnel » : « J’avais avancé dans ma carrière en Algérie, mais le système étatique est très dur. Les moyens manquent, il est difficile de se former, les actes médicaux ne sont pas assez bien cotés… » Est-ce suffisant pour accepter l’accueil de toute la misère du monde, au détriment de la qualité de vie et de la sécurité des Français ? La réponse est évidemment dans la question.

Dans les pays prétendument riches, les numerus clausus et autres contingentements ont commencé à produire leur effet dans les années 2000, entraînant une prise de conscience du manque de soignants. En 2006, l’OMS y consacrait son rapport annuel. « Il y a actuellement 57 pays qui connaissent une pénurie aiguë de main-d’œuvre », écrivait alors l’agence onusienne. Consciente que « la recherche d’une vie meilleure et de revenus plus substantiels est à la base de la décision d’émigrer » (je vous rappelle que nos dirigeants prétendent que les migrants sont des demandeurs d’asile fuyant la guerre et les persécutions !), l’OMS a mis au point, en 2010, un code de pratique pour le recrutement international des personnels de santé. Il y est notamment stipulé que « tous les Etats membres devraient s’efforcer de répondre, dans la mesure du possible, à leurs besoins en personnels de santé au moyen de leurs propres ressources humaines ». « Des pays comme l’Allemagne ont interprété de façon stricte ce code et s’interdisent le recrutement de soignants dans les pays où la pénurie est sévère », rapporte Jean-Christophe Dumont, de l’OCDE.

Les changements ont été longs à venir. La France ne supprimera le numerus clausus qu’à la rentrée 2020, presque cinquante ans après sa création ! Le Royaume-Uni a fini par infléchir légèrement sa politique. En 2016, le gouvernement alors dirigé par Theresa May a décidé de porter de 6 000 à 7 500, en 2020, les places pour les étudiants d’origine étrangère dans les écoles de médecine britanniques. L’objectif est de rendre le NHS « autosuffisant » en médecins formés dans le pays d’ici à 2025. En attendant, l’OMS paraît condamnée à se répéter. « La pénurie d’effectifs et les problèmes de répartition contribuent à entretenir la mobilité et le recrutement transfrontières de travailleurs de la santé à partir de pays disposant de peu de ressources », alertait l’agence en 2016.

Le premier pourvoyeur de médecins dans le monde est, de très loin, l’Inde avec 95 000 médecins exerçant à l’étranger en 2015-2016. Pour autant, ces départs ne représentent que 8 % des effectifs du pays. L’effort est bien plus considérable dans d’autres Etats. Ainsi, plus du tiers des médecins camerounais, congolais ou sénégalais s’expatrient. Et où vont-ils ? En France bien sûr, pour la plupart. Mais certains pays des Caraïbes affichent des taux d’émigration de leurs médecins supérieurs à 50 %, avec des facultés de médecine parfois destinées à satisfaire les besoins des Etats-Unis tout proches. Aux Philippines, « de très nombreuses écoles privées n’ont pas d’autre vocation que de former des infirmiers pour alimenter le marché mondial », constate M. Dumont. En 2016, 237 000 infirmiers philippins exerçaient à l’étranger.

En Europe aussi, des Etats membres sont devenus des réservoirs de soignants, formant à la fois leurs ressortissants et des élèves étrangers désireux de contourner les obstacles qui se sont multipliés chez eux. Ils sont ainsi un quart en Pologne (souvent norvégiens, saoudiens, américains ou suédois), et un tiers en Roumanie. D’ailleurs, encouragée par la reconnaissance mutuelle des diplômes, à l’œuvre depuis 2005 au sein de l’UE, la Roumanie est devenue une véritable plate-forme de formation médicale à destination du reste de l’Europe. Pour attirer des étudiants, ce pays propose dans presque toutes ses écoles de médecine – onze publiques et deux privées – des programmes en langues anglaise et française. Le nombre de jeunes Français y est passé de 680 en 2014-2015, à plus de 1 200 en 2017-2018. Presque tous les étudiants étrangers repartent une fois leur formation initiale achevée. Un tiers des médecins roumains décident par ailleurs d’émigrer. En France, leur nombre a doublé entre 2007 – date d’entrée dans l’Union européenne – et 2017, d’après le Conseil national de l’ordre des médecins.

On marche sur la tête !

Si la perspective d’une vie meilleure est le principal facteur de départ de ces soignants, leur situation dans le pays de destination reste cependant moins enviable que celle de leurs pairs. Les inégalités sont plus marquées encore quand il s’agit de ressortissants extérieurs à l’UE, soumis à des procédures longues et complexes d’autorisation d’exercer. Une partie d’entre eux restant cantonnée à des statuts précaires. Selon les estimations, quelque 5 000 praticiens à diplôme hors Union européenne (PADHUE) exerceraient dans ces conditions en France, en particulier dans les spécialités délaissées telles que l’anesthésie-réanimation, la radiologie, la gériatrie, la pédiatrie ou encore la psychiatrie. « Certains services d’urgence tournent avec 80 % de médecins étrangers », souligne Slim Bramli, président de la Fédération des praticiens de santé. Dans la crise sanitaire d’aujourd’hui, ils sont en première ligne.

Une honte !

En résumé :

1/ la théorie fumeuse de la « demande induite » est une CONNERIE (pardonnez-nous mais c’est ainsi) qui a pourtant germé dans les cervelles fêlées de nos « sachants« , issus pourtant de grandes écoles dont l’incontournable ENA;

2/ la paupérisation de la formation médicale en France (et ailleurs comme vous l’avez vu) a entrainé une désertification sanitaire dans notre pays et, par voie de conséquence, un accroissement aussi fou que dangereux du recrutement de personnels médicaux et para-médicaux étrangers;

3/ cette folie a eu deux conséquences :

  • une baisse sournoise mais réelle de la qualité et de la sureté des soins chez nous,
  • un appauvrissement dramatique de l’accès aux soins dans les pays exportateurs de personnel et donc une détérioration de la santé publique dans ces pays, permettant ainsi à nos pleureuse officielles et autres immigrationnistes de trouver ici un argument supplémentaire à l’accueil des migrants !

4/ le manque de médecins dans les pays ainsi appauvris entraine ipso facto une émigration supplémentaire vers les pays mieux fournis (tels que les pays européens) au motif de chercher à être soigné là où on peut encore l’être…

Au point qu’il existe d’authentiques filières de malades étrangers venant se faire soigner, le plus souvent gratuitement grâce à l’aide médicale d’Etat (AME), dans notre pays ! 

ON MARCHE EFFECTIVEMENT SUR LE TÊTE…

Avez-vous lu ou entendu dans nos médias, ou même à l’Assemblée nationale, la moindre réflexion sur cet hallucinant sujet ? Jamais.

Français, quand allez-vous vous réveiller ?

Le 19 mai 2020.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA, et Hippocrate, Conseiller à la santé publique.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :