L’après-Covid social: les ennuis commencent.

29 Mai

Souvenez-vous de ce que nous écrivions il y a peu (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2020/05/01/coronavirus-apres-la-crise-sanitaire-la-crise-economique-puis-la-crise-sociale/  et aussi https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2020/05/13/sous-la-crise-sanitaire-les-braises-de-la-crise-sociale-sechauffent/).

Le déconfinement des Français à peine entamé, ils sont déjà confrontés aux conséquences économiques et sociales annoncées ici : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2020/03/05/consequences-economiques-du-coronavirus-les-choses-se-precisent/. Et voici que nos entreprises, frappées de plein fouet par la pandémie, vont très mal entrainant dans leur sillage un marché du travail qui, de nouveau, n’en finit pas de souffrir.

Ainsi, en avril, le nombre de demandeurs d’emploi sans aucune activité (catégorie A) s’est accru dans des proportions sidérantes : + 843 000 par rapport au mois précédent, sur l’ensemble du territoire (outre-mer compris, sauf Mayotte), d’après les données publiées jeudi par Pôle emploi et par la Dares – la direction des études du ministère du travail.

Il s’agit, depuis la mise en place en 1996 de ces séries statistiques, d’une hausse sans aucun équivalent : elle s’avère bien plus forte (+ 22,6 %) que celle relevée en mars – laquelle dépassait déjà tous les records (+ 7,1 %). En trois mois, les personnes à la recherche d’un poste ont vu leurs effectifs s’envoler de 1,065 million (+ 30,3 % depuis la fin de janvier) : elles sont désormais un peu plus de 4,575 millions dans cette situation – un niveau, là encore, inédit, puisque la barre des 4 millions n’avait jamais été franchie. Et nous voilà brutalement replongés dans la situation du quinquennat précédent, quand François Hollande, le chef de l’Etat d’alors, se démenait sans succès (il l’a d’ailleurs payé très cher) pour

« INVERSER LA COURBE DU CHÔMAGE » :

Toutes les tranches d’âge sont concernées, à commencer par les moins de 25 ans (+ 29,4 %) – et tous n’auront pas la ressource de l’économie souterraine et donc des trafics pour s’en sortir ! -. La progression est moindre pour les personnes plus âgées, tout en restant considérable : + 24 % pour les 25-49 ans et + 16,1 % chez ceux ayant au moins 50 ans. L’augmentation touche également toutes les régions, avec (pour le moment) une intensité un peu moins marquée dans les territoires d’outre-mer.

La tendance est portée par les personnes « qui recherchent un métier » dans de multiples secteurs, selon la Dares : commerce, services à la personne, hôtellerie et tourisme, transport et logistique, construction, travaux publics, industrie du spectac…Précisément tous ceux qui ont pris de plein fouet la crise sanitaire.

A l’inverse, les demandeurs d’emploi ayant exercé une activité réduite (catégories B et C) sont nettement moins nombreux (− 3 % par rapport à mars), car les opportunités d’embauche se sont évaporées. Ils sont venus grossir les rangs des personnes sans aucun travail, ce phénomène de vases communicants étant à l’origine des trois quarts de la hausse des effectifs dans la catégorie A. Le nombre d’individus dans les catégories A, B et C fait ainsi un bond de 209 000 en avril (+ 3,6 %).

Les entrées à Pôle emploi ont pourtant baissé en avril (− 19,1 % pour les catégories A, B et C). Mais dans le même temps, les sorties du dispositif se sont écroulées (− 35 %) : autrement dit, les personnes concernées restent inscrites dans les fichiers, notamment parce qu’elles ne trouvent pas de poste ou de stage de formation.

Autrement dit, autant de Français qui entrent brutalement dans la précarité et qui ne participeront donc pas à la relance de l’économie (et en particulier celle du secteur automobile) tant espérée et annoncée* par Emmanuel Macron…

Le 29 mai 2020.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Lire : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2020/05/28/quand-emmanuel-macron-joue-au-barack-obama/ où nous écrivions ceci

« Hélas, avec les conséquences économiques de la crise sanitaire il est probable que ceux qui pourraient être aidés par l’Etat dans leur achat…ne se lanceront pas dans cette dépense (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2020/05/13/sous-la-crise-sanitaire-les-braises-de-la-crise-sociale-sechauffent/).Quant à ceux qui le pourraient parce que leurs revenus le leur permettent…ils ne seront pas aidés ! Un coup d’épée dans l’eau. »

5 Réponses to “L’après-Covid social: les ennuis commencent.”

  1. Pilayrou mai 29, 2020 à 10:30 #

    En tous les cas, on ne voie guère de royalistes bouger pour faire bouger les choses ! C’est plutôt petits fours et champagne ! Un ancien de la NAR.

    • conseilesperanceduroi mai 29, 2020 à 12:08 #

      …jusqu’à ce qu’ils aient plus ni petits fours ni champagne. Ni même plus rien à commémorer puisqu’ils auront même perdu la mémoire.
      Mais, rassurez-vous, nous ne sommes pas les derniers à leur faire le reproche de ne plus jamais mettre les mains dans le cambouis. Ce qui nous a d’ailleurs fâchés avec beaucoup d’entre eux qui refusent de comprendre que seul un grand, un très grand, chambardement (pour ne pas dire plus) permettra, peut-être, de remettre les pendules à l’heure.

  2. conseilesperanceduroi mai 29, 2020 à 12:01 #

    Et d’ailleurs ça prend forme avec les annonces de RENAULT, aujourd’hui : suppression d’environ 15 000 emplois dans le monde, dont 4 600 en France, et fermeture d’au moins un de ses sites de production…
    Rappelons que l’entreprise vient de se voir confirmée une aide financière de l’Etat (NB : du contribuable) de cinq milliards d’euros !
    Demain, ce sera sans nul doute d’autres annonces de la même eau et après-demain…davantage encore.

  3. Hervé J. VOLTO mai 29, 2020 à 6:29 #

    De toutes façons les cons-tribuables Français paieront : en première ligne , les retraités ( retraites gelées depuis dix ans mise à part l’augmentation préélectorale de 0,3 octroyée par Hollande en vue de sa réélection en 2017, augmentation de 26% de la CSG maintenue pour quasiment 2/3 d’entre eux malgré le mouvement des Gilets Jaunes, modification des tranches d’imposition ) puis les fonctionnaires et les militaires sur leurs traitements et les petits épargnants (les prêts à taux zéro et ou l’inflation font fondre leur épargne) .

    Aujourd’huii, ce n’est plus la faute à Marie-Antoinette et, à la rentrée, çà risque de bouger.

  4. Hervé J. VOLTO mai 29, 2020 à 7:13 #

    Une idée pertinante pour relancer l’économie. Le Mouvement de la ruralité demande la création de zones franches rurales en soutien de leurs entrepreneurs et de leurs salariés.

    Dans un courrier adressé ce jour au Président de la République et au Président du Sénat (lire le document), Le Mouvement de la Ruralité (LMR) appelle à la création de ZONES FRANCHES RURALES sur le modèle des Zones Franches Urbaines qui existent depuis 25 ans.

    Le Mouvement de la Ruralité demande que les avantages sociaux et fiscaux accordés aux entreprises et aux salariés des quartiers urbains prioritaires soient également accordés à toutes les entreprises de l’espace rural et leurs salariés.

    Ces entrepreneurs et leurs salariés participent largement à la richesse économique de la France et ils ont besoin, eux aussi, de mesures incitatives pour participer à la relance économique nationale dans la crise actuelle.

    Le Mouvement de la Ruralité pense notamment à tous les artisans, commerçants, prestataires de services et autres entreprises localisés en zones littorales et rétro-littorales ainsi que certaines zones de montagne qui ne bénéficient d’aucune mesure fiscale favorable.

    Il souligne ainsi les déséquilibres existants au plan fiscal et social entre les territoires de la République ; certains bénéficiant de politiques ambitieuses et pas d’autres.

    Le Mouvement de la Ruralité demande donc qu’une véritable politique cohérente et structurée, avec des avantages incitatifs importants et généralisés, soit lancée dans toutes les zones rurales avec la création de nouvelles ZONES FRANCHES RURALES.

    Cette nouvelle politique pourra utilement accompagner le souhait de nombreux Français de se relocaliser dans l’espace rural pour y poursuivre différemment leur travail (télétravail) ou même créer leur propre entreprise. Elle doit s’accompagner d’un investissement d’équipement, notamment la fibre optique à l’abonné, y compris dans l’habitat isolé.

    Le Mouvement de la Ruralité croit dans le développement économique des zones rurales et refuse la métropolisation de la France et des esprits. LMR fera de cette égalité économique et sociale territoriale, ainsi que du dynamisme économique des zones rurales, l’une de ses priorités dans les prochaines élections.

    Mouvement pour la Ruralité
    https://www.cpnt.fr/index.php?id=204

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