L’uberisation du trafic de migrants vers le Royaume-Uni par nos racailles de banlieue.

31 Mai

Mardi 26 mai, une opération de police européenne est venue troubler le commerce fructueux d’une ou plusieurs organisations criminelles de trafic d’êtres humains. Vingt-six personnes, 13 en Belgique et 13 en France, ont été interpellées pour leur appartenance à un réseau de passeurs spécialisés dans l’acheminement illégal de Vietnamiens vers la Grande-Bretagne. La majorité sont de nationalité vietnamienne. Mais viennent ensuite des Français, des Marocains et un Algérien.

Certaines des personnes arrêtées sont soupçonnées d’avoir participé au convoyage des 39 Vietnamiens (31 hommes et 8 femmes dont 3 mineurs) retrouvés morts en octobre 2019 à l’intérieur d’un camion dans la zone industrielle de Grays, une commune à l’est de Londres. En février, les autorités britanniques avaient révélé que les 39 migrants étaient morts d’hypoxie et d’hyperthermie. Certains étaient arrivés il y a plusieurs mois en Europe et avaient travaillé en France, en Allemagne ou encore en Roumanie avant de tenter le voyage vers la Grande-Bretagne.

Sur les treize personnes interpellées en France, toutes ont été mises en examen, samedi 30 mai, pour « traite des êtres humains en bande organisée », « aide à l’entrée ou au séjour en bande organisée » et « association de malfaiteurs ». Six d’entre elles sont également poursuivies pour « homicide involontaire ». Sur les treize, douze ont été placées en détention provisoire et une en contrôle judiciaire.

Plusieurs arrestations avaient eu lieu en novembre 2019 au Royaume-Uni et au Vietnam. Deux chauffeurs originaires d’Irlande du Nord, dont celui du camion transportant le conteneur où se trouvaient les Vietnamiens, avaient ensuite été mis en cause pour homicides volontaires et aide à l’immigration illégale, l’un d’eux reconnaissant même avoir tiré un profit financier de cette activité.

Le conteneur provenait du port belge de Zeebrugge, une des plates-formes du transport de fret vers l’Angleterre. Les migrants étaient montés à bord du camion, propriété d’un Nord-Irlandais et immatriculé en Bulgarie, le 22 octobre, à Bierne (département français du Nord), une commune située à 25 km de la frontière belge et à 90 km du port de Zeebrugge où ils avaient été amenés par des chauffeurs de taxis de la région parisienne (les mêmes qui vous transportent dans leurs rutilantes berlines de la société Uber !…).*

Les enquêteurs de l’Office central pour la répression de l’immigration irrégulière et de l’emploi d’étrangers sans titre (Ocriest) ont pu remonter jusqu’à cette petite ville de moins de 2 000 habitants après plusieurs semaines de travail de surveillance et de recoupement sur les données de géolocalisation des véhicules et des téléphones des membres du réseau. Sur les écoutes, les passeurs évoquent de « la marchandise » et des « stocks ». Lorsque nous vous parlons de traite négrière trans-méditerranéenne nous n’abusons donc pas.

Sur les treize personnes interpellées mardi en Ile-de-France, notamment dans les quartiers malfamés de l’immigration à Créteil (Val-de-Marne), sept seraient liées au réseau qui a conduit les 39 victimes vietnamiennes jusqu’à l’Angleterre. Il s’agirait de seconds couteaux chargés de la logistique, principalement de l’hébergement et du transport. « Trois logeurs et quatre chauffeurs », selon une source proche du dossier. Les sept individus arrêtés en lien avec la tragédie de Grays, pour lesquels le parquet de Paris a requis le placement en détention, étaient en cours de déferrement samedi matin.

Le parquet de Paris estime le coût global pour un ressortissant vietnamien d’un voyage vers la Grande-Bretagne organisé par ce réseau entre 20 000 et 25 000 euros. La plupart ont payé grâce à un système de compensation avec des comptes au Vietnam permettant d’éviter la circulation d’argent liquide. Les autres ont dû travailler au sein du réseau pour financer leur voyage.

Rémy Heitz, le procureur de Paris, s’est félicité de ce qu’il considère comme un succès de la Junalco, la nouvelle juridiction nationale chargée de la lutte contre la criminalité organisée qui « a permis un suivi précis et approfondi de l’équipe commune d’enquête mise en place entre la Belgique, le Royaume-Uni et la France et conduite par Eurojust ». Une nouvelle structure qui permettra selon M. Heitz d’appréhender les nouvelles formes de criminalité transnationale nécessitant le concours de l’entraide entre pays et la prise de conscience d’un nouveau paradigme selon lequel la criminalité financière est liée à la délinquance de droit commun. Comme si c’était une surprise…

Dans un communiqué diffusé mardi, le parquet fédéral belge a précisé pour sa part que la filière est soupçonnée d’avoir transporté jusqu’à plusieurs dizaines de personnes chaque jour depuis plusieurs mois, y compris pendant la période de confinement

Mais que faisait la police, au lieu de contrôler vos attestations ?…

« C’est une filière vietnamienne classique, commente un cadre de la police. Il y en a en permanence, six, sept ou huit actives sur le territoire. Les migrants transitent généralement par la région parisienne où ils sont pris en charge par des logeurs et des transporteurs souvent des chauffeurs de taxi de cités qui ont besoin d’un peu d’argent (ndcer: le trafic de stupéfiant ne semblant plus suffisant) et qui les amènent dans le Nord sur des parkings de poids lourds. Là, ils passent par les ports de Calais ou Zeebrugge. »

Bénéficiant de facilités de visas, de nombreux migrants vietnamiens transitent par la Russie pour rejoindre l’Europe. Ils arrivent plus rarement sur le continent grâce à des visas Schengen ou en profitant d’une escale dans un pays membre. Si la France est l’un des pays du monde où, pour des raisons historiques, la diaspora vietnamienne est la plus importante, ce qui en fait un lieu de transit naturel, le Royaume-Uni est la destination privilégiée.

Mais les ressortissants vietnamiens ne sont pas les seuls à voir dans le Royaume-Uni une terre d’opportunités. En 2019, les autorités françaises ont ainsi fait près de 24 000 découvertes de migrants cachés à bord de poids lourds dans le port de Calais ou aux abords du tunnel sous la Manche. Fin janvier, 23 migrants se disant originaires d’Erythrée et du Soudan ont été découverts dans un camion frigorifique près du port de Zeebrugge.

Emmanuel Macron comme Christophe Castaner sont bien discrets sur le sujet…

Le 31 mai 2020.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

 

* Lire « Uber et consort » (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/12/17/bulletin-climatique-du-week-end-1718-decembre-2016-de-la-republique-francaise/) mais aussi « L’UberLeaks » (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/02/24/l-uberleaks/).

2 Réponses to “L’uberisation du trafic de migrants vers le Royaume-Uni par nos racailles de banlieue.”

  1. Hervé. Zafrani mai 31, 2020 à 12:26 #

    Les clandestins sont devenus les esclaves des temps moderne et cela m’étonne pas que la racaille magrehbine comme leurs aïeux sont les nouveaux esclavagistes⚜️

  2. Hervé J. VOLTO juin 1, 2020 à 1:13 #

    Bien dit, cher Hervé Zafrani !

    Après, on s’étonne que le camp des souverainistes s’organise, demendant une révolution politique
    https://www.valeursactuelles.com/clubvaleurs/politique/coups-de-fil-mains-tendues-bataille-degos-dans-les-coulisses-de-lunion-des-souverainistes-119981

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