Hydroxychloroquine : l’étude « foireuse » et même très foireuse publiée dans The Lancet.

4 Juin

Pas de chance pour les contempteurs du professeur Didier Raoult ! La revue médicale britannique The Lancet a émis, mardi 2 juin, une mise en garde (« expression of concern ») vis-à-vis d’une étude publiée dans ses colonnes le 22 mai. Une démarche rare, et qui précède souvent le retrait pur et simple de l’article mis en cause. L’étude en question, s’appuyant sur 96 000 dossiers médicaux électroniques de patients hospitalisés pour cause de Covid-19, suggérait que ceux traités avec de la chloroquine ou de l’hydroxychloroquine, combinées ou non à des antibiotiques comme l’azithromycine, présentaient un taux de mortalité supérieur et plus d’arythmies cardiaques.

« D’importantes questions scientifiques ont été soulevées concernant les données rapportées dans l’article de Mandeep Mehra et ses coauteurs, annonce le Lancet dans un communiqué. Bien qu’un audit indépendant sur la provenance et la validité des données ait été commandé par les auteurs non affiliés à Surgisphere [la société américaine qui les avait collectées] et soit en cours, avec des résultats attendus très prochainement, nous publions une expression d’inquiétude pour alerter les lecteurs sur le fait que de sérieuses questions scientifiques ont été portées à notre attention. Nous mettrons cet avis à jour dès que nous aurons de plus amples informations. » Le professeur Raoult et plusieurs autres scientifiques de renom l’avaient tout simplement qualifiée de… »foireuse » !

Cet article avait conduit l’Organisation mondiale de la santé (OMS), trois jours après sa publication, à suspendre provisoirement l’inclusion de patients traités à l’hydroxychloroquine dans son essai clinique international Solidarity – le temps d’analyser les données pour y trouver un éventuel signal de la toxicité de la molécule. Un tel signal n’ayant pas été observé dans l’essai britannique Recovery, celui-ci a poursuivi le recrutement de patients.

En France, la publication de l’étude du Lancet avait conduit le ministre de la santé, Olivier Veran,  à saisir pour avis le Haut Conseil de santé publique (HCSP). Celui-ci avait été défavorable à l’utilisation en contexte hospitalier de l’hydroxychloroquine. Cet avis avait été suivi d’un décret mettant fin à la dérogation permettant l’utilisation de l’hydroxychloroquine hors autorisation de mise sur le marché dans le cadre du Covid-19.

Les seize essais cliniques comportant de l’hydroxychloroquine autorisés par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) ont également suspendu l’inclusion de patients dans les groupes recevant de l’hydroxychloroquine – ceux déjà recrutés poursuivant leur traitement. Le comité de sécurité du plus ambitieux d’entre eux, Discovery, lancé par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), devait se réunir mercredi 3 juin pour analyser les données. Nous n’en connaissons pas encore la décision.

L’« expression of concern » du Lancet répond à de très nombreuses critiques suscitées par l’étude conduite par Mandeep Mehra (Harvard Medical School) et ses trois collègues. De fait, la revue britannique avait déjà dû publier un erratum reconnaissant une erreur de codage sur des morts du Covid-19 indûment attribués à l’Australie, et la publication erronée d’un tableau de données. Mais ce correctif ne répondait qu’à une partie des critiques rassemblées dans une lettre ouverte signée par 120 chercheurs, qui réclamaient notamment de pouvoir accéder aux données brutes afin de les réanalyser et même de vérifier leur réalité, mise en doute par certains observateurs.

La société Surgisphere, basée dans l’Illinois, aux Etats-Unis, qui affirme avoir collecté plus de 96 000 dossiers médicaux « auprès de 671 hôpitaux sur six continents », et son fondateur, le chirurgien Sapan Desai, concentraient les points d’interrogations – au point d’avoir fait naître le hashtag « LancetGate » sur Twitter. De nombreux épidémiologistes doutent de la capacité d’une si petite structure à entretenir des relations avec un aussi grand nombre d’hôpitaux de par le monde, et à avoir reçu les autorisations nécessaires pour aspirer leurs données – sans obtenir le consentement des malades, ce qui est un motif supplémentaire de préoccupation.

Les CV de Sapan Desai et de ses collaborateurs ont été passés au peigne fin sur les réseaux sociaux. La revue The Scientist note que le chirurgien ferait l’objet de poursuites judiciaires pour mauvaises pratiques médicales dans l’Illinois – « poursuites infondées », a répondu à ce journal son chargé de communication. Les récompenses institutionnelles dont s’enorgueillit le chercheur sont elles aussi mises en doute. En réponse à ces critiques, Surgisphere a indiqué avoir sollicité un audit académique indépendant pour réanalyser ses données, qu’elle ne serait pas autorisée à rendre publiques pour des raisons légales.

Dans une nouvelle vidéo mise en ligne le 2 juin par son institut, Didier Raoult, principal promoteur en France du traitement couplant hydroxychloroquine et azithromycine, qualifie de « pieds nickelés » les auteurs de l’étude, mais il n’est pas plus tendre avec les relecteurs qui l’ont analysée avant publication – et avec ceux qui n’auraient pas immédiatement perçu son inanité une fois publiée.

Le statisticien Andrew Gelman (université de Columbia) rappelle dans un post au ton dévastateur qu’en 2015 un commentaire publié dans The Lancet soulignait que « peut-être la moitié de ce qui est publié dans la littérature scientifique est simplement faux ». Un texte signé de l’actuel rédacteur en chef de la revue médicale, Richard Horton. Ironie supplémentaire, deux ans plus tôt, Sapan Desai avait lui-même cosigné un article intitulé « Combattre la fraude dans la recherche médicale ». Il y a quelques jours, il vantait sur Twitter la rigueur de l’équipe rédactionnelle du Lancet.

La revue médicale sera-t-elle in fine contrainte à rétracter l’article incriminé – c’est-à-dire à décréter que ses résultats sont nuls et non avenus, et à admettre que son travail de sélection et de validation des résultats scientifiques a été défaillant ? C’est ce que beaucoup d’observateurs réclament.

Tous ces petits messieurs du Haut Conseil de santé publique mais aussi quelques ennemis personnels de Didier Raoult ont bonne mine aujourd’hui !…

Le 4 juin 2020.

Pour le CER, Hippocrate, Conseiller à la santé publique.

Une Réponse to “Hydroxychloroquine : l’étude « foireuse » et même très foireuse publiée dans The Lancet.”

  1. Hervé J. VOLTO juin 4, 2020 à 10:31 #

    Que fait-on en confinant les gens? On provoque le désespoir en augmentant la précarité, le chômage, les dépressions et les divorces. La Suède n’a pas confiné, a gardé son activité et n’a pas plus de décès que les autres nations…En France, on compte 11 000 suicidés par an. Soit l’un des taux les plus élevés d’Europe avec 14,7 pour 100 000 habitants (France métropolitaine) contre 9,9 en Allemagne et 6,4 au Royaume-Uni (chiffres Eurostat). Ce chiffre augmente fortement à chaque crise monétaire.

    Après le virus biologique, les virus intellectuels : connivence, vacuité, ignorance, défaitisme, et la pire de toute, je le dis et redis la mavcronite, qui empèche ls GFrançais de penser clair et marcher droit. Faudra-t-il que la France soit le nez dans la poussière, pour qu’enfin les hommes se remettent à la prière, à laquelle notre Mère du Ciel répondra bientôt dans le Grand Combat?

    Sortant du confinement, l’Italie se révolte contre l’Europe, qui par sa politique d’austérité a détruit les infrastructures hospitalières, empéchant comme en France, d’être capables de faire face à l’épidémie dés le début. Partout dans les grandes villes transalpines, des manifestations monstres se développent, mettant en cause le gouvernement, et appelant à sortir de l’Europe et de l’euro pour revenir à la lire sans les directives de l’UE.

    L’effondrement de l’Europe se fera dés que le refus de la mutualisation de la dette par les pays riches sera officielle dans 2 mois. La cour allemande de Karlsruhe, l’Autriche et les Pays-bas ne veulent pas payer pour les cigales du Sud.

    Comme le prévoyaient les deux prix Nobel d’économie, Maurice Allais et Joseph Stiglitz, la finance mondialisée tue l’Europe; le retour au franc sera salutaire, et rendra son indépendance et sa souveraineté à la France, qui trouvera une énergie spectaculaire pour se redresser, dés que la foi et la confiance en l’avenir reviendront.

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