Savez-vous pourquoi les Congolais sont si nombreux chez nous ?*

4 Juin

C’est facile à comprendre : ils quittent un pays où règnent de multiples maladies infectieuses récurrentes. Que, bien sûr, ils peuvent apporter avec eux…

La République démocratique du Congo (RDC) est en effet confrontée à une hausse des cas dépistés de Covid-19 (3 326 cas et 72 décès), à la pire épidémie de rougeole au monde (plus de 6 000 morts depuis début 2019), au choléra dans le Haut-Katanga (sud-est) et, désormais, à deux foyers concomitants de la maladie à virus Ebola.

A la date du 31 mai, cinq morts et au moins quatre cas suspects ont été recensés à Mbandaka et dans les environs de cette cité portuaire de plus de 1,2 million d’habitants, chef-lieu de la province de l’Equateur, dans le Nord-Ouest forestier traversé par le fleuve Congo. Le lendemain, le ministre de la santé, Eteni Longondo, a officiellement décrété la onzième épidémie d’Ebola connue en RDC depuis la découverte du virus en 1976 dans cette même province, et a appelé la population « à ne pas céder à la panique ».

« Tirant des leçons des épidémies passées, notre pays dispose des expériences en gestion des urgences sanitaires », a déclaré le ministre….qui a immédiatement sollicité l’appui de partenaires internationaux à commencer par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ! Des équipes de l’agence onusienne de la santé se trouvaient déjà sur place, selon son directeur général, l’inénarrable Tedros Adhanom Ghebreyesus (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2020/05/18/oms-il-faut-nettoyer-les-ecuries-daugias/). La province de l’Equateur, pour le moment épargnée par le Covid-19, avait été, entre mai et juillet 2018, le théâtre de la neuvième épidémie d’Ebola (54 cas et 33 morts) apparue dans des zones reculées et difficiles d’accès sans l’appui aérien des Nations unies, avant d’atteindre Mbandaka.

Certains craignaient alors que le virus se propage à Kinshasa, la capitale de la RDC, à plusieurs semaines de navigation sur le fleuve Congo. « La mobilisation du gouvernement et des partenaires de même que l’usage d’un vaccin avaient permis de rapidement couper la chaîne de transmission et de vaincre, pour un temps, le virus qui réapparaît aujourd’hui, explique le virologue John Nkengasong, directeur des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), établi à Addis-Abeba. Cette fois, nous disposons déjà de vaccins, de traitements et de personnel dans le pays. » Le ministre congolais de la santé a annoncé l’acheminement rapide de vaccins à Mbandaka.

Deux vaccins contre la fièvre hémorragique sont testés dans le pays. Il y a d’abord l’Ervebo produit par l’entreprise pharmaceutique Merck, qui a déjà été approuvé par les administrations européennes et américaine de la santé, et préqualifié par l’OMS. Puis, celui développé par un autre laboratoire américain, Johnson & Johnson, qui a été introduit en RDC à l’automne 2019.

A 2 000 kilomètres à l’est, plus de 300 000 Congolais ont été vaccinés depuis le début de la dixième épidémie, en août 2018, dans les villes et les villages lovés dans les collines des provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Près de 2 300 personnes y sont mortes du virus Ebola, ce qui en fait la deuxième épidémie la plus mortelle après celle survenue entre fin 2013 et 2016 en Afrique de l’Ouest (11 300 morts). La lutte contre le virus s’y poursuit dans un contexte sécuritaire particulièrement dégradé.

Des dizaines de groupes armés ont mené des centaines d’attaques, parfois meurtrières, contre le personnel médical et les infrastructures de « la Riposte », l’opération qui lutte contre la maladie. Celle-ci a été plusieurs fois suspendue, a dû faire face à une défiance d’une partie de la population de même qu’à une gestion douteuse de son budget. Oly Ilunga, le médiatique ministre de la santé d’alors (décembre 2016 – juillet 2019), a été condamné en mars à cinq ans de travaux forcés pour un détournement de fonds destinés à la lutte contre Ebola…

Si la violence continue dans cette région meurtrie de l’est de la RDC, le nombre de nouveaux cas de fièvre hémorragique a considérablement baissé. La proclamation de la fin officielle de cette dixième épidémie, qui a failli être annoncée en avril, pourrait survenir fin juin si aucun patient testé n’est signalé positif d’ici-là. Mais les épidémies s’enchaînent et se meuvent sur le territoire de ce pays immense, le plus grand d’Afrique subsaharienne.

« Les trois dernières se sont succédé sans intervalle de plus d’un mois », déplore l’actuel ministre de la santé. « Le virus est réapparu dans son écosystème d’origine, la forêt tropicale du bassin du Congo, ce qui n’est pas vraiment une surprise, note le docteur Ngoy Nsenga, chargé du programme d’urgence de l’OMS pour l’Afrique de l’Est et australe. Il est crucial de réagir très vite pour ne donner aucune chance à la propagation. C’est un nouveau front. »

L’OMS comme l’Africa-CDC, et d’autres organisations impliquées dans la lutte contre Ebola, déplacent une partie de leurs équipes du nord-est du pays vers la province de l’Equateur. Cette fois encore, la bataille contre Ebola se déroule dans une région longtemps délaissée par le pouvoir central de Kinshasa, mais relativement stable et dépourvue de groupes armés….pour le moment. Dans un contexte de crise sanitaire et économique mondiale, la RDC doit vaincre le virus et batailler sur plusieurs « fronts » de santé publique. 

Hélas, comme nous le redoutons depuis si longtemps, elle ne tardera pas à « exporter » ses maladies infectieuses via la Libye, la Tunisie ou le Maroc et, bien sûr, la Méditerranée.

Le 4 juin 2020.

Pour le CER, Hippocrate, Conseiller à la santé publique.

* Relire ceci : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/09/12/mise-au-point-sur-les-hordes-migrantes-dorigine-africaine/

2 Réponses to “Savez-vous pourquoi les Congolais sont si nombreux chez nous ?*”

  1. Hervé J. VOLTO juin 4, 2020 à 10:25 #

    On les a voulu, on les a
    https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2020/06/03/vous-les-avez-voulus-1-et-maintenant-vous-les-avez/#comments

    Hélas, comme nous le redoutons depuis si longtemps, l’immigration ne tardera pas à « exporter » ses maladies infectieuses via la Libye, la Tunisie ou le Maroc et, bien sûr, la Méditerranée. Et pas seulement les amladies : la violence aussi.

    Après les State, la perfide Albion. Les organisateurs transnationaux qui mettent en musique les manifestations #blacklivesmatter savent ce qu’ils font : ils tentent de déstabiliser nos démocraties, de préférence par la violence, en utilisant pour ce faire la juste indignation de chacun devant un meurtre odieux filmé par une passante.

    La synchronisation internationale est visible jusque dans les slogans, qui ne sont de part et d’autre de l’Atlantique que des traductions les uns des autres.

    La soeur Traore porte un tee-shirt sur lequel est écrit “sans justice, vous n’aurez jamais la paix”, pendant que les Américains scandent “no justice, no peace”. C’est un peu comme avec les tubes de Claude François : l’original sonne mieux.

    Bref, ce mouvement révolutionnaire (on a vu une “chanteuse” en France aujourd’hui appeler au soulèvement armé – rien que ça – mais comme elle est de gauche, ça n’intéressera pas la justice) “prend” dans les pays à forte immigration africaine, mais curieusement, aucun bruit en Serbie, en Hongrie ou en Pologne. Étonnant, non ?

    C’est à Londres que ça a un chouïa dégénéré. À tel point qu’un policier s’est pris il y a peu un poing noir sur le visage. Gageons que son arrière-arrière-grand-père, probablement trop occupé à cultiver son lopin de terre, ne s’était pas opposé avec force suffisante à l’esclavagisme britannique !

    Le rêve des fabricants d’indignation contrôlée, c’est le conflit racial. Mais nous savons tous que c’est bien heureusement impossible, puisque, comme chacun le sait, les races n’existent pas.

    Les Français se croient libres, intelligents et instruits. Si tel était le cas, notre système politique, économique, juridique, de santé auraient été bien conçus, et nos résultats seraient bons en tous domaines.

    Après le virus biologique, les virus intellectuels : connivence, vacuité, ignorance, défaitisme, et le pire de tous, la macronite, qui empèche les Franòais de penser clair et marcher droit…

  2. Paul-Emic juin 4, 2020 à 9:20 #

    il importe, pour le gouvernement et les instances européennes de ne surtout pas entraver l’immigration

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