Brexit : Boris Johnson continue de faire la pluie et le beau temps. C’est bien fait pour Bruxelles.

5 Fév

On allait voir ce qu’on allait voir et les Britanniques n’avaient qu’à bien se tenir. C’était la version officielle de Macron – Merkel – Von der Leyen – Barnier et quelques autres abrutis ! Patatras ! Aussitôt dit, aussitôt roulés dans la farine par Londres. A mourir de rire, comme vous allez le découvrir.

Et, à peine un mois après l’accord signé avec force démonstration de « puissance » les tensions qui se manifestent déjà entre Londres et Bruxeslles, reflètent déjà la dégradation des relations provoquée par le départ du royaume de Sa Gracieuse Majesté…

Les Britanniques ont tiré les premiers en refusant à l’ambassadeur de l’UE à Londres le statut diplomatique, sous prétexte qu’il ne représenterait pas un Etat, mais une « organisation internationale ». Pas d’Ambassadeur…pas de Lettres de Créance à Buckingham !

Mais, ce n’était qu’un avant-goût. En réponse à l’annonce par le laboratoire AstraZeneca d’une réduction d’un quart du nombre de doses promises à l’UE d’ici à mars, la Commission européenne a décidé, vendredi 29 janvier, d’en contrôler l’exportation.

Manque de bol ! Une telle mesure supposait de rétablir des contrôles à la frontière entre la République d’Irlande (membre de l’Union) et l’Irlande du Nord (composante du Royaume-Uni). Ce faisant, l’UE passait par pertes et profits le principe de la libre circulation entre les deux Irlandes, garant de la préservation de la paix fragile sur l’île, un principe au nom duquel les Vingt-Sept ont négocié pendant plus de quatre ans avec les Britanniques… Devant les protestations de Londres et de Dublin, Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, a rapidement fait machine arrière !

Et pareille légèreté interroge sur le fonctionnement, la cohérence et les responsabilités de l’exécutif européen. Sa bévue risque de laisser des traces. Car, pour rétablir la frontière interne à l’Irlande, la Commission a dû déclencher la procédure d’urgence prévue par l’accord sur le Brexit, qui permet à l’UE, comme à Londres, de suspendre les dispositions régissant les frontières irlandaises. On croit rêver.

Trois jours après le faux pas européen, les contrôles sanitaires prévus par l’accord entre l’Irlande du Nord et la Grande-Bretagne ont dû être ajournés, après des menaces de violences contre les douaniers. En agissant inconsidérément, la Commission européenne a réveillé les démons du conflit irlandais. Elle en a aussi coalisé contre elle les protagonistes : les unionistes d’un côté, qui dénoncent les contrôles avec la mère patrie anglaise ; les nationalistes irlandais de l’autre, parce que la suppression de la frontière intérieure, conquête de l’accord de paix de 1998, serait menacée. On ne rêve plus. L’Union européenne est un long, un trop long cauchemar.

L’exécutif européen a ainsi donné des verges pour se faire battre : sa bévue est pain bénit pour Boris Johnson. Elle fournit des arguments au Premier ministre, qui, avant la signature de l’accord sur le Brexit, a cherché à oublier son engagement sur les contrôles en mer d’Irlande.

Tentant de pousser son avantage, il demande aujourd’hui le prolongement d’avril 2021 à… 2023 de la « période de grâce », autorisant des contrôles allégés, et menace de déclencher à son tour la procédure d’urgence. Alors que les Vingt-Sept insistent sur le prix à payer pour le Brexit, M. Johnson utilise l’incident pour souligner au contraire l’avance de son pays en matière de vaccination. La bourde européenne conforte l’hostilité de ses électeurs à l’égard de l’UE et donc sa popularité.

Car, la confrontation sur les vaccins l’illustre : le Royaume-Uni se pose désormais en concurrent frontal de l’UE. C’est une conséquence logique du Brexit. L’une de celles que nous annoncions dès après le référendum du 23 juin 2016.

Bon vent et qui aime la France en fasse autant.

Le 5 février 2021.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Une Réponse vers “Brexit : Boris Johnson continue de faire la pluie et le beau temps. C’est bien fait pour Bruxelles.”

  1. Hervé J. VOLTO février 8, 2021 à 11:00 #

    En agissant inconsidérément, la Commission européenne a réveillé les démons du conflit irlandais. Elle en a aussi coalisé contre elle les protagonistes : les unionistes d’un côté, qui dénoncent les contrôles avec la mère patrie anglaise ; les nationalistes irlandais de l’autre, parce que la suppression de la frontière intérieure, conquête de l’accord de paix de 1998, serait menacée.

    La bourde européenne conforte l’hostilité de ses électeurs à l’égard de l’UE et donc sa popularité.

    A quand le Frexit ?

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