Un vaccin franco-autrichien contre le Covid-19 se passera des atermoiements de Bruxelles.

23 Avr

Enfin une bonne nouvelle, démontrant une fois encore que… quand on veut, on peut.

La biotech franco-autrichienne Valneva, qui développe un vaccin contre le Covid, dénommé « VLA2001 », avec le soutien du gouvernement britannique (mais sans aucune aide de la France), vient d’annoncer qu’elle ne donnerait plus la priorité aux discussions de fourniture centralisée en cours avec la Commission européenne. Lassée par la lourdeur bureaucratique de Bruxelles, cette société, qui ne compte que 600 personnes, ne pouvait y consacrer toute son énergie, au risque de manquer des opportunités avec d’autres pays plus déterminés. Outre la Grande-Bretagne, pour laquelle elle va produire 100 millions de doses, elle va désormais se focaliser sur des discussions bilatérales, pays par pays. Ce qui aurait dû se pratiquer depuis longtemps et dans les deux sens.

« Nous avons consacré beaucoup de temps et d’efforts à essayer de répondre aux exigences du processus d’achat centralisé de la Commission européenne [avec laquelle les négociations ont commencé au troisième trimestre 2020]. Malgré nos récents résultats cliniques, nous n’avons pas, à ce jour, fait de progrès significatifs, ni conclu d’accord, a déploré dans un communiqué Thomas Lingelbach, président de la société. Nous concentrons désormais nos efforts sur les Etats membres de l’Union européenne qui sont intéressés et sur les pays en dehors de l’Union européenne. » La France pourrait être l’un d’eux, si l’on en croit plusieurs tweets d’Emmanuel Macron plaidant enfin en faveur du vaccin Valneva. Mais Valneva se refuse à tout commentaire. Il est en effet actuellement tenu à un devoir de réserve, car il a déposé le 9 avril dernier auprès de la FCC, le document d’enregistrement F1 en vue de sa cotation au Nasdaq.

Rappelons que Valneva est la seule société en Europe à avoir opté pour un vaccin inactivé, une technologie classique (celle de nos habituels vaccins), parfois jugée désuète, mais parfaitement maîtrisée par Valneva. Il commercialise en effet aujourd’hui l’Ixiaro, un vaccin contre l’encéphalite japonaise, basé sur cette approche. VLA2001 est, lui, composé de particules inactivées du virus SARS-CoV-2 ayant une forte densité de protéine S, et de deux adjuvants : l’aluminium et le CpG, licencié auprès de Dynavax. Tous deux ont déjà été utilisés sans problème dans d’autres vaccins.

Les résultats de phase I/II annoncés le 6 avril dernier ont montré que le candidat vaccin de Valneva contre le Covid était parfaitement toléré. Grâce à l’adjonction d’antigènes, la protection obtenue est de 100 % chez les personnes ayant reçu la plus forte dose d’antigènes. Et les anticorps neutralisants sont au moins équivalents à ceux retrouvés dans le sérum des personnes convalescentes. Valneva est maintenant sur le point de démarrer son essai de phase III, avec comme objectif une demande d’autorisation de mise sur le marché au cours de l’automne 2021.

Avec VLA2001, Valneva ne cible pas seulement les formes symptomatiques de la maladie, mais aussi la transmission du virus. Il pourrait également être utilisé ultérieurement, au-delà de la pandémie pour la vaccination de routine, y compris contre les variants. « VLA2001 a un rôle important à jouer, y compris pour des vaccinations de rappel et pourrait être modifié pour s’attaquer aux variants », indique Thomas Lingelbach.

C’est, comme nous le disions, une très bonne nouvelle.

Le 23 avril 2021.

Pour le CER, Hippocrate, Conseiller à la santé publique.

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