Vaccination des soignants contre le Covid-19 : la lutte des classes.

19 Juin

Le ministre de la santé a lancé, jeudi 17 juin, un « appel solennel » aux soignats, en particulier dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), pour qu’ils se fassent vacciner. Le ministre de la santé a exhorté les personnels des hôpitaux à faire de même. Car, sachez-le, cela na va pas de soi et pour des raisons étonnantes qui en disent long sur l’état de la société et ses catégories sociales.

Selon un document de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), une part importante du personnel soignant n’a toujours pas été vaccinée. Et un fossé se creuse entre les médecins, parmi lesquels la couverture vaccinale est très avancée, et les infirmiers et aides-soignants, où elle stagne à un niveau beaucoup plus bas qu’attendu.

Le taux de première injection varie quasiment du simple au double : 91 % du personnel médical (21 730 médecins, internes et externes) de l’AP-HP ont reçu au moins une dose depuis le 1er janvier, selon ce tableau de bord arrêté au 11 juin, contre 54 % du personnel paramédical (58 297 infirmiers, aides-soignants, personnels de rééducation, médico-techniques ou socio-éducatifs…). Le même écart se retrouve en prenant en compte le taux de vaccination complète : 68 % contre 37 %.

A l’AP-HP, on dit avoir identifié très tôt des « cibles particulièrement difficiles à atteindre », et développé sans relâche la « communication sur les vaccins, sous l’axe de la transparence, et les discussions dans les services pour lever les réticences ». 

Mais le constat dépasse l’Ile-de-France : on observe le même hiatus entre personnels médicaux et paramédicaux, par exemple à l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille : 71 % versus 44 % pour la première dose. Au niveau national, 72,2 % des médecins ont reçu une première injection, contre 58,7 % des infirmiers et 50 % des aides-soignants, selon les évaluations communiquées jeudi 17 juin par l’agence Santé publique France, où l’on dit commencer à observer un « plafond » dans la progression de la vaccination chez les soignants.

Même dans des services en première ligne durant la crise épidémique, comme ceux de réanimation, « on rame un peu ces dernières semaines, ça plafonne »,confirme Jean-Michel Constantin, chef de service à la Pitié-Salpêtrière (Paris 13e). Chez lui, tous les médecins sont vaccinés, environ 70 % des infirmiers et 50 % des aides-soignants. « Vu le nombre de patients qu’on a vu mourir en seize mois, on pourrait espérer mieux,  » reconnaît-il. 

Même constat au CHU de Nice, touché de plein fouet par la troisième vague : « Le rythme s’est ralenti car ceux qui restent aujourd’hui, ce sont ceux qu’il faut convaincre », témoigne Sylvia Benzaken, vice-présidente de la commission médicale d’établissement, rappelant qu’il existe toujours une partie des personnels qui est « antivaccination en général ». La praticienne se dit favorable, à l’avenir, à une obligation pour les soignants des hôpitaux, « comme pour l’hépatite B ».

Pour Jean-Baptiste Fassier, chef du service de médecine du travail aux Hospices civils de Lyon, la question est « prématurée » : « Comme sur la vaccination en général, il y a un gradient social, souligne le médecin. Les plus hésitants ou qui refusent sont ceux qui ont le niveau d’études ou de qualification le moins élevé, à nous de trouver les bons mots et de continuer à faire de la pédagogie. »

Une notion à ne pas confondre avec les refus de cette vaccination dans certains milieux, dont hélas beaucoup des nôtres, qui dans une démarche conspirationniste échevelée, préfèrent attendre de bénéficier gracieusement d’une prochaine immunité collective obtenue grâce au civisme des autres… Ni très responsable ni très glorieux.*

Porte-parole du Syndicat national des professionnels infirmiers-CFE-CGC, Thierry Amouroux rappelle que « traditionnellement, les aides-soignants sont moins vaccinés que les infirmières, elles-mêmes moins vaccinées que les médecins ». Il avance néanmoins plusieurs éléments pouvant expliquer ce retard : 70 000 soignants des hôpitaux ont eu le Covid-19, selon les chiffres des autorités sanitaires, et ont dû ou doivent encore pour partie patienter avant de recevoir leur dose pour respecter les trois à six mois d’attente recommandés par le schéma vaccinal.

Sans compter que la vaccination n’est ouverte largement aux plus jeunes, qui sont très nombreux chez les paramédicaux, que depuis la fin du mois de mars, selon lui. « Nous sommes dans une phase de montée, espère l’infirmier. Il est indispensable que tous les soignants soient vaccinés, ils ont un devoir moral, déontologique pour protéger les patients, mais il faut que ce soit de leur plein gré. » Ou la quadrature du cercle…

Membre du Comité consultatif national d’éthique et chef du service de gynécologie-obstétrique à l’hôpital Antoine-Béclère de Clamart, Alexandra Benachi dit continuer à « se heurter à des refus malgré un gros travail de pédagogie ». Avec 48 % de vaccinés parmi les personnels paramédicaux, Antoine-Béclère fait pourtant partie des bons élèves de l’AP-HP. « Avec les aides-soignants, c’est catastrophique, déplore la professeure. Et on n’a pas vraiment d’explications. »

En réalité, cette défiance n’est pas nouvelle, explique Jocelyn Raude, enseignant-chercheur en psychologie sociale à l’Ecole des hautes études en santé publique et spécialiste des vaccins : « C’est un phénomène que l’on observe depuis dix ans avec la grippe. » Chez les médecins, la couverture vaccinale tourne autour de 50 % ; elle tombe à 20 %-25 % chez les infirmiers et à 10 %-15 % pour les aides-soignants, rappelle-t-il.

« Une spécificité françaiserelève Jocelyn Raude. On n’observe pas du tout le même schéma en Allemagne, au Royaume-Uni ou au Canada, où toutes les catégories sont extrêmement vaccinées. » Avec le Covid-19, note le chercheur, « on aurait pu penser que le fait d’être confronté à la maladie et à la mort aurait convaincu les soignants de se faire vacciner mais ça n’a pas bien fonctionné chez les paramédicaux ». Sans doute pour plusieurs raisons : une formation professionnelle défaillante, un scepticisme endogène lié aux origines sociales et à l’engagement syndical, etc.

D’ailleurs, pour Jocelyn Raude, cette « réticence » s’explique davantage par des ressorts socioculturels que professionnels. Le paramédical est un univers très féminin. « On ne s’explique pas pourquoi mais on constate que les femmes sont beaucoup plus sensibles aux questions sur les risques technologiques, comme les OGM ou les ondes électromagnétiques. » A fortiori les vaccins à ARN-messager… dont le message ne passe pas !

Il relève aussi chez les infirmiers ou les aides-soignants l’influence des pratiques médicales alternatives comme l’homéopathie ou la naturopathie, où circule un discours de remise en cause de la vaccination. Pour le psychologue, c’est enfin le résultat des « maux de l’hôpital français » dans lesquels perdure la très obsolète « lutte des classes« avec des soignants qui continuent de souffrir d’un « manque de reconnaissance symbolique » et du « rapport avec la hiérarchie », incarnée par les médecins.

Décidément, notre société est bien malade. Elle aurait besoin que le Roi revienne « toucher les écrouelles« …

Le 19 juin 2021.

Pour le CER, Hippocrate, Conseiller à la santé publique.

(*) https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/video-sur-le-terrain-de-la-desinformation_4665913.html

5 Réponses vers “Vaccination des soignants contre le Covid-19 : la lutte des classes.”

  1. MA Guillermont juin 19, 2021 à 9:50 #

    Garder l’option de son système immunitaire est bien plus sensé que de d’ajouter une protéine S Pike (Albert Pike le sataniste de son vrai nom Leo Taxil ) pour en changer le rôle-clé …
    Aller ………………. SE FAIRE PIQUER……………………………. accorde :

    – le bénéfice  » sanitarisé  » de pouvoir voyager …
    ET
    – le risque prouvé d’endommager le système vasculaire …

    Lisez David KNIGHT , journaliste d’investigation , allez voir ce qu’en dit l’étude du prestigieux Institut Salk , examinez le rapport de l’hôpital universitaire de Zurich , écoutez le Dr Vernon Coleman , et autres experts scientifiques et chercheurs indépendants .

    La date de prise d’effet du bénéfice-risque est assurée par :

    ……………………………………. @ExcaliburTraduction
    https://wp.me/pbYbqw-km6
    https://wp.me/pbYbqw-kkH

    • conseilesperanceduroi juin 19, 2021 à 12:22 #

      Il n’y a rien à modifier. Ni au texte de l’article ni au commentaire qu’il a suscité…

  2. Jean DEWEER juin 19, 2021 à 5:56 #

    Science sans conscience n’est que ruine de l’âme…Dieu sait que les médecins ont leur conscience achetée par les laboratoires! 72,2% de médecins ayant reçu leur première injection au niveau national, ce qui veut dire que 27,8% se tiendraient encore à l’écart, ce qui n’est pas mal, pourquoi? Lutte des classes? Il ne faut pas tout mélanger. Et si le Roi se défiant des médecins de Molière pour avoir quasiment payer de sa vie (pas de descendance) à cause des erreurs de diagnostic, les imprudences à son encontre, ne se faisait pas vacciner? Et s’il avait le souci de ne pas voir tout le peuple de France transformé en OGM stériles? Est-il encore temps que la France ne devienne pas si infime qu’elle ne compte plus à cause des décisions complices de son père infélice?

    Centurie III-14
    Par le rameau du vaillant personnage,
    De France infime par le pere infelice:
    Honneurs, richesses: travail en son vieil aage,
    Pour avoir creu le conseil d’homme nice.

    • Jean DEWEER juin 20, 2021 à 4:59 #

      L’avenir sera t-il ce que l’on attend? A propos de « France infime » n’est-il pas bon de souligner ce que dit aussi Marie-Julie Jahenny dans « Cris du ciel sur le temps qui vient », chapitre « Le lys et l’archange » où le lys serait trempé dans le sang jusqu’à la troisième boucle en présence de l’archange Gabriel après qu’une cruelle maladie ait sévi? Une note à la fin précise qu’il n’y aura plus de traité qui tienne. Le plan de ceux qui préparent un dépeuplement massif aurait réussi, la Terre serait devenue un désert. C’est à ce moment seulement que le soleil (royal) se « débrie » de derrière les nuages…après avoir longtemps été occulté.

  3. Jean DEWEER juin 20, 2021 à 9:15 #

    La France de demain se fera dans nombre de royalistes véreux!

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