UN ORDRE DE CHEVALERIE MECONNU : L’ORDRE DES CHEVALIERS DE LA FOI

3 Juil

L’Ordre des Chevaliers de la Foi est un Ordre de Chevalerie Catholique secret insituté sous forme de société secrète -comme une anti-maçonnerie- fondée en 1810 pour défendre le Catholicisme et la Monarchie Légitime. Durant la période du Premier Empire, l’Ordre avait pour objectif le rétablissement de la Monarchie Captienne, Catholique et Royale, puis, durant la Restauration, les Chevaliers de la Foi se sont organisés dans la tendance parlementaire des Ultraroyalistes, avant de se disperser d’eux-mêmes entre 1826 et 1830.


Tout commence avec le Comte Ferdinand de Berthier de Sauvigny (1782-1864), un homme politique Français, né à Paris le 13 mai 1782 et mort à Versailles le 13 mai 1864. Ferdinand Berthier de Souvigny est le fils de l’Intendant qui fut nassacré par la foule le 14 Juillet 1789 lors de la prise de la Bastille.Ferdinand de Bertier de Sauvigny émigre en 1791 et sert dans l’Armée de Condé. Il est reçut en 1807 à La Congrégation, dite Congrégation de la Sainte-Vierge, une congrégation Mariale et une association religieuse pour laïcs Catholiques fondée à Rome en 1560 par un professeur Jésuite du Collège Romain, Jean-Louis Leuniss, qui la plaça sous le patronage de « Marie secours des Chrétiens ».


Durant la période du I° Empire, l’Ordre des Chevliers de la Foi a pour objectif le rétablissement de la Monarchie Capétienne, Catholique et Royale. Il se fonde sur l’affirmation du principe Royal, qui est que le Roi est la seule autorité Légitime émanant de Dieu. Le Chapitre l’Ordre comprend Matthieu. Duc de Montmorency (Grand-Maître), frère du cardibnal de Montmorency et qui célèbera les noces du Duc et de la Duchesse d’Angoulême, Adrien Comte de Rougé, Jean-Baptiste Comte de Villèle (qui exercera entre autres les fonctions de Premier Ministre entre 1821 et 1828, et dont l’arrière-petit-fils direct est membre aujourd’hui du parti ALLIANCE ROYALE fondé en 2002), Hyacinthe de Barreau, et encore Louis de Noailles (aide de camps du Maréchal Benadotte et… agent Royaliste de haut vol au service de Louis XVIII alors en exil en Angleterre !). 
L’Empire n’est institué, contre l’a montré Bainville dans son remarquable 18 Brumaire, que pour empécher le retour de la Monarchie de Droit Divin.


Mais les Chevaliers de la Foi animent la résistance Catholique et Royale contre l’Empire autour du serment suivant :
C’est ce grand principe de Légitimité Catholique et Royale que nous devons surtout proclamer dans nos discourts, affermir par nos travaux et défendre par nos épées, s’il était ouvertement attaqué. Les deux premiers soins sont le partage particulier des Députés que nous choisirons, et nous nous réservons, à nous qui leur donnons ce mandat spécial, l’emploi du troisième, dans le cas où le succès ne répondrait pas à leurs efforts ! 


Durant la période de l’Empire, Ferdinand cherchait avec son frère Bénigne-Louis à unifier et regrouper toutes les forces de résistance Royalistes. Ils étaient fascinés par la franc-maçonnerie qu’ils pensaient être le principal outil de la Révolution Française. Les deux frères souhaitaient transposer le système maçonnique au service de l’Église et du Roi, ils ont donc « infiltré » des loges pour en étudier le fonctionnement. Une fois Bénigne-Louis arrêté en 1807 par la police Impériale, Ferdinand devra réaliser son projet seul. Il fondera l’Ordre en 1810, institution clndestine qui repose sur des valeurs Chevaleresques du Moyen Âge et sur une discipline militaire. On peut remarquer par ailleurs que les fondateurs de cette société secrète qui associe Trône et Autel font partie d’une génération assez jeune ayant vaguement connu l’Ancien Régime, contrairement à la période de leur formation qui a été la Révolution Française et sa déchristianisation. Finalement c’est cette génération Royaliste non émigrée qui fera monter les effectifs des Chevaliers.


Initialement Ferdinand de Berthier de Sauvigny  a longtemps hésité avant de créer sa société secrète, au départ il aurait voulu fonder un Ordre laïc de Chevaliers tel que celui de l’Ordre de Saint-Jean ed Jérusalem, c’est pourquoi on retrouve une dénomination des grades très proche de l’antique Chevalerie.
La hiérarchie secrète de l’Ordre laisse ignorer aux grades inférieurs l’existence de degrés supérieurs ainsi que le visage des dirigeants. Chaque dénomination des degrés est influencée par l’idéal Chrétien et Monarchique qui soumet tous les membres à l’Autel et au Trône.


Les Chevaliers de la Foi ont pour modèle organisationnel la franc-maçonnerie. Ils utilisent eux aussi des mots d’ordres et des signes de reconnaissance. Le premier grade est celui des « Associés de Charité » qui contribuent seulement en priant et en cotisant. Les « Associés » pensaient être dans une association pieuse de Catholiques nostalgiques de l’Ancien Régime. Les « Ecuyers » étaient mis au courant du rétablissement de la chevalerie, mais seuls les « Chevaliers » étaient initiés durant une cérémonie. Ensuite « les Chevaliers Hospitaliers » s’occupaient spécialement des soins des prisonniers et des hôpitaux. Le dernier grade, le statut suprême était celui de « Chevaliers de la foi ». Eux seuls connaissent l’étendue de la société et ses objectifs politiques et religieux. Après la Restauration, l’Ordre a gardé ses grades secrets mais a tourné son activité vers le Parlement.

Les simples Chevaliers ont tous un anneau béni, à l’intérieur duquel était gravé le mot “ Caritas ”, les chevaliers hospitaliers avaient un chapelet avec une croix d’ébène et les Chevaliers de la Foi en avaient un avec une croix d’argent. Ils pratiquaient donc aussi les cérémonies initiatiques. À genoux devant un crucifix, entourés de luminaires, les Chevaliers jurent sur les évangiles le secret, l’obéissance, et la fidélité à Dieu, à l’honneur, au Roi, et à la Patrie. Ils recevaient finalement un coup d’épée sur l’épaule et une accolade des autres chevaliers, pour enfin être de vrais chevaliers

Les « Chevaliers de la Foi » gouvernent la société grâce à un grand conseil supérieur, composé de 9 membres, dont certains sont titrés du grade de Grand Maître. C’est surtout autour du conseil supérieur que va avoir lieu l’activité parlementaire, car après la Restauration, lui seul avait un poids politique sur Louis XVIII et Charles X. Ces derniers donnent des instructions aux « Sénéchaux », qui dirigent les divisions militaires, et qui vont beaucoup servir durant la Seconde Restauration. Les « Bannières », sont les cellules de base qui correspondent à des zones d’influences départementale.


Les Chevaliers de la Foi trouveront un terrain favorable dans les anciennes provinces de Franche-comté, de Flandre, d’Artois, d’Auvergne, en Aquitaine, en Provence, en Vendée et en Bretagne et bien sur dans les grandes villes comme Paris, Bordeaux, Toulouse …


Les fondateurs de l’Ordre des Chevaliers de la Foi sont tous passés par la Congrégation. Étant donné l’hésitation de départ sur l’utilité d’une telle organisation, le rapport entre religion et politique est très proche. Les Chevaliers ne se montrant pas clairement comme tels par respect du secret qu’ils portaient, n’étaient pas vus comme un groupe influençant le pouvoir. À l’époque on pensait plutôt que c’était la Congrégation qui jouait ce rôle. Mais cela peut s’expliquer par le fait que la plupart des dirigeants des Chevaliers étaient membres de la Congrégation. 
Sous l’Empire, le principal objectif des Chevaliers était de garder contact avec les Royalistes et transmettre les nouvelles d’un hypothétique retour Bourbon. Les ordres et les nouvelles se véhiculaient oralement, aucune trace ne devait rester, au risque de se faire prendre par la police impériale.
Le système et le réseau d’informations Royalistes étaient tellement bien rodés que même le courrier officiel n’arrivait pas aussi vite en province.


Le recrutement restait quasiment dans la sphère aristocratique, mise à part à Paris et à Toulouse où on peut voir des traces d’éléments populaires dans les bannières. Ferdinand de Bertier croyait que seul un mouvement Royaliste national indépendant des alliés et sous l’Empire pouvait rétablir correctement le trône de France.
Le rôle des Chevaliers était de créer un esprit favorable aux Bourbons. Grâce à la propagande et au travail de sape, ils ont réussi à rappeler l’existence des Princes Légitimes, à réchauffer les souvenirs de l’Ancien Régime, et à exciter leur milieu Catholique contre l’Empereur. Pour beaucoup de ces Catholiques le sceau et l’emblème de la contre-révolution est la dévotion au Sacré-Coeur qu’ils arborent dès les guerres de Vendée sur le Drapeau national avec la devise « Espoir et salut de la France » : le Général de Sonis en fera son drapeau.
Au printemps 1812, Louis XVIII apprend l’existence des Chevaliers de la Foi, grâce à Alexis de Noailles qui vient d’arriver en Angleterre. Ferdinand de Bertier a été à Bordeaux en 1813 pour fédérer trois organisations Monarchistes (l’ex-Institut Philnathropique, la Garde Royale de Saint Germain et la Bannière de Bordeaux) sous la direction d’un comité mixte.


Début octobre 1813, Louis XVIII écrit aux Chevaliers : 
Le temps de se montrer plus efficacement est arrivé.
Le 9 octobre, le Conseil Supérieur se réunit chez Mathieu de Montmorency et travaille une stratégie de restauration, il pense d’abord à un débarquement allié en Bretagne et une insurrection Royaliste à l’intérieur, mais le plan de l’opération n’est jamais parvenu entre les mains de Louis XVIII, le porteur s’étant fait arrêter en train d’embarquer pour l’Angleterre.


En fin d’année 1813, Ferdinand de Bertier prend la direction des bannières de Garonne comme lui avait demandé le Conseil supérieur. Depuis le château de sa sœur Mme de Solages, il impulse une vive propagande dans les départements du Tarn et de la Haute-Garonne, pour finalement préparer une insurrection à Rodez.
Une fois Bonaparte déchu par le Sénat le 3 avril et exilé à l’île d’Elbe, les Royalistes se regroupent autour des Chevaliers et forment le parti Ultra. C’est dans ces conditions qu’est élue les 14 et 22 aout 1815 la Chambre Introuvable dominée par les Ultras. Ils fondent dès 1815, lors de la première session parlementaire, une bannière qui dirigeait la tendance politique, alors que, rappelons-le, au départ les Chevaliers avaient été fondés surtout dans un but religieux pour d’une part contrecarrer le pouvoir des maçons et d’autre part pour pallier la faiblesse du clergé après la Révolution.


Les Ultraroyalistes défendent le caractère Sacré de la Royauté —Louis XVI faisant l’objet d’une vénération semblable à celle d’un Saint— et défendent un système Monarchique qui s’appuie sur le Clergé et la Noblesse.
Les Chevaliers de la Foi étaient l’un des seuls groupes politiques au début du XIX° siècle constitué et organisé. Par ce fait on pourrait presque parler de « parti politique » surtout pendant la seconde Restauration avec un groupe parlementaire quasiment à ses ordres mais son fonctionnement secret et sa hiérarchie mystique l’éloignent de la notion de « parti ».


Des comités secrets réfléchissaient à des stratégies politiques pendant que le parti se réunissait chez le député Piet pour donner les mots d’ordres aux non-Chevaliers. Villèle était un des leaders de la tendance parlementaire Ultra et membre du conseil supérieur des Chevaliers de la Foi. Il a donc souvent pu utiliser la société secrète pour influencer le groupe parlementaire. Le reste de l’Ordre des Chevaliers de la Foi en France s’est auto-dissout en 1826, sous Charles X, du moins il n’a plus jamais eu d’apparition ou de refondation publique depuis ce jour. Ses Membres sont-ils retournés au sein de la Congrégation ?

Hervé J. VOLTO, CJA 

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