La consommation des Français serait en berne.

9 Juil

Comme vous le savez, la consommation des ménage est devenu l’alpha et l’oméga de l’économie et la raison d’être de tous les plans du gouvernement depuis la dramatique désindustrialisation de notre pays. La crise sanitaire qui dure depuis un an et demi n’a évidemment pas amélioré les choses ce qui a poussé nos responsables politiques à prendre de plus en plus de risques, au point de commencer à redouter une quatrième vague épidémique dès cet été, dans l’espoir de relancer au moins le commerce.

Hélas, les Français ne sont plus au rendez-vous et les soldes d’été (vous aurez d’ailleurs remarqué que notre pays ne vit plus qu’à l’heure des soldes) n’ont en rien amélioré la situation, pour le plus grand désespoir des commerçants. Bref, le moteur a des ratés…

Certes, ils ont retrouvé le chemin du grand écran. La Fête du cinéma, qui s’est déroulée du 30 juin au 4 juillet, a attiré 3,5 millions de personnes dans les salles obscures. « Une fréquentation d’un bon niveau » qui prouve combien le septième art est « le premier loisir culturel des Français, le plus populaire et le plus fédérateur sur l’ensemble du territoire », estime la Fédération nationale des cinémas français. Depuis le 19 mai, date de la réouverture des restaurants, les Français goûtent à nouveau, aussi, au plaisir de se faire servir à table.

Ils préparent aussi activement leurs congés d’été. Les campings feront le plein. Au sein des villages VVF, le chiffre d’affaires de juillet et d’août promet d’être meilleur que celui de l’été dernier. La plupart des particuliers promettent de délier les cordons de leur bourse : ils ne sont plus que 33 % à envisager de réduire leur budget voyage ou leur durée de séjour, soit une baisse significative par rapport à 2020, selon l’agence de promotion touristique Atout France.

On a même cru que le shopping aurait aussi leurs faveurs, dès la réouverture des centres commerciaux et des magasins non alimentaires. Après trois mois de fermeture imposée – pour certains commerçants – pour lutter contre la propagation du Covid-19, « il y a eu un bon redémarrage », reconnaît Yohann Petiot, directeur général de l’Alliance du commerce, fédération de distributeurs dans le secteur de l’équipement de la personne.

Et le ministère des finances de se féliciter de ces performances.

Mais, paradoxalement, les soldes d’été ne reflètent pas cette humeur dépensière. Dans le secteur de l’habillement, le bilan des quatre premiers jours de soldes – période de quatre semaines ouverte au 30 juin – n’est pas enthousiasmant : l’affluence dans les magasins était en baisse de 17,5 %, selon l’observatoire de la fréquentation des commerces Stackr-Procos. Et les jours suivants ont été à l’avenant. L’Alliance du commerce, fédération de commerçants, déplore une fréquentation en recul de 26,5 % sur la première semaine des soldes d’été en 2021 par rapport à 2019. Les ventes ont dévissé de 11,6 % sur la période, selon Retail, panéliste partenaire de l’Alliance du commerce. « On est en pleine accalmie », juge M. Nakam. Chez Yves Rocher, les soldes, « c’est correct, sans plus », juge aussi M. Rubin.

Le secteur automobile est également très déçu du bilan du mois de juin. Avec moins de 200 000 immatriculations de voitures neuves, la fièvre acheteuse qui avait marqué l’été 2020 est retombée. Le marché est en recul de 15 % par rapport à juin 2020 (mois de déconfinement porté par un plan de soutien à la filière automobile) et affiche – 14 % par rapport à juin 2019. Les ventes sont d’ores et déjà en recul de 21 % au premier semestre, par rapport à 2019.

Qu’en sera-t-il alors du scénario « années folles » qu’évoquait Jean-Paul Agon, PDG de L’Oréal, lors de la présentation de ses résultats annuels, en février 2021 ? La France pourrait-elle renouer avec une croissance débridée analogue à celle qui a suivi la première guerre mondiale ? Il faut « attendre », répond le directeur général d’Yves Rocher en France. Tous les commerçants se donnent rendez-vous en septembre pour se prononcer sur l’état de santé de la consommation tricolore. Le risque d’une quatrième vague épidémique les invite à la « prudence », au « réalisme sans pessimisme », selon M. Rubin. 

Cette « envie d’y croire » est touchante mais, en même temps, elle est consternante. Car tant que la vigueur de notre pays, sa force ou sa puissance se résumeront au nombre de citoyens qui passent en caisse pour acheter et consommer des biens dont ils n’ont, la plupart du temps, pas le réel besoin nous courrons (comme le pointait hier Edgar Morin, pourtant peu attaché à nos idées, à l’occasion de son centième anniversaire)… à l’abîme et finirons par sortir de l’Histoire.

Le 9 juillet 2021.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Une Réponse vers “La consommation des Français serait en berne.”

  1. Hervé J. VOLTO juillet 9, 2021 à 11:40 #

    La raison est simple : dit dans la langue de là-bas, qui pourrait devenir demain la langue d’ici si on ne fait rien, on dit FLOUSS MAKASH (pornoncer « makèche » ).

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