Vaccination contre le Covid-19 : l’Espagne et le Portugal donnent l’exemple.

11 Juil

Au mois d’avril, sur les réseaux sociaux espagnols, des milliers de messages, postés par des internautes euphoriques, annonçaient la vaccination de leurs chers parents à grand renfort de smileys. Dans un pays durement frappé par la pandémie et où les liens familiaux sont très forts, la campagne qui s’ouvrait alors aux plus de 70 ans, suscitait une vague de joie, de soulagement et d’espoir. Trois mois plus tard, les chiffres confirment cet engouement sans réserve : 100 % des plus de 80 ans sont vaccinés, 98,6 % des plus de 70 ans ont reçu au moins une dose et 94,6 % des plus de 60 ans. Et mieux encore à l’attention des « vaccinosceptiques« … ILS N’EN SONT PAS MORTS !

« Quand on appelait les personnes les plus âgées pour leur donner une date de rendez-vous, ils étaient émus, extrêmement reconnaissants : pour eux, c’était comme un cadeau qu’on leur faisait », se souvient Cristina Navarro, employée administrative à l’Hôpital 12-de-Octubre de Madrid et volontaire pour la campagne de vaccination.

Marisa Munoz, retraitée madrilène de 73 ans, confirme : « Nous avions tellement peur du virus et ne pas pouvoir embrasser nos petits-enfants a été si dur que mon mari et moi nous attendions le vaccin avec impatience. » A la mi-avril, un SMS l’a prévenue qu’elle pouvait se présenter à l’hôpital Gregorio-Maranon, à dix minutes à pied de chez elle, pour se faire vacciner. La date et l’heure étaient indiquées. Elle n’a pas hésité une seconde. « Tout le monde, parmi nos amis et notre groupe de marche, s’est fait vacciner, et je ne connais personne qui ait eu des doutes », ajoute-elle. Et pour cause : l’Espagne n’a pas connu de véritable opposition contre les vaccins.

Le mouvement antivax y est essentiellement représenté par le chanteur et acteur Miguel Bosé, qui a qualifié la pandémie « d’invention des gouvernements », et par une association, Médecins pour la véritéà laquelle les médias se sont gardés de servir de haut-parleur. Même les cinq décès dus à des thromboses associées à l’injection du vaccin AstraZeneca n’ont pas ébréché la foi espagnole en la vaccination. « Il faut avoir confiance en la science, résume Laura Rubio, 69 ans, auxiliaire d’infirmerie à la retraite, qui a reçu les deux doses du vaccin du laboratoire anglo-suédois. Même s’il y a des risques d’effets secondaires, la vaccination est toujours positive si nous voulons reprendre une vie normale. » Selon le Centre de recherche sociologique, seuls 6 % des Espagnols sont opposés au fait d’être vaccinés.

Fausto Modino, 81 ans, était l’un d’entre eux. « Je suis convaincu que ce virus a été créé pour exterminer les gens et que le vaccin n’a pas été suffisamment testé », affirme-t-il encore ce 7 juillet. Pourtant, quand il a reçu un SMS pour se rendre à l’« hôpital des pandémies » Isabel-Zendal, à Madrid, lui non plus n’a pas hésité. « Si j’avais dû en faire la demande moi-même, je ne me serais jamais fait vacciner. Mais puisqu’on m’a donné un rendez-vous, je me suis décidé, contre mes propres convictions. Ça me permettra de me déplacer plus facilement, pour aller voir ma fille qui vit en France, sans avoir à faire un test PCR à chaque fois… » Un test qui, en Espagne, coûte en moyenne près de 100 euros.

La stratégie espagnole de vaccination repose sur un principe simple : aller chercher les gens, un par un, méthodiquement, grâce aux registres de la Sécurité sociale. Le Portugal a adopté une stratégie semblable et a obtenu des résultats similaires avec 99,2 % des plus de 80 ans vaccinés et 100 % des plus de 70 ans.

Après la vaccination, en janvier et février, des résidents et du personnel d’Ehpad, ainsi que des soignants et des populations à risque, le tour est venu des plus de 90 ans, en mars, puis des plus de 80 ans. Et ainsi de suite. Contactés dans l’ordre de leur année de naissance par leur « centre de santé » – sorte de dispensaire où sont regroupés les médecins, infirmiers et pédiatres de la santé publique espagnole –, il leur était donné un rendez-vous pour la vaccination. Libre à eux de le refuser : la convocation, elle, était automatique.

Parallèlement, les départements de santé des régions ont développé l’envoi systématique de rendez-vous vaccinal par SMS, à valider en cliquant sur un lien, faisant apparaître un code QR à présenter le jour J. Enfin, au début du mois de juin, des systèmes « d’auto-rendez-vous » ont été développés, permettant de réserver sur Internet des créneaux de vaccination. Contrairement à la France, qui a ouvert la vaccination à tous le 31 mai, l’Espagne avance progressivement, par tranche d’âge. L’immunisation des plus de 30 ans vient ainsi à peine de commencer à Madrid, tout comme celle des plus de 20 ans en Catalogne. Et loin de faiblir, le rythme de vaccination accélère encore.

« Nous avons battu un nouveau record et atteint un pourcentage de population ayant au moins une dose supérieur à celui des Etats-Unis, qui fut l’un des premiers à commencer la vaccination », a souligné le 3 juillet le président du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez. La veille, l’Espagne avait administré 765 000 doses de vaccin contre le Covid-19 en une seule journée. Alors que le pays connaît une très forte progression des nouvelles contaminations, sa couverture vaccinale lui donne l’espoir de pouvoir limiter drastiquement la pression sur le système de santé.

Souhaitons que les résultats soient à la hauteur des espérances.

11 juillet 2021.

Pour le CER, Hippocrate, Conseiller à la santé publique.

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