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BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (24 mars 2017)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

24 Mar

I. Les candidats à la présidentielles face aux maires de France

Comme les dix autres prétendants à l’Elysée ou leurs représentants, le candidat d’En marche ! a joué sa partition au studio 104 de la Maison de la radio, à Paris, à l’invitation de l’Association des maires de France (AMF) devant quelque 800 édiles, mercredi 22 mars. Mais l’ancien ministre de l’économie s’est attiré des huées sur deux mesures phares de son programme.

Il a d’abord rappelé qu’il demanderait aux collectivités de s’engager  » dans une trajectoire de baisse des dépenses de fonctionnement de dix milliards d’euros sur cinq ans « .

Etant donné que les concours de l’Etat aux collectivités ont été diminués d’environ dix milliards d’euros depuis 2014, M. Macron s’est engagé  » à ne plus baisser les dotations (…) de façon unilatérale « . En revanche, il a exhorté les maires à  » prendre leurs responsabilités  » pour diminuer eux-mêmes le train de vie de leur commune.  » Il va falloir qu’il éclaircisse vite ce qu’il veut faire « , prévenait François Pupponi, maire (PS) de Sarcelles (Val-d’Oise), perplexe sur la façon dont M. Macron compte convaincre les élus de se serrer la ceinture.

Des sifflets ont aussi fusé lorsque M. Macron a rappelé son projet  » de supprimer la taxe d’habitation pour 80 % des ménages « , une taxe  » injuste socialement qui pèse d’abord sur les classes moyennes « , a-t-il plaidé. «  L’Etat compensera – aux municipalités – à l’euro près ces dégrèvements à hauteur de 10 milliards « , a-t-il précisé. Mais comme Bercy rembourse traditionnellement mal les pertes de recettes fiscales des collectivités, les édiles craignent un marché de dupes.

M. Macron a toutefois indiqué que  » les maires conserveront leur liberté d’augmenter les taux « . Dans ce cas, «  les éventuelles augmentations ne seront pas prises en charge par l’Etat mais par les contribuables « , a-t-il prévenu. L’inquiétude d’une grande partie de l’auditoire mercredi n’en restait pas moins palpable.  » Macron est brillant. Mais j’ai eu l’impression qu’il tire ses idées du cocon de l’ENA « , confiait à l’issue de son audition Marie-Agnès Sibertin-Blanc, maire (LR) du village de Popian (Hérault), proche de François Fillon.
A la tribune, l’ex-premier ministre n’a d’ailleurs pas manqué de cibler la proposition de suppression de la taxe d’habitation de M. Macron.  » Qui peut croire aujourd’hui que l’Etat, dans la situation financière qui est la sienne, sera en mesure de compenser intégralement et sur une période longue 10 milliards de recettes perdues par les collectivités ? « , a lancé le candidat LR.

Quant à Benoît Hamon, il a promis  » qu’il n’y aurait pas de baisse des dotations sous le quinquennat « .  » Réduire le budget des communes n’aura qu’une conséquence : creuser les inégalités, accroître les ségrégations et approfondir le désenchantement démocratique « , a soutenu le candidat du PS.

En désaccord sur les questions financières, M. Hamon a, en revanche, convergé avec M. Macron et M. Fillon sur la nécessité de mettre en place des  » relations partenariales  » entre l’Etat et les collectivités. Il souhaite instaurer  » l’obligation de consulter les élus locaux pour tout avant-projet de loi qui les concernerait « . Mais c’est bien là la moindre des choses ! Le député (PS) des Yvelines a également défendu le vote d’une loi qui garantirait à tout citoyen de pouvoir accéder à un bouquet de services publics (écoles, crèche, gare, poste…) à moins de trente minutes de chez lui.

Au nom de Jean-Luc Mélenchon, candidat de La France insoumise, François Cocq, adjoint (Front de gauche) à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne), a promis le maintien des dotations de l’Etat à leur niveau actuel. Même engagement de David Rachline, maire (FN) de Fréjus (Var) au nom de Marine Le Pen.

Pour eux comme pour les «  petits  » candidats – Jacques Cheminade, Nathalie Arthaud, Philippe Poutou, Jean Lassalle, François Asselineau –, leur passage devant l’AMF aura été avant tout l’occasion d’un vibrant plaidoyer en faveur de la commune,  » cellule de base de la République « , a rappelé Nicolas Dupont-Aignan, candidat (Debout la France).

Seul François Asselineau a rappelé que les pouvoirs publics ont pour projet la suppression de 15 à 20 000 communes au cours des prochaines années. Cela ne vous préoccupe pas ?

II. Adeline Hazan se moque de nous

Surpopulation carcérale, radicalisation en prison, recul des libertés… La Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, Adeline Hazan, a présenté ce mercredi le rapport annuel de son institution. Une imposture. A croire qu’elle est en compétition avec le Défenseur des droits, Jacques Toubon !

Elle commence par prétendre ni plus ni moins à un  « recul important des droits fondamentaux » en France en 2016 :  » Du fait du contexte sécuritaire, des lois très restrictives ont été votées en 2016. Elles cassent l’équilibre entre mesures de sécurité et droits fondamentaux. A une période où les temps sont troublés, cet équilibre doit être maintenu car sinon nous ne sommes plus dans un état de droit. » Et le danger islamiste, c’est un état de droit ?

Puis elle s’attarde sur l’une de ses idées fixes : la surpopulation carcérale qu’elle qualifie de  » mal français  » (Lire « Et nos prisons sont toujours plus remplies » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/03/15/bulletin-climatique-quotidien-15-mars-2017-de-la-republique-francaise/) :  » Au 1er février 2017, il y avait 69 077 détenus pour 58 681 places et 1 638 matelas au sol. Chez nos voisins européens, elle a baissé de 5 % entre 2015 et 2016. Depuis 25 ans, environ 30 000 places de prison ont été créées, doublant ainsi leur nombre. Pourtant, jamais la surpopulation carcérale n’a été aussi importante. Cela montre bien que la construction de nouvelles places ne suffira pas à elle seule à régler le problème. »

Nous avons déjà répondu par avance à cet argument dans un de nos récents articles sur le sujet :

 » La France a une autre particularité, bien plus conséquente que partout ailleurs. La très grande majorité des délinquants et des criminels appartiennent à des groupes ethno-culturels venus d’ailleurs (et parfois de très loin) avec des traditions de violence particulièrement prégnantes. Au point que, malgré un laxisme endémique du monde judiciaire, il est difficile de renoncer à l’incarcération de ces populations inassimilables. »

Or que nous dit Mme Hazan ?

 » La première conséquence (de la surpopulation carcérale), ce sont les conditions de détentions qui sont absolument indignes. A Nice, les femmes sont cinq dans une cellule de 11m². Dans les maisons d’arrêt en Ile de France, les détenus se retrouvent souvent à quatre dans des cellules de 9 m² ! La seconde conséquence, c’est que toutes les mesures en prison sont calculées en fonction de l’effectif théorique et non pas de l’effectif réel. Cela rend l’accès aux soins, à l’enseignement, aux parloirs familiaux beaucoup plus compliqué. La prison ne peut donc plus avoir ce rôle de réinsertion qu’elle doit avoir. Elle n’a plus qu’un rôle de mise à l’écart de la société, de privation de liberté. »

Et de nous ressortir une prétendue  fréquence excessive des incarcérations :  » La prison doit être le dernier recours. Les magistrats ne se sont pas encore appropriés les nouvelles peines prévues par la loi du 15 août 2014 (loi Taubira) comme la contrainte pénale ou la libération sous contrainte. Une fois que les gens sont incarcérés, les juges d’application des peines, compte tenu du contexte sécuritaire ambiant, sont de plus en plus inquiets et prononcent de moins en moins de libérations. Il faudrait instaurer une politique plus dynamique d’aménagement de peines. » Mais qu’entend-elle par  » politique plus dynamique d’aménagement des peines « ? Laisser en liberté des islamistes radicaux revenus du djihad en Syrie ou en Irak ? Fermer les yeux sur les racailles de banlieue qui distillent la mort à petit feu par leurs trafics de stupéfiants ?

Quant au regroupement des détenus radicalisés (pour lesquels nous proposons plutôt l’expulsion ou, à défaut, la relégation), Mme Hazan proclame évidemment son hostilité :  » Je maintiens que regrouper des personnes censées être radicalisées n’est pas une bonne solution. Même si les programmes de déradicalisation peuvent servir à quelque chose s’ils sont bien faits*. Regrouper des personnes qui présentent des difficultés, les isoler complètement du reste de la détention avec un manque d’activité totale peut créer un effet cocotte-minute« , prétend-elle sans rire.

Nous savions déjà, alors qu’elle sévissait comme maire de Reims, que cette femme était nuisible. Nous savons aujourd’hui qu’elle l’est…de plus en plus.

* Lire à ce propos « Le commerce juteux de la déradicalisation bidon » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/03/14/bulletin-climatique-quotidien-14-mars-2017-de-la-republique-francaise/

III. Les nouvelles provocations d’Olivier Py

Le directeur du Festival d’Avignon, Olivier Py, a dévoilé, le mercredi 22 mars, le programme de la 71e édition qui se déroulera du 6 au 26 juillet (Lire « Jusqu’où le Festival d’Avignon nous  mènera-t-il ?« : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/07/05/jusquou-le-festival-davignon-nous-menera-t-il/).

Cette édition 2017 est aussi celle des 70 ans du festival créé par Jean Vilar en 1947. Trois axes provocateurs la structurent : un vent d’air chaud venu de l’Afrique subsaharienne ; une bourrasque féministe, chère à Marie NDiaye, qui entend faire son chemin dans le bastion papal d’Avignon ; enfin une attention particulière portée au théâtre d’aujourd’hui.
Ajoutons-y, pour sauver la mise, la présence des mythes – grecs, mais pas seulement – comme structures inaliénables de nos vies et de notre théâtre.

C’est ainsi que l’ouverture dans la Cour d’honneur du Palais des papes se fera avec Antigone, de Sophocle, mais telle que la voit Satoshi Miyagi, le metteur en scène japonais qui, en 2014, avait enchanté le Festival avec son Mahabharata. Suivons tout d’abord ce fil des maîtres, qui va être tendu tout au long de cette édition. Après Miyagi, c’est l’Allemand Frank Castorf qui entrera en scène, avec Le Roman de Monsieur de Molière, d’après Mikhaïl Boulgakov.

Puis ce sera le Flamand Guy Cassiers, avec deux spectacles : Le Sec et l’Humide, d’après le livre de Jonathan Littell sur le fasciste belge Léon Degrelle, et Grensgeval (Borderline), sur un texte d’Elfriede Jelinek, Les Suppliants, inspiré d’Euripide. Ensuite il y aura la Britannique Katie Mitchell, qui revient à Avignon avec les acteurs du Toneelgrœp d’Amsterdam, en mettant en scène Les Bonnes, de Jean Genet. Au même moment, du côté de la danse, c’est Israel Galvan qui arrivera dans la Cour d’honneur, avec sa Fiesta. Et bien d’autres dont deux belles surprises. D’abord le retour, après une très longue absence, d’un autre grand artiste, le marionnettiste géorgien Rezo Gabriadze, avec son spectacle devenu mythique dans toute l’Europe de l’Est, Ramona. Et aussi Juliette Binoche, accompagnée par Alexandre Tharaud, avec un hommage à Barbara.

Mais l’Afrique s’invitera dès le début du Festival, avec Unwanted, une pièce de Dorothée Munyaneza sur le génocide rwandais, et plus particulièrement sur les femmes qui ont été violées pendant cette période, et sur les enfants qui sont nés de ces viols… Du continent viendra encore un fort programme de danse contemporaine. De la musique, avec Basokin, par les Basongye de Kinshasa, ou encore Rokia Traoré, Manu Dibango et Angélique Kidjo. The Last King of Kakfontein, par Boyzie Cekwana, venu d’Afrique du Sud. Et encore Kalakuta Republik, de Serge Aimé Coulibaly, hommage au grand Fela, saint patron musical de toute l’Afrique centrale.

La star malienne Rokia Traoré

Mais, en matière de surprise, Olivier Py a fait encore plus fort : une des grandes invitées de cette édition 2017 sera… Christiane Taubira. En chair et en os. Olivier Py a osé demander à l’ancienne ministre de la justice si elle aurait envie de concevoir une «  leçon de démocratie  » en quatorze épisodes…Voici ce qu’en dit le directeur du festival.  » Christiane Taubira, une grande amoureuse de la poésie, je l’avais croisée au Centre pénitentiaire du Pontet où elle était venue voir la représentation des détenus. Et l’idée qu’elle soit maître d’oeuvre de ce grand feuilleton m’est venue. Comme cette idée était complètement folle… elle lui a plu ! Nous avons parlé ensemble de ce que pourrait être ce feuilleton, l’idée centrale était de trouver le moyen de montrer qu’il n’y a pas, entre le politique et le poétique, une frontière bien définie mais, au contraire, que certains combats n’ont été gagnés que par l’éloquence, par la force de la parole. On a voulu remettre la parole éloquente au centre de la vie politique. Anne-Laure Liégeois organisera ce grand feuilleton en 14 épisodes, soit 14 heures de montage de textes avec des auteurs comme Condorcet, Aimé Césaire, Toni Morrison, André Malraux, Victor Hugo… Ce sera avec 40 amateurs, des comédiens du Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris, d’autres de la troupe d’Anne-Laure Liégeois. Avec Christiane Taubira, on a travaillé dans l’idée que l’on pouvait faire une leçon de démocratie mais uniquement s’il y avait un éblouissement stylistique. Cette marche pour les droits se terminera à chaque fois par un poème « . Si avec ça vous n’êtes pas convaincus !…

Ces malades ont le pouvoir culturel depuis trop longtemps. Il est urgent que cela change.

 

Le 24 mars 2017.

Jean-Yves Pons, CJA.

BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (23 mars 2017)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

23 Mar

Aujourd’hui 23 mars 2017, 1300 ème n° du Bulletin climatique quotidien de la République française !

I. Ce n’est pas avec des inaugurations de chrysanthèmes…

Que la Belgique va sortir de sa dhimmitude

Il y a eu un an hier, mercredi 22 mars, la Belgique était victime d’attentats islamistes qui firent trente-deux morts et des centaines de blessés à Bruxelles. Toutes la journée d’hier, plusieurs cérémonies du souvenir se sont succédées et, quoi que l’on pense de la situation dans ce pays, nous ne pouvons que nous associer à la douleur des Belges.

Nous avons traité à de nombreuses reprises, au cours de l’année écoulée, des causes de la tragédie qu’a connue la Belgique quelques mois après les attentats terroristes qui ont endeuillé notre propre pays. Mais voudrions insister aujourd’hui sur les défaillances des services de renseignements et de sécurité telles qu’elles commencent à ressortir des travaux de la commission d’enquête parlementaire, initiée en mai 2016 sur le sujet.

Cette commission d’enquête examine toutes les informations relatives aux attaques de l’aéroport et de la station de métro Maelbeek. Elle a déjà procédé à 150 auditions de policiers, de magistrats, de responsables politiques et de dirigeants des services de renseignement. Et examiné quelque 5 000 documents pour tenter de répondre à deux questions : ces attaques, les plus meurtrières dans l’histoire du pays, auraient-elles pu être évitées, et l’Etat, surtout préoccupé de réformer en permanence ses institutions, n’a-t-il pas failli dans sa mission de protection ?

Le ministre de l’intérieur et de la sécurité, Jan Jambon, avançait ses réponses samedi 18 mars, sans attendre les prochaines conclusions des parlementaires.  » La question est de savoir si le gouvernement, la police, la justice, les services de renseignement ont commis des gaffes. Je ne le pense pas « , se disculpait par avance le ministre flamand (Lire « On critique les services belges mais nous avons les mêmes chez nous » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/03/26/bulletin-climatique-du-week-end-2627-mars-2016-de-la-republique-francaise/).

Jan Jambon (à gauche), avec le ministre de la Justice, boutonnant son veston avant le départ

Le ministre avait pourtant offert sa démission deux jours après les attentats : l’un des terroristes de Zaventem, Ibrahim El Bakraoui, un truand en fuite après avoir bénéficié d’une liberté conditionnelle, était passé entre les mailles du filet à la suite de l’erreur présumée d’un officier de liaison de la police belge, en Turquie. M. Jambon avait clairement mis en cause ce policier.
Accusé par son ministre, l’intéressé a été entendu par la commission qui l’a disculpé. Il a affirmé qu’il ne disposait pas des informations nécessaires, ni de la part des autorités turques ni des autorités belges, pour repérer le futur kamikaze, expulsé d’Ankara vers les Pays-Bas huit mois avant les attentats de Bruxelles. M. Jambon – dont la démission avait été refusée par le premier ministre – maintient toutefois sa position, laissant augurer le résultat des travaux : une addition de points de vue dont l’étude n’entraînera ni sanctions ni vraies réformes.

Georges Dallemagne, député centriste et membre de la commission parlementaire, espère toutefois que des leçons seront tirées. Impossible de dire que les attaques auraient pu être évitées, juge-t-il, mais des lacunes, en tout cas, ont été identifiées : «  Le manque de capacités et de ressources des services de renseignement, sous-dimensionnés et souffrant d’un manque de pilotage politique ; un défaut de coordination entre la police judiciaire, les polices locales, le parquet et la sûreté de l’Etat ; une circulation insuffisante des renseignements ; des bases de données disparates et techniquement dépassées.  »

Les députés ont aussi pu se convaincre que le pays a trop longtemps cultivé un certain déni. Tolérant, ouvert, peu sensible au thème sécuritaire, il avait certes adopté quelques dispositions antiterroristes, mais fermait les yeux sur l’expansion d’un islam radical et violent, souvent financé par des pays étrangers. A Molenbeek et ailleurs, certains politiques ont, en outre, flatté ces courants pour préserver la paix civile.  » Sans voir qu’ils concouraient ainsi à un discours de victimisation, de paternalisme, qui ne faisait qu’accélérer la polarisation et favoriser la fracture entre les communautés « , souligne M. Dallemagne. Les députés ont entendu les responsables de mosquées financées par l’Arabie saoudite, la Turquie ou d’autres pays étrangers. Ils n’ont pas vraiment été convaincus de leur adhésion aux valeurs du pays. Et c’est un euphémisme qui laisse augurer des lendemains islamistes encore douloureux (Lire « Sidi Moureaux » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/01/02/bulletin-climatique-du-week-end-23-janvier-2016-de-la-republique-francaise/).

L’examen du déroulé des faits après les attentats – le déclenchement de l’alerte, l’organisation des secours, la prise en charge, l’indemnisation des victimes, etc. – a mis en évidence d’autres lacunes graves. Et a illustré l’évidente faiblesse, lors d’une crise majeure, d’un Etat belge aux allures de millefeuille institutionnel. Des remèdes sont possibles, mais comment pallier les carences de l’Etat fédéral alors que l’un des principaux partis du gouvernement, l’Alliance néoflamande (N-VA) prône sa disparition ?

Il y a exactement un an telle était la Une de l’hebdomadaire Le Point :

Comment tout a débuté ? Vous donnez votre langue au chat ?

Tout a débuté avec le développement de l’immigration arabo-musulmane dans nos pays au fur et à mesure des besoins de main d’oeuvre peu onéreuse par le grand patronat et des industriels de tout poil. Ces nouveaux négriers et leurs complices politiques, qui poursuivent aujourd’hui leur oeuvre maléfique au travers de la mer Egée et de la Méditerranée, sont la cause de tous ces malheurs.

Mais ne vous y trompez pas, vous ne trouverez pas cette explication dans les colonnes du Point !

II. L’utopie européenne a 60 ans.

Elle aura, plus précisément, 60 ans demain, jour anniversaire de la signature de son traité fondateur, le Traité de Rome, mais l’allégresse n’est pas au rendez-vous. Et on le comprend aisément. Non seulement lorsqu’on voit où nous en sommes mais aussi quand on sait que les utopies ne mènent nulle part.

Thomas More, le père de l’utopie

Si l’on additionne les europhobes, les eurosceptiques et les eurom’enfoutistes, il n’y a plus qu’une minorité d’européistes pour vraiment croire aux bénéfices et en la nécessité de l’unité européenne. Cette ambition de 1957 n’est plus, et de loin, majoritaire.

Mais tout a commencé avant le Traité de Rome, avec la vision gaullienne d’une Europe des nations et son refus d’un projet de Communauté européenne de défense (CED), destinée à l’époque à faire front à l’URSS. Les gaullistes n’en avaient pas voulu car ils craignaient qu’elle ne mette l’Europe sous la coupe des Etats-Unis. Ce qui se fit néanmoins par les chemins de traverse du Traité de l’Atlantique nord (OTAN). Les communistes l’avaient quant à eux refusée car ils défendaient bec et ongles les intérêts de leur mère patrie soviétique. L’unité européenne s’est alors dirigée vers d’autres préoccupations, plus triviales car exclusivement commerciales et dans l’esprit du temps : le libre-échange et son corollaire, la marchandisation…de tout !

L’unité de l’Europe s’est ainsi construite loin des peuples, entre gouvernements et, pire encore, entre EXPERTS. Lorsqu’elle a fini par entrer dans la vie quotidienne des Européens, ce fut avec l’euro, cette fâcheuse monnaie unique dont on leur venta les prétendues vertus qui s’avérèrent autant de mensonges. Les critères de convergence entre les pays de la monnaie unique, (critères de Maastricht), ont alors imposé des réductions de dette et de déficit qui ont fait de l’Union une potion amère que personne ne pouvait plus aimer.

C’est la principale raison de ce désamour mais il y en a d’autres, bien sûr, ne serait-ce que la volonté inébranlable de nos dirigeants politiques…de faire notre bonheur malgré nous.

C’est pour cela que les Américains ont élu Donald Trump, pour cela que les Britanniques ont voté massivement pour quitter l’Union européenne et pour cela que ressurgissent en Europe des mouvements patriotes pour lesquelles la salut est dans le retour à la nation, au protectionnisme et la fin de l’Union.

Faute d’avoir été voulue par les peuples et, à tout le moins, discutée avec eux, l’Union européenne n’est plus, soixante ans après, qu’une organisation tyrannique dont plus personne, ou presque, ne veut.

Sauf à vouloir voir renaître le spectre de la guerre, tout est à réinventer. Mais, de grâce, sans le secours de l’oligarchie des experts auto-proclamés de Bruxelles.

 

III. Quand David Ricardo  (1772-1823) vole au secours de Marine Le Pen 

Il y a quelques jours, nous rappelions combien sont pour le moins discutables les arguments de ceux qui s’opposent, contre vents et marée, à tout départ de la zone euro ou de l’Union européenne (Lire « Jean de La Fontaine était un prophète » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/03/17/bulletin-climatique-quotidien-17-mars-2017-de-la-republique-francaise/). On lut et on entendit les prophéties les plus catastrophiques dès avant le référendum britannique sur le « Brexit« *. Voici revenir les mêmes avec le programme du Front national et de sa candidate, Marine Le Pen, à la prochaine élection présidentielle française.

L’argumentaire repose sur le fait qu’une sortie de la France de la zone euro et le retour à notre monnaie nationale mènerait immanquablement à une dévaluation de celle-ci avec un certain nombre de conséquences. Les voici résumées dans le dernier rapport du think tank socialiste Terra Nova :

1 066 à 1 830 euros

C’est, par an et par ménage, ce que coûterait une dévaluation de 15 % à 20 % de la monnaie nationale, une fois la France sortie de l’euro,.

15 % à 18,5 %

C’est, selon le cercle de réflexion, le contenu en importations de la consommation des ménages français, c’est-à-dire la part qui concerne des produits ou services (finis ou intermédiaires) venus de l’étranger.

30 à 54

C’est, en milliards d’euros, le surcoût de la dette publique française (paiement des intérêts) par an en cas de hausse des taux d’intérêt après un retour au franc. En comparaison, la charge de la dette pour 2017 devrait atteindre 41,8 milliards d’euros.

Ces économistes stigmatisent donc, de manière virulente, toute velléité de dévaluation de la monnaie nationale, source, nous disent-ils de dommages catastrophiques. Mais, en réalité, les véritables enjeux, ont déjà été énoncés il y a bien longtemps par le grand théoricien du libre-échange David Ricardo (1772-1823).

Cet auteur démontre, de manière lumineuse, que ce qui importe dans le commerce international, ce ne sont pas les prix absolus des marchandises, mais leur prix relatif même s’il convient d’adjoindre à ce théorème une condition monétaire indispensable : la monnaie ne doit aucunement contrecarrer le plein épanouissement des avantages comparatifs de chacun des pays. En ce temps-là, la circulation de l’or des pays déficitaires vers les pays excédentaires assurait, en principe, la convergence des prix vers l’équilibre, permettant à l’idéal ricardien de se concrétiser. L’économiste américain Milton Friedman (1912-2006), en se faisant l’apôtre des taux de change flexibles, exprimait la même idée mais en s’affranchissant des contraintes aurifères.

Aujourd’hui, ceux qui pourfendent les dévaluations devraient également vouer aux gémonies les taux de change flexibles, synonymes de succession infinie de dépréciations et d’appréciations monétaires. Or, il n’en est rien. Mais le plus cocasse se situe dans la contradiction suivante : les contempteurs les plus acrimonieux des dévaluations sont simultanément les thuriféraires les plus zélés de leurs succédanés, les dévaluations internes. Une dévaluation interne consiste, pour l’essentiel, à comprimer le coût du travail afin, pour un pays, de devenir plus compétitif que ses voisins. Avec les réformes Schröder, l’Allemagne en fournit un exemple emblématique. Et de là le développement de la traite négrière qui permet de faciliter la baisse du coût du travail. CQFD.

Le principal grief adressé à une dévaluation, à savoir l’augmentation de la dette extérieure en pourcentage du produit intérieur brut (PIB), devrait pourtant, en toute logique, être adressé également aux dévaluations internes. Une baisse des salaires et des pensions de 40 %, afin de faire chuter les prix domestiques de 40 %, provoque un effondrement du PIB nominal de 40 %…
L’impact sur la dette vis-à-vis du reste du monde est donc identique à celui qui est engendré par une dévaluation classique de 40 %. Par exemple, en six ans de dévaluation interne, la dette publique grecque est passée de 120 à 180 % du PIB. N’aurait-il pas été préférable que la Grèce, en 2011, sortît de la zone euro, dévaluât sa monnaie nationale de 30 % à 40 % et restaurât rapidement une partie de sa compétitivité ? Six années perdues durant lesquelles Ricardo a dû se tourner et se retourner dans sa tombe…C’est ce que nous envisagions déjà dans nos  » Billets d’argolide  » de l’été 2015.

Un autre grief adressé à une dévaluation monétaire repose sur le risque de surenchère de la part des pays concurrents, et sur le danger de déclencher ainsi une noria de dévaluations comme en Europe entre les deux guerres mondiales. Là encore, ce type d’argument est très aisément transposable en ce qui concerne une dévaluation interne : les Etats du sud de l’Europe rivalisent d’imagination pour comprimer les coûts salariaux, espérant ainsi grignoter quelques parcelles de compétitivité aux dépens des autres pays européens…

Si l’Allemagne a si bien réussi sa dévaluation interne au début des années 2000, c’est en raison de l’euphorie dépensière qui, à cette époque, régnait dans le sud de l’Europe, et qu’elle critique avec tant de virulence aujourd’hui. Comme le fait remarquer, non sans malice, l’économiste américain Joseph Stiglitz : si vous procédez à une dévaluation interne, choisissez bien vos voisins…

Alors, cessons d’écouter les thuriféraires de la zone euro et les contempteurs du  » Franxit « .

* Lire « Rien de moins que la fin de la civilisation » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/06/06/bulletin-climatique-quotidien-6-juin-2016-de-la-republique-francaise/

 

IV. Mais « La France ne peut pas mourir, car le Christ aime encore les Francs » (Henri, comte de Chambord)

Alors, en cette semaine de la langue française, régalez-vous avec ce texte de Jean d’Ormesson:

 » Il y a des mots, des expressions, qu’on n’entend plus ou qu’on emploie moins.
Ils arrivent exténués, à la fin du deuxième millénaire.
Le siècle qui vient risque de leur être fatal.

Conservez-les, un jour viendra peut-être où on ne les trouvera plus dans aucun dictionnaire, si ce n’est du vieux français…

Quelques exemples:

INCULPATION –
A été expurgé du Code Pénal au profit de « mise en examen ». Cela afin d’éviter une infamante présomption de culpabilité.
Etre « en examen » ne présage pas du résultat de l’examen.
Aujourd’hui quand quelqu’un est MIS EN EXAMEN, on doit toujours insister sur le fait que cela ne préjuge pas de sa culpabilité ?
Comme du temps où il aurait été « inculpé ».

INSTITUTEUR –
Longtemps remplacé par « MAÎTRE D’ÉCOLE ». Il tend à disparaître par sa dissolution dans le concept fourre-tout de l’enseignement,
au bénéfice de « PROFESSEUR des ÉCOLES »

MAÎTRESSE –
Ne pas assimiler à la version féminine d’instituteur !
Ce serait une « professeuse des écoles ». Les maris n’ont plus de maîtresse mais une « amie ».
Les épouses conservent parfois l’amant, mais seulement à cause de la connotation romantique : les moins romantiques n’ont qu’un ami aussi.

MORALE –
A force d’être inemployée a disparu. Ne demeure que « ordre moral », mais attention : connoté de « fascisme »
Toutefois personne ne se réclame du « désordre moral ». La morale n’est plus enseignée, elle est remplacée par « éducation à la citoyenneté »

MOURANT –
Il n’y a plus de mourant mais des malades en « phase terminale ».
Afin d’éviter une regrettable confusion ne dites pas à votre fils qu’il est en terminale mais qu’il va passer son bac !
Pour désigner un mort doit-on parler d’un individu « en phase terminée » ?

PATRIOTE –
Totalement absent du vocabulaire politique et civique.
Désigne aussi un bon citoyen américain et un missile américain.

PATRON –
Nous n’en avons plus, ni même des chefs d’entreprise ,
mais des DIRIGEANTS D’ENTREPRISE.
Le CNPF (C N du patronat français) en a pris acte en devenant le MEDEF.
Seuls quelques cégétistes utilisent encore le terme de « patron » ce qui prouve bien qu’il est désormais péjoratif…

PAUVRE –
N’existe plus. C’est un « défavorisé », un « plusdéfavorisé », un « exclus », un « S.D.F. » à la rigueur un « laissé pour compte ».
Dans les année 80, il subsistait uniquement dans l’appellation « nouveau pauvre »; ce fut le chant du cygne.

PROVINCE –
Dire « en RÉGION ». On ne dit plus du « provincial » mais du « RÉGIONAL ».

RACE –
A été abolie au profit « d’appartenance ethnique ». Sinon, vous êtes raciste, fasciste, nauséabond, …
On peut néanmoins dire « black » en anglais et en banlieue.

SERVANTE, bonne –
Se trouve dans les romans du XIX° siècle.
Aujourd’hui c’est une « employée de maison ».
Quand elle s’occupe de vieux – pardon de « personnes âgées » – elle devient « auxiliaire de vie ».

SÉQUESTRÉ –
Aucun cadre, aucun chef d’entreprise n’est séquestré, il est « retenu contre son gré ».

VANDALE –
a laissé place à « jeunes en colère » au « paysans en colère ».
L’ampleur des dégâts distingue les vandales des autres.

VANDALISME –
impolitesse, injures, agressions, bris de matériel, racket sont regroupés sous le terme « incivilités ».
On ne dira plus que ce sont des « sales gosses » mais qu’ils « manquent de civilité ».
A noter la louable tentative de Jean-Pierre Chevènement d’introduire la bénigne expression » SAUVAGEON ».
Il dû battre en retraite devant « l’Insurrection des consciences ».

VOL –
Terme réserve aux gagne-petit et aux obscurs.
Pour les politiques on parlera « d’enrichissement personnel ». Ce qui est condamné unanimement par les collègues contrairement à
l’enrichissement impersonnel, qui, lui, ne bénéficie qu’au parti, mérite la compréhension, ce que les juges n’ont pas encore compris

VOYOU –
En voie d’extinction. On ne connaît que des individus « connus des services de polices », des « récidivistes », des multi-délinquants ».

UN NOUVEAU MOT FRANCAIS DE MONSIEUR JEAN D’ ORMESSON
Je vous prie d’enregistrer le dernier mot de notre belle langue française, avec la définition par l’un de ses plus farouches défenseurs :

« L’INAPTOCRATIE.

DÉFINITION : –
Un système de gouvernement où les moins capables de gouverner sont élus par les moins capables de produire et où les autres membres de la société les moins aptes à subvenir à eux-mêmes ou à réussir, sont récompensés par des biens et des services qui ont été payés par la
confiscation de la richesse et du travail d’un nombre de producteurs en diminution continuelle.

TRADUCTION BRITANNIQUE…
Il n’y a pas lieu de désespérer parce que comme l’a dit Margaret Thatcher : » Le socialisme ne dure que jusqu’à ce que se termine l’argent des autres « .
Ou comme l’a si bien dit Winston Churchill : « Les socialistes, c’est comme Christophe Colomb :
quand ils partent ils ne savent pas où ils vont et, quand ils arrivent, ils ne savent pas où ils sont »
…et tout cela avec l’argent des autres !!!

D’où l’invention du GPS : Guide Pour Socialiste

A l’école primaire des socialistes, on apprend les 4 opérations :
– L’addition des impôts;
– La soustraction des revenus;
– La division du travail.

Aux élections prochaines, votez pour Ali Baba. Au moins vous serez sûrs de n’avoir que 40 voleurs. « 

Jean d’ORMESSON. (http://www.terredisrael.com/infos/mots-disparaissent-jean-dormesson/)

Le 23 mars 2017.

Jean-Yves Pons, CJA.

BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (22 mars 2017)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

22 Mar

I. Ils refusaient pourtant de nous croire

En rendant publics, lundi 20 mars, les premiers résultats de leurs travaux, menés auprès de 7 000 lycéens de seconde dans quatre académies (Lille, Créteil, Dijon et Aix-Marseille), les sociologues Anne Muxel et Olivier Galland n’ignoraient pas qu’ils brisaient un tabou : révéler au plus grand nombre la réalité de l’islam et, plus particulièrement, de l’islam de France.

Ce travail « exploratoire », mené dans le cadre d’un appel à projets lancé par le CNRS après les attentats de novembre 2015, doit être complété par une enquête qualitative à partir d’entretiens avec des lycéens, ont cependant prévenu les sociologues. Ainsi que d’un ouvrage collectif dans les mois à venir. Histoire sans doute de nuancer leur constat…

Scène de la diversité lycéenne

Les chiffres n’en ont pas moins leur importance dans la première salve d’informations divulguée ce lundi : 1 élève sondé sur 10 (11 %) adhère à ce que les chercheurs qualifient pudiquement d’« absolutisme religieux » (entendez l’islamisme radical). Soumis à un questionnaire – le même dans la vingtaine d’établissements sur lesquels s’est concentrée l’enquête –, ces adolescents ont répondu à la fois qu’« il y a une seule vraie religion » pour eux, et que, dans l’explication de la création du monde, « c’est la religion qui a raison plutôt que la science ».

Ce qui retient l’attention des chercheurs, c’est moins ce ratio que l’écart constaté entre les confessions : les lycéens musulmans interrogés sont trois fois plus nombreux (32 %) à adhérer à cet « absolutisme » que l’ensemble des lycéens sondés (10,7 %). Et cinq fois plus que les jeunes chrétiens (6 %). Ce dernier point mériterait réflexion…

Scène de la vie lycéenne à Saint-Denis

Autre mesure avancée : celle de la « tolérance à la violence et à la déviance » des élèves, calculée à partir de huit questions corrélées entre elles. Il y est question de triche, de conduite sans permis, de deal, d’affrontements avec la police… Globalement, un quart des jeunes obtiennent un score élevé (autrement dit, 25 % ont répondu par l’affirmative aux huit questions). Parmi eux, 22 % se revendiquent sans religion, 20 % sont chrétiens et 33 % musulmans. Des élèves juifs, trop peu nombreux dans les lycées visités pour que leurs réponses soient significatives, il n’est guère question. Mais comme avant longtemps il n’y en aura plus du tout…

Les chercheurs ont poussé plus loin l’analyse en combinant les mesures de l’« absolutisme » religieux et de la culture (non-religieuse) dite violente : 4 % des jeunes de toutes confessions défendent une vision absolutiste de la religion tout en adhérant à des idées radicales, alors que ce chiffre est de 12 % chez les jeunes musulmans de l’échantillon. Le triple, en somme.

Un « effet religion » ? Anne Muxel (laboratoire Cévipof) et Olivier Galland (laboratoire GEMASS) osent avancer l’idée. D’autant qu’ils ont fait varier d’autres facteurs, comme la situation socio-économique ou la filière d’étude, le sentiment de victimisation ou de « malaise identitaire » : « Cela ne change qu’à la marge les résultats de la perméabilité aux idées radicales », avancent-ils. Mais ils le font avec précaution tellement le sujet est explosif. Et pourtant, c’est ce que le CER affirme depuis cinq ans qu’il existe (Lire « 15 mars 2012 – 15 mars 2017 » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/03/15/15-mars-2012-15-mars-2017/).

La preuve : au lycée Voltaire à Paris lors d’une manifestation pro-Théo…

« On a bien réfléchi à la manière de communiquer dans un contexte politique comme le nôtre, explique Olivier Galland. Mais le déni ou l’euphémisation ne servent pas le débat citoyen. Se taire, ce serait laisser le champ libre aux extrémismes ». Reconnaissons néanmoins que  » réfléchi(r) à la manière de communiquer  » s’appelle, à tout le moins, de l’auto-censure. « Il ne s’agit pas d’une mesure des comportements ni des passages à l’acte, renchérit Anne Muxel. C’est la porosité des lycéens aux idées radicales que nous avons voulu évaluer. On ne peut pas comprendre ces premiers résultats sans regarder les deux bouts de la chaîne, défend-elle : une majorité de lycéens est imperméable à la radicalité – dont les deux tiers des jeunes musulmans – ; une minorité doit nous interroger ».

Mais qui osera poser la vraie question ? Celle de la compatibilité de l’islam avec les valeurs de l’Europe et, plus précisément encore, de notre pays .

 

II. Il n’est pire sourd que celui qui ne veut rien entendre

Croyez-vous que la situation de notre pays face à l’immigration ait ouvert les yeux des candidats à l’élection suprême, celle de chef de l’Etat, en avril et mai prochain ? Jugez-en.

Ils sont venus mais ils ne sont pas tous là

Seule la candidate du Front national, Marine Le Pen s’est emparée du sujet, au cours du débat de lundi 20 mars, et a tenté de faire face aux insupportables réalités, même s’il faut admettre qu’elle le fait aujourd’hui avec bien plus de précautions que son père Jean-Marie lorsqu’il présidait aux destinées du même parti.

Elle fut la seule à annoncer pourtant sa volonté, si elle était élue, d’ « arrêter l’immigration légale et illégale « … déroulant dans la foulée la mesure phare de son programme : la limitation à 10 000 installations annuelles d’étrangers en France, face au laxisme des deux quinquennats précédents : 200 000 premiers titres de séjour délivrés chaque année en France, avec Nicolas Sarkozy, et 227 550 en 2016 avec François Hollande !

À Paris c’est comme là-bas !

Elle a certes cherché à frapper les imaginaires en proposant quelques mesures comme la remise en place  » des frontières nationales  » ou sa  » politique dissuasive d’immigration « , consistant à promettre de couper  » toutes les pompes aspirantes de l’immigration  » que sont à ses yeux  » l’aide médicale d’Etat  » ou  » l’accession au logement  » des étrangers. Mais, face aux représentant, peu ou prou, du lobby immigrationniste…c’était de bonne guerre même si l’on peut douter que la présidente Le Pen puisse aller au bout de ses judicieuses propositions.

Eh bien vous aurez peut-être remarqué que, sur le plateau de TF1, personne ne l’a contredite, même lorsqu’elle a plaidé qu’aux  » 200 000 étrangers légaux  » entrant en France chaque année s’ajoutent  » au moins autant d’illégaux  » !

En vérité, ce débat télévisé a surtout mis en évidence le malaise des autres candidats sur l’immigration. François Fillon, qui aimerait bien avoir un discours fort, tout en se démarquant – légèrement – du FN, a eu bien du mal à «  vendre  » ses mesures face à la charge de Marine Le Pen. Lui qui prône  » une immigration réduite au minimum  » (ce qui, avouons-le, est bien imprécis) a surtout mis en avant ses  » quotas  » d’entrées  » votés chaque année au Parlement « . Une mesure qui figurait déjà dans le programme 2007 de Nicolas Sarkozy et que François Hollande a ajoutée dans le sien dans l’entre-deux tours de 2012 mais que tous les deux n’ont pas manqué d’oublier ensuite.

La situation n’a pas été plus simple pour Benoît Hamon et Emmanuel Macron. Le socialiste, qui incarne le malaise du PS sur ce thème, ne développe aucune mesure sur une véritable politique migratoire dans son programme. Il s’est donc exprimé lundi sur l’asile, rappelant sa bataille pour un  » visa humanitaire  » et un meilleur accueil des réfugiés ; comme Jean-Luc Mélenchon…

C’est aussi un des angles d’attaque qu’a mis en avant Emmanuel Macron. Essayant de jouer à la fois l’ «  humanité et la fermeté  » – pour parodier le diptyque manié par l’actuel premier ministre Bernard Cazeneuve –, le candidat de En marche ! prône à la fois un accueil digne des demandeurs d’asile et le renvoi des déboutés, notamment en diminuant le temps d’étude des dossiers de réfugiés. Mais chacun sait désormais qu’Emmanuel Macron est DE GAUCHE ET DE DROITE ! Autant dire de nulle part.

Sans commentaire

Avec des candidats comme ceux-là, il n’y a aucun doute, la France sera parfaitement gouvernée et les Français bien protégés. L’avenir est à nous.

III. Un ministre des finances peut en cacher un autre

Les élections législatives néerlandaises, qui se sont déroulées le 15 mars, pourraient avoir ouvert une nouvelle boite de Pandore : l’actuel ministre batave des finances, Jerœn Dijsselblœm, risque de perdre son fauteuil de président de l’Eurogroupe, la réunion des grands argentiers de la zone euro, qu’il occupe depuis plus de quatre ans et n’a aucune envie apparente de céder.

Jeroen Dijsselbloem

Son sort n’était pas à l’agenda officiel de l’Eurogroupe, lundi 20 mars, mais il était dans toutes les têtes des ministres et des journalistes bruxellois. De fait, la famille politique de M. Dijsselblœm, le Parti travailliste PvdA, a reçu une énorme claque électorale aux élections, rétrogradant à la sixième place. Renvoyé dans l’opposition, M. Dijsselblœm sera l’un des neuf élus à pouvoir rester au Parlement néerlandais, sur les 38 sièges que comptait le PvdA.

Mais tout laisse penser qu’il aura du mal à se maintenir dans la coalition gouvernementale que l’actuel premier ministre, le libéral Mark Rutte, tentera de former après avoir survécu aux assauts de l’europhobe Geert Wilders. Or, jusqu’à présent, l’Eurogroupe a toujours été présidé par un de ses membres en exercice. M. Dijsselblœm saura-t-il créer un précédent en allant au moins jusqu’au terme de son mandat, en janvier 2018 ?

 » Il faudra plusieurs mois pour former le nouveau gouvernement néerlandais, les chances pour moi d’y participer sont très faibles, mon temps de ministre des finances est compté « , a reconnu, lucide, M. Dijsselblœm lundi. Ajoutant cependant :  » Entre la formation du gouvernement et la fin de mon mandat, ce sera à l’Eurogroupe de décider ce qui va se passer.  » Et c’est là que tout pourrait se jouer.

M. Dijsselblœm dispose de pas mal de soutiens à Bruxelles bien qu’il ait géré la crise chypriote de manière calamiteuse et se soit fait, plus tard, l’intermédiaire obligé mais discutable entre l’Allemagne et la Grèce. D’ailleurs,  » Dijsselblœm a la confiance du ministre allemand Wolfgang Schäuble mais il sait aussi se faire respecter « , juge un diplomate européen. Les sociaux-démocrates craignent par ailleurs, avec le départ du travailliste, de perdre un poste d’influence supplémentaire à Bruxelles, après celui de président du Parlement européen, l’Allemand Martin Schlz.
Mais, en réalité, ce qui se joue aussi en coulisses au-delà des ambitions personnelles ou des complexes équilibres géopolitiques dont Bruxelles est coutumière, c’est l’évolution à terme de la présidence de l’Eurogroupe vers un vrai poste de ministre des finances de la zone euro. Un embryon de gouvernement supranational, qui constituerait la partie visible de l’intégration politique de l’Eurozone. Certains, à Bruxelles, ne cachent pas qu’une prolongation de M. Dijsselblœm jusqu’au terme de son mandat, même s’il perd son portefeuille des finances, créerait un précédent allant dans ce sens. Mettant ainsi les nations et les peuples européens devant le fait accompli.

Pierre Moscovici, le commissaire européen aux affaires économiques, défend depuis des mois cette option d’un ministre des finances de la zone euro, qui serait aussi vice-président de la commission. L’idée plait à François Hollande alors que se multiplient les réflexions sur les moyens de relancer l’Union européenne à 27 Etats membres, sans le Royaume-Uni. Heureusement,  » ce débat ne sera jamais mûr dans les mois qui viennent pour permettre à M. Dijsselblœm de conserver son poste jusqu’en janvier 2018 « , estime un diplomate européen, au fait des discussions de l’Eurogroupe.

Le même avec d’autres ambitions

Heureusement aussi les élections françaises et allemandes font planer trop d’inconnues et, en l’état actuel des forces politiques dans l’Union, il n’y a pas de majorité pour avancer dans cette direction.  » Le scénario le plus probable est que M. Dijsselblœm partira une fois le gouvernement néerlandais constitué « , ajoute le diplomate qui, vous l’aurez deviné, n’est pas un aficionado du président de l’Eurogroupe.

Déjà, les noms de possibles challengers circulent dans les couloirs bruxellois : on parle évidemment de l’Espagnol conservateur Luis de Guindos, déjà candidat lors du renouvellement du premier mandat de M. Dijsselblœm, à l’été 2015. On évoque aussi le Slovaque social-démocrate Peter Kazimir, ou l’Italien Pier Carlo Padoan, également socialiste. Un tel poste, à la tête d’un organe disposant d’un pouvoir aussi considérable sur les pays de la zone euro (spécialement la Grèce, toujours sous tutelle financière de ses créanciers européens), suscite forcément des vocations !

Mais restons vigilants car ces gens-là sont prêts à tout pour parvenir à leurs fins. Et, dès à présent, disons  » NON AU COUP D’ETAT INSTITUTIONNEL AU SEIN DE L’UE. »

 

Le 22 mars 2017.

Jean-Yves Pons, CJA.

BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (21 mars 2017)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

21 Mar

I. L’antisémitisme  » new look « 

Dès la fondation du Conseil dans l’Espérance du Roi (qui n’a précédé que de quelques jours l’affaire Merah et le meurtre d’un adulte et de trois enfants dans une école juive de Toulouse), nous attirions l’attention sur les dangers d’un nouvel antisémitisme arrivé chez nous dans les cervelles détraquées des immigrés arabo-musulmans. Depuis, le nombre d’actes et de violences (dont des assassinats) commis par des  » Chances pour la France  » islamiques contre des concitoyens de confession juive, n’a cessé de croître avec, il faut bien le reconnaître, bien peu de réactions de la part des pouvoirs publics et, moins encore, des citoyens français.

À croire que l’on persiste en France à ne pas tirer les conséquences du caractère fondamentalement antisémite de l’islam de France. Mais pas que…

Pourtant, à Toulouse, les réactions locales avaient été rapides et claires. Mais ce qui a assombri le tableau, c’est le sentiment de solitude qui s’est assez vite emparé d’une communauté juive qui voyait qu’au fond, le fait ne suscitait pas de mobilisation massive. Evidemment, l’assassinat des enfants a frappé. Mais le reste a un peu échappé à l’analyse, notamment le fait que depuis des années, les enfants des écoles juives étaient pris pour cible par un type d’antisémitisme  » de proximité « , qui n’avait rien à voir avec l’extrême droite jusque là toujours marquée de ce sceau d’infamie.

Quand sont survenus les attentats de Paris en janvier 2015, contre Charlie Hebdo puis l’Hypercacher de la Porte de Vincennes, le devant de la scène fut occupé par l’assassinant des journalistes de l’hebdomadaire satirique bien plus que par l’attaque du magasin juif. D’ailleurs, lors du défilé du 11 janvier…ILS ETAIENT TOUS CHARLIE !

Il y eut néanmoins de la gratitude à l’égard des politiques et surtout des forces de l’ordre. Mais, là encore, une assez grande solitude, comme si, pour l’opinion, il était dans l’ordre des choses qu’un magasin casher soit une cible.

A Paris, bien avant Toulouse, les parents étaient inquiets des agressions verbales mais aussi physiques que les enfants des écoles confessionnelles, portant des signes distinctifs, subissaient, sur le trajet de l’école ou dans les transports.

En janvier 2014, avec  » Jour de Colère « , puis en juillet, en marge de manifestations de soutien aux Palestiniens, des cris  » mort aux juifs  » ont été lancés par des musulmans…Les cris de  » mort aux juifs  » avaient déjà été entendus dans d’autres manifestations, mais cette fois, ils constituaient non pas un dérapage, mais un motif de manifestation. (Lire « En réponse aux lâches » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2014/07/27/en-reponse-aux-laches/).

Les manifestations de juillet 2014 avaient une autre magnitude et sortaient d’une autre matrice : lors de protestations contre l’intervention militaire israélienne, au nom d’une forme dévoyée d’anti-sionisme mais dont l’antisémitisme ne faisait guère de doute, des gens ont tenté de pénétrer dans des lieux de culte et de frapper des juifs. Des groupes constitués de plusieurs centaines de personnes marchèrent alors sur la synagogue de la rue de la Roquette à Paris. Un seuil d’intensité, de détermination avait été franchi. On l’a retrouvé plus tard à Sarcelles, où des magasins ont été brûlés, où des gens ont manifesté en dépit de l’interdiction préfectorales et sans être punis. Ils ne faisaient plus la différence entre le droit légitime de manifester contre une action du gouvernement israélien et une manifestation antisémite. Comme ils ne font plus aujourd’hui la part des choses entre juifs, israéliens, sionistes et non sionistes.

L’attaque de la synagogue de la rue de la Roquette

On note toujours des pics d’actes antisémites à l’occasion des événements au Moyen-Orient. Mais dans les périodes où il ne se passe rien dans le cadre du conflit israélo-palestinien, le nombre d’actes reste anormalement élevé lorsqu’on le compare aux années 1990, avant le début de l’Intifada, ce qui infirme la thèse de la causalité.

La Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) prétend pourtant que la société devient plus tolérante. Mais, en réalité, il y a une montée de la violence physique bien différente des profanations précédemment observés. Aujourd’hui il se répand un sentiment d’insécurité qui vient de ce que tous les jours, des Français  » visiblement  » juif, sont  attaqués au seul motif qu’ils sont juifs.

S’y ajoute le fait essentiel qu’il s’agit là d’un antisémitisme d’une nature différente de l’ancien, qui s’attaque aux juifs en tant que symbole de l’intégration, de l’acceptation de la laïcité, de leur rapport positif à l’Etat. Ce nouvel antisémitisme est donc de l’ordre de la détestation de la France : le reproche fait aux juifs, c’est d’être pleinement français.

En d’autres termes, voici venu le temps d’un antisémitisme…antifrançais. Le summum de la haine, auquel même Hitler n’avait pas pensé !

 

II. Surtout, que rien ne change !

Aux yeux des banquiers et des financiers français de tout poil, Marine Le Pen n’est plus seulement un vilain petit canard (c’était bon au temps où le Front national ne représentait à leurs yeux que les nostalgiques de l’Algérie française). Elle a pris assez d’importance pour devenir ce  » cygne noir « (black swan des bourses anglo-saxonnes), cataclysme improbable qui deviendrait réalité si elle était élue à la présidence de la République et appliquait son projet de faire sortir la France de la zone euro.

Car le  » Frexit  » s’est invité dans les préoccupations quotidiennes des dirigeants des banques.  » Après la publication de nos résultats annuels, nous avons, comme d’habitude, rencontré tous les grands investisseurs institutionnels, notamment aux Etats-Unis et en Asie. Et, à chaque fois, la moitié des rendez-vous a été consacrée à la façon dont nous évaluons la situation politique en France. Je n’ai jamais vécu une pareille situation « , raconte un membre de l’état-major d’une des principales banques françaises. A ce stade,  » Nous expliquons que pour sortir de l’euro, il faudrait non seulement que Marine Le Pen l’emporte, mais aussi qu’elle ait une majorité, et ensuite que les Français votent oui à un référendum. Est-ce qu’il y a une chance que ça arrive ? Mathématiquement oui, comme une météorite peut, mathématiquement, frapper la Terre « , résume un dirigeant du même établissement.

Mais les banques sont parfois à court de réponse.  » La question la plus sophistiquée que nous posent les investisseurs étrangers, c’est : “Quel est le chemin de sortie, comment passe-t-on de l’euro au franc ?” « , explique le président d’une autre banque française, qui a peu apprécié la sortie du gouverneur de la Banque de France. Le 13 février, François Villeroy de Galhau déclarait que sans l’euro, le financement de la dette publique française coûterait plus de 30 milliards d’euros d’intérêts supplémentaires par an.  » En avançant un chiffre, le gouverneur de la Banque de France a crédibilisé cette sortie de l’euro. Mais pour nous, on ne peut pas sortir d’une monnaie, il n’y a pas de plan B « , lâche effrontément ce dirigeant.

Et comme on n’est jamais trahi que par les siens, les BNP Paribas, Crédit agricole et autres Amundi évitent tout contact avec le FN, au contraire des banques anglo-saxonnes qui ont multiplié ces derniers mois les échanges avec les responsables du programme économique de Mme Le Pen. Les institutions financières tricolores ne veulent, en effet, surtout pas donner l’impression qu’elles anticipent la victoire du parti de Marine Le Pen. Elles laissent cependant filtrer de fausses nouvelles selon lesquelles les clients les plus inquiets ont déjà commencé à transférer des actifs hors de France, pour sécuriser leur épargne, au cas où le FN arriverait au pouvoir ! Mais la profession répugne à évoquer ce sujet.  » Il faut faire très attention, tout ça peut créer des paniques « , souffle l’un de ces membres. Et d’ajouter pour faire bon poids sur les électeurs : «  Si les sondages ont sous-évalué le vote Front national, et qu’au soir du premier tour Marine Le Pen réalise un score très important, plus de 35 %, l’atterrissage sera brutal et nous pouvons craindre des sorties de capitaux.  » Encore un qui n’a pas de mémoire ou ne sait pas que  » la politique de la France ne se fait pas à la corbeille  » !

http://www.ina.fr/video/I00013080

Leur argument est connu et vieux comme…l’euro. Un retour au franc entraînerait, nous dit-on, une dévaluation immédiate de la nouvelle monnaie. Les investisseurs français ou étrangers, et les particuliers, chercheraient donc à sortir leurs euros, précipitant des sorties de capitaux. Les banques ont en tête le  » bank run  » de 2015 en Grèce, après la rupture des négociations entre Athènes et ses créanciers.  » Les Français ne sont pas plus idiots que les Grecs. Ceux qui ont beaucoup ou même un peu d’argent vont vouloir le mettre à l’abri dans un pays plus sûr. Si un référendum sur la sortie de l’euro est annoncé, vous pouvez être sûr que le jour même des queues se formeront devant les distributeurs et on aura des ordres de virement à tous crins. Une telle situation entraînerait immanquablement la mise en place d’un contrôle des changes « , prévient un banquier au cas où personne ne l’aurait anticipé…

Ce qui les panique surtout c’est qu’une note de Citigroup, publiée le 15 mars, affirme (forcément sans preuve puisque cela ne s’est pas encore produit) que la valorisation boursière des banques françaises pourrait être amputée d’un quart en cas de victoire de Mme Le Pen. Alors, ils noircissent davantage encore le tableau quitte à propager de fausses informations :  » Sortir de la monnaie unique aurait un effet bien plus important que le Brexit. La dette française est libellée en euro. Si on revient au franc, celui-ci sera fortement déprécié et la dette coûtera donc de 15 % à 30 % plus cher si on la rembourse en euro. Et si nous voulions la rembourser en francs, nous ferions alors face à de multiples procès, comme en Argentine, puis nous aurions ensuite de grandes difficultés à lever de la dette. Resterait alors l’option de faire tourner la planche àbillets, mais nous aurions une inflation galopante « , prévient le numéro trois d’une institution mutualiste, en rappelant que les portefeuilles des banques sont truffés de dettes obligataires de l’Etat français.

Mais la peur des banquiers français ne s’arrête pas là car ils craignent aussi un effet domino :   » Si la France quitte la zone euro, vous pensez que rien ne va changer pour l’Italie, ou le Portugal ? Que les investisseurs auront une pleine confiance dans la dette de ces pays ? Toutes les banques de la zone euro seraient en danger « , avertit un autre banquier. Avec toutes les malversations dont elles se sont montrées capables, avec tous les plans dits de sauvetage dont elles se sont gavées sans retombées positives significatives sur l’économie réelle, les banques de la zone euro ne méritent-elles pas de subir une petite cure d’amaigrissement et de se voir prescrire un régime hypocalorique ?

Alors, quand les investisseurs étrangers demandent aussi aux banques de détailler les stratégies mises en place pour se protéger contre le risque d’une sortie de l’euro, les réponses ne se font guère rassurantes.  » Nous allons mettre nos positions de risque de marché à zéro pour les quelques jours qui vont suivre l’élection, mais cette mesure ne nous protège pas contre une déstabilisation complète de la France, explique un banquier. On ne peut pas faire grand-chose. Acheter des couvertures, des CDS – credit default swaps – contre le risque souverain français ? Ce n’est pas “assumable” politiquement et le montant de nos actifs en France est trop élevé pour pouvoir être couvert.  » Les banques interrogées disent pourtant disposer d’assez de réserves de liquidités pour tenir des mois, voire deux ans pour certaines, si les marchés ferment ou se contractent devant un scénario de sortie de l’euro. Ce qui démontre que la situation n’est pas aussi catastrophique qu’annoncée !

Reste qu’un grand patron du secteur bancaire ne peut s’empêcher de proclamer  ceci :  » Je peux me préparer à la faillite du Kazakhstan, mais pas à celle de mon pays, où j’ai toute mon activité.  »

Les mots ne sont pas trop forts…

 

III. Angela a du plomb dans l’aile

Il est vrai qu’elle en a tant fait…d’âneries ! Alors, comment s’étonner que même Martin Schulz se prenne à rêver.

 » Je veux être le prochain chancelier de la République fédérale d’Allemagne.  » Dimanche 19 mars, c’est par ces mots que Martin Schulz a conclu le long discours – près d’une heure et quart – qui a clôturé le congrès du Parti social-démocrate (SPD), organisé dans un ancien hangar d’autobus de Berlin. Et, à en croire la standing ovation que lui ont réservée ses supporteurs ragaillardis par les derniers sondages, ce qui paraissait hier impossible semble aujourd’hui à portée de main.

Martin Schulz

A six mois des législatives du 24 septembre, M. Schulz n’a certes pas encore détrôné Angela Merkel. Mais, pour la première fois depuis que celle-ci a succédé à Gerhard Schröder, en 2005, la perspective de voir le candidat du SPD ravir le poste de chancelier à la présidente de l’Union chrétienne démocrate (CDU) apparaît comme une hypothèse sérieuse.

En 2009, six mois avant les législatives, la CDU devançait le SPD de 8 points. En 2013, à six mois du scrutin, l’écart était de 13 points. Aujourd’hui, les deux partis sont au coude-à-coude : dans le dernier sondage de l’institut Emnid pour le quotidien Bild, publié samedi, la CDU est créditée de 33 % des intentions de vote, soit un seul point de plus que le SPD. En janvier, les conservateurs avaient près de 15 points d’avance.

Pour le SPD, ce congrès était politiquement sans enjeu mais symboliquement important. Sans enjeu car l’issue était connue : l’élection de M. Schulz à la tête du parti et son intronisation officielle comme candidat à la chancellerie. De ce point de vue, le congrès a été une formalité : l’ex-président du Parlement européen a été élu président du SPD avec… 100 % des voix. Jusque-là, le chef du SPD le mieux élu était Kurt Schumacher, qui avait obtenu 99,71 % des suffrages en 1948.

Attendu, le sacre de M. Schulz n’en reste pas moins un événement symboliquement fort. Mi-janvier, le peu populaire Sigmar Gabriel, alors ministre de l’économie, avait annoncé, à la surprise générale, qu’il souhaitait voir Martin Schulz lui succéder à la présidence du parti et être candidat à la chancellerie. Deux mois plus tard, l’accueil triomphal réservé à M. Schulz lors du congrès de Berlin est venu conforter ce choix. Emu de laisser la main après un peu plus de sept années à la tête du SPD, M. Gabriel a juré qu’il n’y avait chez lui aucune  » mélancolie « , et, à la tribune, il n’a pas lésiné sur les superlatifs pour adouber son successeur.

 » Tu personnifies, par ta vie même, ce qu’est la social-démocratie. Tu n’es pas seulement très intelligent, tu as un cœur gros comme ça et c’est pour cette raison que tu seras un excellent chef du SPD « , s’est-il enflammé, avant de se laisser griser à l’idée, tenez-vous bien, de voir  » Emmanuel Macron président et Martin Schulz chancelier « . Au risque de mettre en cause le lien historique entre le SPD allemand et le PS français, le jour même du grand meeting de Benoît Hamon à Bercy…mais démontrant surtout quels sont les liens entre le CAC40 et le grand capital allemand !

En bon social-démocrate, Martin Schulz a réaffirmé que l’Allemagne – a fortiori parce que l’état de ses comptes publics le permet – devait  » investir  » davantage, ironisant sur les conservateurs qui  » assènent toujours la vieille antienne des baisses d’impôts « .

Et, s’il n’a pas cette fois pris ouvertement ses distances avec  » l’Agenda 2010 « , ces réformes de l’ex-chancelier Gerhard Schröder (SPD) accusées par une partie de la gauche d’avoir précarisé le marché du travail et creusé les inégalités, l’intention y était : en fulminant contre le  » néolibéralisme « , M. Schulz a choisi de donner raison à ceux qui estiment que l’une des raisons des déboires électoraux du SPD de ces dernières années vient de son positionnement trop centriste.

Comme lors de ses précédentes prises de parole, M. Schulz a insisté sur son attachement à l’idéal européen.  » Avec moi, il n’y aura pas d’Europe bashing « , a-t-il promis, avant de s’en prendre aux  » populistes  » qui attisent le  » nationalisme  » et dénoncent à tout bout de champ la  » presse mensongère « . Et pourtant…

Un message autant destiné aux présidents turc et américain, Recep Tayyip Erdogan et Donald Trump, nommément cités, qu’au Front national français et au parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) :  » L’AfD, ce n’est pas une “alternative pour l’Allemagne”, c’est une honte pour la République fédérale « , a assuré le candidat.

Quelle que soit l’issue de la campagne, ce 19 mars restera comme une date importante dans l’histoire des sociaux-démocrates allemands. Le plébiscite obtenu par leur prochain candidat à la chancellerie coïncide en effet avec la prise de fonctions de l’un des leurs, Frank-Walter Steinmeier, à la présidence de la République. Elu le 12 février, l’ex-ministre des affaires étrangères – remplacé par M. Gabriel à la tête de la diplomatie – a succédé, dimanche, au pasteur protestant Joachim Gauck.

A six mois des législatives, les conservateurs misent sur les trois scrutins régionaux prévus d’ici là – dans la Sarre, le 26 mars, dans le Schleswig-Holstein et en Rhénanie-du-Nord – Westphalie, en mai – pour doucher l’euphorie qui a saisi les sociaux-démocrates. Une euphorie moquée par les jeunes de la CDU qui, dimanche, ont amarré un bateau sur la rivière Spree, en face du lieu du congrès, avec cette banderole :  » Eh, chancelier divin ! Si tu peux marcher sur l’eau, viens donc par ici !  »

En Allemagne aussi, ça va tanguer. Mais elle l’a cherché.

 

IV. Mais « La France ne peut pas mourir, car le Christ aime encore les Francs » (Henri, comte de Chambord)

Marc-Antoine Charpentier 

Grands motets pour la Semaine Sainte

À la Chapelle Royale du château de Versailles

Mardi 28 mars 2017 – 20h

Dans la tradition musicale catholique, la Semaine Sainte est le moment d’une profusion musicale toute particulière. Mobilisant toutes les forces musicales des églises, cathédrales, couvents et même des salles de concert, la Passion du Christ envahit chaque lieu officiel, pour une communion de tout le Royaume dans la souffrance du Rédempteur.

Pour ce concert, Sébastien Daucé souhaite présenter les différentes facettes des œuvres composées par Charpentier à cette occasion, pour les usages les plus divers. La Messe bien sûr, destinée aux grands offices comme ceux de la Sainte Chapelle de Paris dont Charpentier était le Maître de Musique, est l’ouvrage majeur pour le plus grand nombre des croyants. Le magnifique Miserere des Jésuites rappelle la force de cette Confrérie, dominante dans le Grand Siècle français, par les nombreux édifices dont elle a la charge et qui sont de puissants centres musicaux. Enfin les Leçons des Ténèbres étaient destinées à la pratique conventuelle, mais en cette période de l’année où toute représentation d’opéra était interdite, on se pressait pour entendre (sans les voir) les plus belles voix des couvents de Paris qui rivalisaient alors en mondanité sacrée…

Réunir cette palette d’œuvres pour la Passion permet à Sébastien Daucé de déployer toutes les couleurs des instrumentistes et chanteurs de l’Ensemble Correspondances : la musique de Charpentier est leur terre d’élection, sa subtilité instrumentale, son immanente beauté chorale sont leur meilleure expression. Rencontre au sommet entre les meilleurs interprètes actuels de Charpentier, et sa musique la plus déchirante…

PROGRAMME

Marc-Antoine Charpentier (1643-1704)
Miserere des Jésuites
Leçon de Ténèbres
Motets pour les Trépassés
Messe

DISTRIBUTION

Ensemble Correspondances
Sebastien Daucé Orgue et direction

 

Le 21 mars 2017.

Jean-Yves Pons, CJA.

BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (20 mars 2017)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

20 Mar

I. L’inconséquent monsieur Fillon

ou le monde parallèle de nos excellences

 

François Fillon, la main droite sur le coeur

Que   » l’affaire Fillon  » soit un coup monté par quelques officines de gauche ou apparentées , en frappant sous la ceinture l’un des maillons faibles de la droite (mieux encore que dans une série de télé-réalité), ne devrait pas faire l’ombre d’un doute. Que François Fillon, en employant son épouse et deux de ses enfants comme assistants parlementaires, n’ai fait que pratiquer ce que la loi autorise (et que beaucoup d’autres parlementaires pratiquent aussi sans être à ce jour inquiétés – lire http://www.francetvinfo.fr/politique/bruno-le-roux-a-embauche-ses-filles-comme-collaboratrices-parlementaires-des-le-lycee_2106766.html) devrait sauter aux yeux. Que le chef de détournement de fonds publics, complicité et recel d’abus de biens sociaux, dans cette affaire, soit de  la sorte indéfendable n’est pas moins évident pour pour tout légiste honnête. Mais tout ceci bien sûr à condition que ces emplois n’aient pas été fictifs ce que seule l’enquête dira. En attendant, de grâce, pas de désinvolture dans cette situation non seulement calamiteuse pour son parti et son projet politique mais d’une violence inédite pour tous ceux qui le soutiennent. De grâce pas de  » Et alors ? « 

Mais que François Fillon, en vieux routier de la vie politique, de ses pièges et de ses arcanes, soit tombé avec autant de naïveté et peut-être hélas de cupidité, dans les filets de ce trouble personnage qu’a toujours été Jaffar (dit Robert) Bourgi* nous consterne et en dit long sur les faiblesse de celui qui prétend encore présider au destin de la France. Pour paraphraser son propre discours nous pourrions ici le questionner :  » Qui imagine un seul instant le général de Gaulle acceptant de se faire offrir par un ami pour plusieurs dizaines de milliers d’euros de vêtements de luxe ?  » Même si cet ami ne lui avait voulu que du bien… Et nous pourrions même ajouter, comme il le fit face à Nicolas Sarkozy :  » Il ne sert à rien de parler d’autorité quand on n’est pas soi-même irréprochable.  »

Jaffar (dit Robert) Bourgi, la main gauche sur le coeur

 

Jaffar connaît de longue date François qu’il a feint de soutenir lors de la primaire de la droite et le candidat des Républicains est sans doute tombé sous le charme de ce vétéran de la  » Françafrique  » de Jacques Foccart, pourtant décrit comme sulfureux, voire tricard, et qui n’a pas son pareil pour faire croire qu’il est incontournable. Mais voilà aujourd’hui le candidat à la présidentielle humilié.

 » La scène politique française m’amuse « , raconte avec détachement le volubile Franco-Libano-Sénégalais… Entre François Fillon et Nicolas Sarkozy, il n’hésite pas un instant.  » On s’amuse mieux entre bandits, lâche-t-il à ceux qui l’écoutent. Nicolas est un vrai copain, un ami.  » Au point que certains se demandent aujourd’hui si la main de l’ancien président de la République n’est pas derrière le dernier rebondissement des affaires Fillon.

L’intermédiaire a servi des années durant Jacques Chirac puis Dominique de Villepin dont on sait qu’aucun des deux ne fut vraiment  » blanc-bleu « .  » Il n’est pas calculateur mais calculé et, ces dernières années, il a été utilisé pour servir des agendas et régler des comptes, veut croire un ancien chef de la diplomatie français. Il était vraiment à sa place dans l’ombre, en tant qu’intermédiaire soucieux d’entretenir des relations complexes entre la France et l’Afrique francophone.  »

Volubile et charmeur, Jaffar-Robert Bourgi peut parler des heures sans rien dire, peu avare de confidences invérifiables, et toujours fidèle à l’une de ses maximes préférées :  » Secret de deux, secret de toujours ; secret de trois, secret de tous « . Fils d’un commerçant libanais et gaulliste de Dakar, il s’est formé à la politique et aux manœuvres de l’ombre auprès de Jacques Foccart, le tout-puissant M. Afrique du général de Gaulle et de Pompidou. En 2007, alors qu’il lui remettait la Légion d’honneur, Nicolas Sarkozy aura ces mots :  » Je sais que, sur ce terrain de l’efficacité et de la discrétion, tu as eu le meilleur des professeurs et que tu n’es pas homme à oublier les conseils de celui qui te conseillait jadis de rester à l’ombre pour ne pas attraper de coup de soleil.  »

Rapidement, Jaffar-Robert Bourgi se fait une place dans le milieu des intermédiaires entre la France et ses anciennes colonies. Son autre maître dont il tirera son influence et sa fortune se nomme Omar Bongo, indéboulonnable président du Gabon de 1967 jusqu’à sa mort, en juin 2009. Cet Etat pétrolier d’Afrique centrale était le centre des opérations clandestines d’ordre militaire ou financier, en cash. Encore aujourd’hui, Robert Bourgi aime à citer les adages de celui qu’il appelait «  papa « . Avec une pointe de nostalgie de cette époque où il influençait le choix de l’ambassadeur de France au Gabon, faisait limoger un ministre de la coopération, orientait les soutiens financiers aux candidats à la présidentielle française….

Ceux des roitelets africains qui sont encore vivants tiennent pourtant à distance cet intermédiaire flamboyant qui se vante d’être  » plus africain que français « . Son numéro de charme passe désormais moins bien chez eux. Malin, habile, il a pourtant su séduire et déjouer les guets-apens durant des décennies.

Mais il n’a jamais succombé à la frustration de l’intermédiaire fâché de ne pas apparaître à la lumière et de ne pas être reconnu à sa juste valeur. Combien de porteurs de valises d’espèces servant à financer les partis politiques dans les années 1980 et 1990 ont été emportés dans les bourrasques judiciaires faute d’avoir su rester à leur place ? L’instinct de survie et l’intuition de Robert Bourgi l’ont toujours préservé, à ce jour.

 » A la mort d’Omar Bongo, il a perdu de son influence en Afrique francophone mais aussi en France, souligne le journaliste et écrivain Antoine Glaser. Il a réussi comme intermédiaire en Afrique du temps de la guerre froide mais l’Afrique mondialisée d’aujourd’hui, il ne la comprend plus. Robert Bourgi, ce n’est plus possible aujourd’hui.  »

L’avocat qui n’a jamais plaidé de sa vie continue toutefois de recevoir quelques conseillers de chefs d’Etat africains et des opposants dans son cabinet du 16e arrondissement. Le visiteur est scruté par le regard d’Omar Bongo dont les photos ornent les murs. Son terrain de jeu s’est rétréci. L’héritier autoproclamé de Foccart se contente du champ de bataille de la droite française. Il s’amuse comme il peut.

Mais que diable François Fillon allait-il faire dans cette galère vermoulue ? Il va sans doute le payer de sa défaite.

* Né le 4 avril 1945 à Dakar, au Sénégal, Jaffar (dit Robert) Bourgi appartient à une fratrie de 13 enfants, issus d’une dynastie libano-sénégalaise. Fils de Mahmoud Bourgi, un riche négociant en textile, qui a choisi d’émigrer du Liban en 1918, il est notamment le frère du juriste Albert Bourgi. Après des études au lycée Van-Vollenhoven à Dakar et des études de droit à l’université de Nice et à l’université Paris-I, il est docteur d’État en droit public (1978) et diplômé d’études supérieures en science politique. Bien qu’il ait prêté serment en 1993, Jaffar Bourgi est un avocat qui n’a jamais plaidé.

 

II. LA priorité…de toutes les priorités

Les candidats à la prochaine élection présidentielle, quel qu’ils soient, ont toutes sortes de priorités… à croire qu’il n’y a que des priorités (ce qui laisse un peu dubitatif) : l’emploi, le logement, la santé, la sécurité, l’environnement, le pouvoir d’achat… tout –dans une campagne- n’est que priorité, mais lorsqu’on aborde l’éducation on atteint des sommets : « l’éducation c’est LA priorité des priorités, parce que tout part de là ». Et c’est vrai, tout part de là ! Mais tout y revient aussi.

C’est le thème présidentiel par excellence. Sans une éducation performante, pas de lutte contre le chômage. Mais l’Education qu’ils appellent Nationale, c’est aussi la question du logement et de l’urbanisme avec la carte scolaire, de la désertification en milieu rural avec le maintien ou non des écoles dans les villages et jusqu’à la fabrique des citoyens. C’est donc aux enseignants que l’on demande non seulement de former les futures forces vives de la nation, taillables et corvéables mais si possible épanouis, mais aussi de régler, à la source, les questions de violence, d’enseigner le civisme, la vie en société, de sensibiliser les élèves aux questions d’environnement, de santé, de repérer les carences familiales, de corriger les inégalités sociales ou territoriales, etc.

Mais le corps enseignant, qui a beaucoup perdu de son prestige (la société ne le vénère plus comme à l’époque où il était le principal vecteur du savoir en même temps qu’il savait aussi tenir son rang et ne pas hurler avec les loups…), est vu comme une corporation privilégiée, parce que protégée statutairement. Il est aussi perçu en état de souffrance, écrasé sous le poids des problèmes de la société dont il est le réceptacle. Or, malgré ce changement de statut dans l’imaginaire collectif, on lui assigne toujours autant de missions de moins en moins réalisables. Pour les politiques, les enseignants doivent toujours être, comme on le disait à la fin du XIXe siècle, les hussards d’une République…moribonde ! Ajoutez-y le développement exponentiel de l’acculturation résultant du métissage ethno-culturel et vous comprendrez que l’instruction publique soit dans une impasse.

Et, pendant ce temps-là, les candidats assènent des programmes, encore des programmes et toujours des programmes…

Quand Marine Le Pen veut faire payer l’école publique aux enfants d’étrangers, c’est une bonne idée mais qui n’est pas réalisable à moins de changer…la Constitution. Quand François Fillon veut remettre de l’autorité à l’ancienne, avec le retour de l’uniforme, en finir avec ce qu’il appelle le « pédagogisme issu de 68 » ou quand il évoque, s’agissant de l’apprentissage de l’histoire, la nécessité d’un  » Récit National « , c’est aussi une bonne idée mais qui ne manquera pas de se heurter aux blocages des syndicats et d’une administration  » belkacemisée « . Quand Emmanuel Macron propose l’autonomie des établissements (proposition classiquement de droite) et la multiplication des possibilités d’expérimentation pédagogique à tous crins (propositions classiquement de gauche), il fait du Macron…pour tenter de plaire à tout le monde. Et pour tous les autres, c’est de la même eau. L’éducation est un  affichage chargé de symboles très parlants, un réservoir de slogans, au détriment de propositions simples et concrètes…mais il est vrai, moins rentables électoralement.

Reste à savoir ce qui restera des réformes menées ces cinq dernières années et, notamment, des plus contestées d’entre elles : les rythmes scolaires et le collège. Benoît Hamon est, sans surprise, le candidat de la continuité, lui pour qui l’école est le domaine dans lequel cette mandature a le mieux réussi.  » La gauche peut être fière de la politique qu’elle a menée depuis cinq ans « , estime l’ancien – et éphémère – ministre de l’éducation (d’avril à août 2014), qui met le cap sur la réforme du lycée.

Ses adversaires, eux, détricotent le quinquennat en matière d’éducation. La réforme des rythmes ? Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon promettent de l’abroger, quand François Fillon et Emmanuel Macron entendent laisser les communes trancher. Le  » collège 2016  » ? Abrogation chez M. Mélenchon et M. Fillon ; remise en cause partielle chez M. Macron, qui veut rétablir les classes bilangues. Comprenne qui pourra…

Mais quand accordera-t-on un peu de stabilité à l’instruction de nos enfants par leurs maîtres et de liberté à leur éducation par les familles ?

 

III. Terrorisme : encore un raté de nos pouvoirs publics

Le terroriste islamiste qui a semé la panique samedi 18 mars de Garges-lès-Gonnesse (Val-d’Oise) à l’aéroport d’Orly (Val-de-Marne) n’était pas un perdreau de l’année en matière de délinquance et de violence.

C’est lui à deux âges de sa courte vie

Âgé de 39 ans, Ziyed Ben Belgacem (peut-être un lointain parent de Najat !), ressortissant français né à Paris en février 1978, s’est illustré samedi, entre 7h et 8h30, en agressant au pistolet à grenaille des policiers effectuant un contrôle de routine de son véhicule à Garges-lès-Gonnesse (où il résidait) puis en tirant des coups de feu dans un bar de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) où il avait ses habitudes avant de voler le véhicule d’une voisine pour se rendre à l’aéroport d’Orly-sud où il s’est jeté sur une militaire qui participait à une patrouille de l’opération Sentinelle ! C’était beaucoup pour un seul homme bien qu’il ait crié à Orly :  » Mains sur la tête ! Je suis là pour mourir par Allah. De toute façon il y avoir des morts. « . Il n’y en eut, heureusement, qu’un seul : LUI.

Pourtant, le pire dans cette tragique histoire est que ledit Ziyed Ben Belgacem était déjà (selon l’expression consacrée)  » connu des services de police « . Son casier judiciaire fait état de neuf mentions, notamment pour des faits de violence, d’outrage, trafic de stupéfiants et recel.  » On notera plus particulièrement une condamnation à cinq ans d’emprisonnement pour des faits de vol avec arme, une condamnation à trois ans d’emprisonnement pour des faits de trafic de stupéfiants et une condamnation à cinq ans d’emprisonnement également pour des faits de trafic de stupéfiants « , a détaillé sans sourciller le procureur de Paris, François Molins. Au moment de l’attaque de l’aéroport d’Orly, Ziyed Ben Belgacem était d’ailleurs sous contrôle judiciaire auquel il ne se rendait pas sans la moindre intervention des services de police de son secteur !

Mais ce n’est pas tout. Les services de renseignement connaissaient également cet homme.  » Il avait été repéré comme radicalisé à l’occasion d’un passage en détention  » au début des années 2010, a expliqué François Molins.  » Dans le cadre de l’état d’urgence (en 2015), il avait l’objet d’une perquisition administrative qui avait amené la police à découvrir chez lui 4 clés USB et une carte SD dont l’exploitation n’avait rien donné « , a précisé le procureur. Croyez-vous que l’on ait envisagé, depuis, de le mettre hors d’état de nuire, au bagne, ou même seulement de le placer sous surveillance ? Croyez-vous que quelqu’un ait songé à une  » déradicalisation  » selon la méthode éprouvée de Manuel Valls ? Rien de tout cela, évidemment. Et cette  » Chance pour la France « , voyou notoire, sans emploi et ne vivant que de ses larcins et de ses trafics, danger terroriste potentiel devenu bien réel, bénéficiait toujours de sa nationalité française et de la bienveillance des autorités judiciaires.

Comme nous l’avons relevé hélas trop souvent, qui sont les véritables responsables des crimes commis par les terroristes islamistes sur notre territoire ?

 

Le 20 mars 2017.

Jean-Yves Pons, CJA.

 

BULLETIN CLIMATIQUE DU WEEK-END (18/19 mars 2017)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

18 Mar

I. Après la Suède, la Belgique, les Pays-Bas…

C’est au tour de la France de devoir subir l’invasion des jeunes, voire très jeunes, toxicomanes marocains dont Mohammed VI ne veut plus !

Cela fait quelques mois maintenant que ces adolescents sont arrivés à Paris et qu’ils errent dans le quartier de Barbès (dans le 18ème arrondissement de Paris, entre le square Alain-Bashung et la rue de la Goutte-d’Or), seuls, refusant toute prise en charge par les pouvoirs publics qui, de leur côté, ne font rien pour mettre un terme à leur cavale. Difficile d’évaluer leur nombre mais ils pourraient être déjà plus d’une centaine, selon l’Office français de l’immigration et de l’intégration. « Des mineurs isolés aussi jeunes, toxicomanes et réfractaires à toute aide, c’est du jamais-vu à Paris », est-on seulement capable de dire à la mairie. Le phénomène a pris, paraît-il, les autorités de court. Et met les nerfs des riverains à rude épreuve.

Les nouveaux Mystères de Paris

Planté devant l’entrée d’une laverie automatique de la rue de Jessaint, Ouakka (qui a quitté son bled il y a longtemps…), 79 ans, ouvre l’œil. Sa mission ? Empêcher ces gamins de pénétrer dans l’établissement. « Ils fument, ils crachent, ils boivent, ils se droguent, ils insultent et vandalisent », dit-il. Cherchant refuge pour la nuit, certains ont forcé la porte à plusieurs reprises pour camper sur les machines à laver. D’autres ont squatté des Autolib’. « Défoncés à la colle, ils sont hyper agressifs », raconte Théodore Ceccon, 37 ans, gérant du restaurant italien d’en face, La Bella Donna. « On les a vus se battre au cutter, agresser une jeune fille de 14 ans pour lui voler son sac, cambrioler le studio du boucher, défoncer la porte d’une école… » Mais que fait la police ? 

« On ne peut pas envoyer des enfants de 9 ans en prison !, rappelle-t-on à la Ville de Paris en ajoutant sans rire : Tous les services de la ville ont été missionnés pour trouver une solution. » L’association Hors la rue (spécialisée dans le soutien aux mineurs étrangers) est la seule à être parvenue à établir un contact. Mais les premières tentatives d’hébergement se sont soldées par un échec : ils se sont enfuis au milieu de la nuit. « A priori, ce sont des enfants des rues, explique le sociologue Olivier Peyroux, de l’association Trajectoires. Ils semblent errer en Europe, sans stratégie migratoire claire. » Mais que fait alors l’OFPRA (L’Office français de protection des réfugiés et apatrides) qui se prétend toujours à la pointe du combat pour le salut des migrants ?… 

« S’ils dépendent d’un réseau, ils n’en parleront pas avant longtemps, pas avant de se sentir en très grande sécurité, souligne Guillaume Lardanchet, directeur de Hors la rue. Le danger : qu’ils soient récupérés, utilisés pour commettre des délits… » Mais nous n’avons aucun souci sur ce point vu que cela a déjà commencé mais que c’est caché par les autorités.

Une chose est sûre : ils sont tous passés par l’Espagne. C’est là qu’ils se seraient rencontrés. Et soudés. Certains sont parvenus à pénétrer à Melilla, l’enclave espagnole située au nord du Maroc : ils entrent par la frontière, cachés sous les voitures, ou simplement à pied, accompagnés d’adultes domiciliés dans la région, qui ont l’autorisation de passer sans visa pour la journée. Ils traînent près du port en attendant de franchir le détroit de Gibraltar, à bord des ferrys, cachés dans des camions, comme d’autres savent le faire à Calais. Mais le plus grand nombre passe en Espagne par Tanger et les ferrys qui se rendent à Algésiras ou à Tarifa.

Récemment, l’ONG Save the Children a détecté la présence d’adultes contrôlant ces groupes de jeunes, leur fournissant de la colle en échange de leur exploitation sexuelle ou criminelle. Le phénomène a pris de l’ampleur en 2016 à Madrid et à Barcelone, où, dans plusieurs centres, leur nombre a doublé. Mais pour eux, l’Espagne, touchée par un chômage en diminution mais encore important, n’est qu’un point de passage sur leur route vers le nord.

Depuis 2012, ils avaient surtout été repérés en Suède, en Belgique et aussi aux Pays-Bas. Mais jamais encore à Paris.

Comme quoi, il ne faut désespérer ni de l’imagination des hordes migrantes ni de l’aboulie de nos gouvernants !

II. L’avenir est-il entre les mains des indécis ?

La dernière vague de l’enquête électorale du Centre de recherches de Sciences Po (Cevipof), qui a été réalisée par Ipsos-Sopra Steria, les 14 et 15 mars, est préoccupante par le nombre inhabituel des électeurs encore indécis. Cette indétermination est d’autant plus grave qu’elle concerne l’élection présidentielle probablement la plus importante de l’histoire de la République. La situation présente mais, plus encore, future de notre pays n’autorise plus la moindre perte de temps et d’énergie pour mettre un terme à son déclin. Passé ce moment, il sera sans doute trop tard et, dans cinq ans, seul un miracle pourra éventuellement y remédier. Mais qui en prend la mesure et qui…s’en soucie ?

A quarante jours du premier tour de scrutin, au moment où d’habitude le débat présidentiel se cristallise, seulement 66 % des électeurs se disent tout à fait certains d’aller voter le 23 avril, soit 3 points de moins qu’il y a un mois. Ce pourcentage tombe à 57 % chez les moins de 35 ans et à 49 % chez les électeurs qui ne se déclarent proche d’aucun parti politique (soit le quart de l’électorat). De tels niveaux d’hésitation ou d’indécision électorales sont tout à fait inédits.

Au lendemain de son meeting réussi place du Trocadéro et du renoncement définitif d’Alain Juppé à offrir une alternative à la droite, François Fillon avait enregistré un léger rebond : il était crédité de 19,5 % des intentions de vote, en progression de 2 points. Huit jours plus tard, il a perdu le bénéfice de ce sursaut et retombe aujourd’hui à son niveau du début du mois de mars, 17,5 %, soit une chute de 8 points par rapport au mois de janvier, avant le déclenchement de ses ennuis judiciaires. Un hasard ou une nécessité ?

Certes, il a consolidé le cœur de son électorat puisque 70 % des sympathisants des Républicains (en hausse de 7 points en un mois) ont aujourd’hui l’intention de voter pour lui. Mais il perd du terrain dans toutes les autres catégories d’électeurs, notamment chez les moins de 35 ans, dont 9 % seulement continuent à le choisir. En outre, si elle ne s’est pas effondrée, son image s’est dégradée : 54 % des Français, en hausse de 4 points en un mois, déclarent ne pas  » aimer du tout  » cette personnalité. Enfin, il ne reste plus aujourd’hui que 15 % des sondés pour souhaiter sa victoire à l’élection présidentielle.

Les deux candidats de gauche, Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon, ne bénéficient en rien de la mauvaise passe de M. Fillon. Au contraire. Encore crédité, en janvier de 14 % à 15 % des intentions de vote, le candidat de La France insoumise est retombé sous la barre des 12 % (11,5 % actuellement) depuis la désignation du candidat socialiste. M. Mélenchon ne parvient plus, depuis, à retrouver une dynamique positive.

L’évolution du candidat socialiste est plus décourageante encore : avec 12,5 % des intentions de vote, il a baissé de 1,5 point depuis début mars et sa campagne, à l’évidence, patine. Avec les faveurs de 11 % des employés et 9 % seulement des ouvriers, Benoît Hamon ne bénéficie que d’un très faible taux de sympathie dans les catégories populaires. Seul le soutien des fonctionnaires (18 %) et des étudiants (20 %) lui permet de ne pas décrocher davantage.

Au plan politique, enfin, sa situation devient très problématique : il ne recueille que de 45 % des intentions de vote des électeurs proches du Parti socialiste, chez qui il ne devance Emmanuel Macron que de 3 points. Minoritaire au PS en dépit de sa victoire à la primaire, il n’est pas parvenu, depuis deux mois, à élargir son assise ni à rassembler son camp. Au total, l’ensemble des candidats de gauche (Hamon, Mélenchon, -Nathalie Artaud et Philippe Poutou) atteignent péniblement le quart des intentions de vote.

Emmanuel Macron consolide est le seul bénéficiaire de la dernière quinzaine. Semaine après semaine, il grignote peu à peu du terrain grâce au ralliement de nombreux opportunistes de tous bords, alléchés par quelques prébendes financées par le grand capital, allié du candidat d’En Marche ! : le voilà crédité de 26 % des intentions de vote, en hausse de 1 point depuis début mars, de 3 points depuis début février et de 8 à 11 points depuis décembre 2016. En outre, les intentions de vote en sa faveur se consolident : 52 % sont désormais un choix définitif, soit 10 points de plus que début mars.

Son électorat connaît peu de points faibles : s’il est plus présent chez les moins de 35 ans (28 %), les plus de 65 ans le soutiennent également (25 %) ; il distance très nettement les autres candidats chez les cadres supérieurs (34 %), les professions intermédiaires (28 %) et les étudiants (30 %), mais il est loin d’être absent chez les employés (24 %) et les ouvriers (20 %). Il est aussi largement soutenu par les électeurs les plus aisés – et, depuis que l’on connaît son programme, on sait pourquoi – (34 % des revenus de plus de 3 500 euros mensuels), il recueille 20 % des intentions de vote chez les plus modestes (moins de 2 000 euros par mois).

Au plan politique, s’il fait presque jeu égal avec M. Hamon chez les sympathisants socialistes, il le devance très largement parmi les électeurs de François Hollande au premier tour de la présidentielle de 2012 : 48 % d’entre eux le soutiennent, soit 20 points de plus que le candidat socialiste…Ce qui démontre qu’il est bien le candidat de François Hollande .

Vous laisserez-vous abuser ?

Si elle reste en tête de la compétition, la candidate du Front national, Marine Le Pen, est stable depuis le début du mois de mars et n’a progressé que de 1 point depuis début février. Désormais talonnée par Emmanuel Macron, elle est nettement distancée en termes d’image. Mme Le Pen continue à susciter le rejet complet de 53 % des Français qui ne  » l’aiment pas du tout  » (contre 28 % pour M. Macron). Et 24 % des électeurs souhaitent la victoire du candidat d’En marche !, contre seulement 20 % pour celle duFront national. SE LAISSERONT-ILS DÉFINITIVEMENT ABUSER ?

Sans préjuger des cinq semaines de campagne restant avant le premier tour, le duel entre la candidate du FN et le candidat du Marais s’installe donc désormais comme l’hypothèse la plus plausible.

Alors, rappelons-le, il n’y aura probablement pas de cession de rattrapage pour l’avenir de la France. Ou à quel prix ? Ils ne pourront pas dire qu’ils ne le savaient pas.

 

III. Quand Laurence Rossignol fait contre mauvaise fortune bon coeur

La ministre des droits des femmes, Laurence Rossignol, a salué, jeudi 16 mars, la validation par le Conseil constitutionnel de la scandaleuse proposition de loi étendant aux sites Internet le délit d’entrave à l’interruption volontaire de grossesse, définitivement adoptée par l’Assemblée nationale en février après de vifs débats.

L’amène Laurence Rossignol

Pourtant, l’honnêteté aurait dû inciter la ministre à reconnaître que l’institution a émis deux réserves d’interprétation qui réduisent nettement la portée du projet de loi et éloignent significativement l’objectif affiché par ses auteurs, soutenus par le gouvernement, à savoir lutter contre  » le militantisme anti IVG 2.0 « , selon l’expression de mauvais goût du rapporteur (PS) du texte, Catherine Coutelle.

La loi prévoit en effet de sanctionner de deux ans de prison et 30 000 euros d’amende le fait d’empêcher ou de tenter d’empêcher de pratiquer ou de s’informer sur une IVG, y compris en ligne, notamment par la diffusion d’  » allégations ou indications de nature à induire intentionnellement en erreur, dans un but dissuasif « . Sont évidemment visés les sites qui sont animés par des militants anti-avortement et mettent en avant des conséquences douloureuses physiquement et psychologiquement. Ils affichent le plus souvent des numéros verts que les femmes peuvent appeler. Le texte ouvre la possibilité de poursuites judiciaires à celles qui estimeraient avoir été  » trompées  » par ces sites.

Le Conseil constitutionnel, saisi par des parlementaires de l’opposition, estime cependant que  » sauf à méconnaître la liberté d’expression, la seule diffusion d’informations à destination d’un public indéterminé  » ne saurait à elle seule constituer un délit d’entrave. Le contenu des sites ne pourra donc être poursuivi. La loi, estiment les gardiens du respect de la Constitution, ne doit permettre de réprimer que des actes commis dans le cadre de relations entre personnes (par exemple en cas d’appel d’un numéro vert) : harcèlement par SMS, délivrance de fausses informations. Il faudra en outre que soit bien sollicitée  » une information, et non une opinion « , que celle-ci porte sur l’IVG et ses conséquences, et qu’elle soit donnée par une personne  » détenant ou prétendant détenir une compétence en la matière « . En clair, que l’interlocuteur de la femme enceinte vise à la tromper délibérément en mettant en avant sa connaissance du sujet.

Désormais, il est clair qu’informer une femme de l’existence de risques physiques ou psychologiques à la pratique d’un avortement ne constitue pas un délit dès lors que cette information  » ne vise pas à la tromper délibérément « .

IV. Mais « La France ne peut pas mourir, car le Christ aime encore les Francs » (Henri, comte de Chambord)

Restauration de la Chapelle royale du château de Versailles

Edifice remarquable entrepris par Jules Hardouin-Mansart en 1687 et achevé par Robert de Cotte en 1710, la Chapelle royale constitue sans doute l’expression la plus aboutie du grand style royal voulu par Louis XIV. La noblesse de son architecture et la qualité exceptionnelle de sa décoration font de ce bâtiment l’un des grands chefs-d’œuvre de l’art sacré, à la fois œuvre autonome et partie intégrante de l’ensemble palatial.

 


Attribué à Jacques Rigaud, Le château de Versailles, cour de la Chapelle, vers 1725, Château de Versailles

Plus de quarante ans après sa dernière restauration d’envergure, la Chapelle royale nécessite aujourd’hui une intervention urgente sur la couverture, les parements, la statuaire et les vitraux. Ces restaurations redonneront cohérence et harmonie à l’édifice.

Une première tranche de travaux, prioritaire, sera menée entre juin 2017 et juin 2020 avec le soutien de la Fondation Philanthropia : la restauration de la couverture (charpente, ardoises, ornements en plomb), des parements et des vitraux de l’attique, ainsi que des décors sculptés. Des tranches additionnelles de travaux sont prévues, par la suite, pour les parties basses de l’édifice. Elles se concentreront sur le traitement des façades et des vitraux.

La restauration sera réalisée dans le respect des techniques traditionnelles par des artisans aux savoir-faire ancestraux : maîtres charpentiers, couvreurs, verriers, serruriers, vitriers, tailleurs de pierre, doreurs, sculpteurs, métalliers…

Comme lors de la restauration des parterres et du bassin de Latone*, menée de 2013 à 2015 grâce au mécénat de la Fondation Philanthropia, le chantier de la Chapelle royale sera animé par un souci de valorisation et de transmission des savoirs. Ainsi, le château de Versailles encourage les entreprises qui interviendront sur le chantier à y employer des apprentis se formant aux métiers d’art.

* Restauration du bassin de Latone : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2013/08/08/bulletin-climatique-quotidien-8-aout-2013-de-la-republique-francaise/

Le 18 mars 2017.

Jean-Yves Pons, CJA.

BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (17 mars 2017)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

17 Mar

I. Il se fait appeler JFK…

mais il y a tromperie sur la marchandise

Jesse Feras Klaver (JFK) a été accueilli comme une rock-star à La Haye, mercredi 15 mars au soir, par des centaines de soutiens de son parti, GrœnLinks (Gauche verte). Ce trentenaire ambitieux est devenu en l’espace de quelques mois l’étoile montante de la gauche néerlandaise, dont il apparaît, après ces législatives, comme le leader de fait : l’effondrement des sociaux-démocrates, qui réalisent le plus mauvais score de leur histoire, et la stagnation de la gauche radicale lui ont ouvert la voie.

Jesse Feras Klaver, tout droit venu du Rif

GrœnLinks est en effet devenu le premier parti à Amsterdam et les 14 sièges de députés qu’il a décrochés (alors qu’il n’en avait que 4), selon des résultats encore provisoires jeudi matin, pourraient lui permettre de peser sur les négociations à venir pour former un gouvernement. Même si son programme est très distinct de celui des libéraux, il sera peut-être le partenaire nécessaire du premier ministre, Mark Rutte. Durant la campagne, celui-ci s’est dit favorable à l’écologie, à condition toutefois qu’elle ne soit pas «  une histoire de gauche « .

Le  » Justin Trudeau néerlandais  » – il a une ressemblance étonnante avec le premier ministre canadien – est surtout un admirateur inconditionnel de John Fitzgerald Kennedy, et pas seulement parce qu’il a les mêmes initiales que lui . Il a fait sienne une citation du président américain assassiné – «  Une personne peut faire la différence et chacun devrait essayer  » – et peut penser qu’il a contribué à éviter la majorité à Geert Wilders et son parti eurosceptique.

Il est en effet l’un de ceux qui avaient défié le chef du Parti pour la liberté (PVV). Pendant la campagne, il avait affirmé que les Pays-Bas étaient  » une terre d’immigration «  et, mercredi, il s’est réjoui que le populisme  » n’y ait pas percé « . Fils d’une mère indonésienne et d’un père marocain (donc deux fois musulman) il est bien placé pour savoir de quoi il parle et pour tout faire pour que Rotterdam devienne  » Molenbeek-sur-Nouvelle Meuse  » ! Il a d’ailleurs appelé son pays à continuer à accueillir des migrants.  Mais souvenez-vous ici de ce que nous écrivions dans notre Bulletin climatique du 15 mars à propos du rôle joué par les électeurs issus de l’immigration dans le résultat des élections législatives d’avant-hier (Lire « Pays-Bas : est-il déjà trop tard ? » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/03/16/bulletin-climatique-quotidien-16-mars-2017-de-la-republique-francaise/).

Originaire d’un milieu modeste de Rosendael, dans le sud du royaume, le jeune Klaver a séduit une bonne partie (un quart, selon l’institut de sondage Maurice De Hond) des anciens électeurs du parti social-démocrate et 10 % de ceux de la gauche radicale avec ses appels à un partage plus équitable des richesses. Il adhère aux thèses de l’économiste français Thomas Piketty (soutien de Benoît Hamon) et ose parler d’Europe dans un pays qui, en majorité, juge excessifs les pouvoirs de l’Union.

Ce fut le blason des Pays-Bas…

Les néerlandais qui refuseront la dhimmitude ont d’ores et déjà du souci à se faire…

 

II. Méfions-nous toujours des injonctions de Mme Merkel

Qui n’ont pas commencé avec l’accueil de centaines de milliers de migrants ayant emprunté la  » route des Balkans  » et qu’elle a imposé à l’Europe entière depuis l’été 2015….

Car les injonctions de la chancelière d’Allemagne avaient commencé bien avant. Le 15 mars 2011 par exemple, lorsqu’au cours d’une de ses fameuses conférences de presse peu de jours après l’accident de Fukushima, au Japon, elle confirmait la surprenante décision annoncée la veille : les sept centrales nucléaires d’Allemagne les plus âgées plus une, victime de pannes, seront arrêtées pour trois mois, et le tournant énergétique vers le renouvelable sera accéléré. Berlin avait, quelques mois auparavant, prolongé la durée de vie des centrales les plus anciennes au motif de la sécurité de l’approvisionnement…Comprenne qui pourra.

Etait-il seulement politique, ce revirement, dans le contexte d’une année électorale délicate pour elle ? Ou correspondait-il à une conviction profonde de la chancelière de saisir une chance historique, comparable à celle d’accueillir les migrants en août 2015 ? Comme d’habitude, nous ne le saurons jamais. Mais quoi qu’il en soit, le 30 mai 2011, c’est une Angela Merkel combative qui revient à la charge devant les journalistes pour parachever sa nouvelle stratégie : l’Allemagne sortira définitivement du nucléaire en 2022. L’objectif, annonce-t-elle, est de développer les énergies renouvelables afin qu’elles couvrent 35 % des besoins en électricité d’ici à 2020. A cette date, ces besoins devront être réduits de 10 % par rapport à 2008 et les émissions de gaz à effet de serre être 40 % inférieurs à ce qu’ils étaient en 1990. Tout en garantissant une grande stabilité de l’approvisionnement, indispensable pour une nation industrielle comme l’Allemagne.

Six ans plus tard, le bilan de cette politique phare de la chancelière est pour le moins contrasté. Le programme d’arrêt des centrales nucléaires, plébiscité par une large partie de la population, suit lentement son cours : le nucléaire ne couvre plus que 13,1 % de la consommation d’électricité, contre 14,1 % en 2015.

En revanche, l’Allemagne a par ailleurs si bien développé ses énergies renouvelables qu’elles représentent désormais la première source d’électricité du pays, et couvrent 32,3 % de la consommation d’énergie. Elles devraient donc atteindre sans problème les 35 % du mix énergétique d’ici à 2020, mais grâce à une politique d’encouragement très coûteuse pour les ménages et les entreprises.

En revanche, les autres objectifs sont considérés par les experts comme hors d’atteinte : ni l’efficience énergétique ni la réduction des gaz à effet de serre ne devraient pouvoir se situer aux niveaux annoncés. Pour la  » chancelière du climat « , c’est un échec patent. Certes, les Allemands ont consommé 2,4 térawatts-heure (TWh) de moins en 2016 qu’en 2015 (- 0,4 %), malgré une progression du produit intérieur brut (PIB) de 1,9 % ; cette baisse confirme un découplage durable entre croissance économique et consommation d’énergie. Mais elle reste trop faible : pour se rapprocher des valeurs cibles annoncées, l’Allemagne devrait réduire sa consommation de 8 TWh chaque année.

Quant aux émissions de gaz à effet de serre, après une réduction en 2015, elles sont reparties à la hausse en 2016, passant de 908 à 916 millions de tonnes équivalent CO2, soit une augmentation de près de 1 %. Un niveau quasi stable depuis 2009. La réduction par rapport à 1990 n’est que de 27 %, ce qui signifie que le pays devrait réduire ses émissions, selon les études, de 41 millions à 82 millions de tonnes chaque année d’ici à 2020 pour atteindre ses objectifs. Comment, malgré un effort inouï pour développer les renouvelables, l’Allemagne est-elle en train d’échouer sur les deux objectifs centraux de son  » tournant énergétique  » ? La faute tient essentiellement au charbon, qui, malgré une baisse continue depuis trois ans, se maintient à un niveau élevé. La production des centrales à houille couvrait, en 2016, 17 % du mix énergétique, celle des centrales à lignite 23,1 %.

Bien que polluante, l’électricité issue du charbon reste intéressante pour les compagnies énergétiques en raison de l’inefficience du marché européen des droits à polluer. A faible prix de la tonne de CO2, elles préfèrent continuer à produire et à vendre leur électricité à l’Autriche, à la France ou aux Pays-Bas, au besoin à un prix négatif, plutôt que d’arrêter les centrales. L’Allemagne, championne des exportations, l’est aussi en matière énergétique : en 2016, ses ventes de courant  » sale  » à l’étranger ont franchi un nouveau record, 8,6 % de sa production est partie chez ses voisins.

 » En Allemagne, la difficulté n’est pas la sortie du nucléaire, mais la sortie du charbon, explique Patrick Graichen, président de la société d’experts Agora Energiewende, créée par la Fondation Mercator et l’European Climate Foundation. Pour des raisons historiques et culturelles, l’Allemagne est attachée au charbon, associé à la croissance économique de l’après-guerre. Les syndicats allemands et le Parti social-démocrate (SPD) chantent encore lors de leurs congrès des chants du temps du charbon. Dans le nucléaire, il n’y a jamais eu autant d’emplois que dans le charbon. C’est l’inverse de la France.  »

Tout débat sur la sortie du charbon est donc politiquement très coûteux, pour le SPD comme pour l’Union chrétienne-démocrate (CDU) d’Angela Merkel.  » Le gouvernement espérait que le marché des droits à polluer vienne naturellement à bout du charbon, sans qu’il ait besoin d’intervenir directement. Cette stratégie a échoué. En 2016, lorsque nous avons proposé un plan de sortie du charbon en 2038, il était clair qu’avec les élections régionales en mai 2017 en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, grand pays du charbon, et le scrutin fédéral en septembre, aucun débat ne serait lancé « , poursuit l’expert.

Sans sortie programmée et obligatoire du charbon, comparable au plan du gouvernement en matière nucléaire, aucun progrès significatif ne pourra être fait au niveau des émissions de CO2, dans le contexte d’une quasi-stabilité des émissions dans l’industrie et les transports. Pour compenser, le gouvernement affiche ses progrès dans l’élimination de l’impopulaire énergie nucléaire : début mars, il a entériné un accord avec les grands groupes énergétiques sur la question du démantèlement des centrales.

Il prévoit que les sociétés exploitant des réacteurs nucléaires abandonnent à l’Etat la responsabilité du stockage des déchets. En échange, ces entreprises s’engagent à verser 23,55 milliards d’euros d’ici au 1er juin 2017 dans un fonds public de gestion des déchets nucléaires. Les énergéticiens conservent la charge de la fermeture et du démantèlement des centrales, ainsi que de l’empaquetage des déchets.

Mais en France , nous direz-vous ? Avec 77% de la production d’énergie totale d’origine nucléaire, contre 12,6% pour l’hydraulique, 5% pour les centrales thermiques à combustibles fossiles, 3,1% pour l’éolien et 1,1% pour le photovoltaïque croyez-vous qu’il soit possible et même envisageable de suivre les injonctions d’Angela Merkel pour se donner une sympathique image de  » gouvernement du climat  » ? Croyez-vous un instant à un développement significatif de la production d’énergie d’origine hydraulique ?

Imaginez-vous que nos terroirs et nos côtes puissent se couvrir à l’infini de ces horribles oiseaux d’acier que l’on nomme des éoliennes ? Que toutes nos maisons, immeubles et autres bâtiments se hérissent de panneaux photovoltaïques ? Car la France n’a plus de charbon en quantité significative et ceux qui militent en faveur de la fin de l’énergie nucléaire sont les mêmes qui refusent la recherche et l’exploitation d’autres sources d’énergie dans le sous-sol mais hurlent lorsque, avec Pierre Rhabi, nous nous interrogeons sur les bienfaits d’une décroissance raisonnée…

Alors, répétons-le : méfions-nous des injonctions d’Angela Merkel.

 

III. Jean de La Fontaine était un prophète

Vous connaissez tous la fable intitulée Le loup et le chien. Nous ne la reproduirons pas ici dans son intégralité mais nous contenterons de vous en rappeler la chute pour introduire la dernière note du think tank socialiste Terra Nova, intitulée  » Sortie de l’euro : les petits paieront ! « , qui a été publiée jeudi 16 mars.:

Chemin faisant il (le loup) vit le col du Chien, pelé :
Qu’est-ce là ? lui dit-il. Rien. Quoi ? rien ? Peu de chose.
Mais encor ? Le collier dont je suis attaché
De ce que vous voyez est peut-être la cause.
Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
Où vous voulez ? Pas toujours, mais qu’importe ?
Il importe si bien, que de tous vos repas
Je ne veux en aucune sorte,
Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.
Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

D’abord les chiffres qui résument ce texte :

1 066 à 1 830 euros

C’est, par an et par ménage, ce que coûterait une dévaluation de 15 % à 20 % de la monnaie nationale, une fois la France sortie de l’euro, affirme le think tank Terra Nova.

15 % à 18,5 %

C’est, selon le cercle de réflexion, le contenu en importations de la consommation des ménages français, c’est-à-dire la part qui concerne des produits ou services (finis ou intermédiaires) venus de l’étranger.

30 à 54

C’est, en milliards d’euros, le surcoût de la dette publique française (paiement des intérêts) par an en cas de hausse des taux d’intérêt après un retour au franc. En comparaison, la charge de la dette pour 2017 devrait atteindre 41,8 milliards d’euros.

ET TENEZ VOUS-LE POUR DIT !

Car voici la sentence de Terra Nova si, par malheur, la France décidait de quitter la zone euro et de retrouver sa monnaie nationale historique (faut-il rappeler toutefois que le Royaume-Uni, encore membre de l’Union européenne, n’a jamais appartenu à la zone euro et ne s’en est pas plus mal porté ?).

C’est l’un des points les plus débattus du programme du Front national (FN), mais aussi celui qui fait couler le plus d’encre. Les trois quarts des Français s’y opposent (selon un sondage Elabe rendu public le 9 mars), et pourtant, la mesure reste au cœur des propositions de Marine Le Pen, à cinq semaines du premier tour de l’élection présidentielle.

 » La sortie de l’euro serait loin de servir les intérêts des classes populaires dont le FN a fait sa cible privilégiée : elle leur serait même extrêmement défavorable « , résume le think tank proche du Parti socialiste (PS), qui a étudié les effets d’un retour à la devise nationale sur le pouvoir d’achat et l’épargne des Français, mais aussi sur leurs impôts et leur accès aux services publics. Car, ne vous y trompez pas, pour Terra Nova, en dehors de l’euro point de salut.

Ainsi, une sortie de l’euro entraînerait, nous dit-il, une dévaluation d’au moins 15 % à 20 % du franc. De quoi engendrer une hausse des prix des produits importés, à laquelle il conviendrait d’ajouter la  » contribution sociale sur les importations « , cette taxe de 3 % que Marine Le Pen souhaite instaurer pour relever les petits salaires et les petites retraites (jusqu’à 1 500 euros mensuels) de 80 euros par mois en moyenne.

En prenant l’hypothèse du FN que 15 % des dépenses de consommation des ménages portent sur des produits ou des services venus de l’étranger, le cercle de réflexion aboutit à une ardoise de 1 066 à 1 830 euros par ménage et par an. «  C’est (…) entre 7 % et 12 % d’un smic net à temps plein ; entre 11 % et 19 % des revenus d’un retraité seul au minimum vieillesse… ou entre 90 et 152 euros de pouvoir d’achat en moins par mois pour un salarié du milieu de la distribution des revenus « , prétend Terra Nova.

Une analyse à rebours de l’argumentaire de la présidente du Front national pour justifier le financement de sa  » contribution sociale  » : «  3 %, ce sont des matières premières, cela représente une proportion (…) dérisoire du prix des produits finis, ce ne sera pas sensible. Mais cela permet de relancer le pouvoir d’achat « , assurait-elle à juste titre devant la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), le 6 mars.

Mais Terra Nova ne l’entend pas de cette oreille :  » C’est ignorer que les chaînes de valeur se sont globalisées : aujourd’hui, les deux tiers des composants d’un Airbus sont importés ! Et, dans ces secteurs précis, on ne peut pas dire que la France ne profite pas de la mondialisation « , rétorque le directeur général de Terra Nova. De plus,  » si le prix des biens importés augmente, le prix des mêmes biens produits en France tendra probablement à augmenter également : si une Volkswagen coûte plus cher, Renault et PSA élèveront certainement aussi un peu leurs prix pour capter une part de cette marge « , souligne la note sans aucune preuve. Les ménages devraient, enfin, supporter les effets d’une dévaluation sur les administrations : une augmentation du prix des médicaments dans les hôpitaux, par exemple, devrait être financée par une hausse d’impôt….

Mais ce n’est pas tout, tant il importe de semer la peur au sein de la population :  » La sortie de l’euro aurait aussi des effets sur les classes populaires et les classes moyennes – par – son incidence sur le poids de la dette publique « , souligne Terra Nova.

Non pas tant par ses conséquences immédiates : comme l’ont largement souligné les conseillers économiques du FN, en droit international, la lex monetae stipule qu’un contrat de droit national doit être réglé dans la monnaie du pays concerné. C’est au moment du refinancement de la dette française, détenue par nos créanciers pour une durée moyenne de sept ans, que la situation deviendrait complexe : la charge (les intérêts) pourrait atteindre 30 milliards d’euros supplémentaires par an (à comparer à 41,8 milliards aujourd’hui).

 » Pour financer ce surcoût, il faudrait soit couper dans les dépenses publiques, soit augmenter les impôts. (…) La première méthode nuirait principalement à ceux qui ont le plus besoin des services publics, ceux qui ne sont pas en situation de payer une école privée à leurs enfants ou de prendre en charge une part croissante de leurs frais de santé « , indique Terra Nova. Quant à la piste de la hausse d’impôt, elle semble inconciliable avec la baisse de 10 % de l’impôt sur le revenu – hors dernière tranche – contenue dans le programme du FN.

Un retour au franc aurait, enfin, selon Terra Nova, pour effet de déprécier l’épargne des Français et notamment celle placée en assurance-vie. Un placement plébiscité par les retraités, mais aussi par les employés (29 % d’entre eux) et les agriculteurs (54 %), selon l’Insee.

Quant à la fameuse  » planche à billets « , elle créerait plus vraisemblablement de l’inflation, une fuite des capitaux vers l’étranger et un financement plus difficile des prêts immobiliers ou à la consommation :  » 2 % d’intérêt en plus sur un prêt immobilier de 150 000 euros sur quinze ans pour acquérir un pavillon dans un département du centre du pays – pourraient – en doubler le coût (…) par rapport à la situation actuelle « , a même calculé Terra Nova…

En d’autres termes, pour Terra Nova, mieux vaut être le chien que le loup. Le domestique que le maître. Et surtout, ne rien changer à notre servitude d’aujourd’hui en échange des quelques piécettes que veut bien nous laisser l’Union européenne !

Alors, que préférez-vous ? Etre esclave et aller à la soupe ou être libre et vous serrer un peu la ceinture ?

Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
Où vous voulez ? Pas toujours, mais qu’importe ?
Il importe si bien, que de tous vos repas
Je ne veux en aucune sorte,
Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.
Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

 

Le 17 mars 2017.

Jean-Yves Pons, CJA.