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Petite plongée dans le marigot des copains et des coquins.

13 Déc

Chef de file des ex-Les Républicains devenus députés « Constructifs » pour soutenir la candidature puis l’action d’Emmanuel Macron et hurleur parmi les loups qui n’avaient pas de mots assez durs pour dénoncer les prétendues malversations de François Fillon, Thierry Solère est rattrapé par ses propres magouilles.

Thierry Solère à l’Assemblée nationale ou « L’arroseur arrosé« 

Visé par une enquête pour fraude fiscale, blanchiment et trafic d’influence (excusez du peu) l’honnête homme et ardent soutien d’Emmanuel Macron, est néanmoins informé durant l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle d’une possible nomination au ministère de l’intérieur en cas de victoire de son champion face à Marine Le Pen.  « Ravi, flatté, mais inquiet, le député des Hauts-de-Seine aimerait savoir où en sont ses déboires. Il s’en ouvre à Jean-Jacques Urvoas (alors ministre de la Justice sur le départ dans le dernier gouvernement de François Hollande) », rapporte aujourd’hui Le Canard enchaîné, dont les informations ont été confirmées par le parquet.

Jean-Jacques Urvoas (Parti socialiste) a transmis au député des Hauts-de-Seine Thierry Solère, alors membre du parti Les Républicains (Les Républicains), une note confidentielle sur une enquête policière le concernant.

Le garde des sceaux sollicite alors de ses services une synthèse détaillant les investigations en cours. Il la transmet à M. Solère par la messagerie cryptée Telegram. Mais ce dernier conserve une copie du document « dans son propre téléphone ». Et, le 26 juin lors d’une perquisition, les enquêteurs tombent dessus au domicile de l’élu.

« Au mépris du secret inhérent à sa fonction, le garde des sceaux a donc envoyé à un justiciable une note confidentielle émanant de la Direction des affaires criminelles et des grâces détaillant les investigations en cours à son sujet », résume l’hebdomadaire satirique.

Une procédure pour violation du secret professionnel pourrait désormais bientôt être ouverte devant la Cour de justice de la République…

Tous pourris ! Mais aucun ne se dispense pour autant de donner des leçons de morale « républicaine » à la Terre entière.

Le 13 décembre 2017.

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Billet d’humeur, de très mauvaise humeur, du sieur Du Plessis : il a osé recommencer !

29 Nov

Vous vous souvenez sans aucun doute des propos scandaleux et insultants du candidat Macron, en Algérie qui plus est, pendant la dernière campagne pour les élections présidentielles :

« La colonisation fait partie de l’histoire française. C’est un crime, c’est un crime contre l’humanité, c’est une vraie barbarie. Et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face, en présentant nos excuses à l’égard de celles et ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes ».

En visite, hier mardi 28 novembre, au Burkina Faso, il a osé récidiver :

« Il y a eu des fautes et des crimes, des grandes choses et des histoires heureuses », mais « les crimes de la colonisation européenne sont incontestables»

Cet homme est indigne de sa fonction. Il est la honte de la France.

Mais sachez aussi que tous ceux qui furent les représentants de notre pays, gouverneurs, administrateurs, missionnaires, médecins, militaires, enseignants, industriels, agriculteurs, fonctionnaires, etc. expatriés au service de la France ne furent, pendant des siècles, que des

CRIMINELS.

Mes parents, mes grands-parents, mes arrière-grands-parents et même mes arrière-arrière-grands-parents remercient Emmanuel Macron, président de la République française, de leur avoir redonné, avec tant de lucidité et de conviction, la juste place qui fut la leur dans l’histoire de notre pays.

Je saurai personnellement m’en souvenir.

Le 29 novembre 2017.

Du Plessis

Emmanuel Macron ment sur sa politique migratoire pour 2018. Alors, imaginez la suite…

27 Nov

C’est, en tout cas, l’opinion du sénateur François-Noël Buffet :  » Ni l’intégration des réfugiés ni la lutte contre l’immigration irrégulière ne seront à la hauteur des promesses  » de la nouvelle mandature, avance cet élu (Les Républicains) du Rhône, après avoir analysé le budget pour 2018. Il estime, dans un rapport de la commission des lois du Sénat présenté jeudi 23 novembre, que la somme de 1,35  milliard d’euros allouée à la mission  Immigration, asile et intégration ne peut pas donner au gouvernement les moyens de ses ambitions.

Aucune des deux lignes de force qui se dégagent des discours du président de la République, Emmanuel Macron, et de son ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, ne peuvent être vraiment mises en œuvre avec un budget migration en hausse de 10,44  %, estime la commission des lois. Et ce, même si le chef de l’Etat ne cesse de répéter qu’il va mettre en place un meilleur accueil et une meilleure intégration des réfugiés ; et si son ministre de l’intérieur rappelle régulièrement sa volonté de renvoyer dans leur pays les déboutés de l’asile. Le grand écart avec lequel ils espèrent nous berner.

Si M. Buffet s’attarde d’abord sur le fait que le gouvernement  » sera dans l’incapacité de tenir ses engagements en matière d’éloignement «  des migrants sans titre de séjour, c’est qu’il y voit  » le point le plus révélateur d’une absence de politique sur l’immigration « . Et d’ajouter que,  » si la France ne commence pas par donner un signe fort sur ce point, rien ne sera possible « . Or, selon ses calculs,  » le budget 2018 table sur 14 500 éloignements forcés. Pas mieux qu’en  2016, année où seuls 18  % des mesures d’éloignement prononcées ont été réellement exécutées « .

Emmanuel Macron se moque de nous. Mais en doutiez-vous ?

Le sénateur estime que le véritable levier n’est pas l’augmentation de la durée de rétention, prévue dans le projet de loi sur les migrations qui sera présenté début 2018, mais la signature d’accords bilatéraux afin que les Etats acceptent de reprendre leurs ressortissants. C’est très exactement ce que le CER réclame depuis des années (Lire « Le dos au mur » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/11/12/bulletin-climatique-quotidien-12-novembre-2015de-le-republique-francaise/ et aussi « Quand on veut on peut… » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/09/03/bulletin-climatique-quotidien-3-septembre-2015-de-la-republique-francaise/).

Le rapport parlementaire note en effet que  » moins de la moitié des laissez-passer ont été délivrés dans des délais utiles à l’éloignement en  2016 « . M.  Buffet s’inquiète, par exemple, que le Mali ne délivre que  » 11,8 % des laissez-passer consulaires demandés, l’Algérie 48 % « 

Pour la commission des lois, l’avis budgétaire souligne aussi une distorsion entre le discours sur l’intégration de M. Macron et ce que permettra la somme allouée à ce poste dans le budget 2018. D’abord, l’élu, qui ne commente pas directement le vœu présidentiel que plus aucun migrant ne soit dehors à la fin de l’année, remarque que  » l’hébergement des demandeurs d’asile a un retard difficile à rattraper « . Dit autrement : il n’y a de la place à l’abri que pour 61  % des candidats à l’asile. Les autres continuent de s’entasser puis de disparaître des radars pour constituer des hordes incontrôlables, partout dans nos villes et même , à présent, nos villages.

Par ailleurs, et toujours sur l’intégration, M. Buffet s’émeut que l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) ne bénéficie que de 35 postes supplémentaires en  2018, alors qu’on multiplie les missions qui lui sont assignées.  » Depuis la loi de 2016, l’OFII est chargé de l’asile. Cette surcharge de travail se fait forcément aux dépens de l’intégration, une des missions pourtant essentielles, sur laquelle le chef de l’Etat insiste beaucoup (ndcer: en parole mais toujours pas en acte), mais qui ne bénéficiera pas non plus de moyens à la hauteur des besoins l’année qui vient « , rappelle-t-il.

Alors, imaginez la suite…

Le 27 novembre 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Ça commence : la réforme des retraites attendra.

26 Nov

Pendant sa campagne pour les élections présidentielles, Emmanuel Macron avait fait de la réforme des retraites l’une des mesures phares de son programme. Critiquant un système jugé  » complexe  » et  » injuste «  où cœxistent quelque trente-cinq régimes de base, il avait promis de le remplacer par un dispositif  » universel « . Avec un fil rouge :  » chaque euro cotisé « donnerait les mêmes droits à tous, quel que soit le statut de la personne (salarié, fonctionnaire…). Il s’était aussi engagé à ne revenir ni sur l’âge de départ à la retraite ni sur la durée de cotisation. Bref, la quadrature du cercle ou presque.

C’est pourquoi, on ne peut être surpris par les bruits qui circulent et qui laissent entendre que cette réforme viendra bien…un jour mais sans doute pas avant la seconde moitié de quinquennat.

Initialement prévue au  » premier semestre 2018 « , elle sera à coup sûr décalée à 2019 au mieux et, probablement, plutôt 2010. Invitée de LCI, vendredi 24 novembre, la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, chargée du dossier, l’a laissé entendre, déclarant ne pas vouloir se laisser  » enfermer dans des calendriers « .  » C’est une réforme structurelle, en profondeur qui nécessite la confiance des Français et aussi beaucoup de temps de concertation « , a-t-elle ajouté. Interrogée sur un éventuel report, elle a répondu :  » Pourquoi pas, mais il n’y a pas aujourd’hui de calendrier fixé. « 

Le calendrier avait été précisé par le Premier ministre, Edouard Philippe, dans sa déclaration de politique générale, le 4  juillet. Le chef du gouvernement avait notamment assuré que son équipe prendrait  » le temps du diagnostic, de la concertation et de la négociation « , ajoutant que  » le cadre de la réforme  » serait fixé  » fin 2018 « . Mais neuf jours plus tard, dans un entretien à Ouest-France, le président de la République avait avancé cette échéance, en faisant état d’une réforme des retraites  » dont les orientations seront présentées au Parlement au premier semestre 2018 « . Cette date a de nouveau été mentionnée le 14  septembre – jour de la nomination de M.  Delevoye en qualité de haut-commisssaire* – par Christophe Castaner, alors porte-parole du gouvernement, qui avait parlé d’une  » loi-cadre (…)  au premier semestre 2018 « . Ce véhicule législatif, qui définit les grands principes d’une réforme, serait la première étape de ce vaste chantier.

Cette semaine, M.  Delevoye a commencé à recevoir les partenaires sociaux. La CFE-CGC a  ouvert le bal mardi, suivie par l’Union des entreprises de proximité (U2P) mercredi et le Medef jeudi. Selon Alain Griset, président de l’U2P, l’hypothèse d’un report n’a pas été directement abordée par l’ancien médiateur de la République.  » Mais j’ai eu le sentiment que la façon dont il entend mener le procédé n’était pas compatible avec ce calendrier, explique-t-il. Il envisage sa mission dans le cadre le plus large possible, sans précipitation. Il a raison de dire que c’est un sujet anxiogène pour la société française et qu’il ne faut pas en rajouter en donnant l’impression qu’on irait trop vite.  » Mais,  » Sur la nature même du véhicule législatif, il semble ne pas être tout à fait au clair : l’hypothèse d’une loi-cadre n’est pas forcément la seule. « 

Pour certains protagonistes, 2018 ne semble pas l’année la plus propice pour conduire une  » transformation «  d’une telle ampleur. Les premiers mois risquent d’être déjà bien occupés par les réformes de l’apprentissage, de la formation professionnelle et, surtout, celle bien plus délicate de l’assurance-chômage.

L’équation n’est pas simple : dans deux ans auront lieu les élections européennes mais l’année prochaine, plusieurs organisations de salariés tiendront leur congrès – FO en avril et la CFDT en juin. Ce sont surtout les élections professionnelles dans la fonction publique, en décembre, qui pourraient parasiter le débat, les syndicats étant enclins, dans ce type de contexte, à durcir leur positionnement.

Seule certitude, le flou prévaut sur le tempo de la réforme et l’exécutif paraît bien embarrassé. Interrogé vendredi, l’entourage d’Edouard Philippe assurait qu’aucun engagement n’a été pris sur la date à laquelle la réforme sera présentée devant le Parlement et renvoie vers l’Elysée quand on rappelle l’engagement d’Emmanuel Macron à présenter la loi-cadre avant l’été  2018 ! A la présidence de la République, on suggère de se tourner vers le ministère des solidarités et de la santé…

Pas facile de manipuler une patate chaude !

Le 26Novembre 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Lire, à propos de J-P Delevoye, « Ce qui devait arriver arriva. Aussi, attendez-vous au pire » :

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/09/15/ce-qui-devait-arriver-arriva-aussi-attendez-vous-au-pire/

Ces gens-là, Monsieur, sont des gugusses !

25 Nov

Nous commentions hier au soir le remaniement gouvernemental orchestré par Emmanuel Macron pour faire suite à l’élection de Christophe Castaner à la tête des on parti, La République en marche.

Alors, un mot aujourd’hui de la nomination du député socialiste Olivier Dussopt au secrétariat d’Etat en charge de la Fonction publique, auprès du ministre de l’action et des comptes publics. Une caricature de ces pitres qui vont à la soupe ! Comment voulez-vous avoir le moindre respect pour de tels personnages ? Cela nous rappelle cette vieille comptine : 

Trois jours séparent en effet le remaniement ministériel du dernier vote à l’Assemblée sur le budget. Eh bien, il y a trois jours, Olivier Dussopt votait contre le texte voulu par le gouvernement.

Certains appellent cela, avec bienveillance, un grand écart politique. Car, depuis le début de la législature, Olivier Dussopt a voté avec son groupe, la Nouvelle gauche, majoritairement contre les projets du gouvernement. Et notamment les textes les plus importants: ceux qui fixent le budget.

Son parcours est d’ailleurs édifiant en termes de circonvolutions. En 2007, il est le benjamin de l’Assemblée nationale et est, à ce moment, proche de Benoît Hamon au sein de la « Nouvelle gauche » (à ne pas confondre avec l’actuel groupe parlementaire du Parti socialiste !). Il y a cinq ans, en 2012, il était le porte-parole de Martine Aubry dans le cadre de la campagne d’investiture présidentielle. En 2017, il s’est rapproché de Manuel Valls pour devenir son porte-parole dans la course à l’élection présidentielle lors de la primaire organisée par le PS.

« Sa Suffisance » Monsieur Olivier Dussopt

Depuis le début de la législature actuelle, il s’est par ailleurs fait remarquer par ses échanges houleux à l’Assemblée face à… Gérald Darmanin qui devient donc son ministre de tutelle. Ainsi, début août, il avait interpellé le ministre sur l’annulation de plus de 300 millions d’euros de dotations aux collectivités locales. « Dire n’importe quoi est l’apanage de l’opposition« , avait lancé alors le ministre, très fâché. Les deux hommes vont désormais devoir travailler ensemble, main dans la main !

Des gugusses vous dis-je. Des gugusses, de haut en bas de la pyramide gouvernementale.

Le 25 novembre 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Chronique d’une imposture annoncée : la République des copains et des coquins perdure.

25 Nov

Aux dernières nouvelles du marigot politique dans lequel s’enfonce notre pays, sachez que le président de la République, Emmanuel Macron, a sauvé la tête de son copain Christophe Castaner.

Après l’avoir désigné nommément pour prendre la tête de La République en marche, son parti politique, il a accepté l’inacceptable. Cette nomination impliquait en effet que M. Castaner, jusque-là secrétaire d’Etat aux Relations avec le Parlement et, simultanément, porte-parole du gouvernement quittât ces deux fonctions exécutives pour assurer en toute objectivité ses nouvelles responsabilités au sein du parti en question.

Christophe Castaner

Mais que croyez-vous qu’il advint  ?  Tout simplement que M. Castaner ne pouvant décemment pas porter la parole gouvernementale et, «  en même temps  » (pour reprendre une expression chère à Emmanuel Macron), celle de son parti, il lui fallait quitter ses fonctions gouvernementales.  Il perdit donc aujourd’hui, ce fameux porte-parolat. En revanche, Emmanuel Macron lui a conservé le secrétariat d’Etat aux Relations avec le Parlement. Une double casquette politique donc  totalement inacceptable et immorale pour un nouveau régime présidentiel qui ne cesse de se draper dans la vertu du non-cumul qu’il ne respecte pas.

Éric Ciotti, député Les Républicains des Alpes-Maritimes a ironisé: «le pouvoir actuel s’est paré des vertus des nouvelles pratiques politiques (…) la réalité est assez éloignée des discours». Lors d’un point presse, le député socialiste Boris Vallaud a également critiqué le mélange des genres qu’implique cette double fonction. «Est-ce qu’il considère le Parlement comme un organe institutionnel supplétif ou comme un lieu de débat? Pour la clarté du fonctionnement démocratique, c’est mieux que les choses soient à leur place», a estimé l’élu des Landes. «Quand on est ministre, on est ministre de la République, pas de la République en marche», pointe de son côté le président de groupe Nouvelle Gauche Olivier Faure. Le député Les Républicains Damien Abad parle, lui, d’un «scandale absolu». «C’est juste impossible d’un point de vue éthique, moral, comme politique, selon lui. Quand demain les députés de LREM lui poseront une question, ils s’adresseront au ministre ou au chef de parti ?», s’est-il insurgé.

En vérité, Emmanuel Macron, qui est le grand ordonnancier en la matière, fait ici d’une pierre deux coups :

1/ il permet à son ami Castaner de conserver une prébende ministérielle dont la disparition lui aurait financièrement posé problème (il ne s’en est d’ailleurs pas caché),

2/ mais, « en même temps« , il le remplace au porte-parolat par Benjamin Griveaux, jusque-là secrétaire d’Etat auprès de Bruno Le Maire…avec lequel il ne s’entendait que fort peu. Surtout, cette nouvelle fonction permet à Jupiter de tenir davantage sous sa férule ce fidèle mais néanmoins rival ! Emmanuel Macron aurait par exemple très peu apprécié que Griveaux tarde à démentir les bruits de couloir qui l’envoyaient à la conquête de la mairie de Paris en 2020. « J’ai le même âge qu’Emmanuel Macron, mais j’ai l’impression d’avoir perdu beaucoup de temps », a déclaré Griveaux sur le ton de la plaisanterie…Vous imaginez l’anxiété de Macron !

Ne serait-ce d’ailleurs pas pour cette même raison que l’on nous parle de repousser les élections municipales à 2021 ? Bonne question, dans ce scandale.

Le 25 novembre 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Taxe d’habitation : quand Emmanuel Macron réinvente la lutte des classes.

24 Nov

L’exonération de taxe d’habitation pour 80  % des foyers français (jusqu’à environ 2 500  euros de revenu réel par mois pour un célibataire, 5 000  euros pour un couple avec deux enfants) est certes l’un des principaux points de friction entre l’Elysée et les élus locaux. Pourtant, elle reste une  » mesure totémique  » d’Emmanuel Macron  » qui a contribué à son élection et qui constitue un marqueur structurant de sa politique « , estime l’IFOP. Rappelons d’emblée ici que, en langage clair, cette situation signifie d’une part que 80% des Français ont un revenu mensuel inférieur à 2 500 euros (ce qui laisse imaginer la pauvreté des moins pourvus d’entre-eux) et, d’autre part, que tout citoyen dont le revenu mensuel est supérieur à cette somme…est un NANTI ! Ou comment ce terrible sentiment que l’on nomme « l’envie » (et qui fait tant de mal) est instillé dans les têtes de 8 Français sur dix.

Et en voici la preuve.

Dans une étude parue jeudi 23 novembre, l’institut de sondage a mis en évidence une corrélation entre la popularité du chef de l’Etat et les annonces relatives à ce dispositif fiscal.

Et ce dès la présentation de la mesure. Intervenue le 24  février, soit deux jours après le ralliement de François Bayrou au candidat d’En marche !, la proposition d’exonération de taxe d’habitation a amplifié la remontée sondagière de l’actuel président, estime l’IFOP. Tombée à un plus bas de 19  % avant le 22  février, l’intention de vote en faveur de M.  Macron avait rebondi à 23,5  % après les propos du patron du MoDem. Mais elle a atteint 24,5  % après l’annonce sur la taxe d’habitation, puis 25,5  % début mars.  » Cette mesure concrète a été l’une des seules promesses de campagne d’Emmanuel Macron mémorisées par ses concitoyens « , indique Jérôme Fourquet, directeur du département opinion de l’IFOP.

L’ARBRE QUI CACHA LA FORÊT !

La proposition présentait un triple avantage : s’appuyer sur un discours simple (une taxe  » injuste  » car fondée sur des valeurs locatives caduques, -datant des années 1970), cibler des recettes fiscales perçues par les collectivités et non par l’Etat directement, et, surtout, s’adresser aux classes moyennes et populaires. L’IFOP compare d’ailleurs la mesure à la proposition de taxe à 75  % pour les plus hauts revenus imaginée par François Hollande en  2012. L’intention de vote en faveur du candidat socialiste avait à l’époque progressé de deux points.

ET VOILÀ RÉINVENTÉE LA LUTTE DES CLASSES !

Au premier tour de l’élection présidentielle, ensuite, l’IFOP a identifié un  » survote  » Macron dans les communes où le montant de la taxe d’habitation est le plus élevé. «  Quel que soit le profil sociologique de la commune, Emmanuel Macron a obtenu (…) en moyenne entre 2,5 et 3,6 points de plus dans les communes où (…) le montant de la taxe d’habitation était le plus élevé, par rapport aux communes où il était le plus faible « , note l’IFOP.

Enfin, l’IFOP relie la chute brutale de popularité du président, début juillet  2017 (moins 10  points), aux tergiversations de l’exécutif sur l’exonération envisagée. Le 4  juillet, dans son discours de politique générale, le premier ministre, Edouard Philippe, avait laissé entendre que la mesure pourrait être repoussée. Cinq jours plus tard, devant l’émoi provoqué par ces déclarations, M.  Macron tranchait en faveur d’une application dès 2018 de ses promesses fiscales (taxe d’habitation, mais aussi impôt de solidarité sur la fortune et  » flat tax « ). Mais peut-être aussi au sentiment de tous les pseudo-« NANTIS » de s’être fait gruger en votant Macron ! Que n’avait-ils lu attentivement le blogue du CER avant de faire leur choix ?

Depuis, constate l’institut, la mesure demeure  » très populaire  » : 72  % des Français y sont favorables, et même 80  % des personnes vivant dans un foyer  » modeste  » ou  » pauvre « , selon un sondage réalisé en septembre pour le groupe Les Républicains de l’Assemblée nationale. Et comment ne pas les comprendre ?  » Même si des maires protestent contre cette annonce dont ils pensent qu’elle va à terme les priver de ressources (…), Emmanuel Macron ne reviendra sans doute pas «  dessus, conclut l’étude. Et, ce, même si le débat  » est aussi constitutionnel que politique : il pose (en effet) la question de la concentration de la charge fiscale sur un public de plus en plus étroit «  mais aussi de plus en plus stigmatisé, souligne M.  Fourquet.

 » Divide et impera ! « *

(Ludo de Sion).

Le 24 novembre 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Diviser pour régner