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Après le bel unanimisme méprisant de 2017, le temps du doute et des peurs est venu.

16 Jan

Nous l’avions pourtant dit, répété et même…chanté, tout au long de la campagne présidentielle de 2017 :

« Si Macron est élu…c’est cinq ans de foutus »

Nous y sommes, plus tôt que prévu et au sein même du parti présidentiel, La République en marche (LRM), avec un président de groupe contesté, des critiques ouvertes contre la politique de l’exécutif, des sensibilités de plus en plus affirmées…Bref, le retour des bons vieux « COURANTS » de feu le parti socialiste : « Cela tangue, observe un élu macroniste. Il y a des signaux d’alerte sur le fonctionnement global. »

Le président du groupe LRM, Gilles Le Gendre, misait sur la réunion de rentrée, lundi 14 janvier, pour remobiliser les troupes. Mais sur les 308 députés LRM, seule la moitié a participé à un séminaire de travail, à huis clos, à l’Assemblée nationale, centrée sur deux thèmes : le grand débat national voulu par Emmanuel Macron et les élections européennes du 26 mai. Deux moments cruciaux…de tous les dangers pour la macronie. Parmi les invités figurait notamment l’incontournable Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, qui a échangé avec les parlementaires sur les questions économiques et sociales. En l’absence de membres du gouvernement, « c’était surtout l’occasion de réfléchir au rôle du groupe majoritaire et à la manière dont il peut mieux exister face à l’exécutif », explique un dirigeant. Pauvres naïfs qui se sont laissés berner par le candidat Macron…

Une façon de répondre au vent de fronde interne qui souffle sur la majorité depuis plusieurs semaines. Estimant « ne pas être assez écoutés » par l’exécutif, une partie des élus LRM a décidé de hausser le ton. Aguerris par un an et demi de pratique parlementaire, ils n’hésitent plus à étaler leurs divergences au grand jour, afin de peser davantage. Les élus de l’aile gauche sont les plus déterminés. A leurs yeux, la crise a validé leur diagnostic. L’exécutif aurait dû les entendre lorsqu’ils avaient commencé à alerter, avant l’été, sur les risques autour du pouvoir d’achat. Et lorsqu’ils militaient en faveur d’une politique sociale. Plus question, dès lors, de suivre les orientations gouvernementales les yeux fermés.

« On s’est empêché de porter nos convictions de gauche pendant dix-huit mois, alors que la crise des “gilets jaunes” nous a montré qu’on était dans le vrai, explique Guillaume Chiche, député des Deux-Sèvres. Désormais, on dit tout haut ce qu’on pense. » Et bonjour les dégâts.

Dernier exemple en date de cette libération de la parole : l’idée, pourtant excellente, du ministre de l’éducation de supprimer le versement des allocations aux familles dont les enfants ont commis des violences à l’école a suscité une levée de boucliers de plusieurs députés LRM, le 10 janvier, essentiellement de l’aile gauche. De manière coordonnée, Aurélien Taché – toujours le même -(Val-d’Oise), Hugues Renson (Paris), Matthieu Orphelin (Maine-et-Loire) ou Guillaume Chiche ont manifesté leur opposition. Mais pas seulement.

La grogne a également touché des élus au-delà de ceux connus pour leur fibre « sociale – iste ». Désormais, certains osent même tancer publiquement des membres du gouvernement. Le 10 janvier, M. Orphelin a ainsi jugé « pas utile » les commentaires du porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, invitant Chantal Jouanno à « tirer les enseignements » de son retrait du grand débat. « Il faut de la sérénité et de l’apaisement », a-t-il écrit sur Twitter.

Un épisode a marqué les esprits : le 18 décembre, pour la première fois du quinquennat, la majorité a réussi à faire reculer l’exécutif. Après avoir voulu renoncer aux premières aides pour accompagner la transition énergétique, Matignon avait finalement décidé de les maintenir, sous la pression de plusieurs députés LRM. Et le matin même, lors d’une réunion de groupe tendue, plusieurs députés avaient osé reprocher au premier ministre, Edouard Philippe, la « complexité » du dispositif retenu pour les « Gilets jaunes ».

Le patron des députés LRM est lui-même la cible de critiques. Plusieurs élus macronistes lui reprochent d’être trop aligné sur la position de l’exécutif. « Gilles Le Gendre ne sait pas créer un rapport de force pour donner un poids politique au groupe », déplore l’un d’eux. « Il se comporte comme le collaborateur d’Edouard Philippe », assène un autre. 

« Mener une stratégie d’opposition, même implicite, contre le premier ministre serait une grave erreur. Personne, je suis sûr, ne le souhaite car la confiance dans le gouvernement est une condition indispensable du soutien au président de la République », rétorque M. Le Gendre, arrivé à ce poste en septembre 2018, qui doit affirmer son autorité et faire oublier ses propos polémiques, en décembre, sur des responsables LRM « trop intelligents et trop subtils  » – pour les crétins que nous sommes(https://www.publicsenat.fr/article/politique/une-erreur-de-la-majorite-avoir-probablement-ete-trop-intelligent-dans-les-mesures).

L’exécutif s’efforce également de calmer la grogne. Le premier ministre a reçu les responsables de la majorité, le 8 janvier, à Matignon, pour leur exprimer sa volonté de mieux les associer à la préparation des réformes. « Il y a une nécessité d’intégrer davantage l’expertise des parlementaires », a-t-il souligné. Lors d’une rencontre avec les députés de la majorité, conviés à l’Elysée le 11 décembre, M. Macron avait lui-même reconnu qu’il aurait dû les « écouter davantage ».

Reste que, en interne, les divergences se font jour de plus en plus entre les membres de l’aile droite, représentés par Aurore Bergé, Olivia Grégoire ou la vice-présidente du groupe LRM, Amélie de Montchalin, face aux tenants d’une ligne plus « sociale » incarnés par Aurélien Taché, Hugues Renson, Brigitte Bourguignon, Laurianne Rossi ou Emilie Cariou. Quand le plan du gouvernement pour un durcissement du contrôle des demandeurs d’emploi a été dévoilé, le 2 janvier, M. Taché s’est opposé publiquement à un dispositif qui « traque les chômeurs », tandis que Mme Bergé saluait au même moment une mesure de« justice ».

« La crise des “gilets jaunes” challenge notre unité en réactivant les diverses sensibilités du groupe », reconnaît M. Le Gendre, jugeant ce phénomène « normal et sain ». Sauf que six élus ont quitté le groupe ces derniers mois.

Mais il est vrai que c’est toujours plus facile quand tout va bien et que la mer est calme. Alors que quand les vents contraires se lèvent…

Le 16 janvier 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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Pendant que les Français tirent le diable par la queue…

11 Jan

Les actionnaires des entreprises du CAC 40 font bombance ! Cherchez l’erreur qui permet de comprendre la colère des « Gilets jaunes« .

On nous annonçait en effet hier qu’en 2018 les dividendes et les rachats d’actions des groupes appartenant au CAC 40 ont augmenté de plus de 12 %. Les entreprises du CAC 40 ont versé 57,4 milliards d’euros à leurs actionnaires. Un chiffre jamais atteint depuis 10 ans et, plus marquant encore, la hausse passe à 62 % si on la compare avec l’année 2009.

Rédacteur de l’étude et professeur à HEC, Pascal Quiry estime que : « Ce n’est pas surprenant car les résultats de ces entreprises sont très bons à ce moment du cycle ». En effet, avec 92 milliards d’euros de bénéfices en 2017, le CAC 40 avait réalisé sa meilleure performance depuis 10 ans.

Exception cette année, toutes les entreprises du CAC 40 ont reversé un dividende. Cette statistique prouve la bonne santé financière des plus grands groupes français. Sur les 40 entreprises, seulement trois, Engie, Carrefour et TechnipFMC, en ont réduit le montant.

Toutefois, si le résultat net courant à la Bourse de Paris a augmenté de 10 %, le montant des dividendes reversé aux actionnaires n’a connu qu’une hausse de 4,96 %.  Mais quel placement vous en donne autant aujourd’hui ? C’est si vrai que plus de 50% des actions du CAC 40 sont détenues par des fonds étrangers (essentiellement anglo-saxons), qui ne sont pas des philanthropes…

A noter également que les rachats d’actions constituent une part de plus en plus importante dans les actions des entreprises du CAC 40. De 2017 à 2018, les rachats d’actions sont passés de 4,3 à 10,9 milliards d’euros, soit une hausse d’environ 65 %. À ce jeu-là, Total est le premier contributeur. L’entreprise française comptabilise à elle seule 3,77 milliards d’euros.

Et dire qu’Emmanuel Macron nous a vendu la suppression de l’ISF au nom d’une prétendue « théorie du ruissellement » qui devait améliorer les investissements dans les entreprises françaises !

Le 11 janvier 2019.

Jean-Yves Pons, CJA.

En bon petit soldat, Edouard Philippe joue les Matamore pour défendre son mentor.

9 Jan

Faute de maîtriser la situation politique du moment face au mouvement des « Gilets jaunes« , le Premier ministre-que la Terre entière nous envie, Edouard Philippe, s’est lancé dans une aventure sécuritaire qui lui a été suggérée par son ami Alain Juppé et quelques anciens disciples de Charles Pasqua. Il faut dire qu’il avait été précédé, dans sa pantomime de Matamore par les coups de menton de son ministre de l’intérieur, Christophe Castaner-La Voix de son Maître, qui n’hésitait pas à proclamer que «A l’ultra violence nous opposerons l’ultra fermeté» !

Il a ainsi annoncé quelques mesures (qui toutes existaient déjà sans avoir jamais été véritablement mises en oeuvre) pour décourager les casseurs qui se joignent au mouvement protestataire et créent les désordres et les violences que l’on sait.

Dès lundi soir, Gérard Larcher, président du Sénat, a tenu à rappeler que les annonces d’Edouard Philippe avaient déjà été proposées par les sénateurs des Républicains en 2018, comme l’a indiqué avec humour le président du groupe LR, Bruno Retailleau : « Le Premier ministre a décidé de reprendre à son compte la proposition de loi que j’avais déposée au Sénat, adoptée en octobre. C’est une bonne nouvelle », s’est félicité l’ancien bras droit de François Fillon. Mais « La question de la réparation par les casseurs des dommages qu’ils causent doit également être posée », a-t-il ajouté.

De son côté, sur Twitter, le président des Républicains Laurent Wauquiez a également critiqué des annonces « sans efficacité immédiate » et regrette l’absence de réponses à court terme en vue de l’« acte IX » du mouvement des « Gilets jaunes » : « C’est tout de suite qu’il faut rétablir l’ordre. Il y a plus d’un mois, Les Républicains ont proposé l’état d’urgence. Pourquoi ne pas nous écouter, au risque de voir samedi après samedi la situation dégénérer ? »

En revanche, pas plus du côté du gouvernement que de son opposition LR, n’est venue la nécessaire exigence de lutter, non pas contre les justes revendications de la France profonde et malheureuse, mais contre ceux qui profitent de ce mouvement de colère pour assouvir leur naturel caractère violent dans la destruction et le pillage des plus belles enseignes de nos villes : les racailles de banlieue (Lire « Les nouveaux coûts de l’immigration dont on ne vous parlera pas » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/12/17/les-nouveaux-couts-de-limmigration-dont-on-ne-vous-parlera-evidemment-pas/).

Au Rassemblement National, le porte-parole Julien Sanchez a évoqué une « diversion » du gouvernement qui « essaie de minorer » et de « diaboliser » le « mouvement majoritairement pacifique des gilets jaunes ».

Le leader des Patriotes Florian Philippot a lui fustigé la création de ce « fichier des casseurs », qui fonctionnera sur le modèle des interdits de stade. Un fichage « aussi inefficace et liberticide que les précédents », a déploré l’ancien bras droit de Marine Le Pen.

Mais les critiques ne sont pas moindres à gauche. En particulier du côté des « Insoumis » qui fustigent une réponse de l’exécutif totalement axée sur l’aspect sécuritaire, sans nouvelles propositions sociales et fiscales, insistant notamment sur le rétablissement de l’ISF, toujours fermement exclu par l’exécutif : « Le Premier ministre a promis plus d’arrestations ce samedi, j’aurais préféré qu’il annonce plus de pouvoir d’achat pour les Français. C’est encore une intervention inutile », a déclaré le secrétaire national du Parti communiste Fabien Roussel lundi matin.

« Les Français ne sont pas un peuple que l’on peut contraindre à coups de bâtons ! Le gouvernement doit arrêter ce discours de guerre civile », a pour sa part dénoncé le député insoumis Eric Coquerel, se disant « effaré » par un discours axé « uniquement sur la répression du mouvement », sans « réponse politique ». Le député de Seine-Saint-Denis a également déploré l’absence de mesures pour limiter les accidents du côté des manifestants : « 1.400 blessés, 10 morts chez les Gilets jaunes et pas un mot du Premier Ministre, mais juste l’annonce d’un arsenal répressif ! », a-t-il fustigé. C’est tout Edouard Philippe…

Mais tous oublient qu’il est déjà trop tard et que les prémices d’une authentique guerre civile sont déjà en place. Les pathétiques « mesurettes » du Premier ministre ne peuvent plus rien y changer. Elles changeront d’autant moins cette terrible situation qu’elle échappe au chef de l’Etat lui-même : il n’y a plus de pilote dans l’avion.

Alors, la question qui doit venir enfin à l’esprit est la suivante : « Qu’est-ce que le macronnisme ? », cet objet politique qui a gagné les élections présidentielles sur l’idée qu’il fallait se mettre En Marche sans avoir eu le temps de dire précisément pour aller où ?

Nous en connaissons désormais la réponse : existe-t-il seulement ?

Le 9 janvier 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Les voeux schizophréniques d’Emmanuel Macron aux Français.

1 Jan

Alors que progressivement, depuis qu’il a été élu, puis brutalement depuis le déclenchement protestataire du mouvement citoyen dit des « Gilets jaunes » le mécontentement des Français grandit chaque jour davantage ( donnant ainsi tout leur sens à nos affirmations pendant la campagne électorale présidentielle de 2017)

« Si Macron est élu…c’est cinq ans de foutus »

Emmanuel Macron nous a gratifié, hier 31 décembre 2018 et selon la tradition républicaine, d’une allocution en forme de voeux aux Français pour 2019 démontrant que, du haut de l’Olympe, Jupiter ne comprend toujours rien à ses malheureux sujets ou qu’en tout cas il ne parle pas la même langue qu’eux…

Pendant seize minutes et devant, nous dit-on, 16 millions de paires d’yeux il a déroulé son texte, moralisateur et méprisant, sans aucune chaleur ni la moindre empathie pour tous ceux qui, des plus jeunes aux plus âgés, souffrent au quotidien socialement certes mais aussi psychologiquement et même, pour certains, physiquement.

Aucune émotion n’est apparue mais, plus grave encore, pas la moindre conviction non plus si ce n’est pour tenter de nous vendre une fois encore son credo pro-européen : Emmanuel Macron nous a dit ainsi croire « très profondément dans cette Europe qui peut mieux protéger les peuples » et annoncé qu’il va proposer dans les prochaines semaines « un projet européen renouvelé » ! Alors que cette fuite en avant (un quasi-jusqu’auboutisme) est au coeur de la tragédie vécue depuis des décennies par nos compatriotes, comme en témoigne la politique migratoire de l’UE et sa volonté de « Grand Remplacement« .

Les responsables politiques de l’opposition ont évidemment réagi vigoureusement à cette allocution, se montrant tous très critiques et d’une féroce sévérité. Mais les militants du mouvement des « Gilets jaunes » ne furent pas davantage satisfaits par les propos du président.

« Il a rallumé le feu, il a décrété qu’il ne ferait rien pour nous aider. S’il veut rien faire, on restera là comme on l’a décidé », a annoncé Marc, 40 ans, qui a regardé l’intervention avec une quinzaine de personnes près du Mans. « Franchement, il est sourd, il ne montre aucun signe d’apaisement. Les gens vont continuer de plus belle », a averti Rabah, 52 ans, qui avait prévu de fêter le réveillon sur le pont d’Aquitaine à Bordeaux.

Sur les Champs-Elysées, épicentre parisien du mouvement, quelques centaines de manifestants, mêlés aux touristes et badauds, ont scandé des « Macron démission » et entonné des Marseillaises au moment de l’allocution présidentielle. « Jamais je vais l’écouter ! On n’attend rien de lui, on veut qu’il démissionne », lance Laetitia Karen, Parisienne de 48 ans.

Au fond, devant tant d’aveuglement, nous en arrivons à nous demander s’il ne faut pas le plaindre plutôt que le blâmer !

Le 1er janvier 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

C’est à vomir…

17 Déc

Mais ça ne manque jamais de donner des leçons à la Terre entière.

« Ces êtres ne sont pas corrompus. Ils sont la corruption !« 

Sur un certain Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement

L’explosion des rémunérations des cabinet ministériels du gouvernement Philippe ne fait que reproduire un système mis en oeuvre par les aînés du gouvernement, à commencer par Emmanuel Macron.

Benjamin Griveaux, lorsqu’il était conseiller ministériel, touchait plus de 10 000 euros par mois au cabinet de la « socialiste » Marisol Touraine pour du « conseil politique ». Cela ne suffisant pas, il partît vendre son « influence » à Unibail (« influence », terme que l’élite utilise pour « corruption ») pour 17 000 euros par mois. Sa mission? « S’assurer que personne au ministère des finances ne propose d’abolir une niche fiscale favorable à l’entreprise. » Ses moyens ? Les réseaux que l’Etat lui avait confié.

Nous étions en 2014.

Entre temps, il octroyait à son ami Attal, Gabriel, 23 ans, aucune expérience professionnelle ni diplôme du supérieur au compteur, un salaire de 6 000 euros par mois dans le même cabinet, où il le chargeait de recruter chargés de missions – et parlementaires socialistes qui serviraient à faire en sous-main la campagne de Macron.

Attal était, théoriquement, rémunéré pour servir l’Etat, par le ministère de la santé et des affaires sociales. Il avait pour cela voitures de fonction, secrétaires et chefs cuisiniers à disposition. Il mettrait ces moyens au service de son ambition.

Au même moment, le cabinet Macron explosait les limites imposées par François Hollande en termes de conseillers. Il n’en comptait pas moins de… six en communication. Stéphane Séjourné, compagnon de Gabriel Attal à qui il avait été présenté par Benjamin Griveaux avant que ce dernier ne le fasse recruter chez Macron, et Ismael Emelien, ancien d’Havas dont la femme y travaillait et qui attribuerait des contrats sans appel d’offre à la multinationale pour des montants supérieurs à 300 000 euros sur les fonds de communication du ministère, y organisaient des événements pléthoriques avec les moyens de l’État pour préparer la campagne d’Emmanuel Macron, séduisaient les parlementaires, bref, préparaient eux aussi au détriment du bien commun l’ascension de leur chef.

Gabriel Attal, 29 ans, est devenu député, porte-parole du parti puis ministre grâce au soutien de Stéphane Séjourné, qui dirigeait effectivement le comité d’investitures d’En Marche et s’occupait des nominations du groupe LREM à l’Assemblée. Séjourné – qui a masqué sa relation et les renvois d’ascenseur qu’il mettait en place avec Attal sous le prétexte commode de l’impossible outing, alors qu’ils étaient pacsés – a été nommé à l’Elysée comme conseiller politique, tandis qu’Ismaël Emelien – qui y a recruté Ludovic Chaker, lui-même en charge du recrutement d’Alexandre Benalla, en charge de la mise en place d’une « garde prétorienne » que les menus excès de ce dernier ont fait tomber – était nommé conseiller spécial. Toujours rémunérés aux frais de l’Etat.

Griveaux est lui devenu ministre et porte-parole du gouvernement, avant de faire exploser ses dépenses en cabinet. Tous ont trahi leurs familles politiques d’origine, mais aussi leurs fonctions et cet Etat qui les a rémunérés et propulsés aux plus hautes responsabilités. Alors faut-il vraiment se montrer surpris que le système qui les a propulsés se remette en place maintenant qu’ils sont au pouvoir, qu’ils octroient des salaires délirants à leurs propres conseillers après s’être eux-mêmes servis?

Faut-il s’étonner que Attal et Griveaux, aux poches bien remplies, soient devenus respectivement le plus jeune ministre de la Ve République et (croit-il), le futur Maire de Paris, le tout sans n’avoir rien démontré ni fait de leur vie, en faisant appel aux services de Mimi Marchand via Ramzy Khiroun, dirigeant de facto de Lagardère Active (et donc patron de facto de Paris Match) pour leur peopolisation ? Faut-il s’étonner qu’ils l’aient fait après que leur « boss », Emmanuel Macron, ait recruté la « papesse du people » sur recommandation de Xavier Niel, son « ami », qui avait lui-même rencontré et utilisé Mimi Marchand alors qu’ils sortaient tous deux de prison, et qui depuis sert et dessert ses amis et ennemis, effaçant les informations qui pourraient les gêner, propulsant les politiques qui pourraient l’aider ? Ce même Xavier Niel dont la fortune dépends de la régulation de l’Etat, qui, en lui retirant des licences, pourrait le réduire à néant comme il l’a rendu milliardaire ? Ce même Xavier Niel qui a investi dans tous les médias parisiens non détenus par des oligarques jusqu’alors, de Mediapart à Le Monde en passant par l’Obs, pour « qu’on ne le fasse pas chier », et pour, avec l’aide de son homme de main Louis Dreyfus, s’assurer que les « bons » journalistes seraient recrutés et virés. Ce même Xavier Niel qui, en janvier 2014, lors d’un déjeuner, m’annonçait l’élection de Macron. Macron qui n’était alors que secrétaire général adjoint de l’Elysée, que personne ne connaissait, et qui ferait bientôt les couvertures de tous les médias de Niel, comme il le ferait de tous ceux de Lagardère.

Faut-il s’étonner de la série d’articles publiés au coeur de l’été par Paris Match qui dressaient l’hagiographie d’Attal avant sa nomination au gouvernement ? (https://www.parismatch.com/Actu/Politique/Gabriel-Attal-J-ai-monte-le-fan-club-d-Orelsan-a-l-Assemblee-1567267 ; https://www.parismatch.com/Actu/Politique/La-jeune-garde-macroniste-se-ressource-en-Bretagne-et-croise-Jospin-1568893 ; https://www.parismatch.com/Actu/Politique/Gabriel-Attal-Le-jour-ou-je-rencontre-Ingrid-Betancourt-1569221)

Que Bruno Jeudy, valet de tous les pouvoirs, ait ainsi répondu aux commandes de Khiroun et Marchand ?

Que Lagardère, qui fut client de Macron chez Rotschild avant de devenir son « ami », là-aussi, propriétaire de Paris Match, l’ait autorisé ?

Tous ces gens remettent en place à leur échelle le système créé par leur aîné, qui consiste à piller les poches de l’Etat après avoir prétendu se mettre à son service. Rappelons que Macron cumulait les millions à Rotschild à à peine trente ans en y vendant réseaux et connaissances de l’ENA, l’IGF et la commission Attali. Réseaux et connaissances censés lui avoir été attribués pour servir l’État, et non pas se servir soi.

Tous ces gens, par l’élection, pensent avoir été sanctifiés, et par la complaisance que le petit Paris – qui est au courant de toutes ces manoeuvres, les voit et les couvre en direct – leur a octroyé, légitimes pour à leur tour créer leurs réseaux d’affidés.

Voilà comme se constituent en France les « miracles » que la presse va bêtement relayer. Voilà comment l’on se retrouve dirigés par des gommeux sans talents, exploitant et pillant les ressources d’Etat au service de leur intérêt.

Voilà comment un pays s’effondre dans la médiocrité. Spectateurs des mouvements des grands, finançant leurs ascensions et subissant leurs coups et petits mots lorsqu’ils ont besoin de se défouler, il ne nous reste plus qu’à, ébahis par leur maîtrise, les féliciter.

Ces êtres ne sont pas corrompus. Ils sont la corruption.

13 novembre 2018

https://www.lexpress.fr/actualite/politique/cabinet-ministeriel-quand-les-remunerations-s-envolent_2047865.html

(Merci à GJ)

Pas un mot !

10 Déc

Qu’avons-nous retenu du discours tant attendu (par ceux qui y croient encore) d’Emmanuel Macron ? À vrai dire bien peu de choses positives mais beaucoup d’inquiétudes.

Quelques smicards seulement verront leur salaire augmenter, certaines activités pratiquées en « heures supplémentaires » verront leur rémunération défiscalisée, les retraités dont la pension est inférieure à 2 000 euros (au lieu de 1 200) seront exonérés de l’augmentation de la CSG, quelques salariés recevront de leur entreprise (lesquelles ?) une prime exceptionnelle de fin d’année non imposable mais non reconductible…

Mais pas un mot. Pas un seul mot d’Emmanuel Macron sur les classes moyennes qui vont recevoir et assumer de plein fouet ces quelques concessions aux plus défavorisés sans aucune amélioration de leur sort. Et, bien sûr, pas un mot sur les financements des mesures annoncées qui ne le seront probablement et une fois encore que par l’impôt (la dette ayant déjà atteint 100% du PIB du pays). L’impôt de qui ? Des classes moyennes évidemment puisqu’il est exclu de revenir à l’ISF.

Pas un mot. Pas un seul mot d’Emmanuel Macron sur la situation catastrophique des parcours scolaires et universitaires, à la source des explosions de demain.

Mais pas un mot non plus . Pas un seul mot d’Emmanuel Macron sur les vandalismes et les pillages opérés par les racailles de banlieue, en marge des manifestations des « Gilet jaunes« . Comme si ces réalités n’existaient pas.

Et pas un mot. Pas un seul mot d’Emmanuel Macron sur l’inacceptable Pacte de l’ONU imposant un droit à l’immigration, signé aujourd’hui lundi 10 décembre à Marrakech, et dont on nous dit qu’il n’impose rien (alors pourquoi le signer ?). Comme si le « Grand Remplacement » était désormais la règle, une règle applicable en douceur, alors qu’il s’agit d’un crime.

Le 10 décembre 2018.

pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Des nouvelles des « cabris ».

10 Déc
Le contexte : ceux qui nous lisent régulièrement savent que nous faisons souvent référence aux moqueries adressées par le général de Gaulle aux européistes de tout poil, sautant comme des cabris et criant leur formule magique « l’Europe, l’Europe, l’Europe !« .
Or voici qu’un quarteron de cabris, intellos et prétendus économistes issus pour la plupart de la gauche mondialiste, sous la houlette de l’incontournable Thomas Piketty, lance aujourd’hui un projet de traité et de budget afin de « refonder l’Union européenne« , selon l’adage désormais passé à la postérité : « l’Europe, ça ne marche pas, c’est parce qu’il n’y a pas assez d’Europe » !
Les signataires entendent démontrer que l’Europe, en dépit de ses nombreux détracteurs et de la vague patriotique, peut toujours être synonyme de progrès pour tous. Leurs propositions visent à créer :
1/ des institutions plus démocratiques, grâce à une Assemblée européenne souveraine, et
2/ à faire de l’Europe une véritable puissance publique, dotée d’un budget quatre fois plus important qu’il ne l’est actuellement. Il représenterait 4 % du PIB et serait financé par…de nouveaux impôts prélevés par l’Europe sur les bénéfices des sociétés, les hauts revenus, les hauts patrimoines et les émissions de carbone. Pour le moment, avant de mettre évidemment les citoyens à contribution car leur budget, ainsi défini, ne suffira jamais.
Le manifeste et l’ensemble des propositions sont disponibles en ligne sur le siteTdem.eu. Nous vous engageons à le lire pour que vous sachiez à quelle sauce ces cabris veulent vous dévorer. Avec l’aide assurée d’Emmanuel Macron qui se voit déjà en Jupiter de l’Europe.
Le 10 décembre 2018.
Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.