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Affaire Macron-Benalla…

12 Sep

Ne vous privez pas de ce résumé des trois auditions de ce matin par la commission d’enquête sénatoriale sur ce scandale d’Etat. Vous y découvrirez les méthodes peu scrupuleuses du président de la République en matière de sécurité :

https://abonnes.lemonde.fr/politique/article/2018/09/12/affaire-benalla-francois-xavier-lauch-entendu-par-les-senateurs_5353994_823448.html

Le 12 septembre 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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Le cynisme de Xavier Bertrand face à celui d’Emmanuel Macron.

12 Sep

Lors de la campagne électorale pour l’élection présidentielle de l’an dernier, Xavier Bertrand, ex-UMP/LR et président de la région des Hauts-de-France grâce aux voix unies de toute la gauche, a vigoureusement soutenu la candidature d’Emmanuel Macron après qu’il ait tant oeuvré aux côté de Natacha Bouchart (la maire de Calais) pour protéger les migrants de la Côte d’Opale.

Cette girouette qui ne tourne pas puisque le vent le fait pour elle, était ce matin l’invité de la matinale de France Inter, à 8 heures vingt. Fidèle à ses talents de Derviche, il n’eut pas de mots assez forts pour dénoncer les actions du gouvernement et parler, à son propos, d’un 

 » cynisme d’Etat ! « 

(https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-12-septembre-2018)

Cet imposteur me rappela l’un des bons mots de ma grand-mère qui s’applique si bien à la gent politique de notre pays : «  Il avalerait une souris, la queue dépasserait, qu’il dirait…c’est pas vrai. « 

C’est à vomir.

Le 12 septembre 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Patrick Drahi, l’ami d’Emmanuel Macron, est un prédateur.

5 Sep

La presse française (en particulier hebdomadaire) va mal depuis longtemps mais elle semble aller…de plus en plus mal avec, en particulier, des concentrations de titres entre quelques mains malfaisantes de groupes financiers, ploutocrates autant que cosmopolites, qui ne cherchent aucunement à informer leur lectorat mais plutôt à l’aliéner.

Dans ce contexte préoccupant, il y a longtemps que nous dénonçons Patrick Drahi, ce requin franco-luso-israélien vivant en Suisse * et ami d’Emmanuel Macron. Voici un nouvel épisode de sa nocivité financière, exercée aux dépens de la presse de notre pays.

L’Express vient deperdre sa tête. Ainsi, son directeur, Guillaume Dubois, est débarqué par la maison mère de l’hebdomadaire, Altice-SFR, a annoncé le quotidien Les Echos, vendredi 31 août. Selon une source interne, cette annonce aurait été faite au dirigeant puis à ses adjoints dès juillet, soit moins de trois mois après une relance du titre centrée sur une formule numérique payante.

Les résultats étaient jugés décevants, mais les membres de la rédaction se disent  » consternés  » par la situation et le moment choisi pour ce renvoi. Dans un communiqué de la société des journalistes (SDJ), ils dénoncent  » un débarquement décidé dans la précipitation et l’impréparation puisque l’actionnaire n’a pas encore choisi son successeur « .

Ce licenciement, encore non officiel, peut en effet surprendre, car Guillaume Dubois était un proche d’Alain Weill, le fondateur du groupe NextRadioTV et PDG d’Altice France, bras droit de Patrick Drahi. Le journaliste a été pendant dix ans l’un des dirigeants de BFM-TV, le navire amiral du groupe. Après la vente de NextRadioTV au groupe de télécommunications de Patrick Drahi, et le rachat du groupe L’Express par ce dernier, M. Dubois a été envoyé par Altice pour redresser l’hebdomadaire, en  2016. Il succédait au patron historique, Christophe Barbier, au profil beaucoup plus éditorialiste.

M. Weill et M. Drahi n’hésitent pourtant pas aujourd’hui à s’en séparer.  » En juillet 2017, il affirmait aux équipes disposer de trois ans pour réussir la transformation du journal, ironise la société des journalistes. Et Alain Weill, le PDG d’Altice France, lui témoignait toute sa confiance en décembre 2017. « 

M.  Dubois paie les difficultés de L’Express. Sa nouvelle formule numérique, alimentée par les rédactions du journal papier et du site Web, qui ont été fusionnées, n’a pas pour l’heure provoqué le sursaut espéré. Son principe est de réduire la couverture de l’actualité chaude en ligne pour se concentrer sur les contenus à valeur ajoutée afin de générer des abonnements. Mais ces derniers n’affluent pas et l’audience du site gratuit a fortement chuté : elle est passée de 12,643 millions de visiteurs uniques mensuels en janvier à 9,176 millions en juin, selon les chiffres de Médiamétrie cités par Les  Echos.

Dans un marché difficile pour les hebdomadaires et la presse papier en général, les ventes de L’Express étaient de 243 965 exemplaires en mars (dont 21 800 en kiosque), soit 7,71 % de baisse sur un an. Seul le kiosque numérique créé par l’opérateur télécoms SFR avait apporté un peu d’oxygène.

Au sein de la rédaction, le coup est dur. Les journalistes s’étaient étonnés que Guillaume Dubois ne prenne pas la parole depuis son retour de vacances, vers le 20 août, alors que la rentrée était délicate pour le titre – et qu’il avait connaissance de son licenciement à venir. Sa mise à l’écart est vécue comme une mauvaise surprise, car la nouvelle formule a demandé beaucoup de réorganisation et de mobilisation en interne et que cette réforme est encore très récente.

 » M.  Drahi, que voulez-vous faire de L’Express ? « , interpelle sans détour la SDJ, qui regrette  » des errements stratégiques « ,  » un fonctionnement low cost «  et  » un management incompréhensible « .  » L’ambition annoncée de faire de L’Express le numéro  un de son marché s’est limitée à des mots « , écrivent les journalistes.

Plus largement, le limogeage de M. Dubois symbolise les difficultés du groupe de Patrick Drahi à relancer efficacement son pôle de presse écrite. Libération a également vu un dirigeant important, Johan Hufnagel, partir fonder un autre média, Loopsider. En juin, le quotidien racheté en  2015 vendait 66 197 exemplaires, dont 16 000 en kiosque. Pour tenter de rebondir, Libération met en place le même genre de formule numérique que L’Express. Les titres avaient subi, après leur rachat, d’importants plans de départ de salariés.

Il y a deux mois, le groupe de Patrick Drahi a annoncé qu’il vendait ses titres qui ne relevaient pas de l’information politique et générale : Mieux vivre votre argent, La  Lettre de L’Expansion, Côté Sud, Côté  Est, Côté  Ouest, Lire, Classica, Pianiste, Studio Ciné  Live, Job  rencontres, Salon du travail.  La partie presse écrite du groupe de médias constitué par Patrick Drahi connaît une évolution plus difficile que sa partie audiovisuelle : le groupe NextRadioTV (BFM-TV, RMC, etc.) a continué d’avoir de bons résultats depuis son rachat, même si l’aventure dans le sport et le football reste à convertir.

Cet homme est un prédateur. Mais un efficace sponsor du macronisme…

 

Le 5 septembre 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Lire sa biographie ici (https://fr.wikipedia.org/wiki/Patrick_Drahi) mais ne vous privez pas non plus de ceci : « Une nouvelle preuve de la dangerosité de Patrick Drahi » (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/01/10/une-nouvelle-preuve-de-la-dangerosite-de-patrick-drahi/) et, pourquoi pas, de cela : « Réforme de l’ISF, de scandaleux bénéfices au sein même du gouvernement » (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/01/04/reforme-de-lisf-de-scandaleux-benefices-au-sein-meme-du-gouvernement/).

La rentrée politique de toutes les impostures.

2 Sep

L’été fut exemplaire en matière de révélations assassines sur le fonctionnement de l’équipe au pouvoir comme de démonstrations de son incapacité à mettre en musique les promesses faites par son gourou au cours de la campagne électorale présidentielle de l’an dernier. Et il aura suffi de moins de 18 mois pour que les Français réalisent combien nous avions raison de proclamer sans cesse pendant cette campagne :

« Si Macron est élu…c’est cinq ans de foutus »

Et, du coup, la rentrée s’annonce bien noire pour Emmanuel Macron qui commence seulement à mesurer que, comme l’affirmait avec tant d’élégance Jacques Chirac :

Aussi, à la façon de feu Geneviève Tabouis pour laquelle nous avons une certaine affection, nous pouvons vous dire aujourd’hui :

 » Attendez-vous à savoir « 

Qu’un remaniement significatif du gouvernement d’Edouard Philippe sera annoncé dans les prochaines heures.

La démission impromptue de Nicolas Hulot le rend certes inévitable mais il sera, n’est doutez pas, plus important que beaucoup l’imaginent et que même Emmanuel Macron l’avait d’abord envisagé. Les affaires Benalla, Kohler, Nyssen, etc. mais aussi les perspectives désastreuses concernant la situation européenne et ses prochaines élections ne vont pas manquer de pousser le chef de l’Etat à sortir du bois plus tôt que prévu.

C’est ainsi que plusieurs portefeuilles vont se trouver concernés par ce remaniement, à commencer bien sûr par ceux de la transition écologique (Nicolas Hulot) et de la culture (Françoise Nyssen). Mais pas que ! Car Gérard Collomb, le fidèle parmi les fidèles et actuel ministre de l’intérieur, pourrait bien faire les frais de sa gestion calamiteuse de l’affaire Benalla…

Pourrait bien, hélas, s’ajouter aussi à ces bouleversements l’arrivée scandaleuse, abjecte, ignoble, répugnante, immonde, dégradante, infamante, sordide, déshonorante et, finalement, méprisable de l’ex- gauchiste, apatride car cosmopolite, et pédophile…Daniel Cohn-Bendit !

Et, finalement, Emmanuel Macron n’aura rien épargné aux Français.

Le 2 septembre 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

 

« Si Macron est élu, c’est cinq ans de foutus » fut notre leitmotiv tout au long de la campagne électorale présidentielle de 2017.

1 Sep

La situation de notre pays, depuis, ne cesse de nous en démontrer le bien-fondé et fieffé mystificateur serait celui qui voudrait le nier.

Un nouvel exemple s’étale devant les yeux effarés des Français depuis quelques jours alors qu’ils ont rédigé leur déclaration de revenu au printemps dernier dans la perspective annoncée et, disons-le, imposée du fameux « prélèvement des impôts à la source« .

Deux jours à peine après avoir réaffirmé sa volonté de mettre en place la grande réforme sur le prélèvement de l’impôt, Gérald Darmanin, ministre des comptes publics, a admis samedi 1er septembre que « l’arrêt » du prélèvement à la source n’était pas exclu. Un alignement sur la position d’Emmanuel Macron, qui avait déclaré jeudi vouloir finalement davantage de « réponses précises » avant de prendre une décision définitive (https://abonnes.lemonde.fr/economie/article/2018/08/30/prelevement-de-l-impot-a-la-source-emmanuel-macron-hesite-encore_5348177_3234.html?).

Mais alors, pourquoi avoir tant désinformé les Français quant aux bienfaits de cette nouvelle démarche fiscale et avoir attendu la fin de l’été pour qu’à quatre mois seulement de l’échéance, le chef de l’Etat découvre qu’il ne disposait pas de toutes les réponses – les bonnes en tout cas – à ses questions sur la mise en œuvre du prélèvement à la source ?

En vérité, c’est moins la mesure elle-même que ses conséquences sur l’opinion qui inquiètent le chef de l’État ! De moins en moins favorable à l’action de l’exécutif, le contexte l’incite à la méfiance pour plusieurs raisons.

1. Le pouvoir d’achat, sujet de préoccupation n°1 des Français

Un récent sondage le confirme : les Français sont préoccupés par le pouvoir d’achat, et les mesures annoncées dimanche dernier par le Premier ministre, Edouard Philippe, ne sont pas de nature à les rassurer. Après avoir subi une hausse de la CSG, les retraités ont découvert par exemple que leurs pensions seront gelées, ou presque.

Avec la mise en place du prélèvement à la source, le mécontentement pourrait gagner les rangs des actifs, la catégorie sur laquelle le gouvernement assure mobiliser tous ses efforts. Une première vague de baisse des cotisations salariales a déjà agi – à la marge – sur les bulletins de salaire. Mais dès le mois d’octobre, la suppression de la contribution des actifs à l’assurance chômage devait permettre, théoriquement, une nouvelle revalorisation du pouvoir d’achat.

Or trois mois plus tard, les gains financiers pour les uns, et en popularité pour les autres, passeront artificiellement par pertes et profits du prélèvement à la source. En janvier 2019, le salarié ne pourra que constater la baisse substantielle de son salaire, même si, en réalité, la nouvelle mesure fiscale ne fera rien gagner ni perdre. Mais le sentiment d’une baisse du pouvoir d’achat sera, lui, réel.

Les économistes mettent d’ailleurs en garde sur l’impact du prélèvement à la source sur la croissance…

2. Le risque d’un bug

Même si Gérald Darmanin, le ministre des Comptes publics assure que tout est prêt, un tel chantier ne peut manquer de réserver bien des surprises ((https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/06/06/prelevement-de-limpot-a-la-source-quelques-mauvaises-surprises-sont-a-attendre/)). En terme d’image, et elle se détériore, un accident industriel serait calimiteux.

3. Le risque d’un « référendum anti-Macron » aux Européennes

Le scrutin à un tour des Européennes aura lieu le 26 mai, autant dire que la mise en œuvre du prélèvement à la source surviendra en pleine campagne électorale.
Jean-Luc Mélenchon qui compte bien exploiter les effets de cette révolution fiscale a déjà annoncé la couleur : pour lui, même s’il propose ainsi de détourner totalement le scrutin de sa véritable fonction, les Européennes seront un « référendum anti-Macron ». 

S’ajoute à cela l’exaspération d’un nombre grandissant de Français face aux litanies pro-européistes d’Emmanuel Macron et à son militantisme en faveur de l’accueil de migrants toujours plus nombreux alors qu’un axe de résistance à l’immigration est en train de se mettre en place avec efficacité (mais sans la France) de Budapest à Rome.

En cas de revers dans les urnes, la majorité sortira gravement affaiblie de la consultation et lui…avec. Bref, il n’y a probablement que des coups à prendre dans cette affaire ! 

Que diable les Français qui ont élu ce charlatan sont-ils allé faire dans cette galère ?

Le 1er septembre 2018.
Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

De tout temps les courtisans ont reçu le prix de leur flatterie.

31 Août

Ecrivain engagé (et même fort investi) dans le sillage d’Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle, Philippe Besson, 51 ans, doit être nommé dans les prochains jours consul général de France à Los Angeles. Il remplacera Christophe Lemoine, diplomate et ex-chef de cabinet de Laurent Fabius, en poste depuis 2015.

Lors du conseil des ministres du 3 août, le ministre des affaires étrangères a en effet présenté un décret modifiant les règles concernant la nomination de certains « emplois supérieurs », dont une vingtaine de postes de consuls généraux (parmi lesquels celui de Los Angeles). Ces derniers ne relèveront plus seulement du Quai d’Orsay mais d’une décision du gouvernement, entérinée en conseil des ministres. Pour ces postes, le gouvernement est libre de nommer aussi bien des fonctionnaires que des non-fonctionnaires. « Ça vise à reprendre la main sur des postes honorifiques pour recaser des amis du pouvoir », analyse un haut fonctionnaire. En langage clair : s’autoriser ainsi la nomination de quelques copains à des postes de prestige en court-circuitant les règles habituelles, histoire de pouvoir récompenser leur fidélité (ou parfois leur servilité) sans rendre compte.

L’auteur du très louangeur Un personnage de roman (Julliard, 2017), consacré à la campagne victorieuse d’Emmanuel Macron, hérite d’une place très convoitée par les diplomates. Proche de Brigitte Macron, Philippe Besson – qui est l’auteur d’une vingtaine de romans, dont plusieurs ont été adaptés pour le cinéma ou le théâtre – avait été séduit par l’ancien ministre de l’économie le jour où ce dernier avait présenté sa démission de Bercy, le 30 août 2016. Une journée qui avait suscité une « illumination » et déclenché le projet du livre qui retrace pas à pas la campagne présidentielle. « Je vais écrire sur une espérance, écrit M. Besson dans son livre. Et, dans l’espérance, on entend le souffle, l’exaltation, les bouillonnements, on redoute les désillusions. » Rien de moins…

Pendant la campagne, M. Besson avait ainsi recueilli de nombreuses confidences du futur chef de l’Etat, qui lui avait notamment exposé sa conception « verticale » du pouvoir. Il était l’un des invités du couple présidentiel à La Rotonde, la brasserie parisienne où le candidat d’En marche ! avait fêté sa victoire au premier tour de l’élection présidentielle et reste depuis un proche parmi les proches et, malgré tout, d’une discrétion de violette.

De tout temps les courtisans comme les mignons ont reçu le prix de leurs flatteries. Même dans la République exemplaire d’Emmanuel Macron.

Le 31 août 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

La fin piteuse de l’un des plus emblématiques comités Théodule du gouvernement Macron.

5 Août

Emmanuel Macron, qui avait promis aux Français (dont beaucoup l’ont cru) de ne pas gouverner comme ses prédécesseurs, n’a pas échappé pourtant à leur folle manie de créer un nombre considérable de ces « machins qui ne servent à rien« , ces fausses boites à idées, qui donnent l’illusion que le gouvernement réfléchit et que le chef de l’Etat consulte mais dont il ne sort jamais rien d’utile ni d’efficace. Le général de Gaulle, dans sa grande sagesse et avec le bon sens qu’on lui a connu, nommait ces attrapes couillons des « comités Théodule » :

http://m.ina.fr/video/I00012370/charles-de-gaulle-petite-phrase-le-comite-gustave-theodule-hippolyte-video.html

C’est ainsi qu’il créa (mais qui s’en souvient ?), le 29 août 2017, le Comité présidentiel pour l’Afrique (CPA), un groupe hétéroclite de 10 personnalités issues de la diversité (https://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_présidentiel_pour_l%27Afrique) et ayant pour objectif de « nourrir la politique africaine d’Emmanuel Macron, de lui faire remonter des propositions et redescendre la perception de sa politique sur le continent. » Rien de tout cela, bien sûr, ne s’est produit…
Puis, lui vint une autre idée. Trouver des suggestions pour baisser la dépense publique. Ingénieuse pensée au demeurant. Sauf qu’il décida de créer un nouveau comité Théodule pour l’y aider !
Et c’est ainsi que naquit, à l’automne 2017, ce modèle de grand oeuvre technocratique que fut (il vient de mourir), le   » Comité action publique 2022  » (CAP22), dont le vrai-faux rapport explosif alimente la chronique depuis un an. Au début, il y a donc la volonté du plus jeune président de la Ve République de transformer l’Etat, censé rendre un service meilleur  et moins coûteux. Cette fois, la méthode sera  » radicalement différente « , promet le Premier ministre et La Voix de son maître, Edouard Philippe. Plus de rabot, mais des réformes qui dégageront des économies. Pour la première fois, assure Matignon, l’Etat investit même dans le changement : 700 millions d’euros financeront des projets de transformation.

En octobre 2017, le gouvernement lance donc le processus en grande pompe sous les ors de l’ancienne salle à manger de l’hôtel de Matignon, aujourd’hui appelée  » salle du conseil « . Le lieu est imposant : des dorures du XIXe siècle encadrent des médaillons évoquant les fables de La Fontaine ; une immense tapisserie des Gobelins illustre l’histoire de Don Quichotte. Peut-être aurait-il fallu y voir un avertissement sur la vanité des entreprises humaines…

Si le gouvernement voit grand, la genèse de la réforme ne brille pas par son originalité : une fois de plus, c’est une bonne vieille commission d’experts qui est appelée à la rescousse. On compose un mélange d’élus, de hauts fonctionnaires, de chefs d’entreprise… CAP22 devra, dans les six mois, dégager des pistes pour aider l’Etat à être plus efficace et moins cher. Le gouvernement mettra en scène le temps de la réflexion, avant d’annoncer ses choix. Classique.

Mais l’opération prend rapidement des airs d’usine à gaz. C’est une énorme machine qui s’ébroue. Le programme se décline à l’infini : trois objectifs, six  » principes-clés « , deux  » phases « … A côté du CAP22, piloté par trois vice-présidents, un  » Comité jeunes  » est monté :  » J22 « .  » Des chantiers interministériels “boîtes à outils”  » sont ouverts, ainsi qu’un  » forum de l’action publique « . Les ministres, eux aussi, doivent entrer dans la danse et présenter un plan !

Les esprits les moins alertes se perdent vite dans ce tourbillon d’initiatives. Les journalistes se font expliquer et réexpliquer qui fait quoi et dans quel but.  » Le gouvernement ne savait pas où il allait, constate la sénatrice LR Christine Lavarde, membre du CAP22. On leur demandait quelle forme prendrait nos travaux, mais nous n’avions pas de réponse. C’était de l’improvisation « , poursuit-elle.

A la complexité du processus s’ajoute sa lourdeur. Il y a beaucoup de monde dans CAP22, 34  personnes secondées par un délégué interministériel à la transformation publique, l’ex-conseiller élyséen Thomas Cazenave. Et chaque membre est accaparé par ses obligations professionnelles.  Le comité se met au travail, et c’est laborieux. Certains membres se désintéressent des débats, d’autres s’y investissent pleinement. Des tensions apparaissent : on accuse les proches de Macron d’être obnubilés par les économies et d’avoir pris les commandes. Les rênes sont, il est vrai, tenues courtes. Les sous-groupes travaillent séparément et font remonter leurs idées aux trois vice-président, les seuls à avoir une vision d’ensemble. Tout est verrouillé, pour éviter les fuites. Une méthode chère à l’Elysée…

Parallèlement, le gouvernement lance la réforme de la fonction -publique, le 1er février. Une concertation devra être conduite pendant une année, et l’on promet de bousculer quelques tabous, comme le recours accru aux contractuels dans la fonction publique. Ce jour-là, une formule de Gérald Darmanin claque : le ministre du budget évoque rien de moins qu’ » un plan de départs volontaires «  chez les fonctionnaires. Les esprits s’échauffent. Très attendu, traqué par les journalistes, le rapport de  » CAP22  » devient l’objet de tous les fantasmes. Mais les retards s’accumulent. Au printemps, le gouvernement donne l’impression de chercher une porte de sortie. Fin avril, un mois après la date prévue pour la publication du rapport, c’est celui de Jean-Louis Borloo sur la banlieue qui défraie la chronique. Pour le gouvernement, qui l’enterre dans la douleur, le psychodrame autour du rapport Borloo sert de leçon : plus question de s’empêtrer dans une polémique sur la base de propositions qui ne sont pas retenues in fine.

Le sort de CAP22 est donc scellé : soucieux de déminer, le gouvernement cherche le moyen de débrancher cette machine infernale qu’il a lui-même lancée. Sans cesse repoussée, la publication du rapport est renvoyée aux calendes grecques. L’exécutif souhaite passer aux travaux pratiques : les réformes seront annoncées au fur et à mesure, une fois ficelées. Mais sans tambour ni trompette. Le 12  juillet, Edouard Philippe reçoit les membres du comité.  » On s’est tous dit : On vient assister à notre enterrement !”, raconte un membre. Et, en effet, Edouard Philippe nous a dit que le rapport n’avait pas vocation à être publié…  » 

 » Avant Emmanuel Macron, Nicolas Sarkozy et François Hollande avaient eux aussi lancé une grande réforme de l’Etat, note un conseiller à la Cour des comptes. Au début, c’était le même enthousiasme. Lui aussi, Sarkozy avait dit qu’il n’était pas question de faire du rabot, mais qu’il fallait évaluer les politiques publiques avant d’éventuellement en supprimer certaines. Puis le gouvernement réalise que les propositions sont inaudibles. Entre-temps, sa popularité est retombée, les fuites ont réveillé les oppositions, et c’est la grande paralysie.  » 

C’est fou comme plus ça change et plus c’est la même chose !*

Le 5 août 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

« Plus ça change, plus c’est la même chose. » Alphonse KARR (1808-1890), titre de deux recueils d’articles, Les Guêpes, janvier 1849