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 » Elections, piège à cons ! « 

19 Oct

Etait l’un des plus fameux slogans de Mai 68. En 2017…il n’a pas pris une ride. La preuve ? La dernière élection présidentielle dans notre pays et les législatives qui l’ont suivie !

Car, d’après le quotidien L’Opinon, Emmanuel Macron réfléchirait actuellement à une commémoration digne de Lui et à la hauteur des évènements de l’époque pour les cinquante ans de ce mouvement social qui accoucha de bien des choses mais, surtout…du début de la fin d’une époque heureuse et faste.

Emmanuel Macron souhaiterait ainsi sortir des discours maussades sur les événements dont on prétend qu’ils ont participé à  » moderniser la société française « . L’Élysée souhaite donner une dimension internationale à 68, car ce fut l’année du Printemps de Prague et de sa répression, des grandes manifestations aux États-Unis, du massacre à l’université de Mexico, des mouvements étudiants dans toute l’Europe... , précise le quotidien. Un clin d’oeil, en quelque sorte, à ce que nos responsables politiques et leurs complices médiatiques appelèrent, en 2011,  » les Printemps arabes « , saison dont nous savons maintenant qu’elle s’achève, non pas dans les chaleurs de l’été mais dans les frimas de l’hiver religieux, social et politique.

En voulez-vous une preuve ? La voici : figure de Mai 68 chantre du cosmopolitisme apatride, porte-drapeau de toutes les transgressions sexuelles (« Vivre sans temps mort et jouir sans entrave » était aussi un slogan de Mai 68…) mais aussi soutien d’Emmanuel Macron lors de la dernière élection présidentielle, Daniel Cohn-Bendit devrait être associé à la réflexion sur les manifestations proposées (Lire « Il n’y aura pas de place pour tout le monde » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/03/25/bulletin-climatique-du-week-end-2526-mars-2017-de-la-republique-francaise/). L’année 2018 marquera également le 70e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, adoptée par les Nations Unies en 1948 ainsi que le 60e anniversaire de la Constitution de 1958.

Il était incontournable qu’Emmanuel Macron entende marquer cette date historique d’un grand événement festif et d’un discours qui ne le sera pas moins. Alors, à ce moment de l’histoire, permettez-nous de renvoyer nos compatriotes au souvenir du grand Coluche, témoin de époque, et qui recommandait ceci :

Nous appelons cela la  » Chronique d’une imposture annoncée  » !

Le 19 octobre 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

 

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Chronique d’une imposture annoncée : Post scriptum offert par notre ami GJ.

15 Oct

 

Le 15 octobre 2017.

Chronique d’une imposture annoncée : ce soir, même si vous ne militez pas, au moins ne perdez pas votre temps.

15 Oct

Car Narcisse viendra s’exposer sur les étranges lucarnes de TF1 et LCI. Que vous dira-t-il que vous ne sachiez déjà puisque…vous nous lisez.

Alors, ne perdez pas votre temps et ne justifiez pas sa démarche en ajoutant votre écoute à toutes celles que ne manqueront pas de mesurer (et d’exploiter) les organismes de sondage publicitaire.

CE SOIR, FUYEZ TF1 ET LCI !

Le 15 octobre 2017.

Chronique d’une imposture annoncée : Vive les riches !

2 Oct

La réforme de la fiscalité du capital, officialisée le 27  septembre et figurant dans le premier projet de loi de finances (PLF) du quinquennat, a valu à Emmanuel Macron le qualificatif de  » président des riches « . L’instauration d’un prélèvement forfaitaire unique ( » flat tax « ) de 30  % sur les revenus du capital (intérêts, dividendes, plus-values) couplé à la transformation de l’impôt sur la fortune (ISF) en impôt sur la fortune immobilière (IFI) représentera près de la moitié des allégements fiscaux prévus en  2018. Et un manque à gagner pour l’Etat de 4,5  milliards d’euros.

On comprend bien, certes, qu’en privilégiant la prise de risque plutôt que la  » rente  » immobilière, avec une fiscalité simplifiée et stabilisée pour cinq ans, l’exécutif veut inciter les Français les plus fortunés à investir davantage dans l’économie.  » Nous allégeons la fiscalité du capital pour libérer la capacité de croissance des entreprises française  et la création d’emplois « , martèle le ministre de l’économie, Bruno Le Maire.

Cela porte un nom : « l’effet de ruissellement« . Un postulat qui fait bondir les oppositions car, nulle part dans le monde lorsqu’il a été mis en oeuvre, on ne put en mesurer les effets positifs.  » Rien ne montre qu’il y a un rapport entre avantager les revenus du capital et favoriser l’investissement productif, si cela se fait sans conditions « , rétorque Eric Coquerel, député La France insoumise (LFI). Quant à Gilles Carrez(LR), il fustige  » une réforme de banquier d’affaires «  qui va pénaliser  » les petits riches « , ceux qui ont investi dans la pierre, alors que les actifs financiers représentent 90  % des patrimoines de plus de 10  millions d’euros.

De fait, quelle garantie que l’argent moins taxé sera investi dans l’économie pour doper la croissance ? AUCUNE.  » Nos réformes visent à transformer le pays, il ne faut pas toujours y chercher des garanties ou des contreparties immédiates, mais juger leurs résultats sur la durée « , balaie Gilles Le Gendre, vice-président du groupe La République en marche de l’Assemblée.

Pourtant, le débat fait rage chez les économistes.  » Le principe selon lequel les ménages les plus riches vont réinvestir leur argent, avec des répercussions sur la croissance et l’emploi (dit “théorie du ruissellement”) est remis en question par nombre d’organismes internationaux (OCDE, FMI) : favoriser les plus fortunés ne produit pas une croissance plus inclusive mais augmente les inégalités « , fait valoir Pierre Madec, de l’Observatoire français des conjonctures économiques.

Pour Emmanuel Jessua, économiste chez Cœ-Rexecode, un institut de conjoncture proche du patronat,  » le débat actuel a dérivé vers l’efficacité d’alléger les prélèvements sur le capital, car le gouvernement a fait le choix d’une mesure coûteuse pour les finances publiques. Mais on oublie les avantages d’un système simplifié et plus neutre, permettant de sortir du cercle vicieux : augmenter le taux d’un impôt, puis créer des niches pour ensuite relever encore la fiscalité sur les contribuables restants « .

Impossible, toutefois, de quantifier les effets d’une telle réforme : combien d’exilés fiscaux reviendraient en France ? Quels montants pourraient irriguer l’économie ?  » Le principe de créer un choc de confiance est peu tangible. On peut penser au capital entrepreneurial, comme les cadres de haut niveau partis fonder leur entreprise à l’étranger « , indique M. Jessua. Plus encore qu’aux épargnants, ce big bang fiscal devrait bénéficier aux chefs d’entreprise. De start-up, mais aussi de petites et moyennes entreprises et entreprises de taille intermédiaire (PME-ETI) familiales, qui ont fait de l’ISF leur cheval de bataille. Le poids de l’impôt incite souvent les actionnaires familiaux non dirigeants à réclamer des dividendes importants pour payer leur ISF. Voire à vendre leurs parts, contribuant au retard de la France en matière de nombre d’ETI par rapport à l’Allemagne ou à l’Italie.

 » La réforme de l’ISF est un vrai pari sur le fait que les plus fortunés vont investir davantage en arrêtant de payer cet impôt « , nuance Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Natixis AM. La France ne dispose pas de  » fonds de pension à la française  » qui pourraient drainer les capitaux vers les entreprises qui en ont besoin, et l’assurance-vie ne parvient pas à pallier l’aversion des épargnants au risque : elle reste investie majoritairement en emprunts d’Etat.Quant à l’ISF-PME, qui permet d’obtenir une réduction de l’ISF en cas d’investissement dans les PME, il disparaîtra avec la création de l’IFI.

Le timing des effets de ces réformes reste donc pour le moins incertain.  » C’est bien si on en tire les fruits en deuxième partie de quinquennat, à partir de 2020 « , estime M.  Jessua. En  2016, l’ISF, payé par 330 000 personnes, a rapporté 4,1  milliards d’euros à l’Etat. En  2018, avec l’IFI, ne resteront que 150 000 contribuables et 850  millions de recettes, a indiqué M.  Le Maire, mercredi.

Alors, il n’y a pas de doute :  » VIVE LES RICHES !  » Mais attention, on nous dit aussi que les retraités sont riches au-delà de 1200 euros par mois…

Le 2 octobre 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Chronique d’une imposture annoncée : le gouvernement patauge dans le glyphosate.

30 Sep

Directement sur les animaux, dans vos légumes et…dans les nappes phréatiques

Les pesticides sont un motif récurrent de cacophonie gouvernementale. Après les déclarations contradictoires, fin juin, du ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, d’une part, du ministre de l’agriculture et de l’alimentation, Stéphane Travert, d’autre part, sur l’interdiction programmée des insecticides néonicotinoïdes, c’est le glyphosate qui est matière à cafouillage. Lundi 25  septembre, sur RMC et BFM-TV, le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, a ainsi semé le trouble en déclarant que le célèbre herbicide (plus connu de nos amis jardiniers sous le nom de « Roundup« ),  » ainsi que tous ceux qui lui ressemblent et qui menacent la santé des Français  » serait interdit en France  » d’ici la fin du quinquennat « , soit 2022.

Hélas pour M. Castaner comme pour nous, les services du Premier ministre démentent et assurent qu’un tel calendrier n’existe pas (Lire d’ailleurs « Rappelez-nous déjà qui est ce M. Castaner » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/09/28/rappelez-nous-deja-qui-est-ce-m-castaner/). L’annonce n’en a pas moins suscité des protestations contradictoires, tant du monde agricole que des organisations de défense de la santé et de l’environnement. La question est d’autant plus sensible qu’elle dépasse largement le cadre franco-français.

Le glyphosate – pesticide le plus utilisé dans le monde – est en cours de réautorisation au sein de l’Union européenne, et le vote de la France pourrait s’avérer déterminant. Le dénouement est proche : le vote des Etats membres doit nécessairement se tenir avant fin décembre – date à laquelle expire l’autorisation de mise sur le marché de la substance…  » Pour l’heure, la seule proposition de Bruxelles qui est sur la table est celle d’une réautorisation du glyphosate pour dix ans, et la France votera contre cette proposition, explique-t-on à Matignon. La date à retenir est l’interdiction du glyphosate à partir du 1er  janvier 2019 pour les particuliers, sachant qu’il est déjà interdit depuis le 1er  janvier 2017 pour les collectivités. « 

Cependant, la sortie de M. Castaner – dont la précision adressée à l’Agence France-Presse est passée relativement inaperçue – a relancé les spéculations sur les intentions de la France au niveau européen.  » Il est évident que si l’on envisage une sortie du glyphosate pour la fin du quinquennat, cela signifie qu’il sera encore autorisé pour les cinq prochaines années, analyse l’ancienne ministre de l’environnement, Corinne Lepage, présidente de Cap21. Reporter les décisions à la fin du quinquennat signifie simplement que l’on ne fera rien. On ne peut pas être favorable aux pesticides et “en même temps” (sic) défavorable aux pesticides. « 

A l’inverse, la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) voit dans la déclaration de M. Castaner la possibilité que la France fasse cavalier seul et qu’en cas de réautorisation pour dix ans de la substance au niveau européen elle interdise de manière unilatérale, sur son territoire, l’ensemble de ses usages enfermant certaines filières dans  » une impasse technique « .  » Si la Commission européenne dit oui, il est hors de question que la France impose des règles plus strictes, a déclaré Christiane Lambert, présidente de la FNSEA. Ce serait une distorsion intenable pour les agriculteurs.  » La majorité qualifiée requise est de seize votes favorables sur les vingt-huit Etats membres, rassemblant au moins 65  % de la population européenne.

La communication gouvernementale semble désormais, en tout cas, écarter l’hypothèse d’une interdiction rapide et abrupte de la substance. Dans son communiqué, Matignon annonce ainsi que la position de la France sera fondée sur un  » plan de sortie du glyphosate «  tenant compte  » de l’état de la recherche et des alternatives disponibles pour les agriculteurs « . L’objectif étant de  » trouver les conditions d’une transition raisonnable vers la sortie du glyphosate « . De fait, vendredi 22  septembre, Stéphane Travert évoquait une reconduction possible de cinq à sept ans au niveau européen ! Mais la santé des Français, M. Travert s’en bat l’oeil…

Ce possible assouplissement de la position française indigne les associations de protection de la santé et de l’environnement.  » Dans le cadre du règlement européen sur les pesticides, il est prévu l’interdiction pure et simple de toute substance pesticide à partir du moment où celle-ci est classée comme cancérogène probable, ce qu’est le glyphosate d’après le Centre international de recherche sur le cancer – CIRC – « , rappelle avec vigueur l’association Générations futures dans un communiqué du 25  septembre.

Déclaré cancérogène probable par l’agence spécialisée de l’OMS en mars  2015, le glyphosate est au contraire jugé probablement non cancérogène par les expertises européennes, cependant très décriées pour leur proximité avec les industriels.  » Dans le cas présent, ajoute l’association Générations futures, des alternatives existent bel et bien et sont utilisées de longue date par les agriculteurs biologiques.  » N’oubliez pas ce que nous écrivons ici régulièrement : « L’Union européenne est une organisation criminelle » (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/09/18/mettez-vous-bien-ceci-en-tete-lunion-europeenne-est-une-organisation-criminelle/).

En Allemagne, la position de la France est suivie de près. Les tensions étaient déjà fortes sur ce sujet au sein du précédent gouvernement, entre les ministres de l’agriculture et de l’environnement. Elles ne sont pas en passe de s’apaiser. Le résultat des élections législatives du 24  septembre devrait imposer à Angela Merkel la formation d’une coalition avec les Verts et les libéraux, dont les positions sur le sujet sont divergentes.

Au moins autant qu’en France, en remarquant toutefois le silence assourdissant de la plus emblématique des recrues d’Emmanuel Macron : Nicolas Hulot.*

Le 30 septembre 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Lire « Combien de couleuvres Nicolas Hulot avalera-t-il avant de quitter le gouvernement ? » (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/07/05/combien-de-couleuvres-nicolas-hulot-avalera-t-il-avant-de-quitter-le-gouvernement/).

Chronique d’une imposture annoncée : la face cachée de la mairie de Lyon.

29 Sep

Regardez bien , ça dépasse l’entendement et ça en dit long sur le gouvernement d’Emmanuel Macron autant que sur l’ancien maire de la ville devenu ministre d’Etat ministre de l’intérieur, Gérard Colomb:

Le principe des villages-Potemkine !

Le 29 septembre 2017.

(merci à GJ pour l’info)

A vouloir construire des « champions européens », Emmanuel Macron prend le risque de tuer les fleurons de l’industrie française.

28 Sep

Depuis la naissance du géant mondial de l’aéronautique Airbus, en  2000, cette société est devenue une référence, un horizon industriel indépassable et un mantra politique. Au point d’inspirer Emmanuel Macron dans son discours sur l’Europe, mardi 26 septembre à la Sorbonne.

Il faut construire des  » champions européens « , a affirmé le chef de l’Etat. Las, ni le tandem Alstom-Siemens dans la construction ferroviaire ni l’attelage STX-Fincantieri dans la construction navale ne peuvent être comparés au modèle Airbus : le premier sera sous domination allemande, le second sous emprise italienne.

On peut comprendre cet engouement : Airbus Group est un beau succès. Jamais la France ou l’Allemagne n’auraient pu, seules, concurrencer le géant américain Bœing et, tout à sa volonté de refonder le projet européen, M.  Macron plaide pour des rapprochements européens dans les grands secteurs d’activité. Mais, sur ce sujet, il s’est forgé une conviction qui se veut réaliste même si nous ne partageons pas nécessairement : la souveraineté n’est plus nationale dans bien des domaines.  » Il nous faut construire une souveraineté européenne qui est la seule souveraineté réelle « , explique-t-on à l’Elysée pour justifier ce volontarisme dans la création de champions industriels sur le Vieux Continent, rappelant le  » rapport intime «  entre les projets de réformes portés en France et  » l’agenda européen de souveraineté dans la mondialisation « .

Il est clair que, pour Emmanuel Macron, hors d’Europe, point de salut. C’est la seule façon de résister aux rouleaux compresseurs chinois et américain, qui disposent de colossales capacités de financement et d’un marché domestique leur permettant de casser les prix à l’international.

 » Aucun pays européen n’a, seul, les moyens d’injecter dans la recherche et l’industrie les sommes qu’y injectent aujourd’hui, directement ou indirectement, les gouvernements chinois ou américain « , avait expliqué M.  Macron durant la campagne présidentielle.  » La mondialisation est un combat rude, car tout le monde ne respecte pas toujours les règles, un combat qui compte tenu de la taille des compétiteurs ne se gagnera pas seul « , soulignait le site du candidat d’En marche ! Ces champions ont souvent – mais pas toujours – une base franco-allemande, comme si le couple politique au cœur de l’Europe devait trouver son prolongement industriel. Mais c’est bien pour cette raison que nous ne sommes pas favorable à son idée fédéraliste mais, au contraire, à une organisation européenne des nations dans laquelle les collaborations entre pays compétents permettraient de répondre à cette exigence sans les assujettir à des instances supra-nationales apatrides et tyranniques.

Au ministère de l’économie entre 2014 et 2016, M.  Macron avait mis en pratique ce volontarisme. Il avait bouclé la création d’un  » Airbus de l’armement terrestre « avec le rapprochement du français Nexter et de l’allemand KMW, lancé par son prédécesseur Arnaud Montebourg et Jean-Yves Le Drian, alors ministre de la défense. Il avait refusé le rachat de Dailymotion par le hongkongais PCCW, préférant céder la plate-forme de vidéos en ligne d’Orange à Vivendi – mais après avoir envisagé une cession aux allemands Axel Springer ou Bertelsmann. Et il avait donné son feu vert au rachat d’Alcatel par le finlandais Nokia, dénonçant au passage la  » vision romantique  » de ceux qui, en France, refusent toute fusion avec un groupe étranger. Hélas, dans ces exemples…la France est loin d’avoir toujours gagné !

De là à rééditer le succès d’Airbus… Si EADS (devenu Airbus Group) est né, c’est de la volonté d’un homme, Jean-Luc Lagardère, patron de Matra-Aérospatiale, et de l’appui de Jacques Chirac et Lionel Jospin à Paris, et de Gerhard Schröder à Berlin. Et si le mariage a duré en dépit de crises de gouvernance, c’est parce qu’il s’est appuyé sur un actionnariat équilibré entre Français et Allemands, ayant les mêmes pouvoirs. Depuis 2014, chaque Etat détient le même nombre de titres (11,1  % chacun).

Il n’en sera pas de même pour Alstom-Siemens (le conglomérat allemand va devenir l’actionnaire principal, avec 50  % des parts du nouvel ensemble) et STX-Fincantieri (l’italien aura 50  % du capital auxquels s’ajoutera 1  % prêté par l’Etat français).

Un réflexe de patriotisme économique fait dire aux politiques qu’il s’agit de mariage  » entre égaux « . Mais après quelques mois ou une poignée d’années, ils se soldent régulièrement par des prises de contrôle, comme ce fut le cas avec le cimentier français Lafarge passé dans le giron du suisse Holcim. Et même quand on habille les  » deals « , l’habillage ne dure guère. Un exemple : Alstom cède déjà sa part dans les cœntreprises franco-américaines créées lors du rachat de ses activités énergie par General Electric. Ou comment tuer les plus beaux fleurons de notre industrie au nom du mondialisme.

Preuve qu’il est pratiquement impossible de rééditer l’aventure Airbus, le cimetière des  » Airbus de…  » est peuplé de projets mort-nés. Au printemps 2017, c’est un «  Airbus des énergies renouvelables  » qui a été étudié de part et d’autre du Rhin. Schéma : rapprocher Engie et Innogy, qui regroupe les activités  » propres  » (éolien, -solaire, réseaux électriques…) du groupe d’électricité allemand RWE. Une opération au terme de laquelle l’énergéticien de Essen serait devenu le premier actionnaire du groupe français…devant l’Etat.

En  2013, trois ans avant le Brexit, Airbus Group a cherché à rééquilibrer son portefeuille d’activités en se renforçant dans la défense avec la prise de contrôle du géant britannique BAE. Cette opération lui aurait permis de devenir un rival de Bœing et de Lockheed Martin sur ce marché. Le projet a finalement capoté, notamment en raison d’un refus de la chancelière Angela Merkel. Qui se souvient qu’en  2012 avait germé dans l’esprit d’Arnaud Montebourg, alors ministre du redressement productif, l’idée d’un  » Airbus des télécoms  » fruit de la fusion d’Orange et de Deutsche Telekom ? Terminé en queue de poisson.

Et les unions ne sont pas éternelles : en  2011, Siemens avait décidé de sortir du nucléaire et de revendre les 33  % qu’il détenait dans la filiale d’Areva chargée de développer et de construire le réacteur EPR, accompagnant ainsi le retrait de l’atome civil décidé par Mme  Merkel après l’accident de Fukushima. C’en était fini de  » l’Airbus du nucléaire  » !

Alors, que penser de cette fusion annoncée entre Alstom et les activités ferroviaires du conglomérat allemand Siemens, enclenchée à la fin du printemps, qui s’est accélérée au milieu de l’été puis qui, largement éventée depuis cinq jours, a été rendue publique mardi 26  septembre.

 » Aujourd’hui, Siemens et Alstom ont signé un protocole d’accord pour combiner les activités mobilité de Siemens, incluant sa traction ferroviaire, avec Alstom « ,ont déclaré les deux groupes dans un communiqué, après que leurs conseils d’administration respectifs eurent unanimement approuvé l’opération. Le plus grand projet dans l’histoire ferroviaire française contemporaine va donner naissance à un  » champion européen de la mobilité « , selon les mots du communiqué. Il aura en tout cas entraîné un ballet de banquiers d’affaires : de BNP Paribas (conseil de Siemens) à la banque Rothschild (Alstom) en passant par JPMorgan, qui conseillait le conseil d’administration d’Alstom. C’est vous dire où sont les véritables intérêts dans cette affaire !

Car, ne vous y trompez pas, la nouvelle entreprise aura pour nom Siemens-Alstom et non pas Alstom-Siemens… Une façon de rappeler que le conglomérat allemand va en devenir l’actionnaire principal, avec 50  % des parts à la suite d’une augmentation de capital réservée à Siemens, qui va diluer d’autant les actuels actionnaires d’Alstom. Le conseil d’administration de onze membres sera dominé par Siemens, qui en désignera six, dont le président.

Si le siège mondial du groupe restera en région parisienne (il est actuellement à Saint-Ouen, Seine-Saint-Denis), le département « Mobility Solutions » sera, lui, basé à Berlin. Il regroupe la signalisation, les systèmes et les services ferroviaires, des secteurs où Siemens est un leader mondial. Le groupe allemand promet aussi qu’il n’augmentera pas sa part de 50  % du capital pendant quatre ans après la réalisation de l’opération. Mais (seulement) pendant quatre ans.

Ces conditions comprennent évidemment un volet social. Pendant cette même période de quatre ans suivant la réalisation de l’opération, les sites et les emplois seront préservés. L’accord vaut pour les 8 500 employés d’Alstom et les 500 de Siemens en France, ainsi que pour l’Allemagne (12 000 salariés côté Siemens, 3 000 pour Alstom) mais cette garantie de maintien de l’emploi ne concerne aucun des autres pays où sont implantés les deux groupes.

 » Nous sommes sur des marchés en croissance, comme ceux du métro dans le monde, tempère-t-on chez Alstom. C’est ça la meilleure garantie pour l’emploi.  » Et il est vrai que l’ensemble a fière allure : 61,2  milliards d’euros de commandes, 15,3  milliards d’euros de chiffre d’affaires, 1,2  milliard d’euros de bénéfices d’exploitation, 8  % de marge… Sans compter les promesses financières de la fusion, comme ce demi-milliard d’euros de synergies à dégager dans les cinq  ans.

 » La CFDT sera très attentive à ce que les métiers, les filières, les savoir-faire du ferroviaire soient préservés dans une logique non pas financière mais industrielle  » prétend aujourd’hui le syndicat CFDT, allié du gouvernement dans beaucoup de ses projets. Mais il ferait bien de se méfier car, lors de la cession de la partie énergie à General Electric, en  2014, il avait été promis la création de 1 000 emplois net dans les trois ans. A quelques semaines de l’échéance, on est à 1 200 emplois détruits ! Emmanuel Macron fera-t-il mieux que François Hollande en matière de mort programmée de l’industrie française ?

D’ailleurs, Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France), Laurent Wauquiez (candidat favori à la présidence du parti Les Républicains) ou des élus de La France insoumise ont dénoncé une opération consistant à brader notre patrimoine industriel.  » Avec cette opération, on ne construit pas un champion européen mais un champion allemand « , a même déclaré Xavier Bertrand, le président LR de la région Hauts-de-France, dans une interview au quotidien Les Echos publiée le 26  septembre.

L’opération est toutefois loin d’être bouclée. C’est même un long processus qui commence et devrait s’achever fin 2018. La fusion devra passer sous les fourches Caudines des comités d’entreprise, des autorités de régulation de la concurrence et de l’autorité des marchés financiers (AMF). Si Alstom était amené à ne pas poursuivre l’opération, le groupe devrait payer une indemnité de rupture de…140  millions d’euros.

Mais nous savons depuis longtemps que toutes ces folies  » ne coûtent rien, c’est l’Etat qui paie « .*

Le 28 septembre 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* François Hollande, jeudi 6 novembre 2014 sur TF1, à propos de ses coûteux et irresponsables « emplois d’avenir » mis en oeuvre pour subventionner la racaille des banlieue.