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Dis-moi qui sont tes amis…(suite sans fin)

16 Juil

Décidément, les amis d’Emmanuel Macron ne sont pas des perdreaux de l’année et moins encore d’angéliques personnes ! Après le lobby bancaire et les plus grosses fortunes de France (dont on attend encore les investissements industriels – dits « ruissellement » – qui devaient résulter de l’impôt sur la fortune – ISF -), voici que la gauche caviar étale ses turpitudes à la Une des médias people.

C’est ainsi que le site Mediapart a dévoilé quelques aspects du train de vie somptuaire que menaient François et Séverine de Rugy, sa parfaite illustration. Selon Mediapart, entre les mois d’octobre 2017 et juin 2018, Séverine de Rugy, épouse de François, alors président de l’Assemblée nationale (et aujourd’hui ministre de la Transition écologique et solidaire !), aurait organisé une dizaine de dîners rassemblant notamment des amis du couple et des membres de leur famille, sous les lambris du très prestigieux hôtel de Lassay.

Le couple de Rugy, prébendiers de la République

A chaque fois, entre dix et trente convives ont pu se délecter de homards géants, arrosés de champagnes et de grands crus issus des caves de l’Assemblée nationale, tels que du Mouton-Rothschild 2004 du centenaire de l’Entente cordiale entre l’Angleterre et la France (au moins 500 euros la bouteille) ou encore du Château Cheval-Blanc 2001 (550 euros).

Ces festins somptueux, préparés par le personnel et avec les moyens de l’Assemblée nationale (donc l’argent du contribuable), débordaient de luxe. « Verres en cristal, porcelaines, petites cuillères en or, chandeliers, vaisselles d’apparat »…et autres objets d’apparat dont les mêmes individus nous répètent ad nauseam qu’ils étaient la honte de l’ Ancien Régime !

La patronne de la maison s’est justifiée en prétendant, sans la moindre honte, que ces dîners avaient pour objectif de permettre à son époux de… « rester connecter avec la société« . Tout en confirmant que les invités appartenaient bien, pour l’immense majorité, à son cercle « amical ».

Trop, c’était trop.

Et ce qui devait arriver arriva : face à la colère légitime des Français et en ces temps de « Gilets jaunes« , François de Rugy, en bon fusible d’Emmanuel Macron et d’Edouard Philippe, a dû démissionner aujourd’hui mardi 16 juillet.

Rappelons-lui pourtant, au cas où il l’aurait oublié, qu’en 1793 bien des aristocrates français furent guillotinés pour bien moins que ça…

Le 17 juillet 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Affaire Benalla : une « justice aux ordres » se met en place.

11 Juil

Par une lettre du 27 juin adressée à Gérard Larcher, président du Sénat, et un communiqué de presse du même jour, le procureur de la République de Paris, Rémy Heitz, a informé de sa décision de classer sans suite les procédures engagées contre trois collaborateurs du président de la République. Il s’agissait de Patrick Strzoda (directeur de cabinet), d’Alexis Kohler (secrétaire général) et de Lionel Lavergne (chef du groupe de sécurité). Une enquête préliminaire avait été engagée du chef de « faux témoignage », après que le président du Sénat lui avait signalé, par une lettre du 27 mars, de telles suspicions lors d’auditions devant la commission d’enquête sénatoriale sur l’affaire Benalla.

Rappelons, d’une part, que les témoignages devant une commission d’enquête se font sous serment, en application de l’article 6 de l’ordonnance du 17 novembre 1958, qui détermine le fonctionnement des commissions d’enquête. Un mensonge, fût-il par omission, est alors passible de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende, en vertu de l’article 434-13 du code pénal, auquel renvoie ce même article 6. C’est ainsi que, le 9 novembre 2018, la cour d’appel de Paris a condamné, pour la première fois, le pneumologue Michel Aubier à 20 000 euros d’amende, pour ne pas avoir fait part de ses liens d’intérêts avec le groupe Total.

Précisons, d’autre part, que les poursuites et les éventuelles condamnations auxquelles peut donner lieu un faux témoignage ne sont pas diligentées par les parlementaires, dont ce ne serait nullement la mission, mais bien par l’autorité judiciaire et, plus précisément, par le parquet de Paris. Lorsqu’ils constatent ou soupçonnent une infraction (tel un faux témoignage), les parlementaires doivent alerter le parquet. Ce dernier peut alors diligenter une enquête et décider de l’opportunité des poursuites.

Ainsi, le président Larcher a fait part de ses soupçons au procureur de la République, comme il en avait le devoir, et ce dernier a décidé d’ouvrir une enquête préliminaire, puis, à son terme, de classer la procédure sans suite, comme il en avait le pouvoir. Jusqu’ici, rien d’anormal.

Sauf que le contenu même de la lettre et du communiqué de presse interpelle. Le procureur relève que « M. Patrick Strzoda a pu faire une description incomplète des attributions d’Alexandre Benalla lors de son audition du 25 juillet 2018 ». Un mensonge par omission !

En effet, M. Strzoda a indiqué que M. Benalla « participait, sous l’autorité du chef de cabinet, à la préparation et l’organisation des déplacements publics du chef de l’Etat ; il organisait les déplacements privés ; il gérait le programme d’accueil des invités du président de la République pour le défilé du 14-Juillet ». Avant d’ajouter : « Je le répète, Alexandre Benalla n’assurait pas la protection rapprochée du chef de l’Etat. »

Ces propos ont été expressément confirmés et complétés par Alexis Kohler, le 26 juillet, et par Lionel Lavergne, le 30. Le premier soutenait que « M. Alexandre Benalla n’exerçait pas une mission de sécurité mais une mission de coordination et d’organisation des déplacements du président de la République ». Le second précisait que « les missions de M. Benalla étaient triples. La plus importante était de participer, sous l’autorité du chef de cabinet, à l’organisation des déplacements officiels du président de la République (…). Le deuxième volet (…) était l’organisation des déplacements non officiels du président de la République. Le troisième volet n’était pas en lien direct avec les missions du GSPR (groupe de sécurité de la présidence de la République). (…) Il s’agissait de gérer les invitations pour le 14-Juillet. »

Or il ressort expressément de la fiche de poste d’Alexandre Benalla, publiée dans le rapport de la commission d’enquête, que ses missions étaient au nombre de cinq et que la première d’entre elles était la « coordination des services en charge de la sécurité du président de la République ».

La contradiction entre cette fiche de poste et les propos tenus sous serment devant la commission d’enquête par ces trois collaborateurs est flagrante. D’ailleurs, Rémy Heitz la reconnaît. Pourtant, il décide de classer la procédure sans suite, car, dit-il, M. Strozda s’est référé à plusieurs reprises à la fiche de poste, au cours de son audition. Pour échapper aux poursuites pour faux témoignage, il suffirait donc de mentir, tout en renvoyant à un document où il y a la vérité. C’est une étrange interprétation des termes « témoignage mensonger » inscrits dans le code pénal.

N’oublions pas que, en vertu de la « théorie des apparences », intégrée depuis 1993 au droit français, « la justice ne doit pas seulement être rendue, elle doit aussi donner le sentiment d’avoir bien été rendue ». Or, dans cette affaire, tout donne le sentiment du contraire.

D’abord, cette fiche de poste n’a pas été facilement communiquée à la commission d’enquête : son président et les deux corapporteurs ont dû batailler de longs mois pour l’obtenir, comme si elle pouvait contenir des informations gênantes. Ensuite, on ne peut omettre les circonstances dans lesquelles Rémy Heitz a été nommé procureur de la République de Paris, en octobre dernier. Au-delà de son profil politique, il a surtout été choisi au terme d’un second appel à candidatures, alors que trois candidats retenus par la garde des sceaux avaient été écartés par le président de la République lui-même. On craignait alors que ce dernier n’ait pour dessein de contrôler le plus important parquet de France.

Avec la décision du même Rémy Heitz concernant les trois collaborateurs du chef de l’Etat, cette crainte paraît devenir réalité : la justice est aux ordres.

Ce n’est pas seulement troublant, c’est intolérable.

Le 11 juillet 2019.

BINGO ! Nous avons gagné.

13 Juin

Car, comme nous l’avions prévu dans notre article d’hier à propos de la déclaration de politique générale que devait faire le Premier ministre, Edouard Philippe, devant les députés français, à aucun moment celui-ci n’a exprimé la moindre colère ni exposé la moindre proposition face à l’exploitation de migrants illégaux par les esclavagistes de Chronopost et du groupe La Poste ! (Lire « La main dans le sac » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/06/12/la-main-dans-le-sac-mais-edouard-philippe-nen-parlera-pas-a-lassemblee-nationale/).

Mais, au fait, de quoi Edouard Philippe a-t-il parlé dans ce discours très officiel ? Personne ne s’en souvient…Ah, si. Il a multiplié les gages concernant sa « conversion écologique« , telle l’importante décision que….“ tous les produits en plastique jetables seraient bannis ” de l’administration à compter de 2020 ! Ajoutant, pour faire bonne mesure, que les propositions “ les plus puissantes ” de la convention citoyenne pour la transition écologique, voulue à l’issue du grand débat, pourraient être soumises ” à référendum ”. Il est clair que la vie des Français va en être transformée et le pays sauvé. Mais pas de référendum sur le contrôle de l’immigration, bien sûr.

Quoi encore ? Ah, oui. La future réforme de l’assurance-chômage comprendra un bonus malus qui s’appliquera “dans les 5 à 10 secteurs” d’activité utilisant le plus de contrats courts et inclura aussi “une dégressivité de l’indemnisation sur les salariés qui perçoivent les salaires les plus élevés”, a-t-il encore précisé. Nul doute que les syndicats avaleront la couleuvre sans broncher…

Mais aussi, car cela aurait manqué dans ce catalogue à la Prévert, Edouard Philippe a annoncé que l’école serait rendue obligatoire dès 3 ans et que les classes de CP et de CE1 seraient limitées à 24 élèves sur tout le territoire. Il y aura aussi un effort de réduction des élèves par classe en Grande section de maternelle dans les zones les moins favorisées.(entendez les zones de non-droit des banlieues de nos villes afin de favoriser les moyens d’expression des innombrables « Chances pour la France » qui les polluent).

Vidéo intégrée

Quant à la source de ces malheurs que connaît notre pays depuis trop longtemps déjà, à savoir l’immigration, que propose le Premier ministre de la République ?

Nous en sommes…

Car il nous a dit que le gouvernement organisera “ chaque année un débat au Parlement ” sur la politique d’asile et d’immigration ! Car, selon lui, “ Il est nécessaire d’en débattre de manière régulière et au grand jour avec le Parlement ”.

En débattre ? La bonne blague.

Ce sont des actes que nous exigeons de voir mettre en oeuvre, alors que plusieurs centaines de milliers de migrants entrent en France clandestinement chaque année et que 12% seulement de ceux qui sont déboutés du droit d’asile sont effectivement expulsés.

Alors, il y eut aussi les sempiternelles annonces sociétales, dans l’air du temps. Et, précisément, le projet de loi bioéthique qui sera présenté par le gouvernement en juillet et dont le débat à l’Assemblée pourra commencer dès septembre.

Ce projet de loi comprendra l’extension de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes :  “Je suis persuadé que nous pouvons atteindre une forme de débat serein, profond, sérieux, à la hauteur des exigences de notre pays. C’est mon ambition en tout cas”, a osé préciser le Premier ministre, recevant une ovation debout d’une partie de l’hémicycle !

Regardez comme il savoure l’ovation !

Ajoutez à ce bric-à-brac idéologique, expression de l’incompétence autant que de l’irresponsabilité de ceux qui prétendent gouverner le pays, une autre décision fondamentale dont les répercussions civilisationnelles ne vous échapperont pas.  » Les pensions alimentaires pourront être automatiquement prélevées ”, “ dès juin 2020 ″, par la Caisse d’allocations familiales (CAF) pour lutter contre “ le risque d’impayé ”, a annoncé Edouard Philippe qui a ajouté doctement : “ Sur décision d’un juge, ou sur demande en cas d’incidents de paiement, les pensions seront automatiquement prélevées par la CAF pour être versées à leurs bénéficiaires et c’est la CAF qui déclenchera une procédure de recouvrement en cas d’impayé ”.

Quant à la réformes des institutions, si chère à Emmanuel Macron, Edouard Philippe a ouvert la porte à…un report de son examen après les sénatoriales de septembre 2020, appelant toutefois à ne pas “ résister au désir de changement exprimé par les Français ”.

Nous attendrons le moment propice et la manifestation de volonté du Sénat, qui peut être ne viendra qu’après le renouvellement de la Haute Chambre en 2020 ”, a indiqué le Premier ministre qui laissait ainsi planer une menace sur les accords électoraux avec sa majorité.

Mais nous n’oublions pas  » la cerise sur le gâteau  » d’anniversaire d’Edouard Philippe : 17 milliards d’euros ont été engagés pour ouvrir l’acte 2 du quinquennat sans qu’on entrevoit les économies équivalentes. Soit elles sont cachées, soit elles sont inexistantes. Dans les deux cas, elles relativisent l’ampleur du redressement annoncé !

C’est décidément une habitude de ce gouvernement. De l’enfumage avant, de l’esbroufe pendant pour que, finalement, la montagne n’accouche que d’une souris. Et dire qu’une majorité de Français votent pour de tels imposteurs…

Le 13 juin 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Comptes de la sécurité sociale : l’embellie Macron n’aura pas duré longtemps.

12 Juin

Présentation du PLFSS en septembre 2018 : comme ils avaient l’air heureux !

Souvenez-vous. En septembre 2018, la ministre de la Santé Agnès Buzyn et le ministre de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin annonçaient fièrement le prochain retour à l’équilibre des comptes de la sécurité sociale. A coup sûr, en tout cas, pour 2019.

Ils avaient oublié qu’après un vol en apesanteur, le retour sur terre s’avère toujours un moment délicat.

Patatras ! C’est comme au bon vieux temps de la Marisol Touraine, prédécesseur d’Agnès Buzin à la santé, à l’époque de François Hollande (Lire « La poussière sous le tapis de Marisol Touraine » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/07/07/securite-sociale-la-poussiere-sous-le-tapis-de-marisol-touraine/):

Et voilà que le déficit de la sécurite sociale, qui était revenu en 2018 à 1,2 milliard d’euros, son plus bas niveau en deux décennies a de bonnes chances de remonter à 1,7 milliard en 2019 (voire davantage), selon une synthèse de la Commission des comptes publiée mardi 11 juin.

Le retour à l’équilibre (https://www.lesechos.fr/economie-france/social/deficit-les-comptes-sociaux-risquent-une-rechute-1016604) s’est fracassé sur la réalité de la conjoncture économique et les concessions financières d’Emmanuel Macron.

Selon la Commission des comptes, cette rechute « résulte pour l’essentiel d’une croissance de la masse salariale (…) nettement inférieure à la prévision initiale » du gouvernement. Au lieu des 3,5% espérés à l’automne, Bercy ne table plus que sur une progression de 3,1%, selon le programme de stabilité.

Mais à cause de la « prime Macron » votée en décembre (exonération totale de cotisations et d’impôts jusqu’à 1 000 euros), la Sécu devra se contenter d’une hausse de 2,9%. Soit, au bout du compte, des « recettes plus faibles qu’attendu » de l’ordre de 1,7 milliard d’euros, soit le montant du déficit prévu, dans le meilleur des cas. C’est toujours ce qu’il arrive lorsque des dépenses exceptionnelles sont votées sans que leur financement ne soit connu…

D’ailleurs, le déficit risque d’être bien supérieur si l’Etat ne compense pas les autres « mesures d’urgence » adoptées en fin d’année pour tenter de répondre à la crise des « Gilets jaunes« . L’exonération de cotisations sur les heures supplémentaires dès le 1er janvier, et la baisse du taux CSG pour une partie des retraités, coûteront « respectivement 1,2 et 1,5 milliard d’euros », estime la Commission des comptes. Cela pourrait aggraver le « creusement » du déficit « qui atteindrait alors 4,4 milliards ».

Ce qui signifie autant d’aggravation de la dette* nationale. Mais qui s’en soucie puisque les remboursements de celle-ci ne concerneront que nos enfants, voire nos petits-enfants !

Le 12 juin 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Nous vous conseillons de relire « Rien ne va plus avec la dette abyssale de la France » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/09/08/rien-ne-va-plus-avec-la-dette-abyssale-de-la-france/

A propos de Sibeth-(Patankça) Ndiaye ou l’évangéliste de la macronie.

8 Juin

Si vous voulez en savoir plus sur l’Africaine la plus puissante de France et comprendre le bien-fondé du surnom dont nous l’avons de longue date affublée, ne manquez pas de lire la biographie de la secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre, porte-parole du gouvernement, publiée dans le magazine M du Monde:

https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2019/06/07/de-l-unef-a-macron-l-aventure-politique-de-sibeth-ndiaye_5472562_4500055.html

Le 8 juin 2019.

Dis-moi qui sont tes amis…

22 Mai

Que pensez-vous de la dernière affiche de la liste de La République en Marche en vue des élections européennes ?

Amusante, non ?

Ils sont venus, ils sont tous là…

Le 22 mai 2019.

La politique du chien crevé au fil de l’eau d’Emmanuel Macron.

16 Mai

Après la publication des plans de soutien au pouvoir d’achat qui vont représenter près de 18 milliards d’euros, Emmanuel Macron et son gouvernement  se rendent bien compte qu‘ils ne pourront jamais revenir à leurs objectifs de réduction du déficit budgétaire. A Bercy, on cherche en vain les niches fiscales que l’on pourrait fermer mais on s’aperçoit qu’elles sont incontournables pour l’essentiel, parce que l’abandon de ces niches reviendrait purement et simplement à augmenter la pression fiscale. C’est d’ailleurs ce qui apparaît, en filigrane, dans le dernier document publié par la Cour des comptes (https://www.lesechos.fr/economie-france/budget-fiscalite/une-niche-fiscale-sur-trois-nest-pas-chiffree-dans-le-budget-de-letat-1019352).

Du côté de la fonction publique, personne ne croit véritablement à la possibilité de réduire de 120 000 les effectifs d’ici la fin du quinquennat sans rallumer la colère de certains groupes sociaux.

En clair, le gouvernement ne va donc pas officiellement abandonner l’objectif de revenir à l’équilibre budgétaire, il va même jurer le contraire. Mais il va surtout insister sur la nécessité de poursuivre les réformes structurelles, chères à Bruxelles. Emmanuel Macron tentera là de revenir à la première mouture de la stratégie économique qu’il avait développée pendant la campagne électorale, à savoir que la priorité des priorités est de remettre l’entreprise France en état de marche et de compétitivité mondiale.

En arrivant à l’Elysée, il avait certes cédé aux codes européens en promettant à Bruxelles de consentir un effort pour revenir dans les clous de Maastricht, mais il est évident aujourd’hui qu’après le mouvement des gilets jaunes, il a dû virer de bord pour calmer la fronde en organisant un reflux apparent de la pression fiscale. Ce qui est intéressant, c’est que l’environnement économique, monétaire et politique va lui permettre de faire cette entorse à l’orthodoxie, à la seule condition qu’il poursuive et accentue son projet de rénover le système français en profondeur.

D’ailleurs, pendant qu’il distribuait du pouvoir d’achat aux gilets jaunes et aux retraités, il a poursuivi les chantiers de réformes : les retraites, l’éducation, le chômage, l’assurance maladie, la santé, l’aménagement du territoire, la transition écologique, etc….sous couvert d’un prétendu « Grand débat national » dont nous savons qu’il a, finalement, accouché d’uns souris (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/04/17/la-reponse-differee-demmanuel-macron-au-grand-debat/).

Voici en réalité le contexte.

1er point : Bruxelles ayant été informé du probable changement d’objectif budgétaire, la Commission a enregistré, mais n’a fait aucune critique ou commentaire, sans doute parce qu’elle considère désormais que les réformes de structures sont plus importantes que l’équilibre comptable.

2e point : la BCE a fait savoir qu’elle allait maintenir, encore plusieurs mois, sa politique de taux d’intérêt très bas, ce qui facilite le financement des déficits publics, lequel peut être considéré comme un investissement s’il permet de mener à bien les fameuses réformes de structures. Le fameux « ENDETTEZ-VOUS, RENDETTEZ-VOUS !…« 

3e point : l‘Allemagne est sans doute en train de changer de modèle pour adopter progressivement une politique économique moins orientée par la compétitivité extérieure et l’obsession de constituer des excédents pour se consacrer davantage à ses propres investissements publics et à son pouvoir d’achat interne.

4e point : la guerre commerciale entre la Chine et les USA menace, par les effets induits l‘Europe qui se retrouve coincée. L’Europe va donc avoir besoin de renforcer son potentiel industriel et sa compétitivité. C’est plus urgent que de réduire ses dépenses publiques. Ou comment la France a réussi à contaminé l’Europe avec son virus de l’inflation des dépenses publiques…

5e point : le monde syndical français est en train de changer aussi. Pour regagner des adhérents perdus dans une défense étroite et immédiate des intérêts corporatistes, ils sont en train de se réorienter vers une stratégie du compromis, à l’image de ce que fait avec succès la CFDT ; et le compromis se noue d’autant plus facilement qu’on se situe sur le long terme.

6ème point : la généralisation des mouvements populistes partout en Occident prouvent bien que certaines catégories sociales déclassées ont besoin de respirer (d’où les dépenses sociales), mais à terme, elles ont aussi besoin de s’adapter à la mondialisation qu’on leur impose, d’où la nécessité des réformes de structures.

Voilà donc le chemin emprunté par Emmanuel Macron. Mais c’est un chemin pavé, à la fois, de mauvaises intentions (puisqu’il s’agit, au bout du compte, de favoriser envers et contre tout le mondialisme et son corollaire, les ploutocraties cosmopolites) et de gros risques. Ceux-ci sont au nombre de trois :

Le premier serait que les réformes de structures en question ne génèrent pas de résultats tangibles. Moyennant quoi, les « Gilets jaunes » et autres mouvements de révolte ne manqueront pas de se réveiller.

Le second risque serait que, finalement, l’Europe n’accompagne pas le mouvement et se mette en travers de cette évolution. Un éclatement de l’UE couterait évidemment plus cher que l’union, par la faute des utopistes. Les Anglais qui font leurs comptes ont compris cette évidence.

Le troisième risque est évidemment le déclenchement d’une crise financière internationale par le défaut d’une grande banque ou d’un Etat. Ce qui nous pend au nez chaque jour davantage. Ce jour-là, les taux d’intérêt s’enflammeront, le marché interbancaire se bloquera (comme en septembre 2008) et les banques centrales seront incapables de rattraper les systèmes, faute de moyens. En 2008 et 2009, les Etats ont pu s’endetter, les banquiers centraux (garantis par les Etats) ont fait le maximum et…les citoyens ont payé ! Mais, aujourd’hui, les lignes de crédit sont épuisées et les citoyens refusent de cracher une fois de plus au bassinet.

Résultat :

 

Le 16 mai 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.