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Leur fuite en avant est pathétique.

18 Juil

Privés d’un grand dessein, les Français se sont finalement rabattus sur le football. Préférant ainsi le rêve à la dure réalité mais offrant aussi à l’incompétence et à l’incurie de leurs dirigeants politique des perspectives inespérées.  » Courage, fuyons !  » est devenu la devise de la République française.

Il suffisait, pour s’en convaincre de voir l’Arc de Triomphe de l’Etoile, dimanche 15 juillet, devenu un gigantesque écran, à la mesure de leur illusion, et sur lequel étaient projetées des images à la gloire du métissage de notre pays. L’Empereur s’en retournait dans sa tombe.

http://www.nouvelobs.com/videos/kf0vll.DGT/les-bleus-illuminent-l-arc-de-triomphe.html

Et le chef de l’Etat lui-même ne fut pas en reste dans cette nouvelle  » Grande Illusion « , accueillant trois mille personnes, lundi 16  juillet en début de soirée dans les jardins de l’Elysée, pour continuer de rêver en bleu ! Parmi ses invités, 1500 enfants issus de clubs de foot de nos banlieues, dont dix-huit de l’US Roissy-en-Brie (Seine-et-Marne), le club de Paul Pogba, vingt de l’AS Bondy (Seine-Saint-Denis), qui a formé Kylian Mbappé, trois de l’US Jeumont (Nord), où s’est entraîné Benjamin Pavard… D’autres étaient venus de Trappes ou de Mantes-La-Jolie (Yvelines), plus connues pour les trafics et les violences dont sont quotidiennement victimes nos compatriotes et nos forces de l’ordre. Une belle récompense.

Nous étions revenus à d’autres illusions. Celles de Bernard Stasi et de ses « Chances pour la France« 

 » N’oubliez jamais d’où vous venez, et vous venez de là : devant vous, il y a les clubs qui vous ont formés, a lancé le président de la République aux joueurs de l’équipe de France. Il y a des jeunes de ces clubs, des éducateurs qui n’ont pas compté leur temps.  » Une façon de mettre à l’honneur les entraîneurs de banlieues, sur lesquels la République entend s’appuyer davantage encore, et pas uniquement pour former les futures stars du ballon rond.

Mais Emmanuel Macron croit-il un seul instant à ce qu’il raconte ou énonçait-il l’un de ces désolant « storytelling » dont la République est si friande ? Imagine-t-il que la France, grâce à cette coupe du monde de football et à ses retombées sociétales, va se métamorphoser comme par enchantement, que les différences et les inégalités vont s’effacer, que le chômage de masse et la précarité vont disparaître ? Hélas, oublier que la magie d’une gloire sportive est impuissante à rétablir une cohésion sociale brisée par les folies du métissage est une faute voire un crime comme d’autres exemples l’ont montré.*

Car il serait vain d’attendre de ces jeunes de banlieue autre chose que ce qu’ils sont. Plutôt que d’escompter que leur victoire sportive change la société, il serait sans doute plus réaliste…de ne pas en espérer grand chose ! Et ne serait-il pas préférable de conseiller aux plus jeunes de donner la priorité absolue aux acquisitions de l’école plutôt qu’à celles des terrains de foot ? Ou alors, plus simplement…de retourner dans leurs pays d’origine.

Sur quoi s’appuient en effet, aujourd’hui, les projets d’Emmanuel Macron ? Sur quelques programmes sociaux qui sont autant de rustines sur la baudruche du ballon de foot. Ainsi en est-il du programme  » Déclics sportifs « . Lancée il y a trois ans par l’Agence pour l’éducation par le sport (l’Apels), cette initiative vise à repérer les jeunes des quartiers populaires peu ou pas diplômés par le biais des clubs de sport –  » les principaux lieux de socialisation « , selon l’Apels –, pour les mettre en relation avec des entreprises qui se chargent de les former puis de les embaucher. Une idée pas si sotte. Mais finalement très peu productive.

L’objectif ? Diversifier les profils en court-circuitant le processus de recrutement habituel et permettre à un public sans réseau et victime de discrimination d’accéder à l’emploi.  » Les éducateurs sportifs font souvent bien plus que lancer la balle,explique Jean-Philippe Acensi, fondateur et délégué général de l’Apels, tout en soulignant que les quartiers populaires comptent 60 000 décrocheurs scolaires chaque année et entre 400 000  et 600 000 jeunes sans emploi. Que les jeunes soient décrocheurs, éloignés de l’emploi ou tout simplement mal orientés, les éducateurs sportifs sont les mieux placés pour tisser des liens et leur redonner confiance.  » Tout en leur inculquant discipline et respect du collectif. Avant les bévues de Jacques Chirac, c’était l’un des rôles du service militaire !

Mise en oeuvre dans une douzaine de territoires prioritaires (Marseille, Le  Havre, Villeurbanne, Paris, Tremblay-en-France, Nice…), la méthode DFI (détection, formation, intégration) a permis à quelque 300 jeunes de 18  à 30 ans de suivre une formation avec ce dispositif. beaucoup d’entre eux ont décroché un CDI. Cette année, 250  jeunes sont déjà inscrits pour participer à l’une des promotions mises en place dans les secteurs de la banque, de la restauration et du BTP. Encore faut-il en avoir les moyens. Foot, voile, tennis, basket…Mais, avouez que 300 sur des centaines de milliers…c’est bien peu et sans espoir d’en voir augmenter le nombre. Alors, sur les millions (et toujours plus chaque jour) d’immigrés que compte notre malheureux pays, vous imaginez qu’il s’agit encore d’un

TONNEAU DES DANAÏDES

 Le  » plan Borloo  » préconisait la formation de 5 000 coachs d’insertion par le sport d’ici à 2022).  » C’est un objectif envisageable « , dit le ministre de la cohésion des territoires, Jacques Mézard. Vendredi 13  juillet, à Marseille, avec la ministre des sports, Laura Flessel, il a annoncé le développement de cette mesure en apportant son soutien à plusieurs associations. Plusieurs conventions ont été signées à cette occasion, parmi lesquelles une aide de 450 000  euros dès 2018 à l’Apels. Ce qui permettra de former 500 coachs en 2019, s’occupant chacun d’une dizaine de jeunes.

Hélas,  » La plupart d’entre eux n’ont jamais eu de contact avec le monde de l’entreprise et n’en connaissent pas les codes, souligne Larbi Liferki, coordinateur du programme Déclics sportifs dans les Hauts-de-France et fondateur de l’association Parkour59. Si on ne les accompagne pas, ça ne marche pas.  » L’éducateur a mis au point un parcours qui commence par trois semaines de préparation, dont une première en immersion totale. Ateliers participatifs, mises en situation, jeux de rôle, théâtre…  » Le but est de travailler en amont leur posture, leur élocution, leur savoir être, leur confiance en eux… « , explique M.  Liferki. Bien du boulot pour peu de résultats.

Avec, en plus, un autre défi : attirer plus de filles.  » Contrairement à ce que l’on pense, elles font face aux mêmes difficultés que les garçons : déscolarisation, isolement… souligne l’éducateur de Roubaix. Non seulement elles sont peu nombreuses à fréquenter les clubs de sport, mais elles sont aussi souvent entravées par leurs familles qui, très conservatrices, refusent de les laisser partir en immersion pendant une semaine en présence de garçons. « 

Même Emmanuel Macron ne pourra pas s’en sortir sans admettre…qu’ils sont trop nombreux. Et le foot n’y changera rien. Une seule solution : la « REMIGRATION« .

Le 18 juillet 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* L’histoire contemporaine de l’Afrique du sud est un exemple tragique (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/03/06/on-pretend-que-dans-ce-sens-la-ce-nest-pas-une-spoliation/).

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Mais pendant ce temps-là…

16 Juil

Pendant qu’Emmanuel Macron allait faire le singe en Russie (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/07/15/et-la-on-nen-peut-plus-ce-sera-sans-commentaire/) et que le poisson pourrissait par la tête, 847 voitures (officiellement…) ont été brulées et 508 personnes ont été placées en garde à vue le 14 juillet en France, a annoncé le porte parole du ministère de l’Intérieur, dimanche 15 juillet.

« Le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb félicite la mobilisation de toutes les forces de l’ordre pour ces deux premières nuits de fête qui ont permis un grand nombre d’interpellations de fauteurs de trouble, a ajouté Frédéric de Lanouvelle (son nom ne s’invente pas). La mobilisation massive des forces de l’ordre a permis d’éviter tout incident majeur. »

TU PARLES !

Selon le bilan de la place Beauvau, 29 membres des forces de l’ordre ont été blessés durant ces deux nuits de festivités contre 21 l’an dernier. Quelque 110 000 policiers et gendarmes avaient été mobilisés dans l’Hexagone à l’occasion des festivités du 14 Juillet et de la finale du Mondial de footbal.

Dingues. Ils sont devenus dingues.

Le 16 juillet 2018.

Nous vous avions prévenus.

13 Juil

 » Si Macron est élu…c’est cinq ans de foutus «

Dans un communiqué de presse publié jeudi 12 juillet, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb,  » salue l’arrivée ce midi depuis Valence (Espagne) de 78 réfugiés débarqués du navire Aquarius« . Les personnes concernées, « originaires principalement d’Erythrée* et du Soudan » ont été identifiées préalablement par l’’Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra) « comme relevant d’un besoin de protection au titre de l’asile ».

Réparties par l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii) dans plusieurs régions de France, elles devraient bénéficier d’un « hébergement«  et « d’une formation linguistique et aux valeurs de la République dans le cadre du contrat d’intégration républicaine » (ndcer : avec quel argent ? Quand on voit l’état de délabrement de nos hôpitaux, par exemple, qui auraient tant besoin de ce budget…)

Mais, OUF ! Ces immigrés ne seront formés qu’aux «  valeurs de la République  » et non pas aux valeurs de la France.

Comparant cette opération à l’accueil, le 5 juillet dernier, de 52 réfugiés débarqués à Malte du Lifeline,le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, déclare qu’elle « illustre à nouveau la politique équilibrée mise en œuvre par la France pour accueillir les réfugiés tout en agissant contre l’immigration économique irrégulière dans une logique européenne ».

On croit rêver…

Le 13 juillet 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

*

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/07/12/il-faut-aider-et-accompagner-la-reconciliation-entre-lethiopie-et-lerythree/

Comment peut-on être aussi stupide et méprisant, à la fois?

12 Juil

La petite phrase d’Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé, à propos du plan pauvreté n’a visiblement pas fini de faire des remous. Le 4 juillet dernier sur LCI, la ministre des Solidarités et de la Santé avait expliqué que l’annonce du plan pauvreté par Emmanuel Macron pouvait dépendre « des matches de l’équipe de France«  au Mondial en Russie !!!

 

Elle arguait alors que les mesures devaient être présentées par Emmanuel Macron « autour du 10 juillet« , soit la veille d’un possible déplacement du chef de l’Etat en Russie pour soutenir l’équipe nationale de football, en demi-finale de la coupe du monde. Face au chevauchement des calendriers, priorité aurait été donnée au football.*

Cette mise en parallèle des deux sujets n’a pas manqué de susciter l’indignation de ce qu’il reste d’opposition, qui y a vu un cynisme et un choix lourd de symbolique de la part du président. Le gouvernement a bien tenté de déminer l’affaire plusieurs jours durant, expliquant que le report du plan pauvreté était avant tout lié au besoin de le finaliser, la bourde était faite.

Agnès Buzyn en a d’ailleurs rapidement pris conscience, d’après le Canard enchaîné, puisqu’elle aurait « fondu en larmes devant le Premier ministre et certains de ses collègues » lors d’une réunion.

Découvrant ce couac de communication à son retour du Nigéria, Emmanuel Macron aurait en effet lancé, excédé :

 » Comment peut-on mêler le foot et le plan ? Comment peut-on sortir des conneries pareilles ? C’est n’importe quoi  ! Non seulement ils n’ont pas fait le boulot, mais ils me font porter le chapeau ! Mais ils sont dingues  !« 

Agnès Buzyn n’était pourtant pas totalement dans l’erreur lors de ses déclarations. Selon le Canard, l’annonce du plan pauvreté devait bien avoir lieu initialement début juillet, mais les conseillers en communication du chef de l’Etat auraient ensuite jugé  » plus judicieux « d’attendre la rentrée afin d’en tirer davantage de bénéfices en termes d’image (pieuse)…

Le 12 juillet 2018.

*

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/07/05/la-france-va-accueillir-de-nouveaux-migrants-mais-son-gouvernement-repousse-le-plan-pauvrete-aux-calendes-grecques/

L’Union européenne et les nouvelles « Grandes Invasions barbares » : encore un marché de dupes.

29 Juin

Emmanuel Macron et ses complices européens nous ont encore roulés dans la farine, cette nuit à Bruxelles. Face à une situation qui impose des décisions fortes, telle que l’interdiction absolue de toute traversée clandestine de la Méditerranée par des hordes migrantes aux mains de négriers de tout poil, les chefs d’Etat et de gouvernements européens, réunis à Bruxelles, ont accouché, une fois de plus de l’un des  » compromis permanents  » dont ils sont coutumiers et qui nous mènent chaque fois dans des impasses. Mais, le plus grave dans ce énième épisode est, pour nous Français, que l’acteur principal en fut notre propre président de la République, Emmanuel Macron.

Que s’est-il donc passé à Bruxelles, cette nuit ?

Les 28 chefs d’Etat et de gouvernements s’étaient à peu près mis d’accord sur les questions de Défense et de commerce à l’ordre du jour – réprobation du protectionnisme américain et maigres avancées en matière de Défense commune. Ces convergences de façade allaient être entérinées à l’unanimité requise quand, patatras !, l’Italie a dit  » Non « . Expliquant qu’elle ne signerait rien et bloquerait tout tant qu’on ne se serait pas également mis d’accord sur les questions migratoires.

L’Italie voulait en effet obtenir de ses partenaires qu’ils s’engagent à se répartir les réfugiés éligibles au droit d’asile au lieu de la laisser continuer à les prendre tous en charge ou presque au motif que c’est essentiellement par ses côtes qu’ils arrivent en Europe. Mais, de cela, les pays d’Europe centrale ne voulaient à aucun prix.

Emmanuel Macron  a alors décidé de prendre les choses en mains et l’on est arrivé, au petit jour, ce matin, à un compromis, toujours un compromis, fondé sur trois points :

1/ il y aura bel et bien répartition des réfugiés politiques mais sur une base volontaire. Autrement dit, et sachant que chacun connaît lesdits volontaires, la France en sera et se verra donc infliger l’accueil de toutes ces bonnes personnes venues d’ailleurs;

2/ sur la base du volontariat toujours, des pays européens créeront des centres d’accueil ou sera faite la différence entre migrants économiques, expulsables de l’Union (mais jamais ou si peu expulsés), et réfugiés ayant droit à l’asile. Autrement dit encore, ne vous faites aucune illusion…la France aura ses centres d’accueil;

3/ il a été décidé, une fois de plus (avec les succès déjà enregistré…), un renforcement de la surveillance commune des frontières européennes !

Un vainqueur et un seul, dans cette folle équipée : Matteo Salvini, le ministre de l’Intérieur italien, qui est parvenu PAR SON INEBRANLABLE FERMETE à refiler ses migrants à la France, à l’Allemagne (avant la révolte à venir de sa droite) et à quelques uns de leurs affidés. Tandis que les pays d’Europe centrale (Groupe de Visegrad) continueront d’échapper à l’invasion.

BRAVO EMMANUEL !*

Il fallait  » sauver le soldat Merkel « , Emmanuel Macron l’a fait. Même si, tôt ou tard, la réalité finira par s’imposer (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/06/26/la-couardise-et-lincurie-de-lunion-europeenne-en-matiere-de-migration/).

Mais ne vous avions-nous pas prévenus ? (Lire « Emmanuel Macron ment sur sa politique migratoire » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/11/27/emmanuel-macron-ment-sur-sa-politique-migratoire-pour-2018-alors-imaginez-la-suite/ ).

Le 29 juin 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Question subsidiaire : pour qui avez-vous voté en mai 2017 ?

Etre « le président des riches », non seulement ça enrichit les riches mais ça appauvrit l’Etat.

14 Juin

 Les députés de la commission des finances de l’Assemblée nationale sont ressortis plus perplexes que jamais de l’audition de responsables administratifs de Bercy, mardi 12 juin, sur la suppression de l' » exit tax « *. Justifiée par le chef de l’Etat au nom de l’attractivité de la France, cette décision avait accentué l’image d’un Emmanuel Macron  » président des (TRES) riches « . Lequel avait annoncé dans le magazine Forbes, le 1er  mai, que ce dispositif, qui vise les chefs d’entreprise tentés par un exil fiscal, serait supprimée au 1er janvier 2019.

Mais cette suppression inattendue, dont la date de mise en œuvre n’était connue ni des ministres ni de l’administration de Bercy, pose pour l’heure davantage de problèmes qu’elle n’en résout. De nature très technique, celle-ci pourrait pourtant avoir des conséquences concrètes sur les finances publiques françaises. A commencer par le manque à gagner potentiel lié à l’extinction du dispositif, qui pourrait s’élever à… 6 milliards d’euros, selon Christophe Pourreau, responsable de la direction de la législation fiscale à Bercy. Soit bien davantage que les 2,5  milliards d’euros avancés jusqu’ici par le gouvernement. Sans qu’il soit pour l’heure possible d’expliquer les raisons de cette différence.  » Nous voulions disposer d’éléments chiffrés clairs et informés avant tout débat politique. On aurait pu clairement faire mieux « , euphémisait Amélie de Montchalin, à la tête des députés LRM de la commission, au terme d’une heure d’audition brouillonne.

Au moment de l’annonce d’Emmanuel Macron, en mai, on disposait de deux séries de chiffres : ceux du Conseil des prélèvements obligatoires, qui évaluait les recettes de l' » exit tax  » à 803 millions d’euros pour 2016, et ceux d’un rapport sur la fiscalité des Français à l’étranger, qui évoquait 63 millions d’euros entre 2012 et 2017, soit à peine 10  millions par an.

Pourquoi cette différence ? Parce que la taxe cible les plus-values  » latentes « , c’est-à-dire théoriques, des chefs d’entreprise. S’ils ne vendent pas leurs parts dans les quinze ans suivant leur départ à l’étranger, ils ne seront jamais imposés. S’ils vendent, ils doivent payer un impôt – 30 % depuis le 1er  janvier – sur la valeur prise par leur patrimoine entre son acquisition et leur départ de France. Le fisc prend en quelque sorte une  » photo  » de la plus-value réalisée au moment du passage de la frontière et la taxe – sous quinze ans – en cas de revente. Depuis 2012, l’Etat avait donc engrangé 2,5 milliards d’euros de créances potentielles sur ces contribuables, pensait-on. Des sommes recouvrables uniquement si les intéressés vendent leurs titres.

Mais les chiffres donnés mardi par M. Pourreau sont encore différents. A l’en croire,  » le stock d’impôts sur plus-values latentes au titre de l’“exit tax” est de 6  milliards d’euros (…) Quant au rendement réel de l’“exit tax” depuis 2012, il a atteint 140  millions d’euros « . Les 6  milliards d’euros en question comprennent à la fois des sommes dues au titre de l’impôt sur le revenu, qui disparaîtraient avec la suppression de la taxe, et des prélèvements sociaux, qui sont, eux,  » dus ad vitam æternam « , comme l’a rappelé le rapporteur général du budget, Joël Giraud.

En supprimant l' » exit tax « , Emmanuel Macron avait-il anticipé qu’il ouvrait une véritable boîte de Pandore budgétaire et fiscale ? Outre cette querelle de chiffres, on ne sait toujours pas si la suppression du dispositif pourra être rétroactive, c’est-à-dire éteindre les créances potentiellement dues par les contribuables partis à l’étranger depuis moins de quinze ans.  » Les arbitrages n’ont pas été rendus « , a précisé M.  Pourreau.

Il a toutefois concédé qu’ » il serait nécessaire de prévoir «  le maintien d’un dispositif pour un cas particulier d' » exit tax  » : les plus-values dites  » en report « . Si un patron cède ses parts à une autre entreprise, son acquéreur peut le payer en actions plutôt qu’en cash, dont il ne dispose pas toujours. Un mécanisme destiné à faciliter les fusions et autres restructurations. Dans ce cas, la plus-value réalisée par le vendeur n’est pas imposée mais  » figée « . Et seul le transfert du domicile fiscal à l’étranger déclenche la taxation effective de ces plus-values  » en report « . Une authentique usine à gaz, comme seuls les fonctionnaires de Bercy savent en inventer !

D’ailleurs, un problème subsiste.  » La suppression de la taxe risque de déclencher un effet d’appel d’air, avec des gens qui seront tentés de partir à l’étranger pour lessiver leurs titres. C’est potentiellement bien plus important que l’“exit tax” actuelle « s’alarme ainsi un bon connaisseur des mécanismes fiscaux.

Les modalités de la suppression de l' » exit tax  » devraient figurer dans le projet de loi de finances 2019, qui sera débattu à l’automne et la polémique ne fait probablement que commencer.

En tout cas, rassurez-vous, pendant ce temps-là, les retraités continueront à payer la hausse de la CSG sans voir venir de suppression de la taxe d’habitation s’ils ont beaucoup et bien travaillé tout au long de leur vie…

Le 14 juin 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* L’ « exit tax » ou « imposition des plus-values latentes lors du transfert par les contribuables de leur domicile fiscal hors de France », est un impôt créé pour lutter contre l’évasion fiscale.

Le dispositif a été lancé pour dissuader les contribuables de pratiquer l’expatriation fiscale vers des pays où l’imposition est plus clémente. En Belgique, par exemple, la différence entre le prix d’achat et de revente d’actions n’est pas taxée et, pour cette raison, des chefs d’entreprise quittaient l’Hexagone pour revendre leur société, bénéficiant ainsi de l’indulgence fiscale de Bruxelles.

Introduite par Nicolas Sarkozy en 2011, l’« exit tax » vise la plus-value réalisée lors de la revente d’actions, à hauteur de 34,5 % et au moment du transfert de la résidence fiscale hors de France. Néanmoins, le dispositif vise uniquement les personnes disposant d’un important patrimoine : depuis 2014, il fallait détenir plus de 800 000 euros en actions (le montant était de 1,3 million d’euros en 2011) ou la moitié des actions d’une société pour y être assujetti.

Français, ne rêvez pas : les hausses de salaire vantées par Emmanuel Macron vont fondre comme neige au soleil.*

13 Juin

Ou comment ce que le gouvernement prétend vous offrir d’une main vous sera rapidement repris de l’autre…

D’abord par la hausse des carburants automobiles et aujourd’hui du gaz naturel : les prix de l’énergie commencent à peser lourdement sur le budget des ménages, après trois années où le recul des cours pétroliers avait fait baisser la pression inflationniste dans ce secteur et contribué au regain du pouvoir d’achat. Une tendance fâcheuse pour le gouvernement, puisqu’elle va en partie effacer les hausses de salaires, notamment celles qui sont liées à la baisse des cotisations maladie et chômage de janvier et octobre  2018. S’y ajoutera, dès janvier 2019, le prélèvement mensuel à la source de l’impôt sur le revenu.

Sur 11,5  millions de consommateurs de gaz (particuliers, commerçants et artisans), 5  millions sont encore aux tarifs réglementés proposés par Engie, héritier de ces tarifs du monopole Gaz de France. Pour ceux qui se chauffent au gaz, la facture (TTC) pourrait augmenter de 6,5  % au 1er  juillet, a indiqué, lundi 11  juin, la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Elle justifie ce chiffre par la hausse des coûts d’approvisionnement (qui correspond au prix d’achat du méthane sur le marché), du coût des infrastructures (transport, distribution et stockage) et des frais de commercialisation auprès des clients.

La CRE indique néanmoins que, depuis janvier  2015, les prix du gaz ont reculé de 5,1  %. Et que le gouvernement dispose d’une  » marge de manœuvre «  pour limiter la hausse en réduisant l’impact de la commercialisation (2,6  %), puisque le nombre de clients aux tarifs régulés recule. Ils sont même appelés à disparaître. Mais le Conseil d’Etat a annulé, le 19  juillet 2017, un décret de 2013 encadrant les tarifs réglementés du gaz qu’il jugeait en contradiction avec le droit européen de la concurrence.

Ces tarifs vont peu à peu s’effacer d’ici à 2022, mais le marché fait déjà son œuvre : 56  % des usagers ont souscrit à des offres de marché plus attractives d’Engie, d’EDF, de Total ou d’Eni, voire de plus petits fournisseurs, note la CRE. Et cette tendance se poursuit (comme pour l’électricité), selon les chiffres de l’observatoire de la CRE publiés lundi : au premier trimestre, ces offres se sont développées à un rythme soutenu (269 800 clients supplémentaires fin mars, contre 202 000 à fin décembre  2017).

La décision de valider la hausse de 6,5  % revient à Nicolas Hulot, le ministre de la transition écologique. Mais le sujet est politiquement sensible et l’arbitrage final reviendra au président de la République, qui semble plutôt enclin à laisser jouer le marché. Sous le quinquennat de François Hollande, le gouvernement veillait à contenir les hausses – quitte à se faire retoquer un ou deux ans plus tard par le Conseil d’Etat et à ce que les clients subissent des rattrapages d’Engie (et d’EDF pour l’électricité). Le tarif proposé aux consommateurs étant ajusté chaque mois en fonction du coût d’approvisionnement, la hausse de 6,5  % peut évoluer à la baisse si le prix du gaz acheté en Russie, en Norvège ou en Algérie recule (ce n’est pourtant pas ce que prévoient les experts).

Les Français sont aussi exposés, depuis le début de l’année, à une forte hausse du prix des carburants à la pompe. Les prix ont certes reflué pour la deuxième semaine consécutive, selon les données hebdomadaires publiées lundi par le ministère de la transition écologique et solidaire, mais ils ont retrouvé leur niveau de 2014, avant l’effondrement des cours du brut. Le litre de gazole, carburant le plus vendu en France avec 80  % du volume, s’affiche en moyenne à 1,47 euro, le SP95 à 1,55 euro et le SP98 à 1,62 euro.

La flambée du brut de la mer du Nord (Brent) – qui représente environ 30  % du prix final et qui a atteint 80  dollars le baril à la mi-mai – n’est pas seule en cause, note l’association de défense des consommateurs CLCV. Elle constatait, mi-mai, une hausse de près de 10 centimes par litre d’essence et de 15 centimes par litre de gazole sur un an. Le niveau des stocks de produits raffinés, la parité entre l’euro et le dollar (monnaie dans laquelle se font les transactions pétrolières) jouent leur rôle. Tout comme les marges de distribution dans les stations-service. Après avoir constaté  » une hausse tendancielle depuis le début de la décennie « , la CLCV demande aux compagnies pétrolières et aux grandes surfaces de se montrer  » plus  modérées « . On peut rêver ! Car les actionnaires des compagnies ont des exigences contre lesquelles les consommateurs sont bien mal armés…

Mais son message s’adresse aussi aux pouvoirs publics, qu’elle appelle à  » interrompre leur politique d’augmentation des taxes sur le carburant « . Celles-ci représentent plus de 60  % d’un litre à la pompe. En début d’année, la hausse de la contribution  » climat énergie «  et la poursuite de l’alignement de la fiscalité du gazole sur celle de l’essence – un des objectifs du gouvernement pour sortir du diesel – ont mécaniquement entraîné une hausse de 3,9 centimes d’euro par litre d’essence et de 7,6 centimes par litre de gazole.

Après le creux des années 2015-2017, le monde est entré dans une période d’énergie plus chère, notamment en raison de l’augmentation de la consommation, qui tire les prix de l’or noir vers le haut. Un sujet socialement sensible : l’énergie est, après le logement, le second poste de dépenses contraintes des ménages français.

Le 13 juin 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* À l’inverse des hausses de la CSG ou des baisses des retraites…