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Dis-moi qui sont tes amis…

22 Mai

Que pensez-vous de la dernière affiche de la liste de La République en Marche en vue des élections européennes ?

Amusante, non ?

Ils sont venus, ils sont tous là…

Le 22 mai 2019.

La politique du chien crevé au fil de l’eau d’Emmanuel Macron.

16 Mai

Après la publication des plans de soutien au pouvoir d’achat qui vont représenter près de 18 milliards d’euros, Emmanuel Macron et son gouvernement  se rendent bien compte qu‘ils ne pourront jamais revenir à leurs objectifs de réduction du déficit budgétaire. A Bercy, on cherche en vain les niches fiscales que l’on pourrait fermer mais on s’aperçoit qu’elles sont incontournables pour l’essentiel, parce que l’abandon de ces niches reviendrait purement et simplement à augmenter la pression fiscale. C’est d’ailleurs ce qui apparaît, en filigrane, dans le dernier document publié par la Cour des comptes (https://www.lesechos.fr/economie-france/budget-fiscalite/une-niche-fiscale-sur-trois-nest-pas-chiffree-dans-le-budget-de-letat-1019352).

Du côté de la fonction publique, personne ne croit véritablement à la possibilité de réduire de 120 000 les effectifs d’ici la fin du quinquennat sans rallumer la colère de certains groupes sociaux.

En clair, le gouvernement ne va donc pas officiellement abandonner l’objectif de revenir à l’équilibre budgétaire, il va même jurer le contraire. Mais il va surtout insister sur la nécessité de poursuivre les réformes structurelles, chères à Bruxelles. Emmanuel Macron tentera là de revenir à la première mouture de la stratégie économique qu’il avait développée pendant la campagne électorale, à savoir que la priorité des priorités est de remettre l’entreprise France en état de marche et de compétitivité mondiale.

En arrivant à l’Elysée, il avait certes cédé aux codes européens en promettant à Bruxelles de consentir un effort pour revenir dans les clous de Maastricht, mais il est évident aujourd’hui qu’après le mouvement des gilets jaunes, il a dû virer de bord pour calmer la fronde en organisant un reflux apparent de la pression fiscale. Ce qui est intéressant, c’est que l’environnement économique, monétaire et politique va lui permettre de faire cette entorse à l’orthodoxie, à la seule condition qu’il poursuive et accentue son projet de rénover le système français en profondeur.

D’ailleurs, pendant qu’il distribuait du pouvoir d’achat aux gilets jaunes et aux retraités, il a poursuivi les chantiers de réformes : les retraites, l’éducation, le chômage, l’assurance maladie, la santé, l’aménagement du territoire, la transition écologique, etc….sous couvert d’un prétendu « Grand débat national » dont nous savons qu’il a, finalement, accouché d’uns souris (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/04/17/la-reponse-differee-demmanuel-macron-au-grand-debat/).

Voici en réalité le contexte.

1er point : Bruxelles ayant été informé du probable changement d’objectif budgétaire, la Commission a enregistré, mais n’a fait aucune critique ou commentaire, sans doute parce qu’elle considère désormais que les réformes de structures sont plus importantes que l’équilibre comptable.

2e point : la BCE a fait savoir qu’elle allait maintenir, encore plusieurs mois, sa politique de taux d’intérêt très bas, ce qui facilite le financement des déficits publics, lequel peut être considéré comme un investissement s’il permet de mener à bien les fameuses réformes de structures. Le fameux « ENDETTEZ-VOUS, RENDETTEZ-VOUS !…« 

3e point : l‘Allemagne est sans doute en train de changer de modèle pour adopter progressivement une politique économique moins orientée par la compétitivité extérieure et l’obsession de constituer des excédents pour se consacrer davantage à ses propres investissements publics et à son pouvoir d’achat interne.

4e point : la guerre commerciale entre la Chine et les USA menace, par les effets induits l‘Europe qui se retrouve coincée. L’Europe va donc avoir besoin de renforcer son potentiel industriel et sa compétitivité. C’est plus urgent que de réduire ses dépenses publiques. Ou comment la France a réussi à contaminé l’Europe avec son virus de l’inflation des dépenses publiques…

5e point : le monde syndical français est en train de changer aussi. Pour regagner des adhérents perdus dans une défense étroite et immédiate des intérêts corporatistes, ils sont en train de se réorienter vers une stratégie du compromis, à l’image de ce que fait avec succès la CFDT ; et le compromis se noue d’autant plus facilement qu’on se situe sur le long terme.

6ème point : la généralisation des mouvements populistes partout en Occident prouvent bien que certaines catégories sociales déclassées ont besoin de respirer (d’où les dépenses sociales), mais à terme, elles ont aussi besoin de s’adapter à la mondialisation qu’on leur impose, d’où la nécessité des réformes de structures.

Voilà donc le chemin emprunté par Emmanuel Macron. Mais c’est un chemin pavé, à la fois, de mauvaises intentions (puisqu’il s’agit, au bout du compte, de favoriser envers et contre tout le mondialisme et son corollaire, les ploutocraties cosmopolites) et de gros risques. Ceux-ci sont au nombre de trois :

Le premier serait que les réformes de structures en question ne génèrent pas de résultats tangibles. Moyennant quoi, les « Gilets jaunes » et autres mouvements de révolte ne manqueront pas de se réveiller.

Le second risque serait que, finalement, l’Europe n’accompagne pas le mouvement et se mette en travers de cette évolution. Un éclatement de l’UE couterait évidemment plus cher que l’union, par la faute des utopistes. Les Anglais qui font leurs comptes ont compris cette évidence.

Le troisième risque est évidemment le déclenchement d’une crise financière internationale par le défaut d’une grande banque ou d’un Etat. Ce qui nous pend au nez chaque jour davantage. Ce jour-là, les taux d’intérêt s’enflammeront, le marché interbancaire se bloquera (comme en septembre 2008) et les banques centrales seront incapables de rattraper les systèmes, faute de moyens. En 2008 et 2009, les Etats ont pu s’endetter, les banquiers centraux (garantis par les Etats) ont fait le maximum et…les citoyens ont payé ! Mais, aujourd’hui, les lignes de crédit sont épuisées et les citoyens refusent de cracher une fois de plus au bassinet.

Résultat :

 

Le 16 mai 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Une fois n’est pas coutume, voici le compte-rendu du Conseil des ministres de mercredi 15 mai 2019.

16 Mai

En effet, il nous a semblé important de vous associer à ce spectacle pathétique. Vous y apprécierez sans doute la dernière innovation d’Emmanuel Macron et de sa porte-parole, Sibeth-(Patankça) Ndiaye, l’Africaine la plus puissante de France : l’intervention d’une nouvelle préposée à la manipulation émotionnelle des populations, la juriste, sourde de naissance, Virginie Delalande !

Mais nul doute que vous serez également sensibles à l’accoutrement de ladite Sibeth-(Patankça) Ndiaye et, en particulier, à ce merveilleux pierrot des jardins (1)  trônant sur sa plantureuse poitrine :

Les lecteurs de ce blogue férus d’héraldique seront peut-être surpris par la faute qui consiste à associer « émail sur émail » sur le surcot de l’intéressée. En l’occurence, le moineau de gueules (rouge) sur un champ d’azur (bleu). Mais sans doute s’agit-il, chez Sibeth-(Patakça), d’armes à enquerre ! (2) Alors, enquérez-vous…

Pour le reste, comme d’habitude, il n’y avait pas de quoi…fouetter un chat.

Vive la République ! Vive Macron !

Le 16 mai 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

(1) Surnom du moineau commun.

(2) Armes à enquerre : http://www.blason-armoiries.org/heraldique/e/enquerre.htm

Campagne électorale pour les européennes : Emmanuel Macron en homme sandwich.

10 Mai

Être chef de projet n’a pas suffi à Emmanuel Macron pour vendre sa camelote,

le voilà donc devenu homme-sandwich 

de La République en Marche !

La radicalisation de Gilles Le Gendre.

12 Mar

Nous connaissions déjà les pédantes certitudes du chef de file des députés La République en Marche qui n’hésitait pas à affirmer, face à la colère des « Gilets jaunes« , que celle-ci résultait du fait que le gouvernement d’Emmanuel Macron et ses députés avaient sans doute été « trop intelligents et trop subtils  » – sous-entendu pour les crétins que nous sommes – (https://www.publicsenat.fr/article/politique/une-erreur-de-la-majorite-avoir-probablement-ete-trop-intelligent-dans-les-mesures). Mais voilà que le chef de file de LRM à l’Assemblée récidive et réclame aujourd’hui, dans une tribune au Monde (https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/03/11/gilles-le-gendre-la-refondation-de-la-republique-doit-etre-radicale_5434256_3232.html), une refondation « radicale » de la République ! 

Encore un qui n’a rien compris à plus de 200 ans de mensonges et de fourvoiements…Car ce n’est pas d’une refondation de la République dont la France et les Français ont besoin.

C’est d’un roi.

Et Gilles Le Gendre de débuter sa tribune par un nouveau mensonge ! Ainsi nous dit-il que «  L’histoire retiendra qu’en cet hiver 2019 les Français auront donné mandat à Emmanuel Macron et à notre majorité de refonder la République. » Où a-t-il bien pu trouver cette baliverne ? Car ce n’est ni la cause ni la conséquence de la révolte des Français et de leurs bras armés, les « Gilets jaunes« , depuis l’automne dernier. Alors, il insiste pour tenter de minimiser la responsabilité d’Emmanuel Macron et de son gouvernement dans le déclenchement du mouvement :  » En 2017, nous avions été élus pour transformer la France. La crise des « gilets jaunes » et le grand débat national nous invitent à porter l’ambition plus haut. Le moment approche de la restitution de cette consultation inédite, voulue par le président et plébiscitée par nos concitoyens. Viendra ensuite le temps des décisions. Mais nous pouvons déjà tirer deux enseignements. Notre pays est dans une situation encore plus critique que ne l’indiquait le diagnostic des dernières campagnes électorales. Et la refondation qu’il attend doit être à l’image de la colère qu’il exprime : radicale. »

En d’autres termes, le diagnostic des sachants, en 2017, était erroné et la médecine infligée…catastrophique. Après seulement un an et demi du quinquennat de son candidat. Là encore, la potion est amère et l’on comprend que le patron des députés godillots de LRM cherche à battre sa coulpe sur la poitrine de ceux qui l’ont précédé comme sur celle des Français eux-mêmes. Jugez-en :  » La France des ronds-points est exténuée par quarante ans de crise déniée par ses élites. Restés longtemps sans mot dire, les Français ne se résignent plus. La défiance qu’ils manifestent se nourrit d’une absence de sens, aggravée d’un déficit de considération. Le repli sur soi, la soif de protection au mépris du collectif, l’enfermement consumériste, le narcissisme virtuel ont achevé de transformer le phénomène d’origine économique et sociale en une crise morale et existentielle. Avant qu’il ne finisse en apocalypse politique ? Empêcher cette ultime station : telle est la mission qui nous incombe. » Ou comment Gilles Le Gendre réécrit l’Apocalypse de Saint Jean et sa Jérusalem céleste !…

La Jérusalem céleste, Tenture de l’Apocalypse (Angers, XIVe siècle)

Mais il nous prévient aussi. Il n’y a pas de miracle à en attendre :  » La transformation de notre économie doit se poursuivre pour corriger ses retards sur celles des autres pays. Notre combat pour l’emploi reste la mère de toutes les batailles. Y compris celle du pouvoir d’achat, qui a déclenché le mouvement des « gilets jaunes ». Aucun espoir de voir les salaires augmenter et les prestations assurer leur rôle redistributif avec une activité atone. Ni aucune chance de croissance forte et durable dans l’incapacité où nous étions de fournir aux entreprises les moyens d’investir et les qualifications qui leur font défaut. Les Français s’impatientent ? Leur faire croire qu’il est des raccourcis magiques vers le redressement relève pourtant de mensonges dont ils ne veulent plus. » En d’autres termes, la sueur, le sang et les larmes sont toujours au programmes d’Emmanuel Macron et de ses acolytes.

Alors, la solution ne fait aucun doute pour lui. Malgré cinq Républiques dont les échecs ne sont même plus à démontrer…il faut «  refonder la République « . Un tel aveuglement n’est pas seulement sidérant, il est aussi consternant. Même si la métaphore qu’il utilise nous ferait presque mourir de rire :  » Nous assumerons devant les Français que la refondation dépasse l’horizon du quinquennat, même si l’inversion de la spirale de la défiance en cercle de la confiance interviendra dès que les termes du contrat auront été posés. »

Mais comment veut-il instaurer un « cercle de la confiance » en prétendant que la réforme fiscale souhaitée par les Français et exprimée lors des récentes manifestations  » devra échapper au concours Lépine des fausses bonnes idées et s’engager sur trois objectifs : la réduction massive des prélèvements, la simplification d’un système devenu illisible et la correction des injustices » ?Alors que jamais les prélèvements obligatoires n’ont été aussi importants et conséquent que depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron et de sa République en Marche. Et alors qu’ils frappent aujourd’hui exclusivement les classes moyennes au profit tout aussi exclusif du dernier décile des contribuables (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/01/17/lofce-est-de-notre-avis-avec-emmanuel-macron-les-tres-riches-vont-etre-encore-plus-riches/). Nous prendrait-il pour des perdreaux de l’année ?

Ou quand il parle, dans sa tribune, de réforme des institutions :

Ecoutez bien Gilles Le Gendre :  » La réforme institutionnelle engagée au printemps 2018 demande à voir ses équilibres revus. Entre l’exécutif et le Parlement : en accordant davantage de pouvoirs aux parlementaires. Entre l’Etat central et les pouvoirs locaux : en clarifiant les responsabilités et en conférant aux collectivités décentralisées des libertés nouvelles. Entre élus et citoyens : en combinant la démocratie représentative, fondement indépassable de la légitimité, avec la démocratie délibérative et la démocratie directe qui doit avoir aussi sa place, grâce au développement de la pratique référendaire au niveau local et à l’assouplissement des conditions de l’actuel référendum d’initiative partagée. » Vous l’avez compris et, comme nous l’avions prévu (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/03/04/voici-la-raison-pour-laquelle-les-gilets-jaunes-nobtiendront-pas-de-referendum-dinitiative-populaire/), le référendum d’initiative populaire tant réclamé par les Français pour lutter contre certaines lois iniques ou pour résister à la volonté des pouvoirs publics du « Grand Remplacement » du peuple de France…n’est pas au programme. Faut-il s’en étonner ?

Et ce n’est pas le lyrisme de sa conclusion qui nous rassurera :  » En nous donnant la chance de cette refondation, l’histoire nous tend les bras. Une coïncidence veut que nous l’engagions au moment même où le président de la République appelle tous les citoyens européens à la « renaissance de l’Europe ». A l’évidence, refondation républicaine et renaissance européenne se conjuguent pour que nous puissions retrouver confiance dans notre destin collectif. »

Notre réponse à cet imposteur est aussi simple que claire : NOUS NE VOULONS NI DE L’UNE NI DE L’AUTRE.

Le 12 mars 2019.
Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Affaire Macron-Benalla : l’étau se resserre autour du premier cercle.

10 Mar

La garde rapprochée de la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron, devenue le premier cercle autour du président de la République élu

Mais les temps ont changé et, de celui-ci, divergences ou magouilles obligent, il ne reste plus que la représentante des quotas dévolus aux populations issues de l’immigration et caution d’Emmanuel Macron auprès des pays émergents…la Franco-Sénégalaise Sibeth (pas tant que ça !) Ndiaye.

Les autres se sont égayés dans la nature sans oublier bien sûr de profiter de l’entregent obtenu à l’Elysée pour bâtir de solides carrières au sein de l’oligarchie au pouvoir : que ce soit au gouvernement, à l’Assemblée nationale ou, plus lucratif, dans le secteur privé. Et le dernier à quitter son mentor est Ismaël Emelien qui, il est vrai, se trouve mouillé jusqu’au cou dans le scandale de l’affaire Macron-Benalla.

Il y a un mois, Ismaël Emelien, conseiller spécial du président de la République, annonçait à la presse avec désinvolture qu’il quitterait l’Elysée « fin mars début avril » à l’occasion de la parution, le 27 mars, d’un livre coécrit avec un autre conseiller de l’Elysée, David Amiel, Le progrès ne tombe pas du ciel (Fayard, 15 euros). Officiellement, aucun lien entre le départ du stratège élyséen et l’affaire Benalla. En réalité…il a menti . Une fuite en provenance des enquêteurs de l’inspection générale de la police nationale (IGPN) a révélé qu’il avait été entendu par lesdits services , le 16 janvier dans la plus grande discrétion, et qu’il apparaissait, à la suite de cet interrogatoire, qu’il était bien impliqué dans la diffusion en ligne d’images tirées illégalement de la vidéosurveillance de la préfecture de police de Paris et concernant les violences d’Alexandre Benalla le 1er mai 2018. Pas de bol !

Il a en effet reconnu avoir aidé Alexandre Benalla à organiser un contre-feu médiatique en faisant diffuser, quelques heures après les révélations du Monde, des images montrant le jeune couple de la place de la Contrescarpe en train de lancer des bouteilles et divers projectiles sur les forces de l’ordre, juste avant son interpellation, le 1er Mai. Selon les procès-verbaux, M. Emelien assure n’avoir pas eu conscience du caractère illégal de ces images, ce qui, dans le cas contraire, le rendrait complice de recel. « Il ne s’agissait pas d’assurer la défense personnelle de M. Benalla, mais celle de l’Elysée et du président de la République, qui étaient pris à partie dans cette crise », a-t-il prétendu. Ben voyons.

Depuis le mois de juillet, les enquêteurs s’interrogeaient sur le rôle d’Ismaël Emelien. Ils avaient mis en lumière, grâce aux fadettes du portable d’Alexandre Benalla, de nombreux échanges par téléphone et par SMS, dans la soirée, puis dans la nuit du 18 au 19 juillet 2018. Le bornage des téléphones leur avait aussi permis d’établir que M. Emelien et M. Benalla se trouvaient tous deux à proximité de l’Elysée à l’heure où un policier remettait au second le CD-ROM contenant les fameuses images du 1er-Mai.

Lors de son audition, M. Emelien a assuré qu’il n’était pas sorti de son rôle à l’Elysée, celui d’un spécialiste de l’influence et de la communication de crise. Il partage ce rôle avec Sibeth Ndiaye, la responsable du service de presse : « Si on veut schématiser, elle est le vecteur, et je suis davantage sur le contenu, a affirmé le crâneur. Elle agit sur le quotidien, là où je me situe sur le moyen terme, notamment en termes de stratégie ou d’éléments de langage. »

Ce 18 juillet au soir, l’Elysée doit organiser la défense de son chargé de mission : la presse vient de rapporter que M. Benalla, vêtu d’un casque de police et d’un brassard, a molesté deux jeunes gens en marge des manifestations du 1er-Mai. Le palais veut faire savoir que M. Benalla n’a fait que riposter. Un compte macroniste anonyme sur Twitter, @FrenchPolitic, diffuse, dans la journée du 19 juillet, d’autres images tournées sous un autre angle et censées expliquer les actions de M. Benalla. Comment Ismaël Emelien s’est-il trouvé en leur possession ? Pourquoi cette vidéo s’est-elle retrouvée sur @FrenchPolitic ?

Le conseiller spécial du président fait remonter son récit au 2 mai, au lendemain des échauffourées de la place de la Contrescarpe. Ce jour-là, il explique avoir reçu « plusieurs messages de certains de [ses] amis ou proches, tôt le matin, avant d’arriver au bureau, qui pensaient avoir identifié M. Benalla sur une vidéo en ligne sur les réseaux sociaux ».

Dans la même journée, M. Benalla serait venu le trouver dans son bureau pour lui confier une autre vidéo. « Ce sont des images filmées sur Internet, apparemment par téléphone, en quelque sorte une vidéo d’une vidéo, qui représente un individu se livrant à des actes d’une extrême violence sur les forces de l’ordre, notamment au moyen d’une chaise, ajoute-t-il encore devant le fonctionnaire de l’IGPN. Ces événements ne se déroulent pas place de la Contrescarpe, selon Alexandre Benalla, mais, toujours selon ce dernier, il s’agit du même individu pour lequel il est intervenu place de la Contrescarpe. » Ismaël Emelien ne fait rien de cette vidéo. Selon lui, « il n’y a pas, le 2 mai et les jours suivants, de réflexion particulière sur la gestion de cette affaire en termes de communication ».

Pour lui, l’affaire commence le 18 juillet vers 20 heures, avec les révélations de la presse. « Une fois l’information publiée en début de soirée, je commence avec le service de presse à préparer des éléments de communication, à savoir, notamment, le fait que cette information est connue depuis le 2 mai, qu’elle a entraîné une sanction qui a été appliquée [M. Benalla a été mis à pied pendant deux semaines en mai]. En résumé, une réaction habituelle au regard d’une information publiée sur l’un des collaborateurs du président », affirme-t-il.

« Parallèlement », et toujours selon sa version, il échange au téléphone, dans la soirée, avec M. Benalla : « Je me souviens lui avoir dit de diriger vers le service de presse l’ensemble des demandes de journalistes qui lui seraient adressées. Par ailleurs, nous reparlons de la vidéo, mais, dans mon esprit, il s’agit de celle qu’il m’a envoyée par message, le 2 mai 2018, avec l’individu qui agresse les policiers avec une chaise. Je lui dis que cette vidéo est utile (…). Je lui demande donc de me la renvoyer. »

« Je ne crois pas avoir eu d’autres conversations téléphoniques, je lui ai peut-être adressé d’autres messages, notamment pour savoir s’il tenait le coup, mais je n’ai pas d’autres souvenirs particuliers », prétend M. Emelien devant les enquêteurs. En réalité, les données téléphoniques récoltée par les enquêteursLes font, elles, apparaître de nombreux échanges jusque vers 3 heures du matin, heure à laquelle M. Emelien quitte l’Elysée pour son domicile, puis à partir de 5 heures. Le conseiller spécial du président assure en tout cas n’avoir eu « aucun contact physique avec lui cette nuit-là ».

A son réveil, le 19 juillet, M. Emelien n’aurait toujours pas reçu la vidéo. « Je suis étonné et je lui adresse un texto à 8 heures 26 pour le solliciter. » Dans la capture d’écran de ces SMS, envoyée aux policiers, on trouve d’ailleurs ce texto : « Mano, tu es arrivé ? Besoin de ta vidéo ASAP » (pour as soon as possible, aussi vite que possible…en anglais, écrit le pédant conseiller d’Emmanuel Macron). Alexandre Benalla n’est pas arrivé au palais, car les fadettes démontrent qu’il est encore chez lui à Issy-les-Moulineaux, au téléphone avec des hauts fonctionnaires de la Préfecture de police qui lui demandent, affolés, de leur rendre le CD-ROM qui lui a été imprudemment confié.

M. Benalla se serait ensuite présenté à l’Elysée avec le fameux CD « vers 8 h 45 ou 9 heures ». M. Emelien aurait visionné la vidéo. « Je trouve cette vidéo moins parlante et, par messagerie, je lui demande l’autre vidéo, celle du 2 mai avec la chaise. » M. Benalla ne lui répond pas, mais M. Emelien finit par la retrouver dans son téléphone. Il assure n’avoir jamais imaginé que les images figurant sur le CD puissent être des « images de vidéosurveillance policière ». Il évoque plusieurs hypothèses : des images « sorties des réseaux sociaux », ou même « des images de webcams touristiques accessibles librement sur Internet ».

Il explique qu’il joint les deux vidéos de la chaise et de la Contrescarpe sur un fichier envoyé « en fin de matinée » à Pierre Le Texier, salarié de La République en marche chargé de la riposte numérique. Car le réseau de communicants d’Emmanuel Macron est bien pourvu en spécialistes de la désinformation. « En début d’après-midi, M. le Texier m’indique que cela a été mis en ligne, vers 14 heures, de mémoire. » Il explique qu’« en fin d’après-midi », le service de presse de l’Elysée l’aurait alerté que des journalistes les interrogeaient au sujet d’une vidéo volée. « Je suis pris d’un doute et je demande à M. Le Texier de retirer la publication faite par ses soins. » Trop tard, le mal est fait !

Le même soir, vers minuit, se tient à l’Elysée une réunion de crise avec le directeur du cabinet d’Emmanuel Macron, Patrick Strzoda, le secrétaire général, Alexis Kohler, le chef de cabinet, François-Xavier Lauch, et la chef du service de presse, Sibeth Ndiaye. Les trois premiers mouillés eux aussi dans cette sordide affaire, ainsi que l’a démontré la commission sénatoriale d’enquête (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/02/21/affaire-macron-benalla-le-rapport-senatorial-est-accablant/). M. Strzoda annonce que le préfet de police aurait engagé une procédure contre les agents de la Préfecture pour avoir illégalement remis une vidéo à M. Benalla. M. Emelien explique à M. Strzoda que ce doit être la vidéo qui lui a été remise et la lui donne. Le film est adressé au procureur de la République le lendemain matin. Trop tard encore, le mal est fait !

Voir toutes ces « Excellences » se débattre dans le piège qu’ils se sont eux-mêmes tendus en acceptant de s’acoquiner avec les mauvaises fréquentations d’Emmanuel Macron (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/07/25/86019/) est pathétique.

Mais il est trop tard, l’étau se resserre et ils n’en sortiront pas indemnes.

Le 10 mars.2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) : comment Emmanuel Macron s’est fait « couillonner ».

23 Fév

Permettez-nous un conseil. Essayez-vous dans un fauteuil confortable et préparez-vous un dynamique cordial car vous allez en avoir besoin !

La suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) faisait certes partie des annonces électorales du candidat Macron. Mais, initialement, il envisageait de prendre son temps pour réformer cet ISF. Au point que, le 4 juillet 2017, lors de son discours de politique générale, Édouard Philippe annonce sa mise en application pour 2019.

Au même moment, la Cour des comptes publiait un rapport au vitriol sur les finances publiques et suggérait à l’État de procéder à un tour de vis budgétaire. Or, l’ISF était une source de recettes : près de cinq milliards d’euros rentrant chaque année dans les caisses de l’État grâce à cet impôt. Difficile de les voir disparaître d’un coup.

Mais Emmanuel Macron veut aussi prendre son temps parce qu’il a une idée en tête. Il espère que les premières mesures de sa réforme du marché du travail produiront leurs effets. Mais surtout, la suppression de l’ISF doit être couplée avec d’autres décisions (baisse des cotisations sociales et suppression de la taxe d’habitation) qui sont perçues beaucoup plus favorablement par les moins fortunés. Il compte jouer sur l’effet « en même temps » qui a été le marqueur de sa campagne. D’un côté, envoyer un signal aux plus fortunés, mais compenser la portée symbolique de cette décision par des mesures destinées aux moins favorisés.

Sauf que les choses ne se sont pas passées comme il l’avait prévu.

Trois jours après la déclaration du Premier ministre, le 7 juillet 2017, démarrent les Rencontres économiques d’Aix-en-Provence. L’annonce du report de la suppression de l’ISF y est vécue comme une trahison. L’ISF, mais aussi le report de la Flat tax (une taxation plafonnée à 30 % sur les dividendes). Jean-Hervé Lorenzi, le président du Cercle des économistes, demande au ministre de l’Économie, Bruno Lemaire, qui assiste aux derniers jours des Rencontres, d’accélérer son calendrier.

Mais d’autres activent leurs réseaux et font passer le message jusqu’à l’Élysée. Plusieurs membres de la puissante Association française des entreprises privées, l’AFEP, regroupant de nombreux patrons du CAC 40, craignent en effet que si le président de la République n’agit pas immédiatement, il ne le fasse jamais.

Ils demandent donc secrètement un rendez-vous à Emmanuel Macron et se rendent en délégation à l’Élysée pour demander un changement de calendrier. Et que croyez-vous qu’il arriva ? À la suite de cette rencontre, Bercy annonce que la réforme entrera en vigueur dès 2018.

Et que croyez-vous qu’il arriva…encore ? Ce fut la belle machine d’Emmanuel qui dérapa.

L’équilibre qui devait accompagner la réforme, vola en éclat. « Dans mon esprit, en même temps qu’on réformait l’ISF, on devait remettre à plat les niches fiscales » regrette l’économiste Philippe Aghion, qui a participé à l’élaboration du programme économique d’Emmanuel Macron. « Tandis que là, il y a eu dans le même temps l’épisode de la baisse des APL, la hausse de la CSG pour les retraités, puis la désindexation des retraites sur l’inflation, et on a alourdi la fiscalité sur des gens qui ne sont pas de milieux très favorisés. C’est ce qui explique que l’ISF est devenu si impopulaire. Si on avait procédé différemment, nous aurions évité le mouvement (des « gilets jaunes ») que nous avons aujourd’hui. »

L’Élysée étudie désormais plusieurs pistes pour corriger le tir sans revenir pour autant sur la réforme, comme par exemple une contrainte d’investissement dans l’économie ou dans les associations caritatives puisque, comme nous l’avons montré à maintes reprises, la fumeuse théorie du « ruissellement » n’est qu’une foutaise. Des mesures qui, avec la taxation des GAFA et des patrons des grandes entreprises françaises, ont pour but de répondre à une demande sociale, mais aussi de sortir le pouvoir du piège politique dans lequel il s’est bêtement enfermé.

Mais n’est-ce pas ce qui doit arriver quand on choisit si mal ses amis ? Ne l’avaient-ils pas porté au pouvoir qu’à la condition d’un retour sur investissement…*

Le 23 février 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Souvenez-vous : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/01/03/repetons-a-emmanuel-macron-la-question-restee-sans-reponse-dis-nous-qui-sont-tes-amis-et-nous-dirons-qui-tu-es/