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Chronique d’une imposture annoncée : le plan com d’Emmanuel Macron à Marseille.

16 Août

La place du Président de la République est-elle, pendant ses vacances, dans les vestiaires ou sur le terrain d’entrainement d’un club de balle-au-pied ?

C’est pourtant ce que les réseaux sociaux n’ont pas manqué de nous infliger, mardi 15 août, jour de l’Assomption de la Vierge Marie !

Emmanuel Macron (portant fièrement le maillot du club) en compagnie d’un joueur de l’OM, mardi 15 août

Le chef de l’Etat a quitté la luxueuse villa qu’il occupe avec son épouse dans le très chic quartier du Roucas-Blanc, à Marseille, pour aller rencontrer les joueurs de l’Olympique de Marseille et, même, «  taper la balle  » avec eux sur leur terrain d’entrainement.

Chacun savait qu’Emmanuel Macron est un fan de balle-au-pied et, tout particulièrement, du club de Marseille. Mais comment douter que cette visite ne soit autre chose qu’une démarche de communication au moment même où le président de la République contrôle comme jamais ses relations avec la presse et où il attaque en justice, pour « harcèlement et atteinte à la vie privée« , un photographe qui aurait tenté de faire quelques clichés de vacances du couple Macron ?

Tout cela ne sent pas très bon.

Le 16 août 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Chronique d’une imposture annoncée :  » CAPITAL  » a choisi son camp et s’y engage avec conviction.

10 Août

Chacun connaît le mensuel économique et financier  » Capital « . Mais saviez-vous qu’il était l’un des plus ardents thuriféraire d’Emmanuel Macron ? Le dernier numéro de la revue (N° 311, août 2017) en est la preuve absolue.

Passons sur l’éditorial de son rédacteur en chef, François Genthial, qui commence par cette phrase choc  » Bye bye la Chine, good morning la France « , en anglo-américain dans le texte et qui s’appuie sur un hypothétique retour sur nos terres de nos usines délocalisées. Certes, nous dit l’auteur,  » les capitaux affluent, les incubateurs se multiplient, le crédit impôt recherche dope l’innovation « . Précisant que  » ces tendances profondes, quasi tectoniques (l’expression n’est pas trop forte !), étaient à l’oeuvre depuis un certain temps  » mais ajoutant aussitôt que  » le nouveau chef de l’Etat (Emmanuel Macron) en est la manifestation et en sera, on l’espère, l’amplificateur  » !

Mais remarquons plutôt, dès le début du numéro, un article qui nous révèle, sur quatre pages, de très flatteurs petits secrets sur Gérald Darmanin, nouveau ministre de l’Action et des comptes publics, mais aussi…ci-devant membre des Républicains et transfuge de la Sarkozie. Cet article sert de hors d’oeuvre à un copieux dossier de trente trois pages, réalisé en partenariat avec RTL et intitulé

SPÉCIAL FRANCE

POURQUOI ON VA REVENIR AU TOP

Ce dossier débute par un tableau très optimiste d’une métamorphose :  » Après dix ans de croissance molle et de déprime, nous dit-on, notre pays semble enfin vouloir retrousser ses manches et exploiter ses nombreux atouts.  » Qui refuserait le principe de cette perspective :  » Ce dossier le démontre à chaque page, notre pays est désormais bel et bien sur la pente remontante. Au rythme où tombent les bonnes nouvelles – les statistiques des créations d’emploi, de l’investissement, des marges, de la croissance, des implantations d’usine ou des mises en chantier sont toutes redevenues souriantes -, il se pourrait même qu’il la gravisse assez vite, pour retrouver dans quelques années son rang parmi les nations les plus riches et les plus dynamiques de la planète.  » QUEL ENTHOUSIASME !

Sauf que très vite, l’auteur de cet article précise sa pensée :  » EFFET MACRON ? En partie oui, bien sûr. À tort ou à raison, l’arrivée de ce nouveau président, jeune, dynamique, si différent, pour tout dire, de ses prédécesseurs, semble avoir délié les énergies du pays. » Ajoutant, pour faire bonne mesure que  » Du coup, tout devient plus facile. Ces dernières semaines, des dizaines de milliers de consommateurs, dont le pouvoir d’achat n’a pourtant pas augmenté, se sont rués dans les concessions automobiles, au point que les constructeurs ont dû revoir à la hausse leurs prévisions de vente au début du mois de juillet.

Les chefs d’entreprise ne sont pas en reste. Conquis d’avance par le programme du nouvel occupant de l’Elysée, il est vrai tout acquis à leur cause, ceux que nous avons interrogés nous ont tous tenu le même discours, à mille lieu des habituelles jérémiades patronales. ‘ Tout un environnement pro-business est en train de se constituer, nous devons en profiter au maximum’, s’enthousiasme par exemple Bruno Grandjean, P-DG de l’entreprise métallurgique Redex et président de la Fédération des industries mécaniques (FIM). « 

Et vous retrouvez là, dans ces quelques phrases extraites de ce seul article, tout ce que nous n’avons cessé de répéter depuis le début de la campagne présidentielle pour mettre en garde nos compatriotes :

1/ Dis-moi qui sont tes amis, je te dirai qui tu es (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/02/06/bulletin-climatique-quotidien-6-fevrier-2017-de-la-republique-francaise/);

2/ Voter Macron, c’est cautionner les négriers (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/03/09/bulletin-climatique-quotidien-9-mars-2017-de-la-republique-francaise/);

3/ Emmanuel Macron,le président du dixième décile (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/07/14/chronique-dune-imposture-annoncee-emmanuel-macron-le-president-du-dixieme-decile/);

4/ enfin…une hirondelle n’a évidemment pas fait le printemps ! (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/08/10/baisse-du-budget-de-la-defense-francais-en-danger/).

Eh bien, cela n’a pas suffi aux rédacteurs de ce dossier de Capital. Car suivent sept articles de la même veine, dans lesquels vous retrouverez, peu ou prou, le même dithyrambe macronien :

Des promesses, toujours des promesses…

_  Nos brevets s’apprêtent à faire un carton,

_  Le monde entier nous envie nos jeunes talents,

_  Notre pays séduit à nouveau les investisseurs étrangers, 

_  Nos start-up vont enfin jouer dans la cour des grands,

_  La France a les moyens de rattraper l’Allemagne,

_  Nous sommes parmi les mieux placés dans le business vert,

_  Et aussi : Notre école publique peut espérer redevenir efficace.

Autrement dit, demain, on rase gratis !

Hélas, c’est oublier que, justement, rien de tout cela ne peut se faire sans une école publique et un enseignement supérieur de haut niveau. Niveau perdu de longue date, et chaque jour davantage, par les méfaits de l’acculturation résultant du métissage ethno-culturel voulu et encouragé par tous les amis de Capital et d’Emmanuel Macron ! Et pas une enquête internationale PISA qui ne permette aujourd’hui d’espérer le redressement attendu…Mais c’est oublier aussi que rien ne se fera si notre pays est submergé par la bombe migratoire que nos armées squelettiques ne pourront plus endiguer.

La boucle est bouclée et la réponse est là :

Le 10 août 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Chronique d’une imposture annoncée : Emmanuel et son caniche.

19 Juil

 » Le caniche était employé à l’origine pour la chasse aux canards — c’est de là que lui vient son nom : caniche vient de « canard » en français. Son nom allemand « Pudel » (« Poodle » en anglais) signifie « sauter dans l’eau ». Cela est notamment dû à ses pattes palmées. La tonte traditionnelle (pattes à pompons, tonte entière sauf au niveau des reins) est pratiquée pour lui permettre d’optimiser sa nage. Désormais certains maîtres l’emploient à la chasse au…pigeon !

Le caniche est d’ailleurs connu pour être facile à dresser, malgré son fort caractère, mais également pour sa grande intelligence.

Son éducation se doit d’être cohérente, et toute commande bien exécutée récompensée par un geste affectueux ou une louange. Il ne faut jamais user de force avec un caniche.  Il n’aboie guère. S’il donne de la voix à la maison, c’est bien pour alerter son entourage d’une présence ou d’un bruit inhabituel. Excellents chiens de garde, ils s’adaptent facilement à de nombreuses situations et au rythme de vie de leur propriétaire. Le grand caniche quant à lui est d’une nature calme et n’aboie que très rarement.

Les caniches sont réputés pour être des chiens joyeux, curieux, sympathiques et intelligents. Ils peuvent se contenter de peu d’exercice, mais les jeux feront leur bonheur et celui de leurs maîtres. Néanmoins, un caniche, quelle que soit sa taille, sera de bien plus agréable compagnie s’il lui est donné d’accompagner ses maîtres un peu partout et de se défouler régulièrement. Ce sont d’excellents chiens de jeux et de compagnie.  » C’est ce qu’a découvert Emmanuel Macron en faisant la connaissance…d’Edouard Philippe et c’est pour toutes ces qualités qu’il en a fait son Premier ministre. Car cela lui permet de mettre en place et d’exercer un pouvoir chaque jour plus absolu. En voici la démonstration.

Secrétaire général adjoint de l’Elysée entre 2012 et 2014, puis ministre de l’économie de 2014 à 2016, l’énarque promotion  » Senghor  » a une connaissance intime des rouages de l’Etat. Lui-même fut longtemps haut fonctionnaire, jusqu’à sa démission de l’inspection générale des finances, fin 2016. Il a vu de près les dysfonctionnements du quinquennat de François Hollande, les dissonances entre l’Elysée et Matignon, les conflits entre ministres, les résistances de l’administration. Et il a décidé de prendre les choses en main.

 » Emmanuel Macron a beaucoup réfléchi à la meilleure façon de faire fonctionner l’Etat « , explique un de ses proches à l’Elysée. Quitte pour cela à bousculer les habitudes voire…les règlements. Dès son arrivée au Château, le candidat d’En marche ! a ainsi décidé qu’il partagerait une partie de son cabinet avec celui de son Premier ministre. Au total, onze conseillers travaillent aujourd’hui pour les deux têtes de l’exécutif, sur des secteurs aussi importants que l’énergie, le logement, la protection sociale, les transports ou encore la fiscalité.

 » Depuis des années, la dyarchie Matignon-Elysée créait de l’incohérence, justifie l’entourage du président de la République. Avoir des conseillers communs amène de la convergence naturelle, c’est autobloquant des divergences. Plus il y a de monde, plus vous créez de la dissension. Il ne faut pas qu’il y ait trop de gens intelligents autour de la table… «  Les notes rédigées par ces conseillers sont adressées à la fois au président de la République et au premier ministre et ils assistent aux réunions qui se tiennent aussi bien rue du Faubourg-Saint-Honoré que rue de Varenne.

Croirez-vous naïvement un seul mot de ces explications ? Non bien sûr. Car la vérité c’est que, grâce à ce stratagème, le chef de l’Etat a totalement la main sur Matignon. Il en contrôle les initiatives comme les méthodes et garde, comme on a pu le vérifier récemment, le dernier mot dans les propositions ou les décisions de son Premier ministre.

Les ministres de Louis XIV avaient davantage de liberté au sein du Conseil du Roi !

Au sein de l’exécutif, on prétend que ces conseillers ont été choisis d’un commun accord et que ni Emmanuel Macron ni Edouard Philippe n’a cherché à prendre le pas sur l’autre. Dans les faits, Benoît Ribadeau-Dumas, le directeur de cabinet du premier ministre, confie en privé s’être beaucoup appuyé sur Alexis Kohler, le secrétaire général de l’Elysée :  » Il dispose d’un vivier que je n’ai pas. «   Ce qui revient à avouer que les choix sont dictés par  » le Château « . Ancien du Trésor et de l’Agence des participations de l’Etat, devenu directeur de cabinet d’Emmanuel Macron après être passé par celui de Pierre Moscovici, Alexis Kohler est, il est vrai, un pur produit de l’administration, tandis que M. Ribadeau-Dumas travaillait depuis plus de dix ans dans le privé, chez Thales puis Zodiac…

Résultat : les conseillers communs à l’Elysée et à Matignon se révèlent plus proches de Macron que de Philippe. Cédric O, chargé des participations de l’Etat et de l’économie numérique, a ainsi été le trésorier d’En marche ! durant la campagne présidentielle et fut membre de la commission d’investiture du mouvement.  » Lui, c’est un vrai mormon « , grince un parlementaire macroniste, reprenant l’expression utilisée par certains élus pour désigner la garde prétorienne de jeunes technocrates qui entoure le chef de l’Etat.

 » Il ne faut pas être dupe. En agissant ainsi, Macron met sous tutelle son premier ministre. Les conseillers se tourneront toujours vers celui qui a le pouvoir, estime Christophe Lantoine, ex-chef de cabinet d’Arnaud Montebourg à Bercy. C’est contraire aux institutions qui veulent que la présidence de la République soit détachée des affaires courantes.  » 

Pour l’anecdote, la mise en commun de ces conseillers va permettre quelques économies dans le budget de l’Elysée puisque la majorité d’entre eux – huit sur onze – seront rémunérés par le Premier ministre. Un beau prétexte à justifier cette communauté de conseillers.

Autre initiative qui fait grincer des dents, le chef de l’Etat a décidé de limiter à dix le nombre de conseillers dévolus à chacun de ses ministres, alors que lui-même en avait vingt-cinq lorsqu’il était ministre de l’économie. Pour un ministre délégué, le chiffre a même été fixé à huit, et pour un secrétaire d’Etat à cinq. Du jamais vu sous la Ve  République.

Conscient de cette révolution, Emmanuel Macron a promis que les directeurs d’administration centrale et les principaux dirigeants des organismes publics, en tout cas ceux nommés en conseil des ministres, se soumettront d’ici à fin 2017 à un entretien avec leur ministre, afin de s’assurer de leur loyauté et de leur détermination à mettre en œuvre la politique du gouvernement.  » Ceux qui ne seront pas à l’aise devront partir « , assure Arnaud Leroy, ancien député et proche du chef de l’Etat. Ce dispositif, inspiré du spoil system (système de dépouilles) américain, concernerait de 150 à 180 hauts fonctionnaires. Nous verrons bien.

 » Le système du spoil est le corollaire des cabinets moins fournis. L’un ne peut pas fonctionner sans l’autre, explique-t-on à Matignon. Désormais, les directeurs d’administration seront présents aux réunions avec les ministres, ils fréquenteront Matignon comme l’Elysée. Il faut que tout le monde soit en ligne.  » Pour éviter l’endogamie, le chef de l’Etat a même promis d’ouvrir à l’extérieur le recrutement d’au moins un quart des postes de directeur d’administration centrale.  » Mais ça, il va vraiment avoir du mal à le faire appliquer, quand on connaît l’esprit de corps de l’administration « , anticipe un parlementaire macroniste. Nous verrons bien aussi.

Mais, après tout, quelle importance puisque tout se décide désormais à l’Elysée et que les ministres, leur cabinet et l’administration centrale sont AUX ORDRES. Quant aux godillots de La République en Marche, n’en parlons même pas.

Le 19 juillet 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Chronique d’une imposture annoncée : la suppression de la taxe d’habitation ressemble de plus en plus à une arnaque.

18 Juil

La suppression de la taxe d’habitation pour 80% des contribuables est, avec la réduction à 12 élèves par classe des cours préparatoires des zones d’éducation prioritaire, l’un des projets phares du programme présidentiel d’Emmanuel Macron. Mais , comme la seconde, la première de ces propositions apparaît de plus en plus comme une imposture.

En effet, il est clair que la taxe d’habitation reste l’un des liens directs entre les collectivités territoriales (et avant tout les communes) et leurs habitants qui assurent ainsi une source de revenus important et même essentielles pour les premières. Sur la vingtaine de milliards d’euros qu’elle rapporte aujourd’hui annuellement aux communes, 8,5 milliards n’arriveront plus dans leurs caisses, selon le chiffrage du ministre des comptes publics, Gérald Darmanin.

Emmanuel Macron a certes promis de compenser le manque à gagner « à l’euro près » mais cet engagement suscite de vives craintes du côté des maires. « Personne ne croit à la compensation. La sincérité est certainement là, mais la capacité à le faire, je n’y crois pas », affirme le maire de Troyes, François Baroin. Nous non plus, nous n’y croyons pas pour la simple et bonne raison que, dans le contexte de vaches maigres actuel (les mesures d’économies promises par le Premier ministre sont effrayantes)…où le gouvernement trouvera-t-il 8,5 milliards d’euros supplémentaires ? Il en résultera donc, inéluctablement, soit un effondrement des investissements municipaux avec une dégradation importante de la qualité de vie voire même de la sécurité des citoyens soit une augmentation de la pression fiscale municipale pour faire face aux obligations des édiles.

Au total, on nous reprendra d’une main ce que nous aurons cru que l’on nous offrait de l’autre.

Et, dans tous les cas, ce seront une fois encore les classes moyennes qui échapperont à toute amélioration de leur niveau de vie tant elles seront sollicitées pour boucher les trous imposés par l’Etat.

D’ailleurs, d’autres mesures d’économies touchant les collectivités territoriales sont d’ores et déjà dans les tiroirs du gouvernement d’Emmanuel Macron telles que la suppression d’environ 70 000 postes dans la fonction publique territoriale et une économie de 10 milliards d’euros pour les collectivités sur cinq ans (sur les 60 milliards d’euros prévus au niveau national).

« On ne laissera rien passer qui ne soit pas calculé, prévu », a prévenu dimanche le président LR du Sénat, Gérard Larcher, dans Le Journal du dimanche, mettant en garde contre un « pacte de confiance » qui ne serait qu’un « marché de dupes » s’il n’était construit « qu’en fonction des contraintes budgétaires de Bercy ». M. Larcher demande désormais une loi de finances pluriannuelle consacrée aux collectivités.

« Sur les trois dernières années, les collectivités locales ont réalisé 34 % d’économies à l’échelle de toutes les dépenses nationales, alors que 80 % de la dette est de la responsabilité de l’Etat », rappelle M. Baroin dans Le Parisien, avant d’asséner : « Là, je dis que trop, c’est trop ! »*

Quoi qu’il en soit, ce n’est pas faute de les avoir tous mis en garde contre

Le 18 juillet 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Lire aussi « Taxe d’habitation : quand les ministres naviguent à vue » (http://www.lepoint.fr/politique/taxe-d-habitation-quand-les-ministres-naviguent-a-vue-06-07-2017-2141006_20.php#xtor=CS3-194)

Chronique d’une imposture annoncée : après le budget des armées c’est au tour de l’enseignement…

17 Juil

Nous avons rappelé les projets du gouvernement en matière de restriction budgétaire concernant nos Forces armées (Lire « Les promesses de défense n’engagent que ceux qui les écoutent » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/07/15/chronique-dune-imposture-annoncee-les-promesses-de-defense-nengagent-que-ceux-qui-les-ecoutent/). Mais voici venu le temps des vaches maigres infligées, cette fois, à l’Education nationale et à l’enseignement supérieur.

331 millions d’euros d’économies sont à l’ordre du jour dès 2017 sur les lignes budgétaires qui concernent l’enseignement supérieur, la vie étudiante et la recherche, d’après deux projets de décret du gouvernement à paraître prochainement.

Du côté de l’enseignement scolaire, c’est une économie de 81,6 millions qui se profile, si l’on tient compte de l’enseignement technique agricole. Soixante-quinze millions d’euros, comme annoncés dans Le Parisien, mercredi 12 juillet, par le ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin (transfuge des Républicains), quand on exclut les dépenses qui relèvent du ministère de l’agriculture et non de l’éducation nationale.

Depuis les premières prises de parole de M. Darmanin, les universités savent qu’elles n’échapperont pas à la cure annoncée par Bercy. Reste que l’ampleur des annulations va bien au-delà de ce qui était attendu. D’après les projets de décrets d’avance, dévoilés par l’agence d’informations AEF, le budget des universités se voit ainsi entaillé de 95 millions d’euros, la vie étudiante de 46,4 millions, quand le reste de l’effort se concentre sur les différents domaines de la recherche.

Ces « suppressions de crédits sont équivalentes à la rémunération annuelle de 5 500 chercheurs. C’est inédit ! », s’est émue la députée du Tarn-et-Garonne, Valérie Rabault. « Inacceptable », a réagi le SGEN-CFDT, premier syndicat chez les personnels, qui menace de « prendre ses responsabilités » si cette annonce se confirme, sous-entendant des mobilisations à venir, quand le SNESUP-FSU appelle déjà à des assemblées générales dans les facs en septembre.

Du côté du ministère de l’enseignement supérieur, on tempère : cet effort de redressement n’affectera « ni les moyens des universités ni les programmes de recherches engagés ou les campagnes d’emploi », promet la ministre Frédérique Vidal, dans un communiqué, jeudi 13 juillet. Pour ce qui est des quatre programmes relevant directement de son périmètre (formations supérieures, vie étudiante, recherches scientifiques et technologiques et recherche spatiale), les annulations correspondent en très grande partie – 160 des 180 millions d’euros – à des crédits « qui avaient été mis en réserve par précaution », justifie-t-elle.

Et pourtant, la rentrée apparaît de plus en plus « en danger » pour les présidents d’université. « Nous sommes extrêmement inquiets, réagit Gilles Roussel, à la tête de la conférence des présidents d’université. Étant donné la pression démographique [40 000 étudiants de plus attendus en septembre], les conditions d’études ne peuvent que se dégrader. » Ces sommes mises en réserve étaient jusqu’ici en partie « dégelées » en fin d’année, c’est-à-dire redistribuées aux établissements, afin de leur permettre de ne pas finir dans le rouge.

Ce signal négatif intervient à un moment particulièrement tendu dans le monde universitaire : la session d’admission des bacheliers dans l’enseignement supérieur qui s’achève se révèle très difficile, faute de places dans des licences surbookées. Une négociation périlleuse s’ouvre par ailleurs le 17 juillet : Mme Vidal lance une concertation autour de la réforme des « prérequis » – promesse de campagne du candidat Macron –, remettant sur la table la question de la sélection à l’entrée de l’université.

Si ces 331 millions représentent une part marginale du budget global du secteur – de l’ordre de 27 milliards d’euros –, l’accroc n’en est pas moins important pour un service public qui souffre cruellement du manque de moyens. Depuis déjà trois ans, les universités accueillent les milliers d’enfants du boom démographique des années 2000, sans voir leurs moyens augmenter. En juin, la Cour des comptes comptabilisait six établissements dans une situation financière « très dégradée », neuf autres dans une « situation dégradée ». Le monde de la recherche sort lui aussi en mauvaise posture d’un quinquennat Hollande durant lequel, disent les syndicats, le manque de postes et la précarité se sont accrus dans les laboratoires.

Fortement attendu, le coup de pouce budgétaire obtenu pour la première fois en 2017, avec 850 millions d’euros supplémentaires – dont 100 millions pour les universités – se retrouve sérieusement amputé par ces annulations.

Du côté de l’éducation nationale, les coupes budgétaires ont beau être moindres, on doute, sur le terrain, que cela puisse se faire sans toucher à la masse salariale. D’autant que le nouveau ministre, Jean-Michel Blanquer, ouvre un chantier après l’autre à vive allure : si les classes de CP dédoublées en zone d’éducation prioritaire, la grande mesure de la rentrée 2017 au primaire, doivent se mettre en place en partie par un redéploiement de postes*, le projet des « devoirs faits » proposé dès l’automne dans les collèges pour aider les élèves, nécessite 150 millions d’euros.

 Avec Macron, c’est comme avec les autres : les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent !

* Lire « Des promesses, toujours des promesses » : 

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/06/26/chronique-dune-imposture-annoncee-des-promesses-toujours-des-promesses/

Le 17 juillet 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

 

 

Chronique d’une imposture annoncée : les promesses de défense n’engagent que ceux qui les écoutent.

15 Juil

Qui a bien pu croire Emmanuel Macron lorsque, pendant la campagne électorale à la présidence de la République il cajola nos militaires et leur promit, s’il était élu, d’augmenter le budget de la Défense pour le faire passer à 2% du PIB  ?

Qui a bien pu croire Edouard Philippe, son Premier ministre, qui, dans son discours de politique générale du 4 juillet, confirmait l’application de ce principe dans la loi de programmation militaire dès 2018 ?

Or que s’est-il passé en début de semaine ? Le ministère de l’économie et des finances a annoncé, sans tambour ni trompette, une coupe de 850 millions d’euros dans le budget de la Défense pour participer à l’effort d’économies imposé par le déficit public !

Il ne faut donc pas s’étonner que le général Pierre de Villiers, chef d’Etat major des armées ait laissé éclater sa colère devant la commission de Défense de l’Assemblée nationale. Le cri du coeur du général ne pouvait être plus clair: «Je ne vais pas me faire b… comme ça», a-t-il tonné face aux députés. «Je ne pourrai plus regarder mes gars dans les yeux si on réduit encore nos moyens», a-t-il poursuivi devant les élus.

Confirmé à la tête des Armées jusqu’au 31 juillet 2018 par un décret paru mercredi au Journal officiel, le général de Villiers ne cache pas son exaspération face à la tournure que prennent les arbitrages budgétaires. «Le ministère de la Défense a été la principale victime des politiques de révision générale des politiques publiques», a-t-il déclaré devant les députés. «On a déjà tout donné, tout donné», a-t-il encore dit. «Beaucoup de jeunes sous-officiers n’arrivent même plus à se loger.» Pour sauvegarder ses crédits, le chef d’Etat major des armées aurait une nouvelle fois mis sa démission dans la balance.

Il est vrai que  la coupe annoncée mardi par Bercy a fait l’effet d’une douche froide dans le monde militaire. Le général de Villiers a donc intensifié son offensive pour sauvegarder son enveloppe. «Le général est attentif au moindre soutien politique», poursuit ce participant à la commission.

Et jeudi 13 juillet, Emmanuel Macron a répliqué : « Je considère qu’il n’est pas digne d’étaler certains débats sur la place publique. J’ai pris des engagements. Je suis votre chef. Les engagements que je prends devant nos concitoyens et devant les armées, je sais les tenir et je n’ai à cet égard besoin de nulle pression et de nul commentaire« , a-t-il affirmé. Fermez le ban !

Cela ne vous rappelle personne ?

Christophe Castaner, le porte-parole du gouvernement, a tenté de minimiser la portée de la coupe, en précisant qu’elle concernait pour l’essentiel des reports de commandes. «Sur certaines lignes du ministère des Armées, il y a la possibilité de décaler non pas des salaires, non pas la sécurité, non pas les militaires eux-mêmes, mais de décaler quelques commandes, sur du gros matériel par exemple, et c’est pour ça que nous avons identifié ces 850 millions». Ben voyons !

Il a aussi assuré que l’effort budgétaire ne visait pas seulement les Armées. «Tous les ministères y contribuent», a-t-il dit en insistant sur l’effort budgétaire nécessaire pour passer sour la barre des 3% du PIB de déficit pour 2018. «Ce qu’il fallait pour le ministre du Budget, c’est trouver 4,5 milliards d’euros, excusez-moi du peu Et la défense du pays y a-t-il pensé ?

En vérité, il s’agit d’un plan de rigueur, dont 20% de l’ensemble des coupes sont sur le point d’être imputées à la Défense. Nous nous éloignons donc bien des promesses du candidat Macron.

Le 15 juillet 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Chronique d’une imposture annoncée : Emmanuel Macron, le président du « dixième décile ».

14 Juil

Commençons par une définition : les Français dits du  » dixième décile « , sont les dix pour cent les plus riches de France

Après la volte-face du gouvernement en début de semaine, le premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé, mercredi 12  juillet, une baisse de la pression fiscale de 11  milliards d’euros en  2018. Ni plus ni moins sauf qu’il ne sait pas encore comment il la financera. Dans une interview au quotidien Les Echos, il confirme qu’une partie de l’exonération de la taxe d’habitation et la réforme de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) entreront bien en vigueur l’an prochain. Pour le reste, le flou règne encore. Notamment sur les modalités et le calendrier des coupes annoncées dans les dépenses publiques.

C’est dire si pour le moment, il est difficile d’évaluer vraiment l’impact qu’aura en pratique la politique du gouvernement sur le pouvoir d’achat des ménages. Les économistes de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), centre de réflexion classé à gauche, se sont néanmoins prêtés à l’exercice, dans une note publiée mercredi 12  juillet.  » Les objectifs du projet d’Emmanuel Macron sont aussi nombreux que contradictoires, et leur mise en œuvre constitue un retour au réel « , souligne en guise d’introduction Xavier Timbeau, directeur de l’institution.

Pour y voir plus clair, les auteurs ont tenté d’évaluer l’effet redistributif sur les niveaux de vie des principales mesures socio-fiscales, dont ils évaluent le coût net à 9  milliards d’euros : revalorisation de 50  % de la prime d’activité, bascule des cotisations sociales vers la contribution sociale généralisée (CSG), exonération de la taxe d’habitation pour 80  % des ménages, hausse de la fiscalité écologique, passage à 10  euros du paquet de cigarettes, ou encore remplacement de l’ISF par un impôt sur la fortune immobilière (IFI)…  » Nos résultats permettent de comprendre les enjeux du quinquennat sur les aspects redistributifs mais sont à manipuler avec précaution, car ils ne prennent pas en compte les effets de second tour de ces dispositions sur l’économie, et supposent que les Français ne modifient pas leurs comportements sur la période « , prévient Mathieu Plane, de l’OFCE.

L’étude aboutit néanmoins à trois grandes conclusions. La première est que ces mesures devraient en moyenne avoir un impact neutre : pour beaucoup de foyers, la hausse du prix du tabac et de la fiscalité écologique effacerait ainsi en partie les gains permis par les autres baisses d’impôts.

En revanche, les ménages les plus riches (ceux du  » dixième décile  » dans le découpage par niveau de vie des statisticiens) seraient largement gagnants.  » Ils devraient concentrer 46  % des gains des mesures fiscales dédiées aux ménages « , analyse M. Timbeau. Leur revenu annuel augmenterait en effet de 2,6  %, contre 1,4  % pour l’ensemble des ménages. Et ce, car ils profiteraient à plein du plafonnement forfaitaire à 30  % sur les revenus de l’épargne et de la transformation de l’ISF en impôt sur la fortune immobilière (IFI), puisque nombre de placements financiers (actions, obligations, assurance-vie…) seraient sortis de cet impôt.

Autre conclusion : les ménages qui bénéficieraient le moins de ces mesures seraient ceux du neuvième décile (dont le niveau de vie est en dessous de celui des 10  % les plus riches, mais au-dessus de 80  % des autres). Leur revenu annuel augmenterait en effet de 0,1  % seulement. Motif : ils gagnent trop pour toucher l’exonération de la taxe d’habitation… mais pas assez pour profiter pleinement de la réforme de l’ISF.

D’autres catégories seraient aussi perdantes.  » Les retraités touchant une pension supérieure à 20 000  euros par an et par part fiscale supporteront la hausse de la CSG, mais ne bénéficieront ni de la suppression des cotisations sociales, ni de l’exonération de taxe d’habitation « , note M. Plane. Nous sommes quelques uns dans cette catégorie !

Troisième conclusion : les 9  milliards d’euros que représentent ces mesures fiscales devront bien sûr être financés. Mais on ne sait pas encore comment. Or, les 60  milliards d’euros d’économies annoncées sur l’ensemble du quinquennat auront aussi, par ricochet, un impact sur le pouvoir d’achat.  » Selon les modalités choisies, certaines coupes dans les dépenses – par exemple dans la santé ou les aides personnalisées au logement – pourraient pénaliser les moins riches et accentuer encore les inégalités engendrées par la mise en œuvre des mesures fiscales « , détaille M. Plane.

La note de l’OFCE souligne également que, dans l’ensemble, l’effort d’économies promis par le gouvernement pèserait légèrement sur la croissance (–  0,4 point de PIB sur l’ensemble du quinquennat), qui devrait s’établir à 1,6  % par an en moyenne sur les cinq années concernées. Et, ça, c’est un constat bien plus inquiétant qu’on pourrait le croire. Le taux de chômage pourrait néanmoins légèrement baisser….si de de nouvelles difficultés n’apparaissent pas. Telle une nouvelle crise financière que nos dirigeants politiques tardent à voir venir.

Certains électeurs d’Emmanuel Macron feraient bien de se préparer à un réveil douloureux mais, à coup sûr, ils ne pourront pas dire que nous ne les avions pas prévenus.

Le 14 juillet 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.