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Covid-19 : la fabrication en urgence de respirateurs artificiels par Air Liquide est-elle un nouveau scandale ?

24 Avr

Voilà ce qu’il arrive dans un pays qui rationne le matériel dans ses hôpitaux et qui ne prévoit pas les équipements indispensables en cas de crise sanitaire. Nous l’avions déjà mesuré avec la pénurie dramatique de masques protecteurs, de produits antiseptiques et de tests biologiques de dépistage. En voici un nouvel exemple avec ce qu’il va falloir appeler désormais « l’affaire Air Liquide » ou « des respirateurs artificiels« .

Air Liquide s’est associé à PSA, Valeo et Schneider Electric pour produire 10 000 respirateurs artificiels. Cette mobilisation de l’industrie française a pour objectif de répondre aux besoins urgents des soignants. Mais l’enquête de la cellule investigation de Radio France montre que ces appareils sont inadaptés aux malades du Covid-19 !

A la mi-mars, sur son flanc droit, le gouvernement est sous le feu des critiques pour n’avoir pas pu livrer suffisamment de masques aux personnels soignants. Il doit donc reprendre l’avantage. L’heure est à la mobilisation et on nous dit même que « nous sommes en guerre« . Pas question d’être pris en défaut sur son flanc gauche : celui des respirateurs artificiels. La France disposait de 5 000 lits de réanimation au début de la crise. Le ministère de la Santé veut en équiper 14 000. Encore faut-il les doter du matériel qui doit aller avec.

En France, il n’existe qu’un seul fabriquant de respirateurs artificiels : Air Liquide Medical Systems… Pour répondre à la crise, l’entreprise s’attelle déjà à la fabrication de 1 024 appareils d’un modèle appelé T60. Il est plutôt conçu pour le transport des malades, mais il peut, si nécessaire, s’adapter aux besoins d’un service de réanimation. Air Liquide fait part à l’État de son intention d’augmenter sa production. Agnès Pannier-Runacher, la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances, saisit alors la balle au bond : « Combien pouvez-vous produire de respirateurs en plus ?, demande-t-elle à la direction. Nous souhaiterions vous passer une commande de 10 000 unités. »

Air Liquide ne peut décliner une telle offre, mais il ne peut passer à une production de masse sans étoffer son organisation. L’entreprise se rapproche de trois groupes qui ont un savoir-faire en la matière : PSA, Valeo et Schneider Electric. Une alliance se forme. Le 24 mars, un collège d’ingénieurs en électronique et d’experts en produits industriels issus de ces quatre entreprises se réunit pour plancher sur l’appareil qu’il serait possible de fabriquer. Dans un premier temps, l’État souhaite que soient produits 5 000 respirateurs T60, et autant d’un modèle plus basique, utilisé depuis 1998, qu’on appelle l’Osiris 3. Mais le T60 est complexe à assembler. Air Liquide propose donc de produire plus de modèles de type Osiris qui, eux, ne nécessitent que 300 composants. Résultat : 8 500 Osiris 3, contre 1 600 T60, seront fabriqués dans un délai record de 50 jours. Le projet est sur les rails. L’alliance fait appel à 240 volontaires. La production démarre le 6 avril.

On ne peut rêver plus belle communication. Quatre fleurons de l’industrie française travaillant main dans la main, au service d’une noble cause, dans une crise d’une ampleur exceptionnelle. « Face au besoin de respirateurs pour traiter les patients les plus sévèrement atteints par le Covid-19 », peut-on lire sur le site d’Air Liquide, « Air Liquide, PSA, Schneider Electric, Valeo relèvent le défi de produire 10 000 respirateurs ». L’entreprise précise qu’elle ne réalisera aucune marge sur ces appareils. Ils seront vendus à prix coûtant, soit autour de 3 000 euros pièce, ce qui représente tout de même une facture de 30 millions d’euros pour l’État. Le 31 mars, depuis l’usine de masques de Kolmi-Hopen près d’Angers, Emmanuel Macron salue la création de cette nouvelle alliance. Elle incarne le début du retour de la souveraineté française industrielle qu’il appelle de ses vœux dans le domaine de la santé.

Mon oeil !

Sauf que personne ne mesure alors que le choix fait par l’exécutif sur proposition d’Air Liquide risque de poser problème. Car les 8 500 respirateurs Osiris qui doivent être fabriqués sont des respirateurs destinés à gérer l’urgence. Sur son propre site, Air Liquide décrit ce modèle comme un « ventilateur de transport léger et simple d’utilisation« . Autrement dit, un appareil qu’on utilise dans les ambulances, mais pas dans les salles de réanimation !

Le 3 avril 2020, un message transmis aux milieux hospitaliers par le ministère de la Santé et le centre de crise sanitaire précise ce que doit être l’usage de chaque modèle de respirateur dans la crise du Covid-19. Dans la liste des appareils pouvant être utilisés pour traiter des patients malades, l’Osiris 3 n’apparaît que dans la cinquième catégorie, la toute dernière. Il n’est jugé utile que dans les cas de transports les plus simples, mais pas pour une salle de réanimation où sont traités les malades à risques.

« Ce n’est clairement pas, pour être pudique, un respirateur adapté à la prise en charge d’une détresse respiratoire aiguë compliquée », explique Philippe Meyer, médecin-réanimateur à l’hôpital Necker à Paris. « On a un peu l’impression qu’on est devant un effet d’annonce pour montrer qu’on était capable de produire 10 000 respirateurs. Mais personnellement je n’utiliserai pas un Osiris en réanimation. C’est très clair. » Son confrère anesthésiste et réanimateur au CHU de Nantes, Yves Rebufat, se montre encore plus critique : « Si vous vous en servez pour un syndrome respiratoire aigu, vous avez un risque de tuer le patient au bout de trois jours. Parce que ce n’est pas fait pour ça. Les malades du Covid ne sont pas faciles à ventiler. Il faut des respirateurs performants avec des systèmes de contrôle des pressions et des volumes. Au mieux, on peut s’en servir pour transporter un patient une demi-heure pour un scanner, mais c’est le maximum qu’on puisse demander à cet appareil.«  Et cette vision des choses est partagée par d’autres experts en dispositifs médicaux que nous avons consultés.

Air Liquide, via son service de communication, dit s’étonner de ces critiques. « Le NHS [National Health Service, le système de santé britannique] a validé ce modèle pour traiter les patients Covid. On peut l’adapter en réanimation moyennant des procédures que nous donnons aux soignants », a-t-on expliqué. L’entreprise précise : « Le choix final de l’Osiris a été fait sur recommandation des experts du ministère de la Santé, et de la Société de réanimation de langue française [SRLF]« . Chez cette dernière cependant, on dit tomber des nues. Fin mars, son président, Éric Maury, a bien approuvé une note préconisant de prendre des précautions importantes en cas d’utilisation d’un Osiris pour des patients atteints du Covid-19. Il y est notamment stipulé que « les respirateurs de transport ‘mono-branche’ type Osiris ou Oxylog ne doivent être utilisés qu’en dernier recours« . Mais Martin Lavillonnière, le directeur administratif de la SRLF, affirme aussi que son association « n’a pas été sollicitée pour rendre un avis sur quel respirateur privilégier pour une production d’urgence« .

Valérie Moreno, la présidente d’une autre société savante qui fait référence, l’Association française des ingénieurs biomédicaux, affirme ne pas avoir été consultée non plus. « Nous avions deux ingénieurs dans la cellule de crise interministérielle qui étaient au courant du projet, mais ils n’ont pas participé à la décision. » Quant à l’utilité de ces appareils, elle ajoute : « Effectivement, ce n’est pas avec les Osiris qu’on va ventiler des patients Covid. » Certes, il est possible de ventiler un patient en situation intermédiaire, « mais dans cette pathologie » ajoute un autre expert en matériel médical, « les situations se dégradent souvent tellement vite qu’il vaut mieux avoir un respirateur qui convienne dès le départ ».

Alors que faire maintenant de ces appareils ?

Si, comme le soutiennent les médecins réanimateurs, ces respirateurs ne sont pas adaptés aux malades du Covid, pourquoi donc en avoir commandé autant ? « Le choix a été fait en lien avec le ministère de la Santé, mais aussi en tenant compte de la disponibilité des pièces critiques », explique le cabinet d’Agnès Pannier-Runacher. « Se posait la question de produire en un temps record dans un contexte où les chaînes logistiques sont fortement impactées par le ralentissement de l’économie. » 

Ou l’incompétence au pouvoir !

Se pose aussi la question de l’usage qui sera fait de ces respirateurs. À Orsay et à Garches en région parisienne, un dispositif « CLEAR-M », mis au point par le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), destiné à améliorer les capacités de l’Osiris, a été testé sur des patients Covid en phase de récupération. Ces appareils simples ont été transformés en appareils un peu plus complexes. Mais cela n’en fait pas pour autant un outil de thérapie adapté à des patients en situation de détresse respiratoire. Et ce dispositif devra faire l’objet de nouveaux essais cliniques, puis d’une homologation, avant d’être commercialisé.

Il est donc probable que les Osiris, du moins dans un premier temps, serviront à autre chose qu’à soigner des patients atteints du Covid-19. Vont-ils être utilisés pour d’autres types de pathologies, et suppléer des respirateurs plus sophistiqués qui ont été réaffectés à la réanimation ? Seront-ils dédiés à des situations d’urgence ou de catastrophes ? Ou vont-ils alimenter un stock destiné…à la coopération internationale (les pays d’Afrique ont un tel besoin de matériel !) ? Autant d’usages assez éloignés de celui qui était annoncé au départ, mais auxquels Santé Publique France va devoir réfléchir.

Pour un coût de 30 millions d’euros aux frais du contribuable. Comme si souvent. Décidément le monde d’aujourd’hui ressemble terriblement au monde d’hier…

Le 24 avril 2020.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

La théorie du « ruissellement » fait chou blanc.

2 Oct

Ce fut la promesse la plus contestée de la campagne du candidat Macron : la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune. Une promesse faite à ses amis et généreux donateurs de sa campagne et sur laquelle il a toujours refusé de revenir malgré les protestations et même les mouvements sociaux les plus violents dont, évidemment, celui des « Gilets jaunes« , il y aura bientôt un an. Une décision qui lui colle encore à la peau sous l’étiquette de « président des riches« .

L’argument d’Emmanuel Macron, pour justifier ce choix contestable, était et reste toujours le même : permettre aux plus riches de nos compatriotes de récupérer une partie de leur contribution fiscale pour l’investir dans l’activité industrielle et la consommation afin de permettre une relance de la croissance économique du pays. Ce principe porte un nom aussi ridicule que trompeur : la « théorie du ruissellement » (https://fr.wikipedia.org/wiki/Théorie_du_ruissellement). Comme d’ailleurs la métaphore, utilisée par Emmanuel Macron lui-même, du « premier de cordée » (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/12/26/la-theorie-du-ruissellement-est-bien-une-arnaque/).

Mais c’est aussi la mesure que les députés de la majorité, manquant cruellement d’arguments pour la justifier lors du premier budget du mandat, à l’automne 2017, s’étaient fait fort de faire évaluer dès que possible. C’était, enfin, l’une des annonces du chef de l’Etat lors de sa conférence de presse post-grand débat national, le 25 avril dernier: « Cette réforme (…) sera évaluée en 2020 et, (…) si elle n’est pas efficace, nous la corrigerons », avait assuré M. Macron pour se donner un peu de temps face à l’adversité.

Le premier rapport du « comité d’évaluation des réformes de la fiscalité du capital », censé estimer les effets de la suppression de l’ISF mais aussi de la flat tax, l’instauration du prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % sur les revenus du capital, a été présenté mardi 1er octobre.

Ce document d’un peu plus de 300 pages ne livre hélas et comme on pouvait s’y attendre aucune réponse tranchée. Réalisé sous l’égide de France Stratégie, le think tank d’évaluation et de prospective rattaché à Matignon, par une quinzaine de membres – économistes, représentants de l’Insee, du Trésor, de la Banque de France, ou encore du Medef et de la CFDT ainsi que par la députée LRM des Yvelines, Nadia Hai –, le rapport ne permet pas de confirmer les objectifs initiaux de l’exécutif : « Favoriser la croissance de notre tissu d’entreprises, stimuler l’investissement et l’innovation », selon la lettre de mission de Matignon de décembre 2018.

« L’observation des grandes variables économiques – croissance, investissement, flux de placements financiers des ménages, etc. – avant et après les réformes ne suffit pas pour conclure de leur effet réel. En particulier, il n’est pas possible d’estimer par ce seul biais si la suppression de l’ISF a permis une réorientation de l’épargne des contribuables concernés vers le financement des entreprises »,concluent les auteurs. « Le risque de déception est inhérent à la démarche elle-même. Mais le temps de l’évaluation n’est pas le temps du politique », explique Fabrice Lenglart, président du comité d’évaluation, qui précise pour se justifier qu’« on ne peut pas se contenter de données macroéconomiques (croissance, investissement) pour évaluer une telle réforme. Il nous faut des données fiscales sur les ménages, qui ne sont pas encore disponibles pour l’année 2018. »

« La fiscalité demande du temps pour produire ses effets. Nous ne disposons que de neuf mois de recul [depuis la constitution du comité en décembre, en pleine crise des « Gilets jaunes »] », plaide Nadia Hai. Pour la députée, « on ne peut pas établir de lien de cause à effet entre le fait de ne plus taxer les plus aisés et l’investissement dans les actifs productifs », mais « le rapport souligne toutefois que la fiscalité française du capital [y compris les impôts sur les sociétés et la taxation des transmissions] était très lourde avant la réforme : à près de onze points de PIB, elle était 2,5 points supérieure à la moyenne des pays européens et les personnes taxées ne créaient plus de richesse. »

En revanche, une chose est déjà certaine :  » On sait qu’il y a eu plus de dividendes versés en raison du PFU. » Autrement dit, ceux qui avaient déjà beaucoup ont reçu encore plus ! Et ce qui est certain aussi, c’est qu’ils ne se sont pas précipités pour investir leurs gains dans l’économie puisque la croissance du pays est en berne et que la consommation des ménages marque le pas. Alors, nous saurons patienter jusqu’au prochain rapport d’évaluation et même si nous ne sommes pas dupes des résultats qui seront observés l’an prochain.

Cette absence de conclusion formelle a d’ailleurs occasionné, jusqu’au dernier moment, des « divergences » sur l’avis à rendre, reflet du caractère toujours politiquement inflammable de la suppression de l’ISF. Ainsi, à l’issue de la dernière réunion du comité, jeudi 26 septembre au soir, ses membres n’avaient pas été en mesure de finaliser le rapport, et la communication autour de sa dernière version a été jalousement gardée. Les auteurs marchaient sur des oeufs…

« La réforme de la fiscalité devait susciter un choc d’entrepreneuriat. Mais elle a eu un coût, d’où la nécessité d’en évaluer la portée », reconnaît-on à Bercy qui refuse encore d’admettre que cette affaire sera l’une des plus grandes impostures du quinquennat Macron.  » Du reste, ce qui compte, ce n’est pas tant de pouvoir dire que Mme Michu a investi tant d’euros dans l’économie. C’est l’effet-signal, comme pour la baisse de cinq milliards d’euros d’impôts sur le revenu », explique-t-on.

Ces difficultés ne sont pas sans rappeler celles de l’évaluation du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE). En dépit de nombreux rapports, les économistes ne sont pas parvenus à déterminer avec précision dans quelle mesure cette réforme-phare du quinquennat Hollande (20 milliards d’euros de baisse de cotisations) a été utilisée par les entreprises pour recruter, investir et doper les salaires, ou pour augmenter leurs marges. Souvenez-vous des professions de foi du patron du Medef, Pierre Gattaz, qui jurait que la mesure permettrait l’embauche d’au moins un million de personnes :

La mesure a par contre coïncidé avec la remontée des profits des sociétés et donc la distribution de nouveaux dividendes. Mais mi-2018, les études faisaient état de seulement « 100 000 emplois sauvegardés ou créés sur la période 2013-2015 ».

Ces gens-là sont des imposteurs.

S’il ne tranchera pas le débat politique sur les conséquences de long terme pour l’économie de la suppression de l’ISF, le rapport de France Stratégie éclaire ses effets à court terme pour les plus riches. Les chercheurs ont, en effet, eu accès à des données inédites du fisc qui leur permettent de dire qu’elle a « favorisé les ménages les plus aisés ». La mise en place du PFU a bénéficié aux 15 % de ménages les plus aisés avec, pour les 5 % les plus riches parmi eux, des gains moyens en termes de niveau de vie de près de 1 000 euros par an. Après la transformation de l’ISF en IFI, quatre ménages gagnants sur cinq se situent parmi les 15 % les plus aisés. « Le gain annuel moyen d’un ménage gagnant est de l’ordre de 6 500 euros », précise le rapport. Nous aimerions pouvoir en dire autant.

Le document met enfin en avant le résultat d’études qualitatives. Notamment sur l’attractivité fiscale de la France auprès des investisseurs qui s’est améliorée depuis deux ans. Mais cette situation s’explique surtout par la flat tax, qui a permis d’abaisser l’imposition des intérêts, dividendes et autres plus-values de cession, et pas nécessairement par la suppression de l’ISF, qui a occasionné un manque à gagner de deux à trois milliards d’euros pour les finances publiques. Les chercheurs ne disposeront pas de résultats probants sur les effets économiques de la suppression de l’ISF avant deux ans, estime M. Lenglart. Soit à l’automne 2021, à moins de six mois du premier tour de l’élection présidentielle.

Nous saurons patienter mais soyez assurés que nous serons vigilants et que nous ne leur ferons aucun cadeau.

Le 2 octobre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Transition énergétique : le double langage du gouvernement d’Emmanuel Macron.

9 Août

Nous avons déjà pointé du doigt l’imposture du gouvernement concernant l’injonction adressée aux Français de se débarrasser de leurs véhicules polluants et de les remplacer ipso facto par des véhicules électriques. Injonction édictée au moment même où nos pouvoirs publics décident d’importantes augmentations des tarifs de l’électricité et où, en plus, ils organisent la diminution des aides accordées aux citoyens pour les aider dans cette transition énergétique !!! Comme nous l’écrivions ici (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/08/02/comprenne-qui-pourra/), « Comprenne qui pourra« …

Et voilà que le gouvernement récidive en décidant de réformer le crédit d’impôt transition énergétique le jour même où le GIEC publie un rapport alarmiste sur l’état de la planète. Ce crédit d’impôt était un dispositif plutôt simple : si vous refaisiez votre toiture ou changiez votre chaudière, vous pouviez bénéficier d’un crédit d’impôt qui couvrait 30% des dépenses. Il a bien fonctionné jusqu’ici …. mais voilà, il coûtait 2 milliards d’euros environ et le gouvernement, de plus en plus impécunieux, a décidé d’en réduire drastiquement le champ d’application. La subvention, transformée en une aide directe versée au moment des travaux, va être supprimée pour les classes moyennes aisées (les plus aptes à s’engager dans de tels travaux !), réduite pour les revenus intermédiaires (qui hésitaient déjà), et elle se concentrera sur les 40% de foyers les plus modestes…qui, de toute façon, n’auront pas les moyens d’effectuer cette transition.

COMME NOUS LE RAPPELONS SI SOUVENT, CES GENS SONT FOUS. 

Cette réforme a, à l’évidence, deux inconvénients :

1/ les ménages privés de ce soutien ne seront plus incités à isoler leur logement,

2/ le système est si complexe qu’il y a de fortes chances qu’il soit peu utilisé.

En tout état de cause et d’une façon générale, si on regarde de près la façon dont ont été conduites ces dernières années les politiques publiques qui doivent accompagner voire accélérer notre transition énergétique, on a le sentiment que l’Etat s’échine à freiner le mouvement. Il affiche d’un côté un discours impeccablement écologiste, jouant même les Saint-Just en refusant de négocier des accords commerciaux avec les pays qui ne respectent pas les accords de Paris sur le climat ; mais sur le terrain, en France, on ne peut pas dire qu’il soit exemplaire.   

Bien souvent, c’est une montagne de réglementations  et de rigidités qui bloquent les projets. Des exemples il y en a à foison : on a appris il y a quelques jours que des PME françaises sont prêtes, techniquement, à transformer des voitures à essence en voitures électriques. Mais une loi qui date de 1954 les empêche de se lancer. Même chose pour les taxis flottants électriques qui devraient naviguer sur la Seine, ils attendent depuis 2016 les autorisations nécessaires. Quant aux éoliennes offshore, dont les premiers projets remontent à 2011, elles verront le jour si tout va bien en 2021, et cela aura pris le double de temps que dans les autres pays européens.

A tous ces obstacles s’ajoutent un manque de cohérence et de constance des politiques suivies : l’oligarchie au pouvoir est pleine d’entrain lorsqu’il s’agit de prononcer des discours enflammés, mais elle est incapable de les traduire en acte. C’est ce que nous ne cessons de nommer

Le 9 août 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

La politique économique du gouvernement est un désastre.

5 Août

Après une longue série d’annonces calamiteuses pour l’industrie de notre pays, au cours desquelles nous prenions la mesure de l’impéritie du gouvernement d’Emmanuel Macron et même parfois d’authentiques scandales financiers d’Etat (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/06/13/pauvres-imbeciles-2/  et aussi https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/07/23/le-cer-ne-peut-helas-pas-acter-en-justice-mais-dautres-peuvent-le-faire-a-sa-place/), voici que de nouveaux déboires nous sont révélés, pour le plus grand malheur des travailleurs.

Ce mardi 30 juillet, le tribunal de commerce d’Amiens a prononcé la liquidation de l’entreprise WN, qui avait repris 162 salariés de l’usine Whirlpool d’Amiens (sur 282) après sa fermeture le 1er juin 2018 due à la délocalisation de sa production de sèche-linge en Pologne. En quatorze mois, cette société qui employait 182 personnes avait enregistré un peu moins de 300 000 euros de chiffre d’affaires et 5 millions d’euros de dettes, selon des sources proches du dossier.

Le tribunal a validé, dans le même temps, la cession partielle de WN pour….6 euros symboliques à Ageco Agencement, une entreprise d’aménagement en mobilier de magasins, créée en 2012 et déjà implantée sur le site, avec 52 salariés. Ceux-ci seront rejoints, dès le 19 août, par 44 anciens employés de WN ; les 138 autres seront licenciés. « Vivre deux licenciements en un peu plus d’un an, ça fait très mal,souligne Antonio, un ancien délégué CGT de Whirlpool. Vingt personnes sont en arrêt maladie. Une cellule psychologique a été mise en place »….par l’Etat en juillet, associée à Pôle emploi. Quel culot !

Car, souvenez-vous de cette image :

Le président Emmanuel Macron visite l’usine Whirlpool d’Amiens, le 3 octobre 2017.
Le président Emmanuel Macron visitant l’usine Whirlpool d’Amiens, le 3 octobre 2017. 

En septembre 2017, alors que Whirlpool avait déjà annoncé la fermeture de l’usine le 1er juin 2018, WN était apparu comme le sauveur, choisi par le géant américain de l’électroménager, propriétaire du site. Il indiquait avoir signé un accord avec l’industriel picard Nicolas Decayeux, le patron de WN et président du Medef de la Somme. Un ami d’Emmanuel Macron.

Soulagés, les représentants syndicaux de Whirlpool avaient approuvé cette solution à l’unanimité. En octobre 2017, le président de la République Emmanuel Macron était venu apporter son soutien sans faille au projet. Nous en voyons aujourd’hui la pertinence et les résultats…

WN devait produire, notamment, des casiers réfrigérés connectés, appelés Shopping Box, une activité que reprendrait Ageco, qui a obtenu deux prêts de 1,7 million d’euros chacun de la part de l’Etat et de la région des Hauts-de-France. Ces Shopping Box sont des boîtes métalliques dans lesquelles des livreurs déposent des colis ; les personnes qui les ont commandés peuvent ensuite venir les récupérer.

Clin d’œil de cette histoire : Ageco Agencement commencera par rapatrier en France la partie de son activité « mobilier métal » sous-traitée jusqu’à présent en Pologne.

Lors de l’audience, les dirigeants de la société ont estimé que « les salariés sont compétents et que leur entreprise peut être compétitive », rapporte Daniel Valdman, administrateur judiciaire de WN. La société n’a toutefois produit que quelques casiers et des pylônes pour ascenseurs. « On avait alerté le préfet de la Somme de l’époque sur l’inactivité du site dès octobre 2018, mais il est parti sans rien faire », déplore Antonio. Le préfet, le représentant officiel et tout puissant du gouvernement…Un certain Philippe de Mester.*

Tardivement, l’Etat a fini par réagir. Le 28 mai, la nouvelle préfète de la Somme, Muriel Nguyen, a demandé un rapport, qui a révélé « une impasse de trésorerie très importante ». En clair, la caisse était presque vide.

Pour elle, « la priorité, désormais, est de reclasser » les salariés ! Un plan social se profile donc. Déjà, en mai, le régime de garantie des salaires (AGS) avait dû régler les paies des employés, la mise en redressement judiciaire intervenant le 3 juin, et le fera à nouveau en juillet. Les salaires de juin ont eux été payés par WN.

Pourtant, WN avait été bien dotée lors de la reprise : une subvention de 7,4 millions d’euros de Whirlpool et une de 2,5 millions de l’Etat. La région des Hauts-de-France avait payé 300 000 euros pour la formation. De quoi rassurer les salariés…Simplement un leurre, comme trop souvent.

« Qu’a fait [Nicolas] Decayeux avec tout cet argent ? », se demandent aujourd’hui les salariés. Percevant leurs « interrogations », leurs « soupçons » lors de sa venue le 18 juillet, Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’économie Bruno Le Maire, a demandé un audit sur les comptes de WN, réalisé du 22 au 24 juillet par KPMG. Le rapport, présenté aux salariés le 25 juillet et qui sera transmis au procureur de la République en vue d’éventuelles poursuites, n’a évidemment calmé personne.

Sur 12 millions d’euros de recettes entre juillet 2017 et juin 2019, 5,3 millions d’euros ont payé les salaires, 4,8 millions les investissements et 1,8 million les frais d’exploitation. Toutefois, des dépenses « à hauteur de 179 000 euros suscitent des interrogations quant à (…) leur lien avec l’intérêt social d’une entreprise en création », indique Bercy dans un communiqué. Il s’agit notamment, selon l’AFP, de location de logements, de voitures, d’une loge dans un stade de foot !!! « Les salariés sont super en colère et dégoûtés de voir que Decayeux a profité de cet argent », a dénoncé encore Antonio, l’ancien délégué CGT de Whilrpool. Nicolas Decayeux, lui, est aux abonnés absents, en vacances à l’étranger.

L’expert prend la précaution, dans son rapport, d’indiquer que ses travaux « ont porté sur la comptabilité et les pièces justificatives, et pas sur l’opportunité des dépenses engagées ». « C’est consternant de voir que l’audit n’a pas été chargé de vérifier si les dépenses même justifiées par des factures correspondaient bien aux besoins de l’activité de WN ! », déplore Fiodor Rilov, l’avocat des salariés de WN.

Ces derniers ont demandé à leur avocat une expertise des comptes menée par un cabinet indépendant. Pour Me Rilov, « WN a en réalité permis à Whirlpool de se débarrasser d’un conflit social, par le biais d’une reprise sans projet sérieux ». Pour tenter de le démontrer, il a assigné devant le tribunal de grande instance d’Amiens WN et Whirlpool, afin d’obtenir divers documents : plan d’affaires de WN, contrat de cession entre Whirlpool et WN, ainsi que les correspondances entre les deux entreprises et les ministères concernés et l’Elysée. L’audience est prévue le 11 septembre.

En vérité, il apparaît de plus en plus évident que l’embauche de 182 salariés par WN n’était qu’ « une opération d’image pour Whirlpool et M. Macron, faite sur le dos des salariés », affirme l’avocat de ces derniers.

182 familles de nouveau frappées par le chômage et la misère. Merci Macron ! Pourquoi ne pas nous avoir écoutés ?

« Si Macron est élu…c’est cinq ans de foutus »

Le 5 août 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

 * Protégé d’Emmanuel Macron et nommé depuis directeur général de l’Agence régionale de Santé Provence-Alpes-Côté d’Azur (sans doute en récompense de ses bons et loyaux services).

Comptes de la sécurité sociale : l’embellie Macron n’aura pas duré longtemps.

12 Juin

Présentation du PLFSS en septembre 2018 : comme ils avaient l’air heureux !

Souvenez-vous. En septembre 2018, la ministre de la Santé Agnès Buzyn et le ministre de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin annonçaient fièrement le prochain retour à l’équilibre des comptes de la sécurité sociale. A coup sûr, en tout cas, pour 2019.

Ils avaient oublié qu’après un vol en apesanteur, le retour sur terre s’avère toujours un moment délicat.

Patatras ! C’est comme au bon vieux temps de la Marisol Touraine, prédécesseur d’Agnès Buzin à la santé, à l’époque de François Hollande (Lire « La poussière sous le tapis de Marisol Touraine » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/07/07/securite-sociale-la-poussiere-sous-le-tapis-de-marisol-touraine/):

Et voilà que le déficit de la sécurite sociale, qui était revenu en 2018 à 1,2 milliard d’euros, son plus bas niveau en deux décennies a de bonnes chances de remonter à 1,7 milliard en 2019 (voire davantage), selon une synthèse de la Commission des comptes publiée mardi 11 juin.

Le retour à l’équilibre (https://www.lesechos.fr/economie-france/social/deficit-les-comptes-sociaux-risquent-une-rechute-1016604) s’est fracassé sur la réalité de la conjoncture économique et les concessions financières d’Emmanuel Macron.

Selon la Commission des comptes, cette rechute « résulte pour l’essentiel d’une croissance de la masse salariale (…) nettement inférieure à la prévision initiale » du gouvernement. Au lieu des 3,5% espérés à l’automne, Bercy ne table plus que sur une progression de 3,1%, selon le programme de stabilité.

Mais à cause de la « prime Macron » votée en décembre (exonération totale de cotisations et d’impôts jusqu’à 1 000 euros), la Sécu devra se contenter d’une hausse de 2,9%. Soit, au bout du compte, des « recettes plus faibles qu’attendu » de l’ordre de 1,7 milliard d’euros, soit le montant du déficit prévu, dans le meilleur des cas. C’est toujours ce qu’il arrive lorsque des dépenses exceptionnelles sont votées sans que leur financement ne soit connu…

D’ailleurs, le déficit risque d’être bien supérieur si l’Etat ne compense pas les autres « mesures d’urgence » adoptées en fin d’année pour tenter de répondre à la crise des « Gilets jaunes« . L’exonération de cotisations sur les heures supplémentaires dès le 1er janvier, et la baisse du taux CSG pour une partie des retraités, coûteront « respectivement 1,2 et 1,5 milliard d’euros », estime la Commission des comptes. Cela pourrait aggraver le « creusement » du déficit « qui atteindrait alors 4,4 milliards ».

Ce qui signifie autant d’aggravation de la dette* nationale. Mais qui s’en soucie puisque les remboursements de celle-ci ne concerneront que nos enfants, voire nos petits-enfants !

Le 12 juin 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Nous vous conseillons de relire « Rien ne va plus avec la dette abyssale de la France » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/09/08/rien-ne-va-plus-avec-la-dette-abyssale-de-la-france/

Campagne électorale pour les européennes : Emmanuel Macron en homme sandwich.

10 Mai

Être chef de projet n’a pas suffi à Emmanuel Macron pour vendre sa camelote,

le voilà donc devenu homme-sandwich 

de La République en Marche !

Si les psychiatres italiens le disent…

27 Jan

Cela pourrait apporter du crédit à notre conclusion d’un précédent article (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/01/26/pourquoi-tous-ces-traites/) :

La psyché de cet homme nous fait du souci.

Le 27 janvier 2019.

Pour le CER, Hippocrate, Conseiller à la santé publique.

C’est à vomir…

17 Déc

Mais ça ne manque jamais de donner des leçons à la Terre entière.

« Ces êtres ne sont pas corrompus. Ils sont la corruption !« 

Sur un certain Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement

L’explosion des rémunérations des cabinet ministériels du gouvernement Philippe ne fait que reproduire un système mis en oeuvre par les aînés du gouvernement, à commencer par Emmanuel Macron.

Benjamin Griveaux, lorsqu’il était conseiller ministériel, touchait plus de 10 000 euros par mois au cabinet de la « socialiste » Marisol Touraine pour du « conseil politique ». Cela ne suffisant pas, il partît vendre son « influence » à Unibail (« influence », terme que l’élite utilise pour « corruption ») pour 17 000 euros par mois. Sa mission? « S’assurer que personne au ministère des finances ne propose d’abolir une niche fiscale favorable à l’entreprise. » Ses moyens ? Les réseaux que l’Etat lui avait confié.

Nous étions en 2014.

Entre temps, il octroyait à son ami Attal, Gabriel, 23 ans, aucune expérience professionnelle ni diplôme du supérieur au compteur, un salaire de 6 000 euros par mois dans le même cabinet, où il le chargeait de recruter chargés de missions – et parlementaires socialistes qui serviraient à faire en sous-main la campagne de Macron.

Attal était, théoriquement, rémunéré pour servir l’Etat, par le ministère de la santé et des affaires sociales. Il avait pour cela voitures de fonction, secrétaires et chefs cuisiniers à disposition. Il mettrait ces moyens au service de son ambition.

Au même moment, le cabinet Macron explosait les limites imposées par François Hollande en termes de conseillers. Il n’en comptait pas moins de… six en communication. Stéphane Séjourné, compagnon de Gabriel Attal à qui il avait été présenté par Benjamin Griveaux avant que ce dernier ne le fasse recruter chez Macron, et Ismael Emelien, ancien d’Havas dont la femme y travaillait et qui attribuerait des contrats sans appel d’offre à la multinationale pour des montants supérieurs à 300 000 euros sur les fonds de communication du ministère, y organisaient des événements pléthoriques avec les moyens de l’État pour préparer la campagne d’Emmanuel Macron, séduisaient les parlementaires, bref, préparaient eux aussi au détriment du bien commun l’ascension de leur chef.

Gabriel Attal, 29 ans, est devenu député, porte-parole du parti puis ministre grâce au soutien de Stéphane Séjourné, qui dirigeait effectivement le comité d’investitures d’En Marche et s’occupait des nominations du groupe LREM à l’Assemblée. Séjourné – qui a masqué sa relation et les renvois d’ascenseur qu’il mettait en place avec Attal sous le prétexte commode de l’impossible outing, alors qu’ils étaient pacsés – a été nommé à l’Elysée comme conseiller politique, tandis qu’Ismaël Emelien – qui y a recruté Ludovic Chaker, lui-même en charge du recrutement d’Alexandre Benalla, en charge de la mise en place d’une « garde prétorienne » que les menus excès de ce dernier ont fait tomber – était nommé conseiller spécial. Toujours rémunérés aux frais de l’Etat.

Griveaux est lui devenu ministre et porte-parole du gouvernement, avant de faire exploser ses dépenses en cabinet. Tous ont trahi leurs familles politiques d’origine, mais aussi leurs fonctions et cet Etat qui les a rémunérés et propulsés aux plus hautes responsabilités. Alors faut-il vraiment se montrer surpris que le système qui les a propulsés se remette en place maintenant qu’ils sont au pouvoir, qu’ils octroient des salaires délirants à leurs propres conseillers après s’être eux-mêmes servis?

Faut-il s’étonner que Attal et Griveaux, aux poches bien remplies, soient devenus respectivement le plus jeune ministre de la Ve République et (croit-il), le futur Maire de Paris, le tout sans n’avoir rien démontré ni fait de leur vie, en faisant appel aux services de Mimi Marchand via Ramzy Khiroun, dirigeant de facto de Lagardère Active (et donc patron de facto de Paris Match) pour leur peopolisation ? Faut-il s’étonner qu’ils l’aient fait après que leur « boss », Emmanuel Macron, ait recruté la « papesse du people » sur recommandation de Xavier Niel, son « ami », qui avait lui-même rencontré et utilisé Mimi Marchand alors qu’ils sortaient tous deux de prison, et qui depuis sert et dessert ses amis et ennemis, effaçant les informations qui pourraient les gêner, propulsant les politiques qui pourraient l’aider ? Ce même Xavier Niel dont la fortune dépends de la régulation de l’Etat, qui, en lui retirant des licences, pourrait le réduire à néant comme il l’a rendu milliardaire ? Ce même Xavier Niel qui a investi dans tous les médias parisiens non détenus par des oligarques jusqu’alors, de Mediapart à Le Monde en passant par l’Obs, pour « qu’on ne le fasse pas chier », et pour, avec l’aide de son homme de main Louis Dreyfus, s’assurer que les « bons » journalistes seraient recrutés et virés. Ce même Xavier Niel qui, en janvier 2014, lors d’un déjeuner, m’annonçait l’élection de Macron. Macron qui n’était alors que secrétaire général adjoint de l’Elysée, que personne ne connaissait, et qui ferait bientôt les couvertures de tous les médias de Niel, comme il le ferait de tous ceux de Lagardère.

Faut-il s’étonner de la série d’articles publiés au coeur de l’été par Paris Match qui dressaient l’hagiographie d’Attal avant sa nomination au gouvernement ? (https://www.parismatch.com/Actu/Politique/Gabriel-Attal-J-ai-monte-le-fan-club-d-Orelsan-a-l-Assemblee-1567267 ; https://www.parismatch.com/Actu/Politique/La-jeune-garde-macroniste-se-ressource-en-Bretagne-et-croise-Jospin-1568893 ; https://www.parismatch.com/Actu/Politique/Gabriel-Attal-Le-jour-ou-je-rencontre-Ingrid-Betancourt-1569221)

Que Bruno Jeudy, valet de tous les pouvoirs, ait ainsi répondu aux commandes de Khiroun et Marchand ?

Que Lagardère, qui fut client de Macron chez Rotschild avant de devenir son « ami », là-aussi, propriétaire de Paris Match, l’ait autorisé ?

Tous ces gens remettent en place à leur échelle le système créé par leur aîné, qui consiste à piller les poches de l’Etat après avoir prétendu se mettre à son service. Rappelons que Macron cumulait les millions à Rotschild à à peine trente ans en y vendant réseaux et connaissances de l’ENA, l’IGF et la commission Attali. Réseaux et connaissances censés lui avoir été attribués pour servir l’État, et non pas se servir soi.

Tous ces gens, par l’élection, pensent avoir été sanctifiés, et par la complaisance que le petit Paris – qui est au courant de toutes ces manoeuvres, les voit et les couvre en direct – leur a octroyé, légitimes pour à leur tour créer leurs réseaux d’affidés.

Voilà comme se constituent en France les « miracles » que la presse va bêtement relayer. Voilà comment l’on se retrouve dirigés par des gommeux sans talents, exploitant et pillant les ressources d’Etat au service de leur intérêt.

Voilà comment un pays s’effondre dans la médiocrité. Spectateurs des mouvements des grands, finançant leurs ascensions et subissant leurs coups et petits mots lorsqu’ils ont besoin de se défouler, il ne nous reste plus qu’à, ébahis par leur maîtrise, les féliciter.

Ces êtres ne sont pas corrompus. Ils sont la corruption.

13 novembre 2018

https://www.lexpress.fr/actualite/politique/cabinet-ministeriel-quand-les-remunerations-s-envolent_2047865.html

(Merci à GJ)

Budget des armées : fini les belles promesses d’Emmanuel Macron !

9 Nov

Cet homme et son gouvernement n’ont décidément rien compris à la gravité de la situation sécuritaire de notre pays, bien que nous n’ayons cessé de tirer la sonnette d’alarme concernant les dangers des restrictions budgétaires dont nos forces armées sont victimes depuis de nombreuses années.

Nous ne cessons en effet d’attirer l’attention sur les risques d’un sous équipement chronique, démontré de plus en plus souvent par nombre d’accidents liés à des problèmes d’armement et de maintenance de ceux-ci. Il en résulte d’une part une incapacité grandissante de nos armées à faire face aux nombreux engagements sur des théâtres d’opérations extérieurs mais aussi, et surtout, la réduction des possibilités de réponse armée adéquate dans la défense de nos compatriotes face à la violence explosive des communautés allogènes qui ont envahi notre pays et en menacent l’existence même.

Nous avions espéré, l’an dernier, à la suite de nos alertes et des promesses du chef de l’Etat de « sanctuariser » le budget de la défense durant les prochaines années, que le danger s’éloignait. Force est hélas de constater, à la lecture des projets budgétaires du gouvernement, qu’il n’en est rien et que nos troupes vont probablement être confrontées à de nouvelles restrictions de crédit.

En d’autres termes, une imposture de plus !

Les armées vont en effet perdre plusieurs centaines de millions d’euros par rapport à la loi de finances initiale votée par le Parlement, selon le projet de loi de finances rectificative pour 2018 présenté au conseil des ministres, mercredi 7  novembre.

En cause, le financement des opérations extérieures et intérieures ( » Sentinelle « ), dont le coût est pour l’heure estimé à 1,37 milliard d’euros pour 2018, sur un budget militaire de 34,2  milliards. Il devra être entièrement couvert par le ministère alors que la solidarité interministérielle devait jouer cette année pour la moitié de cette somme. Il n’avait été budgété initialement que 650  millions, auxquels ont dû être ajoutés 140  millions de crédits – une première entorse à ce qui était prévu –, soit 790  millions au total. La défense  » mobilisera d’autres crédits de la même mission pour financer les opérations extérieures et missions intérieures au-delà des crédits provisionnés dans la loi de finances initiale « , indique le document du ministère de l’économie.

Le ministère des Armées doit donc trouver 404  millions d’euros supplémentaires pour boucler leur budget. Le député (Les Républicains) François Cornut-Gentille, rapporteur de la commission des finances de l’Assemblée nationale, a dénoncé comme  » un coup de poignard aux armées – cette décision – en pleine itinérance mémorielle du président «  pour le centenaire de la fin de la guerre de 1914-1918.  » Non seulement il va manquer 404  millions de crédits annulés, mais les armées sont privées de la solidarité interministérielle, ce qui revient à les ponctionner doublement à hauteur de 800  millions « , indique-t-il.

Comment le ministère va-t-il procéder ? La réserve de précaution, qui devait servir à payer, entre autres, les factures des investissements militaires à hauteur de 319  millions d’euros, va être détournée à cette fin. La direction générale de l’armement devrait donc se trouver en toute fin d’année dans la situation de reporter sur 2019 de nouvelles charges des programmes d’équipements, une mécanique acrobatique car Bercy impose aux ministères de limiter ces  » restes à payer « .

Fortuitement, une économie non prévue réalisée sur la masse salariale, qui aurait pu être utilisée à d’autres dépenses, va aussi servir à payer les opérations. Le ministère indique disposer de 155  millions d’euros en raison de départs plus importants que prévus de sous-officiers ayant quitté les rangs – ce qui en soi n’est pas une bonne nouvelle, compte tenu des difficultés de fidélisation des armées. C’est même une catastrophe qui témoigne des conséquences de la paupérisation organisée par le pouvoir politique vis-à-vis des forces armées.

D’ultimes négociations avec Bercy devraient enfin permettre de limiter cette charge non prévue d’ici au 31  décembre, assure le cabinet de la ministre. Des crédits devraient être dégelés dans quelques jours à hauteur de 250  millions d’euros, espère-t-on à l’hôtel de Brienne. Il faudra continuer à se battre, convient l’entourage de Mme Parly. Justifié par la nécessité d’avoir un budget de la défense plus  » sincère «  que par le passé, quand la défense sous-estimait volontairement sa provision pour les missions extérieures, le plein financement par le ministère des opérations n’était prévu qu’en  2020, dans le cadre de la loi de programmation militaire (LPM) 2019-2025.

C’est ce sujet des  » opex « , assorti d’annulations de crédits de dernière minute, qui avait provoqué une grave crise entre les armées l’exécutif en juillet  2017, avant d’entraîner la démission du chef d’état-major Pierre de Villiers. Depuis, la loi de programmation votée prévoit une augmentation des crédits, après deux décennies de baisse, et le président a sommé les généraux de ne plus se préoccuper du budget.  » J’ai pris des engagements clairs dès la campagne présidentielle sur ce sujet ; c’est pourquoi ces engagements seront tenus, déclarait Emmanuel Macron pour ses premiers vœux aux armées en janvier  2018. J’ai décidé d’arrêter cette lente érosion de nos capacités militaires et de prendre un engagement fort. « 

Mon oeil !

Le budget 2018 est le dernier avant le démarrage de la LPM, dont la majeure partie de l’effort doit intervenir à l’issue du quinquennat entre 2023 et 2025, et ses fragilités ne viennent pas rassurer les acteurs de la défense usés par les batailles budgétaires.  » La LPM est une loi d’intention. Tout sera dans l’exécution « , avait prévenu lors de l’examen du texte en juin Christian Cambon, le président (LR) de la commission de la défense et des forces armées du Sénat, en lançant à la ministre :  » Nous sommes là pour vous aider. «  Le 2  novembre, pour l’examen du projet de loi de finances à l’Assemblée, Florence Parly a assuré que le budget 2019, en augmentation de 5  % à 35,9  milliards d’euros, serait  » le début du renouveau « .

MON OEIL !

Le 9 novembre 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Chienlit ? Vous avez dit chienlit ?

5 Oct

C’est pourtant bien ça. Et, pire que tout, c’est la chienlit…au sommet de l’Etat ! Et c’est tellement vrai que Brigitte Macron a même convoqué Emmanuel dans son bureau pour lui remonter les bretelles :

Et pourtant, sans les institutions imaginées par le général de Gaulle pour lutter contre l’instabilité gouvernementale, Emmanuel Macron, plus affaibli que jamais en cette rentrée catastrophique et interminable, serait sans doute en plus grande difficulté encore.

Entre deux cérémonies sur les terres gaullistes de Colombey-les-Deux-Eglises (Haute-Marne), hier jeudi 4 octobre, le président actuel de la Ve  République doit se dépêtrer avec les affaires urgentes. La démission de Gérard Collomb, mercredi 3  octobre, a provoqué une crise au sommet de l’Etat. Et son gouvernement est toujours en voie de remaniement. Après la catastrophique affaire Benalla fin juillet (qui n’est du reste pas encore réglée) et le départ de Nicolas Hulot le 28  août, le chef de l’Etat apparaît plus fragilisé que jamais. «  C’est la chienlit au sommet de l’Etat « , a ironisé, mercredi, Boris Vallaud, le porte-parole du PS, en référence au mot de Charles-de-Gaulle en  1968.

Dans la tourmente, Emmanuel Macron n’a pas d’autre solution que de… » faire comme si  » et de montrer qu’il ne se laisse pas déstabiliser par ce qu’il a qualifié de  » péripéties «  mercredi, lors d’une visite au Mondial de l’auto à Paris. Et qu’il poursuit  » la transformation du pays «  telle qu’il entend la mener.

Toute la journée de mercredi, l’exécutif était à l’œuvre pour minimiser la portée des événements.  » Rien de ce qui se passe depuis quarante-huit heures ne s’apparente à une crise politique « , a ainsi déclaré le président en ouvrant le conseil des ministres qui a suivi la passation des pouvoirs place Beauvau entre Gérard Collomb et Edouard Philippe.  » L’Etat fonctionne (…), le gouvernement est parfaitement à sa tâche « , a-t-il poursuivi.

Quant à Edouard Philippe qui assure désormais l’intérim du ministère de l’intérieur, il a jonglé toute la journée entre ses deux fonctions. Après s’être rendu à Nanterre en milieu de journée pour féliciter les policiers qui avaient interpellé dans la nuit le braqueur Redoine Faïd, le premier ministre s’est livré au traditionnel exercice des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, face à une opposition requinquée par les malheurs de l’Elysée. Jeudi matin, François Hollande, dont le mandat avait lui aussi été émaillé de couacs gouvernementaux, a fait la leçon à son successeur sur Public Sénat :  » L’intérim – au ministère de l’intérieur – n’est pas possible pour les questions de sécurité.  » Plus inquiétant, des voix bienveillantes depuis le début du quinquennat, expriment leurs doutes de plus en pus fortement.  » Quand il y a beaucoup de péripéties, il faut se poser des questions sur la gouvernance. Le président peut corriger un certain nombre de choses mais il est temps qu’il s’y mette « , a commenté, jeudi, sur France 2, Jean-Pierre Raffarin, l’ancien premier ministre de Jacques Chirac.

En coulisses, le couple de l’exécutif s’affaire pour reprendre l’initiative.  » Le président et le premier ministre se parlent souvent « , se contente-t-on de dire à Matignon. En réalité, les grandes manœuvres ont commencé. Benoît Ribadeau-Dumas, le directeur du cabinet d’Edouard Philippe, et Alexis Kohler, le secrétaire général de l’Elysée, eux, sont en contact permanent pour imaginer le gouvernement qui doit donner un second souffle à Emmanuel Macron et à Edouard Philippe. Avec un objectif : que l’équipe gouvernementale soit au complet, lundi 8 octobre, quand se tiendra le prochain conseil des ministres, à la veille du départ d’Emmanuel Macron pour le sommet de la francophonie en Arménie.

Matignon, qui prônait déjà, fin août, un remaniement large au-delà du simple remplacement de Nicolas Hulot, espère cette fois obtenir gain de cause.  » L’intérêt du gouvernement serait de faire un remaniement large, il lui faut reprendre la main, arrêter de subir les événements « , juge Aurore Bergé, députée LRM des Yvelines (elle aurait dû lire plus tôt notre article du 4 septembre, « Face à l’abîme Emmanuel Macron a eu le vertige » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/09/04/face-a-labime-emmanuel-macron-a-eu-le-vertige/ ).

Reste à trouver le bon équilibre entre la société civile, les macronistes historiques et l’impératif de respecter l’électorat hétérogène du président.  » Ce remaniement, s’il va au-delà du remplacement de Gérard Collomb, doit respecter la promesse initiale d’Emmanuel Macron « , juge un proche du président,  » le gouvernement qui en sortira ne devra privilégier aucune couleur politique. Surtout, il doit être très bien perçu par les électeurs du premier tour, des sociaux-démocrates qui se situaient au centre gauche « .  » Un remaniement large doit aussi être l’occasion de promouvoir les membres du gouvernement et les parlementaires qui ont réussi depuis seize mois « , poursuit ce conseiller du président. Et de sortir ceux qui sont n’ont pas donné satisfaction, comme Françoise Nyssen à la culture, dont l’entreprise Actes Sud fait l’objet d’une enquête préliminaire. Ou Jacques Mézard à la cohésion des territoires qui fut le premier membre du Parti radical de gauche à rallier Emmanuel Macron.  » Le président ne doit pas avoir la main qui tremble « , poursuit un autre membre du premier cercle présidentiel.

Le départ de Gérard Collomb, qui préfère Lyon à la Place Beauvau, pose une autre question : l’exécutif peut-il prendre le risque de voir ses ministres partir en cours de route, au fur et à mesure des prochains scrutins électoraux ?  » On ne va pas faire des ajustements au fil des jours, juge Aurore Bergé. Ce serait délétère, cela donnerait l’impression que les membres du gouvernement s’intéressent plus à eux qu’aux Français. «  Une question qui s’adresse au premier chef à Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement qui ne cache pas son envie d’être maire de Paris, et à Gérald Darmanin qui a déclaré qu’il serait  » candidat à Tourcoing « ,  » mais pas forcément tête de liste «  nuance-t-on dans l’entourage du président. En ces temps de remaniement, la prudence est de mise.

Et pourtant, que sont d’autre ces gens-là que des imposteurs ? Il faudra bien que les Français s’en rendent compte un jour…

Le 5 octobre 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.