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Communiqué du Conseiller aux Armées du CER.

22 Nov

Une frégate française en mer de Chine : un événement ?

FREMM L’Auvergne en Mer de Chine

Sollicité par notre Régent du Conseil, j’apprenais, comme le commun des mortels, le 31/10 par l’intermédiaire du quotidien La Montagne que l’un de nos nouveaux bâtiments, la FREMM Auvergne, « croisait en mer de Chine » et effectuait « depuis vendredi 20 octobre une mission dans les îles Spratleys et Paracel, revendiquées par Pékin, en mer de Chine méridionale, au large des Philippines et du Vietnam ». Le quotidien précise que la Royale « mène là sa première mission opérationnelle complète jusqu’au nord de la zone ».

Périple de l’Auvergne

Cependant, il ne faudrait pas oublier qu’en février 2016, le même type de frégate, la Provence, a, elle aussi, effectué une patrouille, associée à des entraînements, notamment avec la marine malaisienne, dans cette même zone. Il faut reconnaître que la patrouille de l’Auvergne – qui ne devrait pas rester isolée – fait partie de la stratégie de présence annoncée par les résidents successifs depuis le « réchauffement » du théâtre coréen. Pourtant, il ne faudrait pas y voir un alignement sur nos alliés et amis américains pas plus qu’une inutile présence pour « montrer le pavillon » de manière symbolique. La présence française peut être porteuse de davantage de calme et aussi d’un regain de professionnalisme, sur un théâtre où cinq bâtiments d’une puissance amie se trouvent actuellement en avaries pour fortunes de mer et de suite à l’absence d’habilitations indispensables à la navigation de tout bâtiment militaire et plus généralement de tout navire. Espérons que, bientôt, à ce regain de professionnalisme, pourra venir s’ajouter un surplus de clairvoyance dû au temps long d’un règne, non susceptible des manigances et jeux de jambes électoraux.

Vivement le Roi !

Le 21/11/2017

CC(r) François Romain, CJA, Conseiller aux Armées du Conseil dans l’Espérance du Roi

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Nouvelle-Calédonie : le référendum de tous les dangers.

22 Nov

Dans nos deux derniers articles consacrés à la Nouvelle-Calédonie et au prochain référendum convoqué sur le projet d’accession du territoire à la pleine souveraineté, nous nous montrions très dubitatifs quant à la possibilité d’obtenir une réponse qui satisfasse l’ensemble des Calédoniens. Nous exprimions même, malgré les témoignages d’autosatisfaction du Premier ministre, Edouard Philippe, cheville ouvrière de la négociation, nos craintes de voir de nouveau la Nouvelle-Calédonie à feu et à sang à l’issu de ladite consultation. Vous retrouverez ce point de vue grâce aux liens suivants :

1/ « Nouvelle-Calédonie : le moment de vérité approche » (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/11/06/nouvelle-caledonie-le-moment-de-verite-approche/)

2/ « Ajoutons-y ceci » (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/11/06/nous-parlions-ce-matin-de-la-nouvelle-caledonie-ajoutons-y-ceci/).

Or, il apparait de plus en plus évident que nous avions raison et quinze jours après la réunion du comité des signataires de l’accord de Nouméa, le 2  novembre à Matignon, et à dix jours de la visite en Nouvelle-Calédonie du premier ministre, Edouard Philippe, qui débutera le 1er  décembre, la situation sur le territoire semble connaître un net regain de tension.

L’accord politique qui avait été conclu lors du comité des signataires, notamment sur la composition de la liste électorale appelée à prendre part au référendum de novembre  2018 sur l’accession de la Nouvelle-Calédonie à la pleine souveraineté, avait été quasi-unanimement salué en métropole. Les représentants indépendantistes et non-indépendantistes avaient su taire une partie de leurs divergences, au terme de dix heures de négociations, pour parvenir à une solution consensuelle.

Mais ce climat d’apaisement n’aura pas résisté au trajet retour vers l’archipel océanien…Sitôt revenus sur le sol calédonien, les principaux acteurs ont de nouveau laissé libre cours à leurs divisions internes, entremêlées de vieilles rivalités et de rancunes tenaces. Chacun ayant déjà en tête les prochaines élections territoriales prévues en mai  2019, six mois après le référendum. Le premier résultat est que, depuis plus de trois mois, le gouvernement calédonien n’a plus de président de plein exercice. L’exécutif élu par le congrès le 31  août en est réduit à expédier les affaires courantes.

L’issue positive du comité des signataires laissait espérer un déblocage. Il n’en est rien, chacun continuant de camper sur ses positions : au gouvernement, la droite anti-indépendantiste détient six sièges sur onze, dont cinq pour la  » plate-forme  » associant trois formations loyalistes et un pour Les Républicains calédoniens, détenu par Sonia Backès, chef de file de la  » droite dure  » mais qui envisage désormais de créer son propre parti et de se rapprocher de… La République en marche. Les formations indépendantistes occupent les cinq autres sièges. Faute d’accord, la convocation du gouvernement prévue mardi 21  novembre pour élire son président a été annulée. Une ultime tentative devrait avoir lieu le 28  novembre mais, si elle échoue, Edouard Philippe arrivera le 1er  décembre sur un territoire sans président.

Surtout, le ton s’est durci chez les indépendantistes, minés par de profondes divisions. Lors du congrès de l’Union calédonienne (UC), principale formation du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), qui s’est tenu du 10 au 12  novembre, le président sortant, Daniel Goa, qui s’exprime rarement publiquement, a tenu un discours de  » fermeté « .  » Au lendemain du 4  novembre 2018 – c’est la première fois qu’un dirigeant calédonien évoque une date pour le référendum – , rien ne sera plus pareil, a-t-il prévenu. Les indépendantistes ne seront plus liés par leur parole.  » Vous l’aurez compris, ça s’annonce mal !

Il écarte ainsi toute éventualité d’un nouvel accord institutionnel entre les différentes composantes du territoire, alors que la probabilité est grande que le non à l’accession à la pleine souveraineté de la Nouvelle-Calédonie soit majoritaire.  » Nous ouvrirons ainsi des négociations bilatérales et il y aura très clairement le peuple premier – les Kanak – d’un côté et la puissance administrante de l’autre, avec les partisans du non qui se rangeront derrière le pays de leur choix « , a indiqué M.  Goa. Et c’est là que l’on prend la mesure de l’ambiguité de cette expression de « peuple premier« , si chère à l’inénarrable Jacques Chirac.

Et le dirigeant indépendantiste de lancer une véritable mise en garde qui sonne comme un défi.  » Sur le terrain politique, nous n’attendrons plus car nous avons suffisamment fait d’efforts, accepté l’inacceptable, renoncé à nos propres intérêts, a-t-il lancé aux militants. Ce temps est révolu. Nous demanderons à tous nos jeunes citoyens de prendre le relais pour s’investir, et de s’approprier leur pays.  » Nombreux sont ceux qui y voient une menace du retour à des formes d’action violentes, alors qu’une forte proportion de jeunes Kanak, désœuvrés, livrés à eux-mêmes, laissés-pour-compte et souvent sous l’emprise de l’alcool ou des psychotropes, constitue une matière inflammable qui peut rapidement embraser le territoire. Nous ne disions rien d’autre dans l’article intitulé « Ajoutons-y ceci« (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/11/06/nous-parlions-ce-matin-de-la-nouvelle-caledonie-ajoutons-y-ceci/).

Le discours du président de l’UC, largement réélu à la tête de son mouvement, fait écho aux critiques portées par le Rassemblement indépendantiste et nationaliste (RIN) et le Parti travailliste (PT) de Louis Kotra Uregeï, qui était en congrès le 18  novembre. Le président du PT évoque ouvertement l’hypothèse d’un boycottage du référendum (ce qui permettrait de prétendre à son illégitimité). Dénonçant la  » complicité «  de l’Etat avec les non-indépendantistes –  » c’est un Etat cynique « , il estime que les conditions ne sont pas réunies aujourd’hui pour une consultation  » sincère « . Le RIN, dont le PT est membre, évalue à pas moins de 12 000 le nombre de Kanak qui ne figureraient pas sur la liste électorale et qui n’auraient pas été pris en compte par le comité des signataires.  » Le boycottage est une porte qu’on peut ouvrir mais on ne l’ouvrira que si on a la bonne clé « , poursuit M.  Uregeï. Mais le congrès du PT a décidé de ne pas se prononcer pour l’instant sur le boycottage.

Autre composante du FLNKS, le Parti de libération kanak (Palika), dirigé par le président de la province Nord, Paul Néaoutyine, acteur historique du dossier calédonien, s’est également réuni en congrès au retour du comité des signataires. Il continue de prôner, cependant, une démarche négociée et  » salue l’engagement de l’Etat à poursuivre le processus en cours « .  » Si on n’arrive pas à l’indépendance tout de suite, parlons de l’accession à la pleine souveraineté avec partenariat « , explique son porte-parole, Charles Washetine. Pour Louis Mapou, chef de file du groupe Union nationale pour l’indépendance (UNI) au Congrès,  » la décolonisation d’un pays ne s’arrête pas le jour de l’indépendance « . Deux indépendantistes qui réclament l’indépendance assortie de l’assurance que l’ancienne puissance tutélaire sera toujours là…pour assurer les fins de mois ! Faut-il leur rappeler que l’indépendance, ce n’est pas tout à fait ça…

Dernier signe des tensions fortes au sein du mouvement indépendantiste. Dimanche 19  novembre, lors d’une élection municipale partielle provoquée par la démission de huit conseillers du Palika, la liste du maire sortant, Daniel Goa, tout juste réélu à la présidence de l’UC, a été battue par la liste présentée par le Palika. Un résultat qui peut être interprété comme le désaveu d’une stratégie de durcissement mais qui risque surtout d’envenimer les relations au sein même du courant indépendantiste. A la veille de la venue d’Edourd Philippe, la situation politique en Nouvelle-Calédonie est décidément pleine d’incertitudes.

Et c’est pour cela que, le 6 novembre,  nous posions déjà la question suivante : 

Tout compte fait, votre coeur balance-t-il pour le OUI ou pour le NON à l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie ?

Le 22 novembre 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

En 1945, les collabos se cachaient. En 2017, ils se pavanent !

22 Nov

Beaucoup d’entre-vous se souviennent de l’épuration qui visa, à la Libération, ceux qui avaient collaboré avec l’occupant nazi. Il y eut certes une épuration « sauvage » qui tint plus souvent des règlements de compte que du rétablissement de la justice. Mais il y eut aussi une épuration judiciaire qui dura plusieurs années.

Bien que la photographie ci-dessus soit particulièrement édifiante, il n’y eut pas que des femmes qui subirent les foudres de leurs concitoyens ou de la justice ! Néanmoins, l’idée d’en voir quelques unes tondues dans un futur proche n’est pas pour nous déplaire…(Lire « En 1945, on l’aurait tondue » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/03/28/bulletin-climatique-quotidien-28-mars-2016de-la-republique-francaise/).

Et pourtant, mardi 21 novembre, 470 associations et collectifs d’aide aux migrants lancent les Etats généraux des migrations. Ils se veulent une émanation de cette France de l’accueil qui n’a pas réussi à parler d’une même voix depuis 2014, et espèrent ensemble peser face à la politique du gouvernement.

La France de l’accueil en 1940

Pour la première fois depuis 2008, Amnesty International, le Secours catholique, la Croix-Rouge française, Médecins du monde mais aussi le Gisti ou Emmaüs International se retrouvent dans un mouvement unitaire aux côtés d’une longue liste de collectifs locaux qui jusqu’alors cantonnaient leur mission à une aide aux migrants, sans s’inscrire dans une expression plus politique. Les P’tits Dej’ à Flandre, Terre d’errance ou Paris d’exil feront eux aussi entendre leur caquetage, en écho à ceux de Roya citoyenne et, pour faire bonne mesure spirituelle, de plusieurs mouvements catholiques ou protestants.

Une bonne partie du mouvement citoyen d’accueil des migrants se met ainsi en ordre de marche. Symboliquement, les premières actions auront lieu le 18 décembre, journée internationale des migrants (sic). Des cahiers de doléances seront ouverts et commenceront à être noircis par les 470 communautés partantes. Dans la foulée, des concertations seront décentralisées partout en France avec interpellation et mobilisation citoyenne en réaction au projet de loi sur l’immigration que prépare le ministère de l’intérieur pour début 2018.

Les associations veulent aussi rendre plus visible cette « chasse aux migrants qui continue dans les Alpes, près de Calais et partout en France, tandis que les procès de citoyens solidaires se succèdent », comme le précise avec un humour noir Violaine Carrère, juriste au Gisti et membre du comité de liaison. Mais cette bonne personne oublie que, toujours, l’histoire fut écrite par les vainqueurs…tant qu’ils l’étaient.

« On a longtemps laissé faire mais désormais, face à la situation de violence contre les migrants, à la multiplication des interpellations de citoyens solidaires et à la préparation d’un projet de loi très répressif, il nous fallait agir, dire haut et fort que cette politique n’est pas menée en notre nom », observe Nathalie Péré-Marzano, déléguée générale d’Emmaüs international.

En janvier déjà, les associations marquées à gauche (bien sûr), mais aussi des mouvements catholiques (ce qui n’est pas toujours contradictoire), avaient commencé à se compter, élaborant une carte de France baptisée #LaPreuveParNous, qui regroupe 1 097 initiatives diverses d’aides aux nouveaux venus sur tout le territoire. Les répondants de ce premier appel sont aussi ceux qui ont signé une tribune le 17 juin sur le site Mediapart. Intrigué (et flairant sans doute le vent présent de l’histoire) par la liste des 470 signatures, l’Elysée a reçu des émissaires, six organisations nationales et six collectifs locaux.

« Le pouvoir en place voulait bien des états généraux sur l’alimentation, mais pas sur les migrations. D’autant que sur notre sujet, ils nous ont dit avoir déjà leur feuille de route », observe rétrospectivement un des invités. Le 12 juillet a en effet été annoncé le « plan migrants » du gouvernement…comme jacques Chirac avait, en son temps, lancé le « plan cancer » ! « Cette fin de non-recevoir a fini de nous convaincre de la nécessité d’organiser nos états généraux sans l’Etat », ajoute le même interlocuteur.

Mettant donc entre parenthèses les différences d’approche au sein de ce paysage multiforme, 110 représentants de 80 associations se sont une nouvelle fois retrouvés à Paris dans les locaux d’Amnesty International, le 7 octobre, pour entériner l’idée de cahiers de doléances, avant une autre réunion pour les derniers calages.

Cette mobilisation veut agir à la fois « sur la loi migration qui pourrait passer au Parlement au printemps » et de façon plus profonde en créant un vaste mouvement d’opinion, organisé, capable de peser « et de faire comprendre que les Français sont accueillants et que nous sommes nombreux à ne pas nous reconnaître dans la politique menée aujourd’hui », rappelle Camille Champeaux du Centre de recherches et d’information pour le développement, l’instance qui coordonne.

Aux côtés de Cédric Herrou (le collabo en chef des Alpes-Maritimes qui s’échine à faire passer les sub-sahariens de Vintimille – Italie – à Paris ou sur le côte d’Opale)*, de nouvelles voix issues de dizaines de collectifs sont partie intégrante du dispositif. Dans la Roya, d’ailleurs, afin de sortir du tête-à-tête stérile entre le préfet et Cédric Herrou – une nouvelle fois assigné en justice lundi 20 novembre –, un collectif baptisé Les Amis de la Roya citoyenne pose son acte de naissance lundi à Paris et sera acteur des états généraux. Il est parrainé par plusieurs artistes, intellectuels et politiques, d’Agnès Jaoui à Jacques Testart en passant par Annie Ernaux ou Jean-Luc Mélenchon. Que du beau monde. Tous prêts, bien sûr, à accueillir des familles de migrants dans leurs beaux appartements parisiens !

Pourtant, comme nous l’avons rappelé au début de cet article, nul ne devrait oublier qu’après la collaboration, vint l’épuration…

Le 22 novembre 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Lire « Il faut dénoncer et punir sévèrement les collabos » : 

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/01/21/bulletin-climatique-du-week-end-2122-janvier-2017-de-la-republique-francaise/

Heureusement que la mode c’est ce qui se démode !

21 Nov

Le « coworking » ou cotravail en Français (espaces de travail partagé) a eu,à partir de 2005 environ, à San Francisco, le vent en poupe. Les promoteurs de ces lieux ont eu parfois pour référence historiques les cafés de la Mitteleuropa et de Saint-Germain-des-Prés où artistes, écrivains et intellos pouvaient se retrouver dans un mélange créatif de travail et de convivialité.

Dans les années 2010, il se développe de manière soutenue et, en 2017, près de 11300 espaces de « coworking » sont répartis sur les 5 continents. C’est en Europe que ces espaces de travail partagés semblent les plus nombreux : près de 760. Il en existe 67 rien qu’en Allemagne, mais ils se développent rapidement dans les autres pays européens (progression annuelle d’août 2011 à août 2012 : 97 % ). Les États-Unis, initiateurs, restent dynamiques. Les pays africains et sud-américains, toujours prêts à copier ce qui se fait en Amérique, en créent maintenant aussi au point que des études prospectives annoncent environ 26 000 espaces de « coworking » dans le monde en 2020…

Espace de « coworking » à San Francisco

Mais, pour Laetitia Sardet, l’aventure ne reste qu’un beau souvenir. Cette rédactrice free-lance décide en  2014, avec deux associés également entrepreneurs, d’ouvrir un espace de coworking aux environs de Poitiers. Baptisé Le Comptoir, le lieu a pour particularité d’être situé en zone rurale.  » On s’était rendu compte qu’il y avait un vrai besoin chez les artisans de la région et les commerciaux nomades d’avoir un lieu où échanger, raconte l’entrepreneuse. On s’est lancés dans ce projet la fleur au fusil, avec le soutien de quelques entrepreneurs locaux. «  Si l’initiative est privée, le lieu travaille main dans la main avec les animateurs économiques du bassin. Reconnu comme un facteur de dynamisation du territoire, le projet reçoit le prix du concours Créa’Territoires, financé par la communauté de communes du Pays chauvinois.

Mais les trois associés doivent finalement mettre la clef sous la porte en  2015, après un an et demi d’activité. «  On avait quelques clients et des locations ponctuelles de la salle de réunion, mais financièrement, cela ne suffisait pas « , regretteLaetitia Sardet. Surtout, aucun des trois fondateurs n’a le temps de s’investir dans la gestion du lieu :  » On avait chacun notre propre entreprise à gérer en plus, indique l’associée. Il aurait fallu quelqu’un entièrement dédié à l’animation du lieu. « 

A l’image du Comptoir, de nouveaux lieux de coworking naissent par dizaines chaque année en France. En octobre  2017, le site Bureaux à partager recensait pas moins de 600 espaces de coworking dans tout l’Hexagone – une croissance multipliée par dix depuis 2012. D’initiative publique ou privée, ces lieux peuvent aussi être issus d’un partenariat entre les deux sphères. Ces projets sont souvent soutenus par les régions et les collectivités, qui y voient un moyen de dynamiser leur territoire en incitant les travailleurs à s’y fixer. Selon une étude de la Caisse des dépôts consacrée aux télécentres (espaces de coworking à 100  % public), le développement de ces tiers-lieux permettrait de faire gagner 56 habitants en moyenne à une commune et de créer neuf emplois sur son territoire.

Pionniers, des départements comme l’Ariège ou le Cantal ont lancé, dès la fin des années 2000, les premiers télécentres. En Ile-de-France, ce sont pas moins de 4,6  millions d’euros qui ont été investis par la région pour soutenir la création d’espaces de travail collaboratifs entre 2012 et 2015.

Mais la réussite n’est pas toujours au rendez-vous. Il faut que ces lieux développent un modèle économique rentable – et, surtout, trouvent leur public. Soutenus par la délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale (Datar) dès 2005, les premiers projets de télécentres se sont révélés peu concluants. Si le rapport d’évaluation de l’expérience n’a pas été rendu public (tellement elle s’avère catastrophique), une enquête du géographe Bruno Moriset, qui a pu consulter le document, estime que la trentaine de centres ainsi créés n’accueillaient que… 150 travailleurs au total. Soit 5 utilisateurs en moyenne par centre. Le faible nombre de bureaux disponibles ainsi que l’absence d’animation de la structure seraient les principales raisons de cet échec. Autre problème : le manque de services associés – (location de salles, petite restauration…), sources de revenus supplémentaires pour ces espaces.

Ces premières initiatives ont-elles au moins permis d’essuyer les plâtres ? Il n’existe pas d’étude nationale plus récente sur la viabilité économique des espaces de coworking, qu’ils soient d’initiative publique ou privée. Mais une enquête réalisée par le magazine Deskmag, en  2016, à l’échelle mondiale, révèle que 60  % des espaces de coworking sont déficitaires. L’étude constate que les tiers-lieux situés dans les grandes villes sont plus facilement rentables – à condition que le terrain ne soit pas déjà surpeuplé :  » Dans les villes où il y a plus d’une cinquantaine d’espaces, la profitabilité chute « , note l’enquête. Les loyers sont élevés, trop parfois pour le budget des free-lances. Et le télétravail reste peu développé en France.

 » On voit des tiers-lieux en plein Paris qui n’arrivent pas à trouver leur public « , confie Michael Schwartz, cofondateur de La Cordée, un réseau d’espaces de coworking implanté dans sept villes. S’ils bénéficient d’un vivier de clients plus important que dans les zones rurales, les tiers-lieux implantés dans les grandes agglomérations doivent faire face à une concurrence plus rude. En plus de la multitude de petits acteurs qui veulent y faire leur nid, ce marché naissant commence à attirer les gros calibres du secteur immobilier, tels Bouygues ou encore Nexity, qui a lancé, dès 2015, sa propre filiale consacrée aux lancements d’espaces de travail collaboratifs. Le fric, vous dis-je. Toujours le fric.

Voici à quelles aberrations nous mène ce concept !

Que voulez-vous qu’ils produisent, ces grands ados ?

Le signe de la professionnalisation du secteur ?  » Ce n’est pas le même métier, affirme Michael Schwartz. Alors que le modèle économique de ces acteurs est plus proche du centre d’affaires 2.0, l’esprit originel du coworking repose davantage sur la capacité à fédérer une communauté. «  Mais la formation d’une  » bulle  » immobilière pourrait bien se substituer à l’enthousiasme des débuts.

Le cotravail mourra de cela.

Le 21 novembre 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Allemagne : le bon côté des choses.

21 Nov

Tout ce qui peut nuire au fonctionnement de l’Union européenne (dans son organisation actuelle) nous ravit. Jusqu’à sa disparition. Et c’est le cas depuis l’échec des négociations pour la formation d’une coalition gouvernementale en Allemagne, menées depuis plus d’un mois sous la houlette de la chancelière Angela Merkel. Car cette déconfiture inattendue de la chancelière a fait, hier lundi, l’effet d’une douche froide à Bruxelles (mais pas que), où les responsables des institutions espèrent une relance d’ampleur du projet européen, à la faveur d’un redémarrage du  » couple  » franco-allemand (Lire « C’est bien fait ! » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/11/20/cest-bien-fait/).

Ouinnnn !

Cette relance, allant de la défense européenne à la consolidation de la zone euro, est jugée indispensable pour redynamiser une Union ébranlée par le Brexit et des crises à répétition…que l’UE a pourtant bien cherchées, sous la férule d’Angela Merkel et de quelques-uns de ses ministres. Mais elle risque d’attendre encore un peu, voire d’être sérieusement compromise. Car à Bruxelles comme à Paris, on juge que la  » fenêtre d’opportunité  » pour mettre ces chantiers sur les rails n’est possible que sur les six premiers mois de 2018. A partir du second semestre 2018 commencera la campagne pour les élections européennes de 2019, et la Commission européenne, force de proposition législative de l’Union, se mettra à tourner au ralenti. Sans compter qu’il lui faudra sans doute affronter des oppositions de droite dure et populistes de plus en plus nombreuses et actives.

Depuis Paris, Emmanuel Macron s’est entretenu avec Angela Merkel, tard dimanche soir, après l’échec des pourparlers de coalition à Berlin.  » Les déclarations que vous avez vues de Lindner – chef de file des libéraux allemands – sont assez dures, a-t-il estimé, ce n’est pas dans notre intérêt que ça se crispe.  » Mais que peut faire Jupiter pour sauver son amie Angela ? PAS GRAND CHOSE À VRAI DIRE ET C’EST TANT MIEUX.

Ces dernières semaines, au Conseil (la réunion des Etats membres) et dans l’entourage de Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, tout le monde s’en remettait au tempo berlinois. Comptant sur la fin des tractations pour un nouveau gouvernement allemand un peu avant Noël, ils espéraient une impulsion décisive au Conseil européen de mi-décembre.

Un sommet spécial  » zone euro  » était quant à lui toujours prévu, également pour la mi-décembre, même si de plus en plus de diplomates s’interrogent à Bruxelles sur la pertinence d’une telle réunion sans un gouvernement opérationnel à Berlin. Comment parler sérieusement d’un futur budget de la zone euro ou de la création d’un Fonds monétaire européen, alors que la première économie de la zone euro est politiquement paralysée ?

Les inquiétudes, déjà considérables, autour du Brexit, montaient aussi d’un cran lundi matin, alors qu’à moins de dix-huit mois de l’échéance du divorce, les négociations avec Londres restent très laborieuses. La première ministre Theresa May espère obtenir des Européens l’ouverture des discussions sur la  » future relation  » (commerciale, politique) entre son pays et le bloc continental. Difficile de se mettre d’accord sans l’avis de Berlin.

Qui sait ?…

Le 21 novembre 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

La Libye retient les migrants ? Qu’à cela ne tienne, nous irons les chercher !

21 Nov

Car, tenez-vous bien, la France va accueillir les premiers réfugiés évacués de Libye par le HCR au Niger, a annoncé lundi Pascal Brice, le directeur général de l’Ofpra (Office français de protection de réfugiés et apatrides) à l’issue d’une mission à Niamey. Ces réfugiés, arrivés à Niamey le 11 novembre, devraient gagner la France « au plus tard en janvier« , a-t-on indiqué au ministère de l’Intérieur. Ils avaient bénéficié de la première évacuation de Libye, où règne le chaos, menée par le Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies.

Il s’agit d’un groupe de 25 personnes, Erythréens, Ethiopiens et Soudanais, et comprenant « 15 femmes et quatre enfants« , a précisé Pascal Brice, au terme de cette mission qui a également permis d’entendre 47 réfugiés vivant actuellement au Niger. Le HCR avait présenté à l’Ofpra une liste de personnes repérées pour leur besoin de protection et celles qui seront retenues, après une évaluation sécuritaire, obtiendront le statut de réfugié « très rapidement » après leur arrivée en France, a précisé M. Brice (Lire « Les quotas de migrants s’installent en France » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/10/11/chronique-dune-imposture-annoncee-les-quotas-de-migrants-sinstallent-en-france/).

Ils seront d’abord hébergés en structures collectives, « le temps de leur donner un certain nombre de clés sur la vie en France« , a-t-on précisé, dans la langue de bois des administrations de la République, à la DGEF (Direction générale des étrangers en France) qui coordonne l’opération de réinstallation. Après ce sas de quelques mois, une nouveauté dans les processus de réinstallation, ils seront orientés vers des logements classiques. Entendez dans vos quartiers, dans vos immeubles, bref chez vous.

Cette semaine encore, un reportage de CNN montrant des migrants vendus aux enchères a provoqué une forte émotion, suscitant des réactions indignées en Afrique et à l’ONU mais aussi en France puisque ces émotions voulues et parfaitement orchestrées sont faites pour cela.  Elles permettent de cacher, sous le masque de l’imposture, les véritables causes autant que les véritables organisateurs de cette traite négrière que nous dénonçons depuis plusieurs années (Lire « Les imposteurs du CECL » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/11/20/les-imposteurs-du-ceccl/).

Aujourd’hui logés dans un quartier résidentiel de Niamey, les futurs réfugiés attendent avec impatience la réponse de l’Ofpra.

« Les enfants ont hâte d’aller à l’école« , explique Samia, trois garçons et une petite fille de 40 jours dans les bras, dont le mari a été victime d’enlèvement dans la rue en Libye. Parce que, en prime, ils arrivent avec leur nombreuse progéniture qu’ils ne manqueront pas de faire croître.

Avec cette évacuation, « on a fait des miracles« , assure Alessandra Morelli, responsable du HCR à Niamey. L’incertitude a pesé jusqu’au dernier moment: « l’aéroport pouvait fermer pour des raisons de sécurité ». Mais il a aussi fallu mettre à contribution les autorités nigériennes, la Croix-rouge, l’OIM (Organisation internationale pour les migrations)…Ainsi que les autorités françaises, qui mettaient alors sur pied leurs propres dispositifs pour aller chercher des réfugiés au Niger et au Tchad, conformément à l’engagement d’Emannuel Macron qui a fixé un objectif de 3.000 personnes d’ici 2019 (Lire aussi « Migrants: il ne suffit plus qu’ils arrivent seuls, nous allons maintenant les chercher sur place » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/10/31/migrants-il-ne-suffit-plus-quils-arrivent-seuls-nous-allons-maintenant-les-chercher-sur-place/).

Le chiffre de 25 personnes peut sembler dérisoire, par rapport aux 44.000 réfugiés enregistrés par le HCR en Libye. Mais « on est convaincus qu’il y aura d’autres opérations« , assure Alessandra Morelli. 

Nous n’en doutons hélas pas. 

Le 21 novembre 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

C’est bien fait.

20 Nov

Nous le laissions entendre hier, les négociations menées par Angela Merkel en vue de former un nouveau gouvernement de coalition en Allemagne, sont probablement vouées à l’échec. Et la principale cause de cette situation inattendue pour celle qui, depuis 2005, impose à ses compatriotes mais aussi à l’Europe entière ses principes autant que ses diktats n’est rien d’autre que sa folle politique migratoire depuis 2015 !

Arrivée des hordes migrantes par la route des Balkans, en 2015

Nous ne pouvons que nous en réjouir après avoir si souvent affirmé qu’elle menait dans le mur aussi bien son pays que…le notre. En d’autres termes, la chancelière récolte enfin ce qu’elle a si mal semé.

Et c’est aujourd’hui la plus grave crise politique qu’Angela Merkel rencontre en douze ans de pouvoir. Elle a « déploré », dimanche 19 novembre, l’échec des négociations qu’elle mène pour former un gouvernement, estimant qu’un accord aurait été possible avec un peu plus de volonté de compromis. Elle oubliait ce que nous lui répétons depuis deux ans :

 » LES COMPROMIS, ÇA SUFFIT. LES COMPROMISSIONS…PAS QUESTION ! « 

Depuis plus d’un mois, la chancelière tentait de former une coalition inédite au plan national, entre son parti, la CDU-CSU, les libéraux et les écologistes. Mais tout a explosé hier dimanche 19 novembre.

La première puissance économique européenne se prépare donc sans doute à plusieurs mois de paralysie politique. Et les Allemands pourraient même retourner aux urnes début 2018, alors qu’ils viennent, fin septembre, d’élire leurs députés. Au pouvoir depuis 2005, Angela Merkel a certes remporté ces dernières législatives, mais avec le pire score pour son parti conservateur depuis 1949, dans un contexte de percée inattendue de la droite populiste. Cette situation, ajoutée au refus des sociaux-démocrates de continuer à gouverner avec elle, la prive de majorité évidente au Bundestag.

Après plus d’un mois de tractations laborieuses et un dernier week-end marathon, les libéraux ont jeté l’éponge dimanche soir, jugeant les positions des uns et des autres trop antagonistes. « Il est préférable de ne pas gouverner que de mal gouverner », a déclaré le président du parti à la presse. Il a aussi jugé qu’il n’y avait pas de « positions communes et de confiance mutuelle » suffisantes pour envisager un gouvernement de ce type pendant quatre ans. Pensant sans doute tout bas :  » Merci Angela !…« 

Les tractations ont principalement buté sur la question de l’immigration et des suites de la politique généreuse d’accueil des demandeurs d’asile de la chancelière allemande. Les partis n’ont pas réussi à s’entendre sur un plafonnement du nombre de demandeurs d’asile, ni sur la question de savoir si tout ou une partie seulement des réfugiés devaient avoir droit au regroupement familial en Allemagne. Les questions environnementales ont constitué l’autre grand sujet de discorde entre les écologistes et les autres partis.

Dans l’immédiat, Angela Merkel doit continuer à diriger, comme elle le fait depuis un mois, un gouvernement qui se contente de gérer les affaires courantes et ne peut donc prendre aucune décision majeure. La chancelière a néanmoins promis de « tout faire pour que ce pays soit bien dirigé au cours des semaines difficiles à venir ». Mais cette crise pourrait à terme signer la fin de sa carrière politique. Voici d’ailleurs notre conclusion d’hier (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/11/19/la-folle-politique-migratoire-dangela-merkel-savonne-la-planche-de-la-coalition-gouvernementale-allemande/) :

« Mais ce n’est pas gagné. Et Angela n’est pas encore tirée d’affaire, ce qui ne serait qu’un juste retour des choses après la gestion catastrophique de la crise migratoire qu’elle a imposée à l’ensemble des pays de l’Union européenne. »

C’était avant …

Alors, quelle issue désormais pour le pays ? Angela Merkel a déclaré vouloir consulter lundi le président allemand, Frank-Walter Steinmeier, à qui la Constitution confère un rôle-clé pour les choix à venir. La Constitution ne fixant pas de limite pour la formation d’un gouvernement, Angela Merkel peut en principe, après une pause, faire une nouvelle tentative de coalition avec les quatre partis. Mais la tâche s’annonce rude.

Elle peut aussi essayer de convaincre les sociaux-démocrates de revenir sur leur refus de gouverner avec elle. Mais le SPD ne cesse de réitérer son souhait de faire une cure d’opposition. La chancelière a pour le reste rejeté l’idée de se faire élire pour un quatrième mandat à la tête d’un gouvernement minoritaire. Reste donc l’issue la plus probable : de nouvelles élections.

Dans un pareil cas de figure, Angela Merkel aura heureusement toutes les peines à convaincre son parti de la laisser mener la bataille.

R I P !

Le 20 novembre 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.