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L’Union européenne ? Un tigre de papier.

15 Oct

Au lieu de préparer le rapatriement des djihadistes européens échappés à la vigilance et à la férule des forces kurdes en Syrie, l’Union européenne aurait mieux fait de s’organiser pour substituer ses forces armées aux quelque 2 000 militaires américains retirés de manière brutale, choquante et même stupide par Donald Trump du nord de la Syrie.

Pourquoi l’Europe, pourquoi la France, ne remplacent-elles pas les Américains pour protéger les populations Kurdes de Syrie qui nous ont été longtemps si utiles en menant, dans une large mesure, la guerre au sol contre les djihadistes de Daech ?

La triste réalité est simple : ni la France individuellement, ni l’Europe collectivement, n’ont aujourd’hui la capacité de mener une telle opération à haut risque. En auraient-elles d’ailleurs et seulement la volonté politique ? C’est encore une autre affaire et la réponse est tout autant négative.

Alors, comme d’habitude, l’Union européenne se donne en spectacle dans des déclarations théâtrales condamnant l’intervention turque ! Hier, les ministres des affaires étrangères des 28 ont ainsi appelé à l’unanimité à l’arrêt des combats et au retrait des troupes turques de Syrie…qui bien sûr n’auront pas lieu. Lesdits ministres ne sont même pas parvenus à imposer un embargo sur les ventes d’armes à la Turquie. Les Etats membres se sont simplement engagés à « adopter des positions nationales fermes concernant leur politique d’exportation d’armements vers la Turquie », précise la déclaration

L’UE, qu’elle ne s’y trompe pas, sera une fois encore la risée du monde.

La France a pourtant quelques forces sur place, environ 200 à 300  hommes des forces spéciales françaises, qui assuraient, aux côtés des Américains et des Britanniques, la sécurité des zones kurdes. Mais la réalité géopolitique reste que lorsque les États-Unis se retirent, Français et Britanniques n’ont pas d’autre choix que de suivre, ce qu’ils sont en train de faire. Cela se résume assez facilement :

Troupes aéroportées et leurs supplétifs

2000 Américains suffisaient à tenir à distance des forces adverses, car celles-ci savaient que la capacité de représailles des États-Unis était considérable ; qu’il s’agisse de la Turquie, membre de l’Otan, de la Russie qui ne voulait surtout pas d’incident avec les Américains ; et même de l’Iran qui veut éviter une confrontation directe. Mais alors pourquoi quelques milliers de soldats européens ne seraient-ils pas capables d’en faire autant ? Tout simplement parce que leur Union européenne n’existe pas. Elle cause, elle cause mais sans volonté elle est incapable d’agir. Sauf quand il s’agit de copiner avec les lobbys de l’industrie chimique…

On nous parle beaucoup de défense européenne mais on ne la voit pas car, pendant des décennies, les Européens se sont trouvés parfaitement rassurés par le parapluie américain, et le discours français d’Europe-puissance était considéré comme un rêve de grandeur passée. Donald Trump a changé la donne, même s’il prolonge un désengagement amorcé par Barack Obama. Avec Trump, c’est l’idée même d’alliance qui est remise en question : que l’on soit kurde, estonien ou sud-coréen. Et pourtant, c’est l’Otan qui reste le cadre principal de la défense de l’Europe, même si, aujourd’hui, l’onde de choc de l’intervention turque plonge cette alliance dans un profond désarroi.

Il serait temps, grand temps, que la France reconsidère les siennes au lieu de se laisser berner par les grands discours dénués de toute volonté de ses vingt-six complices et leur politique du chien crevé au fil de l’eau. 

Le 15 octobre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Le CER dit NON.

15 Oct

Attendez-vous à savoir (pour paraphraser l’irremplaçable Geneviève Tabouis) qu’Emmanuel Macron nous prépare un mauvais coup, de ceux dont il a le secret.

Le président de la République recevait dimanche 13 octobre, à l’Elysée, la chancelière allemande de sinistre mémoire, Angela Merkel. De quoi croyez-vous qu’ils discutèrent ? De la prétendue « crise humanitaire » qui ne devrait pas manquer de résulter de l’agression de la Turquie de Recep Tayyip Erdogan (pourtant le grand ami d’Angela Merkel) contre la Syrie et, surtout, les forces kurdes positionnées au nord de ce pays.

Alors, qu’en réalité, nous sommes face à un complot monté de main de maître par la France, l’Allemagne et la Turquie de concert ! Cette dernière permettant aux deux autres de récupérer leurs djihadistes respectifs ainsi, évidemment, que leurs familles sous le masque d’une fausse démarche humanitaire. Ces gens-là sont des clowns maléfiques…

Alors, comment cela est-il possible ? C’est très simple. Comme toujours dans l’esprit d’Emmanuel Macron et d’Angela Merkel : ni vu ni connu, je t’embrouille.

L’attaque turque contre le territoire syrien, longtemps préméditée et organisée avec la complicité de l’OTAN, a pour but de détruire les forces kurdes du nord de la Syrie, ennemies jurées d’Erdogan mais, aussi, seules capables dans la région de museler l’islamisme radical de Daesch, comme elles l’ont montré depuis plusieurs années, tout en savonnant la planche de Bachar el-Assad et, surtout, de son allié de poids, la Russie de Vladimir Poutine.

Hélas, pour les gouvernements français et les allemand, cette attaque brutale de la Turquie s’accompagne d’effets collatéraux d’importance. Ils sont de deux sortes : d’abord un gigantesque déplacement de populations Syriennes et Kurdes, chassées par les bombes aveugles d’Erdogan, et ensuite la libération de centaines de prisonniers djihadistes de l’organisation Etat islamique et de leurs familles qui étaient aux mains des Kurdes. Tout ce beau monde se lance évidemment sur les routes (ou plutôt ce qu’il en reste) et les pistes du nord de la Syrie et cherche à rejoindre la Grèce (déjà submergée – https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/10/07/il-ny-a-pas-que-le-rechauffement-climatique-qui-menace-de-submerger-nos-cotes/ -) puis les pays attractifs de l’Union européenne. COMME EN 2015 !

Face à cette situation, Erdogan fait ce qu’il sait faire de mieux, du chantage : vous me laissez faire ou bien je vous submerge de « réfugiés« . COMME EN 2015 !

Et, de leur côté, Macron et Merkel…font ce qu’ils savent faire de mieux aussi , organiser le « Grand Remplacement » de leurs populations respectives. Comment ? Ça aussi, c’est très simple. Ecoutez-les :

Angela Merkel : « il faut mettre un terme à cette invasion turque, il y a des raisons humanitaires à cela. On ne peut pas accepter cette situation, il faut trouver une solution ».

Emmanuel Macron : « Notre volonté commune est que cette offensive cesse. Notre conviction à l’un et l’autre est que cette offensive prend le risque d’une part, et nous le constatons d’ores et déjà sur le terrain, de créer des situations humanitaires insoutenables et, d’autre part d’aider Daech à réémerger dans la région »

Résultat : Emmanuel Macron convoqua aussitôt un Conseil restreint de défense pour dimanche soir.

Objectif : soulager l’ire d’Erdogan en lui proposant de récupérer les djihadistes, nationaux des deux pays et leurs familles (nombreuses !), À DES FINS STRICTEMENT HUMANITAIRES, bien sûr…ET NÉGOCIER L’INSTALLATION D’UNE ZONE DE PROTECTION DES FRONTIÈRES TURQUES POUR Y ACCUEILLIR LES SOI-DISANT REFUGIES.

Heureusement, Vladimir Poutine veille. Et il va falloir compter avec lui et son protégé, Bachar el-Assad auxquels les Kurdes ont demandé sécurité et protection. Dès dimanche soir donc, pendant le Conseil restreint de défense d’Emmanuel Macron, les forces du régime de Bachar ont commencé à investir des villes tenues jusque-là par les combattants kurdes.

C’est là une vaste redistribution des cartes qui se produit, car une bonne partie du territoire syrien échappait encore au contrôle de Damas, et était tenu par les Kurdes – soutenus par les États-Unis, mais aussi la France et le Royaume uni qui ont des forces spéciales sur place. Les Américains ont annoncé le retrait d’un millier d’hommes de la zone, et on voit mal comment Français et Britanniques pourront tenir, malgré la volonté européenne de s’opposer à l’abandon des Kurdes – qui ont été nos alliés contre Daech et sont aujourd’hui bien mal remerciés.

Le Président russe a fait de la Syrie le terrain de son retour au statut de puissance qui compte. Il a profité d’une première décision américaine de désengagement, celle de Barack Obama en 2013. La nature ayant horreur du vide, c’est la Russie et l’Iran qui sont venus à la rescousse d’Assad.

Poutine profite une nouvelle fois de l’éclipse américaine pour rester la seule puissance extérieure présente – la seule, aussi, qui parle à tout le monde. Allié et protecteur de Damas, le président russe est le parrain du processus d’Astana qui réunit les protagonistes de la guerre ; et il a des rencontres régulières avec l’Iran et la Turquie.

A l’époque de la guerre froide, le Moyen Orient se partageait entre « clients » d’un camp ou de l’autre. Avec l’effondrement de l’Union soviétique, le jeu est devenu de plus en plus complexe, avec l’émergence de puissances régionales autonomes. Quel Moyen-Orient sortira des convulsions provoquées par l’intervention turque ? Poutine saura-t-il profiter de son avantage ? Et dans quel but ?

Quoi qu’il en soit, le CER affirme d’ores et déjà qu’il ne se laissera pas berner par Emmanuel Macron et sa complice, Angela Merkel, en matière d’accueil de nouveaux migrants et, pire encore, de terroristes réchappés de l’enfer islamique. À bon entendeur, salut.

Le 15 octobre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Le nouveau Bey de Tunis.

15 Oct

« Kaïs Saïed Bey » ?

L’irruption de Kaïs Saïed à la tête de la Tunisie, suite à l’élection présidentielle de dimanche 13 octobre, en a surpris plus d’un dans les chancelleries. Le nouveau président, juriste constitutionnaliste à la silhouette ascétique, taciturne et empruntée, appelle cela « une révolution légale ». Du pain béni pour les psychanalystes de tout poil.

Plus de huit ans après la chute de Zine el-Abidine Ben Ali, la Tunisie semble connaître une réplique sismique de la mythique « Révolution du jasmin« . Sa vision du monde, dans laquelle un conservatisme moral et religieux teinté de souverainisme cohabite avec un projet de démocratie directe renversant la pyramide de l’Etat, aura séduit une majorité de Tunisiens impatients de sanctionner un establishment politique ayant trahi à leurs yeux les espérances de 2011. Kaïs Saïed, c’est un peu le boomerang inattendu de la révolution.

Cet événement électoral de première importance ne manque pas d’interroger. On peut y voir une anomalie, un paradoxe même, tant le vainqueur de ce second tour de l’élection présidentielle, devançant de près de 50 points son concurrent Nabil Karoui, le magnat de la télévision, aura cassé les codes du combat électoral. Dépourvu de toute structure partisane – il refuse la logique des partis – et adepte d’une campagne a minima, allant jusqu’à récuser le financement public qui lui était dû, Kaïs Saïed aura infligé un cruel démenti aux professionnels du marketing politique s’activant autour de la « transition démocratique tunisienne ».

Hors norme, il n’est même pas un « populiste », lui qui abhorre semer les« promesses » et s’exprime dans un arabe littéraire châtié – quand ses concurrents recourent au derja (dialecte tunisien) – et sur un ton monocorde, souvent ennuyeux (pour ne pas dire assommant), en totale rupture avec les facilités théâtrales d’un tribun.

Kaïs Saïed après l’annonce des résultats le déclarant nouveau président de la République de Tunisie, à Tunis,le 13 octobre.
Kaïs Saïed après l’annonce des résultats le déclarant nouveau président de la République de Tunisie, à Tunis,le 13 octobre

Sa notoriété initiale doit certes beaucoup à la télévision, où des journalistes en quête de « bons clients » dans leur carnet d’adresse, prisaient sa disponibilité à venir décrypter en studio les enjeux de la Constitution de 2014. Mais il n’a jamais succombé à l’addiction cathodique. Discrètement, sans crier gare, hors du radar des médias qui ne l’ont pas vu venir, il aura sillonné ces dernières années les bourgs de l’arrière-pays, cette « seconde Tunisie » bien éloignée du littoral de l’élite libérale, allant à la rencontre de la jeunesse populaire au chômage dans des causeries de café. « Une campagne atypique », reconnaît-il lui-même.

Ce qui ne signifie pas qu’elle ait été totalement archaïque. Elle aura, elle aussi, été portée par l’incontournable Facebook. Ses jeunes partisans « bénévoles » et technophiles auront scandé sa parole à travers une myriade de pages et de groupes, dont le plus nombreux a compté jusqu’à 250 000 membres. Cette force de frappe dans le cyberespace, que certains de ses critiques soupçonnent d’avoir été encouragée par des soutiens extérieurs (le Turc Recep Tayyip Erdogan ou quelques militaires haut-placés d’Algérie pourraient être impliqués), aura prouvé son efficience lorsque la page de la chaîne de télévision El Hiwar a subitement perdu un million d’abonnés après une émission jugée offensante à l’égard de Kaïs Saïed.

L’horizontalité de cette mobilisation qui a échappé pour partie au candidat lui-même, là où ses concurrents structuraient à partir de leur état-major une chaîne verticale de commandement, est au cœur même du « phénomène Saïed ». Elle en reflète même le message profond. Kaïs Saïed est tout autant, sinon plus, le produit d’une demande politique qu’il n’en a été l’inspirateur.

En cela, cette élection n’a rien de l’« anomalie » qu’elle semblait être a priori. Elle consacre assez logiquement le retour de bâton après des années de compromissions, voire de renoncements, d’une élite gouvernante qui a oublié d’où elle tenait son mandat. La réputation d’intégrité et de droiture morale (rigidité ?) de Kaïs Saïed, que même ses adversaires lui reconnaissent sans mal, a beaucoup joué en sa faveur à l’heure où la montée de la corruption exaspère la population. Tout comme sa disponibilité bienveillante d’enseignant de droit constitutionnel à la faculté des sciences juridiques de Tunis lui a valu la reconnaissance de générations d’étudiants.

Au-delà, c’est surtout le fond de son projet politique qui a éveillé l’intérêt, surtout au sein d’une jeunesse en quête de nouveaux paradigmes. Si Kaïs Saïed n’a pas été un opposant déclaré à la dictature de Zine El-Abidine Ben Ali – il est resté d’une très sage prudence à l’époque –, il s’est immergé très vite dans l’effervescence révolutionnaire qui a secoué la Tunisie après le départ en exil de Ben Ali le 14 janvier 2011. « Il s’est découvert révolutionnaire une fois Ben Ali parti », grince un ancien opposant. C’est ce que, chez nous, on appelle un opportuniste.

Kaïs Saïed a notamment été très présent dans les rassemblements de la place de la Kasbah, le siège du gouvernement à Tunis, où des milliers de manifestants venus de la Tunisie intérieure s’étaient mobilisés. L’activisme de Kaïs Saïed durant ce mouvement de la Kasbah aura été un peu l’événement fondateur de son épopée politique. C’est là qu’il a forgé des amitiés militantes qui nourriront ses futurs réseaux.

Les aléas que connaîtra la « transition » tunisienne dans les années qui suivent confirmeront ses intuitions. Dans un langage volontiers prophétique, Kaïs Saïed annonce que le monde – et pas seulement la Tunisie – est entré dans « une nouvelle ère », une « nouvelle phase de l’histoire ». Mais, regrette-t-il, « nous restons esclaves de pensées classiques », telles que la société civile, les partis politiques ou la démocratie représentative, autant de concepts dont « il faut se libérer ». Dans le « nouveau système » qu’il convient d’« inventer », Kaïs Saïed privilégie l’approche par le droit – en bon juriste qu’il est. Il estime que le « peuple souverain », armé de « nouveaux instruments juridiques », peut redevenir l’« acteur » de son destin. On peut en effet rêver…

Aussi préconise-t-il de « renverser le sablier » institutionnel en ancrant la légitimité au niveau local – à travers des conseils locaux élus au scrutin uninominal – d’où émaneraient ensuite des conseils régionaux et, in fine, l’Assemblée nationale. « Il veut refonder la représentation politique en inversant la pyramide des pouvoirs », écrit l’économiste et sociologue Aziz Krichen dans le journal en ligne Nawaat. Dans cette vision, la « révocabilité » des élus par le peuple tient une place de choix.

Anarchisme ? « Jamahiriya » (Etat de masses) kadhafiste ? « Soviets » revisités ? Les analystes peinent à qualifier le nouveau produit idéologique qu’incarne Kaïs Saïed. « Il a le culte du peuple qui ne se trompe jamais », souligne le professeur de droit Slim Laghmani, un de ses collègues d’université. A tous ceux qu’inquiète la radicalité de son changement de paradigme, Kaïs Saïed rétorque qu’il entend de toute manière s’inscrire dans le strict cadre de la « légalité constitutionnelle ». « Il fait du juridisme plébéien », résume Michaël Bechir Ayari, représentant d’International crisis group (ICG) à Tunis.

Mais la « révolution » de Kaïs Saïed ne se déploie pas dans tous les domaines. Autant il innove au plan institutionnel, autant il demeure d’un conservatisme bon teint sur le terrain socio-religieux et là sans doute apparaîtront les premiers obstacle sur sa route présidentielle. Il est hostile à l’abrogation de la peine de mort – qui fait l’objet d’un moratoire depuis 1991 – au nom de « la paix sociale » à préserver. Il s’oppose à la dépénalisation de l’homosexualité au nom des « valeurs intériorisées par la majorité ». Et il prône le maintien de l’inégalité actuelle dans l’héritage – en vertu de laquelle la sœur touche la moitié de la part du frère – en invoquant « l’équité » contre l’« égalité formelle ».

Un tel credo lui a valu le soupçon chez certains libéraux tunisiens que Kaïs Saïed n’était finalement qu’un crypto-salafiste, d’autant que certains islamistes radicaux – notamment le Hizb ut-Tahrir – s’étaient glissés dans ses réseaux de partisans. Le doute n’a toutefois jamais vraiment pris corps tant Kaïs Saïed est en phase sur ces questions-là avec la majorité de la population tunisienne. 

Ses idées sur les sujets sociétaux n’inquiètent pas moins certains militants de la société civile tunisienne. « Avec lui, ce sera difficile au plan des droits et des libertés individuelles », s’alarme Rami Khouili, médecin et compagnon de route de la communauté LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels, trans) en Tunisie.

Mais, avec les partenaires occidentaux de la Tunisie, les choses ne seront pas non plus très aisées. L’ex-étudiant, qui avait consacré son mémoire de diplôme d’études approfondies (DEA) aux « relations entre la Tunisie et la Banque mondiale », ne cache pas un souverainisme sourcilleux puisé dans une sensibilité nationaliste arabe. Il faut aussi voir là la source de son agacement à l’égard des revendications sur la dépénalisation de l’homosexualité ou l’égalité successorale, des « faux problèmes » à ses yeux inspirés par des « recommandations européennes ».

Sa première visite d’Etat, a-t-il déjà annoncé, sera pour l’Algérie car « on ne peut pas changer la géographie ». Et sur l’épineuse question des relations avec Israël, il assimile toute tentative de « normaliser » ces dernières à un acte de « haute trahison ». Sionnistes de tous les pays, unissez-vous !

En choisissant Kaïs Saïed, la Tunisie se dote d’un nouveau président en phase avec l’identité arabo-musulmane du pays. C’est probablement l’image de la Tunisie sur la scène internationale qui pourrait être ainsi revue et corrigée.

Ce nouveau Bey à la sauce islamique nous laisse encore dubitatifs.*

Le 15 octobre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Lire :

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/09/17/tunisie-cest-lhiver-arabe-qui-sannonce-avant-lautomne/

Quand l’état de droit menace la sécurité des Français…

14 Oct

Nous n’avons que faire de l’état de droit !

La tuerie perpétrée le 3 octobre à la Préfecture de police de Paris (PP) par un Martiniquais islamiste a engendré un véritable électrochoc au sommet de l’institution policière qui, subitement, est atteinte d’un zèle inusité dans la chasse aux potentiels « ennemis de l’intérieur« . 

C’est ainsi que deux fonctionnaires de la PP ont été désarmés jeudi, en raison de soupçons de radicalisation. Le problème, c’est que ces deux policiers sont dans la place depuis plusieurs années, donnant tout son sens à la règle que réclamons depuis la fondation du CER :

HALTE A LA BARBARISATION DES FORCES DE L’ORDRE ET, PAR CONSEQUENT, PAS DE MUSULMAN DANS LA POLICE OU LA GENDARMERIE.

Le premier de ces fonctionnaires de police, proche de la quarantaine, est capitaine à la brigade d’exécution des décisions de justice (BEDJ), qui dépend de la Police judiciaire de Paris. Il fait l’objet d’une demande de suspension. Une source informée précise que cet officier avait fait l’objet d’un signalement dès 2011, après son mariage avec une avocate musulmane. Selon Le Parisien qui révèle cette affaire, ce policier s’était alors ostracisé, priant au bureau, se laissant pousser la barbe et refusant tout contact avec des femmes au nom de l’islam. Séparé depuis lors de son épouse, il s’est rasé la barbe et semblait vivre de manière moins autarcique. À moins qu’il s’agisse d’un des nombreux adeptes de la taqiya…

La procédure de suspension devrait être examinée par le directeur général de la police nationale, Éric Morvan, car l’état de droit que nous dénoncions en titre de cet article impose du temps et de multiples démarches et autres recours avant de pouvoir prendre les mesures…qui s’imposent en urgence. Mais ce n’est pas tout car cette suspension n’est pas une révocation. «C’est une mesure conservatoire en attendant les résultats d’une enquête de l’inspection générale de police nationale menée sur lui», précise une source informée qui ajoute que «l’heure est à la prudence maximale et à la détection des signaux faibles, dans le bas du spectre». Mais son entourage professionnel a préféré signaler son cas (chat échaudé craignant l’eau froide), d’autant qu’il aurait eu un accès direct au Fichier judiciaire national automatisé des auteurs d’infractions terroristes (Fijait). On croit rêver.

Le second policier désarmé, qui ne fait pourtant pas l’objet d’une demande de suspension, est gardien de la paix à Villeneuve-la-Garenne, dans les Hauts-de-Seine. Affecté à la Direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne (Dspap), il avait défrayé la chronique après avoir été révoqué de la police en septembre 2018.

Ce trentenaire converti à l’islam (comme Michaël Harpon) s’était vu reproché d’avoir prêté son arme et son badge à un ami du terroriste qui avait attaqué une patrouille de la force sentinelle, en 2017, à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). Mais ce fonctionnaire au comportement très inquiétant avait fait un recours devant le tribunal administratif et obtenu au début de l’année 2019 l’annulation de la sanction. Et donc sa réintégration. NOUS MARCHONS SUR LE TÊTE ! Vive l’état de droit, nous en mourrons.

La détection des «brebis galeuses» est devenue subitement une des priorités du ministère de l’Intérieur. «Menée par une cellule dédiée de l’Inspection générale de la police nationale et une seconde au sein de la gendarmerie, elle permet de déclencher de nouvelles enquêtes d’habilitation et son éventuel retrait automatique si la radicalisation est confirmée. Ensuite, il est normal qu’un service de renseignement prenne en charge l’individu…», a confié jeudi matin le secrétaire d’État à la Sécurité intérieure, Laurent Nuñez, devant la commission des lois du Sénat, qui tente d’analyser la nature des failles dans les services de renseignements après l’attaque commise le 3 octobre dernier à la préfecture de police.

Cela fera bientôt huit ans que nous réclamons ces mesures drastiques et même davantage…Et il aura fallu quatre morts, trois veufs et six orphelins pour que ces criminels bougent enfin.

Selon un dernier bilan, une vingtaine de policiers et une dizaine de gendarmes ont été écartés de leur activité pour des soupçons de radicalisation. Ne disposant pour l’heure que des seuls outils qu’offre le droit disciplinaire, Beauvau a notamment fait appel à des non-renouvellements de contrats d’adjoints de sécurité, muté des profils suspects «hors du périmètre police» et mis fin à des stages. Seules six révocations ont été prononcées.

C’est à pleurer devant tant de bêtise, d’incurie et d’irresponsabilité.*

Le 14 octobre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Quelques bonnes leçons seraient sans doute à prendre du côté de la Hongrie de Viktor Orban ou la Pologne du PiS…

Nous ne comptons même plus le nombre de nos alertes.

14 Oct

Depuis que nous avons alerté sur la prolifération du moustique-tigre sur le territoire français et dénoncé l’immobilisme des autorités sanitaires autant que politiques, les méfaits de l’insecte combinés à ceux des déplacements de populations et autre tourisme de masse, ne cessent d’augmenter.

C’est ainsi qu’après plusieurs cas de Dengue et de Chikungunya autochtones (c’est à dire apparus chez des personnes n’ayant pas voyagé dans des territoires infestés par les virus en cause) voici à présent…un premier cas autochtone d’infection due au virus Zyka !

On n’arrête décidément pas les progrès en matière d’infectiologie.*

Le diagnostic est tombé la semaine dernière, selon l’Agence régionale de santé (ARS) du Var. Dans un communiqué, elle rapporte qu’une femme a été infectée par le virus Zika à Hyères. Elle serait ainsi le premier cas autochtone de la maladie jamais observé en France métropolitaine. S’agissant de Zika, seuls des cas dits « importés » avaient jusque-là été rapportés. Il s’agissait donc de personnes qui se rendaient dans des zones où le virus circule, se faisaient infecter sur place et déclaraient la maladie une fois rentrées en France. Dans ce cas-ci, la patiente a été infectée à partir d’un moustique présent sur le territoire français.
Il faut savoir que Zika est, le plus souvent, une maladie bénigne. Elle est même le plus souvent asymptomatique, les personnes contractant l’infection ne s’en rendant même pas compte. Mais dans un certain nombre de cas cependant, il peut y avoir de graves complications, comme des syndromes de Guillain-Barré chez l’adulte, ou, chez les enfants nés de mères qui ont été infectées pendant la grossesse, des anomalies neurologiques congénitales, comme des microcéphalies. Ces enfants naissent avec une petite tête en raison d’un retard de développement du cerveau.
Le moustique tigre
Le coupable est le moustique tigre, ou aedes albopictus.  Si des flambées de transmission on été observées aux Antilles ou encore en Amérique latine entre 2015 et 2016, il est important de noter que la densité de moustiques en France métropolitaine est certes moins forte qu’en milieu tropical mais elle ne cesse d’augmenter. Le nombre de personnes voyageant vers ces contrées ou en revenant ne cesse également d’augmenter. Le risque de voir apparaître de nouveaux cas autochtones est donc bien réel.
Il est donc important, pour le corps médical, de penser au virus Zika devant des symptômes évocateurs, qui sont dans 90% des signes cutanées et possiblement de la fièvre. Les médecins gynécologues doivent également surveiller de près leurs patientes enceintes et dépister au plus tôt les éventuels cas de microcéphalie chez les foetus.
Il est d’ailleurs possible qu’il y ait encore des cas secondaires dans la zone du Var où a été infectée cette femme, si le moustique qui l’a piqué a également piqué d’autres personnes qui ont elles aussi pu transmettre le virus à d’autres moustiques.

Agnès Buzyn

N’en doutez plus, avec l’énergie préventive développée par Agnès Buzyn, nous finirons par mourir de la fièvre Ebola, comme les habitants de la République centrafricaine !

Le 14 octobre 2019.
Pour le CER, Hippocrate, Conseiller à la santé publique.
* (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/09/28/agnes-buzyn-est-devenue-dingue/)

Chiche !

14 Oct

Peut-être vous souvenez-vous de nos récentes mises au point sur une situation sécuritaire de plus en plus chaotique au Burkina Faso (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/06/18/de-lafrique-au-mali-et-retour/ , https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/08/22/dossier-special-afrique-source-presente-et-future-de-beaucoup-de-nos-maux/ ). Sachez donc que, loin de s’améliorer, elle continue de se dégrader avec, maintenant des manifestations de rue aux motivations pour le moins étonnantes et qui témoignent, en tout cas, en faveur de notre analyse : à défaut de pouvoir rétablir en Afrique un système colonial moderne et efficace, dans l’esprit de l’Afrique du Sud du temps des Afrikaners, il n’y a pas d’autre issue pour l’Occident que de laisser ces peuplades s’auto-déterminer pour le meilleur comme pour le pire. Sans l’ombre de la moindre implication dans la mise en oeuvre de leurs traditions séculaires de paupérisation et de violences inter-communautaires.

Que vient-il d’advenir dans ce beau pays de Haute-Volta ?

D’abord, une attaque contre des fidèles qui priaient vendredi 11 octobre dans une mosquée a fait au moins seize morts dans le nord du Burkina Faso, démontrant une fois de plus la faiblesse des forces de défense dans ce pays en proie à une spirale de violences attribuées à des groupes armés djihadistes.

« Des individus armés ont attaqué la grande mosquée de Salmossi [à une vingtaine de kilomètres de Gorom-Gorom, l’une des grandes villes du Nord] entre 19 heures et 20 heures [locales], faisant au moins seize morts », a déclaré une source sécuritaire à l’Agence France-Presse (AFP). « Treize personnes sont mortes au cours de l’attaque et trois autres ont succombé quelques heures après, a-t-elle ajouté. Deux autres blessés sont dans un état critique. »

« Les victimes sont tous des musulmans qui étaient en prière au sein de la grande mosquée », selon un habitant de Gorom-Gorom, joint depuis Ouagadougou. « Depuis [samedi matin], les populations ont commencé à fuir la localité », a-t-il rapporté, évoquant un « climat de panique malgré le renfort militaire qui a été déployé » après l’attaque. Cette tuerie n’a pas encore été revendiquée, mais des mosquées et des imams ont par le passé été la cible d’attaques attribuées aux djihadistes par les autorités.

Le Burkina Faso, pays pauvre d’Afrique de l’Ouest, est pris depuis quatre ans et demi dans une spirale de violences, attribuées à des groupes armés djihadistes, certains affiliés à Al-Qaïda et d’autres au groupe Etat islamique (AI).

Depuis début 2015, les attaques djihadistes, de plus en plus fréquentes et meurtrières, en particulier dans le Nord et l’Est, ont fait plus de 600 morts, selon un comptage de l’AFP. Les forces de défense et de sécurité burkinabè, mal entraînées, mal équipées et mal encadrées, se sont montrées incapables d’inverser une tendance de plus en plus meurtrière avec quasiment une attaque par jour (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/10/06/la-faillite-de-larmee-signe-la-disparition-prochaine-du-burkina-faso/).

Mais, et là est la nouvelle la plus importante, dans la capitale, Ouagadougou, un millier de personnes se sont rassemblées samedi pour « dénoncer le terrorisme et la présence de bases militaires étrangères en Afrique » à l’appel d’une dizaine d’organisations de la société civile à l’occasion des « journées anti-impérialistes ».

« Armée française et forces étrangères on n’en veut pas », « Armée française hors du Burkina Faso » et « forces étrangères hors d’Afrique », ont scandé les participants réunis à la Bourse du travail en raison d’une interdiction de manifester en ville. Le porte-parole des organisations civiles, Gabin Korbéogo, a dénoncé « ces puissances étrangères » qui « utilisent le terrorisme pour contrôler les immenses richesses de la région ». Tout est dit. Et voici quelques précisions, au cas où nous n’aurions pas compris :« Le terrorisme est devenu le prétexte idéal pour l’installation de bases militaires étrangères dans nos pays. Les armées française, américaine, canadienne, allemande et autres ont pris pied dans la sous-région pour, disent-elles, combattre le terrorisme. Malgré cette présence massive des plus grandes armées du monde, les groupes terroristes continuent à sévir et montent même en puissance. »

« Les bases militaires étrangères sont la perpétuation des politiques impérialistes », a affirmé le président du mouvement burkinabè des droits de l’homme et des peuples (MBDHP), Chrisogone Zougloré. « C’est pourquoi après près de soixante ans de coopération militaire avec la France, nos armées demeurent incapables d’assurer la sécurité de nos territoires face à des hordes de bandits ». Alors, là, nous sommes

Morts de rire !

Car, si vous retirez le maigre corps expéditionnaire français, voilà ce qu’il reste des forces armées burkinabés opérationnelles :

Au Burkina Faso, la France est présente avec 200 hommes des Forces spéciales à Kamboinsin (banlieue de Ouagadougou) mais intervient régulièrement dans le pays au titre de la force Barkhane (4 500 hommes dans l’ensemble du Sahel). D’ailleurs, ces dernières semaines, les militaires français déployés au Sahel ont été contraints, face aux défections ininterrompues de militaires burkinabés, de multiplier les interventions au Burkina Faso. Histoire de les sortir de ce type de mauvais pas :

Résultat de la dégradation accélérée de la situation : près de 500 000 personnes ont fui leurs domiciles dans le Nord et l’Est en raison des attaques, selon le Haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), qui fait état d’une « crise humanitaire en cours » touchant quelque 1,5 million de personnes dans le pays.

Alors, il faut bien en prendre la mesure : QU’ALLONS-NOUS FAIRE DANS CETTE GALERE ? 

Le 14 octobre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Dis-moi qui sont tes amis (suite).

13 Oct

Après le camouflet infligé à Emmanuel Macron par les députés du Parlement européen qui ont refusé la candidature de Sylvie Goulard, la candidate française à la Commission européenne, à cause de quelques casseroles financières en cours d’investigation, voici qu’un autre ami du président de la République, Thierry Solère, ancien député Les Républicains passé avec armes et bagages à La République en Marche, ancien questeur de l’Assemblée nationale et perpétuel « bouffeur » de populistes (entendez donneur éternel de leçons de morale à la Terre entière*)…a été mis en examen vendredi 11 octobre, notamment pour fraude fiscale, détournement de fonds publics et trafic d’influence, a indiqué dans un communiqué le procureur de la République de Nanterre. Le parlementaire LREM  est soupçonné d’avoir usé de sa position d’élu pour favoriser certaines sociétés afin qu’elles obtiennent des contrats publics (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/06/29/le-plat-de-lentille-de-thierry-solere/).

L’enquête porte aussi sur des prêts immobiliers consentis par un ami promoteur, permettant l’acquisition de plusieurs appartements, revendus ensuite en réalisant de fortes plus-values. Sur ce volet, l’avocat du député, Pierre-Olivier Sur, a toujours assuré qu’il tenait à disposition de la justice les documents prouvant la légalité des prêts.

Les investigations concernent aussi des soupçons de fausses déclarations à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HAPTV). Outre Thierry Solère, six personnes physiques et six personnes morales sont visées par les investigations et sont soupçonnées de tout ou partie des infractions, sur une période allant de 2005 à 2017.

Notons enfin que ce monsieur est à l’origine de la condamnation de l’ancien garde des Sceaux, ministre de la justice de François Hollande, Jean-Jacques Urvoas, par la Cour de justice de la République, le 30 septembre 2019 , pour violation du secret professionnel : au mépris du secret inhérent à sa fonction, le garde des sceaux avait envoyé à son ami Solère (car ces gens-là ne forment qu’un ramassis de copains et de coquins) une note confidentielle émanant de la Direction des affaires criminelles et des grâces détaillant les investigations en cours à son sujet (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/10/01/99369/).

Que du beau monde….à la tête de notre malheureux pays.

Le 13 octobre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Ne manquez pas de lire aussi cela : https://www.huffingtonpost.fr/entry/quand-thierry-solere-fustigeait-les-mis-en-examen_fr_5da16d2de4b087efdbae8faf