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Deuxième vague de Covid-19: le compte à rebours a commencé.

11 Août

Il y longtemps déjà que nous tirons la sonnette d’alarme et rien (ou presque) n’y fait.

Les vacances, combinées à leur indiscipline chronique, rendent les Français insouciants, mais le réveil à la rentrée risque d’être extrêmement douloureux si on ne prend pas très vite la mesure de ce qui est en train de se passer. C’est notre point de vue mais c’est aussi celui du Professeur Djillali Annane au gouvernement… et aux Français eux-mêmes. Chef du service de réanimation médico-chirurgicale à l’Hôpital Raymond Poincaré de Garches en Île-de-France, le médecin se défend de faire du catastrophisme, mais pour lui les faits sont là : depuis deux semaines, les contaminations s’accélèrent, le nombre de cas augmente en France de façon exponentielle, et pas seulement parce qu’on fait plus de tests.

« Il y a vraiment », dit-il, « une dynamique de nouvelles contaminations et elle dépasse largement aujourd’hui les clusters identifiés. On est déjà au pied de la deuxième vague, et ça me rappelle exactement ce qu’on constatait au mois de février dernier. Le problème, c’est qu’on voit le truc arriver, mais sans réagir comme il le faudrait. Regardez à Paris comme ça va vite : on avait un taux d’incidence de 30 cas pour 100 000 habitants il y a quelques jours, et on est  déjà aujourd’hui à 46 cas pour 100 000, quand le seuil d’alerte est à 50″. 

Pour le médecin, l’immunité collective n’y fera rien, elle est trop faible en France pour permettre d’éviter la propagation et en plus, on ne sait pas si cette immunité protège longtemps donc, pour lui, il ne faut pas compter dessus. La seule solution pour éviter la deuxième vague, c’est de faire beaucoup plus attention qu’aujourd’hui, et pas seulement en portant davantage le masque. Il faut des mesures de distanciation beaucoup plus drastiques, d’après lui.

Le Professeur Annane ne décolère pas, par exemple, quand il entend que des centaines de milliers de Français ont pris le train le week-end dernier sans autre protection que le masque : « On ne peut pas imaginer une seule seconde que ce déplacement massif de personnes, au même moment, n’ait pas été une opportunité de contamination importante. »

Dès le mois de juillet, on aurait du étaler les départs et retours de vacances, établir des zones, comme aux petites vacances, pour ne pas envoyer tout le monde au même moment sur le rail, la route, les plages et les restaurants du littoral, estime le médecin. Idem pour les terrasses de café. On y est beaucoup trop serrés : « Il faut impérativement que sur ces terrasses on respecte beaucoup mieux la distanciation physique, en espaçant d’au moins 1,50 m. Cette distance doit être imposée et respectée ». Pour lui, il faut réguler beaucoup plus drastiquement aussi la fréquentation des parcs, des plages, des zones touristiques pour éviter la foule.

Et sans compter avec la folie des rave party et autres concerts sauvages qui rassemblent des centaines voire des milliers de participants décérébrés (https://www.franceinter.fr/societe/danser-la-seule-et-derniere-liberte-immersion-dans-une-free-party-post-covid) :

« Dans quinze jours ou trois semaines, on risque de commencer à avoir des tensions en réanimation, si on ne fait rien tout de suite« , alerte-t-il. Car la deuxième vague, dont il prédit l’arrivée, pourrait d’après lui frapper plus fort encore que la première. Pourquoi plus fort ? Parce qu’on ne part pas de zéro comme l’hiver dernier, il y a encore des patients hospitalisés, et le virus, depuis six mois, n’est jamais revenu au point mort ; parce qu’il est partout et plus seulement dans le quart Nord-Est ; parce que le froid va revenir ; parce que la dynamique mondiale est plus forte qu’au printemps dernier. Parce que « les jeunes qui se contaminent en nombre, en ce moment, sans symptômes, risquent d’abondamment contaminer autour d’eux dans les semaines à venir« .

Mais pour le chef de service de réanimation : « C’est quelque chose qu’on peut encore endiguer, mais il est clair que si on ne fait rien maintenant, on aura fin août début septembre des débuts de tension en réa ». La rentrée ? « Je ne sais pas la configuration qu’elle aura, tout dépend de ce qu’on fera d’ici là. » 

Probablement rien ou si peu et vous en serez les témoins après le conseil de défense sanitaire réuni par Emmanuel Macron aujourd’hui même !

À l’hôpital de Garches où travaille le Professeur Annane, le service d’infectiologie avait fermé l’unité dédiée aux patients Covid au mois de juin. Il a décidé de la rouvrir la semaine dernière, et les six lits rouverts pour commencer sont déjà remplis…

Ces gens sont fous.

Le 11 août 2020.

Pour le CER, Hippocrate, Conseiller à la santé publique.

Le honteux business des ONG pseudo-humanitaires touché au coeur.

10 Août

Hier, Emmanuel Macron s’est cru obligé de verser quelques larmes de crocodile sur le sort de six victimes du terrorisme islamiste, morts assassinés au Niger. Mais il s’est bien gardé de révéler aux Français qu’il s’agissait de membres de l’ONG française « Acted« , l’une des plus factices dans le domaine humanitaire mais des plus active dans celui du fricotage…

Car, que faisaient ces six jeunes gens au Niger ? A part profiter de leur repos dominical pour aller faire un safari photo dans la réserve de Kouré qui abrite un joli troupeau de girafes péralta.*

Ils étaient supposés « soutenir les populations nigériennes et de les accompagner dans la construction d’un futur meilleur en apportant une réponse adaptée à des besoins précis. » Bien vague quand on sait que le Niger n’est que la plaque tournante de la traite négrière, carrefour et point de départ des routes par lesquelles les hordes migrantes subsahariennes gagnent la Libye puis, au travers de la Méditerranée, le continent européen. Vous en trouverez d’ailleurs l’exposé dans l’un de nos articles : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/11/08/routes-migratoires-ce-nest-pas-la-bienveillance-qui-paie-cest-la-fermete/ .

Concernant ces fameuses activités humanitaires, les dirigeants d’ « Acted » se sont montrés d’une discrétion de violette lorsqu’il leur a fallu répondre aux journalistes au cours d’une conférence de presse donnée aujourd’hui à Paris. Ils se sont contentés, au travers de la description des circonstances de l’attentat, d’essayer de minimiser les responsabilités de leur association alors que tout le pays est classé comme dangereux par le Quai d’Orsay. A fortiori pour une activité touristique comme un safari photo…

L’avocat de l’ONG, Joseph Breham (spécialiste du « droit-de-l’hommisme« ), s’est lui aussi efforcé de son côté de banaliser les rôles respectifs dans cette terrible et inqualifiable affaire (https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/niger/attaque-meurtriere-au-niger-il-s-est-passe-l-inimaginable-dans-l-endroit-le-plus-zen-du-pays-selon-l-avocat-de-l-ong-acted_4071369.html).

Mais ces six jeunes-gens étaient là aussi pour étoffer leur curriculum vitae (CV) !

Car, cette ONG est l’une de celles qui profite le plus de ses réseaux internationaux pour permettre aux enfants de l’oligarchie au pouvoir d’obtenir les titres nécessaires à leur future carrière. En effet, il n’est désormais plus possible de prétendre à des postes importants (nationaux autant qu’internationaux) sans avoir réalisé un « stage » dans l’une de ces ONG et acquis ainsi des compétences jugées indispensables pour prétendre à un emploi dans les grandes sociétés industrielles ou commerciales, dans le cadre de la mondialisation : ouverture au monde, immigrationnisme ou gestion du « Grand Remplacement » (https://www.guidisto-volontariat.fr/domaines-missions/ong/ et aussi cet article essentiel pour tout comprendre : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/07/02/un-nouveau-mythe-de-lhumanitaire-chez-les-etudiants/ ).

Voici d’ailleurs les cinq raisons mises en avant pour justifier ces petites manigances idéologiques intitulées « voyage humanitaire » :

5 raisons de faire un voyage humanitaire quand on est étudiant

Mettre son énergie et son temps libre au service d’une bonne cause

Faire des rencontres enrichissantes (locaux et autres volontaires)

Progresser en langues étrangères : anglais, espagnol ou autre

Développer sa citoyenneté mondiale et sa conscience militante

Enrichir son CV d’une expérience de stage valorisante

 

Mais il faut aussi que vous sachiez que ces « formations » au sein de ce type d’organisations….sont payantes ! Et même fort cher. De l’ordre de plusieurs milliers d’euros par mission de quelques semaines. Ce qui explique l’étonnante richesse de ces ONG et donc leur capacité de nuisance.

Et vous voudriez que nous nous joignions au choeur des pleureuses tandis que notre pays meurt de ces complots internationalistes ? 

Nous ne mangeons pas de ce pain là.

Le 10 août 2020.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Voici ce que dit un document publicitaire de ce lieu prétendument touristique :  » Située à une cinquantaine de kilomètres du côté est de Niamey, la Réserve de Girafes de Kouré constitue l’attraction majeure de la commune. Coup de cœur des touristes depuis quelques années, elle invite à la découverte d’une espèce endémique, la Giraffa camelopardalis peralta. Venez donc les surprendre, par une passionnante excursion, tantôt gambadant paisiblement au cœur de la savane, tantôt allongeant leur cou pour attraper du bout de leur langue de minuscules feuilles d’acacias. N’hésitez pas à y faire un tour pour contempler la magnificence de ces imposants animaux ! « 

Covid-19 : à Paris, l’automne sera chaud. Quant à l’hiver…

9 Août

Ce ne sera pas faute d’avoir dénoncé l’insouciance, pour ne pas utiliser un terme plus violent, des écervelés qui, dès le déconfinement du 11 mai dernier, se sont rués dans les magasins, sur les places publiques, les quais de la Seine et autres squares ou se sont livrés à des manifestations festives aussi stupides qu’inutiles. Comme ce ne sera pas faute non plus d’avoir sonné l’alarme vis-à-vis de la circulation du Covid-19 au sein de la population et préconisé le maintien rigoureux de mesures préventives (limitation des rencontres et du nombre des participants aux réunions familiales comme aux divers spectacles organisés dans le pays, respect strict des distances entre individus, précautions antiseptiques ou port systématique du masque facial).

Rien n’y aura fait et à peine quelques semaines après la fin du confinement, tout est en train de recommencer ! Comme au mois de mars dernier. Même si nous n’en sommes pas encore à la situation de l’époque. Mais, ne désespérez pas…nous allons droit dans le mur. (Et si vous en doutez : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2020/07/17/il-etait-devenu-urgent-dattendre/ mais aussi https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2020/08/07/si-vous-croyez-encore-que-la-france-peut-etre-sauvee-ne-lisez-pas-ce-qui-suit/ ).

Aussi, ne vous étonnez pas que la mairie de Paris et la préfecture de police, face à cette nouvelle catastrophe annoncée mais impuissantes à l’empêcher, soient en train de mettre en place l’obligation de porter un masque facial dans la capitale. Bientôt rejointes par quasiment toutes les villes de l’Ile-de-France. Nul doute que nos édiles seront entendus et que leurs recommandations seront suivis d’effet…surtout en Seine-Saint-Denis !

Hélas, il est déjà trop tard car le mal est fait et le ver viral déjà dans le fruit.

Alors que cette protection avait d’abord été présentée comme inutile voire nuisible (si vous en avez cru Sibeth Ndiaye, ci-devant porte parole du gouvernement), l’obligation de la porter dans les lieux publics les plus fréquentés devient depuis quelques semaines une des armes privilégiées par les communes pour faire face à la propagation du Covid-19. Il n’y a, c’est bien connu, que les imbéciles qui ne changent pas d’avis nous dit-on…

La maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, avait fait une demande en ce sens, mardi 4 août, auprès du préfet de police Didier Lallement. Après discussions, le représentant de l’Etat a finalement décalé de quelques jours la signature de l’arrêté prévu. Car plutôt qu’une mesure cantonnée à la capitale, l’Etat prépare une décision à l’échelle de l’Ile-de-France. « Ce sera en principe pour la semaine prochaine, le temps que des discussions aient lieu avec les préfets dans tous les départements de la région », explique-t-on à la Préfecture de police.

Toutes les rues de toutes les communes ne seront pas concernées. Porter un masque ne devrait devenir obligatoire à l’extérieur que dans des zones jugées problématiques. Celles où il y a souvent beaucoup de monde, des regroupements, parfois des fêtes, et où respecter une distance d’au moins un mètre entre chaque personne se révèle impossible : les rues étroites et commerçantes, les marchés, le canal Saint-Martin ou les quais de Seine à Paris, par exemple. Les préfets devraient fixer un cadre global, indiquant la liste des types de lieux visés, et laisser les maires ajuster les mesures à la réalité de chaque commune.

« Imposer le masque là où il y a des rassemblements, nous y sommes favorables,approuve-t-on au siège de la région, présidée par Valérie Pécresse. Il faut tout faire pour éviter un nouveau confinement, et permettre la reprise économique. »

Trop tard, bande d’abrutis !

A la Mairie de Paris, rendre le masque obligatoire, non seulement dans les espaces publics clos, le métro, le bus, mais aussi certaines rues très passantes, donc réduire la liberté de chacun pour un gain difficile à évaluer, n’a pas été une mesure facile à prendre.

Mais les résultats des tests effectués quotidiennement sont nets. Depuis le 25 juin, le nombre de personnes diagnostiquées positives au cours des sept jours écoulés n’a cessé de croître, passant de 5,5 pour 100 000 habitants à plus de 30 pour 100 000 habitants au 2 août. Presque six fois plus. La hausse est particulièrement vive depuis le 25 juillet.

Selon ce critère, Paris est devenu le troisième département le plus atteint de France, derrière la Guyane et la Mayenne. Plusieurs autres départements proches de la capitale sont touchés, comme la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne, le Val-d’Oise et l’Essonne. Globalement, le taux de tests positifs dans la population demeure assez bas, mais deux fois plus important en région parisienne que dans le reste du pays.

« Il y a eu un infléchissement clair, constatait mardi Anne Souyris, l’adjointe chargée de la santé à la Mairie de Paris. C’est désolant, mais nous sommes au début d’une deuxième vague. »

Quelle surprise !

(https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2020/07/16/deuxieme-vague-pandemique-en-vue-que-fait-le-gouvernement/)

A Paris et en banlieue, la résurgence de la pandémie commence aussi à se sentir dans les passages en réanimation, qui augmentent à nouveau. Un signe notable, même si, à ce stade, il reste heureusement (encore) de la place dans les hôpitaux.

Face à une telle situation, les élus d’Ile-de-France comme d’ailleurs ne veulent surtout pas se retrouver accusés d’avoir vu la vague arriver sans rien faire. Dans la capitale, on vérifie donc les stocks de masques, de blouses, de charlottes, pour éviter une nouvelle pénurie. On incite les cafés et les restaurants à demander leurs coordonnées aux clients, pour qu’ils puissent être contactés si un malade est identifié et faciliter la chasse aux clusters. La Mairie prépare aussi de grandes campagnes de test, malgré le manque de personnes habilitées à effectuer les prélèvements. Bref, tout ce que nous exigions dès le mois de mars devient subitement indispensable.

En annonçant, le 31 juillet, qu’il laissait aux préfectures la possibilité « d’étendre l’obligation de port du masque aux lieux publics ouverts, (…) en fonction de l’évolution de l’épidémie dans chaque territoire », le ministre de la santé, Olivier Véran, a ajouté une arme à l’arsenal. Des dizaines et des dizaines de communes ont demandé à l’utiliser, dans l’espoir d’endiguer le retour du virus et d’éviter un reconfinement général ou local.

Cette mesure politiquement spectaculaire est-elle pour autant utile sur le plan sanitaire ? A l’air libre, les gouttelettes qui transportent le virus se dispersent, surtout s’il y a un peu de vent. Les risques de transmission de la maladie sont donc bien plus réduits qu’en milieu clos. Presque vingt fois plus faibles, selon une étude publiée par une équipe japonaise en avril. Ils ne sont sans doute pas nuls pour autant, en particulier en cas de forte promiscuité, comme sur certains marchés ou lors de fêtes. C’est bien pour cette raison que nous affirmons que le masque ne suffit pas et que d’autres mesures d’accompagnement (distanciation sociale en particulier) s’imposent.

Dans son dernier avis au gouvernement, daté du 27 juillet, le conseil scientifique admet que la communauté médicale manque de certitudes concernant les modes exacts de contamination, la « part relative de la transmission gouttelette et aérienne », et donc les mesures barrières à privilégier. Mais, dans leur avis, les scientifiques se montrent dépités devant le relâchement des comportements depuis la fin du confinement. Ils suggèrent donc de recourir à la fois à la pédagogie et à la contrainte. « L’obligation du port du masque dans les lieux publics clos est une mesure qui pourrait être étendue à l’ensemble des lieux publics », écrivent-ils. Une nouvelle application du principe de précaution, à laquelle souscrivent de plus en plus de maires.

Effectivement, l’automne sera chaud. Quant à l’hiver…Et encore ne parlons-nous pas ici des conséquences économiques et sociales !*

Le 9 août 2020.

Pour le CER, Hippocrate, Conseiller à la santé publique.

* Relire ceci : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2020/06/28/pour-le-fmi-la-crise-economique-post-covid-sera-sans-precedent/

Communiqué du CER.

8 Août

Le gouvernement de la République s’accorde trois semaines de vacances. Il n’y a donc pas de raison pour que les acteurs du Conseil dans l’Espérance du Roi ne prennent pas un peu de repos aussi. D’autant que la rentrée économique et sociale mais aussi politique s’annonce…chaude et probablement très rude.

Le rythme de nos publications sur ce blogue (et sous réserve d’évènements particuliers) va donc ralentir sans pour autant s’interrompre. Nous vous remercions par avance de votre patience et, surtout, de votre fidélité. Rendez-vous, au complet, le 17 août prochain.

Le 2 août 2020.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Retentissant camouflet du Conseil constitutionnel à l’encontre du gouvernement.

8 Août

Et Pan ! sur le bec. Une vraie claque pour la majorité et pour le nouveau ministre de la justice, Eric Dupond-Moretti. Le Conseil constitutionnel saisi, avant sa promulgation, de la loi « instaurant des mesures de sûreté à l’encontre des auteurs d’infractions terroristes à l’issue de leur peine », a décidé, vendredi 7 août, d’en censurer l’essentiel des dispositions, si ce n’est le cœur.

Votée définitivement le 23 juillet par le Sénat et le 27 juillet par l’Assemblée nationale, cette loi prévoyait d’imposer des mesures restrictives de liberté à des sortants de prison condamnés dans des affaires liées au terrorisme islamiste. Ces personnes ayant définitivement purgé leur peine, donc en règle avec la justice de la République, devaient faire l’objet d’une évaluation avant la sortie de prison.

En fonction de leur « particulière dangerosité », la justice aurait pu ordonner des mesures allant de l’obligation de solliciter l’autorisation d’un juge pour changer de travail ou de domicile jusqu’au port d’un bracelet électronique en passant par l’obligation de pointer trois fois par semaine dans un commissariat ou une gendarmerie. Décidées pour un an, ces mesures étaient renouvelables jusqu’à un maximum de dix ans après la sortie de prison de l’intéressé. De bonnes mesures mais qui n’étaient en réalité, à nos yeux, qu’un pis-aller puisque notre volonté farouche et non négociable reste

C’est-à dire la déchéance de la nationalité française et l’expulsion du territoire national.

La présidente de la commission des lois de l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet (La République en marche, LRM) et Raphaël Gauvain, député LRM de Saône-et-Loire, ont rédigé cette proposition de loi avec le plein soutien du gouvernement pour répondre aux demandes des services de renseignement et à l’inquiétude du parquet national antiterroriste créé il y a tout juste un an. Au Sénat, le président de la commission des lois, Philippe Bas (Les Républicains), avait de son côté rédigé une proposition de loi comportant des mesures équivalentes, ce qui a facilité la convergence des deux assemblées.

Selon les chiffres donnés par M. Dupond-Moretti au Sénat le 21 juillet lors de l’examen de ce texte, 21 personnes condamnées pour un délit ou crime terroriste sortiront de prison à l’issue de leur peine en 2020, 62 personnes en 2021 et 50 en 2022. Soit 133 terroristes islamistes libérés sans autre forme de procès au seul prétexte qu’il ont purgé la peine ridicule à laquelle ils ont été condamnés et sont donc en règle avec la société ! Il s’agit pour l’essentiel de condamnés à des peines comprises entre sept et dix ans pour un délit qui n’est pas directement lié à un acte terroriste. Ceux, plus rares, condamnés pour crime, ont des peines de réclusion souvent de plusieurs dizaines d’années que, bien évidemment, ils n’effectuent jamais….

Depuis la loi antiterroriste de 2016, ils ne peuvent plus bénéficier de mesure d’aménagement et de suivi en fin de peine et sont donc l’objet de « sorties sèches ». Jean-François Ricard, le procureur antiterroriste, avait affirmé devant la délégation parlementaire au renseignement, où siègent notamment Mme Braun-Pivet et M. Bas, qu’ils représentent la principale menace terroriste des années à venir. Vous rendez-vous compte ? Nos responsables savent pertinemment que ces assassins sont des bombes à retardement mais décident malgré tout de les laisser en liberté. Nous marchons sur la tête.

En la matière, les soucis du gouvernement avaient commencé avec un avis du Conseil d’Etat. Conscient des risques d’inconstitutionnalité de mesures restrictives de liberté imposées par une sorte de justice préventive, non pas en raison d’une infraction commise mais du risque que la personne en commette une à l’avenir, le Conseil d’Etat avait été consulté en amont. Plusieurs de ses recommandations émises dans un avis très circonstancié ont d’ailleurs été suivies par les parlementaires. Le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand (LRM), ainsi que 60 sénateurs et 60 députés de l’opposition de gauche, ont néanmoins saisi le Conseil constitutionnel dès la loi votée.

La censure ne porte pourtant pas sur le principe de telles mesures. Dans sa décision publiée vendredi, le Conseil constitutionnel souligne, d’une part, qu’elles ne sont ni une peine ni une sanction ayant le caractère d’une punition. Il réaffirme, d’autre part, que la lutte contre le terrorisme « participe de l’objectif de valeur constitutionnelle de prévention des atteintes à l’ordre public » (ndcer: démontrant ainsi que notre exigence d’éloignement définitif de ces individus est logique et nécessaire). Le législateur était donc « fondé » à décider de mesures destinées à « prévenir la commission d’actes troublant gravement l’ordre public ».

Et pourtant…

Les gardiens de la Constitution jugent que, même dépourvue de caractère punitif, toute mesure de sûreté doit respecter le principe résultant de la Déclaration des droits de l’homme et des citoyens de 1789, « selon lequel la liberté personnelle ne saurait être entravée par une rigueur qui ne soit nécessaire ».

Et là, les membres du Conseil constitutionnel ne marchent plus sur la tête. Ils ont perdu la tête !

Autrement dit, le législateur doit assurer « la conciliation entre la prévention des atteintes à l’ordre public et l’exercice des droits et libertés constitutionnellement garantis ». Aussi, rappellent-ils, les atteintes à la liberté d’aller et de venir, au droit au respect de la vie privée et au droit de mener une vie familiale normale « doivent être adaptées, nécessaires et proportionnées à l’objectif de prévention poursuivi ».

En l’occurrence, selon l’institution présidée par Laurent Fabius, cette loi « permet d’imposer diverses obligations ou interdictions, le cas échéant de manière cumulative, qui portent atteinte » à ces droits et libertés. « Tel est ainsi le cas de l’obligation d’établir sa résidence dans un lieu déterminé, de l’obligation de se présenter périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie, jusqu’à trois fois par semaine, de l’interdiction de se livrer à certaines activités, de l’interdiction d’entrer en relation avec certaines personnes ou de paraître dans certains lieux, catégories de lieux ou zones et de l’obligation de respecter les conditions d’une prise en charge sanitaire, sociale, éducative ou psychologique. »

Dans ces conditions, il redevient évident pour nous qu’afin de concilier deux démarches inconciliables, il n’y a qu’une seule solution :

Autre grief retenu par le Conseil constitutionnel, les durées maximales de ces mesures, de cinq ou dix ans, « s’appliquent en considération de la peine encourue, quel que soit le quantum de la peine prononcée ». Pire, cette mesure de sûreté peut concerner une personne condamnée à une peine assortie d’un sursis simple. Autrement dit pour un délit mineur, en deçà par exemple d’une simple velléité de départ en Syrie.

De plus, lit-on dans la décision, « alors que la mesure de sûreté ne peut intervenir qu’à l’issue de l’exécution d’une peine d’emprisonnement, il n’est pas exigé que la personne ait pu, pendant l’exécution de cette peine, bénéficier de mesures de nature à favoriser sa réinsertion ».

Dernier motif avancé pour juger inconstitutionnelles la totalité de ces dispositions, « les renouvellements de la mesure de sûreté peuvent être décidés aux mêmes conditions que la décision initiale, sans qu’il soit exigé que la dangerosité de la personne soit corroborée par des éléments nouveaux ou complémentaires »….

Le seul article de la proposition de loi qui échappe à la censure porte sur une disposition secondaire, apparue au cours des débats devant le Sénat, permettant un suivi sociojudiciaire de ces personnes, une fois leur peine de prison exécutée. Entendez l’illusoire « déradicalisation » dont nous avons démontré depuis bien longtemps qu’elle n’est qu’une vue de l’esprit (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/02/15/pourquoi-la-deradicalisation-est-elle-une-vue-de-lesprit/ et aussi https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/05/15/le-nouveau-djihad-est-en-occident/ ).

Malgré ce camouflet, Yaël Braun-Pivet veut remettre rapidement l’ouvrage sur le métier. « Nos appréciations divergent avec le Conseil constitutionnel sur les modalités des mesures, mais nous sommes d’accords sur les principes », assure-t-elle. « Tout le monde est d’accord pour reconnaître qu’une partie de ces sortants de prisons sont encore dangereux. Je pense que les mesures judiciaires apportaient les meilleures garanties tout en assurant la protection des Français », ajoute-t-elle, les mettant en balance avec les mesures de surveillances des services de renseignement et celles de police administrative issues de l’état d’urgence.

Non, madame Braun-Pivet, ces mesures n’apportent pas les meilleures garanties.

Encore une fois, seules la déchéance de la nationalité française et l’expulsion du territoire sont la réponse adaptée à la situation.*

Malgré les inquiétudes manifestées par la Commission nationale consultative des droits de l’homme ou le Conseil national des barreaux, la proposition de loi n’a guère suscité l’intérêt en dehors de quelques cercles spécialistes. Défendue au Palais Bourbon en juin par Nicole Belloubet, puis en juillet au Palais du Luxembourg par son successeur au ministère de la justice, Eric Dupond-Moretti, elle a fait l’objet d’un examen en procédure accélérée à la demande du gouvernement qui savait pertinemment qu’elle serait retoquée et en a donc accepté les conséquences : la libération « sèche » des terroristes pour le plus grand danger de nos compatriotes. Un aspect sanglant du « Grand Remplacement« …

Mme Belloubet avait esquissé une seule réserve devant les députés contre le risque de mesures disproportionnées. « Assurer un suivi électronique permanent d’une personne constitue une mesure particulièrement restrictive de liberté, disproportionnée pour une personne qui a déjà purgé sa peine », avait-elle osé dire à l’Assemblée le 22 juin.

Très attendu sur ce texte, M. Dupond-Moretti, qui, dans sa vie antérieure d’avocat, s’était opposé à la loi de 2008 sur la rétention de sûreté, a défendu ce texte en assurant qu’il était « équilibré » et respectait les principes fondamentaux en matière de liberté. Le Conseil constitutionnel en a jugé autrement.

Le ministre de la justice n’a pas souhaité réagir à la décision du Conseil constitutionnel. « M. Dupond-Moretti a été mal inspiré de rompre avec les convictions qu’il défendait auparavant au nom de la nouvelle cause ministérielle qu’il a rejoint », commente Jean-Pierre Sueur, sénateur socialiste du Loiret, signataire du recours contre la loi. Mais Shakespear ne nous l’avait-il pas annoncé dans Richard III :

« Un cheval ! Mon royaume pour un cheval ! » A moins que ce ne soit pour un plat de lentilles…

Pour l’universitaire Nicolas Hervieu, l’un des apports de cette « importante décision est de faire porter sur le ministère de la justice une obligation d’engager un processus de réinsertion pour ces personnes détenues avant d’envisager d’éventuelles mesures de sûreté qui ne devraient être qu’un dernier recours ».

Pour la majorité et le gouvernement, la décision du jour est un second camouflet en quelques semaines sur des questions de respect des libertés fondamentales. Le 18 juin déjà, le Conseil constitutionnel infligeait une censure aussi cinglante et générale à la proposition de loi de Laetitia Avia contre la haine en ligne.

Pauvre Emmanuel Macron ! Pauvre Eric Dupond-Moretti !

Le 8 août 2020.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Nous avons déjà, à de nombreuses reprises, précisé que, dans les cas exceptionnels où la déchéance de nationalité ou l’expulsion s’avèreraient impossibles, la réinstitution de la peine de relégation définitive dans un bagne ad hoc apparaîtrait comme une alternative acceptable.

Si vous croyez encore que la France peut être sauvée ne lisez pas ce qui suit…

7 Août

Car vous allez comprendre pourquoi nous sommes perdus.

Et, pour une fois, il ne s’agira pas de la tragédie migratoire !

Il nous faut en effet vous montrer à quel degré d’égoïsme, d’hédonisme et, surtout, d’inconscience sont tombés les plus jeunes de nos compatriotes. Creusant ainsi les tombes de leur anciens avant de creuser les leurs. Au fond, rien que de très normal dans le cours du temps et de notre histoire…

Car, en dépit des préconisations pour juguler un rebond possible de la contagion par le coronavirus, préconisations désormais bien comprises, acceptées et généralement mises en oeuvre par la plupart des personnes à haut risque, beaucoup (et même beaucoup trop) de jaunes écervelés, se refusent à mettre un masque, à utiliser les produits désinfectants et à respecter les gestes barrières. Et un nombre considérable de fêtes s’organisent dans le mépris de toute précaution sanitaire. Au point que les statistiques les plus récentes concernant les nouvelles admission dans les hôpitaux d’île de France, en rapport avec le coronavirus, sont sans appel : elles concernent pour moitié des cas d’importation étrangère (depuis que nos frontières ont été rouvertes) et, pour une autre moitié, des cas consécutifs à des manifestations festives (concerts publics de musiques modernes à la gestuelle débridée et réunions familiales).

Or, TOUT LE MONDE SAIT que c’est précisément…ce qui borde le lit du coronavirus !

Pour les fêtards, l’ambivalence est de mise et s’exprime parfois de façon presque naïve quand ils déclarent qu’ils comprennent la nécessité du masque quand ils font leurs courses, mais revendiquent le droit de souffler à certains moments. Un « Je sais bien mais quand même » préside à leurs comportements.

S’il s’agit de renoncer à des plaisirs élémentaires pour eux, ce gain de sécurité n’est pas nécessairement perçu comme enviable à ce prix. Il s’agit de jouir de son existence sans regarder le prix à payer, et sans souci des autres. Dans l’existence réelle, l’affectivité est toujours première et subordonne une rationalité, reformulée selon les circonstances. Mais, avertis du danger, nombre d’individus de notre époque persistent dans leur conduite à cause du plaisir qu’ils y prennent ou parce qu’ils considèrent que les autres ne sont que les autres et qu’en ce qui les concerne, ils ne craignent rien. Un aveuglement mortifère mais si expressif de l’état du monde d’aujourd’hui, l’ère du « chacun pour soi » que l’on peut observer partout, dans son immeuble, un magasin ou sur la route…

Les justifications sont parfois ambiguës, reposant sur les mauvaises informations trop longtemps délivrées par le gouvernement et ses acolytes du Conseil scientifique : « On est jeune, on n’est pas à risque, on ne risque rien ». Pourtant, certains d’entre eux sont porteur du virus et donc susceptibles de le transmettent à leurs proches ou à des anonymes au fil de leur circulation dans les transports en commun ou ailleurs, au sens le plus large. La liberté de « profiter de la vie » comme certains l’affirment est aussi parallèlement une liberté de propager le virus. Le « on ne risque rien » est une phrase terrible, manière de dire « après moi, le déluge ».

Le pire, c’est qu’ils pensent et font ce qu’ils disent !

Ces gestes démonstratifs de contact physique, sans masque, ou ces fêtes sans respect des gestes barrières traduisent une manière de se sentir au-delà des lois communes. C’est la négation de toute appartenance à une communauté historique autant que de vie. Mais on ne la leur fait pas ! Ils s’affranchissent de l’autorité politique ou médicale perçue comme paternalistes. Ils affichent qu’ils n’ont pas froid aux yeux. Qu’un minuscule virus ne leur fait pas peur. Ils se moquent de ceux qui se protègent. Ils vivent la puissance de la transgression.

Hélas, dès le lendemain, autour de la machine à café de leur travail ou à leur bureau, en rentrant chez eux ou en allant embrasser grand-mère, certains disséminent le virus. Et il ne s’agit pas pour eux d’argumenter mais d’afficher leur indifférence, à l’image de ce jeune interrogé : « on n’en a rien à foutre ». Hélas, cette affirmation péremptoire exprime toute la décadence de notre pays dans tout ce que nous n’avons pas su ou pas pu (car beaucoup nous en empêchaient) leur enseigner. Ils ne se sentent pas concernés par leur responsabilité. Ils se détachent du lien social dans l’affirmation d’une jouissance pure qui ne tolère aucun obstacle, sans souci des éventuelles conséquences pour les autres de ces rapprochements multiples. Ils sont dans la société mais ne font plus société.

Mais une telle attitude n’est pas innée. ELLE EST ACQUISE. Qui sont donc les responsables et qui seront un jour les coupables ?

Lors du confinement ou après dans le maintien des précautions sanitaires, aucune identification collective n’a réussi à construire une réelle unité de pensée et d’action. Le cadre éthique et normatif fixé par les médecins et les politiques, s’il a été globalement respecté, n’a cessé d’être contesté par beaucoup d’écervelés. Les « lockdown parties » (fêtes du confinement) ont existé pendant toute la période de confinement, elles étaient clandestines, recrutaient les jeunes générations par la médiation des réseaux sociaux. On l’a vu tout particulièrement dans les territoires interdits de la république comme les quartiers malfamés de nos banlieues, peuplés d’habitants allogènes. Mais pas que…

Les fêtes se tenaient chez des particuliers ou dans des locations de courte durée. Certaines ont provoqué des conflits de voisinage par le bruit et les gênes occasionnés. Les immeubles étaient envahis de fêtards peu soucieux de gestes barrières ou de masque. Les mesures sanitaires inexistantes mettaient en effet en péril la santé d’habitants attentifs à leur protection.

Et que faisait la police ? RIEN.

Car elle avait l’ordre des autorités d’éviter tout conflit pouvant conduire à des « brutalités policières » voire à des stigmatisations racistes…

Nos sociétés démocratiques affirment l’égalité des acteurs, et rejettent toute position de hiérarchie. Les médecins, les infectiologues, les politiques impliqués dans le rappel insistant des mesures de protection sont désavoués. La légitimité conférée aux politiques par les élections ne suffit plus, ni même la formation des scientifiques. La récusation de toute forme d’autorité soutenue par un statut multiplie les rapports de force. La revendication de liberté, entendue ici comme un détachement du collectif, fait peu de cas du civisme demandé par les autorités sanitaires, elle traduit même un désengagement moral. Le lien social se fragmente en une mosaïque d’individus poursuivant leur intérêt propre dans l’indifférence à l’ensemble.

Ainsi va la France.

« Ensemble » est désormais un terme de circonstance quand il s’agit de partager, un moment, des intérêts privés. L’individu ne se sent plus en lien avec les autres, il ne considère plus avoir de compte à leur rendre. L’individualisation grandissante du sens et du rapport à l’autre transforme le lien social en pure utilité et de moins en moins en exigence morale. Dès lors la souveraineté individuelle peine à tolérer les limites et donc la souveraineté de la Nation.

Ainsi est aujourd’hui la France.

Le 7 août 2020.

Pour le CER, Hippocrate, Conseiller à la santé publique.

Don Juan Carlos de Borbón : ne croyez pas les calomniateurs.

5 Août

Soupçonné de corruption, l’ancien roi d’Espagne, Juan Carlos, a annoncé lundi 3 août, dans une lettre à son fils l’actuel souverain Felipe VI, qu’il quittait le pays.

Indépendamment de la nature des faits qui sont reprochés à l’ancien roi et à leur réalité (dont nous ne connaissons à peu près rien si ce n’est des écarts de conduite dans sa vie privée et sentimentale), il apparaît de plus en plus évident qu’une attaque en règle, et particulièrement violente, est menée par le pouvoir socialo-communiste en place contre le régime monarchique et non pas seulement Juan Carlos. Le maître d’oeuvre et chef de file de cette cabale politique est, comme on pouvait s’y attendre, l’hyper-gauchiste Pablo Iglesias qui en a fait de longue date son fonds de commerce. Malheureusement, il se trouve qu’aujourd’hui, du fait des combines du chef du gouvernement Pedro Sanchez, Iglesias a été parachuté deuxième vice-président du conseil et ministre des Droits Sociaux et de l’Agenda 2030. Il en profite pour placer partout  ses créatures révolutionnaires.

La profanation de la sépulture du général Franco, en novembre 2019, organisée et mise en oeuvre par ses sbires, aurait dû rendre la famille royale plus méfiante…

Nous voilà revenus en 1931. Vivement 1936.

Car, en vérité, ce n’est pas un exil mais un départ, comme le fut celui d’Alphonse XIII en 1931, dans le but de préserver ce qui peut l’être des institutions monarchique de l’Espagne. Mais il y a manifestement été poussé vigoureusement par une conjuration gouvernementale avec le concours contraint du roi présent.

Depuis plusieurs semaines, la pression politique s’était faite de plus en plus lourde, au point que l’institution monarchique elle-même se trouve remise en question. qui aujourd’hui est remise en question. Cette institution, voulue et remarquablement mise en place par l’habileté et le pragmatisme du général Franco, dès 1969, devrait pourtant rassembler les Espagnols.

C’était son rôle historique et celui de Juan Carlos au moment de la transition démocratique, après la mort du général Franco en 1975 et les soubresauts de sa succession.

Pour la gauche au pouvoir, alliée à l’extrême gauche, l’objectif est simple et constant : abolir la monarchie et réinstituer une république révolutionnaire. En d’autres termes, ces malades mentaux et autres assassins, prétendent remporter aujourd’hui la guerre qu’ils ont perdue entre 1936 et 1939. Pour y parvenir, le gouvernement a largement contribué à préparer et organiser la décision du roi Juan Carlos.

Dans sa lettre à son fils, le roi Juan Carlos affirme d’ailleurs que son geste n’est pas une décision personnelle. Il dit aussi qu’il part avec énormément de tristesse et qu’il a le sentiment d’avoir servi l’Espagne et d’avoir accompli son devoir. Il y a certes une sorte de mea culpa dans cette lettre mais, derrière, on doit y voir la revendication de son rôle historique et de sa légitimité. Mais, de son côté, le roi Felipe VI avait terriblement besoin que la pression sur l’institution monarchique descende.

Aujourd’hui, l’idée des socialo-communistes au pouvoir est d’arriver à un référendum sur la forme de gouvernement  de l’Etat espagnol, mais l’opinion publique reste très divisée sur le sujet, ce qui ne rassure ni Pedro Sanchez ni Pablo Iglesias. De sortes que, malgré tout, et toute la presse espagnole en témoigne, que c’est la décision la moins mauvaise possible pour sauver la monarchie. Que c’est une décision extrêmement douloureuse mais courageuse. Dans la Constitution de 1978 il est d’ailleurs clairement énoncé que la monarchie c’est Juan Carlos et ses héritiers. Ce n’est pas simplement un membre de la famille royale que l’on écarte parce que son comportement ne serait pas correct, c’est le tronc de la famille royal que l’on veut abattre.

Mais, ne vous y trompez pas, derrière cette opération de politique politicienne abattre la monarchie n’est que le masque d’une guerre plus terrible encore menée par l’extrême gauche radicale contre la démocratie espagnole et toutes ses expressions. Si Pablo Iglesias y parvenaient, les Espagnols y perdraient non seulement leurs libertés, si chèrement acquises, mails aussi leur âme.

La monarchie fait partie du pacte passé entre Francisco Franco et les Espagnols et le vrai rôle de Juan Carlos a été d’unir une Espagne qui sortait d’années extrêmement difficiles, après la disparition de son prédécesseur. Le miracle qu’il a réussi c’est de faire en sorte que les premières élections entièrement libres de 1977 aient pu se faire avec toutes les forces politiques du pays, y compris…les pires.

Il n’en est manifestement pas récompensé, ce qui démontre que ces attaques menées contre lui ne sont que prétextes révolutionnaires aux mobiles beaucoup plus vastes. Ce n’est hélas pas nouveau !

Le 5 août 2020.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Dans les grandes villes françaises ce sont les néo-bourgeois des centres villes qui font le lit des écolos.

4 Août

Et donc de la gauche !

Vous savez, pour nous avoir lu, qu’à Paris les Bobos ont évincé les Parisiens les plus traditionnels au profit des écologistes et de La République en Marche. Mouvement que nous n’avons pas hésité à qualifier de véritable apartheid, mais dans un sens qui n’est pas celui des origines ! (Lire à ce propos : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/06/12/a-paris-les-bobos-ont-instaure-lapartheid-des-classes-moyennes/).

Mais il n’y a pas que Paris à évoluer défavorablement dans ce sens. Car « l’inconcevable » s’est aussi produit à Lyon, à Bordeaux, à Strasbourg et à Marseille. C’est ainsi que, dans la cité phocéenne, Michèle Rubirola, Médecin et conseillère départementale écologiste, totalement inconnue du grand public il y a six mois, a été élue maire de la deuxième ville de France, le 4 juillet, après vingt-cinq ans de règne du centriste prétendument de droite Jean-Claude Gaudin. Comment ce basculement historique a-t-il pu se produire et pourquoi ? Dans une épaisse note, intitulée « Comment la gauche néomarseillaise a éjecté la bourgeoisie locale ? », la Fondation Jean-Jaurès – qui s’est penchée sur les résultats des deux tours des élections municipales – donne quelques clés.

Le think tank progressiste analyse ainsi la montée en puissance de la « gauche culturelle » (entendez « Boboland« , comme à Paris) dans cette commune de 870 000 habitants, dont une partie s’est renouvelée au cours des dernières années. S’ils concèdent que la gentrification reste un phénomène « modéré (…) peu susceptible de faire bouger les équilibres locaux », et qu’il serait « absurde d’attribuer aux seuls néo-Marseillais la victoire » de Michèle Rubirola, le géographe Sylvain Manternach et l’essayiste Jean-Laurent Cassely soulignent le « rôle moteur » joué par une « classe moyenne et supérieure éduquée » dans le succès du Printemps marseillais. Ceux que l’on nomme aussi les ANYWHERE (qui sont de partout – c’est-à-dire de nulle part -) par rapport aux SOMEWHERE qui sont de quelque part, ainsi que les a défini David Goodhart (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/11/30/le-blanc-de-la-cocarde-saccorde-si-bien-au-jaune-des-gilets/).

Comme à Lyon ou a Bordeaux, qui ont vu le triomphe des écologistes, un électorat « rajeuni, culturellement favorisé et mobile », celui qui se presse dans les aéroports du monde entier, a eu raison d’un électorat de notables, plus âgés et installés dans les beaux quartiers, ou alors issus de la petite bourgeoisie davantage sédentaire. Le vote pour le Printemps marseillais a été ainsi d’autant plus fort dans les quartiers qui ont vu leur population changer depuis une quinzaine d’années, observent les auteurs de la note. Les trois arrondissements qui ont connu un renouvellement de plus de 30 % de leur électorat (le 1er, le 6e et le 2e) ont tous les trois donné au Printemps marseillais des scores supérieurs à 30 % au premier tour, soit 6 points au-dessus de sa moyenne (23,44 %).

Ce qui serait tout à fait similaire à ce qu’il se passe à Paris à une différence près : la gentrification nouvelle de certains quartiers parisiens périphériques (comme le 18e ou le 19e par exemple) y installe des colonies de Bobos qui repoussent en dehors du périphérique les anciens habitants moins fortunés. Ceux-ci se retrouvent alors en concurrence avec d’autres nouveaux venus issus de l’immigration, dans les villes des départements de la petite voire de la grande couronne.

A Marseille, l’arrondissement le plus renouvelé, le 1er, est celui qui offre au Printemps marseillais son meilleur score, avec une majorité absolue de 54,7 % des voix dès le premier tour, écrivent Sylvain Manternach et Jean-Laurent Cassely. A l’inverse, poursuivent-ils, dans les arrondissements d’« autochtones », « là où une plus forte part des électeurs est restée stable par rapport à la précédente élection (ndcer: les somewhere locaux), le score du Printemps marseillais est de 7 à 9 points en dessous de sa moyenne de premier tour ».

L’analyse de la Fondation Jean-Jaurès relève également que le Printemps marseillais a obtenu ses meilleurs scores dans les quartiers les plus centraux de la ville – un territoire clairement défini qui chevauche les 1e, 5e et 6earrondissements. Le 1er est « peuplé d’étudiants et d’intellectuels », le 5e a été gagné par le processus de gentrification et le 6e est plus bourgeois. « C’est aussi dans ces quartiers et arrondissements que réside une classe moyenne alternative à la petite bourgeoisie traditionnelle votant à droite », observent les auteurs de la note.

Dans l’hypercentre, l’émergence d’une force politique homogène traduit « un vote de militants de gauche, porté par les populations diplômées et d’intellos précaires du centre-ville, proches des nombreux collectifs et associations bâtis autour de l’écologie, de la mixité sociale, de l’aménagement urbain ». Un vote qui, dans un contexte d’abstention « historiquement élevée » – 64 % au second tour à Marseille –, voit son poids électoral prendre « une importance stratégique jamais acquise dans un scrutin jusqu’à présent ». Mais il faut bien prendre la mesure du corollaire de cette situation : ce sont les mêmes qui de leur militantisme en faveur de la mixité sociale passent le plus aisément à la mixité ethno-culturelle c’est-à-dire à l’immigrationnisme.

Et ce phénomène est général.*

L’analyse des bureaux les plus favorables au Printemps marseillais fait clairement émerger un cercle d’un ou deux kilomètres de diamètre dont l’épicentre est le quartier de la Plaine. Dans cette zone d’habitat dense, où prédominent les immeubles typiques en « trois fenêtres marseillais », prisés par les nouveaux arrivants, une dizaine de bureaux ont voté à près de 80 % pour les listes de Michèle Rubirola au second tour. De cet élan de centre-ville, militant et dégagiste, la Fondation Jean-Jaurès différencie un vote d’adhésion au Printemps marseillais plus centriste, dont une partie est « Macron-compatible ». C’est très précisément ce que nous décrivions à propos de Paris.

« Un vote émanant de quartiers préservés qui subissent de plein fouet l’urbanisation et la bétonisation de Marseille, lié à une population nouvellement arrivée qui, installée dans les quartiers de bord de mer, se confronte géographiquement et socialement à la bourgeoisie locale historique dont elle ne partage ni les valeurs ni la vision de la ville », explique la Fondation. Une bourgeoisie de néo-Marseillais « plus moderne et plus mobile » qui rêve d’une ville enfin en phase avec ses attentes dans les domaines de la propreté, du transport et du confort urbain. Mais aussi, rappelons-le, avec son ouverture obsessionnelle aux cultures de la rive Sud de la Méditerranée, toute pétrie de repentance enseignée par la gauche intellectuelle du dernier demi-siècle.

Les quartiers qui donnent de très bons scores au Printemps marseillais sont aussi ceux où s’est cristallisé le rejet de l’équipe sortante, dont Martine Vassal, la candidate Les Républicains, est l’héritière et dont, avouons-le, on ne peut pas leur faire grief ! Les arrondissements du centre-ville ont vécu très directement deux des crises majeures du dernier mandat du maire sortant, Jean-Claude Gaudin. D’une part, les effondrements de la rue d’Aubagne, le 5 novembre 2018, qui ont fait huit morts et ouvert une crise du logement indigne frappant directement près de 4 000 délogés – et donc beaucoup d’électeurs –, notamment en centre-ville.

Mais aussi la « bataille de la Plaine », affaire plus locale mais à la forte capacité de mobilisation. Une violente polémique autour d’un projet de rénovation de la place Jean-Jaurès (6e), brutalement imposé par la municipalité. Le chantier, débuté en octobre 2018, est toujours en cours. Il a transformé ce lieu de vie du centre-ville alternatif en un chaos de travaux à ciel ouvert qui n’a fait qu’accentuer la colère des habitants contre l’équipe en place. Le poids de cette opération d’aménagement controversée se lit dans les résultats du premier tour. Avec un électorat moins renouvelé que celui des quartiers voisins (26,73 % de nouveaux inscrits de plus de 24 ans), la Plaine a donné au Printemps marseillais un de ses meilleurs scores (41,7 %).

L’étude du vote dans le 3e secteur, remporté par Michèle Rubirola en personne, est sûrement celle qui apporte le plus de valeur à l’analyse de la Fondation Jean-Jaurès. On y voit le poids du Printemps marseillais dans une trame de rues en complète transformation dont la colonne vertébrale est le boulevard Chave. Cette artère jusqu’alors somnolente voit éclore, depuis quelques années, bars et restaurants nocturnes, épiceries paysannes et commerces branchés.

Le vote pour le sénateur Bruno Gilles (ex-Les Républicains, LR), vainqueur sans discontinuer des municipales dans ce secteur depuis 1995, apparaît comme repoussé vers une ceinture périphérique, par l’avancée de ce « nouveau Marseille ». Il illustre un « Marseille d’avant » qui s’appuie plus fortement sur des réseaux traditionnels, notamment à travers les comités d’intérêt de quartier, les clubs de boulistes ou de sport. Ce territoire prend naissance au-delà du Jarret, sorte de périphérique marseillais, et des voies de la gare Saint-Charles, et reste encore à l’écart du nouvel épicentre dynamique. L’étude observe ainsi « une ligne de séparation assez nette entre le Marseille dense des immeubles anciens, qui vote à gauche, et un Marseille périphérique, pavillonnaire et des immeubles plus récents, résidences ou grands ensembles, au nord et à l’est ».

Les auteurs observent en revanche que « l’élan réformateur du Printemps marseillais » a rencontré moins d’écho dans le sud de la ville, « où s’est installée de longue date une bourgeoisie plus économique que culturelle », ou à l’est, « où s’épanouit une version plus périurbaine de la vie marseillaise ». Même si certaines enclaves du sud, notamment autour du port de la Pointe-Rouge, que l’étude définit comme un « micromarché immobilier très prisé des nouveaux arrivants », se sont montrées plus favorables au changement. Il s’agit d’un basculement géographique inédit du centre de gravité de la gauche marseillaise.

A l’échelle de la ville, outre la rupture entre nord et sud, encore clairement visible à travers le vote favorable à Martine Vassal au premier tour, concentré au sud d’une ligne prolongeant le Vieux-Port, c’est une opposition entre gauche de centre-ville et droite périphérique que dessine la victoire de Michèle Rubirola. Les quartiers qui votent LR sont « pour la plupart moins denses, peu mixtes socialement et ethniquement et adoptent un modèle périurbain » qui s’appuie sur l’utilisation de la voiture.

Reflet de cette « gauche de centre-ville », le Printemps marseillais n’a d’ailleurs pas convaincu le gros de l’électorat populaire, notamment celui des quartiers nord de Marseille. A l’instar des autres métropoles, dans lesquelles les listes écologistes et citoyennes ont fait campagne, le discours des candidats du Printemps marseillais s’est principalement adressé aux habitants plutôt favorisés, en tout cas culturellement, et vivant dans le centre-ville. « Les militants des listes écologistes et citoyennes n’ont pas su appréhender les attentes des quartiers excentrés à forte composante immigrée », résument les auteurs. Autrement dit, les immigrés, on en veut bien (et même beaucoup) mais…chez les autres. Entendez, chez les SOMEWHERE, autrement dit les cons ! Comme à Paris.

Le 4 août 2020.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Il a cependant le mérite de nous permettre d’identifier facilement les ennemis de la Nation et de la France. Nos ennemis.

Dans la rubrique « chronique du métissage culturel tant désiré »…

3 Août

Vous les avez voulu, eh bien vous les avez. Et c’est bien fait pour vous.

Alors, de grâce, ne venez pas maintenant pleurnicher.

 

Les images ont tourné en boucle samedi sur les réseaux sociaux. Au pied d’un grand toboggan, une bousculade s’est transformée en bagarre géante impliquant deux centaines de racailles vendredi en fin d’après-midi dans un centre de loisirs d’Etampes (Essonne). Et ce, alors que plus d’un millier de personnes, dont des familles, profitaient des activités du centre de loisirs de cette ville de la région parisienne. Les esprits se sont échauffés et les voyous en sont venus aux mains, sous le regard impuissant des membres de la sécurité du centre.

L’incident, qui s’est terminé avec l’intervention des forces de l’ordre, n’a toutefois fait aucun blessé. Plusieurs vidéos de l’incident, relayées par Le Parisien et diffusées sur les réseaux sociaux, ont été vues des milliers de fois, provoquant l’indignation, en particulier en cette période de distanciation sociale liée au Covid-19.

Samedi soir, la présidente de la région Valérie Pécresse a dénoncé des « violences inacceptables » (sic). Elle a annoncé que la région va porter plainte et a précisé qu’elle se rendrait sur place ce dimanche pour tenir une réunion de sécurité avec les autorités.

Le 3 août 2020.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Ce ne sont plus de simples racailles de banlieue…

2 Août

Certains sont devenus des chef d’entreprises interlopes avec toujours un orteil voire même un pied dans l’islamisme et le reste dans les trafics. Mais toujours au nez et à la barbe de ceux qui devraient les surveiller et les mettre hors d’état de nuire.

Ce n’est pourtant difficile. Il suffirait de faire ce que nous réclamons depuis toujours : contrôler les utilisateurs de véhicules de sport ou de berlines haut de game.*

Mais, pour nous, contrôler signifie OBTENIR LA PREUVE QUE LE POSSESSEUR DUDIT VEHICULE DISPOSE DES MOYENS FINANCIERS DE TELS ACHATS ET QU’IL EST À JOUR DES SES OBLIGATIONS SOCIALES ET FISCALES. Contrôle au faciès ? Et après ? Si ça ne convient pas il suffit de ne pas vivre en France. Vous connaissez l’adage : « la France, tu l’aimes ou tu la quittes« .

En voici encore un exemple.

Cette nuit de janvier 2019 à Grenay, une petite ville de l’Isère, des cambrioleurs dévalisent le Gedimat, un magasin pour bricoleurs et professionnels du bâtiment. Fait divers banal. Un an plus tard, des suspects sont entendus à la gendarmerie d’Heyrieux. Comme le révélera plus tard Le Dauphiné libéré, l’un d’eux se vante d’avoir utilisé une partie du matériel subtilisé pour un autre vol, commis dix jours plus tard. Celui-là a ému la planète entière.

Dans la nuit du 25 au 26 janvier 2019, une camionnette se gare près du Bataclan, à Paris. Trois hommes découpent une porte de sécurité de la salle et l’emportent, avec l’œuvre qui la recouvre : un pochoir de Banksy. La star anonyme du street art avait ainsi rendu hommage aux victimes de l’attentat islamiste de 2015, en peignant une jeune femme au bord des larmes. Une œuvre, nommée depuis « La jeune fille triste » et si connue qu’elle paraît invendable.

La jeune fille triste sur la porte de secours du Bataclan

L’enquête patine. Elle rebondit finalement dans l’Isère et mène en Italie. Comme l’a révélé Le Journal du dimanche (JDD), elle suit la trace de Mehdi Meftah, 39 ans, un ancien gamin Magrébin de la banlieue lyonnaise. Signe particulier : il a créé une marque de streetwear de luxe empruntant son logo à Banksy…Curieux, non ?

Le 10 juin 2020, une quinzaine de carabiniers italiens et trois policiers français débarquent dans un modeste hôtel de Tortoreto (Abruzzes). Une dizaine de chambres, 50 euros la double l’hiver, 80 au plus fort de la saison estivale. Ils cherchent un paquet laissé par Mehdi Meftah. Le propriétaire, Giacomino P., les conduit non loin de là, à Sant’Omero. Il y possède une maison perdue dans la campagne. Dans les combles, il désigne un panneau ­enveloppé dans du plastique noir. Giacomino P. explique aux enquêteurs qu’il connaît Mehdi Meftah depuis quatre ans. Ce client lui a été présenté par une connaissance commune, Raffaele P., qui fait dans l’import-export de voitures entre Lyon et les Abruzzes…(entendez : du trafic de bagnoles) A partir de 2016, le Français vient plusieurs fois par an. Pour des affaires qu’il ne détaille pas.

En octobre 2019, il débarque en camionnette avec deux amis, et le panneau emballé. Il évoque une décoration pour la maison qu’il s’aménage à La Seyne-sur-Mer (Var) et demande s’il peut l’y stocker jusqu’à son prochain passage, à Noël. Pourquoi dans les Abruzzes ? Mystère et boule de gomme. « Le propriétaire ne savait pas ce qu’il y avait dans ce paquet, il rendait service à un client devenu un ami », assure son avocat, Angelo Palermo. Le paquet est entreposé dans le garage de l’établissement.

Toujours selon la version de l’hôtelier, Noël passe mais le « Français » ne revient pas. En janvier dernier, Giacomino P., qui effectue des travaux dans l’hôtel, aurait transféré le paquet à la campagne. En réalité, l’homme est placé peu après sous surveillance par les carabiniers qui le suspectent de trafic. Pendant des mois, rien ne bouge : l’Italie s’est confinée. A la sortie du confinement, les enquêteurs décident d’intervenir.

Le 11 juin, le procureur de L’Aquila, chef-lieu des Abruzzes, présente fièrement le Banksy lors d’une conférence de presse. Le 23, plus discrètement, la police judiciaire (PJ) intervient notamment à Toulon, dans la banlieue lyonnaise, et à Flachères, petit village de l’Isère surtout connu pour sa foire aux navets. Deux suspects sont mis en examen pour vol en bande organisée et quatre pour recel, dont…Mehdi Meftah ! Son petit frère est aussi interpellé. Tous sont placés en détention provisoire. L’œuvre devait-elle être récupérée par un acheteur étranger en Italie ? Mystère.

Mais le fameux Mehdi Meftah intrigue. Ce fan de street art habite un pavillon avec piscine à La Seyne-sur-Mer, avec sa femme, Lyonnaise elle aussi, épousée à Las Vegas (Nevada). Sur un compte Instagram créé sous pseudo, on le découvre descendant d’un jet privé et allant prendre possession de sa Ferrari blanche personnelle :

Mehdi Meftah et sa Ferrari

Il possède aussi une Porsche 911 turbo jaune :

Mais aussi, au fond de son salon, une statuette d’Alec Monopoly, un célèbre street-artiste ­américain, ­qui a détourné la mascotte du jeu de société…Tiens, tiens.

Au registre du commerce, il possède deux sociétés à Toulon. Un snack de tacos et surtout sa marque, BL1.d ­ (prononcer « blindé »). Il a déposé un premier logo dès avril 2018 à l’Institut national de la propriété industrielle : encadrée par deux armes de poing, une couronne stylisée empruntée à la star du street art. « Un clin d’œil à Banksy », expliquera-t-il dans un publi-reportage sur le site français de Forbes. Ce motif, Banksy l’avait lui-même emprunté à Jean-Michel Basquiat.

Depuis, les armes ont disparu du logo, mais les modèles de tee-shirts s’appellent « Colt », « Cartel » ou « Medellin ». La marque, lancée à l’automne 2019, les vend sur son site et dans un magasin de Lyon. Tarifs : de 290 à 615 euros, justifiés par un petit « lingot d’or 18 carats cousu sur l’encolure ». On peut se rabattre sur les casquettes, 85 euros, sans lingot. En janvier 2020, BL1.d a organisé un happening avenue Montaigne, pendant la Fashion Week parisienne. Sur les nez de Mehdi Meftah et de ses amis, des lunettes aux branches en forme de Kalachnikov. En dhimmi docile, la presse grand public n’a pas réagi. BL1.d a plus de succès auprès de rappeurs comme Hornet La Frappe, Lacrim ou Alonzo.

Chez la juge d’instruction, Mehdi Meftah aurait minimisé son rôle et expliqué avoir lui aussi rendu service à un ami. Ben voyons.

Le statut du pochoir de Banksy est l’autre mystère de l’affaire. Il apparaît anonymement sur la porte du Bataclan dans la nuit du 24 au 25 juin 2018. Passé l’émerveillement, il suscite de vifs débats parmi l’équipe de la salle et chez son propriétaire, le groupe Lagardère. Jules Frutos, à l’époque patron et coactionnaire des lieux, veut rester fidèle à l’esprit du street art et laisser l’œuvre vivre sa vie, avec les risques que cela comporte. D’autres souhaitent l’exposer à l’intérieur. L’état-major de Lagardère, lui, se demande qui est vraiment propriétaire – et donc responsable – de cette peinture. Finalement, l’œuvre reste à sa place. Une plaque de Plexiglas la protège des tags, pas du vol. Jusqu’à la nuit du 25 janvier 2019 où personne n’a rien vu.

Le pochoir ne passionnera pas davantage les policiers de l’Office central de lutte contre le trafic de biens culturels. L’affaire est confiée au service compétent géographiquement, le 2e district de la PJ de Paris. Un de ses enquêteurs prend le dossier à cœur : le 13 novembre 2015, il est intervenu au Bataclan après l’attentat. Et maintenant ? Le 14 juillet, l’Italie a rendu le Banski à la France. Il a été exposé à l’ambassade à Rome. Selon Le JDD, il se trouve au siège de la PJ à Paris.

Une rumeur relayée par la presse annonce un cadeau à l’Unesco et une exposition de l’œuvre dans son siège parisien. « Ce n’est pas prévu à ce stade », répond l’Unesco. « Notre souhait est que cet hommage aux victimes revienne au plus près de là où il était », indique de son côté Jérôme Langlet, patron de Lagardère Live Entertainment, qui gère le Bataclan.

Et si les voleurs avaient, tout simplement, voulu faire disparaître cet hommage rendu aux victimes de la barbarie islamique ? Qu’en pensez-vous ?

Ainsi va désormais la société française des « Chances pour la France« .

Le 2 août 2020.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Relire cet intéressant article de notre blogue : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/03/09/quand-les-violences-de-nos-banlieues-sexportent/