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La fin de la pandémie au coronavirus (si elle arrive) ne sera pas sans douleurs.

9 Avr

C’est ce qu’il ressort d’un travail de chercheurs de l’Institute for Health Metrics and Evaluation (Institut de métrologie médicale et d’évaluation, université de Washington, Seattle). Ils les présentent pays par pays sur leur site, mardi 7 avril. Bien entendu, comme toute modélisation et prédiction, elles comportent une part d’incertitude.

Il y apparaît (pour ce qui concerne l’Europe) que l’Italie et l’Espagne ont passé le pic de leur épidémie de Covid-19 et pourraient, au bout du compte, avoir chacune un total d’environ 20 000 morts. Le Royaume-Uni n’en est pas encore là et devrait être le pays où le nombre cumulé de 66 000 décès dus au SARS-CoV-2 serait de loin le plus élevé dans l’Espace économique européen.

Cette zone de trente pays totaliserait plus de 150 000 morts, soit près du double du nombre de décès prédits aux Etats-Unis. Pour sa part, la France est en train d’atteindre l’apogée du nombre d’infections et pourrait déplorer un bilan d’environ 14 500 décès.

Ces chercheurs avaient précédemment effectué la même étude sur les Etats-Unis, en la détaillant Etat par Etat, autour de deux volets : les besoins en ressources hospitalières (nombre de lits hospitaliers, lits de soins intensifs et de réanimation, respirateurs artificiels) et les décès prévisibles. La base de leur modèle a été la modélisation du pic des décès et des ressources hospitalières utilisées à Wuhan, la métropole chinoise où le SARS-CoV-2 a été identifié pour la première fois, ainsi que sept villes ou régions d’Espagne et d’Italie : Madrid, Castille-La Manche, Toscane, Emilie-Romagne, Ligurie, Piémont et Lombardie. Elles ont toutes déjà dépassé l’apogée de la mortalité.

« Nous nous attendons à des semaines sombres pour les habitants de nombreuses régions d’Europe », prévient le directeur de l’IHME, Chris Murray.

Dans beaucoup de pays de cette zone, le nombre de décès est aggravé par les besoins en ressources hospitalières spécifiques – en plus de celles nécessaires pour les autres pathologies – qui dépassent de loin celles qui sont disponibles. Ainsi, la demande en lits d’hôpital au Royaume-Uni atteindrait, à son maximum, quelque 102 000 lits alors que moins de 18 000 sont disponibles pour des patients atteints du Covid-19, 24 500 lits en soins intensifs seraient nécessaires pour ces malades quand 744 existent.

Et, finalement, la France est moins mal lotie en la matière, tous services confondus : plus de 25 000 lits requis pour les patients infectés par le SARS-CoV-2 pour près de 75 000 existants mais, selon les calculs de l’IHME, les lits de réanimation disponibles pour les formes graves de cette infection n’atteindraient que le nombre de 1 761 quand il en fallait 5 888 au sommet de la demande, début avril. Des chiffres qui ne cadrent pas avec ceux fournis par Santé publique France (SpF) selon lesquels il y avait, au 6 avril, 7 072 personnes hospitalisées en réanimation, une augmentation de 478 patients en vingt-quatre heures

La courbe du nombre de décès quotidiens dans l’Hexagone devait atteindre son apogée dimanche 5 avril, avec 865 décès, avant de décliner au long du mois d’avril. Le bulletin de situation quotidien mis à jour le 6 avril à 20 heures par SpF indiquait 833 décès, 605 recensés à l’hôpital et 228 dans les établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). Dans le bilan établi le 6 avril, le ministère de la santé faisait état, depuis le 1er mars, d’un total de 6 494 décès en milieu hospitalier et 2 417 survenus en établissements sociaux et médico-sociaux. Le total cumulé des décès dus au Covid-19 en France atteindrait un plateau à 14 572 morts (ou, dans le pire des scénarios, jusqu’à 27 727 décès) fin avril-début mai et ne devrait pas s’accroître jusqu’au 1er août, limite des projections de l’IHME.

Parmi les pays qui approcheraient leur pic épidémique, l’IHME cite les Pays-Bas, l’Irlande, l’Autriche et le Luxembourg. La République tchèque et la Roumanie seraient à mi-chemin dans la phase ascendante. Le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Norvège et la Grèce seraient encore dans une phase précoce de leur trajectoire et devraient voir s’élever rapidement le nombre de morts jusqu’au pic que ces pays devraient atteindre au cours de la deuxième ou troisième semaine d’avril.

« Sans conteste, il est évident que la distanciation sociale, quand elle est bien mise en œuvre et maintenue, peut contrôler l’épidémie, entraînant une diminution du taux de mortalité », affirme Chris Murray. Mais le directeur de l’IHME met en garde contre l’assouplissement prématuré de ces mesures durant ce qu’il qualifie de « première vague » de la pandémie estimant que cela conduirait à de nouvelles infections, hospitalisations et à de nouveaux décès.

L’IHME considère que la fin de la vague actuelle serait marquée par un taux de 0,3 décès par million d’habitants.

D’autres modélisations, émanant d’équipes françaises, vont être très prochainement disponibles et leurs résultats pourront être confrontés aux estimations et prévisions de l’IHME.

Nous les attendrons avec le plus grand intérêt.

Le 9 avril 2020.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Quand on veut, on peut (suite)…

9 Avr

Il s’agit, cette fois, du coup de main spectaculaire autant qu’inattendu des Français à leurs agriculteurs. Réveil d’une antique fibre paysanne ? On pourrait l’espérer.

« Pour l’instant, nous maintenons l’activité mais l’équilibre est fragile », affirme pourtant Laurent Bergé, président de l’association d’organisations de producteurs nationale (AOPn) Tomates et concombres de France. Et d’évoquer la situation de son exploitation maraîchère, à côté de Nantes, en Loire-Atlantique, bousculée comme une bonne part de l’agriculture française par la crise liée au coronavirus. « J’emploie actuellement 90 personnes. J’ai 17 salariés qui ne sont pas venus la première semaine d’avril alors que le nombre d’absents était de 8 la semaine précédente », témoigne M. Bergé. Des employés qui restent chez eux pour s’occuper de leurs enfants ou pour raisons de santé. Mais le maraîcher a trouvé des remplaçants, lui-même ayant été démarché directement par des personnes de la région en chômage partiel ou sans activité du fait de la fermeture de leur commerce, en particulier des restaurateurs. « Le souci pour nous est de ne pas perdre l’encadrement, cela peut déstabiliser l’activité car il faut pouvoir encadrer la main-d’œuvre sans expérience agricole », explique Laurent Bergé.

Autre inquiétude, la montée en puissance des équipes entre mi-avril et mi-mai pour faire face à la pleine saison de la tomate en mai et juin. « Nous passons à 130 personnes sur l’exploitation », explique M. Bergé. Habituellement, il a recours à des travailleurs venant de Roumanie et du Maroc. Or la frontière avec le Maroc est fermée. Ce qui d’ailleurs contraint des Marocains qui faisaient la saison d’hiver à rester en France alors qu’inversement, ceux qui devaient prendre la relève sont bloqués de l’autre côté de la Méditerranée. Concernant la Roumanie, des dérogations existent, mais les Roumains hésitent à venir. « La question n’est pas tant la quantité de main-d’œuvre que sa qualité », souligne M. Bergé.

En quantité, a priori, le problème semble résolu. En effet, les volontaires ont été nombreux à répondre à l’appel lancé conjointement par le ministre de l’agriculture et le syndicat agricole FNSEA, mardi 17 mars. Ils se disent prêts à proposer leurs bras pour aider les agriculteurs sur l’ensemble du territoire national. « Nous en sommes, lundi 6 avril, à 210 000 travailleurs inscrits et 4 000 agriculteurs demandeurs de main-d’œuvre », affirme Jean-Baptiste Vervy, directeur de la plate-forme WiziFarm, qui héberge la page « Desbraspourtonassiette » créée pour l’occasion.

Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, avait chiffré à 200 000, le nombre de recrutements nécessaires d’ici à l’été, essentiellement dans le maraîchage et l’arboriculture. Un besoin de bras pour pallier l’absence des saisonniers venant habituellement de Roumanie, de Pologne, du Maroc ou d’Espagne. Pour faciliter les embauches, le gouvernement a accepté d’autoriser les salariés en chômage partiel à cumuler leur indemnité avec un salaire agricole. Même dérogation du côté des bénéficiaires du fonds de solidarité pour les très petites entreprises. En outre, les contraintes horaires ont été assouplies.

Mais ne pensez-vous pas que les autorités pourraient avoir recours à d’autres travailleurs que ceux venant de l’étranger (avec tout ce que cela comporte comme inconvénients) ? Par exemple, ne serait-il pas judicieux de multiplier les travaux d’intérêt général prononcés par les tribunaux pour employer les innombrables jeunes désoeuvrés de nos banlieues plutôt que de vider tout net les prisons et leur permettre ainsi de retourner à leurs trafics de stupéfiants ? (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2020/04/01/ce-sera-pire-que-ce-que-lon-nous-avait-annonce/).

Mais l’adéquation entre le flux de candidatures et la demande n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît. « La difficulté qu’on rencontre, c’est que les campagnes de récolte vont continuer jusqu’à fin juin. Or, lorsque la fin du confinement va être prononcée, les salariés en chômage partiel vont retourner dans leur entreprise. On va manquer de main-d’œuvre, c’est certain, si les travailleurs étrangers ne peuvent entrer sur le territoire », estime Xavier Mas, président de l’AOPn Fraises de France, même si sur son exploitation, située dans le Lot-et-Garonne, il affirme ne pas rencontrer de problème car il dit ne pas embaucher d’étrangers mais des saisonniers locaux. L’extension de ces activités agricoles dans le cadre de camps de travail ou de redressement (comme on les nommait dans le temps) pourrait alors se montrer utile et peut-être même efficace pour tout le monde, ainsi que nous le proposions plus haut.

Toutefois, les maraîchers ont quelques motifs de satisfaction. Producteurs de fraises, d’asperges ou de tomates ont été très secoués, au début de la période de confinement. L’arrêt soudain des restaurants et des cantines, puis l’interdiction des marchés de plein air et les achats dans la panique des Français privilégiant des achats de produits dits de première nécessité au détriment des produits frais avaient fait plonger les ventes. « Nous avons jeté des fraises il y a quinze jours », concède M. Mas.

Mais, depuis, avec le soutien de la grande distribution, qui a accepté de privilégier l’origine France, la situation s’est améliorée. « Depuis début avril, cela va mieux. Après deux semaines avec une baisse de production de 50 %, nous sommes revenus à 75 % de ce que nous pouvons fournir. Nous retrouvons un marché plus équilibré. Nous avons dû placer des salariés en chômage technique trois ou quatre jours, mais maintenant tout le monde est à nouveau au travail », raconte David Ducourneau, producteur d’asperges à Saint-Martin-d’Oney (Landes). « Nous écoulons toute notre marchandise actuellement », souligne M. Mas, évoquant la situation rétablie des producteurs de fraises, mais, ajoute-t-il, « nous sommes vigilants à ne pas faire flamber les prix ». Une préoccupation logique alors que les Français voient leur budget d’achats alimentaires croître. Elle est partagée par les producteurs de tomates. « Aujourd’hui, nous n’avons pas de difficulté à écouler la production, nous avons décidé de plafonner les cours pour éviter la valse des prix », note M. Bergé.

Quant à cette hausse du budget d’achats alimentaires, il est complexe d’en identifier avec certitude la cause. La préférence donnée à la filière française dans les produits frais a-t-elle fait gonfler l’addition ? La peur des conséquences de la crise conduit-elle les ménages à acheter plus que d’habitude ? C’est probable. Le 15 avril, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) devrait publier les résultats définitifs de son enquête sur les prix à la consommation pour le mois de mars.

Il n’y a plus de doute, « quand on veut, on peut » mais aussi… »à toute chose malheur est bon » !

Le 9 avril 2020.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

À qui feront-ils croire cela ?

8 Avr

Il paraît que les règles changent et que les voyageurs entrant sur le territoire français seront tenus d’être munis d’une attestation à partir de ce mercredi, a annoncé le ministère de l’Intérieur, mardi 7 avril, dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire pour lutter contre la propagation du Covid-19.

QU’EN SERA-T-IL DES MIGRANTS ?

Et que feront les sbires de Christophe Castaner pour y faire face ?

Bonnes questions, non ?

Trois attestations différentes ont en effet été mises en ligne sur le site du ministère : pour un voyage depuis l’étranger vers la France métropolitaine, pour un déplacement depuis l’étranger vers une collectivité d’outre-mer, mais aussi pour un déplacement de la France métropolitaine vers les outre-mer.

Ministère de l’Intérieur

@Place_Beauvau

🔴🇫🇷 | Si vous voyagez depuis l’étranger vers la France métropolitaine, des conditions sont à remplir suivant votre cas :
▪️ ressortissant de pays tiers,
▪️ ressortissant de l’Union européenne,
▪️ ressortissant de nationalité française.

Ministère de l’Intérieur

@Place_Beauvau

🔴🇫🇷 | Si vous voyagez depuis l’étranger vers une collectivité d’Outre-mer :
🛬 Un contrôle sanitaire sera réalisé à votre arrivée dans la collectivité.
➡️ Il peut donner lieu à un placement en quarantaine dans une structure dédiée ou à domicile.

Les deux premiers formulaires proposent trois profils : le ressortissant de pays tiers, le ressortissant de pays de l’Union européenne et assimilés (Royaume-Uni, Islande, Liechtenstein, Norvège, Andorre, Monaco, Suisse, Saint-Marin, Vatican) et le ressortissant de nationalité française.

Dans les deux premiers cas, afin d’être autorisés à entrer sur le territoire français, les voyageurs devront remplir l’une des conditions suivantes : avoir leur résidence principale en France ainsi que leurs conjoints et leurs enfants, être en transit pour rejoindre sa famille, être professionnel de santé aux fins de lutter contre le Covid-19, être transporteur de marchandises y compris marin, faire partie d’un équipage des vols passagers et cargo rejoignant sa base de départ, être personnel de mission diplomatique ou d’organisation internationale, être travailleur frontalier aux frontières intérieures terrestres. Pour les ressortissants français, aucun motif n’est demandé.

Notons d’emblée qu’aucun des migrants illégaux dont nous parlons et qui s’installent chaque jour dans des campements et des bidonvilles à la périphérie de nos villes, ne répond aux conditions énoncées par le ministère de l’intérieur. 

ILS SONT DONC, DE FAIT, INTERDITS D’ENTRÉE ET DE SEJOUR.

Le formulaire de déplacement de la France métropolitaine vers les outre-mer propose trois possibilités à préciser : le « motif impérieux d’ordre personnel ou familial », celui « de santé relevant de l’urgence » ou le motif « professionnel ne pouvant être différé ». Les formulaires, qui se présentent sous la même forme que les attestations de déplacement dérogatoire en vigueur pour les Français, sont également disponibles en anglais.

Ces formulaires seront-ils distribués en Turquie, au Proche-Orient, en Egypte, en Lybie, au Maghreb, en Afrique subsaharienne ? Et quelles mesures le ministère compte-t-il prendre pour en faire respecter la teneur ?

Le 8 avril 2020 (qui, malgré les apparences, n’est pas le 1er avril et son poisson)
Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Les élites africaines bien plus menacées par le Covid-19 que leurs populations ?

8 Avr

Ce qui frappe aujourd’hui les observateurs de la pandémie virale au coronavirus en Afrique, c’est que…les élites politiques et économiques y sont d’ores et déjà plus durement frappées que les populations. L’exact contraire de l’épidémie de virus Ebola et parfait reflet du décalage entre les modes de vie de l’Afrique d’en haut et…celle d’en bas.

Ainsi en est-il du chef de Abba Kyari, le chef de cabinet du président du Nigéria, Muhammadu Buhari. A peine revenu d’Allemagne après un séjour d’affaire, il a déclaré porteur du Covid-19 en même temps que l’une de ses filles…revenue, elle, d’un voyage à Londres. Le plus influent des conseillers de M. Buhari, se retrouve contraint de se soigner dans son pays, première puissance économique d’Afrique, qui consacre à peine plus de 4 % de son budget à la santé. « J’ai pris mes propres dispositions en matière de soins pour éviter de surcharger davantage le système de santé publique, qui est soumis à tant de pressions », a tenu à préciser dans un communiqué M. Kyari, sans doute peu désireux de s’infliger le calvaire des hôpitaux publics négligés par son administration.

Le Covid-19 n’épargne pas la classe dirigeante africaine, globalisée et voyageuse, clientèle dépensière habituelle dans les prestigieux hôpitaux d’Europe, d’Asie, de Suisse, d’Arabie saoudite ou d’Israël. Ils sont même les premiers touchés. Bloqués chez eux par les suspensions des vols suivies des fermetures de frontières et des mesures de confinement, les voilà soudain confrontés aux conséquences concrètes de leurs politiques sur un continent qui se contente de seulement 1 % des dépenses mondiales de santé, et se débat avec deux médecins pour 10 000 habitants. Les hôpitaux publics d’Afrique ne disposent en moyenne que de 1,8 lit pour 1 000 personnes. Les conditions de prise en charge dans ces établissements sont régulièrement dénoncées, parfois images à l’appui, accompagnées du hashtag #BalanceTonHopital sur les réseaux sociaux francophones.

« Premiers concernés par le Covid-19, les dirigeants doivent à la fois se soigner ou se protéger, tout en essayant de gérer cette crise et de masquer leurs échecs en matière de santé publique, constate Jean-Paul Bado, historien franco-burkinabé de la santé et de la médecine en Afrique. Ils sont en quelque sorte pris à leur propre piège et c’est une première. » Du Mali au Zimbabwe, de la République démocratique du Congo (RDC) à la Côte d’Ivoire, les chefs d’Etat, leurs conseillers et leurs ministres de même que leurs proches peinent à contenir leurs inquiétudes au gré des résultats rendus par les rares tests disponibles sur le continent. Comme autant de verdicts sanitaires augurant des changements subis de gouvernance.

Des gouvernements et des Parlements entiers sont confinés. Des Etats se retrouvent paralysés sur le plan politique, ou techniquement ralentis. Au Burkina Faso, par exemple, au moins six ministres, dont deux guéris, et le chef d’état-major général des armées sont ainsi infectés. Le Covid-19 a pris la forme d’un virus politique et urbain d’abord, révélateur des défaillances des pouvoirs en place. Pour John Nkengasong, directeur du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CDC-Africa) rattaché à l’Union africaine, « les politiciens sont les premiers responsables des faiblesses des systèmes et infrastructures de santé et les premiers à devoir trouver des solutions, dans l’urgence ». Ce virologue camerounais craint « le pire », faute de ressources disponibles. Mais, « Si le Covid-19 a, dans certains pays africains, affecté d’abord les élites, il se répand désormais dans les quartiers populaires où les indicateurs d’accès aux soins sont aussi préoccupants que les risques d’une propagation rapide », dit-il.

Comment justifier auprès de la population la disponibilité d’un seul respirateur artificiel dans les hôpitaux publics de Conakry, la capitale de la Guinée, où un premier cas a été diagnostiqué mi-mars ? Le pouvoir, de plus en plus contesté, du président Alpha Condé avait pourtant feint de renforcer les capacités médicales après l’épidémie due au virus Ebola en Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016 qui avait fait 11 300 morts. Mais où est passé NOTRE ARGENT ? (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2014/10/18/ebola-le-service-de-sante-des-armees-bat-le-rappel-de-ses-reservistes/).

« Le Covid-19 est perçu par une partie de la population guinéenne comme un virus importé du Nord par les élites occidentales et locales. Ces dernières ne se sentaient pas vraiment menacées par Ebola, un danger venu de la brousse, à l’intérieur du pays », observe l’anthropologue de l’Ecole nationale supérieure de Lyon, Frédéric Le Marcis. Depuis Conakry où il exerce pour l’Institut de recherche pour le développement, ce chercheur note que « le contexte électoral [législatives et référendum constitutionnel organisés le 22 mars] a nui à l’efficacité de la réponse politique et sanitaire à l’épidémie, du moins au début. En outre, les élites contaminées ont traité le coronavirus avec une certaine légèreté, y compris pour leur propre cas. »

En République Démocratique du Congo (RDC), il n’y a qu’une cinquantaine d’appareils d’assistance respiratoire pour plus de 80 millions d’habitants vivant sur un territoire aussi vaste que l’Europe occidentale. Certains pays du continent n’en disposent d’aucun en état de fonctionner. Ce qui renforce les angoisses dans les villes, où le confinement – parfois imposé par la force militaire et mal expliqué – peut être perçu comme une oppression de plus et une asphyxie de la si vitale économie informelle. Le tout conjugué à un risque de pénurie alimentaire.

L’historien et archiviste paléographe sénégalais Adama Aly Pam voit là les conditions réunies pour qu’émergent des mouvements urbains de protestation menés par ceux qui n’ont rien à perdre à défier des régimes jusque-là indifférents à leur santé, à leur vie. « Les centres urbains d’Afrique sont d’extraordinaires lieux de ségrégation, que ce soit par le pouvoir, l’argent, le logement et l’accès aux soins, explique-t-il. Cette pandémie exacerbe les inégalités sociales et renforce les sentiments d’injustice face à la santé. Elle augure forcément des contestations politiques en Afrique ». Et probablement de nouvelles recherches d’Eldorado…

Au risque de voir ces éventuelles agitations sociales affaiblir des régimes dirigés par des chefs d’Etat âgés, à la santé fragile, et qui peinent à entretenir l’illusion d’un pouvoir fort ? Des régimes autoritaires en Afrique subsaharienne pourraient se révéler « incapables de démontrer un minimum de prise face aux chocs sanitaires et économiques [et] pourraient être fortement contestés », écrivent des diplomates du Centre d’analyse, de prévision et de stratégie (CAPS) du ministère français des affaires étrangères dans une note remise à Jean-Yves Le Drian. « Plusieurs Etats fragiles vont se trouver encore davantage contestés, et incapables d’assumer leurs responsabilités régaliennes et westphaliennes », se risquent à prédire ces analystes français. Ajoutez-y la terrible poussée démographique et vous obtiendrez un cocktail explosif (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/02/20/retour-sur-la-demographie-africaine-meme-si-cela-ne-sera-sans-doute-pas-suffisant-pour-ouvrir-les-yeux-de-nos-compatriotes/).

Dans une autre étude consacrée à l’Afrique, dévoilée par le journal économique La Tribune (https://www.latribune.fr/economie/international/comment-la-france-imagine-une-possible-implosion-de-l-afrique-face-au-covid-19-844055.html), le CAPS évoque un « virus politique » et n’exclut pas que « cette crise pourrait être le dernier étage du procès populaire contre l’Etat. » Plus que le patient zéro, c’est le « mort zéro » présidentiel et une propagation massive du Covid-19 déclencheur d’incertaines révoltes qui créent la panique dans certains cénacles de pouvoir et au sein de l’élite africaine.

Que de temps perdu, d’occasions manquées et d’échecs depuis des indépendances tant vantées !

Le 8 avril 2020.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

La Réserve sanitaire : une bonne idée gâchée par la bureaucratie.

7 Avr

L’épidémie de grippe H5N1, en 2007, avait convaincu la France d’anticiper d’autres crises en créant un corps de « Réserve sanitaire« , de plusieurs milliers de personnes, capable de venir, en urgence, en soutien de professionnels de santé submergés par l’afflux de malades. Treize ans plus tard, face au Covid-19, la Réserve sanitaire peine pourtant à remplir son office. A tel point que l’agence régionale de santé (ARS) d’Ile-de-France a dû créer, le 21 mars, un dispositif de renfort alternatif, Renforts-Covid, monté avec la start-up de santé MedGo.

Ce dispositif a été adopté, par la suite, par sept autres ARS. Depuis le 17 mars, la Réserve sanitaire a même envoyé sur le terrain près de huit fois moins de personnes que la plate-forme Renforts-Covid. Pour expliquer ce naufrage, les volontaires comme les ARS estiment que son fonctionnement et ses moyens sont inadaptés à une telle situation d’urgence.

Pourtant, les volontaires ne manquent pas. Depuis le début de la crise, fin janvier, près de 19 000 personnes ont fait acte de candidature pour rejoindre la Réserve sanitaire, qui comptait déjà 21 000 membres. Mais selon le décompte fait le 3 avril, seuls 719 réservistes ont été mobilisés jusqu’ici. Pour sa part, au 1er avril, la plate-forme Renforts-Covid lancée le 21 mars avait déjà pourvu plus de 5 500 demandes de renfort. De plus, sur les 16 363 volontaires inscrits sur cette interface numérique, 13 319 volontaires avaient un métier recherché par les établissements de santé, en majorité des infirmières et des aides-soignantes, en réanimation et en gériatrie.

Sous-dimensionné, le serveur informatique de la réserve sanitaire est tombé en panne face au nombre de connexions. Même sans cet aléa, c’est le fonctionnement même de la réserve qui pèche. Là où la plate-forme Renforts-Covid met en contact direct les établissements de santé et les volontaires, la Réserve sanitaire répond aux demandes des ARS qui, elles-mêmes, font le relais avec les hôpitaux, cliniques ou Ehpad, qui ont besoin d’aide. Par ailleurs, le système Renforts-Covid confie aux établissements de santé la vérification des compétences des volontaires, alors que la Réserve sanitaire effectue elle-même le contrôle des dossiers de milliers de volontaires avec… huit personnes.

Isabelle Mouginot n’avait pas exercé son métier d’infirmière depuis trente ans. Elle s’est inscrite sur la plate-forme Renforts-Covid le 26 mars. « La Réserve sanitaire n’admet pas les profils comme le mien, ses critères sont trop restrictifs, dit-elle. Dès le lendemain, on m’a appelée pour des gardes de nuit à la clinique Labrouste, à Paris. Quand j’avais des questions, je demandais à un cadre. Depuis, trois autres établissements m’ont contactée. »

L’agence Santé publique France, dont dépend la réserve sanitaire, tente de se dédouaner. « La réserve n’est en aucun cas décisionnaire sur les renforts à apporter, mais répond aux demandes des ARS », affirme-t-elle. Résultat, comme le répète à l’envi Catherine Lemorton, ex-députée (PS) à la tête de la réserve sanitaire depuis un an, « beaucoup ne sont plus disponibles quand on les sollicite, parce qu’ils ont déjà été appelés ». Les établissements peuvent également solliciter directement des volontaires.

Il n’existe, en effet, aucune coordination. « Renforts-Covid, explique l’ARS d’Ile-de-France, est une plate-forme indépendante de la réserve sanitaire. » De fait, ce dispositif, pensé comme un complément, est devenu la principale porte d’entrée pour l’envoi de renforts dans le pays. L’ARS de Bourgogne-Franche-Comté, qui l’utilise, le confirme tout en mettant les formes : « Renforts-Covid permet l’expression de solidarités locales, cela ne se fait pas au détriment de la réserve. » Autre abonnée à Renforts-Covid, l’ARS d’Occitanie constate qu’elle est « très opérante et qu’elle fait correspondre la demande et l’offre. Renforts-Covid va sans doute rebattre les cartes ».

Claude Le Pen, professeur à l’université Paris-Dauphine, où il dirige le master économie et gestion de la santé, estime que « la Réserve sanitaire paie le refus de l’Etat de lui accorder davantage d’autonomie ». Or, ajoute-t-il, « dans les crises, on se retrouve avec une grosse structure qui patine d’un côté, et de l’autre des professionnels qui n’ont pas d’interlocuteur. La haute administration de la santé en France, très centralisatrice, a beaucoup de mal avec des dispositifs ponctuels et très réactifs. » Ou comment la bureaucratie tue les bonnes volontés et même les compétences !

Née en mars 2007 de la loi sur la préparation du système de santé à des menaces sanitaires de grande ampleur, la Réserve sanitaire avait été confiée à l’Etablissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (Eprus). En 2015, elle compte 2 078 personnes et sa gestion mobilise six personnes, soit deux de moins qu’en 2020. La même année, le sénateur (UMP) Francis Delattre écrit, dans son rapport sur l’Eprus, que seuls 120 réservistes sont alors réellement actifs, car, dit-il, cette réserve, surtout composée de retraités, est avant tout un outil de « diplomatie sanitaire ».

En 2016, dans un climat de pression financière, la petite équipe de l’Eprus et de la réserve sanitaire est absorbée dans la grande agence Santé publique France.« Dans mon rapport, en 2015, se souvient M. Delattre, je militais, au contraire, pour leur accorder plus de liberté. C’était des missionnaires. Au nom de la sécurité sanitaire, la réserve a été noyée dans la bureaucratie et confiée à des gestionnaires à la petite semaine. »

En 2010, la Cour des comptes, dans son rapport sur l’Eprus, estimait déjà que « les difficultés de recrutement [de la réserve] conduisent à envisager une réorientation profonde tendant à une décentralisation des recrutements (…) en situation de crise » (jusqu’au début des années 2010, ce sont les préfets qui signaient les contrats d’engagement des candidats à la réserve sanitaire).

Qu’a-t-on fait depuis pour remédier à tout cela et préparer « le coup d’après » ?

R I E N

Il n’y a pas de pilote dans l’avion France. Il n’y a que des opportunistes stupides, arrogants et incompétents.

Le 7 avril 2020.

Pour le CER, Hippocrate, Conseiller à la santé publique.

Port du masque : le mensonge est le cache-sexe de l’incompétence.

7 Avr

Ou comment les « sachants » adaptent leur prétendu savoir à leurs pauvres capacités .

Après avoir prétendu que le port d’un masque n’est « pas nécessaire pour tout le monde », l’exécutif laisse désormais entendre qu’il sera probablement étendu à l’ensemble de la population…si la production le permet. Cette fausse incohérence démontrant ainsi que la réalité était ailleurs : LA PENURIE.

Mais combien de Français ont perdu la vie par ce mensonge ? 

Et il en est de même avec le dépistage qui aurait dû être systématique et général mais dont les mêmes nous ont affirmé qu’ils ne servait à rien tant était nombreux les faux-négatifs comme, d’ailleurs, les faux-positifs.

À qui fera-t-on croire cette autre imposture ?

Il faudra, mesdames et petits messieurs, rendre des comptes.

Mais ceci « n’est pas un changement de doctrine », assure-t-on au sein de l’exécutif. Le port du masque, pourtant, pourrait bien être généralisé, en particulier dans l’optique du futur déconfinement de la population française, dont la date est encore loin d’être connue. Le ministre de la santé, Olivier Véran, a reconnu lui-même que cette mesure pourrait compléter utilement le recours aux gestes barrières face au coronavirus.

Tiens, tiens, n’est-ce pas là l’exact contraire de la doctrine précédente ?

« Etre capables d’avoir d’autres moyens de protection de la population lorsqu’on aura levé le confinement, avec une sensibilisation complète de la population, ça fait sens », a-t-il souligné, samedi, dans un entretien au média en ligne Brut. « Nous sommes en train d’évoluer vers ça, reconnaît de son côté un interlocuteur régulier d’Emmanuel Macron. Il n’est pas impossible qu’on étende et qu’on généralise l’usage du masque, mais en fonction des capacités disponibles ! »

La brèche a été ouverte, vendredi 3 avril, par le directeur général de la santé, Jérôme Salomon. « Nous encourageons le grand public, s’il le souhaite, à porter des masques, en particulier ces masques alternatifs qui sont en cours de production », a-t-il déclaré lors de son point presse quotidien. Depuis le 31 mars, des masques en textile sont en effet produits pour les professionnels situés en « deuxième ligne », comme les caissiers ou les livreurs. Vendredi, l’Académie de médecine a suggéré que le port d’un masque « grand public » ou « alternatif » aux masques médicaux soit rendu obligatoire pour les sorties pendant la période de confinement et lors de sa levée. Un avis conforme à celui rendu dans un nombre croissant de pays du monde. Le président américain, Donald Trump, a notamment rapporté à ses concitoyens qu’il était désormais conseillé de se couvrir le visage lorsqu’ils sortent de chez eux.

Depuis le début de la crise du coronavirus, le gouvernement français oriente en priorité les masques – qu’ils soient chirurgicaux ou FFP2 – vers les personnels soignants. Des hôpitaux, d’abord, mais aussi des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). C’est bien. Mais incroyablement et outrageusement insuffisant. Et c’est d’ailleurs ce que mettait en évidence la recommandation de Santé publique France, en mai 2019 :

Afin que les citoyens ne se ruent pas vers les masques, l’exécutif a par ailleurs communiqué quant à leur supposée inutilité pour le grand public. « Il n’y a pas besoin de masque quand on respecte la distance de protection vis-à-vis des autres », assurait ainsi l’ineffable porte-parole du gouvernement, Sibeth-(Patankça) Ndiaye, le 25 mars. Quelques jours plus tôt, elle affirmait déjà que « les masques ne sont pas nécessaires pour tout le monde » et osant ajouter que leur usage généralisé pourrait même s’avérer « contre-productif » s’ils étaient mal portés.

La Sibeth…

Cette porte-parole ne ratera décidément jamais une occasion de proférer une absurdité.

Que quelques amis du gouvernement appelleront un paradoxe. « Ce n’est pas paradoxal par rapport au stock dont nous étions en possession. La politique de masques a été ajustée à nos capacités, reconnaît aujourd’hui un conseiller de l’exécutif. Nous allons maintenant être en capacité de produire et d’importer massivement pour répondre à l’ensemble des besoins. » « Nous avons commencé cette crise avec un stock donné, et on a bâti notre stratégie pour réserver les masques chirurgicaux aux soignants, souligne sans aucune honte un proche du premier ministre, Edouard Philippe. Etonnez-vous maintenant de ceci :

Car il n’est pas question de laisser penser que des masques seront distribués à tous dès demain. « Nous avons une priorité absolue pour protéger nos soignants, qu’ils soient en ville ou à l’hôpital, a d’ailleurs souligné Jérôme Salomon, samedi, comme pour préciser ses propos de la veille. Peut-être qu’un jour nous proposerons à tout le monde de porter une protection, mais on n’en est pas là. » « Depuis le début de cette épidémie, nous apprenons chaque jour, a-t-il ensuite reconnu. On adapte notre position, on évalue. »

Ces gens sont des menteurs. Ils sont indignes des pouvoirs qui leur ont été conférés par la Nation.

Le 7 avril 2020.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

La loupe de l’entomologiste.

7 Avr

Depuis son apparition à Wuhan, au cœur de la Chine, l’épidémie de coronavirus agit comme la loupe de l’entomologiste qui lui permet de découvrir et d’observer le monde mystérieux des insectes…que nous sommes.

Et c’est ainsi que le décalage temporel dans le déclenchement de la vague de contamination, de continent en continent, de pays en pays et d’une région à l’autre d’un même pays, a fait que nos élites ont observé ce qui se passait ailleurs comme si cela n’allait pas nous affecter, ou pas de la même manière, tant elles sont, par nature, sûres d’elles-mêmes et de leurs capacités.

L’Europe a ainsi observé les images de Wuhan en janvier avec distance, sans imaginer un instant que le virus pouvait la toucher de plein fouet. Sans doute l’aveuglement puis les mensonges et enfin les informations incomplètes des Chinois ont-ils joué ; mais les scènes d’apocalypse dans les hôpitaux ont été accueillies avec un sentiment inconscient de supériorité : impossible que cela survienne chez nous, bien sûr.

Lorsque l’Italie du nord, première région d’Europe a être à son tour durement frappée, vit ses hôpitaux débordés, on a pu entendre les mêmes commentaires, sur la fragilité de l’État italien et de son système sanitaire par exemple. Et là encore, pas vraiment de soupçon que ça pouvait, que ça allait arriver « chez nous ».

Lorsque la France, à son tour, a été atteinte par la pandémie, la BBC britannique traitait le sujet comme une tragédie « ailleurs », lointaine. Idem sur CNN, les Américains pleins de compassion montraient l’Europe à la peine, comme si l’Atlantique était une barrière définitive. Leurs dirigeants donnaient le mauvais exemple, Boris Johnson serrait encore les mains, et Donald Trump parlait de supercherie. Là encore, arrogance inconsciente ; le réveil n’en a été que plus brutal.

Cette loupe bien venue nous révèle que l’idée que nous nous faisions de nous-mêmes et des autres était pour le moins décalée par rapport a la réalité.

Après l’Europe qui a découvert avec effarement les pénuries de masques, de tests ou de respirateurs, tout en ayant un système de santé de classe mondiale – comme il le démontre tous les jours dans l’urgence -, c’est le tour des États-Unis. Et la déconvenue est plus grande encore pour ce pays qui se pense toujours en hyperpuissance voire, pour certains, la nouvelle Jérusalem mais qui ne fait pas mieux que les autres. Pourtant, un classement international des pays les mieux préparés au risque de pandémie, plaçait en 2019 les États-Unis en première place…

La loupe de la pandémie virale nous révèle ainsi les forces et les faiblesses de notre monde, la fragilité de puissances trop sûres d’elles et si souvent donneuses de leçons comme le succès de certains pays inattendus comme la Corée du Sud ou Taiwan. Cette loupe nous donne aussi une envie furieuse d’exiger que l’après-pandémie ne ressemble surtout pas à l’avant (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2020/04/04/sommes-nous-prets-a-parler-de-lapres-covid-19/).

Et pas seulement pour que la prochaine crise ne nous prenne pas au dépourvu…

Le 7 avril 2020.

Jean-Yves Pons, CJA.