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Affaire Macron-Benalla : le rapport sénatorial est accablant.

21 Fév

Alors que l’ancien employé de l’Elysée a été placé mardi soir en détention provisoire pour ne pas avoir respecté son contrôle judiciaire dans l’enquête sur les violences du 1er mai 2018 à Paris, ce rapport réclame notamment de nouvelles poursuites à son encontre. Voici résumés les points principaux de ce document de 120 pages (160 avec les annexes).

La commission d’enquête sénatoriale sur l’affaire Benalla demande d’abord au bureau du Sénat de saisir la justice pour « faux témoignage » de la part d’Alexandre Benalla et de Vincent Crase, ancien employé de La République en marche.

Concernant Alexandre Benalla, les sénateurs estiment que « contrairement à ses affirmations (ndcer: mais aussi de celles des plus importants membres du cabinet du président de la République), [il] assurait bien, dans les faits, une fonction de protection rapprochée du chef de l’Etat (ndcer: sans en avoir ni les compétences ni, tout simplement, le droit…sinon le fait du prince)« . Ils épinglent aussi ses déclarations sous serment sur ses passeports diplomatiques.

L’ancien chargé de mission et Vincent Crase sont aussi soupçonnés d’avoir menti sur le contrat de sécurité privé négocié avec un oligarque russe, Iskander Makhmudov.

Dans une lettre adressée au président du Sénat Gérard Larcher, la commission met également en cause le témoignage de trois hauts responsables à l’Elysée, Patrick Strzoda, Alexis Kohler et le général Lionel Lavergne, les soupçonnant d’« omissions », d’« incohérences » et de« contradictions ».

« Tout témoignage mensonger devant une commission d’enquête parlementaire est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende », rappellent dans leur lettre le président de la commission Philippe Bas et les deux co-rapporteurs, Jean-Pierre Sueur et Muriel Jourda.

Ces trois hauts responsables « ont retenu une part significative de la vérité à la commission » (ndcer: omission donc mais…mensonge quand même !), notamment « sur le périmètre de la mission de sécurité exercée par Alexandre Benalla », juge la commission d’enquête, qui demande donc au bureau du Sénat « de saisir le ministère public », qui pourra « procéder aux investigations qu’il jugera opportunes afin de déterminer s’il y a lieu de donner des suites judiciaires à ces déclarations ».

Mais il y a encore plus grave dans le rapport de la commission d’enquête sénatoriale. Pour les sénateurs, l’affaire Benalla a révélé une série de « dysfonctionnements majeurs au sein des services de l’État », qui ont pu « affecter » la sécurité du président et « les intérêts » du pays. Vous avez bien lu : affecter certes la sécurité du président (mais n’en fut-il pas responsable ?) mais aussi et surtout « LES INTERETS DU PAYS« . Dans cette affirmation, la responsabilité du chef de l’Etat apparaît considérable puisque le choix de cet entourage, fait de copains et de coquins, ne relevait que de son bon plaisir…

La commission justifie cette accusation grave par les « pouvoirs exorbitants laissés à un collaborateur inexpérimenté » dans le domaine de la sécurité du président, et « un sérieux manque de précaution dans la prévention des conflits d’intérêts de certains collaborateurs », en référence au contrat négocié avec un oligarque russe par Alexandre Benalla et Vincent Crase. Les sénateurs critiquent également « une confiance maintenue et une collaboration poursuivie après les graves dérapages commis par (Alexandre Benalla) le 1er mai 2018«  place de la Contrescarpe à Paris, ainsi qu’« une remontée d’informations défaillante au sein de l’institution policière et de l’exécutif » sur ces faits. Autrement dit, entre les lignes, ils critiquent la protection dont a bénéficié durablement ce voyou (y compris après que les violences dont il s’était rendu coupable avaient été révélées) de la part des plus hautes instances de la République. Faiblesse ou compromission ? La question reste posée. D’où notre appellation d’affaire Macron-Benalla.

Emmanuel Macron précédé d’Alexandre Benalla sur les Champs Elysées, le 14 juillet 2018 !

Devant la presse, le président de la commission, Philippe Bas, a insisté sur le fait que « de nombreuses erreurs, anomalies ou défaillances, ont été constatées », concernant la sécurité du président de la République et après avoir souligné que la sécurité du chef de l’Etat Emmanuel Macron « n’est pas une affaire personnelle; elle regarde tous les Français et doit être au niveau des meilleurs standards internationaux« .

La commission d’enquête sénatoriale sur l’affaire Benalla formule en outre 13 préconisations dans son rapport. La plus percutante consiste à « mettre fin à l’expérience des collaborateurs ‘OFFICIEUX’ du président de la République« .

Les sénateurs suggèrent aussi de « conditionner le recrutement des collaborateurs » du président de la République à « une enquête administrative préalable » pour « s’assurer de la compatibilité de leur comportement » avec leurs missions futures. Outre ce renforcement de la « transparence », la commission veut améliorer les garanties pour « un haut niveau de sécurité » du chef de l’Etat et « renforcer les pouvoirs de contrôles du Parlement ».

La commission d’enquête reproche également à la présidence de la République d’avoir fait preuve de mansuétude à l’égard d’Alexandre Benalla« Il n’y aurait pas eu d’affaire Benalla si une sanction appropriée avait été prise dès le 2 mai 2018 par le licenciement de l’intéressé et l’information du procureur de la République », a notamment martelé Philippe Bas, lors de la conférence de presse organisée pour présenter le rapport.

Muriel Jourda, sénatrice LR du Morbihan, a estimé pour sa part que la mise à pied prononcée dans un premier temps à l’encontre d’Alexandre Benalla n’était « ni appropriée, ni proportionnée ». « Nous avons regretté l’incompréhensible indulgence de la hiérarchie d’Alexandre Benalla qui a conservé dans l’équipe de l’Elysée un collaborateur qui avait gravement manqué à son devoir (…) : ce qui frappe, en réalité, ce n’est pas tant la sanction qui a été infligée en mai que la confiance qui lui a été maintenue jusqu’en juillet« , a-t-elle ajouté, évoquant une « chaîne d’irresponsabilité » à ce sujet.

Les services du présidents de la République ont annoncé qu’ils répondraient dès aujourd’hui aux graves accusations de la commission d’enquête. Nous en jugerons la recevabilité et la pertinence. 

Mais, dès hier, le porte-parole du gouvernement, l’intarissable Benjamin Griveaux, a osé dénoncer « beaucoup de contrevérités » dans le rapport d’enquête du Sénat . « L’Elysée aura l’occasion d’apporter des réponses factuelles », a-t-il déclaré, précisant ensuite que cela sera fait « rapidement », mercredi ou jeudi. Hélas, pressé de questions sur ces « contrevérités« , le ministre a botté en touche, reconnaissant qu’il n’avait pas lui-même pris connaissance du rapport, mais qu’il n’en avait eu que des échos. Comment prendre au sérieux un tel personnage, manifestement de mauvaise foi et, surtout, irresponsable ?

Mais, sachez que ce ne fut pas la seule faute commise par Benjamin Griveaux lors de sa prise de parole. « Nous sommes très attachés à la séparation stricte des pouvoirs dans notre pays (…) Mais je trouve curieux que les assemblées aient à se prononcer sur l’organisation du pouvoir exécutif. Si le pouvoir exécutif se prononçait sur l’organisation du travail des assemblées, on crierait à la fin de la séparation des pouvoirs », a par ailleurs regretté M.Griveaux.

C’est oublier un peu vite que l’article 24 de la Constitution indique que « le Parlement vote la loi. Il contrôle l’action du gouvernement. Il évalue les politiques publiques ». Les sénateurs de la commission d’enquête sont donc constitutionnellement dans leur rôle lorsqu’ils s’interrogent sur le fonctionnement du pouvoir exécutif.

La République est décidément bien malade !

Le 21 février 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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Le maréchal Haftar est bien l’homme fort nécessaire à la Libye.

20 Fév

Après de nombreux articles consacrés à la situation en Libye et aux différents intervenants dans cette terrible affaire, qui dure depuis bientôt dix ans (…grâce aux gravissimes erreurs de Nicolas Sarkozy et de ses sbires), nous avons rapporté récemment ce que la France doit à la collaboration du maréchal Haftar dans son action aérienne contre un important convoi de rebelles tchadiens, au début du mois de février. Nous décrivions à ce propos la progression des troupes du maréchal Haftar dans le sud du pays et, en particulier, au Fezzan.

Il est clair aujourd’hui que cette progression de l’armée nationale libyenne (ANL) se précise et, surtout, s’intègre dans un vaste plan de reconquête de l’ensemble du pays que nous appelions de nos voeux afin de redonner enfin vie à cet important pays de la rive sud de la Méditerranée mais aussi de mettre un terme à la traite négrière transméditerranéenne qui s’achève toujours…chez nous.

Le maréchal Khalifa Haftar, homme fort de la Cyrénaïque (est) et commandant suprême de l’Armée nationale libyenne (ANL), n’a cessé d’avancer ses pions ces derniers jours dans le Fezzan, la vaste région désertique du sud de la Libye. Mercredi 6 février, son porte-parole a annoncé la conquête du champ pétrolier de Sharara, jusque-là tenu par des groupes locaux touareg. La prise de ce gisement, un des plus importants du Sud libyen, prolonge les récentes percées territoriales de l’ANL autour et à l’intérieur de Sebha, le chef-lieu du Fezzan. Ces opérations altèrent notablement l’équilibre des forces politico-militaires en Libye en projetant les forces de Haftar dans cette région du Sud-Ouest où elles étaient jusque-là peu présentes. Elles s’inscrivent dans une offensive plus globale dont la finalité pourrait être la prise de Tripoli, suggèrent la plupart des observateurs. « Il va essayer de grignoter progressivement des positions en direction de Tripoli », souligne un diplomate occidental en poste à Tunis.

« Le camp pro-Haftar va sûrement gagner en confiance et se trouver moins bien disposé à l’égard des négociations politiques », anticipe Claudia Gazzini, analyste principale d’International Crisis Group pour la Libye. Selon elle, Haftar devrait notamment formuler de nouvelles « exigences financières » relatives à la redistribution des revenus pétroliers, que la Cyrénaïque juge trop déséquilibrée, à son détriment. Afin d’appuyer sa requête, Haftar devrait rouvrir le champ de Sharara – aujourd’hui fermé – et en transférer la gestion à la compagnie nationale pétrolière de Tripoli, un geste qui devrait lui valoir la sympathie de la communauté internationale.

La réaction des adversaires traditionnels de Haftar, particulièrement dans la métropole portuaire de Misrata, en Tripolitaine (ouest), où beaucoup le dénoncent comme une figure prétendument « putschiste », demeure la grande inconnue. Dimanche 10 février, un rassemblement de groupes « révolutionnaires » a eu lieu à Gharian, au sud de Tripoli, où furent dénoncés les tenants d’un « coup d’Etat militaire », une allusion visant Haftar. Dans ce contexte, la pression devrait s’intensifier sur le chef du gouvernement d’« accord national », Faïez Al-Sarraj, basé à Tripoli mais surtout candidat des instances internationales. Ce dernier risque de se trouver de plus en plus écartelé entre Haftar, qui a toujours contesté sa légitimité tout en acceptant de discuter avec lui lors de sommets diplomatiques hors de Libye, et les factions anti-Haftar, qui tendent à lui reprocher sa faiblesse vis-à-vis du maréchal.

Dans le Sud libyen, le tableau militaire reste néanmoins fluide. La plupart des observateurs s’accordent à penser que les récentes avancées de Haftar dans la région stratégique de Sebha ont été favorisées par le désenchantement général des habitants vis-à-vis des autorités centrales de Tripoli. « La population se sentait totalement abandonnée de Tripoli », explique à Tunis un Libyen originaire de Sebha, membre de la tribu arabe des Ouled Slimane. Privée de services publics et exposée à la montée de l’insécurité liée à de nombreux gangs criminels, une partie de la population semble avoir accueilli sans hostilité, sinon avec faveur, l’ANL. Déjà établies sur la base militaire de Brak al-Shati et l’aérodrome militaire de Tamanhint, situés dans la région de Sebha, les forces de Haftar ont ainsi pu s’introduire au cœur même du chef-lieu, jusque-là contrôlé par des milices tribales rivales (Lire « La tribu ou le tyran, entre les deux leur coeur balance » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/09/15/bulletin-climatique-quotidien-15-septembre-2016-de-la-republique-francaise/).

La grande question est toutefois de savoir si le maréchal Haftar va pouvoir se projeter au-delà, notamment vers les localités de Mourzouk, au sud, et Oubari, à l’ouest, respectivement places fortes des ethnies toubou et touareg. Quels que soient ses atouts militaires, Haftar ne peut s’affranchir de la complexe équation tribale du Sud libyen. Il n’est pas anodin que le gouvernement de Faïez Al-Sarraj ait nommé mercredi une figure militaire touareg, Ali Kanna, commandant de la « zone militaire sud », avec pour objectif annoncé de rétablir l’autorité de Tripoli dans la région. Ce qui, aujourd’hui, tient surtout du rêve même si, dans l’aire qui s’étend de Sebha à la frontière algérienne, M. Kanna, un ancien hiérarque de l’armée de Kadhafi, espère pouvoir mobiliser en sa faveur les solidarités touareg. Mais sa tâche sera rendue difficile par les divisions internes chez les Touareg, une faction d’entre eux soutenant déjà le maréchal Haftar.

En revanche, le patron de l’ANL risque de se trouver confronté à l’influence qu’exercent les Toubou entre Sebha et les frontières nigérienne et tchadienne, une zone traversée par les routes migratoires en provenance d’Afrique subsaharienne et abritant notamment les groupes de l’opposition armée tchadienne. C’est l’une des raisons qui l’ont amené à coopérer avec les troupes françaises (avec lesquelles il entretient de bonnes relations) début février.

A Sebha, les forces de Haftar vont évoluer sur un terrain ethnique hautement volatil, marqué en particulier par la rivalité entre les Toubou et la tribu arabe des Ouled Slimane. Cette dernière ayant pour une grande partie rallié l’ANL de Haftar, le maréchal risque d’apparaître comme l’instrument d’une « revanche arabe » contre la minorité des Toubou, qui avait renforcé son emprise locale depuis la révolution de 2011. Aussi l’avenir de la présence de l’ANL de Haftar dans le Fezzan est-il lié, selon les analystes, à sa capacité à absorber en son sein la plus grande diversité de factions ethniques et à redresser son image de force à dominante arabe. Il paraît l’avoir compris et oeuvre en tout cas en ce sens.

Il reste enfin une hypothèque géopolitiquement plus délicate. Plus Haftar progresse vers le sud-ouest du pays, c’est-à-dire vers la frontière algérienne, plus la réaction d’Alger risque de peser dans la balance. A priori, les autorités algériennes ont toutes les raisons de s’inquiéter de cette avancée vers l’ouest d’un chef militaire connu pour sa proximité avec l’Egypte, dont les ambitions régionales ont longtemps télescopé celles de l’Algérie. La suspicion d’Alger peut en outre se nourrir des liens entre Haftar et Paris, qui met ses avions de surveillance et de reconnaissance au service de l’ANL.

Dans un contexte sahélo-saharien en pleine évolution, où la France intervient désormais militairement pour soutenir le gouvernement de N’Djamena, au Tchad, contre des groupes d’opposition basés au sud de la Libye, l’affaire devient encore plus sensible. La carte dont Alger dispose pour faire prévaloir ses intérêts dans cette région frontalière est pour l’instant Ali Kanna, le général touareg réputé proche des Algériens et dont nous parlions plus haut.

Il est clair qu’une unification des diverses composantes libyennes, sous l’autorité du maréchal Haftar, serait non seulement la meilleure voie vers la pacification de ce patchwork ethnique extrêmement inflammable mais aussi la meilleure façon de mettre un terme aux trafics (d’armes et de stupéfiants) comme aux migrations en provenance de l’Afrique subsaharienne et qui transitent par la Libye.

Mais il restera encore à verrouiller le Maghreb et l’Egypte…Nous avons du pain sur la planche avec tous ces gens-là.*

Le 20 février 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/11/13/faudra-t-il-une-fois-de-plus-oublier-palerme/).

Emblèmes et symboles à l’école : on juge l’arbre à ses fruits.

20 Fév

C’est un amendement de dernière minute, mais qui n’a pas fini de faire parler de lui. Déposé par Eric Ciotti, député Les Républicains des Alpes-Maritimes, et voté dans la nuit du lundi 11 au mardi 12 février, quelques minutes avant la clôture de la première séance d’examen du projet de loi « école de la confiance » à l’Assemblée nationale, il prévoit de rendre obligatoire l’affichage du drapeau français, du drapeau européen et des paroles de La Marseillaise dans toutes les classes du premier et du second degré. On se demande bien où Eric Ciotti a pu aller chercher cette idée aussi « sotte que grenue » de l’obligation du drapeau européen !

Les journalistes en service commandé prétendent que le dépôt et le vote de cet amendement ont créé un tollé dans l’hémicycle, pourtant particulièrement clairsemé. Les députés de la majorité se sont plaints d’un vote trop rapide, et ont réclamé une seconde délibération. Elle interviendra à la fin de l’examen du texte, d’ici à vendredi.

A la reprise de la séance, mardi 12 février, d’autres amendements concernant les symboles républicains ont été défendus : la droite parlementaire a demandé de rendre obligatoire la levée hebdomadaire du drapeau et la pratique de La Marseillaise. Plusieurs autres amendements se focalisaient sur la pratique de l’hymne national. Ils ont tous été rejetés tant le patriotisme est désormais étranger au mouvement La République en Marche. Un seul amendement a été adopté mardi, malgré un avis défavorable du gouvernement ( ! ), qui instituait l’obligation d’avoir, dans toutes les écoles, des cartes de la France où figurent les territoires ultramarins, à la demande des députés d’outre-mer. « On pourrait tapisser les murs de la classe de bonnes intentions », a déclaré le ministre au cours de ces débats faisant sans doute allusion au fait que, comme l’enfer, l’Assemblée nationale en est pavée…

L’amendement sur l’hymne et les drapeaux a suscité d’emblée une certaine émotion parmi les enseignants, peu enclins depuis la Révolution a soutenir les expressions de l’emblématique nationale. La présence de symboles républicains est déjà inscrite dans la loi, rappellent-ils en chœur. Les drapeaux tricolore et européen figurent déjà au fronton des écoles et la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen doit être affichée dans les établissements, comme le prévoit l’article L111-1-1 du code de l’éducation. « Le drapeau est un symbole peu intéressant en soi », juge en outre Francette Popineau, secrétaire générale du SNUipp, syndicat majoritaire dans le premier degré. « Ce qui compte, c’est le travail autour de la citoyenneté » démontrant ainsi, s’il en était besoin, que cette syndicaliste confond manifestement deux mots essentiels : emblème et symbole (dommage pour une enseignante à laquelle est confiée l’instruction de nos enfants). Mais qu’en plus, elle ignore le deuxième alinéa de l’article 2 de la Constitution de 1958 qui précise que « L’emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge. »

Que dira-t-elle lorsque nous aurons obtenu ce que nous réclamons depuis toujours : le rétablissement des armoiries de la France ?

Lire « La face volontairement cachée de l’identité de la France » (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/08/15/la-face-volontairement-cachee-de-lidentite-de-la-france/)

Dans l’hémicycle, le député Eric Ciotti a défendu l’affichage obligatoire du drapeau français en rappelant les incidents qui ont suivi l’attentat de Charlie Hebdo*, lorsque des élèves musulmans avaient refusé de participer aux minutes de silence à la mémoire des victimes – 200 incidents avaient à l’époque été répertoriés. Catherine Nave-Bekhti, secrétaire générale du Syndicat général de l’éducation nationale de la Confédération française et démocratique du travail (SGEN-CFDT), rappelle qu’à l’occasion de ces incidents, son syndicat avait déjà défendu l’idée qu’il fallait « donner la possibilité de mener des projets citoyens et de vivre les valeurs de la République en actes », par opposition à la simple exposition des élèves aux symboles, qui ne constitue pas un gage d’adhésion à ces valeurs. « Les valeurs de la République s’apprennent tout au long de la vie », ajoute Rodrigo Arenas, président de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE, classée à gauche) : « Ce n’est pas parce que l’on applique une grille identitaire qu’on va apprendre les valeurs républicaines » a prétendu ce collabo.

A l’instar de la députée George Pau-Langevin (Parti socialiste), qui dénonçait dans l’hémicycle une mesure imposée aux professeurs dans l’espace de la classe, le président de la FCPE juge que cet amendement relève d’un « très grand mépris pour les personnels éducatifs, pour qui les valeurs du drapeau et le sens de La Marseillaise sont un travail éducatif quotidien. » Pourtant, au vu de la terreur qui règne dans la plupart des salles de classes et qui est engendrée par les trop nombreuses « Chances pour la France » accueillies par la République, nous sommes en droit de douter de l’efficacité de ce travail éducatif !

D’ailleurs, les parlementaires impliqués dans l’amendement Ciotti ne sont pas dupes et Catherine Nave-Bekhti, rappelait que, dans l’exposé de l’amendement, les parlementaires ont fait figurer l’idée qu’il fallait « rappeler symboliquement » l’attachement de l’école aux valeurs républicaines. Ajoutant : « C’est une manière de dire que les enseignants n’en font pas assez. Alors que c’est inscrit dans tous les programmes de toutes les matières, comme enseignement et comme pratique. »

Et c’est alors qu’arrive la botte secrète de Mme Popineau ! « Si on a de l’argent, il faut l’employer pour faire vivre les valeurs de la République concrètement » qui interroge le coût de production de ces affiches destinées à rejoindre chaque salle de classe des écoles, collèges et lycées. Mais aussi les commentaires perfides de la FCPE, première fédération (de gauche) de parents d’élèves, pour qui « Monsieur Ciotti et ses soutiens ne sont pas en phase avec les besoins de l’école aujourd’hui. L’engagement de l’école devrait plutôt être de trouver des enseignants, des remplaçants pour ceux qui sont absents, des assistants qui accompagnent les élèves handicapés, l’accès libre à la restauration scolaire… la liste des priorités réelles des élèves et de leurs parents est longue » s’agace son président, Rodrigo Arenas.

Certains voient même dans ce vote une façon de rassembler autour de la loi, puisque l’amendement a été déposé par des députés de l’opposition. « Cela ressemble à un amendement politico-politicien, on est très loin de ce qu’attendent les personnels », fait remarquer Jean-Rémi Girard, le président du Syndicat national des lycées et collèges (SNALC) qui va même jusqu’à poser une question essentielle : « Les députés n’ont-ils pas mieux à faire ? ». 

Sans doute, M. Girard. Mais s’ils ne le font pas dans le contexte que nous connaissons et qui met les écoles dans lesquelles vous prétendez enseigner sens dessus dessous, quand le feront-ils ?

Terminons par une remarque intéressante tant elle en dit long sur les pensées de nos parlementaires car elle interroge l’entente trouvée entre la majorité LREM et les députés LR, qui ne réclamaient pas l’affichage du drapeau européen, mais uniquement celui du drapeau français. L’amendement modifié, qui a finalement été voté, fait mention à la fois du drapeau français et du drapeau européen. En d’autres termes, le mariage de la carpe du lapin, entre les « somewhere » et les « anywhere » !(https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/11/30/le-blanc-de-la-cocarde-saccorde-si-bien-au-jaune-des-gilets/)

Amusant non ?

Le 20 février 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Mais sans préciser qui étaient les auteurs de ces « incivilités« …

Retour sur la démographie africaine (même si cela ne sera sans doute pas suffisant pour ouvrir les yeux de nos compatriotes).

20 Fév

Ceux qui nous lisent avec assiduité savent combien nous sommes attentifs aux problèmes liés à la démographie africaine et, par voie de conséquence, à leurs répercussions de fait ou à venir sur les pays européens (et le notre en particulier). Nous allons apporter aujourd’hui quelques éléments supplémentaires à notre réflexion afin que, comme dans d’autres domaines politiques, nul ne puisse prétendre…qu’il ne savait pas. Ici comme ailleurs et comme toujours depuis sa fondation, il y aura bientôt sept ans, le Conseil dans l’Espérance du Roi prend date.

La population actuelle du continent africain est estimée (car les chiffres officiels sont loin d’être fiables – et plutôt sous-évalués -) à près de 1,3 milliards d’individus. Mais les projections établies par les organismes internationaux spécialisés envisagent que la situation va considérablement évoluer avec une population qui devrait avoisiner les 2,5 milliards en 2050 (soit presque le double) et qui pourrait même quadrupler très rapidement pour atteindre 4,4 milliards d’individus en 2100…malgré le sida. Alors qu’un homme sur six vit aujourd’hui en Afrique, plus d’un sur trois y vivrait dans un siècle !

Voilà pour l’aspect quantitatif le plus simple mais aussi le plus édifiant mais arrêtons nous aujourd’hui sur quelques aspects qualitatifs de ces problèmes démographiques.

Une première chose est certaine, l’Afrique est à la traîne vis-à-vis de ce que les démographes appellent « la transition démographique« . C’est regrettable, car les forts taux de fécondité en Afrique subsaharienne sont un facteur de fragilisation des Etats. Tant que le taux de croissance des régions ouest et centre restera de 2,7 % par an alors qu’il est de 1,2 % au niveau mondial…les investissements nécessaires ne pourront pas se faire puisqu’ils ne profiteront pas du « dividende démographique » avec moins d’enfants et plus d’adultes au travail. Et alors que d’autres pays du même continent ont commencé à réduire (modestement) la croissance de leurs populations.

Plusieurs éléments expliquent ces trajectoires différentes. Les faibles progrès de la médecine et de l’hygiène qui ont maintenu très longtemps une mortalité infantile à des niveaux particulièrement élevés dans la zone subsaharienne, ce qui a poussé les couples à avoir beaucoup d’enfants pour tenir compte de ce risque ; le manque d’accès à une planification familiale proposant des méthodes modernes de contraception ; et enfin (pour ne pas dire surtout), les pesanteurs sociales et culturelles, favorables aux mariages précoces.

Pourtant, quelques frémissements apparaissent en faveur d’une meilleure gestion de ce dernier problème même s’il reste à savoir si la radicalisation islamique en cours n’y mettra pas rapidement un terme. Il y a par exemple quelques initiatives intéressantes, y compris en matière de planification familiale, menées par les Affaires islamiques au Tchad par exemple. Mais elles sont encore limitées et pas assez valorisées. Il faudrait pouvoir faire davantage pour atteindre un effet de masse critique, car si l’on arrive à convaincre durablement les chefs traditionnels, toute la communauté suivra. Mais, pour toucher le fin fond des zones les plus archaïques, ce n’est pas sur Twitter ou à la télé que cela se joue ce qui rend la partie difficile par manque d’intervenants.

L’affaire est d’autant plus difficile à mener que, longtemps, la plupart des gouvernements africains ont mené une politique de…l’autruche. Et même si les choses semblent changer dans quelques pays du centre comme le Niger ou le Bénin qui s’attaquent à la discrimination économique et sociale à l’égard des femmes et des filles. Et avec même, au Niger, l’initiative présidentielle de l’école des maris et des futurs maris…qui a du pain sur la planche !

Car, en Afrique, rien ne se fera tant que l’homme ne changera pas d’attitude vis-à-vis de son épouse, de sa fille, de sa mère, de sa voisine. L’un des problèmes prioritaires est en effet le mariage précoce, qui empêche les jeunes filles de finir leurs études secondaires et les expose à une longue période de procréation. Certains pays ont certes pris des lois pour criminaliser ce phénomène, mais ne les font pas respecter. ll faut notamment convaincre les marabouts, dont certains célèbrent ce genre d’union en dehors des mairies.

Ainsi, malgré l’engagement du chef de l’Etat, Mahamadou Issoufou, c’est au Niger, l’un des pays les plus pauvres au monde, que le taux d’enfants mariés est le plus élevé : 76 %, contre 40 % en Ethiopie par exemple, tandis qu’au Cap-Vert tout proche, le problème est insignifiant. Ces mêmes barrières sociales tirent la prévalence contraceptive vers le bas : 18 % des femmes ont accès aux services de planification familiale au Niger, 38 % en Ethiopie, 60 % au Cap-Vert.

Malheureusement, la communauté internationale et l’Union européenne en particulier agissent sans discernement dans ce domaine alors qu’elles devraient réfléchir à ces questions démographiques comme à des axes géopolitiques essentiels. Ces problèmes d’éducation, de santé, existent depuis des décennies, mais les moyens d’y répondre n’ont jamais été à la hauteur. Il faudrait un gigantesque plan international pour régler les problèmes du Sahel ou du lac Tchad, pour ne prendre que ceux-là. Essayer de limiter les procréations à quatre enfants par femme en moyenne, cela prend beaucoup de temps et demande un changement de comportements, de valeurs, un travail profond qu’il faut accompagner avec de la patience et de la méthode. Or rien ou presque n’a été fait dans ce sens et il est déjà très tard pour espérer réduire ce raz-de-marée démographique.

Prenons l’exemple du lac Tchad et des pays qui le bordent : il a perdu 90 % à 95 % de sa superficie depuis 1970 alors que la population de ce bassin a été multipliée par trois ou quatre dans le même temps. Cette population fragilisée est acculée à la migration ou à la radicalisation. Un maire local racontait il y a peu avoir 300 naissances par jour dans sa commune. Cela représente 6 classes de 50 élèves, soit une école de plus par jour, et derrière il faut un établissement secondaire. Qui pourrait croire que l’on peut, en Afrique, construire aussi vite ?

Résultat, l’instruction public ajoute par ses carences aux difficultés d’ordre culturel ou religieux. Comment peut-on donner une éducation de qualité aux jeunes quand 40 % d’entre eux seulement sont scolarisés ? Cela signifie, par rapport aux pays développés, deux fois plus d’efforts pour les Etats les plus démunis !

Et pourtant, 2050 (quand la population africaine aura doublé)…c’est demain. alors, que croyez-vous qu’il arrivera ? Poser cette question n’est-ce pas y répondre ?*

Le 20 février 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Question subsidiaire : que font nos responsables politiques pour prévoir et mettre sur pied les réponses qu’il faudra bien apporter à cette tragédie humaine et à ses conséquences en terme de déplacement des populations concernées (sauf à accepter de disparaître) ?

RIEN, COMME D’HABITUDE.

Quand la gauche fait semblant de découvrir le référendum d’initiative citoyenne.

19 Fév

C’est une demande tellement récurrente au sein du mouvement des « Gilets jaunes » comme parmi les revendications du pseudo-grand débat national qu’il n’était pas question que l’oligarchie intellectuelle de gauche se désintéresse du RIC (référendum d’initiative citoyenne). Mais elle le fait à sa façon. Tout en hypocrisie et, pour tout dire, en ayant le plus grand mal à cacher sa peur du peuple !

C’est ainsi que l’incontournable (dès qu’il s’agit de nuire à notre pays) think tank Terra Nova vient de publier des propositions pour son éventuelle mise en œuvre. Mais il l’a fait avec de longues pincettes, tant le sujet et son parfum prétendument « populiste » lui donnent la nausée (http://tnova.fr/notes/le-referendum-d-initiative-citoyenne-deliberatif).

En réalité, c’est une vieille idée que celle du référendum d’initiative populaire (devenu, pour coller à l’air du temps, « citoyenne« ). Condorcet avait déjà théorisé des formes de contrôle citoyen et de pétition populaire et la Déclaration des droits de l’homme de 1789 (qui fait partie de notre constitution en son préambule) dit d’ailleurs dans son article 6 : « Les citoyens ont droit de concourir personnellement (personnellement !) ou par leurs  représentants à la formation de la loi ».

Mais Terra Nova, qui n’est pas ignare, découvre qu’ « il lui faut des limites« . Et parle donc de Référendum d’initiative « citoyenne ET délibératif » (ndcer: cette association d’un terme au féminin et d’un autre au masculin témoigne déjà d’une certaine équivoque…). Les citoyens auraient bien sûr le choix des réponses (c’est un référendum) et aussi des questions, puisqu’il est de leur l’initiative. Mais Terra Nova se méfie du peuple et prétend qu’il n’est pas question de remplacer une verticalité des experts (de haut en bas) par une verticalité inverse… celle des profanes (de bas en haut)! Et précise même, au cas où nous n’aurions pas compris :  (le RIC à la façon des gilets jaunes, ce serait) la démocratie directe avec ses risques : les emportements de l’émotion populaire, terrain de jeu facile pour les professionnels de la communication, du lobbying ou les adeptes de la politique par la peur. Le risque, c’est aussi la contradiction: plus de services publics et moins d’impôts. Vous avez compris, enfin ? Pas question de laisser la bride sur le cou de ces crétins…

Alors, les sachants de Terra Nova inventent un nouveau concept…moins dangereux : allier démocratie directe et démocratie participative. Une fois la collecte des signatures requises pour ouvrir droit à  un référendum sur un sujet, une assemblée de citoyens tirés au sort serait amenée à étudier la proposition, à formuler la question après avoir pris l’avis d’experts. Le choix serait soumis au peuple seulement après ce long travail. Il paraît même, nous dit-on, que cette procédure existe dans plusieurs Etats canadiens, en Islande, en Irlande, aux Pays-Bas.

Pour le think tank, il ne s’agit pas de remplacer le parlement ni de désarmer l’exécutif mais d’organiser, dans un monde ouvert, connecté et complexe, l’idée que l’on ne gouverne plus pour mais avec. Rappelant pourtant que le RIC existe aussi en France depuis 2008 mais…qu’il est inapplicable (ses conditions de déclenchement sont trop contraignantes). Terra-Nova propose qu’un RIC soit de droit à partir de 900 000 signatures (2% du corps électoral) pour une nouvelle disposition, et du double pour annuler une loi existante ou pour les questions fiscales. Ces derniers points étant, pour Terra Nova, les plus problématiques parce que « la fiscalité requiert des compétences spécifiques et une cohérence d’ensemble sur tout le dispositif tandis que ce sont des domaines qui doivent rester de l’ordre du contrat électoral entre le peuple et sa majorité. »

Vous l’aurez compris, en réalité cette idée terrifie l’oligarchie au pouvoir qui craint que ses prébendes ne soient remises en cause. Ce ne sera donc pas pour demain.

Le 19 février 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Nous le redisons avec la plus grande fermeté : POUR NOUS, C’EST NON.

19 Fév

Et nos dirigeants politiques, coupables de cette forfaiture, auront à en rendre compte.

Il y a déjà plusieurs mois que les ballons d’essai traditionnels en la matière sont lancés par les dirigeants politiques français, après avoir pourtant laissé croire à nos compatriotes (comme ils en sont coutumiers) qu’ils feraient preuve de la plus grand fermeté.

Or il se trouve que le président américain Donald Trump a appelé, dimanche 17 février, les pays européens, notamment le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne, à rapatrier et juger leurs ressortissants faits prisonniers parmi les jihadistes en Syrie :

« Les Etats-Unis demandent à la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et aux autres alliés européens de reprendre plus de 800 combattants de l’EI [du groupe Etat islamique] que nous avons capturés en Syrie afin de les faire passer en jugement », a écrit, menaçant, le président américain. « Il n’y a pas d’alternative car nous serions forcés de les libérer. Les Etats-Unis ne veulent pas que ces combattants de l’EI se répandent en Europe où ils devraient se rendre », a-t-il ajouté.

Comme vous pouvez l’imaginer, les européens ne tarderont pas à céder aux injonctions américaines !

Alors qu’au moins 70 à 80 enfants et une cinquantaine d’adultes sont retenus depuis des mois dans la région, une des options qui paraissent devoir être retenues par le gouvernement de Paris serait une opération de rapatriement internationale coordonnée. Une exfiltration qui s’appuierait notamment sur une aide logistique américaine.

« Une opération coordonnée ne signifie pas forcément une opération conjointe », précise une source gouvernementale, laissant entendre qu’elle pourrait être déclinée sous différents formats. « Il y a plusieurs options sur la table, dont celle d’une expulsion générale, quel que soit le pays auquel appartiennent » les djihadistes, ajoute cette source, expliquant que des discussions avaient notamment lieu entre pays européens et du Maghreb. « Ce que font les Belges n’est pas sans effet sur nous », précise encore cet interlocuteur : fin 2018, l’Etat fédéral belge a été condamné à rapatrier plusieurs enfants dont les mères étaient retenues en Syrie.

Ces éléments rejoignent l’hypothèse d’une opération internationale reposant sur un accord entre alliés afin d’organiser une sorte de pont aérien permettant l’évacuation des djihadistes étrangers de Syrie. Un tel système aurait l’avantage de pallier le manque de moyens de certains pays pour récupérer leurs djihadistes et d’encadrer la sortie des personnes concernées avec toutes les garanties du droit international. La sécurité de la manœuvre in situ, sous le contrôle militaire des Etats-Unis, ne serait pas un point d’inquiétude.

Preuve de la relative confusion qui règne cependant sur ce sujet sensible, l’hypothèse d’un recours à un mandat de l’ONU pour encadrer ce transfert est évoquée par certaines sources, mais démentie par d’autres, qui y voient au contraire le risque inutile de compliquer les choses. Dans le même esprit, deux responsables kurdes dans le nord-est syrien ont assuré, vendredi 8 février à l’Agence France-Presse, qu’il n’y avait pas de progrès concernant le rapatriement des djihadistes.

La révélation d’un soutien américain à l’exfiltration des djihadistes suscite de nombreuses interrogations chez les différents acteurs hexagonaux du dossier, laissant apparaître des dissensions sur les scénarios en discussion. En clair, le fait de rendre public ce modus operandi serait un moyen de l’anéantir. « C’était une des hypothèses envisagées, mais il y a d’autres options », abonde une source proche du dossier, laissant entendre qu’il est encore possible, à ses yeux, que les djihadistes français restent dans la région et ne rentrent pas. C’est notre exigence.

Cette accélération du calendrier fait suite à l’annonce, mi-décembre 2018, par le président américain, Donald Trump, du retrait des forces américaines de Syrie. Jusque-là, la France ne souhaitait pas les rapatriements de djihadistes, arguant qu’ils pouvaient être jugés sur place : seuls les enfants pouvaient faire l’objet d’une exfiltration. Mais, depuis l’annonce américaine, la diplomatie française a honteusement fait volte-face. Sa principale crainte : que les Kurdes jusque-là soutenus par les Etats-Unis relâchent la surveillance des combattants étrangers dans leurs camps, avec à la clé un risque d’évasion et de dispersion.

Officiellement, il n’y aurait pas de date limite pour effectuer ces rapatriements. Même si la fin du « califat territorial » de l’organisation Etat islamique (EI) est déclarée d’ici quelques semaines, l’organisation de la coalition internationale anti-EI ne changera pas avant l’été. « Je ne suis pas sous la pression pour partir à une date précise », a indiqué, le 5 février, le commandant américain de la zone, le général Joseph Votel, devant le Sénat à Washington. Des sources françaises évoquent toutefois un calendrier de retour assez rapide, même si les dates restent mouvantes. On se demande bien pourquoi.

La situation sur le terrain est certes très instable. Selon une source haut placée, les services français s’inquiètent notamment de l’éventuelle présence de djihadistes français entre les mains du régime de Bachar Al-Assad, sans être en mesure de le confirmer. Par ailleurs, les redditions de djihadistes et, surtout, de femmes et d’enfants s’accélèrent alors que l’EI s’effondre. Une situation qui engendre un chiffre plus que jamais évolutif de ressortissants français et étrangers susceptibles d’être rapatriés. Au moins deux Français, une demi-douzaine d’Allemands, quatre Américains, deux Suédois, deux Canadiens, deux Irlandais, un Italien, un Ukrainien, ainsi que des russophones et des Saoudiens, ont encore été capturés récemment.

L’opération des Forces démocratiques syriennes contre le dernier réduit territorial de l’EI n’est, quant à elle, toujours pas achevée. A Baghouz, ultime village du « califat », plusieurs centaines de combattants – entre 400 et un millier selon les estimations contradictoires des commandants kurdes – restent retranchés. Avec eux, un nombre inconnu de civils, dont sans doute une majorité de familles de djihadistes qui ont échoué là après des mois, voire des années de déplacements, au gré des reflux de l’organisation djihadiste.

Depuis le début de la chute de l’EI, beaucoup d’acteurs institutionnels français craignent que le retour de ces combattants et de leurs enfants ne suscite un fort rejet de l’opinion, appuyé par une opposition de droite extrêmement vive et dont le CER est le porte-drapeau. Malgré tout, les services de renseignement et la justice se préparent depuis de longs mois à toutes les éventualités.

Si les djihadistes français et leurs enfants étaient exfiltrés prochainement, l’administration pénitentiaire estime qu’elle ne serait pas prise au dépourvu. « Nous sommes prêts », indique une source pénitentiaire. Alors qu’environ 500 personnes étiquetées « terroristes islamistes » sont déjà incarcérées dans les prisons françaises, l’administration prétend que la cinquantaine de « revenants » aux mains des Kurdes ne constituerait pas une surcharge irrémédiable malgré la surpopulation carcérale. Elle oublie pourtant l’incontournable prosélytisme que ne manqueraient pas de pratiquer ces combattants, auréolés de leur « lutte armée contre les mécréants« .

Comme le prévoit le système en vigueur, une fois sur le sol français et leur situation judiciaire clarifiée, les ex-djihadistes seront d’abord, nous dit-on, « évalués ». Puis ils seront orientés vers différents types de régime carcéral. Les plus dangereux seront placés à l’isolement, où les places ne manquent pas. Les prosélytes, considérés comme une catégorie à part, seront à ce que l’on nous dit, placés dans des « quartiers de prise en charge de la radicalisation » (QPR),  théoriquement étanches aux autres détenus. Pour ceux qui pourraient éventuellement bénéficier d’un placement sous contrôle judiciaire, des dispositifs de prise en charge de la radicalisation existent en milieu ouvert mais nous avons déjà montré…qu’ils ne servent à rien et ne déradicalisent personne !(1)

En termes de places, il existe deux établissements avec des QPR en France : à Condé-sur-Sarthe (Orne) et à Lille. La prison de la Santé, à Paris, qui vient de rouvrir en janvier, devrait elle aussi avoir, d’ici au printemps, toute une aile de son bâtiment réservée à ce public. Le calendrier fait bien les choses : l’ouverture progressive de ce QPR dans la capitale devrait débuter dans les prochaines semaines. L’administration pénitentiaire concède en revanche un manque de personnels formés à intervenir auprès des détenus radicalisés, surtout dans les établissements loin de Paris. Alors qu’il suffirait de suivre nos recommandations : redonner vie à l’ancienne peine de relégation et emprisonner ces criminels dans des bagnes dédiés, de préférence en des lieux très isolés et dont ils ne pourraient pas s’échapper. Pour nous, les terres australes (archipels des Kerguelen et dépendances) ou, pourquoi pas, l’île de Tromelin apparaissent idéales pour qu’ils y finissent leurs jours…au frais.

En ce qui concerne les enfants, la protection judiciaire de la jeunesse a lancé un appel, la première quinzaine de janvier, pour accélérer la recherche de places en foyer ou en famille d’accueil. Les candidatures ne sont pas légion pour ce public particulier. D’autant que, dans la mesure du possible, on essaye de ne pas séparer les fratries. Pour certains enfants, leur famille d’origine (grands-parents, oncles, etc.) pourrait toutefois être privilégiée.

Dans tous les cas, diverses parties prenantes en France travaillent plutôt sur des scénarios plus discrets…de retour par petits groupes. Soit « une dizaine » de djihadistes et leurs enfants à chaque fois, selon l’un d’eux. Pas de gros charters, donc, sauf si la complexité de la situation amenait une nouvelle fois à revoir la donne.

Alors, répétons-le, POUR NOUS, C’EST NON !

Pourquoi ? Nous direz-vous (si, bien sûr, vous ne nous avez jamais lus sur le sujet). La réponse est simple : nous n’acceptons pas que notre pays et nos compatriotes paient le prix de la lâcheté et de l’incompétence de leurs dirigeants politiques. Car, ne l’oubliez pas, nous avons fait dès les premiers départs de djihadistes de France les seules recommandations de bon sens qui auraient évité que nous nous trouvions aujourd’hui dans la situation que nous venons de décrire. Pour mémoire, répétons-les :

1/ Nous étions opposés au fait de multiplier les obstacles au départ pour le djihad en Irak et en Syrie (voire ailleurs) de tous les musulmans prétendument Français car nous pensions que beaucoup d’entre eux finiraient leurs jours sur place et ne reviendraient donc jamais. La suite de l’histoire nous a donné en grande partie raison. En revanche, nous réclamions l’interdiction formelle d’accepter le retour de ceux qui auraient pu échapper à la mort au combat, ajoutant à cela l’exigence de déchéance de la nationalité française pour tous afin de justifier davantage encore le refus de leur retour;

2/ nous demandions également que tout lien prouvé avec les organisations islamiques terroristes, de quelque nature qu’il soit, y compris sur le territoire national sans expatriation, soit sanctionné par une peine de RELEGATION (à défaut de la déchéance de nationalité et du renvoi vers les pays d’origine lorsqu’ils s’avèrent – pour le moment(2) – trop compliqués), afin de rendre impossible toute récidive comme tout passage à l’acte de ceux qui se radicaliseraient. Nos publications sur ces sujets, dans les pages de notre blogue, sont innombrables et facilement consultables grâce à notre moteur de recherche;

3/ en ce qui concerne précisément la déchéance de la nationalité française, rappelons à tous ceux qui croient encore aux bobards que leur racontent les criminels qui nous gouvernent, que la France n’est, en réalité, pas liée par le moindre engagement international concernant la déchéance de nationalité ! Car, si la France a bien signé un certain nombre de conventions de l’ONU, notamment celles de 1954 et de 1961 sur les apatrides, elle ne les a pas toutes ratifiées. Il n’y a donc aucune norme contraignante, à part le code civil, que nous sommes en droit de réviser;

4/ la déchéance de nationalité doit être appliquée automatiquement à tout Français (né ou naturalisé) aussitôt qu’il quitte le sol national pour rejoindre quelque camp terroriste que ce soit. Ceci pour deux raisons. La première est que, dans le cas où le terroriste en question échapperait hélas à la mort dans son combat et chercherait à revenir sur le sol national, il y serait définitivement étranger et interdit de séjour. La seconde est plus fondamentale encore et ne saurait être niée par ceux-là mêmes qui s’y réfèrent si souvent : l’engagement de tout Français dans un mouvement terroriste est, par nature, un acte de guerre contre notre pays et  contraire à toutes les valeurs spirituelles et humanistes qui fondent notre civilisation et scellent notre culture commune. Cet engagement est donc incompatible avec l’appartenance à notre communauté nationale et la déchéance de nationalité en est le prix.

D’autres questions ?

Le 19 février 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

(1) Relire «  » « Pourquoi la déradicalisation est une vue de l’esprit » (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/02/15/pourquoi-la-deradicalisation-est-elle-une-vue-de-lesprit/) et aussi « Les mesures décoiffantes d’Edouard Philippe pour lutter contre la radicalisation islamique » (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/02/24/les-mesures-decoiffantes-dedouard-philippe-pour-lutter-contre-la-radicalisation-islamique/).

(2) Pour le moment car…le moment venu, nous dénoncerons tous les traités et autres contraintes internationales qui brident la souveraineté de notre pays. Ne l’oubliez jamais : « le Roi est empereur en son pays« .

Le CER a toujours une longueur d’avance .

18 Fév

Il y a maintenant plusieurs années que nous mettons en garde non seulement nos compatriotes mais aussi bien sûr nos responsables politiques sur le cancer de l’antisémitisme, développé à partir d’une communauté islamique pléthorique et violente. Le nombre de nos publications sur ce dramatique sujet est considérable sans que l’on nous entende, tant les dirigeants de notre pays et leurs complices médiatiques et culturels persistaient à ne considérer l’antisémitisme qu’au travers de vieux schémas du siècle passé et, surtout, parce qu’ils se refusaient à montrer du doigt le fruit de leur lâcheté et même souvent de leur complicité.*

Mais les voilà aujourd’hui rattrapés par la réalité.

Le principal auteur des insultes antisémites proférées à l’encontre de l’académicien Alain Finkielkraut samedi 16 février, lors de la manifestation des gilets jaunes, a été clairement identifié car connu des services renseignements pour son appartenance à la mouvance islamiste radicale, sans pourtant avoir fait l’objet, à ce jour, d’un classement au fichier ad hoc…En d’autres termes, il ne compte pas parmi les individus « fiché S« . On attend sans doute un prochain attentat.

Et voici les belles paroles proférées par cet islamiste, elles en disent long sur la situation actuelle mais aussi à venir de notre pays :

« Barre-toi, sale sioniste de merde« , « grosse merde sioniste« , « nous sommes le peuple« , « la France, elle est à nous« , a-t-il notamment crié avec plusieurs autres manifestants face au philosophe dans les rues de Paris.

Le parquet de Paris a annoncé dimanche avoir ouvert une enquête pour « injure publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion, par parole, écrit, image ou moyen de communication électronique« . Les investigations sont confiées à la BRDP (Brigade de répression de la délinquance à la personne).

La Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) a annoncé sur Twitter dimanche soir qu’elle allait saisir la justice. L’intéressé lui, a déclaré qu’il ne porterait pas plainte, se disant « ni victime ni héros« . Ce lundi, aucune personne n’a pour le moment été interpellée !

Souvenez-vous de ce que nous écrivions ici-même il y a quelques jours seulement à propos des larmes de crocodile de Christophe Castaner-La Voix de son Maître, notre ministre de l’intérieur : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/02/14/proliferation-des-actes-antisemites-en-france-quelle-surprise/ .

Des imposteurs vous dis-je et en plus, bientôt, les complices d’assassins islamistes.

Le 18 février 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Une preuve supplémentaire de ces mensonges et de cette manipulation : l’éditorial politique, ce matin même sur France Inter, de l’inénarrable chroniqueur Thomas Legrand (https://www.franceinter.fr/emissions/l-edito-politique/l-edito-politique-18-fevrier-2019).

Post scriptum. Il en est désormais de l’antisémitisme comme du terrorisme : réduisez drastiquement le nombre de coranophiles dans un pays et vous réduirez d’autant le nombre de terroristes potentiels et d’antisémites avérés.