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L’héraldique ecclésiastique ne se porte pas si mal chez nous.

11 Nov

Et, contrairement à ce que le choix de certains de nos Evêques progressistes aurait pu laisser croire, la rencontre entre la tradition chez d’autres et le talent de brillants artistes héraldistes subsistants produit encore des merveilles.

Nous avons déjà signalé ce fait dans les pages de notre blogue à propos des armoiries de Mgr Olivier Certain de Germay de Cirfontaine, Archevêque de Lyon et Primat des Gaules (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2021/07/01/nouvelles-armoiries-de-mgr-olivier-certain-de-germay-de-cirfontaine/), créées par notre ami Laurent Granier.

En voici un autre exemple avec celles de Mgr Bruno Valentin, Evêque auxiliaire du diocèse de Versailles, également créées par Laurent Granier. Vous y observerez d’une part la reprise, fréquente parmi le clergé, du chapé ployé à la forte charge symbolique, et d’autre part le choix de la couronne d’épines du Christ, chère à Saint-Louis, comme de la fleur de nard, un meuble rare généralement associé à une dévotion particulière à Saint-Joseph (https://www.vatican.va/content/francesco/fr/elezione/stemma-papa-francesco.html) :

D’azur chargé d’une couronne d’épines d’or, chapé ployé d’argent à deux plantes de nard fleuries et feuillées du premier posées en pal et issant des flancs du chapé.

Ornements extérieurs (chapeau, cordelière, houppes et croix de procession) d’un évêque. Devise : « Il est passé en faisant le bien » (La devise épiscopale est empruntée à la prédication de Saint Pierre, disant à propos du Christ au centurion Corneille : « Il est passé en faisant le bien. » (Ac10,38)

Ces armoiries sont à rapprocher de celles de Mgr Luc Crépy, Evêque titulaire de Versailles (au crédit duquel on doit verser – alors qu’il était Evêque du Puy-en-Velay – la décision d’autoriser, à la demande de la Confrérie royale, le pèlerinage légitimiste du Puy à devenir annuel) * :

Mais voici, de nouveau, des armoiries créées par notre ami Laurent Granier pour Mgr Jean-Paul James, Archevêque de Bordeaux et Primat d’Aquitaine :

Ecartelé en sautoir au 1, de gueules au léopard d’or armé et lampassé d’azur ; au 2 et 3 d’azur à la moucheture d’hermine d’argent ; au 4, d’azur à la coquille d’or ; brochant sur le tout un sautoir d’or.

L’écu comporte une croix de Saint-André – sautoir – (patron principal du diocèse de Bordeaux), une coquille Saint-Jacques (évocation du nom de famille James et du patron secondaire de la cathédrale de Bordeaux), des mouchetures d’hermine (origines bretonnes de Mgr James) et le lion d’Aquitaine – léopard -(Archevêque et Primat). Les ornements extérieurs sont ceux d’un Archevêque Primat (avec les quinze houppes, la croix à double branche et le pallium).

Le 11 novembre 2021.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

(*) Comme vous l’aurez peut-être deviné en les observant avec attention, ces armoiries n’ont pas été réalisées par Laurent Granier.

Richesses de l’Héraldique ecclésiastique

2 Sep

Alain Texier

Héraldique.Les officiers d’armoiries : Rois, Hérauts, et Poursuivants d’Armes

31 Août

Acteurs de la vie sociale et militaire

La tradition des officiers d’armes est trés lointaine et c’est au Moyen-Age que ces fonctionnaires, spécialistes des armoiries ont atteint leur apogée

A l’époque où les batailles rangées étaient encore l’étape finale de la guerre, car tout était ordonné afin que Dieu puisse reconnaître le vainqueur du Bien dans les jugements derniers, le rôle des hérauts était prédominant. Ceux-ci mettaient en exercice l’essentiel de leur savoir, accumulé entre autres, lors des joutes et des tournois, manifestations sportives nqui constituaient les répétitions nécessaires à l’agencement d’une bataille.

Les officiers d’armoiries :Rois, Hérauts, et Poursuivants d’Armes.© Pierre de Losada Marti, Madrigal Heraut d’Armes

Bulletin des Amis du vieil Istres N° 29-3

https://www.academia.edu/37799707/Les_officiers_darmoiries_Rois_Hérauts_et_Poursuivants_dArmes

HABIT DE HERAULT

Habit de héraut d’armes de France

Numéro d’inventaireGMTC-147-001

Année de conception 1825

Style Restauration TypesTextile, Vêtement et accessoire, VêtementÉpoqueRestauration (1815-1830)

Dimensions (L × l × h)65 × 0 × 85 cmPhotographie © Isabelle Bideau

Description

Un document d’époque décrit ce tabard comme « une tunique en dalmatique en velours violet richement brodé en or, frange et glands or à torsades, doublée en taffetas blanc » (« Habillement de Messieurs les hérauts d’armes de France », AN, AJ18 809, fol. 5 à 8). Le Mobilier national conserve également le tabard du roi d’armes France (GMTC 146).

Historique
Ce tabard fait partie d’un ensemble conçu pour le sacre de Charles X. Issu à l’origine de la panoplie du chevalier médiéval, le tabard était le symbole des hérauts d’armes, officiers royaux placés sous le commandement du roi d’armes et participant de la pompe monarchique, en particulier lors de la cérémonie du sacre.

Bibliographie

Françoise Waquet, Les fêtes royales sous la Restauration, ou l’Ancien Régime retrouvé, 1981, p. 164.

Alain TEXIER.

« Noblesse, Titres et Armoiries », d’Alain Texier.

22 Août

Le passionnant ouvrage que vient de nous livrer notre ami Alain Texier, CJA, est une somme. Une somme de connaissances historiques certes et qui s’avéraient indispensables après son précédent livre paru en 1988, « Qu’est-ce que la noblesse ? » (et qui était déjà une référence), mais aussi une somme de considérations et de réflexion sur la place de la noblesse et des titres nobiliaires au vingt-et-unième siècle. Une place bien réelle et si importante même si cette importance échappe encore trop souvent à nos contemporains pour l’évidente raison suivante : pétris de vitesse et d’instantanéité, ils sont oublié que la noblesse… c’est le temps long, celui de l’Histoire. C’est ce qui dure. Pas le temps du suffrage universel et de ses chimères ou de nos dérisoires et velléitaires quinquennats.

Mais, à ce vaste panorama, il a eu le bon goût d’ajouter une riche introduction à la science héraldique (ou art du blason) si liée à la noblesse et pourtant si distincte à la fois. Liée par l’histoire de nos sociétés occidentales mais distincte en ce sens que tout citoyen (français en tout cas) a toujours l’étonnante capacité de porter des armoiries même s’il n’est pas noble ni titré, mariant ainsi possiblement et de manière inattendue l’art à l’état civil, la symbolique à l’emblématique ou le dessin à la sociologie. Ainsi que le rappelle souvent notre maître, Michel Pastoureau, les armoiries sont un peu comme la carte de visite : chacun peut en posséder mais tout le monde n’en possède pas !

Bref, il y a tout dans cet ouvrage. Depuis les caractéristiques de la noblesse d’Ancien Régime jusqu’à son illustration dans la société contemporaine en passant par la hiérarchie des qualités et des titres et les règles qui s’y appliquaient au temps de la monarchie. Signalons en outre d’utiles (et peu fréquentes) considérations concernant la noblesse impériale telle qu’elle fut intelligemment organisée par Napoléon Bonaparte.

Le tout agrémenté bien sûr de quelques touches humoristique comme Alain Texier en a le secret.

En résumé, « Noblesse, Titres et Armoiries » est pour nous un ouvrage essentiel. Et, n’en doutons pas, comme nous parlions il y a quelques décennies du « Lagarde et Michard » en littérature, du « Lavisse » ou du « Malet et Isaac » en histoire, il y a fort à parier que les futurs étudiants en Droit ou en Histoire parleront désormais du « Texier » !

Le 21 août 2021, à quatre jours seulement des prochaines Rencontres de la Charte de Fontevrault, la belle idée de notre ami.

Jean-Yves Pons, CJA.

Noblesse, titres et armoiries, d’Alain Texier. Paru chez LMG Editions. Avril 2021 
Livre broché, grand format 215 x 135cm- 166 pages – ISBN : 979-10-95165-20-0 – Prix de vente public : 9 €

LES GRANDS ORDRES DE CHEVALERIE ETRANGERS : L’ORDRE SUPREME DU CHRIST.

1 Août

Un Ordre de Chevalerie est une puissance Christique, dispensant à ses membres l’initiation, la consécration et l’investiture de la Chevalerie, distribuant aux Chevaliers et à leurs cercles d’influence les lumières et les forces sourdant de l’iimmuable tradition de la garde de l’Eglise et de la défense de la Chrétienté, assumant en son vivant esprit l’honneur de la Catholicité, au service de la gloire de N.S. Jésus-Christ et de l’établissement ici-bas de Son Royaume. 

L’Ordre suprême de Notre Seigneur Jésus Christ, ou Ordre Suprêmes du Christ, est la plus haute distinction Pontificale. Il ne comporte qu’une seule classe -Chevalier- et se porte avec la médaille en sautoir et la plaque sur le côté gauche de la poitrine. Il n’est pas anoblissant.

L’Ordre est créé en 1319 par Jean XII. Il trouve ses origines dans l’Ordre du Temple dont est aussi issu l’Ordre du Christ décerné par les Rois de Portugal. Créé aussi en 1319 par le pape à la demande du Roi du Portugal pour regrouper les Chevaliers portugais de l’Ordre du Temple, à l’origine l’Ordre du Christ portugais possède à la fois une composante séculière et religieuse. Au XVIII° siècle, la composante religieuse disparait. 

Rome avait précisé que le droit des Monarques portugais de créer des Chevaliers de l’Ordre du Christ a été accordé par un pape dans la Bulle pontificale ad ea quae ex émise à Avignon les 14 et 15 mars 1319. Alors que la bulle en elle-même ne confère pas explicitement au pape le droit de créer des nouveaux Chevaliers du Christ, les papes successifs depuis Jean XXII se permettront de le faire à partir du XIV° siècle. Pendant de nombreuses années la Monarchie portugaise contestera les droits de la papauté sur l’Ordre, et aura même, dans un cas vraisemblablement unique mais devenu célèbre, fait arrêter un chevalier italien, l’architecte Giovanni Servandoni, nommé par le Saint-Siège et qui en portait les insignes. 

Henri de le Navigateur et Christophe Colomb sont tous deux membres de l’Ordre portugais : les caravelles du second portent sur leurs voiles la Croix pathée non pas de l’Ordre du Temple mais l’Ordre du Christ.

C’est la Reine du Portugal Marie la Pieuse, profondément croyante, qui, avec l’aide du pape Pie VI, tente de rendre à l’Ordre du Christ son lustre d’ordre religieux militaire d’antan. Cette dernière ré-établira le couvent de Tomar comme commanderie de l’Ordre. Le souverain demeure le Grand-Maître de l’Ordre, mais un Prieur de l’Ordre remplace le supérieur du couvent.

En 1834, quand le gouvernement devient anti-Catholique après la défaite de Michel I° lors de la guerre civile, avec la suppression des Ordres religieux, et la confiscation de leurs biens, l’Ordre du Christ disparaît définitivement en tant qu’Ordre religieux militaire pour n’être plus au Portugal qu’un Ordre permettant à la Royauté constitutionnelle de distinguer les membres de sa Noblesse, à l’image de l’Ordre du Saint-Esprit en France. La loi de 1901 sur l’autorisation des congrégations religieuses ayant un but éducatif, permet le retour des Ordres religieux mais aucunement des Ordres militaires.
Avec la révolution du 5 octobre 1910 et l’instauration de la Première République, l’Ordre est supprimé comme tous les ordres honorifiques excepté l’Ordre de la Tour et des Épées, une espèce de Légion Etrangère portugaise. Celà laise les mains libres au gouvernement des Etats de l’Eglise : dans le cadre de la réévaluation générale de l’organisation des honneurs du pape en 1905 par Saint Pie X, l’Ordre pontifical du Christ deviendra la décoration du pape la plus élevée sous le nom d’Ordre Supême du Christ. Elle est depuis traditionnellement attribuée aux chefs d’État Catholiques. Il est évident que dans cette réforme, le Saint Siège a voulu réaffirmer son autorité sur cet Ordre

Cependant, en 1917, pour décorer les combattants de la Première Guerre Mondiale, Sidónio Pais rétablit les anciens Ordres militaires comme Ordres honorifiques. Depuis ce moment l’Ordre du Christ, ayant pour grand-maître le président de la République portugaise, est un Ordre honorifique officiel de la République portugaise distinguant les services éminents rendus au pays dans l’exercice de fonctions dans les organes de l’État ou dans l’administration publique en général et dans la magistrature et la diplomatie en particulier, comme notre Légion d’Honneur. L’ordre du Christ, ainsi que les autres Ordres du Mérite portugais, ont vu leurs statuts révisés en de multiples occasions, pendant la Première République (1910-1926), puis en 1962 et encore en 1986. L’Ordre du Christ a également survécu au Brésil jusqu’en 1889.
L’Ordre du Christ, ainsi que l‘Ordre d’Aviz— tous des Ordres militaires — forment le groupe des « anciens Ordres militaires », dirigés par un chancelier et un conseil de huit membres, désignés par le Président de la République, afin de l’assister dans sa fonction de grand-maître dans tout ce qui concerne l’administration de l’Ordre.
Pour résumer, nous dirons que l’Ordre du Christ est la “Légion d’Honneur” qui survit au Portugal comme au Brésil, et l’Ordre Suprême du Christ est l’Ordre pontifical.
L’utilisation de l’Ordre Suprême du Christ a été limitée par Paul VI dans sa Bulle Ordinis Equestres du 15 avril 1966 aux chefs d’État Catholiques pour célébrer des occasions très spéciales au cours desquelles le Pape lui-même était présent. Il a rarement été accordé depuis: la dernière attribution a été faite par Jean-Paul II en 1987 à Fra Angelo de Mojana (pronocer Morana), 77e Prince di Cologna et Grand Maître de l’Ordre Souverain de Malte à l’occasion du vingt-cinquième anniversaire de son élection au grand magistère (il mourut l’année suivante). 
Avec la mort de Baudoin I°, Roi des Belges en 1993, il n’y a plus aujourd’hui de membre vivant de l’Ordre.

Intéressante la liste des Chefs d’Etat Catholiques membres de l’Ordre Suprême du Christ au XX° siècle :

-Le Roi Victor-Emmanuel III d’Italie en 1932
https://fr.wikipedia.org/wiki/Victor-Emmanuel_III

-Le Roi Hubert II d’Italie en 1932 (Fils du précédant)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Humbert_II_(roi_d%27Italie)

-Le Prince Fra’ Ludovico Chigi Albani della Rovere, Grand Maître de l’Ordre Souverain de Malte en 1933
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ludovico_Chigi_Albani_della_Rovere

Wilhelm Miklas, président de la République autrichienne en 1933
https://fr.wikipedia.org/wiki/Wilhelm_Miklas

-Le président Albert Lebrun en 1935
https://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_Lebrun

-Le Prince Félix de Bourbon-Parme, prince consort de Luxembourg en 1919
https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9lix_de_Bourbon-Parme

-Le général Franco en 1953
https://fr.wikipedia.org/wiki/Francisco_Franco

Luigi Einaudi, président de la République italienne en 1954
https://fr.wikipedia.org/wiki/Luigi_Einaudi

-Le président René Coty en 1957
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Coty

-Le Général de Gaulle en 1959
https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_de_Gaulle

-Le Roi Baudoin I° des Belges en 1961
https://fr.wikipedia.org/wiki/Baudouin_(roi_des_Belges)

Éamon de Valera, président de la République d’Irlande en 1962
https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89amon_de_Valera

-Konrad Adenauer chancelier de la RFA en 1963
https://fr.wikipedia.org/wiki/Konrad_Adenauer

Cardinal Maximilien de Furstenberg, grand maître de l’Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem en 1966
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ordre_%C3%A9questre_du_Saint-S%C3%A9pulcre_de_J%C3%A9rusalem

-Le Prince Fra’ Angelo de Mojana di Cologna, Grand Maître de l’Ordre souverain de Malte, le 3 juillet 1987
https://fr.wikipedia.org/wiki/Angelo_de_Mojana_di_Cologna

Depuis, il n’y a pas eu de nouvelles nominations.

En héraldique, il est permis aux décorés de l’Ordre Suprême du Christ d’entourer leur propre blason avec les insignes.

La médaille de l’Ordre Suprême du Christ est composée d’une Croix pattée émaillée de rouge qui ne porte au centre qu’un simple et petit émaillage, surmontée par une Couronne Royale d’or.

La Plaque est composée d’une étoile brillante ayant en son centre la même Croix de la médialle.

Le collier est en or et composé des insignes pontificaux attachés à l’Ordre, alors que la décoration est surmontée par un trophée militaire.

Pour un vrai Chrétien, seule la Chevalerie peut extraire du chaos actuel un Ordre conforme au plan Divin. 

Hervé J. VOLTO, CJA

UN ORDRE DE CHEVALERIE MECONNU : L’ORDRE DES CHEVALIERS DE LA FOI

3 Juil

L’Ordre des Chevaliers de la Foi est un Ordre de Chevalerie Catholique secret insituté sous forme de société secrète -comme une anti-maçonnerie- fondée en 1810 pour défendre le Catholicisme et la Monarchie Légitime. Durant la période du Premier Empire, l’Ordre avait pour objectif le rétablissement de la Monarchie Captienne, Catholique et Royale, puis, durant la Restauration, les Chevaliers de la Foi se sont organisés dans la tendance parlementaire des Ultraroyalistes, avant de se disperser d’eux-mêmes entre 1826 et 1830.


Tout commence avec le Comte Ferdinand de Berthier de Sauvigny (1782-1864), un homme politique Français, né à Paris le 13 mai 1782 et mort à Versailles le 13 mai 1864. Ferdinand Berthier de Souvigny est le fils de l’Intendant qui fut nassacré par la foule le 14 Juillet 1789 lors de la prise de la Bastille.Ferdinand de Bertier de Sauvigny émigre en 1791 et sert dans l’Armée de Condé. Il est reçut en 1807 à La Congrégation, dite Congrégation de la Sainte-Vierge, une congrégation Mariale et une association religieuse pour laïcs Catholiques fondée à Rome en 1560 par un professeur Jésuite du Collège Romain, Jean-Louis Leuniss, qui la plaça sous le patronage de « Marie secours des Chrétiens ».


Durant la période du I° Empire, l’Ordre des Chevliers de la Foi a pour objectif le rétablissement de la Monarchie Capétienne, Catholique et Royale. Il se fonde sur l’affirmation du principe Royal, qui est que le Roi est la seule autorité Légitime émanant de Dieu. Le Chapitre l’Ordre comprend Matthieu. Duc de Montmorency (Grand-Maître), frère du cardibnal de Montmorency et qui célèbera les noces du Duc et de la Duchesse d’Angoulême, Adrien Comte de Rougé, Jean-Baptiste Comte de Villèle (qui exercera entre autres les fonctions de Premier Ministre entre 1821 et 1828, et dont l’arrière-petit-fils direct est membre aujourd’hui du parti ALLIANCE ROYALE fondé en 2002), Hyacinthe de Barreau, et encore Louis de Noailles (aide de camps du Maréchal Benadotte et… agent Royaliste de haut vol au service de Louis XVIII alors en exil en Angleterre !). 
L’Empire n’est institué, contre l’a montré Bainville dans son remarquable 18 Brumaire, que pour empécher le retour de la Monarchie de Droit Divin.


Mais les Chevaliers de la Foi animent la résistance Catholique et Royale contre l’Empire autour du serment suivant :
C’est ce grand principe de Légitimité Catholique et Royale que nous devons surtout proclamer dans nos discourts, affermir par nos travaux et défendre par nos épées, s’il était ouvertement attaqué. Les deux premiers soins sont le partage particulier des Députés que nous choisirons, et nous nous réservons, à nous qui leur donnons ce mandat spécial, l’emploi du troisième, dans le cas où le succès ne répondrait pas à leurs efforts ! 


Durant la période de l’Empire, Ferdinand cherchait avec son frère Bénigne-Louis à unifier et regrouper toutes les forces de résistance Royalistes. Ils étaient fascinés par la franc-maçonnerie qu’ils pensaient être le principal outil de la Révolution Française. Les deux frères souhaitaient transposer le système maçonnique au service de l’Église et du Roi, ils ont donc « infiltré » des loges pour en étudier le fonctionnement. Une fois Bénigne-Louis arrêté en 1807 par la police Impériale, Ferdinand devra réaliser son projet seul. Il fondera l’Ordre en 1810, institution clndestine qui repose sur des valeurs Chevaleresques du Moyen Âge et sur une discipline militaire. On peut remarquer par ailleurs que les fondateurs de cette société secrète qui associe Trône et Autel font partie d’une génération assez jeune ayant vaguement connu l’Ancien Régime, contrairement à la période de leur formation qui a été la Révolution Française et sa déchristianisation. Finalement c’est cette génération Royaliste non émigrée qui fera monter les effectifs des Chevaliers.


Initialement Ferdinand de Berthier de Sauvigny  a longtemps hésité avant de créer sa société secrète, au départ il aurait voulu fonder un Ordre laïc de Chevaliers tel que celui de l’Ordre de Saint-Jean ed Jérusalem, c’est pourquoi on retrouve une dénomination des grades très proche de l’antique Chevalerie.
La hiérarchie secrète de l’Ordre laisse ignorer aux grades inférieurs l’existence de degrés supérieurs ainsi que le visage des dirigeants. Chaque dénomination des degrés est influencée par l’idéal Chrétien et Monarchique qui soumet tous les membres à l’Autel et au Trône.


Les Chevaliers de la Foi ont pour modèle organisationnel la franc-maçonnerie. Ils utilisent eux aussi des mots d’ordres et des signes de reconnaissance. Le premier grade est celui des « Associés de Charité » qui contribuent seulement en priant et en cotisant. Les « Associés » pensaient être dans une association pieuse de Catholiques nostalgiques de l’Ancien Régime. Les « Ecuyers » étaient mis au courant du rétablissement de la chevalerie, mais seuls les « Chevaliers » étaient initiés durant une cérémonie. Ensuite « les Chevaliers Hospitaliers » s’occupaient spécialement des soins des prisonniers et des hôpitaux. Le dernier grade, le statut suprême était celui de « Chevaliers de la foi ». Eux seuls connaissent l’étendue de la société et ses objectifs politiques et religieux. Après la Restauration, l’Ordre a gardé ses grades secrets mais a tourné son activité vers le Parlement.

Les simples Chevaliers ont tous un anneau béni, à l’intérieur duquel était gravé le mot “ Caritas ”, les chevaliers hospitaliers avaient un chapelet avec une croix d’ébène et les Chevaliers de la Foi en avaient un avec une croix d’argent. Ils pratiquaient donc aussi les cérémonies initiatiques. À genoux devant un crucifix, entourés de luminaires, les Chevaliers jurent sur les évangiles le secret, l’obéissance, et la fidélité à Dieu, à l’honneur, au Roi, et à la Patrie. Ils recevaient finalement un coup d’épée sur l’épaule et une accolade des autres chevaliers, pour enfin être de vrais chevaliers

Les « Chevaliers de la Foi » gouvernent la société grâce à un grand conseil supérieur, composé de 9 membres, dont certains sont titrés du grade de Grand Maître. C’est surtout autour du conseil supérieur que va avoir lieu l’activité parlementaire, car après la Restauration, lui seul avait un poids politique sur Louis XVIII et Charles X. Ces derniers donnent des instructions aux « Sénéchaux », qui dirigent les divisions militaires, et qui vont beaucoup servir durant la Seconde Restauration. Les « Bannières », sont les cellules de base qui correspondent à des zones d’influences départementale.


Les Chevaliers de la Foi trouveront un terrain favorable dans les anciennes provinces de Franche-comté, de Flandre, d’Artois, d’Auvergne, en Aquitaine, en Provence, en Vendée et en Bretagne et bien sur dans les grandes villes comme Paris, Bordeaux, Toulouse …


Les fondateurs de l’Ordre des Chevaliers de la Foi sont tous passés par la Congrégation. Étant donné l’hésitation de départ sur l’utilité d’une telle organisation, le rapport entre religion et politique est très proche. Les Chevaliers ne se montrant pas clairement comme tels par respect du secret qu’ils portaient, n’étaient pas vus comme un groupe influençant le pouvoir. À l’époque on pensait plutôt que c’était la Congrégation qui jouait ce rôle. Mais cela peut s’expliquer par le fait que la plupart des dirigeants des Chevaliers étaient membres de la Congrégation. 
Sous l’Empire, le principal objectif des Chevaliers était de garder contact avec les Royalistes et transmettre les nouvelles d’un hypothétique retour Bourbon. Les ordres et les nouvelles se véhiculaient oralement, aucune trace ne devait rester, au risque de se faire prendre par la police impériale.
Le système et le réseau d’informations Royalistes étaient tellement bien rodés que même le courrier officiel n’arrivait pas aussi vite en province.


Le recrutement restait quasiment dans la sphère aristocratique, mise à part à Paris et à Toulouse où on peut voir des traces d’éléments populaires dans les bannières. Ferdinand de Bertier croyait que seul un mouvement Royaliste national indépendant des alliés et sous l’Empire pouvait rétablir correctement le trône de France.
Le rôle des Chevaliers était de créer un esprit favorable aux Bourbons. Grâce à la propagande et au travail de sape, ils ont réussi à rappeler l’existence des Princes Légitimes, à réchauffer les souvenirs de l’Ancien Régime, et à exciter leur milieu Catholique contre l’Empereur. Pour beaucoup de ces Catholiques le sceau et l’emblème de la contre-révolution est la dévotion au Sacré-Coeur qu’ils arborent dès les guerres de Vendée sur le Drapeau national avec la devise « Espoir et salut de la France » : le Général de Sonis en fera son drapeau.
Au printemps 1812, Louis XVIII apprend l’existence des Chevaliers de la Foi, grâce à Alexis de Noailles qui vient d’arriver en Angleterre. Ferdinand de Bertier a été à Bordeaux en 1813 pour fédérer trois organisations Monarchistes (l’ex-Institut Philnathropique, la Garde Royale de Saint Germain et la Bannière de Bordeaux) sous la direction d’un comité mixte.


Début octobre 1813, Louis XVIII écrit aux Chevaliers : 
Le temps de se montrer plus efficacement est arrivé.
Le 9 octobre, le Conseil Supérieur se réunit chez Mathieu de Montmorency et travaille une stratégie de restauration, il pense d’abord à un débarquement allié en Bretagne et une insurrection Royaliste à l’intérieur, mais le plan de l’opération n’est jamais parvenu entre les mains de Louis XVIII, le porteur s’étant fait arrêter en train d’embarquer pour l’Angleterre.


En fin d’année 1813, Ferdinand de Bertier prend la direction des bannières de Garonne comme lui avait demandé le Conseil supérieur. Depuis le château de sa sœur Mme de Solages, il impulse une vive propagande dans les départements du Tarn et de la Haute-Garonne, pour finalement préparer une insurrection à Rodez.
Une fois Bonaparte déchu par le Sénat le 3 avril et exilé à l’île d’Elbe, les Royalistes se regroupent autour des Chevaliers et forment le parti Ultra. C’est dans ces conditions qu’est élue les 14 et 22 aout 1815 la Chambre Introuvable dominée par les Ultras. Ils fondent dès 1815, lors de la première session parlementaire, une bannière qui dirigeait la tendance politique, alors que, rappelons-le, au départ les Chevaliers avaient été fondés surtout dans un but religieux pour d’une part contrecarrer le pouvoir des maçons et d’autre part pour pallier la faiblesse du clergé après la Révolution.


Les Ultraroyalistes défendent le caractère Sacré de la Royauté —Louis XVI faisant l’objet d’une vénération semblable à celle d’un Saint— et défendent un système Monarchique qui s’appuie sur le Clergé et la Noblesse.
Les Chevaliers de la Foi étaient l’un des seuls groupes politiques au début du XIX° siècle constitué et organisé. Par ce fait on pourrait presque parler de « parti politique » surtout pendant la seconde Restauration avec un groupe parlementaire quasiment à ses ordres mais son fonctionnement secret et sa hiérarchie mystique l’éloignent de la notion de « parti ».


Des comités secrets réfléchissaient à des stratégies politiques pendant que le parti se réunissait chez le député Piet pour donner les mots d’ordres aux non-Chevaliers. Villèle était un des leaders de la tendance parlementaire Ultra et membre du conseil supérieur des Chevaliers de la Foi. Il a donc souvent pu utiliser la société secrète pour influencer le groupe parlementaire. Le reste de l’Ordre des Chevaliers de la Foi en France s’est auto-dissout en 1826, sous Charles X, du moins il n’a plus jamais eu d’apparition ou de refondation publique depuis ce jour. Ses Membres sont-ils retournés au sein de la Congrégation ?

Hervé J. VOLTO, CJA 

Nouvelles armoiries de Mgr Olivier Certain de Germay de Cirfontaine.

1 Juil

Archevêque de Lyon et Primat des Gaules.

Créées et réalisées par notre ami Laurent Granier, artiste héraldiste (https://www.laurentgranier.com).

Nous vous avions déjà fait partager l’enregistrement de la messe d’installation de Mgr de Germay, au siège archi-épiscopal de Lyon, le dimanche 20 décembre 2020 :

Mgr de Germay venait alors de quitter la Corse et le siège épiscopal d’Ajaccio, où il était en poste depuis 2012. A ce titre, il prit pour armoiries la composition suivante, dans laquelle on retrouvait l’évocation de sa Foi sous la forme d’un Sacré-Coeur d’argent sur champ d’azur parti des armes de la Corse. Le chef de gueules à trois piles d’or rappelait celui de sa propre famille :

Depuis son installation à Lyon, Mgr de Germay souhaitait une modification de ses armoiries épiscopales et avait sollicité notre ami Laurent Granier à cet effet. Le résultat est le suivant avec l’introduction d’une nouvelle partition, le chapé qui permet la pose de trois meubles au lieu de deux : le principal étant le Sacré-Coeur (devenu d’azur sur le champ d’argent) et deux nouveaux, une ancre de marine d’argent à dextre (pour rappeler la vertu théologale de l’Espérance – chère à Mgr de Germay comme… au CER -) et une tête de lion aussi d’argent à senestre (en référence au diocèse de Lyon). Tout en créant un axe vertical avec la pile médiane du chef, le chef de la famille de Germay ayant été conservé.

A noter enfin que les ornements extérieurs des armoiries sont ceux d’un archevêque primat : croix à double traverse, pallium, chapeau de sinople avec cordelière à quinze houppes. Et, bien sûr, devise conservée avec mention, au-dessus du chapeau du titre de Primat des Gaules.

Armoiries que l’on retrouve sur le cachet et la matrice (en laiton massif gravée à la main ) de Mgr Olivier de Germay.

Très beau travail d’un héraldiste talentueux au service d’un personnage de très grande importance pour l’Eglise de France.

Le 1er juillet 2021.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Petit rappel utile sur une usurpation de Charles de Bourbon (1716-1788).

21 Juin

Fils de Philippe V, roi d’Espagne et de sa seconde épouse, Elisabeth Farnèse, il est d’abord duc de Parme et de Plaisance sous le nom de Charles Ier en 1731 (à la mort de son grand-oncle, le duc Antoine Farnèse), roi de Naples en 1734 puis de Sicile en 1735 sous les noms de Charles VII (Naples) et Charles V(Sicile), par conquête du royaume de Naples et du royaume de Sicile par les Espagnols. Il est sacré et couronné roi de Sicile et de Jérusalem à Palerme le 3 juillet 1735. Il fut donc Grand Maître de l’ordre Constantinien de Saint-Georges de 1731 à 1734.

Les duchés de Parme et de Plaisance sont cédés, à la suite de la guerre de succession d’Autriche (après un intermède autrichien), à son frère cadet Philippe de Bourbon, fondateur de la branche de Bourbon Parme, en 1748 (Traité d’Aix-la-Chapelle) qui devint ainsi le nouveau Grand-Maître de jure de l’ordre Constantinien de Saint Georges ainsi que nous le rappelions ici :

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2014/02/14/chronique-dheraldique-n-10/

En devenant roi d’Espagne, Charles de Bourbon, roi de Naples et de Sicile, cèda les royaumes de Naples et de Sicile en 1759 à son troisième fils Ferdinand.

Et pourtant, contre toute réalité, Charles de Bourbon continua toute sa vie à se revendiquer non seulement roi d’Espagne, des Deux-Siciles et de Jérusalem mais aussi duc de Parme, de Plaisance, de Castro, etc. Grand prince héréditaire de Toscane, etc. et, bien sûr, Grand-Maître de l’ordre Constantinien de Saint-Georges !

En voici une preuve dans un Edit du 17 juillet 1751 (son frère Philippe était duc de Parme, de Plaisance et de Guastala depuis déjà trois ans), par lequel Charles VII de Naples interdit la franc-maçonnerie dans le Royaume de Naples :

Les protestations de son frère Philippe puis de son neveu Ferdinand après la mort du précédent n’y firent ni ne changèrent…rien. D’où la situation actuelle de deux ordres Constantiniens de Saint-Georges revendiqués et attribués par deux autorités dynastiques différentes de la maison de Bourbon… avec la passive tolérance du Vatican comme du gouvernement italien. Ou la confrontation de deux légitimités pour un seul hochet.

Cette malheureuse affaire fut, rappelons-le aussi, le seul et unique sujet de discorde que nous eûmes avec notre ami le baron Hervé Pinoteau qui resta, toute sa vie, un fidèle soutien de la branche de Bourbon Deux-Siciles.

Le 21 juin 2021.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

UN GRAND ORDRE DE CHEVALERIE OUBLIE : L’ORDRE DE LA CROIX.

2 Mai

Un Ordre de Chevalerie est une puissance Christique, dispensant à ses membres l’initiation, la consécration et l’investiture de la Chevalerie, distribuant aux Chevaliers et à leurs cercles d’influence les lumières et les forces sourdant de l’immuable tradition de la garde de l’Eglise et de la défense de la Chrétienté, assumant en son vivant esprit l’honneur de la Catholicité, au service de la gloire de N.S. Jésus-Christ et de l’établissement ici-bas de Son Royaume. 

L’ORDRE DU SAINT-EMPIRE DE LA CROIX ET DE LA FOI DE JESUS-CHRIST est un grand Ordre de Chevalerie oublié. Créé par les Rois Très Chrétiens de France dans la mouvance de Saint Dominique et des frères dominicains, il subsiste aujourd’hui en Italie sous le nom de Milice de Jésus-Christ. Encouragée au cours des siècles par de nombreux Papes, elle se développe comme une institution Chevaleresque dont les membres, laïcs courageux et fidèles, se mettent au service de l’Église pour la défense de la Foi.  

En 1206, en Languedoc, Saint-Dominique, pour défendre l’Eglise contre les attaques des hérétiques Albigeois, demanda l’assistance du Roi de France, Philippe II Auguste. Saint-Dominique va essayer de convertir les cathares avec pour seule arme l’Évangile. Son modèle est la prédication itinérante de Jésus. 

Concervé dans les archives Royales de Madrid, Il ceremoniale historico e politico (c’est écrit en italien, c’est peut-être la copie destinée à la Couronne de Naples ou au Saint Siège), sous le titre Opera uilissima à tutti gliambasciatori, définit ainsi la titulature du Roi de France :

LOUIS XV (le Roi de l’époque), PAR LA GRACE DE DIEU ROI DE FRANCE ET DE NAVARRE, DU SIEGE APOSTOLIQUE LE BIENFAITEUR HEREDITAIRE, DE L’EGLISE DE ROME LE PROTECTEUR PERPETUEL, DE LA LIBERTE DES LIEUX SAINTS LE DEFENSEUR SOUVERAIN DU DROIT.

Ici se trouve la Mission Divine de la France te de son Roi Très Chrétien : Philippe Auguste, pour répondre à l’appel de Saint-Dominique, va crééer pour lui un Ordre de Chevalerie Militaire, Hospitalier et Religieux avec pour but d’escorter et de protéger Saint-Dominique dans son œuvre de prédication dans le Languedoc : c’est l’Ordre du Saint-Empire de la Croix et de la Foi de Jésus-Christ, appellé parfois Ordre de la Croix de Jésus-Christ, ou Ordre de la Croix, ou en fin Ordre de la Foi. L’emblême de l’Ordre est une Croix fleurdelysée écartelée noir et blanchehttps qui rappelle la Croix dominicaine, emblême des Frères Précheurs né à Toulouse sous l’impulsion de Dominique de Guzmàn en 1215

https://www.ebay.fr/itm/Croix-emaillee-Ordre-de-la-Milice-de-Jesus-Christ-Cross-Militia-of-Christ-order-/202671103060

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ordre_des_Pr%C3%AAcheurs

Le blanc représente la bannière du Christ, le noir indique que les Chrétiens sont engagés dans l’action terrestre. L’affrontement d’ombre et de lumière qu’il impose au Chevalier est une épreuve de Dieu et qui convie l’homme à remporter la victoire. Appel d’avant-garde du Croisé, humble parce qu’il n’est pas fait que de lumière mais efficace parce qu’il porte la Croix, et le caractère fleurdelysé de la Croix rappelle son oririgine Royale.

Philippe Auguste va jusqu’à déléguer son propre fils, le Prince Louis, futur Louis VIII le Lion, père de Saint-Louis. On est alors en plein Croisade des Albigeois (1206-1229), une Croisade proclamée par l’Eglise Catholique contre l’hérésie Cathare et dans une faible mesure le valdéisme qui en est issu. Dès le XII° siècle et le Concile de Lombers, les textes de l’époque parlent d’« hérésie albigeoise » .

L’hérésie était surtout implantée en Languedoc, lequel était dominé par deux familles, la Maison de Toulouse et la Maison de Trencavel. N’ayant pas réussi à s’entendre pour faire front, le Comte Raymond VI de Toulouse fait amende honorable et se croise, rejoignant l’Ordre de la Croix de Louis VIII le Lion, tandis que Raymond-Roger de Trencavlke persévère dams l’hérésie et se prépare à se défendre contre la croisade. Une fois Béziers et Carcassone prises et le Vicomte de Trencavel emprisonné, les Croisés désignent l’un des leurs, Simon de Montfort, pour poursuivre la lutte (1209), Louis le Lion devant rejoindre la Cour à la mort de Philippe Auguste pour devenir Louis VIII le Lion.

Cette Croisade évolue rapidement en guerre de conquête, d’abord pour le compte de Simon de Montfort, puis après l’excomunication et la mort de ce dernier (1218) et l’échec de son fils Amaury, pour le bénéfice de la Couronne de France. Cela n’empêche pas la lutte contre le catharisme, d’abord sous la direction des évêques locaux, puis sous celle de l’Inquisition (à partir de 1233) dont l’Ordre de la Croix est le bras armé.

Finalement, les vicomtés de Carcassonne, d’Albi et de Béziers sont annexées au domaine Royal en 1226; le Comté de Toulouse passera à Alphonse de Poitier, un frère de Saint-Louis en 1249 et est annexé en 1271. Le Languedoc, qui se trouvait au début du XIII° siècle dans la sphère d’influence de la Couronne d’Aragon est entièrement passé à la fin de ce siècle sous celle du Roi de France. À cette époque, le catharisme est éradiqué en Languedoc, et seulement quelques cathares ont pu se réfugier en Lombardie.

L’Ordre de la Croix traversa les siècles en tant qu’Ordre de Chevalerie, sous diverses appellations. Ces Chevaliers seront les “Bons Chevaliers de Joinville” qui partageront sous le nom de Gendarmes de Jésus-Christ la captivité de Saint-Louis avant de l’ider à réformer le Royaume Saint de Jérusalem : Certains Gendarmes de Jésus-Christ se fondront au sein de l’Ordre de Sainte Marie des Teutons pour consituer la Langue Française de l’Ordre Teutoniqued’où les fleurs de Lys sur la Croix Teutonique :

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2020/03/29/les-grands-ordres-de-chevalerie-lordre-teutonique-herve-j-volto/


Si les Chevaliers de la Croix disparaisent de France après le règne de Saint-Louis, c’est qu’ils ont constitué sous le nom de Chaveliers de la Foi le bras armé de Philippe IV le Bel dans l’affaire des Templiers et se dispercent après la « malédiction » de Jacques de Molay. Dans la Chapelle de la Girouardière est conservé un fragment de la «Vraie Croix du Christ », ramené de Terre Sainte par un Croisé baugeois en 1244, membre des Gendarmes de Jésus-Christ de Saint-Louis. Au XIVème siècle, la Croix passe sous la protection de Louis 1er d’Anjou qui l’a fait décorer de pierres précieuses et d’or et appelle des Gendarmes de Jésus-Christ de Terre Sainte pour consitutrer un Ordre de la Croix prédisposé à protéger la relique au château d’Angers. Cette dernière devient le symbole de la famille d’Anjou
.

Au XVème siècle, lorsque le Roi René épouse Isabelle de Lorraine, il emporte la précieuse relique qui incarne alors l’emblème de la province de Lorraine. La Croix d’Anjou devient Croix de Lorraine. Lors de la Guere de Cent Ans, les anglais menançant Anger, l’Ordre de la Croix fait transférer secrètement la relique à Baugé (Maine et Loire) où elle se trouve encore aujourd’hui 

La Vraie Croix

Cette Croix de Lorraine à deux traverses est reprise plus tard comme emblème de la France libre et de la Résistance par le Général de Gaulle, appelée alors Croix de la Libération. 

Le Prince Alphonse de Bourbon, Duc d’Anjou, vint à Baugé pour y vénérer la Vraie Croix le 5 juin 1987 et la fit vénérer par ses amis. Votre serviteur et son épouse se mirent les pas du Prince en 1993, Baugé se trouvant à deux pas de Fontevrault-l’Abbaye, égalemnt en Maine et Loire.

On retrouve les membres de l’Ordre de la Croix combattant pour l’Eglise en Espagne, en Italie et en Livonie. 

En Espagne, un Ordre de la Milice de Saint-Dominique prend part à la Reconquista et certains Ordre comme ceux de Calatrava 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ordre_de_Calatrava 

Alcantara 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ordre_d%27Alc%C3%A1ntara  

Aviz

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ordre_d%27Aviz 

et des Crucifères de Montesa 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ordre_de_Montesa

concervent en remerciement la Croix feluerdelysée comme emblême. En Italie, un Ordre de Saint-Dominique et Saint-Pierre Martyrecombat les pirates barbaresques qui infestent les côtes des Etats de l’Eglise et devient le bras armé de l’Eglise lors de la Contre-Réforme Catholique. En Livonie, le Prince Louis II de Bourbon commande des hommes, dits Chevaliers de la Croix, partant pour aider l’Evêque de Riga : c’est une institutions militaire spécialement destinés à défendre les prédicateurs du Christianisme dans les contrées du Nord, et ses membres sont appellés Milice du Christ de LivonieChevaliers des Deux-EpéesChevaliers Porte-GlaiveFrères du ChristChevaliers de la Croix, etc… 

Deux mots sur les Chevaliers de la Croix de Livonie : ils sont donc connus également sous le nom de Milice du Christ de LivonnieOrdre des Porte-Glaive https://fr.wikipedia.org/wiki/Chevaliers_Porte-Glaive ou simplement d’Ordre Livonien à partir de 1237. Les membres de cet Ordre portaient une robe de serge blanche avec la chape noire ; deux glaives rouges croisés de noir étaient brodés sur la poitrine, et un autre à l’épaule gauche. Les Frères du Christ furent pratiquement annihilés par les Lithuaniens et les Semigalliens à la Bataille de Siauliai en 1236. En conséquence, la confrérie fut incorporée l’année suivante à l’Ordre des Chevaliers Teutonique : ils en constituèrent une Langue de l’Ordre Teutonique et reprirent le nom de Chevaliers de la Croix. À partir de ce moment, ils furent sur tous les points (règle, habillement et activité) une branche autonome de l’Ordre Teutonique, avec leur propre Maître (qui était sujet de jure du Grand-Maître de l’Ordre teutonique). Entre 1237 et 1290, ils conquirent en totalité la Courlande, la Livonie et la Semigallie. En 1346, l’Ordre acheta le reste de l’Estonie au Roi du Danemark Valdemar IV.

L’Ordre Teutonique sombra dans le déclin après sa défaite à la Bataille de Grunwald en 1410 puis la sécularisation de ses territoires prussiens par Albert ed Prusse en 1525, mais l’Ordre des Chevlaiers de la Croix parvint à maintenir une existence indépendante. Pendant la Guerre de Livonie, cependant, ils souffrirent de la défaite décisive que leur infligèrent les troupes de la Russie moscovite à la bataille d’Ergeme en 1560. L’Ordre des Chevaliers de la Croix chercha alors une protection auprès du Roi Sigismond II Auguste de Pologne, qui était intervenu au cours d’une guerre entre l’évêque Guillaume de Riga et les Frères en 1557.

Après être parvenu à un accord avec le Roi polonais et ses représentants, le cinquantième et dernier grand-maître, Gottard Kettler, sécularisa l’Ordre et se convertit au… luthéransime ! Les Chevaliers de la Croix, ne désirant pas le suivre dans l’hérésie, acceptèrent de voir leur Ordre dit Livonien être annexés au sein de la Couronne de Pologne.

Quand vous êtes à Pragues, à l’Eglise Sainte Marie des Victoires, à l’intérieure de laquelle se trouve l’Enfant Jésus de Pragues, à la sortie de l’Eglise vous tournez à gauche, vous marchez jusqu’au Café 22 (à droite de la très belle Eglise Saint Nicolas d’inspiration baroque) et vous tournez à droite : Si vous allez tout droit, vous traversez le Pont Charles , vous passez sous ka Tour de la Vieille Ville et vous débouchez sur… la Place des Chevaliers de la Croix (Krizovnicke Namesti), au centre de laquelle se trouve un statut en bronze de l’Empereur Charles IV ! et sur cette petite place, à votre gauche se trouvent le Monastère des Chevaliers de la Croix , avec la Galerie Krizovnikou où est concervé le Trésor des Chevaliers de la Croix et l’Eglise Saint François(Kostel vs. Frantiska), où sont donnés de plaisants concerts d’orgues et de musique baroque. Laissez tomber le Clementorumvoisin : visitez avant tout la Galerie Krizovnikou et le Trésor des Chevaliers de la Croix , tout le pratimoine culturel et spirituel de l’Ordre y est concervé !

Encouragée au cours des siècles par de nombreux Papes, l’Ordre de la Croix susbsiste en Italie où il se développe sous le nom d’Ordre de la Milice de Jésus-Christ comme une institution Chevaleresque dont les membres, laïcs courageux et fidèles, se mettent au service de l’Église pour la défense de la Foi. En 1870, l’Ordre chevaleresque de la Militia Christi se réorganise à Rome autour d’un cercle d’officiers pontificaux qui, assistés du Maître Général des dominicains et encouragés par Pie IX, relancent l’esprit de la vieille institution en orientant ses membres vers la construction du Royaume de Dieu dans la société. En 1887 paru la CONSTITUTION DE L’ ORDRE DE LA MILICE DE JESUS-CHRIST- POUSSIELGUE 

https://www.ebay.it/itm/1887-CONSTITUTION-DE-L-ORDRE-DE-LA-MILICE-DE-JESUS-CHRIST-POUSSIELGUE-/174628078445

La période de réforme vécu de 1959 à 1973 voit l’Ordre se transformer en association de fidèles et adapter ses finalités aux exigences de l’apostolat des laïcs dans la perspective du Concile Vatican IIhttps://eglise.catholique.fr/guide-eglise-catholique-france/structure/milice-de-jesus-christ-militia-christi/ . Le 21 novembre 1981, le Conseil Pontifical pour les Laïcs décrète la reconnaissance de la Milice de Jésus-Christ comme association internationale de fidèles de droit pontifical.

La Militia Christi est donc aujourd’hui une association de droit pontifical. Elle est organisée aujourd’hui en trois départements (Hospitalité, Rosaire et Vie spirituelle, Vérité). Elle demande à ses membres (au nombre d’environ 400) de se mettre – individuellement ou collectivement – au service de leur diocèse et paroisse, ou d’apporter leur collaboration à des associations de bienfaisance présentes à proximité. Par le biais des « Œuvres Militia Christi », elle soutient financièrement des projets concrets, tandis que l’association civile « Militia Christi Éducation » s’occupe de rassembler des livres de théologie et de philosophie pour des institutions Catholiques situées dans des pays francophones
Forte de sa longue tradition, cette association perpétue l’idéal Chevaleresque et vit de la spiritualité dominicaine.
La France est l’une des sept provinces d’implantation de la Militia Christi, qui est également présente en Belgique, en Espagne, au Bénin, au Togo, au Liban, et en Italie.

Il existe par ailleurs des maisons ou des membres dispersés, soit au total environ 400 membres.

Son Aumônier général est un Français, Mrg Hervé Giraud.

En reconnaissance de son travail pour la Chrétienté, le Saint Siège a donné à l’Ordre, en plus d’un emplacement pour un cimetière Teutonique au sein de la Cité du Vatican, l’exemption, confirmée encore et encore, c’est-à-dire le privilège de subordination directe au Saint Siège de Pierre.
Sur le plan Légitime, seule le Roi de France, après son Sacre à Reims, pourrait décider que que ce soit sur l’Ordre de la Croix, même jusqu’à le reconsituer sous forme d’Ordre dynastique aux côtés des Ordres du Roi -Saint-esprit et Sain-Michel- des Ordres Royaux Réunis -Saint-Lazarre et Notre Dame du Mont-Carmel- et de l’Ordre de Saint Louis.
Pour un vrai Chrétien, seule la Chevalerie peut extraire du chaos actuel un Ordre conforme au plan Divin.

Hervé J. VOLTO, CJA

LES GRANDS ORDRES ETRANGERS : L’ORDRE DES SAINT-MAURICE ET LAZARE.

2 Avr

Un Ordre de Chevalerie est une puissance Christique, dispensant à ses membres l’initiation, la consécration et l’investiture de la Chevalerie, distribuant aux Chevaliers et à leurs cercles d’influence les lumières et les forces sourdant de l’immuable tradition de la garde de l’Eglise et de la défense de la Chrétienté, assumant en son vivant esprit l’honneur de la Catholicité, au service de la gloire de N.S. Jésus-Christ et de l’établissement ici-bas de Son Royaume.

L’ORDRE ROYAL, MILITAIRE, HOSPITALIERE ET RELGIEUX DES CHEVALIERS DE SAINT LAZARE DE JERUSALEM, DE NAZARETH, DE BETLEEM, AU-DELA ET EN DECA DES MERS, ou ORDRE DE SAINT-LAZARE, est un ordre hospitalier fondé à Jérusalem au XI° siècle pour accueillir les pèlerins atteints de la lèpre, il ouvrira ses portes aux Croisés et Chevaliers lépreux pendant les Croisades, Chevaliers nommés Lazarites. Certains de ses chevaliers lépreux participent à la défense des Etat Latins d’Orient : Royaume Saint de Jérusalem, Royaumes de Chypre et d’Arménie, Principauté d’Antioche, Comtés d’Edesse et de Tripoli. 

Les historiens contemporains ne sont pas tous d’accord aujourd’hui pour permettre de décrire la création de l’Ordre. La première mention de l’Ordre de Saint-Lazare trouvée dans des sources date de 11 19 . La tradition veut que l’hôpital de Saint-Lazare se trouve à l’extérieur de Jérusalem comme d’ailleurs tous les Lazarrets (mot dérivé de Saint-Lazarre pour désigner les léproseries) l’étaient à cette époque. Cet hôpital serait alors desservi par des moines régis par la règle de Saint-Basile le Grand sous la juridiction du Patriarche Grec-Melkite de Jérusalem.

On raconte qu’au temps du Roi Robert II le Pieux, fils d’Huges Capet, le pape s’était courroucé contre le Roi de France : ce dernier avait répudié son épouse Rozalla d’Ivrée et enlevé la femme de l’un de ses Barons, Berthe de Bourgogne, épouse d’Eudes de Blois ! Frappé d’excomunnication, le Roi de France aurait promis de se Croiser et jeté sur le paier la constitution d’un Ordre de Chevalerie sur le modèle de l’Ordre de la Couronne Royal fondé par soin père et dont il aurait donné pour nom ORDRE DE SAINT LAZARE : partir aux Croisades assure l’indulgence pléniaire, lorsqu’un Croisé endosse son Blanc-Manteau, il renaît, lavé de ses péchés, d’où le nom d’ORDRE DE SAINT LAZARE, du nom du saint ressucité des Mort par n.S. Jésus-Christ.

Si le thème de la Jérusalem Céleste comme symbole du paradis est un lieu commun de l’époque, la Jérusalem Terrestre, vision de Paix, de Justice et d’Union pour toutes les tribus d’Israël, est le symbole du Royaume messianique et de l’Eglise Chrétienne ouverte à tous les peuples. Mais se sentant mourir, Robert II le Pieux demende à son fils Henri, d’accomplir la promesse Royale ( Epitoma vitæ regis Roberti pii ) .

A la mort de son père Robert II le Pieux en 1031, le permier acte Royal d’henri I° est d’envoyer son frère Manthe et son cousin Laurent de France partir en Terre Sainte. C’est une petite troupe de Chevaliers qui se rend en Terre Sainte. Si le Prince Manthe meur en route, c’est Laurent de France qui guide les Chevaliers qui arrivent en Terre Sainte.

Comme les Chevalers de Saint-Saint-Jean, ceux du nouvel Ordre constitueront une institution tout d’abord hospitalière, puis également militaire, dont les membres se consacrent au service des malades et à la protection des lieux de soins. Bientôt, l’Ordre de Saint-Lazare se spécialise particulièrement dans le soin des lépreux, Saint-Lazarre étant regardé comme le patron des malheureux atteints de la lèpre.

Par la suite, les Chevaliers de Saint-Lazare étendirent leurs attributions et devinrent le second Ordre de Terre Sainte après l’Ordre du Saint-Sépulcre, étant organisés, sous la règle de Saint-Augustin, en un Ordre Religieux, Hospitalier et Militaire priant, combattant et soigant les Chevlaiers blessés ou malades, destiné en même temps à desservir les hopitaux et combattre les infidèles.

Les Chevaliers de Saint-Lazare, arborent la Croix verte à la place de l’étoile blanche des Hospitaliers, rouge des Templiers ou noire des Teutoniques, et se retrouvent les armes en mains dans les combats de Terre Sainte comme pour la prise de Saint Jean d’Acre en 1191, la bataille de Gaza en 1244, au combat de Damiette, à la Bataille de Mansourah en 1250. C’est en adoptant alors la règle augustinienne que l’Ordre de Saint-Lazare est reconnu comme Ordre Hospitalier par une bulle d’Alexandre IV fulminée le11 avril 1255, confirmant l’Ordre religieux,militaire et hospitalier de Saint-Lazare de Jérusalem..

A près la perte de la Terre Sainte, l’Ordre se regroupe en France autour de son grand maître à la commanderie de Boigny-sur-Bionne jusqu’à la confiscation de tous ses biens en France à la Révolution. Après différentes vissicitudes et des transformations nécessitées par les circonstances, l’Ordre de Saint-Lazare allaient voir disparaître leur instituion lorqu’ils furent réunis, d’une part à l’Ordre de Saint-Maurice de Piémont-Sardeigne (1572), et d’autre part à l’Ordre de N.D. du Mont Carmel (1608) de France.

Saint Maurice est le saint patron de la Famille de Savoie. L’Ordre de Saint-Maurice doit sa création à celle de la « Noble Association », une congrégation de six nobles personnages, veufs et d’âge mur, qui rejoignirent Amédée VIII (1391-1451), premier Duc de Savoie, dans sa retraite du château de Ripaille, à Thonon. Ces six chevaliers étaient : Louis de Chevelu, Henry du Colombier, Claude du Saix, Nicod de Menthon, Humbert de Glerens et François de Buxy. La date de création de la milice de Saint Maurice communément retenue est le16 octobre 1434. Ces sept premiers Chevaliers de l’Ordre prononcèrent les voeux de chasteté et d’obéissance. Le16 septembre 1572, cette association devint, par bulle du pape Grégoire XIII Christiani populi corpus, l’Ordre Militaire et Religieux de Saint-Maurice.

Le 13 novembre 1572, Grégoire XIII – par la bulle Pro Comissa Nobis – institual’ordre des Saints-Maurice-et-Lazare, en réunissant ces deux ordres dans l’église du Château de Lierna sur le lac deCôme. Le15 janvier 1573, le duc de Savoie, Emmanuel-Philibert (1553-1580), reçoit du papeles insignes de l’ordre et les charges de grand maître et général de la Militia SanctiLazari et Mauritius, une dignité proclamée héréditaire. Les Saints-Maurice-et-Lazare devinrent l’ordre courant de la maison de Savoie. Il fut chargé de défendre la Saint-Siège ainsi que decontinuer à aider les lépreux.

En 1752, une bulle du pape Benoît XIV remet officiellement l’hospice du col du Petit-Saint-Bernard et tous ses biens à l’Ordre des Saints-Maurice-et-Lazare, qui se chargera de son fonctionnement jusqu’au début du XX° siècle, servant plus de dix mille repas chaque année, notamment aux braves « maronniers », gens des hameaux voisins qui, en échange de l’exemption du service militaire, devaient guider les voyageurs désirant traverser le col.

L’Ordre des Saints-Maurice-et-Lazare n’est pas seulement un ordre honorifique. À ce jour, les tâches primordialesde l’ordre demeurent toujours l’aide aux nécessiteux et aux malades et, en règle générale, le service de lacommunauté et ses membres, selon les préceptes d’un christianisme pratiquant. À ce titre, l’ordre des Saints-Maurice-et-Lazare est reconnu d’utilité publique par la République italienne depuis 1951, ce malgrès des olémiques autoru de la personelaité de son Souverain Grand Maître, le Prince Victor-Emmanuel de Savoie, le père du Prince Emmanuel -Philibert. De ce fait, les Chevaliers contribuent au bien-être du monde en exerçant, au quotidien, leurs qualités d’hommes honnêtes, loyaux et croyants, compréhensifs et généreux, sachant pardonner au nom d’une justice qu’ils défendent. Le Chevalier se doitégalement d’avoir un attachement sincère et respectueux envers la Maison Royale de Savoie. Ses actions se doivent de contribuer à la renommée de la Maison Royale.

Dans les deux départements savoyards (Savoie et Haute-Savoie), les chevaliers des ordres dynastiques de la maison royale de Savoie se sont regroupés au sein d’une association de droit français : l’ASMOD (Association de Savoie des membres desordres dynastiques de la royale maison de Savoie). Ils soutiennent notamment lafondation du bocage à Chambéry.

Charles-Emmanuel IV de Savoie (1796-1802), Roi de Piémont Sardeigne, qui épousa Mme Clotilde, soeur de Louis XVI, fut des Grand-maîtres de l’Ordre des Saint Maurice et Lazarre. 

Joseph de Maistre (1753-1821), homme politique, magistrat, historien, philosophe et écrivain. Sénateur au Sénat de Savoie, puis ambassadeur et ministre plénipotentiaire du Roi de Piémont-Sardaigne Charles-Emmanuel IV à Saint-Pétersbourg, fut Grand-Croix de l’Ordre.

Xavier de Maistre (1763-1852), frère du précédant, officier de l’armée sarde, passé au service de l’empereur de Russie où il futnommé lieutenant-général. Écrivain, membre de l’Académie de Savoie, fut également Grand-Croix de l’Ordre.

Rodolphe de Maistre (1789-1866), fils de Joseph et neveu de Xavier, gouverneur du Comté de Nice de 1838 à 1848, fut lui aussi Grand-Croix de l’Ordre.

Les Ordres Dynastiques de la Maison Royale de Savoie sont aujourd’hui riches d’environ 4 000 chevaliers. Ils comprennent l’Ordre des Saints-Maurice-et-Lazare, l’Ordre Civil de Savoie, l’Ordre du Mérite de Savoie et l’Ordre Suprême de la Très Sainte Annonciade. Ils sont répartis dans de nombreux pays d’Europe, mais aussi en Argentine et aux États-Unis. Une forte majorité des chevaliers est italienne. La délégation de Savoie des ordres dynastiques (Savoie et Haute-Savoie) compte environ une soixantaine de Chevaliers, organisés en association loi de 1901.

Pour un vrai Chrétien, seule la Chevalerie peut extraire du chaos actuel un Ordre conforme au plan Divin.

Hervé J. VOLTO, CJA