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Modification des armoiries du roi des Belges et de la maison royale de Belgique.

2 Août

Le roi Philippe, roi des Belges, a décidé de modifier ses armoiries royales ainsi que celles des membres de sa famille. Les deux principales modifications portent d’une part sur l’ajout d’un écusson de Saxe sur l’épaule du lion de Belgique (afin de rappeler les origines de la dynastie actuelle) et d’autre part l’inscription de la devise nationale dans les trois langues officielles du pays (Flamand, Français et Allemand) et non plus uniquement en Français, comme dans le passé.

Voici le texte de la décision royale, publié dans le Moniteur belge:

PHILIPPE, Roi des Belges,

A tous, présents et à venir, Salut.

Vu la Constitution, les articles 85 et 113;

Vu l’arrêté royal du 13 juillet 1880 déterminant les armoiries de la Maison Royale, tel que modifié par l’arrêté royal du 17 juin 1910;

Vu l’arrêté royal du 16 décembre 1840 attribuant à l’héritier présomptif de la Couronne le titre de Duc de Brabant et au Prince Philippe celui de Comte de Flandre, tel que modifié par l’arrêté royal du 16 octobre 2001;

Vu l’arrêté royal du 12 novembre 2015 relatif à l’octroi du titre de Prince ou Princesse de Belgique;

Considérant qu’il importe, à la suite de Notre avènement au Trône, d’adapter les règles fixant les armoiries de la Maison Royale et de ses membres aux évolutions historiques et juridiques traversées depuis l’entrée en vigueur de l’arrêté royal du 17 juin 1910;

Considérant que les arrêtés actuellement en vigueur ne répondent plus à toutes les situations rencontrées et qu’il convient de remédier aux risques de confusion ouvrant la voie à des usages héraldiques inappropriés et dommageables tant dans les usages publics que privés;

Sur la proposition du Vice-Premier Ministre, Ministre des Affaires Etrangères et Affaires Européennes et Ministre de la Défense,

Nous avons arrêté et arrêtons :

Article 1er. Nos armes sont de sable, au lion d’or, armé et lampassé de gueules, chargé sur l’épaule d’un écusson burelé d’or et de sable de dix pièces, au crancelin de sinople, brochant en bande sur le tout.

L’écu est entouré du collier de l’Ordre de Léopold, placé sur un sceptre au lion de l’écu et une main de justice passés en sautoir d’or et sommé d’un heaume, taré de front, ouvert et sans grilles, d’or, doublé de sable, aux lambrequins d’or doublés de sable. Cimier : la couronne royale.

Les supports sont deux léopards lionnés au naturel, accompagnés chacun d’une bannière d’or, frangée de même, tiercée en pal de sable, d’or et de gueules.

Devise : eendracht maakt macht – l’union fait la force – einigkeit macht stark, en lettres d’or, sur un listel de gueules, bordé de sable.

Le tout est placé sur un manteau de pourpre, doublé d’hermine, frangé, cordonné et houppé d’or et surmonté de la couronne royale.

Art. 2. Le Roi ou la Reine qui a abdiqué porte l’écu des armes tel qu’il est décrit à l’article 1er, chargé d’un lambel à trois pendants de gueules, surchargé de la couronne royale; l’écu sommé d’un heaume, taré de trois quarts, ouvert et sans grilles, d’or, doublé et attaché de sable, aux lambrequins d’or doublés de sable. Cimier : la couronne royale.

L’écu de la Reine qui a abdiqué est en losange et sommé de la couronne royale.

Les supports avec leurs bannières, la devise, le manteau et sa couronne sont tels que décrits à l’article 1er.

Art. 3. Le Duc ou la Duchesse de Brabant (ndcer: héritier présomptif du royaume) porte l’écu des armes tel qu’il est décrit à l’article 1er, chargé d’un lambel à trois pendants d’or; l’écu sommé tel que décrit à l’article 2. Cimier : la couronne princière de Notre Maison Royale.

L’écu de la Duchesse de Brabant est en losange et sommé de la couronne princière de Notre Maison Royale.

Les supports sont tels que décrits à l’article 1er, accompagnés chacun une bannière d’or, frangée de même, portant de sable au lion d’or, armé et lampassé de gueules (ndcer: Brabant).

La devise, le manteau et sa couronne sont tels que décrits à l’article 1er.

Art. 4. Les autres Princes ou Princesses de Belgique de la descendance masculine et féminine en ligne directe de Sa Majesté Léopold Ier portent l’écu des armes, en losange pour les Princesses, tel qu’il est décrit à l’article 1er, chargé d’une filière d’or.

L’écu est sommé de la couronne princière de Notre Maison Royale.

Les supports, la devise, le manteau et sa couronne sont tels que décrits à l’article 1er.

Art. 5. Les Princes ou Princesses de Notre Maison Royale qui ne sont pas visés par l’article 4 portent l’écu des armes, en losange pour les Princesses, tel qu’il est décrit à l’article 1er, chargé d’une filière de pourpre.

L’écu est sommé de la couronne princière de Notre Maison Royale.

Les supports, la devise, le manteau et sa couronne sont tels que décrits à l’article 1er.

Art. 6. Les petites armes de Notre Maison Royale sont de sable, au lion d’or, armé et lampassé de gueules, chargé sur l’épaule d’un écusson burelé d’or et de sable de dix pièces, au crancelin de sinople, brochant en bande sur le tout.

L’écu est sommé de la couronne royale.

Art. 7. Les moyennes armes de Notre Maison Royale sont les petites armes telles que décrites à l’article 6, augmentées du collier de l’Ordre de Léopold et supporté par deux léopards lionnés au naturel.

Art. 8. L’arrêté royal du 13 juillet 1880 déterminant les armoiries de la Maison Royale, tel que modifié par l’arrêté royal du 17 juin 1910 est abrogé.

Art. 9. Le ministre qui a les Affaires étrangères dans ses attributions est chargé de l’exécution du présent arrêté.

Donné à Bruxelles, le 12 juillet 2019.

PHILIPPE

Par le Roi :

Le Vice-Premier Ministre, Ministre des Affaires Etrangères et Affaires Européennes et Ministre de la Défense,

D.REYNDERS

DONT ACTE !

Le 2 août 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Le CER est une référence dans le domaine de l’héraldique…aussi !

27 Juin

Souvenez-vous. C’était il ya à peine plus de deux ans, le 29 mai 2017. Nous relations le  remariage du prince Michel d’Orléans, comte d’Evreux, avec la baronne Barbara de Posch-Pastor (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/05/29/lheraldique-est-une-science-exacte-qui-ne-souffre-pas-lamateurisme/).

Pour l’occasion, le prince d’Arenberg avait commandé un armorial orné des blasons des invités qui avant le dîner signèrent tous sous leurs armes respectives .

Ces peintures réalisées à tempera par Hyacinthe de Keranrouë comportaient les grandes armes du nouveau couple princier, présentées pour la première fois.

A côté des armoiries du prince Michel d’Orléans, sous la couronne de prince du sang et posées sur le manteau princier aux armes d’Evreux, se tenaient celles de sa nouvelle épouse combinant les armes écartelées de son grand-père paternel Erich, Edler von Posch, 1886+1965 : (Coupé: au 1, parti: a. de sable à un griffon d’or, tenant dans ses pattes un sapin arraché de sinople; b. parti d’argent et de gueules, à un homme, habillé de l’un en l’autre, posé sur un tertre de sinople et tenant un bâton de commandement d’or en pal; au 2, fascé d’argent et de gueules.) et de sa grand-mère paternelle Marie Pia von Pastor, Freifrau von Camperfelden,née en 1892 : (Coupé: au 1, d’or à l’aigle éployée de sable, becquée et languée de gueules; au 2, de gueules au trèfle de sinople).

Mais nous relevions alors une erreur introduite sous le pinceau de l’artiste héraldiste. Voulant représenter les armes des seuls grands-parents paternels de la mariée (sans mention du côté maternel) l’artiste choisit de réaliser un écu écartelé dans lequel, si le fascé d’argent et de gueules du premier quartier était bien respecté, il devenait, au quatrième quartier : d’argent à trois fasces de gueules. En effet, la pointe de l’écu avait joué un mauvais tour à l’artiste qui avait sans doute reculé devant la surface de gueules (rouge) de la dernière fasce. Pour conserver un contraste avec le champ de gueules du troisième quartier, il créa…de fausses armes von Posch.

Car un fascé d’argent et de gueules de six pièces n’est pas un écu d’argent à trois fasces de gueules : la fasce est une «  pièce honorable » posée sur le champ de l’écu (seule ou en nombre), le fascé est une « partition » ou assemblage d’une même pièce, en nombre nécessairement pair. Ce n’est en aucun cas la même chose…

Rappelons d’ailleurs ici que les armoiries sont associée à la personne au même titre que le patronyme. Modifier un blason revient donc à modifier l’identité de son possesseur !

Mais les remarques (lorsqu’elles sont irréfutables) font leur chemin et finissent, tôt ou tard, par porter leurs fruits. La preuve nous en a été donnée par la consultation récente du site internet de l’artiste héraldiste en question (https://dazuretdor.wordpress.com/2018/10/24/armorial-pour-un-mariage-princier/) et d’y découvrir la correction discrète des fameuses armoiries :

Nous ne pouvons que nous réjouir d’avoir été entendus. Mais dommage pour les invités du prince Michel d’Orléans et de son épouse qui conserveront, eux, la version fautive de leur armorial !

Le 27 juin 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

La « French touch » héraldique aux USA.

5 Mai

Samedi 27 avril 2019 avait lieu à New-York, en l’église catholique romaine Saint-Pierre, le chapitre de la délégation nord américaine de l’Ordre sacré et militaire constantinien de Saint-Georges (obédience napolitaine) et la réception de nouveaux chevaliers de l’Ordre.

Parmi ceux-ci, figurait le Révérend Père Timothy A. Iannacone, nommé chapelain de l’Ordre. Celui-ci pria, à cette occasion, notre ami Laurent Granier, brillant artiste héraldiste lyonnais, de créer et de réaliser ses armoiries (https://www.laurentgranier.com). Les voici. Vous en apprécierez sans aucun doute l’élégance autant que la richesse symbolique.

Création des armoiries du R.P. Tim Iannacone en tant que chapelain de L’Ordre sacré et militaire constantinien de St Georges (USA).

(D’argent au chef-pal d’azur chargé d’une croix latine ancrée du même, accostée en chef de deux coquilles d’or à la terrasse ondée d’azur chargée de deux fasces ondées d’argent)


Technique mixte gouache, encre et aquarelle sur papier chiffon à la forme « Arches », 300g/m2, grain fin.
Format papier : 23 x 31 cm
Format composition : 18,30 x 18,49 cm*

Le Révérend Père Timothy Iannacone, membre de la communauté Saint Hugues de Cluny (affiliée à la Fraternité Saint-Pie X), avait été ordonné prêtre le 24 juin 2017 par Mgr Frank Caggiano, évêque de Bridgeport. Il avait célébré sa première messe solennelle le 27 juin 2017, selon le rit extraordinaire, en l’église Sainte-Marie de Norwalk, Connecticut.

Le RP Timothy Iannacone le 27 juin 2017

Le 5 mai 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA, OCSG.

* Vous observerez que l’écu est sommé du chapeau de sable à trois glands de pourpre (paonazzi) de chaque côté (les glands de gueules – cremisi – étant réservés aux chapelains chevaliers grand-croix) et entouré d’un ruban d’azur portant la croix de l’Ordre.

Nous avons eu raison de faire confiance au nouveau chef de la famille d’Orléans.

3 Fév

Car il nous a entendus (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/01/22/nous-comptons-beaucoup-sur-le-nouveau-chef-de-la-famille-dorleans/).

Hier, samedi 2 février, ont eu lieu les obsèques de feu le prince Henri d’Orléans, comte de Paris, en la chapelle royale de Dreux, lieu de sépulture de la famille depuis le règne du roi Louis-Philippe. Cette cérémonie, empreinte de beaucoup d’émotion mais aussi de recueillement, fut d’une grande sobriété, témoignant du désir du prince Jean, nouveau comte de Paris (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/02/02/le-bruit-courait-quil-nen-serait-peut-etre-rien/) de rompre avec les mascarades que nous avons connues et dénoncées dans le passé et qui étaient le fruit des délires du gourou de son père, Richard Finell, faux comte d’Auxois mais authentique chanteur d’opérette.

Sur la photo : à droite, le prince Jean d’Orléans et la princesse Philomena; au centre, l’impératrice Farah d’Iran, la reine Sofia d’Espagne, le prince Moulay Hassan du Maroc et le prince Albert de Monaco

Le prince Jean, organisateur de la cérémonie, eut l’élégance de préserver l’assistance, venue participer à l’inhumation de son père, des clowns blancs (du hochet de l’Etoile –1-) ou verts (du faux Saint-Lazare –2-) qui animaient, avant sa disparition, les pitreries phaléristiques de Saint-Germain-l’Auxerois, Amboise ou autres lieux découverts à marée basse (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/01/25/les-hochets-dorleans/).

Fini le Barnum des Finell, Huot, Quatrebarbes, Pichon, Mouchel ou autre…Masengu ! La dignité et la vérité historique étaient enfin de retour. Une triste page était tournée.

R  I  P 

Il ne reste plus qu’à espérer le retour aux réalités héraldiques de la maison de Bourbon avec la réappropriation par le prince Jean, dans ses armoiries, du lambel d’argent de sa famille et des ducs d’Orléans. On peut en tout cas y rêver.

Le 3 février 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

(1) http://ordredeletoileetdumontcarmel.fr

(2) https://www.facebook.com/lieutenance.saint.lazare/

Nous comptons beaucoup sur le nouveau chef de la famille d’Orléans.

22 Jan

Quand dans notre annonce, hier, de la disparition de son père le prince Henri, comte de Paris, nous formions  » des voeux ardents pour que le nouveau chef de la famille d’Orléans, le prince Jean, duc de Vendôme, contribue à réparer la désunion entretenue jusqu’à ce jour au sein de la maison royale de France par les funestes militants d’une querelle dynastique d’un autre âge « , nous étions peut-être un peu rêveurs. 

Alors, rêvons encore un peu.

Certes, nous pourrions souhaiter que le prince Jean et le chef de la maison de Bourbon, le prince Louis Alphonse de Bourbon, décident d’unir leurs efforts pour effacer tant de controverses et panser tant de plaies aussi inutiles que nuisibles à la cause du royalisme français. Mais cette ambition pacificatrice, pour essentielle qu’elle soit au salut de la France, a hélas encore peu de chance d’être entendue.

En revanche, la disparition de son père offre au prince Jean d’Orléans, au-delà de la grande tristesse qui ne doit pas manquer de l’habiter depuis hier, l’occasion de mettre un terme à quelques unes des tocades et autres chimères phaléristiques ou héraldiques nées dans l’esprit du prince Henri d’Orléans…à l’instigation de son âme damnée, l’inénarrable Richard Finell (Louis XI avait eu Olivier Le Daim !), pseudo-comte d’Auxois mais authentique chanteur d’opérette, propulsé à la tête du faux « Ordre Royal et Souverain de l’Etoile et de NotreDame du Mont Carmel (ouf!) » avec le titre de « Prince Souverain de l’Ordre » et le prédicat d’ « Altesse Sérénissime » !* De même, la remise en question, dans le même ordre d’idée, de l’utopique et fumeuse Lieutenance française de l’Ordre militaire et hospitalier de Saint Lazare de Jérusalem, également sous la protection de feu le prince Henri d’Orléans et l’administration de facto de Richard Finell, apparaît aujourd’hui une nécessité.

La mise en berne par le prince Jean des activités de ces fariboles comme le renoncement au port de leurs hochets serait du meilleur effet en même temps qu’elle rétablirait une saine vérité.

Il serait souhaitable aussi de revenir à la raison en matière héraldique (ainsi d’ailleurs que le fit l’ancêtre du prince, le roi Louis-Philippe) et accepter que le port des pleines armes de France reste intégralement dévolu à la branche aînée – ainsi que l’imposent les règles ancestrales en la matière – tandis que le prince Jean d’Orléans, chef de la seconde branche de la maison de Bourbon, reprendrait celles de sa famille (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/01/12/nous-refusons-linstrumentalisation-de-lheraldique-dans-linsupportable-querelle-dynastique-francaise/). Cette dernière pourrait alors cesser de porter ces créations fantaisistes que l’on voit fleurir deci ou delà , telles les armes du duc d’Aumale, du duc d’Angoulême ou, surtout, du prétendu duc d’Anjou de la branche d’Orléans, en les remplaçant par des variations portant sur le lambel d’Orléans (nombre de pendants, couleurs, meubles dont il pourrait être chargé, etc.).

Le prince Jean, duc de Vendôme, voit ainsi son nouveau parcours de chef de famille semé d’importantes décisions à prendre qui pourraient être favorables à l’unité familiale de la Maison de France. Souhaitons qu’il se montre sensible à nos requêtes.

Le 22 janvier 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Les armoiries concédées au « Prince Souverain et Sérénissime Grand-Maître » de ce faux ordre sont stupéfiantes pour ne pas dire éhontées : écartelé de Bourgogne moderne et de Bourgogne ancien, sur le tout d’or à l’aigle éployée d’azur; supports: un lion d’argent à dextre et un lion d’or à senestre; couronne de comte; l’écu posé sur la croix de gueules de son faux ordre…Qu’en fera-t-il si le troisième fils du prince Louis de Bourbon est titré duc de Bourgogne ?…

Nous refusons l’instrumentalisation de l’héraldique dans l’insupportable querelle dynastique française.

12 Jan

Alors que notre pays n’a jamais été aussi près, depuis la disparition de Mgr le Comte de Chambord, de l’impérieux besoin du recours au Roi, les tenants de nos princes et même une partie de la maison royale se lancent de nouveau dans la consternante et mortifère querelle dynastiques qui interdit, de fait, aux Français de voir dans la monarchie une possible renaissance de la France. Les exemples, tous plus affligeants les uns que les autres, se multiplient au point que l’on est en droit de se demander si ces gens-là ont seulement deux sous de jugeote.

C’est ainsi qu’en décembre dernier, le prince Henri d’Orléans, chef de la branche cadette de la maison de Bourbon mais prétendant, du chef du roi des Français Louis-Philippe, à la couronne de France publiait sur son blogue un texte aussi extravagant que funeste. Il y prétendait (encore !) « consacre(r) la France, aujourd’hui en péril, au Cœur Sacré de Jésus. » et, joignant le geste à la parole, instaurait ni plus ni moins que de nouvelles armoiries du royaume de France (http://leblogducomtedeparis.fr/les-armes-de-france-au-sacre-coeur/) !

Voici le fruit du délire de Son Altesse Royale :

Et en voilà le blasonnement, donné par le secrétariat du prince :

« D’azur au Sacré-Cœur rayonnant de dix-sept rais d’or accompagné de trois fleurs de lys du même. »

Accompagné des explications suivantes :

 » Parce qu’il s’agit du meuble principal, la règle commande de le citer en premier. Le Sacré-Cœur, selon une iconographie traditionnelle, est enflammé, sommé d’une croisette, généralement latine, présente le plus souvent une plaie ouverte, le tout de gueules et se trouve comme ceinturé par une couronne d’épines d’or. Parce qu’il s’agit précisément d’une iconographie bien établie et afin de conserver la sobriété et ainsi la puissance du blasonnement, on ne décrira donc pas tous ces éléments.

Le Sacré-Cœur repose en son rayonnement d’or lequel recouvre quasiment tout l’azur autour de celui-ci, de sorte qu’il ne saurait y avoir enquerre en cette nouvelle composition. « 

On croit rêver…

Mais ce n’est pas tout car, comme il fallait s’y attendre, « le camp d’en face » n’a pas tardé à répondre sur le site Vexilla Galliae. Avec des arguments pour une part étayés mais, pour une autre part…plus légers voire d’une tournure polémique qui n’ajoute rien de positif au débat (http://www.vexilla-galliae.fr/actualites/divers/2752-le-prince-du-sang-henri-d-orleans-prend-acte-de-son-statut-de-cadet-et-ajoute-une-brisure-a-ses-armes).

Nous ne reviendrons pas sur l’histoire de la consécration de la France au Coeur Sacré de Jésus, demandée, nous dit-on, par Sainte Marguerite-Marie à Louis XIV (qui ne connut sans doute jamais cette requête) mais qui aurait finalement été effectuée par Louis XVI en 1791 ou 1792 (sans que quiconque en ait la preuve).

Nous nous attacherons uniquement à l’aspect héraldique de la question en commençant par l’erreur majeure figurant dans la réponse légitimiste de Louis Delauban aux élucubrations orléanaises. Celui-ci donne en effet le titre suivant à sa réponse : « Le prince du sang Henri d’Orléans prend acte de son statut de cadet et ajoute une brisure à ses armes« .

Emporté par sa colère, l’auteur oublie que ledit Sacré-Coeur ne peut être une brisure des armes du prince Henri d’Orléans pour la simple et bonne raison que l’écu d’azur à trois fleurs de lis d’or…n’est pas celui de la famille d’Orléans ! Celles-la, chacun devrait s’en souvenir, sont en effet « D’azur à trois fleurs de lis d’or, au lambel d’argent à trois pendants« .

famille d’Orléans

L’écu d’azur à trois fleurs de lis d’or sont les armes pleines de la maison de France et ne peuvent être portées que par l’aîné des Capétiens, le prince Louis Alphonse de Bourbon.

Néanmoins, il est vrai que, au cours de l’histoire récente, le Sacré-Coeur fut introduit au sein des armoiries de la branche aînée de la maison de Bourbon. Mais qui s’en souvient? Cependant, il ne le fut pas sur le champ de l’écu. Nulle brisure donc dans ce cas. Rappelons les faits.

Le baron Pinoteau, fin connaisseur de ces questions, rapporte que le prince Jacques-Henri de Bourbon, fils aîné du roi d’Espagne Alphonse XIII, titré duc d’Anjou et de Ségovie, aurait consacré la France au Sacré Coeur de Jésus à Paris, le 15 avril 1962 mais aucun document authentique n’en aurait été conservé. Quoi qu’il en soit, le duc d’Anjou et de Ségovie eut ses armoiries réglées le 11 mars 1969, en même temps que furent créés le sceau et la chancellerie. Il porta alors un écu parti, au 1 de France, au 2 des petites armes d’Espagne (écartelé de Castille, de Leon, d’Aragon et de Navarre, enté en pointe de Grenade). L’écu était timbré de la couronne royale française et entouré des colliers de la Toison d’or, de Saint-Michel et du Saint-Esprit. Deux anges tiennent l’écu: ils sont en tunique blanche, les ailes de celui de dextre étant d’azur et d’or et celles de celui de senestre de gueules et d’or. LA COMPOSITION EST SURMONTÉE D’UN SACRÉ COEUR DE JÉSUS de gueules, navré d’or, au centre d’un coeur de Marie d’azur dont il est séparé par un filet d’or, ensemble placé sur un soleil d’or, à 12 rais droits et 12 autres ondés.

Armoiries du duc d’Anjou et de Ségovie

Après la mort du prince Jacques-Henri, son fils et nouveau chef de maison, le prince Alphonse, titré duc d’Anjou et de Cadix, a conservé le sceau de son père et, de 1962 jusqu’à sa mort, la même composition héraldique avec le sacré coeur. Cette dernière n’a hélas pas été reprise à ce jour par son fils, le prince Louis Alphonse de Bourbon, duc d’Anjou et chef de la maison de Bourbon.

On voit ainsi qu’en matière de consécration de la France au Sacré Coeur de Jésus, la décision du prince Henri d’Orléans est anachronique. Mais, à dire vrai, que sait-il de ces choses et que sait-il de l’héraldique capétienne contemporaine ?…Pas grand chose sans doute.

Une dernière remarque au sujet des brisures.

Le chef de la famille d’Orléans fut débouté par la justice (de la République !) dans sa demande de faire interdire le port des pleines armes de France par les princes Alphonse puis Louis Alphonse de Bourbon, aînés de la maison de France. Il aurait pu (dû ?) en rester là. Hélas…Alors que les armes au lambel sont les siennes de fort longue date et, qu’après tout, elles sont fort honorables.

C’est, avec une vision respectueuse de l’histoire comme des règles héraldiques mais aussi dans un esprit de conciliation permettant à chacune des deux branches de la maison de Bourbon d’exprimer son existence, que nous avons proposé depuis longtemps de réserver le port des pleines armes à la branche aînée et le respect par la branche cadette de ses armes légitimes (au lambel) en introduisant les distinctions qu’elle souhaite entre ses diverses lignes sous la forme de modifications du lambel (trois ou cinq pendants par exemple) avec apposition sur celui-ci de petits meubles variés. A la façon dont procèdent avec intelligence et efficacité les maisons royales de Grande-Bretagne ou d’Espagne.

Mais cette proposition est sans doute trop simple pour satisfaire les uns ou les autres !…

Le 12 janvier 2019.

Jean-Yves Pons.

Héraldique anglaise en langue anglaise bien sur mais quel régal

9 Nov

Paradise: the device of Adam and Eve on either side of a tree, occurs in two coats of arms.

    Argent, on a mount vert a representation of the Tree of Life[? Knowledge] environed with a serpent, on the dexter side thereof a male figure, and on the sinister a female(representing Adam and Eve); at the bottom of the tree a rabbit all proper–MACKLEAN, Scotland.
Azure, on a mount in base vert the tree of Paradise environed with the serpent between Adam and Eve all proper–Company of FRUITERERS, London.

https://www.heraldsnet.org/saitou/parker/Jpglossa.htmhttps://www.heraldsnet.org/saitou/parker/Jpglossa.htmhttps://www.heraldsnet.org/saitou/parker/Jpglossa.htm

 

…. et  il y a  de nombreux dessins …