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Sida : ils sont loin d’en avoir fini.

19 Juil

Hippocrate

À moins d’une semaine de la 22e conférence internationale sur le sida, qui se tiendra à Amsterdam du 23 au 27  juillet, l’Onusida s’alarme : la prévention patauge (mais forcément avec des « folles » qui s’éclatent sans précautions…), les financements font défaut (car les bailleurs de fonds se lassent) et les progrès thérapeutiques se font de nouveau attendre (mais est-ce une surprise pour qui sait que ceux-ci ne sont ni constants ni éternels). (Lire « Sida: plus ça change et plus c’est la même chose…ou presque » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/12/01/sida-plus-ca-change-et-plus-cest-la-meme-chose-ou-presque/)

Si, pour la première fois, le nombre de personnes mortes de maladies liées au sida passe sous la barre symbolique du million, le chiffre des nouvelles infections identifiées en  2017 reste désespérément élevé : 1,8  million de personnes ont découvert leur séropositivité, soit près de 5 000 cas par jour.

Dans un rapport intitulé  » Un long chemin reste à parcourir « , publié mercredi 18  juillet, l’organisation estime que  » la riposte mondiale au sida se trouve dans une situation particulièrement préoccupante : les succès, certes remarquables – mais encore limités – que nous avons connus en termes de vies sauvées et d’arrêt de nouvelles infections par le VIH sont en train d’ouvrir dangereusement la voie à une certaine forme de complaisance. A mi-chemin des objectifs à atteindre d’ici 2020, le rythme des progrès est encore loin d’être à la mesure de l’ambition précédemment affichée. « 

Cette ambition est de parvenir à moins de 500 000 morts liés au sida par an en  2020. Elle est aussi qu’à la même échéance, 90  % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique. Il s’agirait également que 90  % de toutes les personnes infectées par le VIH dépistées reçoivent un traitement antirétroviral et 90  % des personnes traitées aient une charge virale durablement supprimée, ce qui signifie une infection sous contrôle et un risque minime de transmission du virus. Un rêve pour ne pas dire…un fantasme.

En  2017, 36,9 millions de personnes vivaient avec le VIH dans le monde, un nombre qui croît mécaniquement du fait du déploiement des traitements antirétroviraux qui permet aux malades de vivre avec le virus. 59  % des personnes séropositives ont ainsi eu accès à ces médicaments – contre 53  % en  2016. Là est, en vérité, le seul progrès : vivre avec et pas forcément en mourir tout de suite…

Cela reste trop peu. Pour atteindre en 2020 les 30  millions de personnes sous traitement – contre 21,7  millions en  2017 –, il faudrait accroître leur nombre chaque année de près de 2,8  millions. Or, l’augmentation en  2017 n’a été que de 150 000 personnes par rapport à 2016. Cet écart donne la mesure des efforts gigantesques à accomplir pour espérer mettre fin à une pandémie qui, depuis son apparition en  1981, a tué 35,4 millions d’humains et infecté 77,3 millions de personnes. La tuberculose constitue la principale cause de décès : un patient atteint du VIH sur trois succombe à cette maladie. Ajoutant ainsi une cause de mortalité vieille comme Hérode à une maladie des temps modernes !

Mais le domaine de la prévention est le plus problématique. En l’absence d’un vaccin, qui sera indispensable pour espérer réduire à néant la pandémie, la stagnation du nombre des nouvelles infections pourrait compromettre les progrès. Si l’on se réfère au pic de 1996 (3,4  millions de nouvelles infections), le nombre observé en 2017 (1,8  million) est en baisse de 47  %. Mais comparé à 2010, les nouvelles infections n’ont diminué que de 16  %, alors qu’atteindre les objectifs pour 2020 impliquerait une baisse de 75  %.

Cette crise de la prévention résulte certes des lacunes des programmes visant à empêcher les nouvelles contaminations, d’une part, en Europe de l’Est et Asie centrale et, d’autre part, en Afrique de l’Ouest et centrale. Dans ces régions et au Moyen-Orient, le nombre des nouvelles infections a presque doublé depuis 2000.

Les services et interventions de prévention (circoncision, préservatif…) ne sont pas fournis à une échelle adéquate et avec une intensité suffisante. De plus, ils n’atteignent pas les personnes qui en ont le plus besoin. Les adolescentes et jeunes femmes, les enfants, les hommes ayant des rapports homosexuels, les consommateurs de drogues injectables, les prostituées, les femmes transgenres, tous ceux désignés sous le terme de  » populations-clés  » sont ainsi  laissés sur le chemin de la prévention.

Mais elle résulte aussi de l’irresponsabilité de beaucoup de porteurs du virus qui négligent les précautions les plus élémentaires, rassurés par les campagnes de presse affirmant que l’ « on ne meurt plus du sida » ! Essentiellement du fait des nouvelles thérapeutiques et, surtout, de traitement préventifs appelés PrEP (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/10/24/pendant-quagnes-buzyn-veut-serrer-la-ceinture-des-hopitaux-le-scandale-de-la-prep-ne-derange-personne/) et qui leur laissent croire que le danger n’existe plus.

Qui plus est, les adolescentes et jeunes femmes d’Afrique subsaharienne (15-24 ans) représentaient un quart des infections par le VIH en  2017 alors qu’elles ne constituent que 10  % de la population. Dans cette région du monde, les femmes comptent pour 59  % des nouvelles infections chez les 15 ans et plus. Une vulnérabilité liée aux violences à leur égard qui freine l’accès aux services de santé maternelle et infantile et la détection précoce de l’infection chez la femme enceinte pour prévenir la transmission de l’infection chez l’enfant. Et quand nous parlons du danger sanitaire que représentent les migrants africains pour nous, Européens, on nous montre du doigt…

En  2017, 180 000 enfants ont été contaminés à la naissance ou lors de l’allaitement maternel dans le monde. Les tests virologiques pour les nouveau-nés exposés au VIH demeurent insuffisamment disponibles ce qui retarde d’autant la mise en route du traitement.

Les autres populations-clés sont particulièrement en danger. En  2017, les hommes ayant des rapports homosexuels avaient un risque d’infection vingt-huit fois plus élevé que les hommes n’ayant que des rapports hétérosexuels. Chez les consommateurs de drogues injectables, le risque est multiplié par vingt-deux comparé aux non-utilisateurs. Il est treize fois plus élevé chez les prostituées que chez les femmes âgées de 15 à 49 ans, de même que chez les femmes transgenres comparées aux personnes âgées de 15 à 49 ans. Ajoutez-y l’absence de précautions de tous ces gens-là, caressés dans le sens du poil par les médias autant que les politiques et qui se croient invincibles du fait de quelques progrès thérapeutiques, et vous aurez…une situation cataclysmique.

Ces motifs d’inquiétude sont accrus par les incertitudes sur le financement de la riposte à l’épidémie. Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, il a augmenté de 8  % entre 2016 et 2017. Un total de 20,6  milliards de dollars (17,6  milliards d’euros) étaient disponibles en  2017, soit 80  % de la cible pour 2020. Cependant, l’Onusida souligne qu’il  » n’y a pas eu de nouveaux engagements significatifs de la part des bailleurs en  2017 «  et craint des conséquences catastrophiques si les financements internationaux étaient amputés de 20  %. Mais comment voulez-vous que, face à cet abîme, les bailleurs de fonds ne se lassent pas ?

Résultat ? En  2019, la France accueillera la conférence de reconstitution du Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Si rien ne change d’ici-là, une reprise de l’épidémie au niveau mondial est à craindre dans les prochaines années.

Tout ça pour ça !

Le 19 juillet 2018.

Pour le CER, Hippocrate, Conseiller à la santé publique.

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Il était temps !

11 Juil

Il était temps que le Sénat s’empare de la question de la déchéance de la nationalité française pour les terroristes islamistes et de sa scandaleuse sous-application par les autorités politiques responsables.

Un rapport sénatorial rendu public mardi 10 juillet invite le gouvernement à recourir « plus régulièrement » à la déchéance de nationalité pour les binationaux coupables d’actes de terrorisme. C’est l’une des 63 propositions de la commission d’enquête sur l’organisation et les moyens des services de l’Etat pour faire face à l’évolution de la menace terroriste.

La volonté d’inscrire la déchéance de nationalité dans la Constitution pour les personnes condamnées pour terrorisme avait été abandonnée par François Hollande, en 2016, après un débat qui avait profondément divisé sa majorité. Emmanuel Macron avait exprimé son opposition à cette mesure contestée par des juristes.

Mais la commission rappelle que le code civil autorise à déchoir de leur nationalité les binationaux condamnés pour actes de terrorisme – 44 détenus potentiellement concernés à ce jour. Or, 17% des détenus aujourd’hui incarcérés en France pour faits de terrorisme islamiste sont de nationalité étrangère, soit 90 personnes, note la commission. Dès lors, « l’éloignement des djihadistes étrangers en situation irrégulière ou non doit être une priorité pour le ministère de l’Intérieur ».

Pourtant, seulement six personnes ont fait l’objet d’une déchéance de nationalité en 2014-2015 et plus aucune depuis lors, ajoute-t-elle. Une honte d’Etat. Elle incite donc le gouvernement « à faire usage plus régulièrement de cette disposition, au regard de la gravité des profils des détenus incarcérés »

C’est ce que nous ne cessons d’exiger (et bien davantage encore) depuis la fondation du CER, il y a six ans et demi !

Le 11 juillet 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Le projet d’Emmanuel Macron concernant la zone euro, remisé au magasin des accessoires.

2 Juil

Comme attendu par la gravité de la situation et même si les résultats n’ont pas été à la hauteur des nécessités, le sujet migratoire a occulté tous les autres au sommet des chefs d’Etats et de gouvernements de Bruxelles, vendredi 29 juin. Pourtant, les dirigeants européens s’y retrouvaient aussi pour un sommet spécial sur l’état de la zone euro et les projets des uns et des autres visant à sa réorganisation.

Prévu de longue date, ce rendez-vous expédié en à peine deux heures devait pourtant être le moment pour le président Emmanuel Macron de faire endosser par ses partenaires son projet de budget de la zone euro. Après la déclaration de Meseberg le 19  juin avec l’Allemagne, détaillant une vision franco-allemande pour une zone euro plus intégrée, la France espérait voir figurer des engagements ambitieux des 27 pays membres de l’Union européenne (UE), sans le Royaume-Uni, dans les conclusions du sommet.

Las ! La déclaration commune à 27 pays n’y fait presque pas référence, se contentant d’accueillir  » favorablement les contributions nationales, y compris celle présentée par la France et l’Allemagne « . Le texte note aussi que  » l’Eurogroupe – qui réunit les ministres des finances de la zone euro – examinera de manière plus approfondie toutes les questions mentionnées dans la lettre  » de son président, le Portugais Mario Centeno, qui signale le lancement d’une réflexion sur un budget commun.

 » Il y a trois mois, tout le monde disait : jamais vous n’aurez un accord, ne serait-ce qu’avec les Allemands, sur un budget de la zone euro, a déclaré Emmanuel Macron vendredi. Je ne suis pas un fétichiste. Mais cette séance n’était pas une séance d’écriture, et nous allons maintenant travailler pour construire sur cette base un accord européen à 19 – les membres de la zone euro – .  » Mon oeil !

Car ils sont très nombreux dans l’UE, y compris au sein du parti de la chancelière allemande Angela Merkel, l’Union chrétienne-démocrate (CDU), ceux qui considèrent qu’en ces temps de croissance retrouvée, la zone euro n’a pas besoin de réformes, mais juste de stabilité.

Même s’il est parvenu à inscrire le  » budget de l’eurozone  » à l’agenda européen, le président français fait face à une forte hostilité sur ce sujet. De nombreux dirigeants européens continuent à refuser tout concept de pot commun. Pas question, résument-ils, de payer pour la mauvaise gestion des autres capitales. Et en particulier les pays dits « du nord » tels que le Bénélux, la Scandinavie et les Pays baltes.

Trois jours à peine après la déclaration de Meseberg, le ministre des finances néerlandais, Wopke Hœkstra, battait déjà le rappel des «  nonistes  » (ceux qui disent NON à Emmanuel Macron), avec un courriel au président de l’Eurogroupe pointant  » les larges divergences existant sur la nécessité d’un budget de l’eurozone « .

 » Il n’y a clairement pas de consensus sur le fait de commencer à y travailler «  ni sur la possibilité d’utiliser une future taxe sur les transactions financières (TTF) pour financer ce budget commun, ajoutait ce ministre conservateur du gouvernement du libéral Mark Rutte. Dans son message, M.  Hœkstra cite d’autres collègues (letton, luxembourgeois, belge, autrichien, estonien, suédois, finlandais…) censés partager ses réticences.

Depuis, les ministres luxembourgeois et irlandais se sont légèrement désolidarisés. Et de fait, ce sont davantage les ambitions en matière d’harmonisation de l’impôt sur les sociétés qui leur posent problème. On s’en serait douté ! Mais les Néerlandais restent intransigeants :  » Nous disposons déjà d’un budget de la zone euro : les 200  milliards d’euros dépensés dans les fonds structurels, les fonds de cohésion ou la politique agricole «  au sein du budget de l’UE, a estimé M. Rutte vendredi.

Bref, si l’on a bien compris, Angela Merkel a donné son accord à Emmanuel Macron, lors de l’entrevue de Meseberg, dans le seul espoir que celui-ci ferait tout pour  » sauver le soldat Merkel  » face à la fronde de ses alliés de la CSU dans la crise migratoire (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/06/29/lunion-europeenne-et-les-nouvelles-grandes-invasions-barbares-encore-un-marche-de-dupes/).

Ce fut fait mais ce pauvre Emmanuel s’en trouve être le dindon de la farce…

Le 2 juillet 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Conspiration des médias français contre notre ambassadeur à Budapest.

1 Juil

Drame au Quai d’Orsay ! Le site  » fouille-merde  » Mediapart a révélé le contenu d’une note diplomatique, rédigée le 18 juin par Eric Fournier, l’ambassadeur de France à Budapest.

Ce dernier, nommé à ce poste en 2015, y fustigeait la « presse française et anglo-saxonne », soupçonnée de vouloir détourner l’attention du « véritable antisémitisme moderne », celui des « musulmans de France et d’Allemagne », en continuant d’accuser la Hongrie d’antisémitisme, ce qui ne serait qu’un « fantasme de journalistes étrangers ». Ces derniers devraient, au contraire, saluer un « modèle » à suivre pour sa « gestion des mouvements migratoires illégaux ». Bref, Eric Fournier soutenait, dans cette note, le point de vue du CER.

Au cours de la conférence de presse tenue à la suite du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de Bruxelles, le 29 juin, quelques perfides journaleux s’empressèrent d’interroger le président de la République française sur les propos de notre ambassadeur.

Emmanuel Macron s’est alors vu obligé de rappeler que la note rédigée par M. Fournier ne correspondait « en rien à la position officielle française ». « Si une preuve m’était apportée que de tels propos aient été tenus publiquement, alors cet ambassadeur serait révoqué. » 

Il ne le sera pas !

D’une part parce que sa note diplomatique n’était pas publique et, d’autre part, parce qu’Eric Fournier devait de toute façon quitter ses fonctions à la mi-juillet…C’est peut-être d’ailleurs pour cette dernière raison qu’il s’est livré à de telles confidences si vraies mais si politiquement incorrectes.*

En vérité, la plupart des médias officiels français sont régulièrement accusés de « magyarophobie » par divers relais d’opinions ou même élus de la République. C’est d’ailleurs aussi le cas du CER. Alors que d’autres ambassadeurs en poste à Budapest, comme ceux du Canada ou de la Suède, osent dénoncer publiquement des atteintes aux libertés en Hongrie, le représentant officiel de l’Etat français reprend à son tour, dans cette note, les éléments de langages du gouvernement hongrois et de son chef, Viktor Orban (Lire « On peut le faire. Il faut le faire » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/06/28/on-peut-le-faire-il-faut-le-faire/). Manifestement, il semble que ces vérités ne plaisent pas et qu’en tout cas, elles ne soient pas bonnes à dire aux yeux de la pensée conforme et obligatoire. Pour nous, ce serait oublier ce que nous publiions le 3 février 2017, sous le titre « Et si l’on émigrait pour conserver son identité ? » (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/02/03/bulletin-climatique-quotidien-3-fevrier-2017-de-la-republique-francaise/).

Le 1er juillet 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Et qui mériteront qu’Eric Fournier soit élevé à la dignité de Compagnon de l’ordre royal du Mérite de Sainte Jeanne d’Arc, lors de sa prochaine promotion.

La limitation de vitesse à 80 km/h…en Creuse.

18 Juin

La mesure gouvernementale, publiée au Journal officiel dimanche 17 juin, et qui entrera en vigueur le 1er juillet, suscite passions, colère et rejet dans ce département très rural de 120 000 habitants. La Creuse ne compte qu’une seule route nationale, la N145, qui permet notamment de relier La Souterraine à Guéret – la préfecture, qui rassemble plus de 13 000 habitants – et où l’on peut rouler jusqu’à 110 km/h. Résultat : tous les autres axes du département (soit 4 400 km de routes secondaires) sont concernés par la nouvelle limitation à 80 km/h. « Travail, école ou loisirs des enfants, courses ou une simple baguette de pain… Vous êtes obligés de prendre la voiture et parfois sur de longues distances », explique Daniel Gargaud, responsable de l’Association des motards en colère.

Ceux qui ne vivent pas à La Souterraine, Guéret ou Aubusson (près de 3 500 habitants) sont installés dans une multitude de hameaux dispersés sur les plus de 5 000 km2 du département. Et il n’est pas rare de vivre à plus 60 km de son lieu de travail. « Ici, votre véhicule, ce n’est pas un élément de vie mais de survie, confirme Thierry Gaillard, maire divers droite de Sardent (près de 800 habitants). On ne tient pas compte des spécificités régionales. Et puis, cette application systématique, brutale, rapide, d’une décision sortie du chapeau du Premier ministre… » Pour lui, la nouvelle limitation de vitesse « ne servira qu’à remplir les caisses de l’Etat« .

Au-delà de la question de la limitation de la vitesse, c’est un sentiment d’abandon qui habite la Fédération française des motards en colère. « Dans la Creuse, les transports publics, c’est une ligne SNCF qui dessert la gare de La Souterraine. Toutes les petites gares ont été fermées. Et pour Guéret, il faut prendre un car. En dehors de ça, il n’y a plus rien« , se désole Daniel Gargaud. Il pointe également le « désengagement de l’Etat dans l’entretien des routes qui rend la conduite dangereuse, le scandale des radars, le nouveau contrôle technique... » Bref, la coupe est pleine et la limitation à 80 km/h, « c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase ».

Il suffit de sortir de La Souterraine en direction de Crozant (à environ une demi-heure de route) pour constater le mauvais état des routes minées par des nids-de-poule. Rubans sinueux et longues voies monotones alternent. Il n’est pas rare de croiser un panneau indiquant une « chaussée déformée ». « Ça fait cinq ans qu’on a ces panneaux provisoires », s’agace Daniel Gargaud. Les paysages verdoyants de champs, pâturages et nature qui bordent la route ne sont interrompus que par de rares villages semblant déserts. Sur les nombreux volets fermés des commerces, les panneaux « À vendre » poussent comme des champignons.

Au milieu de ce cadre bucolique et peu propice aux bouchons, la question se pose : est-ce si grave de perdre cinq à sept minutes sur un trajet, en abaissant sa vitesse de 10 km/h ? « Pour Édouard Philippe, ce n’est peut-être pas grand chose. Mais pour le salarié qui fait le trajet quotidiennement, qui doit aller pointer et qui est en retard, cela va le pénaliser », affirme le coordinateur de la FFMC. Pessimiste quant à l’application de la mesure, Daniel Gargaud poursuit : « Tout le monde va être énervé sur les routes, notamment ceux qui ne pourront plus doubler derrière un camion ou un tracteur. Ça risque de mal se terminer et les gens vont perdre leurs points de permis. Et sans permis, pas de travail. »

Une séquence symbolise, pour les motards, cette déconnexion entre l’Etat et les zones rurales : Emmanuel Macron qui encourage, début octobre, les salariés licenciés de GM&S à partir travailler à l’usine Constellium d’Ussel, en Corrèze… à 140 km de La Souterraine : « Les gens sont obligés de quitter la Creuse s’ils veulent du boulot et on vient nous parler limitation de vitesse… » Même constat amer pour Sylvie Sergent, présidente de la FCPE de la Creuse. Pour elle, ce passage à 80 km/h démontre « une ignorance du monde rural ».

Une fois de plus, ce sont les départements ruraux qui sont mis de côté. On nous isole encore un peu. « Chez nous, il n’est pas rare qu’un établissement scolaire soit à 30 minutes du domicile. Avec les nombreux arrêts et l’état des routes, des enfants font une heure de car le matin, une heure le soir, leur trajet va donc être rallongé », déplore-t-elle. Pour réduire ce temps passé sur les routes, elle s’est s’installée il y a 20 ans, à Saint-Médard-la-Rochette, à 20 minutes d’Aubusson et 45 minutes de Guéret. « Quitter la région parisienne, c’était un projet de vie pour moi. Il n’est pas rare qu’avant de s’installer chez nous, des parents me demandent si l’école est menacée de fermeture. La présence d’une école compte mais aussi la distance », résume cette maman.

« Mon fils en a quand même pour une demi-heure, en car, pour aller au lycée. Et je l’emmène le matin en voiture car nous vivons en pleine campagne, à un kilomètre du lieu de ramassage scolaire », souffle-t-elle. Ceux qui ne peuvent pas déménager « ont des enfants qui passent leurs vies sur les routes« , pointe cette graphiste indépendante de 53 ans : « Il n’est pas rare que des gamins rentrent chez eux à 19 heures. »

Encore faut-il que la limitation à 80 km/h soit respectée. « Sur les petites routes de Creuse, on ne peut jamais dépasser les 80, balaie une directrice d’auto-école de Guéret. Elles sont sinueuses et dangereuses. » Avant de tout de même concéder : « En revanche, sur les grands axes, quand il y a de la visibilité, c’est vrai que c’est un peu embêtant. » « Ni pour, ni contre » cette mesure, elle est en tout cas convaincue qu’elle n’entraînera pas une baisse du nombre des morts sur la route (neuf personnes ont été tuées en 2017 dans tout le département).

À la Fédération des motards en colère, on estime que la vitesse n’est pas le principal problème de sécurité routière : « Regardez plutôt du côté de l’alcool, de la drogue ou du portable au volant… », suggère Daniel Gargaud.

Et regardez aussi du côté de l’état des routes dont le gouvernement est responsable ! *

Le 18 juin 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA. 

* lire « Tous responsables ou tous complices » :

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/05/17/tous-responsables-ou-tous-complices/

Mayotte va-t-elle disparaître…corps et biens ? Et nos soucis avec…

7 Juin

C’est en tout cas ce que commencent à se demander ses habitants. Non pas seulement à cause du poids toujours plus important que font peser les innombrables immigrés clandestins sur leur île. Mais parce que celui-ci subit, depuis près d’un mois, les coups de ce que les géologues nomment un « essaim sismique » : plus de 800 micro-secousses ont été enregistrées, dont 25 encore, lundi, de magnitude supérieure à 4,0. Jusqu’à une magnitude de 5,8 le 15 mai, la plus forte de l’histoire de Mayotte. Du jamais vu dans la durée, ni dans l’intensité pour cette zone géographique sismiquement fragile.

Chaque secousse produit un bruit violent auquel les Mahorais sont confrontés plusieurs fois par jour. Certains habitants de l’île expliquent être tellement à bout, qu’ils ne savent parfois plus si c’est la terre ou leur corps qui tremble…

Une institutrice témoigne : « Ça nous réveille d’un seul coup, j’ai le cœur qui bat vite, très vite, et je mets au moins 20 minutes pour me calmer, sachant que ça arrive deux ou trois fois par nuit… » Des nuits courtes donc, ajoute Samir car lors des secousses les plus fortes, les alarmes des voitures se mettent toutes à sonner : « Ce sont des tremblements en permanence. Les conséquences directes qu’on peut voir ce sont principalement des fissures sur les bâtiments. Certains collèges et lycées sont fermés. » Mais comme ils sont déjà peu fréquentés en temps normal…ça ne change pas grand chose !

Pour Didier Bertile, ingénieur sismologue au Bureau des Recherches Géologiques et Minières, c’est du jamais vu : « La problématique des essaims c’est qu’on sait quand ça commence mais pas quand ça finit. Généralement ça se produit sur des durées qui vont de quelques heures à quelques jours, voire deux ou trois semaines, donc c’est une durée qui pour nous est assez exceptionnelle. Il y a un mois, on n’imaginait même pas qu’on pouvait avoir une magnitude supérieure à 5.3 dans cette zone, ce sont toutes nos références qui sont à revoir. »

Selon le sismologue, il ne devrait pas y avoir de séisme d’une magnitude supérieur à 6. Mais qui sait ? L’Océan indien finira peut-être par engloutir goulument cet atoll comme il a englouti le vol MH 370 de la Malaysian Airlines en 2014…pour le plus grand bien de la République.

Une « mission d’expertise » composée de spécialistes de la Sécurité civile et de scientifiques spécialisés en sismologie a été dépêchée à Mayotte pour en évaluer les risques !

Le 7 juin 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Un président de la République française qui batifole avec des joueurs de foot ne peut pas être foncièrement…bon.

6 Juin

Pourquoi faut-il donc que les quatre derniers présidents de la République se soient crus obligés de fréquenter ce qu’il y a de pire dans notre société : les joueurs professionnels de football ? On nous répond que c’est, tenez-vous bien, pour  » faire nation  » !

Les proches d’Emmanuel Macron le disent souvent : le chef de l’Etat n’aime rien faire comme les autres. Une fois n’est pas coutume, le président quadragénaire a pourtant décidé de suivre les traces de ses prédécesseurs en matière de sport, honorant de sa présence les mêmes compétitions et tentant d’afficher la même proximité avec les champions que François Hollande, Nicolas Sarkozy ou Jacques Chirac avant lui.

Emmanuel Macron s’est ainsi rendu avec sa femme, Brigitte, mardi 5  juin, au centre technique national de Clairefontaine, situé dans la forêt de Rambouillet, afin d’y déjeuner avec les joueurs de l’équipe de France de football (que l’on nomme abusivement « les Bleus » mais qui n’ont de bleu que le nom) en phase de préparation pour la Coupe du monde, qui débute le 14  juin à Moscou. Une rencontre destinée, selon l’Elysée, à  » relayer le message d’encouragement et de confiance des Français «  et lors de laquelle le chef de l’Etat devait aussi  » insister sur le bien vivre-ensemble que dégage l’équipe  » !!!

Est-il besoin de rappeler qui sont « les Bleus » à Clairefontaine ? Ce n’est plus du métissage, c’est quasiment monocolore :

Cette visite est, paraît-il, devenue un classique des présidents français, au même titre que les finales de la Coupe de France de foot et du Top 14 de rugby, auxquelles M. Macron a assisté ces dernières semaines. Avant l’actuel hôte de l’Elysée, MM. Chirac, Sarkozy et Hollande se sont eux aussi rendus à Clairefontaine à la veille d’une compétition, afin de saluer les joueurs ou déjeuner avec eux.

Emmanuel Macron se rendra également sur le Tour de France cet été, sans doute à la fin du mois de juillet. En  2017, le chef de l’Etat avait suivi dans la voiture du directeur de course l’étape alpestre qui avait emmené les coureurs jusqu’à Serre-Chevalier (Hautes-Alpes), grimpant à leur côté le col du Galibier. Il y avait également donné sa première interview de président, sur le plateau de France 2, après la course. Cette année,  » ce sera sans doute une étape des Pyrénées, où le président a des attaches familiales « , confie un conseiller de l’exécutif – la grand-mère de M. Macron possédait une maison à Bagnères-de-Bigorre, où le jeune amiénois venait passer ses vacances.

 » C’est pour les présidents une façon de mettre en scène leur sortie des palais parisiens pour s’immerger dans la France paysagère « , analyse sans rire Fabien Conord, professeur à l’université Clermont-Auvergne et auteur du  Tour de France à l’heure nationale (PUF, 2014). Emmanuel Macron n’a d’ailleurs pas attendu de devenir président pour s’y montrer : il s’était rendu sur le Tour lorsqu’il était ministre de l’économie, en  2015, au départ à Utrecht (Pays-Bas), puis en  2016 déjà dans les Pyrénées. Mais ce que personne ne savait encore, à part lui, c’est qu’il serait…président de la République après Hollande !

Emmanuel Macron assume ces mises en scène malgré un emploi du temps chargé, ses proches assurant même que le chef de l’Etat lit…L’Equipe tous les jours et suit notamment de près la Ligue 1. Lors d’une visite en Tunisie, en février, le président avait bluffé son entourage en sortant d’un café de la médina où était retransmis en différé un match Angers-Amiens.  » Pas la peine de regarder, c’est Angers qui va gagner « , avait lancé M. Macron, alors que la rencontre avait eu lieu quelques jours plus tôt et s’était terminée sur le score de 1-0 pour les Angevins…

Régulièrement, le chef de l’Etat affiche aussi son soutien pour l’Olympique de Marseille, dont il a suivi la dernière campagne en Europa League, même s’il n’a pas pu assister à la finale à Lyon, retenu par un sommet européen en Bulgarie. Derrière son bureau à l’Elysée, l’ancien latéral gauche de l’équipe de foot de l’ENA a conservé au sol une photo de la tête victorieuse de Basile Boli lors de la finale de Ligue des champions remportée par le club marseillais en  1993.  » C’est un supporter de l’OM qui l’a prise depuis les tribunes et la lui a envoyée, on voit les 22 joueurs du match sur la photo, Macron est capable de tous les nommer « , assure un proche, pour qui le président est  » un enfant de la génération 93 «  (il avait 15 ans à l’époque). Serait-il hélas aussi un porte-voix du 9-3.

Pour autant, pas question de voir le chef de l’Etat en train de faire du sport. Bien sûr, le quadragénaire s’entretient, en jouant au tennis quand il se rend dans la maison de sa femme au Touquet ou en pratiquant la course à pied à la résidence de la Lanterne à Versailles. De même, il lui arrive de faire des exercices de remise en forme avec ses officiers de sécurité dans la salle de sport de l’Elysée, assure son entourage. Mais le président refuse de se mettre en scène en sportif du dimanche, à l’inverse d’un Nicolas Sarkozy, qui aimait se montrer roulant à vélo au Cap Nègre ou montant les marches de l’Elysée en short après un footing.

 » Macron met à distance son corps quotidien pour mieux incarner le corps solennel, analyse Patrick Carles, professeur à l’université de Lausanne et historien du sport. Alors qu’Henri IV adorait se montrer pratiquant le jeu de paume, Louis XIV avait décidé de ne plus le faire en public, pour mieux incarner le corps royal. On peut dire que Macron est davantage Louis XIV qu’Henri IV. «  » Emmanuel Macron a le souci de ne pas abîmer le corps présidentiel en se mettant en scène de manière inauthentique « , reconnaît Bruno Roger-Petit, le porte-parole de l’Elysée.

Nous ne tarderons pas à entendre parler, à son propos, des DEUX CORPS DU ROI…

Le 6 juin 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.