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Espagne : de vieux relents de front populaire.

13 Nov

À la suite des dernières élections législatives du 10 novembre, le Parti socialiste (PSOE) du chef du gouvernement espagnol sortant, Pedro Sanchez, et la formation de gauche radicale Podemos, de Pablo Iglesias, ont scellé un accord de principe pour former un gouvernement de coalition. Cette nouvelle version du « Frente popular » de 1936, qui avaient échoué à s’entendre il y a à peine quelques mois, nécessitera toutefois l’appui d’autres forces pour obtenir une majorité suffisante au Parlement et être investi par la Chambre des députés.

Pedro Sanchez et Pablo Iglesias

Modeste vainqueur quantitatif dimanche, Pedro Sanchez a en effet manqué son pari de sortir renforcé de ces quatrièmes élections générales en quatre ans en vue de mettre fin à l’instabilité politique qui mine le pays depuis 2015. Il a au contraire perdu des sièges et compte 120 députés contre 123 après le dernier scrutin d’avril. La surprise est surtout venue du parti de la droite radicale Vox qui a plus que doublé son nombre de sièges à 52 sur 350 pour devenir le troisième parti d’Espagne.

C’est pourquoi les socialistes n’ont d’autre issue que de chercher leurs soutiens à gauche, en particulier auprès du parti le plus radical, Podemos, qui a pourtant cédé du terrain mais dispose de 35 députés. Pourtant, des pommes de discordes existent déjà entre les deux formations. En particulier leurs positions de plus en plus antagonistes sur la crise catalane, qui agite toujours l’Espagne mais ne manquera pas d’être instrumentalisée par les indépendantistes. Mais il y aura aussi la question brûlante de la répartition des postes ministériels, Pablo Iglesias ayant en la matière des ambitions importantes. Et tout cela sans compter évidemment avec leur vision respective quant à la pérennité du régime monarchique, rétabli en 1975, après la disparition du Caudillo, en la personne du roi don Juan Carlos Ier puis de son successeur don Felipe VI…

Tout cela ne vous rappelle-t-il rien ? À nous si : la situation du pays entre 1931 et 1936, de triste mémoire, et qui mena le pays inexorablement vers la guerre civile. Souvenez-vous d’ailleurs de l’un de nos récents articles sur le sujet, intitulé « Les vieux démons de l’Espagne reprennent vie en Catalogne » (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/10/18/les-vieux-demons-de-lespagne-reprennent-vie-en-catalogne/).

Peut-être est-ce une évolution nécessaire pour que l’Espagne redevienne

UNIE, GRANDE, LIBRE

(Una, Grande, Libre)

Le 13 novembre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Communiqué du Conseiller aux Armées du CER.

9 Oct

Mercredi 23 octobre – 12 h 15 – Déjeuner débat au « Royale Business Club » , proposé par l’AOVC (Paris 7ème).

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Le Déjeuner débat « Royale Business Club » proposé par l’AOVC est un rendez-vous incontournable pour les marins dans le monde des affaires.

Mercredi 23 octobre 2019,

Ceux qui ont connu ce club très sélect du réseau Suffren se réjouiront de la réactivation du Royale Business Club.
Les anciens se souviennent encore de ces rendez-vous de grande qualité autour de thèmes directement liés à l’expérience professionnelle civile des intervenants pas nécessairement anciens marins. Nous redonnons vie à cette initiative qui a fonctionné pendant plusieurs dizaines d’années.

Notre intervenant sera Bernard CHAMBON.

Bernard Chambon, a passé une grande partie de sa vie à l’étranger (il parle couramment quatre langues) et a la double nationalité française et américaine.

Sa dimension internationale et ses prédispositions d’homme de dialogue l’ont naturellement conduit à une carrière au sein de grands groupes multinationaux dans le domaine des ressources humaines et de l’organisation stratégique.

Son parcours professionnel impressionne par sa variété comme par son contenu. Passé par l’automobile (Fiat IVECO), la construction chez Bouygues, l’Aérospatial à Toulouse, et enfin Rhône Poulenc dont il prendra la DGA en charge des RH et de la communication pour Rhodia (branche chimie de Rhône Poulenc). Dès lors, il accompagnera cette nouvelle entité jusqu’à la fin de sa carrière industrielle, avec un élargissement constant de son périmètre notamment à l’international. En 2008, il est élu par ses pairs industriels Président de l’Union des Industries Chimiques, ce qui l’amène à siéger au CA du Groupe des Fédérations Industrielles (GFI) et au conseil exécutif du MEDEF. Dans ce contexte, il conduit la délégation du MEDEF aux états généraux de l’industrie ainsi qu’au sein du groupe de travail « Proposition pour la compétitivité » de la conférence nationale pour l’industrie. En 2009, le Fonds Stratégique d’Investissement, nouvellement, créé le désigne comme Administrateur représentant le FSI au Conseil d’Administration de STX France (ex-Chantier de l’Atlantique). Il prend la présidence du Conseil en juillet 2018.

C’est au titre de sa grande connaissance de l’industrie notamment française, que Bernard Chambon nous entretiendra des opportunités pour les officiers de Marine avec, en prime, sa vision RH.

Tarif unique : 30 euros.

Inscription obligatoire en ligne en cliquant sur le lien ci-dessous : https://www.helloasso.com/associations/aovc-suffren/evenements/23-octobre-2019-dejeuner-royale-business-club-ecole-militaire-paris-7eme

Lieu : École Militaire (Salon Versailles – Rotonde Gabriel) – 1, place Joffre – 75007 Paris.

Carte d’identité demandée à l’entrée de l’École Militaire.

Le 9 octobre 2019.

Pour le CER, CC(r) François Romain, CJA.

Il n’y a pas que le réchauffement climatique qui menace de submerger nos côtes…

7 Oct

Il y a aussi (et sans doute surtout) les vagues migratoires !

Aussi, quatre ans plus tard et comme attendu…les Turcs relâchent leurs réfugiés et les déversent de nouveau sur les côtes grecques.
Et à Lesbos, les migrants arrivent chaque jour, toujours plus nombreux : en seulement 24 heures, sept bateaux sont arrivés sur l’île, avec 265 personnes à bord, principalement des Afghans et Syriens en provenance de Turquie.

 Depuis cet été, ils arrivent par centaines tous les jours, après avoir traversé en rafiot les quelques kilomètres de mer Egée qui séparent Lesbos de la Turquie. Ce sont surtout des familles afghanes qui demandent l’asile en Europe. Mais viennent aussi des Syriens, des Congolais, des Irakiens, des Palestiniens…Et j’en passe.

Et si plus de 45 000 personnes ont afflué en Grèce, en 2019, plus de la moitié l’ont fait entre juillet et septembre. « Ceci n’est pas une crise », prétend Frontex, l’agence européenne de gardes frontières et de gardes-côtes, présente dans cette porte d’entrée en Europe.  C’est pire car il s’agit, en vérité, d’un flux continu malgré l’accord (manifestement non respecté) entre l’Union européenne et la Turquie.

C’est fin 2015 que le « hot spot » de Moria, nom donné à ces centres d’accueil contrôlés pour demandeurs d’asile, a été créé. D’autres centres de transit sont apparus sur les îles grecques de Chios, Samos, Leros, Kos ainsi qu’en Italie. Face à la « crise » de l’époque, déclenchée par la folie immigrationniste d’Angela Merkel,, l’Europe cherchait à s’armer. Dans les « hot spots », les personnes migrantes sont identifiées, enregistrées, et leur situation examinée. Aux réfugiés, l’asile. Aux autres, le retour théorique vers des territoires hors de l’Union européenne (UE).

Pour soulager les pays d’entrée, un programme temporaire de relocalisations a été mis en place pour permettre de transférer une partie des réfugiés vers d’autres Etats membres. Une façon de mettre en musique une solidarité européenne de circonstance, sans toucher au règlement de Dublin qui fait de l’Etat d’entrée en Europe le seul responsable de l’examen de la demande d’asile d’un réfugié.

Dans la foulée, en mars 2016, l’accord UE-Turquie prévoyait qu’Ankara renforce le contrôle de ses frontières et accepte le renvoi rapide de demandeurs d’asile arrivés sur les îles grecques, en contrepartie, notamment, d’un versement de 6 milliards d’euros et d’une relance du processus d’adhésion à l’UE.

Quatre années se sont écoulées depuis le pic de la crise migratoire et ses cortèges de migrants traversant l’Europe à pied, le long de la route des Balkans, jusqu’à l’eldorado. Si les flux d’arrivées en Europe ont diminué, ils n’ont jamais cessé et Lesbos incarne plus que jamais l’échec de l’UE face à l’immigration-invasion.

Le mécanisme de relocalisation n’est plus aujourd’hui qu’une lointaine chimère, comme l’ont été les « hot spots » italiens, Rome choisissant de laisser ses centres ouverts et ses occupants se disperser en Europe. « On a été dans une double impasse côté italien, analyse l’ancien directeur de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), Pascal Brice. Les Italiens se sont satisfaits d’une situation où les migrants ne faisaient que passer, car ils ne voulaient pas s’installer dans le pays. Et les autres Etats qui se sont accrochés à Dublin. »

Seule la Grèce a continué de jouer le jeu des « hot spots » insulaires. Résultat : plus de 30 000 personnes s’entassent désormais dans des dispositifs prévus pour 5 400 personnes. « Nous n’avons pas vu autant de monde depuis la fermeture de la frontière nord de la Grèce et l’accord UE-Turquie « , souligne Philippe Leclerc, représentant du Haut-Commissariat pour les réfugiés des Nations unies (HCR) en Grèce.  Le système est à l’agonie, les personnes qui arrivent aujourd’hui se voient donner des rendez-vous pour leur entretien d’asile… en 2021.

A Lesbos, 13 000 personnes s’agglutinent à l’intérieur et autour du camp de Moria, pour une capacité d’accueil officielle de 3 000 personnes. Les deux tiers de cette population sont sous tente. Et leur nombre enfle chaque jour. Cette promiscuité est mortifère. Dimanche 29 septembre, un incendie a ravagé plusieurs conteneurs hébergeant des demandeurs d’asile et tué une femme. Tous les dirigeants européens sont responsables de la situation inhumaine dans les îles grecques du fait de leur inaction : personne ne fait rien pour lutter efficacement contre les traversées clandestines, de peur de froisser la Turquie, mais personne ne fait rien non plus pour faire respecter l’accord de renvoi négocié entre Angela Merkel et Recep Tayyip Erdogan . Pourquoi ? La réponse est simple :

Surtout pas de grain de sable dans les rouages du « Grand Remplacement » !

Alors, en Grèce, le sort des mineurs non accompagnés est devenu particulièrement préoccupant. Ils sont 4 400 dans le pays (sur près de 90 000 réfugiés et demandeurs d’asile), dont près d’un millier rien qu’à Lesbos. La moitié dort en présence d’adultes dans une sorte de grand barnum. Sur l’île de Samos, des enfants sont obligés de dormir sur le toit des conteneurs.

Dans les faits, l’accord UE-Turquie est soumis à « forte pression », a reconnu récemment le nouveau premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis. Jusqu’ici, en vertu de cet accord, Athènes a renvoyé moins de 2 000 migrants vers la Turquie, en majorité des ressortissants pakistanais (38 %), syriens (18 %), algériens (11 %), afghans (6 %) et d’autres. Mais le nouveau gouvernement conservateur, arrivé au pouvoir en juillet, envisage d’augmenter les renvois. Lundi 30 septembre, il a annoncé un objectif de 10 000 migrants d’ici à la fin 2020, en plus de mesures visant à accélérer la procédure d’asile, à augmenter les transferts vers le continent ou encore à construire des centres fermés pour les migrants ne relevant pas de l’asile.

Dans le même temps, le président turc Recep Tayyip Erdogan n’a eu de cesse, ces derniers mois, de menacer d’« ouvrir les portes » de son pays aux migrants afin de les laisser rejoindre l’Europe. « Si nous ne recevons pas le soutien nécessaire pour partager le fardeau des réfugiés, avec l’UE et le reste du monde, nous allons ouvrir nos frontières », a-t-il averti.

« Entre Erdogan qui montre les dents et le nouveau gouvernement grec qui est beaucoup plus dur, ça ne m’étonnerait pas que l’accord se casse la figure », redoute un fonctionnaire européen. Le thème migratoire est devenu tellement brûlant qu’il a servi de prétexte à la première rencontre, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, entre le président turc et le premier ministre grec, le 26 septembre. A l’issue, M. Mitsotakis a dit souhaiter la signature d’« un nouvel accord », assorti d’un soutien financier supplémentaire de l’UE à la Turquie.

La Turquie héberge officiellement 3,6 millions de réfugiés syriens, soit quatre fois plus que l’ensemble des Etats de l’UE. L’absence de perspectives pour un règlement politique en Syrie, le caractère improbable de la reconstruction, l’hostilité manifestée par Damas envers les éventuels candidats au retour, menacés d’expropriation selon le décret-loi 63 du gouvernement de Bachar Al-Assad, ont réduit à néant l’espoir de voir les réfugiés syriens rentrer chez eux. Le pays ne pourra assumer seul un nouvel afflux de déplacés en provenance d’Idlib, le dernier bastion de la rébellion syrienne actuellement sous le feu d’une offensive militaire menée par le régime et son allié russe.

Le président turc presse les Etats-Unis de lui accorder une « zone de sécurité » au nord-est de la Syrie, où il envisage d’installer jusqu’à 3 millions de Syriens. « Nous voulons créer un corridor de paix pour y loger 2 millions de Syriens. (…) Si nous pouvions étendre cette zone jusqu’à Deir ez-Zor et Raqqa, nous installerions jusqu’à 3 millions d’entre eux, dont certains venus d’Europe », a-t-il déclaré depuis la tribune des Nations unies à New-York.

La population turque s’est jusqu’ici montrée accueillante envers les « invités » syriens, ainsi qu’on désigne les réfugiés en Turquie, dont le statut se limite à une « protection temporaire ». Mais récemment, les réflexes de rejet se sont accrus. Touchée de plein fouet par l’inflation, la perte de leur pouvoir d’achat, la montée du chômage, la population turque s’est mise à désapprouver la politique d’accueil imposée à partir de 2012 par M. Erdogan. D’après une enquête publiée en juillet par le centre d’étude de l’opinion PIAR, 82,3 % des répondants se disent favorables au renvoi « de tous les réfugiés syriens ».

A la mi-juillet, la préfecture d’Istanbul a lancé une campagne d’arrestations et d’expulsions à l’encontre de dizaines de milliers de réfugiés, syriens et aussi afghans. Le climat de peur suscité par ces coups de filet n’est peut être pas étranger à l’augmentation des arrivées de réfugiés en Grèce ces derniers mois.

« La plupart des gens à qui on porte secours ces derniers temps disent qu’ils ont passé un mois seulement en Turquie, alors qu’avant ils avaient pu y vivre un an, observe Roman Kutzowitz, de l’ONG Refugee Rescue, qui dispose de la seule embarcation humanitaire en Méditerranée orientale, à quai dans le petit port de Skala Sikamineas, distant d’une dizaine de kilomètres de la rive turque. Ils savent que le pays n’est plus un lieu d’accueil. »

La décharge de l'île de Lesbos, située à côté de la ville de Molivos. Ici s'amassent des gilets de sauvetages, des bouées et des restes d'embarcations qui ont servi aux réfugiés pour effectuer la traversée depuis la Turquie.

La décharge de Lesbos où s’entassent des gilets de sauvetages, des bouées et des restes d’embarcations qui ont servi aux réfugiés pour effectuer la traversée depuis la Turquie

Sur une plage de galets, à l’aube, un groupe de trente-sept personnes a accosté. Il y a treize enfants parmi eux. Un peu plus tard, une autre embarcation est convoyée jusqu’au port de Skala Sikamineas par des gardes-côtes italiens, en mission pour Frontex. « Il y a trois femmes enceintes parmi nous », prévient un Afghan de 27 ans. Arrive presque aussitôt un troisième canot, intercepté par les gardes-côtes portugais de Frontex. Tous iront rejoindre le camp de Moria.

Et, un jour prochain, ils seront à Paris ou ailleurs chez nous…À quoi sert l’Union européenne ? À peupler le continent.

Le 7 octobre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Dans la rubrique « les Français sont des veaux »…

24 Sep

Voici le résultat d’un récent sondage d’opinion Odoxa-CGI pour France Inter, L’Express et la presse régionale, publié aujourd’hui mardi 24 septembre 2019. Tenez-vous bien, avec 36% de bonnes opinions, Emmanuel Macron se maintient au même niveau qu’au mois de juin 2019 où il avait engrangé six points en un mois.

L’an dernier, à la même époque, le chef de l’État était à 29% de bonnes opinions, avant de tomber à 27% début décembre, au plus fort du mouvement des « Gilets jaunes« , son plus bas niveau du quinquennat. Mais un mouvement qui, manifestement, est en train de péricliter après son efficace récupération par le pouvoir.

Et même si des nuances sont à apporter, en fonction de l’échiquier politique. Ainsi, s’il fait la quasi-unanimité parmi les sympathisants LREM, avec 98% de bonnes opinions (quelle surprise !), le président de la République laisse les proches du PS assez partagés : ils sont 58% à avoir une mauvaise appréciation de lui (ce qui signifie tout de même qu’ils sont 42% à avoir une bonne opinion…). Près des deux-tiers des sympathisants LR (62%) estiment qu’il ne fait pas un bon président (et donc, 38% pensent le contraire !). Une idée partagée par les deux-tiers des sympathisants EELV (67%). La mauvaise image du président est très marquée chez les Insoumis, qui le rejettent à 78%. Le rejet est massif chez les sympathisants RN avec 90% de mauvaises opinions (OUF !).

De son côté, Edouard Philippe voit sa côte de popularité progresser légèrement en septembre. Le Premier ministre recueille 38% de bonnes opinions, en hausse d’un point par rapport au mois de juin. Il est à son plus haut niveau depuis le mois de juin 2018. Il pointait à l’époque à 40% de bonnes opinions, avant de tomber à 35% trois mois plus tard. S’il enchante sans surprise la quasi-totalité des sympathisants LREM avec 92% de bonnes opinions, il laisse également les proches du PS et de LR assez partagés. Les sympathisants LR ne sont que 52% à avoir une mauvaise opinion du chef du gouvernement (et là encore cela signifie que 48% des sympathisants LR ont une bonne opinion d’Edouard Philippe. Comment voulez-vous que la situation s’améliore dans notre pays avec de tels veaux ?). Du côté des sympathisants socialistes, ce rejet n’est partagé que par 55% d’entre eux. Edouard Philippe cristallise également les trois quarts des sympathisants LFI contre lui (76%). Et près de neufs RN sur dix (88%) expriment leur rejet.

Nicolas Sarkozy s’impose comme la personnalité politique préférée des Français avec l’adhésion de 30% des personnes interrogées (ce qui prouve que nombreux sont encore nos compatriotes qui n’ont pas pris la mesure des calamités que nous devons à Sarkozy : le traité de Lisbonne, la guerre en Libye ou la départementalisation de Mayotte pour ne parler que de celles-là).  Il devance le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves le Drian, qui récolte le soutien ou la sympathie de 29% des Français. Avec 28%, Marine Le Pen ferme le trio de tête de ces personnalités politiques.

Pour les sympathisants de droite, hors RN, Nicolas Sarkozy distance largement le reste de la classe politique. 78% d’entre eux ont de la sympathie ou disent le soutenir. Xavier Bertrand engrange lui 54% de bonnes opinions à droite. Il devance Valérie Pécresse avec 46% d’adhésion des électeurs de droite. Prouvant ainsi, s’il en était besoin, que de plus en plus de Français sont incapables aujourd’hui de faire la différence entre la droite et la gauche. Ils sont « macronisés« .

Première personnalité de gauche du palmarès, Ségolène Royal se classe cinquième avec 26% de côte d’adhésion des Français. Rivale de Nicolas Sarkozy lors de la présidentielle de 2007, elle est désormais la numéro un dans le cœur du peuple de gauche, avec 49% de bonnes opinions chez cet électorat. Elle gagne 14 points par rapport au moins de juin, passant devant Jean-Luc Mélenchon qui convainc 46% des électeurs de gauche interrogés.

Jean-Yves Le Drian, Yannick Jadot et Xavier Bertrand complètent les cinq premières places des préférences des Français se disant de gauche. Le président des Hauts-de-France gagne même 11 points depuis juin dans le cœur de ces sympathisants (la preuve de ce que nous relevions plus haut). À noter dans ce classement, la présence de Bernard Cazeneuve. L’ancien Premier ministre récolte 26% de sympathie ou de soutien des électeurs de gauche et entre directement à la sixième place. Il atteint également 21% de côte d’adhésion de l’ensemble des Français et se hisse directement à la septième place.

Cette enquête Odoxa-CGI pour France Inter, L’Express et la presse régionale a été réalisée par internet les 18 et 19 septembre, sur un échantillon de 1 005 Français représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Remarque subsidiaire : comme lors de chaque sondage d’opinion…nous n’avons pas été interrogés !

Le 24 septembre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

La future nouvelle Commission européenne est annoncée.

11 Sep

Et nous avons encore bien du souci à nous faire…

La nouvelle Présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, n’était certes pas le premier choix des chefs d’État et de gouvernement (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/07/03/prebendes-de-lunion-europeenne-grandes-magouilles-et-petits-arrangements-saison-2/), mais elle s’affirme aujourd’hui avec une équipe plus politique que d’habitude ; dotée pour la première fois de la sempiternelle parité femmes-hommes (respectivement 13 et 14).

Premier signe de cette autorité, la présidente, issue des Conservateurs allemands, sera épaulée de deux vice-présidents de poids, le néerlandais Frans Timmermans, ancien chef de file socialiste aux élections européennes, et la danoise Margrethe Vestager, une libérale, l’un des rares poids lourds de l’équipe sortante, connue pour avoir inspiré la série Borgen, mais surtout pour ses poursuites contre les géants du numérique. Le premier sera chargé du climat, la seconde de la technologie, deux enjeux majeurs.

D’autres nominations renforcent l’influence de cette Commission, soutenue par les trois principales familles politiques du continent (cette liste ne comporte pas de commissaire britannique, car le Royaume-Uni doit, théoriquement, quitter l’UE le 31 octobre) :

  • Le Néerlandais Frans Timmermans chargé du climat, une priorité de la nouvelle commission ;
  • La Danoise Margrethe Vestager reste commissaire européenne à la concurrence ;
  • La Française Sylvie Goulard (ex-MoDem devenue LRM) sera commissaire au marché intérieur, chargée de l’industrie de la défense ;
  • Le Letton Valdis Dombrovskis sera commissaire pour les services financiers. Il assurera la coordination des travaux sur l’économie au service des personnes, détaille le communiqué de la commission ;
  • L’Espagnol Josep Borrell Fontelles est chargé du portefeuille « Une Europe plus forte sur la scène internationale », la bonne blague de la présidente ;
  • Le Slovaque Maros Sefcovic est chargé des relations interinstitutionnelles et de la prospective ;
  • La Tchèque Vera Jourova est chargée des valeurs et de la transparence ;
  • La Croate Dubravka Suica est chargée de la démocratie et de la démographie ;
  • Le Grec Margaritis Schinas est chargé de la protection de notre mode de vie européen (vous apprécierez le choix des mots ! Il va avoir du pain sur la planche…s’il veut vraiment nous protéger des effets néfastes de l’immigration);
  • L’Autrichien Johannes Hahn est chargé du budget et de l’administration ;
  • L’Irlandais Phil Hogan est nommé commissaire européen au commerce ;
  • Le Belge Didier Reynders s’est vu confier la justice ;
  • La Bulgare Mariya Gabriel hérite de l’innovation et de la jeunesse ;
  • Le Luxembourgeois Nicolas Schmit est chargé de l’emploi ;
  • L’Italien Paolo Gentiloni (du Parti démocrate – anti-Salvini -) est chargé de l’économie ;
  • Le Polonais Janusz Wojciechowski est chargé de l’agriculture ;
  • La Portugaise Elisa Ferreira est chargée de la cohésion et des réformes ;
  • Le Hongrois Laszlo Trocsanyi prendra en charge le portefeuille voisinage et élargissement ;
  • La Chypriote Stella Kyriakides est chargée de la santé ;
  • La Roumaine Rovana Plumb prendra en charge le portefeuille des transports ;
  • La Maltaise Helena Dalli est chargée de l’égalité ;
  • La Suédoise Ylva Johansson aura la responsabilité du portefeuille des affaires intérieures (mais quand on voit l’état catastrophique de son pays face à l’immigration…) ;
  • Le Slovène Janez Lenarcic se verra confier le portefeuille de la gestion des crises ;
  • La Finlandaise Jutta Urpilainen est responsable des partenariats internationaux ;
  • L’Estonienne Kadri Simson est chargée de l’énergie ;
  • Le Lituanien Virginijus Sinkevicius est chargé de l’environnement et des océans.

On nous demande de prendre en considération le fait que Sylvie Goulard, nommée mardi commissaire européenne pour le marché intérieur, a obtenu « un portefeuille économique essentiel et central dans la stratégie promue » par la présidente de la Commission Ursula Von der Leyen et par Emmanuel Macron « en faveur d’une véritable souveraineté européenne », a commenté l’Elysée. C’est la rhubarbe en échange du séné envoyé par E. Macron pour favoriser la nomination de la présidente de la Commission !

La nomination de celle qui fut une éphémère ministre française de la défense en 2017 devra être validée par le Parlement européen. Mme Goulard est en effet soupçonnée d’être impliquée dans l’affaire des emplois fictifs des assistants des eurodéputés MoDem, un parti centriste qu’elle a depuis quitté. Elle a d’ailleurs été entendue mardi matin dans le cadre de cette enquête sous le régime de l’audition libre par les policiers de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF).

Insistons enfin sur la surprise, venue d’Italie : on attendait un Commissaire nommé par le leader de la Ligue, Matteo Salvini, mais le changement de majorité à Rome a permis celle de Paolo Gentiloni, un ancien premier ministre issu du Parti démocrate, très pro-européen. Nous l’avions d’ailleurs prévu (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/08/19/matteo-renzi-son-gout-a-geometrie-variable-pour-la-democratie-nous-etonnera-toujours/).

La feuille de route de cette Commission est longue mais peu convaincante. Sans oublier le Brexit censé intervenir le jour-même de l’entrée en fonction de la nouvelle Commission, le 1er novembre…Mais son principal défi sera d’inspirer confiance aux Européens (pas à nous bien sûr), un sentiment qui a disparu depuis longtemps dans les affaires européennes et la désespérance de ses citoyens.

Les Britanniques ont raison, du moins beaucoup d’entre eux, de vouloir mettre rapidement un terme à cette union aussi loufoque que nuisible.

Le 11 septembre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Nouveau et dernier Billet d’Argolide.

19 Juil

Après deux semaines passées dans le beau pays d’Aristote, de Platon, d’Hippocrate, d’Euripide, de Sophocle, d’Eschyle mais aussi d’Alexandre-le-Grand et de Périclès…pour ne citer qu’eux. Après avoir annoncé puis goûté la fin du pouvoir calamiteux de la gauche radicale, parvenue au pouvoir dans des conditions extravagantes, en 2015, nous avons observé et écouté nombre de ses habitants. Mais nous avons aussi tenté de discerner les effets, sur la population, du grand bouleversement politique, intervenu le 7 juillet dernier avec l’arrivée au pouvoir d’un nouveau gouvernement de droite à Athènes. 

Eh bien, sachez que le naturel revient au galop.

Combines variées, petits arrangements entre amis, économie souterraine, sans oublier quelques discrets trafics. Bref, bien des travers qui furent à l’origine de la quasi-faillite de la Grèce après la crise de 2008 (qui ne firent pourtant que mettre en lumière un état désastreux ancien et jamais véritablement réformé, jusqu’à l’effondrement de 2015), sont de nouveau réunis comme si rien (ou si peu) n’avait changé…

Or, comme chacun devrait s’en souvenir, LES MÊMES CAUSES PRODUISENT GENERALEMENT LES MÊMES EFFETS.

C’est pour cette raison que, même si nous formons des voeux pour que le nouveau gouvernement parvienne à mettre en oeuvre ses projets, nous redoutons que de graves difficultés économiques réapparaissent. Ce qui nous rend légitimement inquiets quant aux prochaines relations entre la Grèce et ses créanciers, en particulier l’Union européenne que le pays aurait dû quitter il y a quatre ans, ainsi que nous le lui avions vivement conseillé (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/07/11/crise-economique-grecque-le-cer-avait-encore-raison/).

Il est probable que nous n’aurons pas à attendre très longtemps avant d’être entendus.

Le 19 juillet 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Nouveau Billet d’Argolide (10).

18 Juil

Blason des seigneurs d’Argolide de la maison de Brienne

Nous rappelions, il y a peu, que les hordes migrantes continuent d’envahir la Grèce, en provenance de Turquie, dans le silence le plus assourdissant de nos médias officiels (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/07/16/nouveau-billet-dargolide-8/). Ce qui permet de donner l’illusion d’une importante diminution de la pression migratoire sur le continent européen en la concentrant sur la route maritime de la Méditerranée centrale, en provenance de la Libye.

En voici un nouvel exemple particulièrement démonstratif.

Depuis la rive turque, l’Evros – qu’on appelle Meriç en Turquie – a l’air bien placide, surtout en été. Le fleuve coule tranquillement : on a l’impression de pouvoir franchir aisément les quelques 100 ou 150 mètres de sa largeur, au besoin à la nage. Il ne faut pas s’y fier. « C’est vrai que le fleuve est particulièrement dangereux en hiver », prévient un paysan du village voisin de Tatarköy, « mais même en ce moment où l’on a pied, le courant reste très fort. Même si vous avez de l’eau jusqu’à la taille seulement, le fleuve peut vous emporter facilement, surtout si vous n’êtes pas bon nageur. D’ailleurs, les migrants préfèrent plutôt passer en bateau. »

Durant les six premiers mois de l’année dernière, l’Evros a quasiment fait jeu égal avec les îles grecques comme point d’entrée le plus emprunté par les migrants voulant entrer en Europe. Selon les chiffres du Haut Commissariat aux Réfugiés de l’ONU, 8210 personnes étaient ainsi entrées en Grèce par-là en 2018 ; elles sont 4590 a avoir suivi le même chemin depuis le début de l’année 2019. Et il ne s’agit là que des personnes enregistrées auprès du HCR.

Sur la rive turque du fleuve, l’armée patrouille en permanence. la zone est « militarisée » ; il est normalement interdit d’y faire la moindre photo, mais ces patrouilles, si elles arrêtent de temps à autre quelque groupe plus visible que les autres, ne tarissent nullement le flux des passages. D’ailleurs, le veulent-elles vraiment ?

« C’est surtout la nuit qu’ils passent« , témoigne Özcan, qui termine ses foins près de Tatarköy. « Ils arrivent en voiture, par petit groupes, parfois 10 personnes, parfois 20… Ils gonflent des petits bateaux pneumatiques et ils traversent là-dessus. En fait quand on les voit dans le village, ce n’est pas quand ils traversent vers la Grèce, c’est au retour : quand ils ont été refoulés par les Grecs et qu’ils se retrouvent ici. Là ils viennent au village pour essayer de trouver à manger.« 

Un bateau pneumatique abandonné sur les bords de l'Evros.
Un bateau pneumatique abandonné sur les bords de l’Evros. © AFP / Konstantinos Tsakalidis / SOOC

Ces expulsions de migrants vers la Turquie se sont multipliées depuis un an. Le gouvernement grec dément qu’elles aient jamais été organisées mais la situation des rives de l’Evros ne rentre pas dans l’accord qui régit la limitation de la migration depuis la Turquie vers les îles grecques, lequel prévoit un retour organisé des déboutés du droit d’asile. Sur l’Evros, les expulsions de migrants vers la Turquie se font en dehors de tout cadre.

Reste que le passage de l’Evros – dans un sens ou dans l’autre – n’est pas sans risque. Du côté grec du fleuve, le docteur Pavlos Pavlidis, professeur de médecine légale à l’hôpital universitaire d’Alexandroupolis, recueille depuis 2000 les dépouilles de ceux qui n’y sont pas parvenus : la plupart se sont noyés ; la seconde cause de mortalité c’est l’hypothermie : ils traversent à la nage, avec tous leurs vêtements sur eux…Une fois parvenus sur la berge ils cherchent un coin pour se reposer et en général ils s’endorment. Et, parce que les températures la nuit peuvent descendre très bas en hiver, ils finissent par y mourir, d’hypothermie.

Jusqu’en 2008, la rive grecque de l’Evros était également minée, souvenir des années de crise entre Athènes et Ankara. Selon le décompte de Pavlos Pavlidis, au moins 49 personnes ont également été tuées par ces mines anti-personnel ; en tout, la morgue d’Alexandroupolis a vu passer quelques 450 corps, ou ce qu’il en reste.  » En tout, si l’on compte les disparus, dont les familles nous préviennent qu’ils n’ont plus donné signe de vie depuis leur tentative de passage de l’Evros, on doit pouvoir compter entre 1500 et 2000 personnes qui sont mortes en essayant de passer l’Evros en vingt ans. »

L’identification de ces centaines de disparus n’est pas simple et constitue l’essentiel du travail du docteur Pavlidis. Dans son bureau, il conserve dans de petits sacs en plastique les effets personnels qui peuvent y aider ; certains migrants avaient sur eux quelques documents d’identités, pour d’autres c’est un téléphone, un bijou, une gourmette, une bague qui peuvent éventuellement donner une indication. « Nous prélevons systématiquement l’ADN sur tous les corps ;  c’est la seule manière certaine de les identifier à terme : quand une famille nous contacte pour tenter de retrouver l’un de ses membres, on fait un second prélèvement chez elle et on compare. »

Faute d’identification complète, les légistes peuvent parfois déterminer le pays de provenance de la personne, ou sa religion. Les musulmans, originaires du Moyen-Orient, du Maghreb ou d’Asie et qui ont fini leurs jours sur l’Evros sont inhumés en terre musulmane. En l’occurrence sur une petite colline près du village de Sidiro. Rien, à part une vague clôture, ne distingue l’endroit du reste de la campagne méditerranéenne environnante :  garrigue et chêne-liège. Quelques petits monticules envahis par les ronces signalent chacun une tombe : au moins une quarantaine de dépouilles anonymes ont été enterrées là, selon l’imam du village.

Entendez-vous parler de cette route migratoire dans l’un ou l’autre de nos médias ? Avez-vous lu quelque part le moindre reportage sur cette lente et sournoise invasion invisible ?
Tous s’en gardent bien pour, surtout, ne pas faire de vague pendant que l’ex-président de l’Assemblée nationale et maintenant ex-ministre de la transition écologique et SOLIDAIRE, se goinfrait avec sa famille et ses amis de homards, de champagne et de vins fins aux frais des contribuables français.

Ce n’est pas Bizance, ce sont les écuries d’Augias.

Le 18 juillet 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.