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La France doit être réparatrice de l’Histoire ! et non souffler sur les braises au bénéfice des Etats-unis.

2 Juin

MERCREDI 31 MAI 2017

La venue de Poutine à Versailles doit être pour la France l’occasion d’innover enfin une véritable politique étrangère.

Philippe Arnon. Consultant. Docteur en droit

La venue de Poutine à Versailles doit être, pour la France, l’occasion d’innover enfin une véritable politique étrangère. Or, assurer, comme l’a fait le Président Macron, que les discussions avec le chef du Kremlin seront « sans concessions » est franchement une aberration tout simplement parce que cela signifie qu’il n’y a pas, de la part de notre pays, de volonté de jouer le rôle qui lui revient sur le plan international mais celle de se cantonner dans le rôle d’enfant obéissant de l’OTAN, comme il l’a été jusque-là.

La France doit, partout dans le monde, assumer le rôle fondamental de décrispation. Or, les crispations, ce n’est pas ce qui manque et ce qui va manquer demain, sachant l’hurluberlu qui dirige les États-Unis, lui qui voit le monde uniquement comme un marché. La décrispation, elle doit commencer chez nous en Europe. La France doit faire tout son possible pour que Poutine ne soit plus obsédé par son rêve de grandeur. Mais elle doit aussi taper du poing sur la table vis-à-vis de l’Ukraine : le problème fondamental vient en grande partie de ce pays qui a voulu imposer la langue ukrainienne du côté de Doniets. Notons que, sur le plan de la corruption, il se situe au 131 e rang mondial… comme la Russie, d’ailleurs. Il faut arrêter de dénigrer les Russes. Notre rôle doit absolument consister à faire que les liens entre eux et les pays de l’Est se détendent. Les Estoniens, par exemple, ont tout à gagner à « faire copains » : jusque-là, ils vendaient du lait, du fromage, de la viande de porc aux Russes. Combien de millions de dollars ont-ils perdus suite aux sanctions ? Et qu’ont donc apporté les sanctions ? Crisper encore plus les crispations !

Nous devons retirer des pays baltes nos troupes, qui seraient rapidement débordées si la Russie décidait d’attaquer.

D’après un stratège russe, il ne faudrait que 48 heures à la Russie pour occuper l’ensemble des pays baltes. Notre présence est donc une opération suicide en puissance, en plus d’être une opération nourrissant la crispation. La France doit aller jusqu’à créer dans l’esprit des pays de l’Est et de la Russie un espace Schengen en les incitant à créer le maximum de relations, commerciales, culturelles, linguistiques… Il n’est pas possible de croire que les tensions vont ainsi continuer ad vitam aeternam. Là est notre rôle. Nous avons bien fini, nous, par l’assumer avec l’Allemagne après tant d’années et d’années de haine. En un mot, la France doit être réparatrice de l’Histoire.

Angela Merkel a pu juger, lors du G7 en Sicile, le niveau d’intelligence et, donc, la dangerosité de Trump. Maligne comme elle est, elle n’a pas hésité à se positionner comme chef de file de l’Europe, en affirmant clairement ce qui désormais nous différenciait des États-Unis. Il ne faut pas laisser l’Allemagne s’assigner un nouveau rôle diplomatique. Chaque fois, cela a fini par une catastrophe. S’il faut porter haut, sur le plan mondial, le rôle de l’Europe, c’est à la France de le faire, surtout pas à l’Allemagne, trop brutale, comme l’a montré l’Histoire. Et, là encore, notre rôle de décrispation est fondamental.

Nous avons tous un ennemi commun : c’est, bien sûr, l’islamisme, et là, les Russes sont indispensables. Ils doivent être nos partenaires. Mais, bien sûr, décrispation ne signifie pas génuflexion.

NB IMPORTANT. Dans le post ci-dessus, les trois derniers paragraphes voient leurs dernières lignes amputées et nous n’avons pas réussi à remettre le texte en entier.Avec notre demande d’excuses, Nous vous prions de bien vouloir les trouver ci-dessous dans la partie « commentaire » dans leur état initial.

Un putsch sans soldats, par le général Henri Roure.

1 Juin

Le général Roure entre en résistance

L’élection présidentielle, qui a amené M. Macron à la présidence, est le fruit vénéneux d’un déni de démocratie. Il s’agit d’une spoliation, résultat d’un rejet masqué de l’idéal démocratique. La manipulation vient de loin. Elle est probablement la forme la plus élaborée du coup d’État car elle ne refuse pas le principe des élections sur lequel repose l’expression de la volonté populaire, mais, sciemment – j’allais écrire scientifiquement – elle pervertit, oriente, sculpte l’opinion publique. Elle repose sur l’énorme puissance d’un système qui a l’ambition de s’imposer au monde, à commencer par ce que nous appelons, aujourd’hui, improprement, l’Occident. Ses moyens sont, à l’évidence, considérables.

Nous sommes confrontés à un monstre que certains ont baptisé l’internationalisme financier, ou l’ultra libéralisme, mais qui, en tout état de cause, est intimement lié à la puissance étatsunienne. Il s’agit de l’avatar le plus ingénieux de l’impérialisme étatsunien relayé par son allié fidèle l’Union Européenne.
La vraie démocratie est trop dangereuse pour la finance internationale, car elle peut amener au pouvoir des personnes véritablement choisies par le peuple avec des idées aussi saugrenues que la défense des intérêts nationaux, la patrie, la protection sociale, la morale, l’éducation et la culture, le service public ou encore l’État de droit. Ce risque ne peut être accepté quand il s’agit de globaliser ou plus exactement d’américaniser et de subordonner les peuples au puissant réseau politico-bancaire piloté par Washington. Il est donc nécessaire de tendre vers une pensée unique.

Difficile cependant de s’affranchir des élections… Dès lors il faut les truquer à l’aide de la désinformation aboutissant à la manipulation de l’opinion publique ; c’est tellement plus simple et moins risqué puisque le système est propriétaire des médias et des instituts de sondage et peut s’appuyer sur quelques dirigeants, intellectuels ou bobos, bien placés et convaincus. Il ne faut pas s’étonner, ainsi, de l’assassinat politique de François Fillon, dont le programme trop judicieux et national pouvait éloigner la France de cette subordination. L’astuce fut de l’accuser de ce que l’immense majorité des parlementaires fait, en toute légalité, mais qui, pour lui, fut présenté, dans un acharnement médiatique sans limite, comme de la corruption. Aucun journaliste ne s’éleva pour regarder les faits avec objectivité. Et pour cause, tous dépendent du système…

Aude Lancelin, ancienne rédactrice en chef adjointe de l’Obs le dit clairement: « l’ensemble des médias est sous la coupe du CAC 40 ». En association avec eux quelques juges haineux trop liés à un pouvoir désireux de se survivre à lui même et intimement impliqué dans le réseau. La suite se présentait d’évidence. Face à un éclatement consommé des partis traditionnels, résultat de primaires inspirées de la vision étatsunienne de la sélection des candidats et inadaptées à la culture politique française, un inconnu, issu directement du milieu bancaire, et présentant l’image de la nouveauté, pu être propulsé dans le pseudo débat. Le système, alors, n’a même pas cherché à se dissimuler sous les atours d’une apparente objectivité. Les médias aux ordres n’eurent qu’à relayer l’habituelle hystérie anti Front National en utilisant tous les vieux procédés passant de l’association d’images aux citations hors contexte et à l’insinuation. Il fallait faire « barrage » sans que quiconque sache vraiment pourquoi, ou, plus justement, de crainte que le constat devienne trop clair que ce parti avait récupéré les idées gaullistes, imprudemment abandonnées par la droite classique.

Le matraquage, cette fois, fit l’éloge du néophyte et, toute honte bue, ceux qui auraient dû rester neutres ou au moins discrets, affirmèrent péremptoirement qu’il fallait voter pour lui. Preuve suprême de cet internationalisme bien loin d’être prolétarien, l’étatsunien Obama apporta bruyamment son soutien, Merkel de même et l’inénarrable Junker donna sa contribution. Des étrangers intervenaient dans une élection française! Personne n’y vit un scandale… Dans un panorama politique trafiqué et disloqué, le banquier fut élu. Il le fut avec les voix d’électeurs qui, par opposition, viscérale et entretenue, à l’autre candidat, celui de la négation absolue de ce système, se sont piégés. Comment faire désormais pour se séparer de celui qu’ils ont, de fait, contribué fortement à porter à la magistrature suprême?

Ajoutons que l’opération était tellement bien montée que le nouveau président a été élu alors que l’immense majorité du corps électoral lui était, sinon hostile, du moins opposée. Qui le dit ? Regardons les chiffres sous un angle particulier. La participation a été de 74,56% soit 25% d’abstentions. Il y a eu 66% de suffrages exprimés, c’est à dire 34% de nuls ou blancs. Si, à ce chiffre, nous ajoutons les 34% qui ont voté Le Pen, nous constatons que 68% des personnes qui se sont déplacées jusqu’aux urnes n’ont pas voté pour Macron. Dans cette élection nombreux sont ceux qui se sont abstenus par hostilité aux finalistes. En minorant leur nombre parmi les non-votants, nous pouvons les estimer à 6 ou 7%. Ce qui fait un total intermédiaire voisin de 75% qui ont refusé Macron. Si nous ajoutons à ce dernier chiffre ceux qui ont voté Macron par opposition à le Pen, mais pas par adhésion à ses idées, nous aboutissons, probablement, à 85% du corps électoral qui ne soutient pas le nouvel « élu »…

Le nouveau président est peut être légal aux termes de la Constitution, mais illégitime au regard de la morale politique. Au bilan, Macron est un usurpateur. En réalité, la démocratie française d’aujourd’hui n’est qu’une dictature qui se déguise. Elle est devenue le pire des régimes comme tous les autres. J’ose espérer que personne parmi ces profiteurs, qui vont suivre Macron, ne proférera la moindre critique sur la façon dont nos amis africains voient la démocratie…
Je ne suis donc pas en opposition mais en résistance, tout en sachant que le combat sera long et difficile. Je débute ma marche…

Général Henri Roure
Secrétaire national pour les questions de défense au CNIP (Centre National des Indépendants et Paysans)

source: http://arretsurinfo.ch/un-putsch-sans-soldats-par-le-general-henri-roure/

En savoir plus sur http://reseauinternational.net/un-putsch-sans-soldats-par-le-general-henri-roure/#TYOvZrgzqFLuQ0kE.99

Entendu à Berlin…et ailleurs.

22 Déc

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 » Merkel, dégage ! « *

 » Ce n’est pas le doute mais la certitude qui rend fou. »
Angela Merkel illustre parfaitement la citation de Nietzsche…Les Allemands commencent à s’en apercevoir.

Le 22 décembre 2016.

* Lire https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/12/09/bulletin-climatique-quotidien-9-decembre-2016-de-la-republique-francaise/

Billet d’humeur du sieur Du Plessis : « Wir schaffen das ! »

21 Déc

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« Wir schaffen das !» (« Nous y arriverons »)

Etait le cri de guerre d’Angela Merkel à l’automne 2015 lorsqu’elle enjoignait tous les pays d’Europe à ouvrir largement leurs frontières aux hordes barbares qui se ruaient sur notre continent. Hélas, tous ceux qui se sont pliés à ses injonctions l’ont payé fort cher. Les pays situés sur la désormais célèbre  » Route des Balkans  » les premiers mais ce fut ensuite le tour des pays du nord, de la France jusqu’à la Scandinavie. Et voilà que l’Allemagne elle-même doit subir les violences et les crimes des terroristes islamistes. » Merci « , disions-nous après l’attentat de Berlin : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/12/20/merci/ .  » Longtemps, on a cru naïvement qu’on pourrait y échapper, qu’on pourrait continuer à vivre dans l’insouciance. Mais, après Paris, Bruxelles, Nice, il était clair qu’un jour ce serait notre tour « , soupirait une Berlinoise sur les décombres du marché de Noël. Ajoutant en guise de conclusion :   » Quand même, on ne peut s’empêcher de penser que ces attaques sont arrivées en même temps que les réfugiés… « 

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La route des Balkans

La générosité allemande à l’égard des migrants fut démente : 6 milliards d’euros débloqués par le gouvernement d’Angela Merkel pour nuire à 510 millions d’Européens ! Soit près de 60 % des dépenses supplémentaires prévues initialement dans le budget fédéral de 2016. Ajoutons-y la construction de 150.000 hébergements permettant de passer l’hiver et près de 300.000 logements qui seront construits par les communes. Ces dernières bénéficiant d’un financement privilégié par la banque publique KfW, banque dont le refinancement est garanti par l’Etat fédéral. Angela Merkel a sans l’ombre d’un doute prouvé qu’elle était prête à mettre le prix de l’accueil des réfugiés.

Mais pourquoi une telle générosité ? D’abord, parce que c’était une attente de l’opinion publique allemande. Nos voisins d’outre Rhin sont donc aussi responsables que leurs dirigeants de ce qui leur arrive aujourd’hui. Ce n’est pas le cas de la plupart des Français.

Et Angela Merkel, comme à son habitude, a suivi ce mouvement spontané de sa population. C’est, chez elle, une stratégie courante. En 2011, elle avait ainsi réagi à l’explosion de Fukushima en engageant une sortie rapide de son pays du nucléaire, faisant ainsi oublier qu’en octobre 2010, elle avait fait adopter une loi pour prolonger la durée de vie des réacteurs nucléaires. Mais c’est aussi une décision dont les Allemands commencent à se mordre les doigts car trop rapide et trop brutale, menées sans réflexion ni concertation suffisantes.

Dans le cas des réfugiés, l’attitude d’Angela Merkel a donc été la même. Et l’on a pu alors voir soudain la presse allemande la plus conservatrice, celle qui se laissait aller volontiers à la xénophobie, appeler au soutien aux réfugiés dès la publication du photomontage appelé  » noyade du petit Eylan « . Le mouvement d’opinion s’est alors amplifié et Angela Merkel s’est montrée parfaitement en phase avec lui.

Pour Angela Merkel, cette politique était aussi une opportunité en termes de politique européenne. D’abord, en prenant le contre-pied de la plupart des dirigeants européens, elle apparaissait comme le défenseur des réfugiés sur le Vieux continent. Les photos de la chancelière brandie par les réfugiés l’ont prouvé. Ceci lui permettait, une nouvelle fois, de donner le ton en Europe. Son obsession. Mais, hélas, dans sa foulée, d’autres dirigeants se sont lancés dans des démonstrations d’ouverture aux réfugiés.

Par ailleurs, l’occasion était trop belle pour la chancelière de redorer le blason de son pays. L’Allemagne apparaissant désormais comme un modèle d’ouverture, de générosité et de solidarité. C’est un changement total d’image par rapport à celle qu’elle a donnée, d’égoïsme et de dureté, dans la crise grecque. C’est aussi une manière de faire oublier que l’Allemagne ne participe pas aux actions militaires sur le terrain et a toujours refusé d’y participer, laissant les autres se confronter aux difficultés des théâtres d’opération extérieure.

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Au final, il ne restera que cette image de l’accueil enthousiaste des réfugiés à Munich, tranchant singulièrement avec le refus hongrois, les tergiversations françaises et l’hostilité britannique. Lundi 7 septembre 2015, Angela Merkel pouvait affirmer que « ceux qui ont aidé ont transmis une image de l’Allemagne dont nous pouvons être fiers. » Là encore, l’Allemagne, en gagnant la bataille de la communication, se mettait en position de force pour imposer SA solution pour l’accueil des migrants. Ils sont aujourd’hui de plus en plus nombreux à le regretter !

A ces considérations politiques s’est ajouté, évidemment, un élément économique. La situation démographique allemande est alarmante et le pays a besoin d’habitants comme il a besoin de main d’oeuvre, disait Angela Merkel. La reprise de la consommation allemande, si elle est réelle, demeure faible au regard de la situation de l’emploi et des augmentations de salaires consenties. L’Allemagne a clairement besoin d’un apport massif de population jeune et prompte à consommer. Ce million et demi de migrants lui est apparue, naïvement, comme une bénédiction pour l’économie allemande.

Le plan décidé par le gouvernement fédéral a donc suivi les demandes du patronat allemand et permis de faciliter l’accès des migrants au marché du travail en partant du principe que tous avaient une sérieuse formation professionnelle. Hélas, ce beau rêve s’est écroulé lorsque les agences pour l’emploi ont réalisé que ces migrants n’étaient, pour la plupart, sans culture, sans éducation et sans formation…

Mais qu’à cela ne tienne, Angela Merkel est, depuis longtemps, favorable à une politique d’immigration plus active pour préparer l’avenir, car la crise démographique ne commencera réellement qu’en 2025. Cette crise pourrait permettre de favoriser une plus grande ouverture qui deviendra nécessaire.

Il convient aussi de ne pas oublier l’ambiguïté de la situation politique d’Angela Merkel. Fondamentalement, depuis 2005, la chancelière mène une politique d’équilibriste en recentrant la CDU, son parti, tout en maintenant dans son giron l’aile la plus conservatrice de la droite allemande. Toute la politique européenne de l’Allemagne traduit ce jeu subtil qui est exacerbé par l’émergence d’Alternative für Deutschland (AfD), parti ouvertement eurosceptique. Ce numéro se poursuit encore aujourd’hui.

Le résultat de ces illusions, de ces manigances et de ces petits arrangements entre germains apparaît hélas aujourd’hui catastrophique. Non seulement l’AfD ne cesse de progresser dans les élections régionales allemandes (avant les prochaines législatives de septembre 2017) mais la multiplication des violences sur les femmes et les nombreux attentats perpétrés sur tout le territoire allemand mais aussi dans d’autres pays européens (déjà plusieurs milliers de victimes) ont montré autant l’aveuglement que les fautes stratégiques de la chancelière allemande.

L’Allemagne vient de le payer très cher à Berlin. Quant à la France, elle n’a pas encore fini d’en subir les conséquences sauf à cesser d’être le caniche de la chancelière !

Le 21 décembre 2016.

Du Plessis

Merci ! Angela pour votre politique pro-migrants.

20 Déc

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Le Conseil dans l’Espérance du Roi tient à rendre hommage aux vertus humanitaires autant qu’à la clairvoyance de la chancelière d’Allemagne, Angela Merkel, dont nous pouvons apprécier depuis plus d’un an les bienfaits dans les différents pays d’Europe.

Le 20 décembre 2016.

Attentat de Berlin du 19 septembre 2016. La monarchie et la lutte contre le terrorisme.

20 Déc


padama10Face à l’horreur qui se répète…

Mardi, 20 Décembre 2016 12:06 | Écrit par Jean-Philippe

Le temps de Noël est ordinairement un temps de joie et de partage, mais le voilà aujourd’hui endeuillé par l’attentat survenu à Berlin et visant, explicitement, l’un des symboles même de notre civilisation : de la chaleur d’une étable et d’une famille aimante est née une certaine manière d’aborder le monde et ses périls, plutôt fondée sur l’amour et le don que sur ce que notre société de consommation en a fait désormais, entre envie et gaspillage.

La photo de ce grand sapin décoré couché près du camion dévastateur marquera peut-être les esprits et les couvertures de la presse saignent aujourd’hui de titres affligés et horrifiés. Au café, les habitués du matin soupirent, résignés « en attendant le prochain » : une nouvelle habitude, mâtinée de mépris et, presque, d’indifférence devant l’horreur à répétition, est en train de s’installer, signe révélateur d’une ambiance désormais pleine de plomb, de cendres et de larmes

Il y aura encore des milliers de bougies allumées qui, sans forcément qu’on le sache, nous rattachent à une tradition ancienne et d’origine fort peu laïque ; il y aura ces dessins d’enfants en mémoire du petit camarade, d’un frère ou d’une mère, de toutes ces victimes venues fêter Noël et reparties sur un brancard ou, pire, dans un linceul ; il y aura ces discours émus et un peu fatigués des ministres et des diplomates, ces hommages venus de partout ; il y aura surtout ce chagrin qui, désormais, minera des familles entières…

Pourtant, au-delà du deuil, il faudra bien poser la question politique de la résistance des Etats et des sociétés face aux poussées d’un fanatisme qui se nourrit aussi des vices de cette société de consommation qui croit vider le Ciel et les esprits en remplissant les poches et en gavant les estomacs. Le souvenir des années trente est souvent évoqué, mais il est rarement étudié et compris, et Cassandre est toujours, hier comme aujourd’hui, moquée et parfois diffamée…

Face à la terreur nouvelle portée par les fanatiques contemporains et qui nous frappe ainsi que nos voisins (hier les Belges, aujourd’hui les Allemands), sans doute faut-il renforcer la puissance de l’Etat, non pour seulement surveiller ou punir, mais pour prévenir et agir contre les causes mêmes de l’horreur : cela nécessite aussi, pour notre pays, un Etat qui soit « mémoire et durée », et qui dispose de ce temps long qui permette de soigner cette maladie qui, elle, ne suit pas le calendrier électoral…

http://nouvelle-chouannerie.com/index.php?option=com_content&view=article&id=1362%3Aface-a-lhorreur-qui-se-repete&catid=50%3A2016&Itemid=61

 

L’Allemagne a beaucoup à se faire pardonner, mais il ne faudrait pas tomber d’un excès dans l’autre.

8 Mar
Allemagne222

le Figaro . 29 février 2016.

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