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Lu sur Médias – Presse – Info :  » Macron : quel royalisme ? « 

8 Août

Sous la plume de Patrick Malvezin, cette intéressante (et même pertinente dans sa conclusion) analyse des récents propos de notre ministre socialiste de l’Economie qui proclamait il y a quelques semaines : « Il manque un roi à la France !« 

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Les réactions aux propos « royalistes » du ministre de l’économie, il y aura bientôt un mois, n’ont pas été moins surprenantes que les propos eux-mêmes.

L’affaire aurait pu être énorme : que le ministre le plus important du gouvernement Valls, jeune, modernissime, sorti d’une brillante carrière bancaire, et conseillé favori du moi-président, fasse sienne une analyse qu’un monarchiste ne renierait pas, aurait dû provoquer un concert d’indignations primaires, et en contrepoint, des interrogations.

Un vulgaire ministre socialiste aurait été sommé par son parti de s’expliquer, de démentir, et de s’excuser, avant d’être expulsé du gouvernement, lequel a décrété que toute mise en question des valeurs républicaines dans leur absolue pureté idéologique contradictoire, engendre ipso-facto l’exclusion de la communauté politique nationale, et s’identifie quasiment au terrorisme et au nazisme. Toute évocation positive d’un élément (et quel élément !) de l’Ancien régime n’entre-t-il pas dans cette catégorie ?

La « vraie gauche » révolutionnaire intégriste ne pouvait que crier à la trahison si éminemment avouée.
A droite, les républicains auto-proclamés se devaient d’exploiter l’incartade tout en s’en démarquant nécessairement.
Le nouveau FN, obsédé de donner des gages et d’expulser de son sein tout ombre réactionnaire, devait faire la même chose.
Les royalistes résiduels patentés auraient enfin pu s’en étonner, voire même s’en servir et s’en réjouir.

Rien de tout cela : aucune Mélenchonade, quelques commentaires de journalistes agacés, moqueurs. D’autres ont relativisé ce qui, selon eux, n’était au fond qu’un petit passage au sein de l’évocation d’une formation philosophique personnelle tellement plus intéressante, puis plus rien. Sidération ? silence gêné ou conspiration du même effet ?

Deux questions s’imposent à nous : pourquoi ce rapide refoulement généralisé ? et en amont, pourquoi ces propos ? Au vu du personnage, l’hypothèse, de l’inconscience ou de la naïveté est invraisemblable.
La seule chance d’espérer des réponses nous semble être dans l’exploration du propos lui-même : d’abord ce qui nous y apparaît le plus sûr, puis le plus douteux, et enfin le plus absent.

Dans la première catégorie se trouve l’affirmation de l’absence du roi, depuis sa mise à mort, forme de « l’incomplétude démocratique » en France. Cette considération a évidemment été comprise de travers par les jacobins obtus et ringards, comme un nouvel avatar d’une nostalgie française qu’ils démentent triomphalement par de grossiers sondages, reflets de la propagande avalée par les masses depuis l’école. Le coupable n’a pourtant pas dit que « le peuple regrette » mais que « le peuple français n’a pas voulu » cette mort, ce qui, si on ne réduit pas ce peuple à la populace sans culotte parisienne surexcitée, est une pure évidence historique.

En réalité ce constat d’absence est plus systémique, et si Emmanuel Macron, comme il le dit, s’est autrefois spécialisé en philosophie politique et s’est particulièrement nourri au réalisme aristotélicien, il ne peut ignorer que, considérant dans La Politique les gouvernements des cités réelles, Aristote constate que les meilleurs d’entre eux, du point de vue du Bien commun, sont ceux qui mixent les « trois espèces de Constitutions » plus exactement nommées dans l’Ethique à Nicomaque : Royauté, Aristocratie, et République, laquelle est le gouvernement des citoyens libres et égaux devant la loi. Cela, dans les proportions qui conviennent selon l’état de la cité dirigée. Si la meilleure Constitution est la première des trois « le Roi (…) n’ayant besoin de rien de plus qu’il n’a, n’aura pas en vue ses propres intérêts », sa déviation, la Tyrannie, est naturellement la pire, devant l’Oligarchie pour l’Aristocratie, et devant la Démocratie qui « n’est qu’une légère déviation de la forme du gouvernement républicain » (Aristote parle ici d’une Démocratie réelle et non de l’imitation que nous en connaissons qui masque le plus souvent une oligarchie et, au besoin, une tyrannie). La mixité des trois formes, si elle respecte les réalités de la cité concernée, lui apporte, dans les proportions qui lui conviennent les qualités des trois, en la préservant de leurs déviations. Via saint Thomas d’Aquin, cette conception se retrouvera dans notre Ancien Régime. Le fringant ministre ne s’aventure pourtant pas si loin, se contentant de revenir à des réflexions moins explicites, prolongeant celles de Paul Ricoeur dont il fut l’assistant, sur la « demande permanente de délibération » horizontale et le défaut de « rapports plus verticaux nécessaires à la décision », sans en tirer de conclusion.

Mais l’absence majeure dans son analyse, est le mode de désignation du Roi manquant. Notre ministre philosophe ne s’y risque pas. Ce serait fatalement s’installer dans un royalisme quasi maurrassien qui ne lui conviendrait pas au teint. En évoquant pourtant les « moments napoléonien et gaulliste », tentatives pour « réinvestir ce vide », il souligne implicitement leur échec à le faire durablement, et par là même, celui de toutes les autres tentatives et postures présidentielles. Par conséquent, l’hypothèse dynastique qu’il n’évoque pas, est incontournable pour assurer l’indépendance royale dans la décision, qui, selon Aristote, engendre sa supériorité politique. La solution du monarque officiellement potiche à l’anglaise n’est bien sûr pas évoquée, ne répondant pas au problème posé.

Supposer, comme certains l’ont fait, qu’en soulignant le déficit de verticalité il voudrait seulement justifier, au service de l’oligarchie, un autoritarisme gouvernemental et le mépris de la bureaucratie européenne pour le consentement populaire, ou imaginer une manoeuvre machiavélique tarabiscotée pour pointer la faiblesse du moi-président-normal qui l’a pourtant fait ministre, dans l’objectif de le remplacer par lui-même ou par Manuel Valls, ne nous semble pas à la mesure de la réflexion amorcée. L’idée qu’il se verrait roi, équivaut à le prendre pour l’imbécile qu’il n’est pas.

Conjecturer enfin, dans un complotisme extrême, qu’il veut nous préparer un roi du monde et du peuple élu, illuminati siégeant bientôt à Jérusalem, nous semble manquer quelque peu de fondements indubitables.

La possibilité d’un retour occasionnel à une réflexion sincère quoiqu’incomplète, ne nous paraît donc pas à écarter, en dépit du décalage de celle-ci avec les activités et les décisions politiques et bancaires de son auteur. Notre virtuose du paradoxe socialiste libéral, se donnerait ici, dans un mépris aristocratique souverain et légèrement décadent, le privilège de ses propres contradictions, et le droit d’un moment mesuré de vraie philosophie politique publique, en dépit des interdits idéologiques auxquels il aurait l’arrogance, dans sa situation, de ne pas se sentir soumis.
La stupeur muette, face à cette brèche majeure qu’on ne saurait voir dans le front bas républicain, lui donnerait raison.
Il y aurait donc là une pensée insolente de la nécessité royale, insuffisante et imparfaite, mais précieusement bienfaisante pour les esprits, dans ces temps d’obscurantisme démocratique, tant en politique, ce qui semble impossible peut néanmoins être nécessaire.

Patrick Malvezin.

Patrick de VILLENOISY:  » JE DIS DONC A LA NOBLESSE QU’ELLE DOIT SE LEVER »

5 Juil

Le dernier bulletin de l’ ANF ( Asssociation de la Noblesse Française)  a  diffusé en  mars 2011- un rappel à la Noblesse de France sur sa raison d’être par Patrick de VILLENOISY, secrétaire aux relations publiques de l’ALLIANCE ROYALE. et membre du Conseil dans l’Espérance  du Roi

Le sujet n’est pas nouveau car la question de savoir qui nous sommes, ce que nous représentons a été traitée depuis longtemps dans le bulletin trimestriel mais jamais je n’ai été satisfait des réponses apportées.

Certes, je lis dans ces contributions d’excellentes choses auxquelles j’adhère mais je n’y trouve pas ce qui caractérise vraiment la raison d’être de la noblesse.

Partons si vous le voulez bien de la définition de l’ANF que l’on trouve en particulier dans le document du général du Verdier : un ensemble de personnes, organisées en famille, se transmettant en ligne agnatique (de mâle à mâle), par le sang et en légitime mariage, une qualité reconnue par un pouvoir souverain.

La définition elle même n’est pas si mauvaise, c’est l’exégèse qui en est faite qui ne va pas au bout des choses.

Le général a raison de dire que le noble revendiquant sa qualité sait « … » que sa présence dans le monde n’est ni absurde et qu’il a un destin.

Que l’avenir de la noblesse est de continuer à proposer une référence et un exemple à une société qui n’a plus de sens et qui en cherche un.

Que celui qui se reconnaît comme noble est préparé à construire sa vie en prenant en compte les trois composants du temps, passé, présent et avenir.

Que la noblesse propose un antidote à ce modernisme qui est vengeance contre le passé.

Que l’appartenance à une famille noble prépare à servir et à se dévouer (Cela me fait d’ailleurs penser à cette réponse d’un de nos pairs à un journaliste qui lui demandait : mais qu’est-ce qui différencie un noble d’un citoyen qui ne le serait pas ?

Réponse : Aux uns on enseigne leurs droits, aux autres on apprend leurs devoirs.

Encore et comme le dit Monsieur Patrick Clarke de Dromantin dans le bulletin suivant, qu’à la brièveté décevante d’une vie d’homme, la noblesse oppose la longue continuité familiale, une continuité qui paraît défier le temps. Un noble affronte la mort et croit y échapper en soumettant l’individu qui n’est qu’un passager à une race dont la durée est indéfinie…

Tout cela est exact et important et plus encore quand le général dit que la noblesse, et au moins celle qui se trouve à l’ANF, demande à ses membres une allégeance publique au christianisme. Elle ne marginalise pas la religion en la réduisant à la foi personnelle. Elle conserve le lien entre croyance et comportement social.

Là, nous nous rapprochons de choses essentielles. Mais pour aller au bout du sujet il faut en passer par la case définition et distinguer trois mots : élite, aristocratie et enfin noblesse.

Je vais sans doute en décevoir quelques-uns avec la définition du dernier mot.

Qu’est-ce que l’élite ?

Le mot élite peut se placer derrière toutes les activités humaines : on est un médecin d’élite, un ouvrier d’élite etc… Cela veut dire que dans cette activité on est le meilleur ou parmi les meilleurs.

Qu’est-ce que l’aristocratie ?

L’origine Grec du mot se traduit par : gouvernement par les meilleurs.

D’où cela vient-il ? Cela vient d’une querelle entre les apôtres : les apôtres se querellant se tournent vers le Christ et lui disent : Seigneur, quel est le premier d’entre nous ? Le Christ leur répond : que celui qui sera le premier d’entre vous se fasse le serviteur des autres. Le Christ posait par cette réponse les principes de l’aristocratie. L’aristocrate a reçu de Dieu un don qu’il a le devoir de mettre au service des autres et ce don est celui de la politique au sens le plus noble du terme : c’est le don de s’intéresser à l’organisation de la cité et à la raison d’être le l’homme politique : le bien commun.

Qu’est-ce que la noblesse ?

La noblesse est l’institutionnalisation du principe aristocratique. La noblesse est donc un phénomène purement juridique. Nous sommes nobles parce que nous pouvons nous rattacher à un acte recognitif plus ou moins ancien. Mais la raison d’être est que la société pour pérenniser et reconnaître ce don d’aristocratie a institué une noblesse. On comprend donc qu’en soit, la noblesse n’est rien. Chacun d’entre nous a le devoir d’actualiser à chaque génération la qualité aristocratique qui est le fondement de la noblesse sans laquelle actualisation nous ne sommes plus rien. Nous perdons notre raison d’être. Henri de la Tour d’Auvergne Bouillon, Vicomte de Turenne noblesse d’épée, René Descartes noblesse de robe

Je rejoins donc le général quand il dit qu’il préfère une noblesse d’apparence qui fait sienne les idéaux de la vraie noblesse sauf qu’à la place de noblesse il faudrait employer le mot aristocratie au sens où je l’emploie car il existe des aristocrates qui ne sont pas nobles juridiquement parlant.

La conscience collective de la noblesse a été épurée, décantée par les tribulations : oui, c’est vrai et nous pouvons maintenant mieux que jamais prendre conscience de l’essence de ce que nous sommes, de notre raison d’être fondamentale qui est d’être une élite du pouvoir, nous ne sommes même que cela, c’est notre raison d’être profonde.

Etre un conservatoire des bonnes manières est sans doute important et nous pouvons être un exemple dans ce domaine, être de bons chrétiens est sans doute essentiel et nous pouvons là aussi être des exemples mais tout cela et quelques autres raisons ne sont pas l’apanage de la noblesse, ces qualités sont aussi celles de la grande bourgeoisie et si nous les cultivons au plus haut degré, elles restent secondaires à côté de notre raison d’être.

La vocation de la noblesse est de venir au secours d’un monde qui a perdu le nord en contestant ses dérives.

Oui, mais comment et pour quoi faire ?

Il faut que j’aille au bout du raisonnement au stade où nous en sommes. Il y a une seule phrase importante qui ait été prononcée en politique et qui doit gouverner l’action de la noblesse. Cette phrase a été prononcée par le Christ : « tout royaume divisé contre lui-même se perdra »

En application de la parabole des talents, nous avons le devoir de mettre au service de notre pays ce don que nous avons reçu et qui nous prédispose à nous occuper de l’organisation de la cité. Nous en serons même individuellement comptables au jugement dernier.

Le Christ dit bien tout Royaume. Pour Lui, il n’y a pas d’autre forme politique possible.

Il parle aussi de division. La révolution Française a introduit la division dans notre société. C’est en cela que réside le plus grand mal.

En renversant l’ordre établi pour contester les fondements mêmes de cet ordre, c’est-à-dire les valeurs traditionnelles de notre civilisation : la famille, la propriété privée et les communautés naturelles, la patrie, la religion, etc… En un mot tout ce qui concoure au bien commun et qu’en général la révolution a renversé pour ne les remplacer par rien ou plutôt par des systèmes qui introduisent le désordre dans ce qui était les fondements de l’ordre établi lui même. Ce travers que l’on rencontre souvent chez des gens instruits et intelligents voir chez certaines personnes exceptionnelles, mais on ne peut admettre que l’homme exceptionnel fasse la guerre à la règle – au lieu de comprendre que c’est le maintien de la règle qui conditionne l’exception… C’est précisément parce qu’il est l’exception qu’il doit prendre la règle sous sa protection. C’est une des tares du monde moderne que de prétendre faire un usage de ce qui ne peut être qu’une exception, et, en voulant généraliser ce qui est au-dessus de la règle, de tomber au-dessous de la règle.

La noblesse conserve le lien entre croyance et comportement social dit le général et il a raison mais j’ajoute surtout le lien entre croyance et sa raison d’être politique.

Un noble qui ne soutient pas le roi a pour moi perdu sa raison d’être. Tout simplement parce que la France est un pays qui a reçu du ciel une vocation particulière. Le pape nous l’a rappelé en apostrophant notre pays : France, fille aînée de l’Eglise, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ?

Pourquoi cette question ? Parce que tout se tient, le roi de France, nous le savons depuis que Jeanne d’Arc nous l’a rappelé, c’est le Christ lui-même. Si vous rattachez cela au rôle principal de la noblesse et à la phrase du Christ en politique, vous comprenez que nous ne pouvons être fidèles à notre don aristocratique qu’en soutenant la royauté sociale de notre Seigneur et sa royauté réelle sur la France.

Depuis la révolution Française, nous vivons sous le règne de la division et si vous analysez les grands problèmes de société qui préoccupent la France et le monde, vous verrez qu’à l’aune de cette division tout s’explique. Le seul mot de parti ne contient-il pas intrinsèquement le mot division.

L’ANF ne fait pas de politique et je pense qu’elle doit rester dans cette position. Mais si notre association veut remplir la principale partie de sa mission qui est d’éclairer ses membres sur ce qu’ils sont, si l’ANF veut appliquer la principale charité qu’elle leur doit, c’est-à-dire la charité de la vérité, si elle veut voir venir vers elle de nouveaux membres et en particulier les jeunes qui sont à l’âge des grands enthousiasmes, si elle veut enthousiasmer les jeunes de 7 à 77 ans, il faut absolument qu’elle explique ce qu’est et d’où vient la noblesse, sa mission, sa raison d’être.

Nous sommes peu nombreux, mais nous sommes la jeunesse du monde car l’homme n’est homme que par un petit nombre d’hommes et si nous voulons préparer le terrain de la reconquête, nous devons être l’exemple qui entrainera nos concitoyens dont nous aurons besoin pour opérer et soutenir l’œuvre incessante de transformation, de non répétition qui détache l’homme du non homme.

Depuis la création de l’ANF, il n’y avait pas le recul suffisant pour poser les bonnes analyses mais nous ne pouvons pas continuer de soutenir cet état de droit auquel tiennent tant les bonnes consciences de gauche comme de droite.

C’est un totalitarisme moderne.

En effet, cet état de droit procède d’une tradition largement dominée par le rationalisme. Cette tradition a donné la plus importante (en quantité et en nuisance) école juridique pour le XXème siècle français : le positivisme. En gros, la thèse de ces doctrinaires qui se veulent sans doctrine, c’est que la loi est une pure convention pour permettre la vie en société et qu’elle n’a aucun fondement dans la nature humaine ou dans la morale. Cette thèse est incompatible avec la pensée catholique pour laquelle la loi est une traduction adaptée aux circonstances particulières, du droit éternel : de la loi divine et de la loi naturelle.

Je pense souvent à cette phrase d’Abel Bonnard (1883-1968) :                                                                               Si, depuis le milieu du dernier siècle, les modérés, et parmi eux un certain nombre de nobles, ont résisté plus ou moins sourdement à la restauration de la royauté, c’est qu’ils craignaient en elle une possibilité d’organisation sociale, au lieu que le libéralisme ne leur a été si cher que parce qu’en leur assurant la possession de leurs avantages sans y mettre de condition, il laissait épars, dans un état d’impuissance et de nullité, tous ceux, employés ou ouvriers, qu’ils redoutaient de voir réunis. Ce qui plaît à une telle classe, ce qui lui convient, ce qui lui sourit, ce n’est pas une monarchie avec des principes, c’est une anarchie avec des gendarmes.

Je dis donc à la noblesse qu’elle doit se lever et que le temps n’est plus des petits remèdes confortables et raisonnables. Il ne s’agit pas de jouir mais de conquérir. Vous ne pouvez plus refuser de prendre parti ; il n’y aura plus de position de repli où les dilettantes puissent mettre à l’abri leur lâcheté. Ou bien vous serez des matérialistes cyniques, ou bien vous serez les soldats du Christ.

Le général du Verdier écrivait au début de son entretien : « ceux d’entre eux qui restent attachés à leurs origines conceptualisent plus que leurs grands parents la notion de noblesse ». Je pense avoir donné les armes qui permettront à beaucoup de conceptualiser et comprendre ce que Dieu attend de nous. Nous sommes les maillons d’une chaine.

Il faut être fidèle à ce conseil de famille dont parlait Jean de La Varende :

« Les portraits, il faut s’en méfier : ils sont bien plus vivants qu’on ne l’imagine. Ce n’est pas parce qu’ils sont encadrés qu’ils sont sans pouvoir. C’est un conseil de famille permanent. Il faut en porter, à la fois, et l’honneur et le poids ».

La question d’André Charlier était : « Que faut-il dire aux hommes ? »

Voici celle que je pose à mes pairs :

En ces premières années du XXIème siècle, les nobles sont-ils encore, sont-ils toujours aristocrates ?

Patrick de Villenoisy