Tag Archives: Armée Française

La Boutière n’y croit guère. « Des haut-gradés de l’armée française fantasment-ils sur un coup d’Etat ? »

8 Juin

Notre société.

Une revue militaire, « Revue de l’Arsenal » *, appelle les membres de l’armée française à faire un coup d’Etat, rapporte sur son blog Jean-Dominique Merchet.

Un putsch peut-il avoir lieu dans l’armée ? C’est ce que laisse entendre la « Revue de l’Arsenal », publication militaire d’extrême droite, qui appelle des haut-gradés de l’armée française à lancer un coup d’État en France. « Jean-Dominique Merchet – journaliste spécialisé dans les questions de défense – évoque cette information sur son blog dans un billet intitulé, « Cette extrême-droite qui fantasme sur un coup d’Etat militaire ».

Le journaliste y explique qu' »un groupe royaliste qui se revendique du Printemps français appelle à un coup de force de la part d’officiers catholiques« . En cause, les manifestations contre le mariage pour tous qui ont porté le mécontentement des milieux d’extrême droite catholique traditionalistes, relayé par ces militaires.

L’affaire est suivie de près par le ministère de la Défense. « Ce n’est pas l’appel au putsch qui est jugé préoccupant, mais le fait que plusieurs officiers généraux catholiques de renom soient, pour l’occasion, présentés comme les fers de lance d’un combat contre « le cabinet franc-maçon » du ministre Jean-Yves Le Drian », indique Le Monde (édition abonnés) qui cite Benoît Puga, chef d’état-major particulier du président de la République François Hollande, Pierre de Villiers, major général des armées, et Bruno Dary, ancien gouverneur militaire de Paris qui a quitté ses fonctions actives depuis un an.

« Il y a une sorte de crispation d’une minorité »

Dans une interview à La Dépêche du Midi, Jean-Dominique Merchet indique que les militaires « qui ne sont pas dans cette mouvance me félicitent d’avoir écrit un article, mais ceux qui sont dans la mouvance du Printemps français me font la gueule. Il y a 250 000 militaires dans le pays, mais le « Lys Noir » est une infinie minorité qui cherche à avoir un impact sur les autres, car elle est très présente« . « Faut-il s’en inquiéter ? », s’interroge le journaliste. « Il y a un an, j’aurai dit c’est délirant, mais il y a une sorte de crispation d’une minorité dans l’institution militaire en France ».

« Il faut que nous soyons vigilants, estime de son côté un officiel de la Défense interrogé par Le Monde. La cristallisation autour du mariage gay a libéré certains comportements et paroles, cela peut avoir des incidences sur de jeunes officiers pour qui défendre la « grande armée » contre les socialo-communistes francs-maçons est un combat. »

http://lci.tf1.fr/france/societe/des-haut-grades-de-l-armee-francaise-fantasment-ils-sur-un-coup-8005339.html

     Au moment où ce  genre de nouvelles  peine à faire le  buzz, rappelons  cet axiome  tant de  fois  vérifié : «  La République  gouverne mal mais se défend  bien ».

Publicités

À l’occasion de la Biennale blanche…François Romain, CJA, Conseiller aux Armées du Conseil dans l’Espérance du Roi communique.

24 Oct

Voici un communiqué du Conseiller aux Armées du CER :

armee-francaise191

 

A l’heure où la France s’apprête une nouvelle fois à vendre du matériel militaire à des ennemis potentiels (voir Arabie Saoudite) et où mon homologue ripoublicain, M. Le Drian, demeure à son poste de Ministre de la Défense tout en courant pour le fauteuil de Président de la Région Bretagne, ce qui est pour le moins irrespectueux de sa fonction ministérielle, le Conseil dans l’Espérance du Roi continue, à son rythme et dans la perspectives d’un retour sur son trône de Sa Majesté Très Chrétienne, de préparer et de suivre un certain nombre de dossiers ayant trait à la Défense de notre beau pays et à la Défense de ses intérêts.

Comme vous avez pu le voir en consultant notre site, nous avons attentivement suivi l’affaire des Mistral perdants dont il est à craindre non seulement qu’ils ne soient jamais payés – sinon par les contribuables français – mais qu’en cas de crise grave, ils puissent être revendus ou prêtés à la Russie, surtout depuis la décision de l’Egypte de les doter d’hélicoptères russes, mettant fin à l’espoir de la France de placer des NH90 navalisés.

Nous suivons également de près l’avènement de la nouvelle arme laser, pour l’instant maîtrisée seulement par les américains – et dans une moindre mesure par les allemands – dont la prolifération lorsqu’elle sera miniaturisée risquerait de renforcer non seulement les mouvements de guérilla mais également l’ensemble des organisations terroristes.

Nous avons par ailleurs fortement dénoncé la politique de ceux qui prétendent actuellement gouverner la France en ce qui concerne le port de l’uniforme hors des enceintes militaires par les membres des forces armées, d’active, de réserve ou honoraire, qui fait qu’actuellement un ravivage de la flamme à l’Arc de triomphe – duquel il sera toujours trop tard d’éliminer les noms des auteurs du génocide vendéen, le premier de l’histoire de l’humanité – ressemble à la réunion de jeunes boy scouts devant se mettre en uniforme sous l’arc avant de repartir de nouveau en civil… Ce qui est loin d’être honorable pour les participants.

N’étant pas omniscients, comme au cours de la dernière Biennale, nous vous demandons de bien vouloir prendre contact avec nous dès lors que vous auriez des compétences en matière de Défense et de matériels y afférant, de manière à être en mesure de pouvoir approfondir toujours mieux ce difficile dossier et de le préparer pour le Roi.

Le 23/10/2015

CC(r) François Romain, CJA, Conseiller aux Armées du Conseil dans l’Espérance du Roi

Image

Présence française du Sahel au Moyen-Orient

15 Jan

Carte Sahel120

L’armée française en position contre Daech au Levant . Et en France?

21 Déc
daech

Le Figaro. 10 octobre 2014. P. 11

 

Il y a URGENCE…

21 Mar

...à lire et à faire lire le courrier du colonel Michel Goya*, publié dans le journal Le Monde de ce jour. Mais aussi à nous entendre.

Le Conseil dans l’Espérance du Roi se dresse, depuis de nombreux mois, contre les menaces de plus en plus graves des pouvoirs publics à l’égard de nos forces armées. Ces menaces résultent de la convergence entre l’utopie socialiste traditionnellement hostile aux armées (que ses promoteurs sont pourtant bien contents de trouver lorsqu’ils en ont besoin ou se sentent menacés) et la situation économique catastrophique dans laquelle se trouve désormais notre pays. Mais nous sommes convaincus que toute action visant à diminuer nos capacités de défense ne résoudrait aucun de nos problèmes économiques alors qu’elle nous exposerait à de graves périls. Tant sur les théâtres extérieurs qu’au sein même de notre pays. Cette politique à courte vue, caractéristique des hommes de gauche, serait à coup sûr un crime contre la France. Comme ils en ont déjà commis dans notre histoire.
Les propos du colonel Goya, que vous trouverez ci-dessous, viennent fort à propos appuyer notre vision de la situation.

« Notre outil militaire est en faillite »

Des blindés de l'armée française à Gao (Mali), le 10 février 2013.

 (Des blindés de l’armée française à Gao -Mali- le 10 février 2013 / Sylvain Cherkaoui.)

 » L’armée de terre dispose de trois fois moins de régiments, de six fois moins de chars de bataille et de pièces d’artillerie, de deux fois moins d’hélicoptères qu’en 1990. Son contrat d’objectif a glissé de Livre blanc en Livre blanc pour se rapprocher des 20 000 hommes projetés. Idem pour l’arméede l’air, dont les composantes de transport et de ravitaillement en vol sont à bout. Malgré la professionnalisation et près de 200 milliards d’euros d’investissement matériel, nous en sommes revenus aux mêmes capacités d’engagement qu’en 1990 pour un potentiel bien moindre. Certes, quand on regarde nos troupes engagées au Mali, on aperçoit des matériels nouveaux, mais en nombre restreint, au milieu d’images qui rappellent celles de la guerre du Golfe de 1991.

Ainsi, les investissements réalisés depuis la fin de la guerre froide ont été insuffisants pour endiguer une perte des capacités. En économie, lorsque les financements nouveaux ne permettent pas d’augmenter la valeur des actifs, on parle de régime de « cavalerie », résultat d’une phase d’optimisme sans vision à long terme.

En France, cette phase, survenue dès 1990, a eu pour nom « dividendes de la paix ». Ces « dividendes » avaient pour objet de  participer au rétablissement des finances, avec cet immense avantage que l’effort était demandé au seul ministère dont la majorité du personnel est non syndiquée. Le budget de la défense est passé de 36 milliards à 29 milliards d’euros de 1991 à 2002, avant de se stabiliser à 32 milliards hors pensions.

GESTION À COURTE VUE

Cette ponction n’a pas empêché le quadruplement de la dette publique durant la même période. Par son caractère brutal, elle a en revanche placé l’outil de défense dans une situation de tension qui a évolué en crise rampante. On aurait pu s’interroger sur la pertinence d’acquérir ces équipements de haute technologie prévus pour un affrontement bref et paroxysmique sur le sol européen alors que tout indiquait qu’il s’agirait désormais de combattre au loin et longtemps des organisations non étatiques. Cela n’a pas été le cas. On s’est donc retrouvé avec la nécessité de financer avec moins de ressources de nouvelles générations d’équipements au coût d’acquisition et de possession en moyenne quatre fois supérieur à ceux qu’ils remplaçaient.

La gestion à court terme de cette contradiction par réduction et ralentissement des commandes n’a fait qu’aggraver le problème financier en faisant exploser les coûts unitaires et en obligeant à maintenir des matériels anciens dont les coûts d’entretien se sont accrus. A cette gestion à courte vue des programmes industriels se sont ajoutés les coûts imprévus de la professionnalisation et de l’accroissement des opérations extérieures. Les difficultés budgétaires n’ont donc pas cessé, alors que le taux de disponibilité des équipements majeurs diminuait.

L’incapacité à résorber cette « bosse budgétaire » a conduit à ponctionner le budget de fonctionnement par une réduction drastique des effectifs. Celle-ci a certes permis de financer environ 3 % de la loi de programmation mais au prix d’une rationalisation organisationnelle qui a introduit une plus grande rigidité et fragilité des structures de soutien.

Après plus de vingt ans de restriction budgétaire, les armées ne se sont pas encore remises de la ponction brutale des années 1990. On ne peut qu’imaginer les conséquences catastrophiques d’une nouvelle réduction du même ordre sur des capacités opérationnelles au point de rupture mais aussi sur des pans entiers du troisième secteur industriel français. Ne nous leurrons pas, cette faillite budgétaire se doublera d’une crise morale dont on peut percevoir déjà certains signes mais dont on ne peut prédire les manifestations. »

* Michel Goya (Colonel, directeur d’études à l’Institut de recherche stratégique de l’Ecole militaire)

Le 21 mars 2013.
Conseil dans l’Espérance du Roi.

L’armée française peut-elle encore « Faire face »* ?

19 Oct

Le Conseil dans l’Espérance du Roi a déjà eu l’occasion, à plusieurs reprises, de souligner les dangers d’une diminution des moyens humains autant que financiers de nos armées. Il s’est tout particulièrement dressé contre cette situation dans son Consilium – Consulte n° 2012/007 du 11 octobre dernier, proclamant la Patrie en danger. A la prétendue main de fer dans un gant de velours de l’oligarchie au pouvoir, le Conseil dans l’Espérance du Roi préfère la main de velours gantée de fer de Jeanne d’Arc.

Il verse aujourd’hui, à l’appui de sa réflexion, l’entretien qu’a accordé le général Clément-Bollée, commandant des forces terrestres, au quotidien La Voix du Nord (les passages concernant l’état de nos armées ont été surlignés).

Le général Clément-Bollée est le nouveau commandant de la force terrestre (CFT), basée à Lille au quartier Kléber (740 personnes) et chargée de préparer les soldats à partir en opérations. Un poste-clé qui permet à l’ancien légionnaire d’avoir un oeil aiguisé sur le retrait d’Afghanistan, la baisse des effectifs et le futur de la Défense…

– Comment le CFT s’est-il adapté à l’accélération du retrait des forces françaises en Afghanistan­ ?

« ­Il y a un an, il fallait être en Kapisa, en Surobi, agir et combattre aux côtés des Afghans. Aujourd’hui, nous ne sommes plus en Surobi, nous sommes en train de quitter la Kapisa, en appui de la brigade afghane qui a pris totalement le combat à son compte. Je lisais un rapport où l’armée afghane a mené une opération de A à Z. Et puis, selon les engagements du président de la République, nous devons nous désengager. Dans une boucle de réaction très courte, la préparation et nos besoins ont complètement changé. Le bataillon de logistique devient la force essentielle. Il s’agit de le faire en bon ordre, tout en ayant l’impérieux devoir de garantir la sécurité de cette affaire. Nous aurons 1 400 hommes au 1er janvier 2013 et l’effort logistique sera terminé à l’été 2013. ­»

– Quitter un pays semble constituer un mission complexe…

«­ C’est une affaire difficile et délicate. Je vous donne un exemple avec le désengagement d’un VAB (véhicule de l’avant blindé) de Tagab. Il faut organiser un convoi sécurisé jusqu’à Kaboul et c’est une manœuvre en tant que telle. On le place ensuite dans une zone de stockage à l’aéroport et selon les vecteurs aériens, il faut assurer le flux du matériel. La manœuvre logistique est d’une complexité phénoménale, d’où la nécessité de travailler l’anticipation. C’est le résultat de la préparation réalisée en amont à Mourmelon et organisée par le CFT.­ »

– Après l’Afghanistan, quel est l’avenir de votre commandement ­?

« ­Il faut transformer l’essai afghan. Ce théâtre a tiré vers le haut l’armée de Terre, vers des standards inégalés. Nous allons tirer les plus-values pour travailler sur ce que sera la guerre de demain. Elle sera fatalement littorale et urbaine, passer de la mer à la terre et dans les villes. ­»

– À part s’il faut intervenir au Niger ou au Mali…

«­Je lis les déclaration de nos responsables. Notre souci serait probablement de fournir des capacités pour la formation d’armées africaines, les unités de la Cédéao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest) avant leur intervention ou l’armée malienne… ­»

–      Comment jugez-vous la baisse des effectifs des armées­ ?

«­ Nous atteignons un seuil. Pour la première fois de l’histoire, nous sommes moins de 100 000 dans l’armée de Terre. Nous sommes conscients des réalités économiques et il est légitime que nous participions à l’effort national. Mais attention au seuil qui est peut-être un étiage. A Falloujah (Irak, 2004), 45 000 marines américains sont intervenus pour une ville de 300 000 habitants. Vous multipliez par deux et vous avez le format de l’armée française. Après Fukushima, l’armée de Terre japonaise a déployé ses 100 000 hommes comme nous le ferions en cas de catastrophe sur notre sol. Alors, je dis « attention à ce qu’on fait ». ­»

– Alertez-vous les hommes politiques de cet étiage­ ?

«­ J’ai été entendu par la commission du Sénat ­; je vais présenter nos capacités à Patricia Adam (présidente de la commission de la défense nationale et des forces armées à l’Assemblée nationale). L’armée de Terre est un couteau suisse mais certaines fonctions sont au niveau minimum comme le NBC (nucléaire, biologique, chimique) où nous n’avons qu’un régiment. On reste sur la cohérence ou on se tourne vers des abandons capacitaires. Tout dépend de l’ambition nationale. ­»

– Le budget du CFT est-il menacé ­?

« ­Il est sanctuarisé pour 2012 à 120 M€. À ce prix, j’entraîne pour un an 88 000 hommes et femmes des forces terrestres. L’armée de Terre représente 44 % des effectifs de la Défense et 29 % de la masse salariale. Alors quand on nous accuse d’être des gros consommateurs un peu irresponsables, je trouve ça un peu fort de café. Nous avons le souci de l’optimisation et de la rationalisation des coûts. ­»

– On évoque aussi des mutualisations avec des armées étrangères…

«­ Plus que la mutualisation par abandons, nous préférons le partage capacitaire. Ce sera une des clés. Si on a besoin d’évacuer des ressortissants de Monrovia ou Abidjan et que ce sont les Anglais qui aient gardé les parachutistes, ça peut être un problème. (le mot est faible DB) L’Allemagne entre dans le programme du LRU (lance-roquettes unitaire). Nous avons décidé de partager l’école de formation voire un centre de simulation comme pour les hélicoptères. Notre école de parachutistes à Pau pourrait faire de même. Nous partageons le drone «­ watchkeeper ­» avec les Anglais. Faut-il deux régiments ou un binational ­? Ça peut être une approche pour le futur.­ »

– Qu’attendez-vous du nouveau livre blanc de la Défense et de la Sécurité ­?

« ­Un rapport du Sénat juge notre périmètre «­ tout juste insuffisant ­», la formule est intéressante. Nous avons un format qui répond aux engagements mais avec des endroits à la limite du hors-jeu (vivement l’hélicoptère NH90, nos Pumas sont épuisés). Pour le livre blanc, dirigé par Jean-Marie Guéhénno, nous sommes assez sereins car il est mené par des gens responsables, conscients de la qualité de l’outil militaire français. Nous souhaitons que les choses soient arbitrées objectivement pour répondre à la question­: c’est quoi la France­ ? ­»

Propos recueillis par Olivier Berger. La Voix du Nord.

Le 19 octobre 2012.

Pour le Conseil dans l’Espérance du Roi, Mars Conseiller aux Armées.

*  Faire face : Devise de Gorges Guynemer, devenue celle de l’Ecole de l’air.