Tag Archives: Banque centrale européenne

Billet d’Argolide. Economie « à la grecque », comme une tragédie de Sophocle.

28 Juin

69868441

 

Vous connaissez les paramètres économiques des négociations actuelles entre la Grèce et ses créanciers (Union européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international), nous n’y reviendrons donc pas dans ce court billet. D’autant que ce à quoi nous assistons ces jours-ci a été prévu et annoncé de longue date par le Conseil dans l’Espérance du Roi, malgré les dénégations et les simagrées des différents protagonistes de cette douloureuse et terrible affaire.

En revanche vous ne lirez nulle part que sur notre blogue la vision que nous pouvons en avoir depuis que nous séjournons dans le beau pays des Dieux de l’Olympe.

Après l’échec des discussions de Bruxelles et de Francfort, le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a donc annoncé dans la nuit de vendredi à samedi la prochaine tenue (dimanche 5 juillet) d’un référendum (dont le principe a été accepté par le parlement à une majorité supérieure à celle dont dispose le gouvernement) par lequel les citoyens grecs diront s’ils acceptent ou non l’ultimatum des créanciers à leur pays. Entendez qu’ils diront s’ils tiennent à perpétuer leur adhésion à l’Union européenne et à sa monnaie unique en passant sous leurs fourches caudines ou s’il souhaitent le saut dans l’inconnu que représenterait le fait d’y renoncer.

N’en doutez pas, tous les Grecs (bien mieux informés de tout cela que le sont d’ailleurs les Français de la situation réelle de notre pays) sont parfaitement conscients de l’enjeu et le vivent aujourd’hui « à la grecque« , c’est-à-dire comme une tragédie de Sophocle.

epidaure

Théâtre d’Epidaure

Ils balancent entre une colère violente à l’égard de l’Union européenne et des critiques acerbes de leur personnel politique passé comme présent. Mais, dans les deux cas, le sentiment le plus partagé est celui de l’humiliation.

Il en résulte la résurgence du vieux démon de la Grèce : la discorde (διαφωνία). Et de son corollaire : le risque d’une guerre civile. Ne riez pas, car ce danger mortel n’est pas si lointain. Et ses conséquences pour la région (et même sans doute pour le continent) en seraient catastrophiques. Seuls les valets des Etats-Unis peuvent s’en réjouir. D’ailleurs…ils le font.

Nous serons fixés le 5 juillet. D’ici-là, les Grecs devront se résoudre à des restrictions financières importantes en termes de transfert de capitaux et de disponibilité monétaire.

Après le 5 juillet et dans le cas où ils rejetteraient l’ultimatum de Bruxelles, ils souffriront beaucoup mais avec fierté. Ce sentiment désuet qui les anime encore mais que la plupart des autres pays de l’Union ont perdu depuis longtemps.

Quoi qu’il en soit, les plus grands perdants de cette affaire ne sont pas ceux que l’on croit. C’est en réalité l’Union européenne et sa Banque centrale qui se sont illustrées par  le caractère inepte et désastreux des ajustements budgétaires qui sont la règle dans la zone euro depuis la crise de 2008 et qui répètent sans cesse les mêmes erreurs. Ils l’ignorent encore mais ils vont avoir à en payer le prix fort par le déclenchement d’une réaction en chaîne incontrôlable.

C’est précisément ce que nous annoncions dès le début de cette tragédie. Et c’est clairement ce que nous souhaitons pour la renaissance de la France.

Sans doute ne serons-nous jamais assez reconnaissants aux Grecs de tous leurs bienfaits pour la civilisation européenne.

Le 28 juin 2015.

Jean-Yves Pons, CJA, pour le CER.

BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (16 novembre 2012)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

16 Nov

*  Où sont passés les 1 000 milliards d’euros de la BCE ?

Il y a un an, la BCE prêtait à des conditions très avantageuses (au taux de 1%) près de 1 000 milliards d’euros aux banques européennes en difficulté. Insuffisant pour stopper la crise. Pour comprendre, voyons ce que les banques ont fait de ces fonds.

Ces 1 000 milliards, on les avait presque oublié ! L’information s’était perdue dans la mémoire de la crise, au milieu des 19 sommets « de la dernière chance » et des plans d’austérité à répétition. Et pourtant, les sommes en jeu sont énormes. Souvenons-nous. En décembre 2011 et en février 2012, la Banque centrale européenne (BCE) prêtait – à des conditions très avantageuses – près de 1 000 milliards d’euros à plusieurs centaines de banques européennes.  La somme représente tout de même la moitié du PIB français. C’est-à-dire la moitié des richesses créées sur notre territoire pendant un an. Ou encore 7 000 euros par citoyen européen. Que sont devenus ces fonds ?

Revenons d’abord au contexte de décembre 2011. Les banques, qui manquent de « cash » et sortent d’un krach boursier, manquent aussi de confiance, et ne se prêtent plus entre elles. Or ces prêts  sont essentiels aux activités des banques, qui en ont besoin chaque jour pour équilibrer leurs comptes. Du coup, elles investissent de moins en moins, et ne prêtent plus aux Etats en difficulté qu’à des taux très élevés… En clair, l’économie est bloquée.

La Banque centrale décide donc d’agir, en prêtant massivement et à long terme à ces établissements. Le 23 décembre 2011, elle prête d’abord 489 milliards, sur trois ans, à 520 banques. Le 29 février 2012, elle prête encore 530 milliards, sur trois ans également, à 800 banques. Le tout à un taux très faible de 1%. On parle à l’époque de ces opérations – appelées officiellement LTRO (« long term refinancing operations », en français : « opération de refinancement à long terme ».) – comme du « bazooka » de la BCE, qui habituellement ne prête qu’à court terme (entre une semaine et trois mois). Le but ? Eviter que les banques ne fassent faillite mais aussi faire tourner l’économie réelle (en langage de la BCE, on appelle cela : « Soutenir l’apport de crédit aux ménages et aux entreprises non- financières »

Or la BCE ne communique pas sur l’usage de ces milliards prêtés et la Fédération française des banques assure que ces données sont confidentielles. Elle consent simplement à rappeler que les crédits accordés par les banques françaises ont augmenté en mai 2012, afin de convaincre que ces fonds ont servi l’économie réelle.

Mais ceci est faux puisque, depuis décembre 2011, les prêts aux ménages et aux entreprises ont ralenti, et ont même diminué en mai dernier dans la zone euro. Trop couardes, les banques ? « Les banques ont certes une aversion au risque élevé, mais il y a aussi une demande de crédit trop faible de la part des entreprises et des ménages « , nuance Urszula Szczerbowicz, économiste au CEPII (Centre d’études prospectives et d’informations internationales). Et pour cause, étant donné la situation financière actuelle des particuliers.

En fait, une partie de ces sommes a fini dans « les poches » de quelques Etats…du nord de l’Europe  ! Même si, là encore, les données officielles manquent. Mais selon une étude de la banque JP Morgan, un tiers des sommes prêtées aux banques par la BCE auraient été prêtées ensuite aux Etats européens les moins à risque. Les banques réalisant, au passage, une intéressante plus-value.

En fait, les investisseurs ont généralement privilégié les placements les plus sécurisés et qui ne sont pas forcément les plus rentables. Certains investisseurs acceptant même des taux d’intérêt négatifs pour mettre en sécurité leur argent auprès du Danemark ou des Pays-Bas…

Mais, aussi incroyable que cela puisse paraître, le reste des sommes prêtées est en fait…revenu à la BCE !  Autrement dit, les banques acceptent d’utiliser des fonds empruntés à 1% à la BCE, en les plaçant à 0% au guichet de cette même BCE. Une situation ubuesque qu’explique la communication de la BNP : «  Nous avons privilégié le financement de l’économie réelle grâce aux fonds du LTRO. Ensuite, comme dans toutes lesbanques, les excédents éventuels ont été replacés à la BCE. Cela permet de sécuriser ces ressources. « 

Les banques préfèrent donc perdre de l’argent pour sécuriser leurs placements plutôt que de prendre des risques. « Les banques savent qu’elles devront rembourser les prêts accordés par la BCE. Ce sont des liquidités qui ne sont pas considérées comme des capitaux. Le problème de manque de capitalisation des banques reste entier, celles-ci n’osent pas prendre plus de risques », analyse un banquier.

Pour résumer, la Banque centrale européenne a procédé à des prêts massifs aux banques, pour éviter une banqueroute. Mais celles-ci n’ont finalement prêté ni aux ménages, ni aux entreprises, et si peu aux Etats périphériques. C’est un fiasco économique.

En tout cas tout cela n’a pas servi à grand chose, sinon à ridiculiser la BCE (qui garde le silence, peut-être une nouvelle forme d’omerta) et à rassurer les banques sur leur pouvoir de malfaisance, sans contrôle et sans contre-partie…Le citoyen n’a qu’à se taire et regarder le spectacle. Tôt ou tard, de toute façon, c’est lui qui paiera.

*   L’endettement des ménages s’aggrave :

De plus en plus de Français peinent à honorer leurs factures. En 2012, selon un récent bilan effectué par l’Union nationale des centres communaux d’action sociale (Unccas), les difficultés quotidiennes liées au paiement du loyer ou des factures d’énergie sont devenues le premier élément déclencheur des nouvelles demandes d’aides adressées aux centres communaux d’action sociale (CCAS).

Ces établissements publics locaux chargés d’aider les personnes en difficultés, ont dû s’adapter à cette nouvelle situation. La plupart ont ainsi noué des partenariats avec les fournisseurs d’énergie pour essayer de prévenir les situations d’impayés et de précarité énergétique. « Aujourd’hui, les personnes se tournent vers nous, non pas à la suite d’un accident de la vie, mais parce qu’elles n’arrivent plus à faire face simplement aux charges courantes », analyse Patrick Kanner, président de l’Unccas. A la fédération des chambres régionales du surendettement social, un réseau associatif qui aide les ménages surendettés, le constat est tout aussi alarmant : « Il y a de plus en plus de ménages qui n’ont simplement plus les moyens de se loger, . Ils arrivent à payer un loyer « brut », mais pas à supporter les dépenses inhérentes à un logement comme les charges, les factures d’énergie ou d’eau.

Les familles se livrent alors à toutes sortes de bricolages budgétaire pour essayer de jongler avec les différents créanciers, jusqu’au jour où elles basculent dans le surendettement.

« Depuis quatre ans, nous n’avons quasiment plus de dossier « plan-plan« , type Cofinoga (du nom de l’établissement de crédit à la consommation). Les problématiques sont de plus en plus complexes, avec de multiples créances contractées auprès d’organismes financiers couplées à des dettes locatives et d’énergie. » Ces passifs sont souvent difficiles à recouvrer. « Les ménages endettés essaient de payer en priorité les établissements financiers avant les bailleurs sociaux ou les fournisseurs de gaz et d’électricité. Beaucoup pensent que ces prestataires vont être plus coulants, qu’ils n’expulsent pas ou ne coupent pas l’électricité ou le gaz ».

Cette dégradation de la situation, qui entame le noyau dur du budget des ménages, se concrétise aussi par l’explosion des budgets des Fonds de solidarité pour le logement (FSL). Institué dans chaque département, le FSL a pour vocation d’aider les personnes, par des prêts ou des subventions, à accéder ou à se maintenir dans leur logement. Or depuis la crise, c’est ce second volet qui prend le dessus. « Les deux tiers de notre enveloppe sont désormais consacrés à aider les personnes à étaler ou apurer leurs dettes », reconnaît le chef de service insertion et logement au conseil général de Mayenne.

En un an, le budget des aides du département pour le maintien dans le logement a ainsi augmenté de 11,5 %, et une rallonge sera sans doute nécessaire pour répondre à la demande. Ici comme ailleurs, les fonds sont désormais utilisés pour  l’urgence au détriment du préventif: « 22 % des personnes aidées sont des travailleurs pauvres, une catégorie en augmentation continue depuis deux ans et qui ne correspond pas normalement au public cible du FSL ».

Dans le secteur du logement social, si le taux d’impayés reste relativement stable, autour de 6 % au niveau national, d’autres signaux montrent les difficultés croissantes des locataires. Le nombre de personnes en procédure de rétablissement personnel, sorte de faillite civile, a bondi, passant de 28 000 à 48 000 personnes entre 2009 et 2011. Cette procédure qui a pour conséquence d’effacer les créances du débiteur, pèse sur le budget des organismes HLM. « Il y a deux ans, le montant des abandons de dettes représentait une perte de 50 millions d’euros ; aujourd’hui, elle est de 100 millions d’euros », calcule Patrick Kamoun, conseiller à l’USH.

A l’Union sociale pour l’habitat de la région Centre, où depuis sept ans, une étude très poussée est réalisée chaque année auprès des 30 bailleurs sociaux de la région, les perspectives sont aussi sombres. « Grâce à des efforts de prévention de plus en plus poussés, nous arrivons à endiguer le taux d’impayés, analyse le chargé de mission à l’USH Centre. En revanche, la dette moyenne des locataires, qu’ils soient encore en place ou déjà partis, continue à augmenter. »

En 2011, la part des locataires présents dans leur logement social et ayant des impayés de plus de trois mois représentait 5,79 % des logements occupés. Leur impayé moyen était de 1 652 euros par locataire contre 1 526 euros un an auparavant. L’ardoise est encore plus lourde pour les locataires déjà partis du logement, avec en moyenne 2 282 euros de dettes locatives.

Cette catégorie, qui augmente depuis plusieurs années, pèse désormais pour 9,92 % des logements du parc. Asphyxiés par les dettes, beaucoup sont expulsés, d’autres arrivent à partir à l’amiable ou disparaissent dans la nature en laissant derrière eux effets personnels, mobilier et objets divers. Ce phénomène de départs dits « à la cloche de bois » est difficilement quantifiable mais, de l’avis des bailleurs, il se développe avec la crise.

A tout cela s’joutent les problèmes liés aux factures énergétiques: 65 % des Français estiment que leurs factures d’énergie représentent une part importante des dépenses totales du foyer. Selon les chiffres du Médiateur, 42 % des usagers affirment avoir restreint leur chauffage chez eux au cours de l’hiver 2011 pour limiter leurs factures et 3,8 millions de ménages sont en situation de précarité énergétique, c’est-à-dire qu’ils consacrent plus de 10 % de leurs revenus à l’énergie.

Déjà, comme en Espagne, des suicides sont signalés lorsque ces malheureux se sentent étranglés et au bout des recours possibles. Le moment viendra, hélas, où la pauvreté ordinaire sera telle qu’elle ne sera plus vécue dans l’isolement et la solitude mais dans la violence. collective  Avec les conséquences que l’on peut imaginer.

*  La Grèce a toutes les « chances » de ne pas s’en sortir :

La Grèce est désormais l’otage des divergences entre ses bailleurs de fonds internationaux. Le Fonds monétaire international (FMI) et les Etats de la zone euro n’ont pu surmonter leurs désaccords, lundi 12 novembre à Bruxelles, au sujet de l’interminable sauvetage du pays.

« Nous avons clairement des vues différentes », a reconnu Christine Lagarde, la directrice générale du FMI, à l’issue d’une réunion avec les ministres des finances de la zone euro. Une fois n’est pas coutume, elle a croisé le fer, face à la presse, avec le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Junker.

Peu avant, les grands argentiers avaient une nouvelle fois reporté les décisions qui s’imposent pour éviter le défaut de paiement, dès novembre, du maillon faible de l’Union monétaire, épicentre de la crise des dettes souveraines. Une nouvelle réunion de l’Eurogroupe est prévue le 20 novembre.

D’ici là, « il reste beaucoup de travail à faire », a martelé Mme Lagarde. Les Européens et le FMI ont reconnu les efforts de la coalition au pouvoir à Athènes, qui vient de faire adopter un nouveau train de réformes et d’économies. Ils sont d’accord pour donner deux années supplémentaires au gouvernement grec, afin qu’il ramène le déficit à moins de 3 % du produit intérieur brut (PIB) en 2016, et non plus 2014.

Mais, au grand dam des Grecs,  le ministre allemand des finances, réclame la mise en place d’un compte séquestre pour gérer les finances du pays. La Grèce a fait pourtant « des efforts budgétaires gigantesques, on ne peut pas rester indifférents à cela », a martelé son homologue français, Pierre Moscovici. Un constat que dresse également le rapport provisoire de la « troïka » des bailleurs de fonds d’Athènes (FMI, Commission européenne, Banque centrale européenne), qui chiffre à 32,6 milliards d’euros le coût du délai de deux ans accordé à la Grèce.

Mais les Européens et le FMI divergent sur la meilleure façon de financer ce surcoût, afin de réduire l’endettement du pays sur les dix prochaines années. Ni les uns, ni les autres ne souhaitent payer ! En raison de la récession et des retards pris par le plan d’assainissement, la dette grecque devrait approcher les 190 % du PIB.

Pour Mme Lagarde, l’endettement doit être réduit, comme convenu lors de l’adoption du second plan d’aide au printemps 2012, à 120 % du PIB d’ici à 2020. A ses yeux, la meilleure façon d’y parvenir est de restructurer la dette détenue par les créanciers publics du pays – les Etats de la zone euro et la BCE, qui continuent de refuser cette perspective.

Le FMI n’entend pas débourser la prochaine tranche d’aide – soit 31,5 milliards d’euros d’ici à fin novembre – sans avoir réglé l’ensemble des questions en suspens, comme l’y obligent ses statuts. « Tous les chapitres du livre doivent être ouverts, et clos en même temps », a insisté Mme Lagarde : « Toutes les options doivent être explorées pour réduire la dette. » (NDCER:Revoici donc un scénario à l’Argentine…)

En tout cas,un forcing qui n’est pas du goût des Européens. « Il y a une forte probabilité que le délai soit repoussé à 2022″, a marmonné M. Juncker, à l’issue des débats. « On ne l’a jamais autorisé à dire cela », a commenté, très agacée, Mme Lagarde. Pour le président de l’Eurogroupe, toutes les options sont ouvertes, sauf celle d’une restructuration des dettes au détriment des Etats de la zone euro ou de la BCE.

Plusieurs alternatives sont aujourd’hui avancées par les Européens : une baisse des taux d’intérêt sur les prêts bilatéraux consentis par les Etats de l’union monétaire, un rachat de dette par la Grèce, un rééchelonnement de certaines créances ou des émissions par la Grèce de dette à court terme.

Faute d’une nouvelle tranche d’aide, cette dernière option devrait d’ailleurs être, comme en août, mise en oeuvre par Athènes pour honorer, vendredi 16 novembre, une échéance de remboursement (3,4 milliards d’euros). Ce qui reviendrait à creuser encore le déficit du pays.

Nous vous l’avions dit, les Danaïdes sont à l’oeuvre ! 

Le 16 novembre 2012.

Jean-Yves Pons.

Le cri du Chouan.

13 Oct

L’éditorial de Pierre Jeanthon dans la dernière livraison du cri du chouan, organe de l’Association France royaliste, est un bijou de lucidité, de profondeur et d’engagement. Sa conclusion, en forme d’appel pressant à une refondation du royalisme français dans l’union de ses différents courants est particulièrement édifiante.

Le Conseil dans l’Espérance du Roi souscrit sans réserve à la supplique de notre ami et ne résiste pas au désir de vous la faire partager :

 » Inéluctable.

En dépit de 36 mois qui ont vu des sommets européens plus historiques les uns que les autres, les Vingt Sept n’ont toujours pas trouvé la définition du mot « Union ».

Outre-Manche W. Hague, ministre des Affaires étrangères, vient de lancer un audit sur la place de la Grande Bretagne dans l’Europe. Avec 17,5 millions de sans emploi (en augmentation de 1,8 million sur un an) le taux de chômage moyen de la zone euro dépasse 11% entre 4,1% en Autriche et 24,6% en Espagne. En variant de 15,2% sur le dernier trimestre 2007 à 22,1% fin mars 2012, le taux de chômage des jeunes prend l’allure d’un cancer social.

Sur le premier trimestre de cette année la dette publique de la zone euro montait de 87,3% à 88,2% du PIB. Le 23 juillet, l’agence de notation américaine abaissait le triple A du Luxembourg, de la Belgique et de l’Allemagne de perspective stable à négative.

Pas de quoi désespérer puisque l’historique Conseil européen des 28 et 29 juin dernier avait parait-il trouvé la voie pour sortir du marasme ; pour preuve, suite à cette rencontre, le Bundestag et le Bundesrat votaient en faveur de l’instauration du Mécanisme Européen de Stabilité (MES) et du Pacte de stabilité budgétaire qui, dès le 9 juillet, devaient éviter aux États en difficulté d’emprunter à des taux prohibitifs.

Hélas voter n’étant pas ratifier, il faudra attendre la mi-septembre pour que la Cour Constitutionnelle de Karlsruhe tranche sur le recours déposé par plusieurs Parlementaires allemands.

Alors que faire pour soulager cette pauvre Europe conduite par des institutions qui, incapables de décider sous la pression du chacun pour soi, ont dilapidé leur crédit ? Et de surcroît malade d’une Banque Centrale qui se borne à des effets de manche face aux marchés financiers ; ainsi, le 26 juillet dernier à Londres, M. Draghi jouait à Tartarin de Tarascon devant les investisseurs invités à écouter la bonne parole « La Banque Centrale Européenne est prête à faire tout ce qui est nécessaire pour sauver l’euro ; et croyez-moi ce sera suffisant ! ». Ah mais, vous allez voir !

Eh bien exactement une semaine plus tard, alors qu’on n’avait rien vu, au cours de la conférence de presse mensuelle de la BCE, le même annonçait « reporter dans les semaines qui viennent » les mesures qui sauveraient l’euro, tout en restant prêt à intervenir sur les marchés si un gouvernement lui en faisait la demande ; dans les semaines, dans les mois, demain, les promesses ne coûtent rien.

Que faire ?

Leur réponse est passée presque inaperçue le 2 juin sur les ondes et le 4 dans la presse ; H.V. Rompuy président de l’Union européenne, J.M. Barroso président de la Commission de Bruxelles, M. Draghi président de la BCE et J.C. Juncker président de l’Eurogroup se mettent au travail pour présenter au prochain Conseil de l’Europe le projet d’un ministère européen des Finances, prélude au futur gouvernement de l’Europe fédérale. Fine mouche, Madame Merkel s’empresse de relativiser l’information en précisant qu’il s’agit « d’une simple réflexion pour les 5 ou 10 prochaines années ».

Lors du Conseil, les questions les plus urgentes ont pris le pas sur le débat relatif à l’avenir économique et monétaire de l’UE ; néanmoins le document des 4 présidents fut bien accueilli par l’ensemble des chefs d’État qui ont seulement regretté de n’avoir pu en prendre connaissance  que la veille. Malgré tout, dans un contexte très fédéral ils ont adopté la mise en place dès décembre, d’un superviseur européen lié à la BCE qui aura le pouvoir d’intervenir directement dans l’ensemble des banques de la zone euro.

Ainsi prévenus, nous n’aurons pas l’excuse de dire que nous ne savions pas.

Au sein d’une Europe fédérale, les patries apparaîtraient comme de simples régions administratives. Sauf erreur nous militons en faveur d’un roi qui régnerait et gouvernerait la Fille aînée de l’Église ; mais pas pour asseoir un fonctionnaire sur un trône régional, trône qui se réduira inéluctablement à un tabouret sous l’action des institutions européistes séduites par le chant des sirènes mondialistes.

En survolant très succinctement les vingt dernières années, on constate que la mondialisation et l’essor des échanges commerciaux ont naturellement favorisé la diffusion d’innovations technologiques foisonnantes et imprévisibles avec pour effets de changer les procédés de fabrication et leur localisation géographique mais aussi de modifier les modes de consommation.

L’idéologie mondialiste a profité de ces bouleversements pour faire admettre :

  • La disparition de l’emploi à vie, flexibilité et mobilité devenaient les maîtres mots des Directeurs des Ressources Humaines envers des travailleurs désormais « citoyens du monde ».
  • La réalité d’enjeux collectifs mondiaux (réchauffement climatique, disparition de la biodiversité, raréfaction des ressources naturelles aggravée par l’augmentation de la population mondiale, déséquilibre des balances commerciales…)

Conclusion, seule une gouvernance mondiale peu répondre aux aspirations des « citoyens du monde » et éviter l’inéluctable catastrophe provoquée par des « enjeux collectifs » non maîtrisés. Dans les instances du futur exécutif planétaire les représentants des Pays européens seraient remplacés par un délégué unique (depuis plus d’un an cette hypothèse est débattue au FMI).

De sorte que pour empêcher le naufrage des Patries d’Europe dans le monde unipolaire concocté par les mondialistes, leur union est nécessaire et certainement réalisable sous réserve de répondre préalablement aux questions suivantes :

  • Qu’ont-elles en commun ?
  • Politiquement et économiquement que peuvent-elles mettre en commun ?
    • Comment peuvent-elles le mettre en commun sans perdre leur souveraineté, héritage d’une longue Histoire ? (en réformant l’enseignement de cette discipline les mondialistes de l’Éducation Nationale ont répondu par avance !)

Questions complexes ; ne perdons pas de vue que, faute de n’avoir su ou voulu y répondre, les « pères de l’euro » ont entrepris de bâtir la maison en commençant par le toit, avec le résultat que l’on connaît.

Je suppose que tous les royalistes s’accordent à reconnaître que les crises présentes se résument à une seule, celle de notre civilisation magistralement mise en évidence dans le discours prononcé en mars dernier à Cuba par Benoît XVI : « De nombreuses parties du monde vivent aujourd’hui un moment de difficulté économique particulière, que de nombreuses personnes s’accordent à situer dans une profonde crise spirituelle et morale, qui a laissé l’homme vide de valeurs et sans protection devant l’ambition et l’égoïsme de certains pouvoirs qui ne prennent pas en compte le bien authentique des personnes et des familles. On ne peut pas continuer à suivre plus longtemps la même direction culturelle et morale qui a causé la situation douloureuse que tant de personnes subissent.

Au contraire, le progrès véritable nécessite une éthique qui place au centre la personne humaine et prenne en compte ses exigences les plus authentiques et, de manière générale, sa dimension spirituelle et religieuse. Pour cela, dans le cœur et dans la pensée de beaucoup, s’ouvre toujours plus la certitude que la régénération des sociétés et du monde demande des hommes droits, de fermes convictions, des valeurs de fond morales et élevées qui ne soient pas manipulables par des intérêts étroits et qui répondent à la nature immuable et transcendante de l’être humain ».

Les paroles du chef de l’Église catholique devraient renforcer notre conviction.

Le royalisme « à la française »,  fondé sur le Sacre de Reims clé du dialogue entre le Ciel et la terre grâce auquel les rois de France ont gouverné suivant une politique à la fois conforme à « l’immuable nature transcendante de l’être humain » et à la Tradition capétienne soucieuse d’accroître l’héritage reçu en dépôt (inversement, bien des années plus tard, le souci sera de faire comprendre aux générations futures qu’elles devront « faire avec » la dette qui a financé le pouvoir d’achat de leurs parents). Le discours du Saint Père aurait sa place dans ce dialogue s’il se trouvait un roi pour écouter, répondre et gouverner en conséquence.

Éventuellement un président de la République pourrait faire preuve de courtoisie pour écouter et objecter, mais, par définition, il n’agira pas en conséquence ; après cinq Républiques qui ont conduit la France au fond d’une impasse, fait admis par les républicains toujours prêts à modifier la Constitution ou a passer à une sixième, il est temps d’essayer autre chose, pourquoi pas un roi ?

Avant de faire passer ce message, au vu des orientations prises par l’UE telles que rappelées au début de cet exposé, le premier travail est d’éviter la dilution de la France dans la soupe européiste ; dans cette bataille il importe que les royalistes sachent faire « un bout de chemin » avec les rares républicains encore capables de comprendre que la France et la République sont deux choses différentes.

Ensuite il nous faudra participer à la rechristianisation de la France et enfin prouver « qu’un roi pourquoi pas ? » n’est pas une alternative archaïque mais l’unique remède aux maux dont la France souffre.

Il est évident que pour réussir, les royalistes engagés dans ces trois batailles successives devront aligner de nombreuses compétences dans tous les domaines.

Soyons humbles et lucides, éloignés de la vie politique depuis si longtemps, aucun de nos mouvements réunit à lui seul l’ensemble de ces talents; en conséquence nous avons l’obligation d’œuvrer collectivement.

Difficile n’est-ce pas ? Mais sans avoir la charité de nous écouter les uns les autres, nous ne méritons pas d’associer Dieu et le Roi sur nos bannières, et pas davantage l’intervention de la Providence.

Œuvrer collectivement signifie réfléchir ensemble, au sein d’une structure unique non pour réécrire les pensées de nos maîtres mais pour montrer comment leur enseignement peut répondre aux problèmes du XXIe siècle.

Le but n’est pas de convaincre un électorat mais de permettre à nos analyses d’être visibles, audibles et crédibles afin que les Français prennent conscience qu’il existe une autre voie que celle sans issue, imposée par les partis républicains .

En son temps, Pasteur remarquait que « cette fausse démocratie a le goût, j’oserais dire le culte de la médiocrité. Tout ce qui est supérieur lui est suspect…c’est la ligue de tous ceux qui veulent vivre sans travailler, consommer sans produire, arriver aux emplois sans s’y être préparés, aux honneurs sans en être dignes ».

C’est seulement après avoir dépollué l’air du temps de cet esprit introduit par les Lumières que l’appel au roi se révélera inéluctable.

Tout comme, faute de mettre cette structure en place en la dotant des moyens qui assureraient son efficacité, nous assisterons à l’inéluctable et prochaine extinction de la cause royaliste.

À l’adresse des mouvements royalistes auxquels je fais parvenir cette page en forme de supplique, je précise que notre très modeste association n’a d’autre ambition que celle de servir. « 

N° 12 du 7 juin 2012. APPEL aux gouvernements de douze experts économiques français et allemands POUR UN DEMONTAGE CONCERTE DE l’EURO.

7 Juin

 

Comme nous le rappelions dans un précédent article ( « A la veille du premier tour des élections présidentielles » *), la situation financière de l’Espagne se dégrade de jours en jours et, après ce que nous savons de la Grèce, elle met plus gravement encore en péril l’ensemble de la zone euro. Telle un château de cartes, la zone euro est en effet en cours d’effondrement, avec toutes les conséquences économiques, sociales puis politiques qui ne manqueront pas de surgir. La raison de cette catastrophe annoncée est l’absurde entêtement des oligarchies au pouvoir dans les pays de l’Union européenne face aux problèmes qu’a engendrés la monnaie unique depuis son institution.

C’est pourquoi le Conseil dans l’Espérance du Roi, soutient (bien qu’il ne partage pas l’intégralité de ses considérations) l’Appel aux gouvernements de douze experts économiques français et allemands pour un « démontage concerté de l’euro », publié le 27 avril 2012, et dont nous donnons ci-dessous la teneur (peu ou pas relayée par nos médias officiels):

Treize ans après le lancement de l’euro, il est patent que non seulement cette expérience n’a tenu aucune de ses promesses, mais même que sa poursuite risque de déboucher sur le chaos.

Au lieu de la prospérité, un ralentissement de la croissance dans tous les pays de la zone, avec un important volant de chômage.

Au lieu de la rigueur, dix années d’augmentation irresponsable des dépenses publiques et des dettes souveraines,qu’une génération de sacrifices ne suffirait pas à apurer.

Au lieu d’une meilleure intégration économique, des déséquilibres entre les pays qui s’aggravent chaque jour. Les pays d’Europe du Sud, Grèce, mais aussi Portugal, Espagne, Italie et même France voient leur compétitivité se dégrader depuis dix ans de manière continue. Asséchant le pouvoir d’achat des uns, cette situation fait obstacle à la croissance des autres et donc au développement du marché unique.

Au lieu d’un rapprochement des peuples, une animosité croissante entre créanciers et débiteurs.

Au lieu d’un progrès de la démocratie, des décisions venues de haut imposées à des peuples qui les refusent.

Les plans successifs destinés à « sauver l’euro » sont vains car ils ne s’attaquent,d’ailleurs avec peu d’effets, qu’aux seules déficits publiques et non à ce qui est la racine du mal: la propension différente des pays à l’inflation. La seule solution serait la déflation des prix dans les pays déficitaires: or une telle opération n’a jamais réussi nulle part (ex: l’Allemagne de 1930, la France de 1934).

Poursuivant un objectif qu’elle n’atteindra de toute façon pas, l’Europe est entraînée dans une spirale de récession qui, s’agissant du premier marché mondial, inquiète la planète toute entière.

A cette récession s’ajoute le risque d’inflation, d’autant qu’en violation de ses statuts, la Banque centrale européenne ne voit d’autre issue, pour prolonger l’euro, qu’un recours massif à la création monétaire au bénéfice des banques, trop heureuses de l’aubaine.

Il est tout aussi illusoire d’espérer organiser une « Europe des transferts », qui exigerait le transfert durable de centaines de milliards d’euros vers les pays en difficulté, revenant à une collectivisation des déficits publics. Solution refusée par les peuples que l’on voudrait mettre à contribution tout en n’offrant aucun espoir de redressement aux plus mal en point. Cet acharnement thérapeutique, qui ne vise que le court terme, ne pourra éviter l’accélération des secousses qui touchent non seulement la sphère financière mais aussi l’économie réelle.

S’il n’y est pas rapidement mis fin, l’expérience de la monnaie unique se terminera de la manière la plus dramatique: détérioration de la situation économique, explosion du chômage, désordres sociaux, montée des extrémismes, résurgence d’anciens conflits, destruction de l’Etat de droit: les pays de l’Europe deviendraient ingouvernables.

L’Union européenne ne saurait demeurer la marionnette des oligarchies financières qui visent la destruction de la base même de nos existences. N’est-il pas honteux de les voir soumettre les pouvoirs politique et économique au gré de leurs intérêts?

Il est clair que seules des dévaluations et réévaluations réelles, adaptées à la situation de chaque pays, pourront mettre fin aux déséquilibres entre eux et, par-là, rétablir la croissance. L’histoire nous offre de nombreux exemples de ruptures d’unions monétaires: il en ressort que non seulement il est possible de les gérer de manière ordonnée sur les plans politique et économique, mais aussi qu’elles se sont révélées bénéfiques, et cela au bout de quelques mois seulement.

C’est pourquoi les économistes allemands et français signataires, réunis à Lyon en octobre 2011 et à Düsseldorf en avril 2012, appellent leurs gouvernements respectifs à convenir et à proposer aux autres Etats membres de l’Union européenne, de  mettre fin à l’expérience de la monnaie unique et, à cet effet, de prendre sans délai les mesures suivantes:

– remplacer l’euro par de nouvelles monnaies nationales disposant de l’ensemble de leurs prérogatives dans chacun des Etats, sachant que certains pays pourront passer des accords bilatéraux ou multilatéraux pour mettre en commun leur monnaie;

– créer un nouveau système monétaire européen, comportant une unité de compte européenne, égale à la moyenne pondérée des unités monétaires nationales;

– afficher d’emblée les parités souhaitables des monnaies nationales vis-à-vis de cette unité de  compte européenne, calculée de façon à limiter la spéculation, restaurer la compétitivité de tous les Etats, assurer des échanges équilibrés entre eux et résorber le chômage;

– veiller, en s’appuyant sur un institut monétaire européen, à ce que les taux de  change réels des monnaies nationales soient ensuite stabilisées, à l’intérieur d’une marge de fluctuation à déterminer;

– convertir, dans chaque pays, l’ensemble des prix et salaires intérieurs ainsi que les avoirs bancaires sur la base de un euro pour chaque unité de monnaie nationale;

– convertir, selon la même règle, les dettes publiques de tous les pays de l’euro en leur nouvelle monnaie nationale;

– convertir les créances et dettes privées internationales dans l’unité de compte européenne.

Le règlement des dettes publiques et privées pourra faire l’objet de négociations bilatérales, entre créanciers et débiteurs, à partir des règles de base énoncées dans les deux précédents alinéas.

Dans ce contexte, une même priorité doit être donnée aux politiques nationales, celle de développer et d’adapter toutes les forces productives, afin d’accroître la productivité de l’ensemble de l’Europe.

La coopération des institutions responsables doit permettre de réussir une transition en bon ordre.

Cette transition doit être la plus courte possible: elle ne pose pas de problèmes techniques majeurs. Les nouvelles règles doivent être affichées clairement. Il sera demandé aux Etats de veiller, en s’appuyant sur leurs Banques centrales nationales, désormais autonomes, à ce que la transition décidée n’entraine aucune déstabilisation du système financier européen et lui donne même les moyens de contribuer activement au retour de la croissance.

En lançant cet appel, les économistes allemands et français signataires souhaitent ardemment contribuer, par leur expertise et leur engagement, à la relance de la construction européenne sur des bases rénovées et réalistes, en même temps qu’au redressement économique de l’Europe.

Le 27 avril 2012.

* https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2012/05/04/20-avril-2012-a-la-veille-du-premier-tour-de-lelection-presidentielle-2012/