Tag Archives: BCE

BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (29 juillet 2015)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

29 Juil

logo-cer

Le Conseil dans l’Espérance du Roi a pris date

Il y a trois ans déjà…

Dès le 25 juillet 2012, nous avons publié un Consilium Consulte très explicite, relatif à la création monétaire, mettant en place les premières étapes de la sortie de la zone Euro par la France (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2012/07/25/consilium-consulte-n-2012005-du-25-juillet-2012-relatif-a-la-creation-monetaire/) . Il était suivi, le 30 juillet 2012, de la publication de la méthode que nous préconisions alors pour appliquer cette décision (Lire « Quand les Français retrouveront le Franc« : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2012/07/31/quand-les-francs-retrouveront-le-franc/). En voici le détail :

« Pour la France, il n’y a pas d’alternative si l’on veut réduire les risques et leurs conséquences: c’est la surprise. Mais une surprise « organisée« . Voici quelques suggestions, en huit points, que le Conseil dans l’Espérance du Roi peut proposer après réflexion et en tenant compte de l’opinion des récents finalistes du Prix Wolfson d’Economie:

* préparer secrètement la décision de notre pays (en commençant par la mise en route de la fabrication de la nouvelle monnaie, ainsi que le Consilium-Consulte n° 2012/005 du 25 juillet l’instituait) et ne la révéler que du jour au lendemain;

* instaurer immédiatement la monnaie nationale, avec une convertibilité de 1 pour 1 (1 euro = 1 franc) mais en acceptant de descendre au-dessous de cette parité sur les marchés financiers;

* dévaluation rapide et significative (probablement de l’ordre de 10 à 15%) de la monnaie nationale, permettant de stimuler notre production et de faciliter nos exportations mais qui renchérira fatalement nos importations (en particulier énergétiques *). Des mesures protectionnistes sévères devront donc être prises, impliquant le civisme des Français, tandis que la production d’énergie sur le territoire national devra être rapidement développée, sous les formes les plus diverses);

* conservation temporaire (six mois par exemple) de la circulation de l’euro parallèlement au franc, pour les transactions de faible volume;

* limitation sévère mais provisoire des retraits d’espèces aux guichets des banques en même temps que l’instauration d’un contrôle drastique des changes et des mouvements financiers;

* accepter les risques du refus d’honorer une partie significative des dettes souveraines du pays, ce qui mettra forcément en péril certaines de nos banques voire d’autres en faillite, nécessitant la nationalisation et/ou la recapitalisation des plus méritantes qui accepteront de séparer leurs activités financières (privatisation des risques) et strictement bancaires (mutualisation des risques);

* définition d’un objectif acceptable d’inflation;

* et, pourquoi pas, l’instauration d’une collaboration négociée avec d’autres pays européens, dans le cadre d’une nouvelle union monétaire, plus ouverte et plus souple, qui serait de l’intérêt bien compris de chacun ? « 

* notion à réviser aujourd’hui en période de baisse importante des prix du pétrole et du gaz

Nous savons aujourd’hui que Yanis Varoufakis avait lu notre blogue avant de prendre en charge le ministère grec des Finances en janvier dernier ! 

4973719_varoufakis_545x460_autocrop

C’est en tout cas ce que laisse à penser la révélation, dimanche dernier, du projet pour son pays de l’ex-ministre grec de quitter la zone euro et de retourner par surprise à sa monnaie historique, la drachme.

Face aux exigences de l’Union Européenne et du Fonds monétaire international pour gérer la crise qui frappe son pays, l’ancien ministre grec des Finances avait tout prévu. Y compris de créer un système bancaire parallèle qui aurait permis à Athènes de continuer à fonctionner si la BCE mettait un terme à son aide d’urgence.

Cet incroyable plan B a été dévoilé dimanche 26 juillet dans la matinée par le quotidien grec I Kathimerini qui rapporte des propos attribués à Yanis Varoufakis lors d’une conférence téléphonique organisée à Londres par des fonds souverains et fonds de pensions principalement asiatiques le 16 juillet.

Au menu de ces révélations : groupe de travail secret en comité très restreint, piratage de la plateforme de l’administration fiscale grecque, possibilité de revenir à la drachme d’un instant à l’autre. L’OMFIF, qui organisait la fameuse conférence téléphonique, a d’ailleurs rendu public lundi 27 juillet – avec l’accord de Varoufakis – cet enregistrement .

Le journal grec assure que Yanis Varoufakis a raconté avoir été chargé par Alexis Tsipras en décembre 2014, avant l’élection de Syriza, de se pencher sur une plan de secours en cas d’échec des négociation avec l’UE.

« Le premier ministre, avant de gagner l’élection en janvier, m’a donné son feu vert pour trouver un plan B. J’ai donc assemblé une petite équipe qui est restée secrète pour des raisons évidentes« .

L’objectif ? Trouver un moyen de transférer des fonds directement des contribuables aux organisations sans avoir à passer par les banques, au cas où ces dernières aient à fermer faute de liquidités fournies par la BCE. « Nous voulions créer, discrètement, des comptes de réserve rattachés à chaque numéro fiscal, et permettre ensuite à chacun d’y accéder facilement avec un code« .

« Imaginons par exemple que l’État doive un million d’euros à un laboratoire pharmaceutique pour l’achat de médicaments pour le compte de la Sécu. Nous aurions pu immédiatement faire un virement vers le compte de ce laboratoire grâce à son numéro fiscal puis lui y donner accès avec un code pour qu’il l’utilise ensuite comme un mécanisme de paiement parallèle pour n’importe quel autre versement vers n’importe quel autre numéro fiscal« , a précisé l’ex-ministre.

Si l’accès aux bâtiments et machines qui auraient permis la manipulation a été possible une fois Yanis Varoufakis devenu ministre des Finances, la mission de ce dernier est devenue plus compliquée quand il s’est aperçu que la direction générale des impôts était en fait sous le contrôle d’un représentant de la troïka. Ce qui donne une idée de la mise sous tutelle de la Grèce par ses créanciers, avec la complicité des gouvernements précédents, et de la justesse de nos propos lorsque nous parlions de « Gauleiters » (Lire « De la reddition à l’humiliation, il n’y a qu’un pas » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/07/14/bulletin-climatique-quotidien-14-juillet-2015de-la-republique-francaise/).

Pour ne pas éveiller les soupçons de la BCE, du FMI et de la Commission européenne, Varoufakis aurait alors recruté un ami d’enfance, expert informatique et devenu professeur d’IT (technologie de l’information) à l’Université Columbia, pour pirater la plateforme fiscale.

« Une semaine plus tard, il m’appelle et me dit: ‘Je contrôle les machines mais pas le logiciel, il appartient à la troïka. Je fais quoi?’ On s’est vus, sans que personne ne le sache, et je lui ai dit que si je demandais une autorisation, la troïka serait immédiatement au courant que nous tentons de créer un système parallèle. Et nous avons décidé de pirater le logiciel de notre propre ministère juste pour copier les numéros fiscaux enregistrés sur la plateforme pour ensuite pouvoir travailler à la mise en place de ce système parallèle« .

I Kathimerini écrit que le projet est même arrivé à un stade très développé et cite Varoufakis assurant que le système aurait pu rapidement être très étendu avec des applications sur smartphones. « Bien évidemment, il aurait été calibré en euros mais aurait pu être changé en drachmes nouvelles en un instant« .

« J’ai toujours dit à Tsipras que ce ne serait pas une partie de plaisir mais que c’était le prix à payer pour la liberté. Mais quand le moment fatidique est arrivé, il a pensé que ce serait trop compliqué à mettre en place. Je ne sais pas exactement quand il est arrivé à cette conclusion mais je l’ai su explicitement le soir du référendum et c’est pourquoi j’ai présenté ma démission.  »

Chapeau Varoufakis ! Et merci d’avoir su faire si bon usage de nos recommandations, même si pour la conclusion et son succès ce n’est que partie remise…

 

Rien ne va plus

Le Conseil constitutionnel a validé le 23 juillet dernier (à l’exception de trois articles mineurs) la loi sur le renseignement, votée par le Parlement le 24 juin.

logo_dgsi

Nous sommes donc entrés dans une période à très haut risque pour nos libertés et, particulier, celle que nous revendiquons avant toutes les autres : mettre un terme à la République et nous débarrasser définitivement de l’oligarchie qui s’est emparé du pouvoir pour le plus grand malheur de la France *. Sachez par conséquent que le Conseil dans l’Espérance du Roi peut disparaître du jour au lendemain et ses animateurs finir leur vie dans les geôles républicaines. Mais sachez aussi que nous livrerons bataille jusqu’au bout et que nous vendrons très cher notre peau.

Rappelons tout de même que, quelques heures avant la Décision du Conseil constitutionnel, le Comité consultatif du conseil des droits de l’homme, une instance de l’ONU basée à Genève, s’était lui-même déclaré « préoccupé par les pouvoirs conférés aux services de renseignement en matière de surveillance digitale à l’intérieur et à l’extérieur de la France« . Dans son rapport du 23 juillet, il reproche notamment à la future loi sur le renseignement de donner des pouvoirs « excessivement larges de surveillance très intrusive aux services de renseignement sur la base d’objectifs vastes et peu définis, sans autorisation préalable d’un juge et sans mécanisme de contrôle adéquat et indépendant« .

topelement

Nous avons, vous avez de très bonnes raisons d’être inquiets quant à l’usage que la République ne manquera pas de faire de cette loi particulièrement liberticide quand on a lu le dernier rapport d’activité (portant sur 2014 et les quatre premiers mois de 2015) de la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité (CNCIS), rendu public le 22 juillet. Cette Commission étant appelée à disparaître au profit d’une nouvelle Commission davantage « aux ordres » du pouvoir.

Son président, le conseiller d’Etat Jean-Maris Delarue, y exprime en particulier beaucoup de craintes quant au devenir des contrôles des écoutes non judiciaires. Il insiste en particulier sur le fait que dans les quatre premiers mois de 2015, « la part des avis défavorables (de la Commission) qui n’ont pas été suivis par le Premier ministre s’est accrue nettement plus substantiellement« . Ce qui revient à montrer du doigt l’installation d’une forme sournoise de tyrannie.

Le-pouvoir-des-services-de-renseignement-en-debat-a-l-Assemblee_article_popin

Sur la période, des 32 avis défavorables formulés par l’autorité qu’il préside, 9 n’ont pas été suivies, soit « plus du quart d’entre eux » et déjà plus, en valeur absolue, que sur toute l’année 2014.

En plus de cette tendance de Matignon à « passer outre » ses avis, la CNCIS s’inquiète d’un « affaiblissement des contrôles » de ces interceptions induit par la fameuse loi sur le renseignement. Elle aborde enfin la légalisation d’instruments permettant la surveillance d’un grand nombre de personnes et s’inquiète d’une extension considérable du périmètre de surveillance à travers l’apparition de « la notion cruciale d’entourage« .

Et tout cela sous couvert de la lutte contre le terrorisme…Mais l’empressement du pouvoir à communiquer après la validation par le Conseil constitutionnel en dit long sur l’enjeu politique que représente pour lui et sa majorité parlementaire, un texte que ses détracteurs persistent à juger attentatoire à la protection des libertés et de la vie privée.

En somme, trop poli pour être honnête !

* En commençant par l’abrogation du dernier alinéa de l’article 89 de la Constitution d’octobre 1958 qui précise que « La forme républicaine du Gouvernement ne peut faire l’objet d’une révision. ».

 

Et pendant ce temps-là…

Le chômage en France reste à des sommets, sans aucune amélioration, à la différence de plusieurs pays de l’Union européenne (et en particulier l’Espagne : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/07/27/bulletin-climatique-quotidien-27-juin-2015de-la-republique-francaise/) : Pôle emploi recensait en juin 3,55 millions de chômeurs en métropole, une statistique sans aucune fiabilité car obtenue à partir de données différentes des mois précédents, rendant toute comparaison impossible. C’est la dernière astuce du gouvernement pour manipuler les chiffres et tenter de nous faire prendre des vessies pour des lanternes.

A compter de cette publication, Pôle emploi accède à des données administratives que l’on prétend plus complètes mais qui lui permettent de mieux jongler avec la situation des demandeurs d’emploi et qui conduit à faire changer de catégorie certains d’entre eux.

Avec cette nouvelle donne, l’opérateur a comptabilisé 3,82 millions de demandeurs en incluant l’outre-mer, 5,70 millions en y ajoutant ceux ayant exercé une activité réduite au cours du mois, a annoncé lundi le ministère du travail.

Ce qui n’a pas empêché le ministre du travail de se  risquer au jeu des comparaisons. Il a noté une « stabilisation » en juin par rapport à mai (3,55 millions) et s’est réjoui d’un « ralentissement » de la hausse du chômage sur l’ensemble du premier semestre 2015 (+ 8 800 par mois en moyenne, soit deux fois moins qu’au second semestre 2014), y voyant un « signe encourageant« .

François Hollande s’est dit déterminé lundi soir à « agir jusqu’au bout » de son quinquennat, faisant fi de son impopularité, mais conditionnant de nouveau sa candidature en 2017 à ses résultats contre le chômage. « J’avais pris un engagement, cet engagement devra être tenu« , a  insisté le chef de l’Etat. « S’il n’y a pas de résultat, il ne peut pas y avoir de crédibilité sur une candidature. » Vu les résultats de ses autres engagements, nous sommes tranquilles !

Comme chacun devrait le savoir, les promesses n’engagent que ceux qui les entendent.

 

 Mais « La France ne peut pas mourir, car le Christ aime encore les Francs » (Henri, comte de Chambord)

Vous ne le visiterez pas mais admirez-le

Le Cabinet de Garde-robe de Louis XVI à Versailles

1879032lpw-1879050-article-cabinet-de-la-garderobe-de-louis-xvi-jpg_2940250_660x281

Réalisé à la demande du roi en 1788, dans le prolongement de la chambre du roi, il est situé derrière une petite porte à peine visible qui se confond avec la tenture et les moulures. La pièce qu’elle cache n’est absolument pas accessible au public. Elle est bien trop petite et bien trop fragile pour accueillir des millions de visiteurs. D’autant qu’elle vient d’être merveilleusement restaurée grâce au mécénat de Lady Michelham of Hellingly.

garde robe 6

Il s’agit du cabinet de garde-robe de Louis XVI, qu’il utilisait comme bureau privé. Le malheureux souverain n’a pas pu en profiter bien longtemps puisqu’il lui fut livré au début de l’été 1789, quelques mois avant son expulsion du palais par la foule révolutionnaire. C’est en juin 1788 qu’il ordonne à ses architectes de transformer la garde-robe jouxtant sa chambre en cabinet de travail. La surface est doublée pour passer à 13 mètres carrés et la hauteur dédoublée pour créer un entresol. Deux fenêtres donnant sur un balcon ouvrent sur la cour des Cerfs. Les deux frères sculpteurs Jean-Siméon et Jean-Hugues Rousseau créent un sublime décor de boiseries blanches et or, réalisant là leur plus beau chef-d’œuvre dans le style néo-classique.

garde robe 3

Le très sérieux souverain, épris de sciences, de commerce, d’agriculture et de marine, a voulu un décor illustrant ces thèmes. Aussi peut-on, aujourd’hui, découvrir avec ravissement les plus belles réalisations technologiques de cette fin du XVIIIe siècle : une machine électrique constituée d’un disque en verre dont la rotation produisait de l’électricité statique. Plus loin, c’est un graphomètre à pinnules utilisé par les arpenteurs pour mesurer des angles, une pompe à vide, une grue. La marine est représentée par un cadran solaire et une boussole, l’agriculture par une charrue, une herse et une brouette. Le commerce est illustré par différents accessoires, dont un livre de comptes montrant des additions.

garde robe 5

On imagine Louis XVI assis à son bureau, au milieu de la pièce. Le souverain a tenu que soient installés des lieux d’aisance à l’anglaise, constitués de toilettes avec évacuation et chasse d’eau. Elles sont dissimulées derrière une porte taillée dans la boiserie. Aucun espace pour mettre les pieds, aussi le roi ne pouvait-il s’asseoir sur le trône que la porte ouverte. Un espace certes moins grandiose que la galerie de Glaces, mais bien plus émouvant.

8174449605_b4b4610d46_z

Le 29 juillet 2015.

Jean-Yves Pons, CJA.

Grèce, les Eurocates tentent de reprendre la main. Le ministre des Finances, Yanis Varoufakis, démissionne

6 Juil
imgres

https://www.google.fr/search?q=varoufakis&safe=off& biw=833&bih=384&tbm= isch&source=lnms&sa=X& amp;ei=mh-aVZvvLMXxUq_QgYgH&ved=0CAkQ_AUoBA

Publié à 07h47, le 06 juillet 2015 Par Gaétan Supertino

Malgré le « non » obtenu aux référendum, Yanis Varoufakis quitte le gouvernement afin de faciliter les négociations

Il avait dit qu’il démissionnerait si le « oui » l’emportait au référendum de dimanche, en Grèce. Finalement, les Grecs ont massivement voté « non« – OXI- (61%) aux réformes proposées par les représentants du FMI, de la BCE et de l’Union européenne en échange de leur aide. Mais le ministre des Finances, Yanis Varoufakis, a tout de même annoncé sa démission.

« Peu de temps après l’annonce des résultats du référendum, on m’a informé d’une certaine préférence de certains membres de l’Eurogroupe, et de ‘partenaires’ associés, pour mon absence des réunions. Une idée que le Premier ministre (Alexis Tsipras) a jugé potentiellement utile à l’obtention d’un accord. Pour cette raison je quitte le ministère des Finances aujourd’hui« , a-t-il expliqué sur son blog.

Un ministre des Finances anti-austérité. A la tête du ministère des Finances, Yanis Varoufakis était en première ligne dans les négociations. Le ministre, très sévère vis-à-vis des politiques d’austérité, a régulièrement critiqué vivement le plan de sauvetage du pays par des prêts de l’UE et du FMI. Ce professeur d’économie de 53 ans, considéré comme un des « radicaux » de Syriza, la parti de gauche radical au pouvoir a toujours pourfendu « la dette odieuse » et prôné la « fin des mesures d’austérité« .

Faisait-il obstacle aux négociations ? « Pour faciliter les négociations, je pense qu’il a démissionné. Les créditeurs disaient que c’était lui l’obstacle. C’est une démarche d’apaisement« , analysait lundi sur Europe 1 Stelios Kouloglou, eurodéputé Syriza.

http://www.europe1.fr/international/grece-le-ministre-des-finances-yanis-varoufakis-demissionne-1364912

Billet d’Argolide. Economie « à la grecque », comme une tragédie de Sophocle.

28 Juin

69868441

 

Vous connaissez les paramètres économiques des négociations actuelles entre la Grèce et ses créanciers (Union européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international), nous n’y reviendrons donc pas dans ce court billet. D’autant que ce à quoi nous assistons ces jours-ci a été prévu et annoncé de longue date par le Conseil dans l’Espérance du Roi, malgré les dénégations et les simagrées des différents protagonistes de cette douloureuse et terrible affaire.

En revanche vous ne lirez nulle part que sur notre blogue la vision que nous pouvons en avoir depuis que nous séjournons dans le beau pays des Dieux de l’Olympe.

Après l’échec des discussions de Bruxelles et de Francfort, le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a donc annoncé dans la nuit de vendredi à samedi la prochaine tenue (dimanche 5 juillet) d’un référendum (dont le principe a été accepté par le parlement à une majorité supérieure à celle dont dispose le gouvernement) par lequel les citoyens grecs diront s’ils acceptent ou non l’ultimatum des créanciers à leur pays. Entendez qu’ils diront s’ils tiennent à perpétuer leur adhésion à l’Union européenne et à sa monnaie unique en passant sous leurs fourches caudines ou s’il souhaitent le saut dans l’inconnu que représenterait le fait d’y renoncer.

N’en doutez pas, tous les Grecs (bien mieux informés de tout cela que le sont d’ailleurs les Français de la situation réelle de notre pays) sont parfaitement conscients de l’enjeu et le vivent aujourd’hui « à la grecque« , c’est-à-dire comme une tragédie de Sophocle.

epidaure

Théâtre d’Epidaure

Ils balancent entre une colère violente à l’égard de l’Union européenne et des critiques acerbes de leur personnel politique passé comme présent. Mais, dans les deux cas, le sentiment le plus partagé est celui de l’humiliation.

Il en résulte la résurgence du vieux démon de la Grèce : la discorde (διαφωνία). Et de son corollaire : le risque d’une guerre civile. Ne riez pas, car ce danger mortel n’est pas si lointain. Et ses conséquences pour la région (et même sans doute pour le continent) en seraient catastrophiques. Seuls les valets des Etats-Unis peuvent s’en réjouir. D’ailleurs…ils le font.

Nous serons fixés le 5 juillet. D’ici-là, les Grecs devront se résoudre à des restrictions financières importantes en termes de transfert de capitaux et de disponibilité monétaire.

Après le 5 juillet et dans le cas où ils rejetteraient l’ultimatum de Bruxelles, ils souffriront beaucoup mais avec fierté. Ce sentiment désuet qui les anime encore mais que la plupart des autres pays de l’Union ont perdu depuis longtemps.

Quoi qu’il en soit, les plus grands perdants de cette affaire ne sont pas ceux que l’on croit. C’est en réalité l’Union européenne et sa Banque centrale qui se sont illustrées par  le caractère inepte et désastreux des ajustements budgétaires qui sont la règle dans la zone euro depuis la crise de 2008 et qui répètent sans cesse les mêmes erreurs. Ils l’ignorent encore mais ils vont avoir à en payer le prix fort par le déclenchement d’une réaction en chaîne incontrôlable.

C’est précisément ce que nous annoncions dès le début de cette tragédie. Et c’est clairement ce que nous souhaitons pour la renaissance de la France.

Sans doute ne serons-nous jamais assez reconnaissants aux Grecs de tous leurs bienfaits pour la civilisation européenne.

Le 28 juin 2015.

Jean-Yves Pons, CJA, pour le CER.

BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (5 juillet 2013)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

5 Juil

Angers - bête

*  La bête blessée…n’en est que plus dangereuse !

On nous dit que, tout compte fait, la République est plutôt « bonne fille ». Ne vous y trompez pas. Car elle est mortellement blessée et, donc, d’autant plus dangereuse.

Sous le titre « Répression : de l’attroupement à l’insurrection ? », le blog la voix du citoyen pose la question de l’accéleration et du durcissement de la représsion policière en France, notamment en sollicitant les textes sur l’insurrection du code pénal, qui pourrait permettre de très lourdes peines aux meneurs. N’excluons rien…
Pierre Favre, Professeur agrégé de sciences politique commente dans un article maintenant ancien, la réforme du code pénal de 1993. Au terme de cette réforme, toujours en vigueur, il y aura des manifestations déclarées et des « attroupements » et surtout la fameuse « rébellion » qui en finit définitivement avec le droit d’insurrection issu de la déclaration  des droits de l’homme et du citoyen de 1793.
Pour mémoire, au sens du Code pénal, « constitue un attroupement tout rassemblement de personnes sur la voie publique ou dans un lieu public susceptible de troubler l’ordre public ». L’éminent juriste insiste sur le fait que cette nouvelle approche, d’une définition très lâche, pourrait un jour servir au pouvoir pour réprimer la liberté d’expression : « Un gouvernement pourrait être ainsi tenté de solliciter les textes sur l’insurrection… pour requérir la condamnation a quinze ans de réclusion criminelle de manifestants un peu trop déterminés à défendre leur cause ».
Y sommes-nous ? Certes pour l’instant, le gouvernement utilise les articles relatifs à la « rébellion » et aux « attroupements »…. Mais il n’est pas exclu qu’il recourt aux articles 412.3 et suivants du Code pénal : « Constitue un mouvement insurrectionnel toute violence collective de nature à mettre en péril les institutions de la République ou à porter atteinte à l’intégrité du territoire national. » Les deux actions suivantes sont condamnables au titre du 412.3 : « En assurant le transport, la subsistance ou les communications des insurgés ; En provoquant à des rassemblements d’insurgés, par quelque moyen que ce soit. »
Les veilleurs, comme les veilleurs debout ou le tour de France pour Tous, les Hommens ; la multitude de ces actions, dans le temps et l’espace, leur répétition à l’infini,pourraient tenter le gouvernement de considérer qu’il y a une insurrection en cours et la réprimer comme telle.

Nous ne lâcherons rien…surtout pas la vigilance.

*  Le loup est ressorti du bois…ce n’est pas bon signe !

Comme c‘était attendu, jeudi la BCE a laissé inchangé à 0,50% son principal taux d’intérêt directeur, son taux de refinancement. Mais pour son Président Mario Draghi ( dit le loup), la fin de la politique monétaire accomodante de la BCE n’est pas pour demain.

« Le Conseil des gouverneurs a fait un pas inédit pour orienter sa politique dans une direction plus spécifque, ce qu’il n’avait jamais fait, a déclaré Mario Draghi. Il a dit que les taux d’intérêt de la BCE resteraient à leurs niveaux actuels voire plus bas pour une période de temps prolongée« .

En donnant aux investisseurs le plus d’indications possibles sur l‘évolution prévisible de la politique monétaire de la zone euro, la BCE emboîte le pas à la Réserve fédérale américaine.

Mais en réalité l’objectif de Mario Draghi est de rassurer les marchés qui permettent de couvrir les emprunts européens. En effet, depuis quelques semaines, les taux d’emprunts à dix ans du Portugal (le maillon faible d’aujourd’hui, après la Grèce) s’envolent et frisent les 8% ce qui ne pourra pas être longtemps supportable. La cause de ce désastre rampant : le constat d’échec de l’austérité menée de façon disciplinée dans le pays depuis le dernier plan d’aide accordé par l’Europe et le FMI au printemps 2011. Une crise politique vient de s’ajouter à ces difficultés financières avec la démission de deux poids lourds du gouvernement portugais : le ministre des finances (architecte des mesures de rigueur imposées au pays) et le ministre des affaires étrangères. Résultat : la bourse de Lisbonne s’est effondrée mercredi de plus de 6%. Il est vrai qu’avec une dette de plus de 127% de son PIB, le Portugal ne peut plus supporter la moindre augmentation de ses taux d’intérêt et il pourrait être amené à réclamer une rallonge financière et/ou le soutien accru de la BCE. D’où la démarche « préventive » de Mario Draghi. Et ses propos lénifiants: « Je pense que le Portugal a obtenu de remarquables résultats. La route a été certainement douloureuse et les résultats obtenus vraiment importants, remarquables, et même exceptionnels » !

Quoi qu’il en soit, la crise politique qui s’installe au Portugal (qui n’est sans doute que la partie émergée de l’iceberg financier européen) témoigne de la lassitude des populations vis-à-vis d’une austérité dont plus personne ne voit le moindre avantage puisque les résultats ne sont jamais au rendez-vous que leur donnent les sacrifices subis.

La crise bancaire qui s’annonce dans plusieurs pays de l’Union européenne et que nous évoquions récemment  (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2013/07/02/bulletin-climatique-quotidien-2-juillet-2013-de-la-republique-francaise/ ) risque de précipiter ce que les oligarchies au pouvoir craignent le plus : La rébellion de leurs populations.

*  Et pendant ce temps-là…

L’ UMP fait la quête ! 

Mais qui veut aider l’UMP ? Le parti a lancé, jeudi 4 juillet, » une grande souscription nationale  » pour renflouer ses caisses. Cette annonce du président de l’UMP, Jean-François Copé, fait suite à l’annonce du rejet des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 par le Conseil constitutionnel.

L’UMP est déjà très lourdement endettée. Aux 30 millions d’euros de dettes, s’ajoutent désormais près de 11 millions d’euros. Après sa défaite aux élections législatives de juin 2012, le parti avait perdu près de 14 millions de dotation publique.

Si la Commission nationale des comptes de campagnes (CNCCFP) avait validé les comptes de l’ex-président, l’Etat aurait remboursé la moitié des dépenses du candidat de l’UMP. Un privilège réservé à ceux qui obtiennent plus de 5 % des voix au premier tour, dans la limite de 22,5 millions d’euros. Mais des dépenses n’ont pas été intégrées aux comptes pour ne pas que cette limite financière soit atteinte, poussant la CNCCFP a refuser le remboursement. Le Conseil constitutionnel a ainsi suivi son avis.

Après l’annonce du rejet des comptes, Nicolas Sarkozy, déjà au cœur d’une affaire de financement de sa campagne présidentielle par le clan Khadaffi, a décidé de démissionner du Conseil constitutionnel dont il en est membre en sa qualité d’ancien chef de l’Etat: « Après la décision du Conseil constitutionnel et devant la gravité de la situation et les conséquences qui en résultent pour l’opposition et pour la démocratie, Nicolas Sarkozy démissionne immédiatement du Conseil constitutionnel afin de retrouver sa liberté de parole « , rapporte un communiqué. Même si cette « démission » est virtuelle puisque Nicolas Sarkozy est membre de droit, donc membre à vie, du Conseil. Que ne comprennent-ils pas qu’avec un roi rien de tout cela n’existerait et ne salirait l’image de la France…

Nous ne verserons ni la moindre larme ni la moindre obole pour sauver ces gens-là !

*  Mais « la France ne peut pas périr, car le Christ aime encore les Francs ! » (Henri comte de Chambord) :

Et la France sait aussi se souvenir :

Aujourd’hui 5 juillet 2013, commémoration du 10e anniversaire du décès de la Princesse Isabelle d’Orléans-Bragance, Princesse du Brésil (branche de Pétropolis), par son mariage Duchesse d’Orléans, de Valois, de Chartres, de Guise, d’Enghien, de Vendôme, de Penthièvre, d’Aumale, de Nemours et de Montpensier, Dauphine d’Auvergne, Princesse de Joinville et de Condé, connue sous le titre de courtoisie de Comtesse de Paris, mère du prince Henri d’Orléans, chef de la branche cadette de la maison de Bourbon.

Le 5 juillet 2013.

Jean-Yves Pons, CJA.

 

BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (19 février 2013)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

18 Fév

*  L’euro fort, vrai danger pour l’Europe du sud ?

Face à la crise financière, puis à celle de l’euro, la BCE  n’a pas hésité à fournir des liquidités aux banques et à combattre la fragmentation de la zone euro. Mais elle s’est montrée plus traditionaliste en matière de stimulation macroéconomique.

En effet l’accroissement de la taille de son bilan ne doit pas tromper : il ne vise pas, comme pour la Fed, à relancer l’économie, mais à pallier la défaillance du marché interbancaire. En termes techniques, la BCE mène une politique de liquidité hétérodoxe mais sa politique monétaire reste plutôt orthodoxe.

D’ailleurs plus l’action qu’il conduit pour préserver l’intégrité de la zone euro est contestée par les faucons de la Bundesbank, plus Mario Draghi est contraint de se montrer strict sur le front de l’inflation. D’où un risque sur le change, face à d’autres banques centrales aujourd’hui moins sourcilleuses.

Comme beaucoup d’économies continentales, la zone euro est relativement peu ouverte : elle exporte et importe de l’ordre d’un quart de son produit intérieur brut. L’impact des variations du change est donc limité. Cependant c’est une économie coupée en deux, entre un Nord prospère qui tutoie le plein-emploi et un Sud en profonde récession. Cela ne peut pas durer très longtemps.

Or, Zsolt Darvas, de l’Institut Bruegel, et Gian Maria Milesi Ferretti, du FMI, ont l’un et l’autre montré récemment que le redressement du Sud ne pouvait pas seulement s’opérer vis-à-vis du Nord : pour résorber leurs déficits et reconstruire leur économie, l’Espagne ou l’Italie – mais la France aussi – ont besoin d’exporter davantage vers l’extérieur de la zone. Un euro à 1,50 dollar (comme on peut le redouter) mettrait ce rééquilibrage en situation de risque. 

Mais, la primauté de l’objectif interne sur l’objectif externe est constitutive de l’euro et l’Allemagne est formellement hostile à toute politique de change. Le seul espoir est d’abord que la BCE prenne en compte le change dans son appréciation des risques économiques. Il est ensuite et surtout que les banques centrales nationales s’accordent sur le degré acceptable de différenciation de leurs politiques, mais restent suffisamment cohérentes entre elles pour ne pas laisser de place à une guerre des monnaies. Et ça…c’est moins sûr tant elles ont été politiquement affaiblies par le mirage de la monnaie unique et la tyrannie de la BCE.

Entre elles, comme au sein d’un G20 en voie de déliquescence accélérée, le ciment de la coopération internationale se délite. Là est le vrai danger.

*  Après la taxation des retraites, celles des allocations familiales :

Didier Migaud, le Premier président de la Cour des comptes, a proposé , en plus de la taxation des pensions de retraite,la taxation des allocations familiales afin d’augmenter les recettes de l’Etat. Aussitôt dit, aussitôt fait !  « Une mission a été confiée à un ancien président de chambre à la Cour des comptes, Bertrand Fragonard, grand spécialiste de ces questions de politique familiale, qui rendra ses conclusions au Premier ministre, et ensuite nous prendrons nos décisions« , a ainsi déclaré hier lundi le ministre de l’économie, Pierre Moscovici, sur RTL.Im^ôt

Les pistes de réflexion retenues pourraient être les suivantes : soit rendre imposables les prestations familiales, soit les rendre accessibles sous conditions de ressources. Le caractère universel, fondement même de la politique familiale, serait donc ainsi remis en cause. En choisissant la seconde proposition, ce serait une prime aux plus démunis (voyez-vous de qui il pourrait s’agir ?) financée sans contrepartie par ceux que ne tarderont pas à l’être. Lesquels paieront quand même si l’on choisit la première proposition. Bref ce sont toujours les mêmes qui « cracheront au bassinet » ! Ce qu’ils font d’ailleurs déjà grâce au gel du barême de l’impôt sur le revenu et à la nouvelle règlementation du quotient familial.

Les allocations familiales n’ont pas vocation à servir à une meilleure redistribution des revenus entre ménages modestes et aisés. Si redistribution il y a, elle doit rester horizontale : l’ouvrier sans enfant paye pour l’ouvrier avec enfants, le cadre sans enfant paye pour le cadre avec enfants, etc. Ces allocations ont vocation à compenser un tant soit peu la perte de pouvoir d’achat occasionnée par l’arrivée d’enfants. Par ailleurs, il ne faut pas perdre de vue que « Quand on veut faire d’un instrument de politique  familiale un instrument de justice fiscale, on passe à côté de ses objectifs », a résumé Nathalie Kosciusco-Morizet lundi matin sur France Inter. Pour les adversaires de la taxation, les allocations ont avant tout pour but de promouvoir la famille afin d’assurer le renouvellement de la population (et incidemment, la retraite des actifs).

Le but recherché par la société n’est pas d’inciter à la natalité uniquement chez les plus modestes. Certains estiment même qu’il n’est pas mauvais, pour une société, de développer la natalité chez les plus aisés : cela permet une élévation plus rapide du niveau d’éducation moyen. Cet argument n’est pourtant jamais avancé à haute voix car il n’est pas « politiquement correct ».

Ce qui, surtout, est aberrant c’est de ne jamais poser la questions des autres réformes possibles de la politique familiale. En particulier celle de la fraude : qui ose dire qu’elle se monte officiellement à plusieurs milliards d’euros par an . Ne pourrait-on pas trouver là une piste sérieuse permettant de réduire le déficit de la branche famille des prestations sociale ?

*  Une subvention pour l’embauche de jeunes de banlieues :

En déplacement à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et le ministre délégué à la Ville, François Lamy ont annoncé que le gouvernement allait subventionner l’embauche de 2.000 jeunes qui habitent « en zone urbaine sensible » (NDCER: on ne voit toujours pas ce que la sensibilité vient faire dans ces quartiers). Un dispositif pour, paraît-il, « lutter contre les discriminations« .

Il s’agit  » d’emplois francs (sic) » qui seront expérimentés sur « une dizaine de sites« . Ces emplois prévoient une subvention de l’Etat : 5.000 euros pour l’embauche en CDI d’un jeune de 18 à 30 ans qui habite en zone urbaine sensible et qui est inscrit « depuis un certain temps » au chômage. 

Pour François Lamy, ce dispositif est un moyen de faire émerger « des exemples de réussite dans les quartiers qui ne soient pas celles de petits dealers« .

Plusieurs zones sont concernées par ces « emplois francs », notamment Clichy-Montfermeil, Marseille, Grenoble et Amiens. Un arrêté devra être publié début mars pour lancer le dispositif. Mais le calcul est facile: 5 000 x 2 000 = 10 000 000 d’euros. Pour quel résultat ?

Alors, nous le leur disons: il faudra qu’ils rendent des comptes sur les gaspillage de l’argent public. Car cet argent est celui qu’ils volent. Et il faudra qu’ils en rendent compte sur leurs biens propres, voire…. La Chambre d’Instruction pour le Tribunal de l’Histoire y veillera.

*  Petite entorse au Bulletin climatique :

En ce jour du 19 février il nous faut rendre hommage à la mémoire d’un des plus grands savants de tous les temps: Nicolas Copernic.

Nicolas Copernic est né en Pologne le 19 février 1473. Après avoir étudié les arts à l’Université de Cracovie, il découvre la médecine, les mathématiques et surtout l’astronomie à l’université de Bologne (Italie). Son professeur Domenico Maria Novara l’invite régulièrement à observer des éclipses ou des occultations d’étoiles par la Lune. De retour en Pologne à partir de l’an 1500, Copernic va consacrer le reste de sa vie à mener de front son travail de chanoine, un poste d’administrateur du diocèse qui ne demande pas de devoirs religieux, et ses recherches astronomiques qu’il conduit dans son observatoire de Frombork au nord du pays.

Représentation de Copernic par le peintre polonais J. Matejko (1838-1893)

Alors que depuis Ptolémée et Aristote la Terre est placée au centre de notre Univers (c’est le géocentrisme), Copernic pense que c’est  le Soleil qui se trouve au centre (c’est l’héliocentrisme). Cette hypothèse avait déjà été envisagée par Aristarque de Samos, un astronome grec qui vécut 300 ans avant J-C. Mais Copernic annonce également que la Terre tourne sur elle-même, que la Lune est son satellite et que toutes les planètes tournent autour du Soleil. Il développe ses théories dans deux ouvrages majeurs : « Commentariolus« , qui ne sera publié qu’au 19 ème siècle, et « De Revolutionibus Orbium Coelestium » achevé vers 1530 et publié 13 ans après, le jour de la mort de son auteur.

Copernic a néanmoins retardé de plusieurs années la parution de l’œuvre de sa vie. Ses croyances et la peur de la réaction de l’Église en sont les principales raisons. Quand Copernic meurt le 24 mai 1543, ses idées ne sont connues que de quelques scientifiques. Ses textes ne seront publiés que le jour de sa mort. Mais, contrairement à ce que certains soutiennent, Copernic ne fut jamais inquiété par l’Eglise durant son existence. En revanche, il connut beaucoup de contradicteurs ayant du mal a abandonner la vision traditionnelle du cosmos, héritée de Ptolémée. Ses oeuvres ne furent partiellement condamnée par l’Eglise que beaucoup plus tard (au milieu du XVII ème siècle), dans le cadre du conflit avec Galilée, avant d’être réhabilitées un siècle plus tard.

Copernic sut, par ses travaux, libérer les scientifiques et chercheurs de leurs préjugés. Il amena aussi par la suite les théologiens à s’interroger sur l’interprétation des textes sacrés. Il fallut attendre le XIX ème siècle pour que les théologiens prennent des distances vis-à-vis de l’interprétation trop littérale des textes sacrés, ce qui nécessita tout de même un renouvellement des études bibliques.

L’influence de Copernic se fit sentir jusque dans le domaine philosophique : Descartes, qui avait rédigé un Traité du monde et de la lumière,  s’orienta vers la philosophie et rédigea le Discours de la méthode et quelques autres ouvrages philosophiques qui constituaient un projet de recherche d’une science universelle.

Et ce n’est pas sans raison que l’on parle de révolution copernicienne, car l’influence du système de Copernic se fit sentir profondément dans tous les domaines de la connaissance humaine.

*  Mais « la France ne peut pas périr, car le Christ aime encore les Francs ! » (Henri comte de Chambord) :

La singularité chez le duc de Saint-Simon

Journée d’études orga­ni­sée par le Centre de recher­che du châ­teau de Versailles et la Société Saint-Simon

Samedi 9 mars 2013 – Auditorium du château de Versailles

(Copyright photo et source : site du château de Versailles)

Le Centre de recherche du château de Versailles  et la Société Saint-Simon organisent une journée d’études ayant pour sujet « La singularité chez le duc de Saint Simon » le 9 mars 2013.

« Grand défen­seur des rangs et de l’ordre monar­chi­que, pour­fen­deur de tou­tes les usur­pa­tions, Saint-Simon sem­ble vouer une pas­sion para­doxale et peu com­mune à la sin­gu­la­rité. Dérogeant à toute loi ou à toute norme, la sin­gu­la­rité recou­vre des voca­bles aussi variés que le curieux, le par­ti­cu­lier, le rare, l’excel­lent, l’uni­que mais aussi le mar­gi­nal, le capri­cieux, le bizarre voire le scan­da­leux. Elle tou­che au plus près le récit his­to­ri­que et l’écriture de soi comme un élément invrai­sem­bla­ble, irra­tion­nel, ou sim­ple­ment carac­té­ri­sant, motif suf­fi­sant de la nar­ra­tion. Elle concerne encore les por­traits, carac­tè­res, for­tu­nes, corps, habi­tu­des de vie, mœurs et ren­voie à l’indi­ci­ble variété des êtres et des événements. Entre pas­sion pour l’extra­va­gance et répul­sion pour l’irré­duc­ti­ble, la sin­gu­la­rité fas­cine autant qu’elle interr­oge. »

PROGRAMME

Matin

Président de séance : Patrick Dandrey (université Paris-Sorbonne)

9h30 Accueil
9h45 Comparer, caractériser : les exercices de géométrie historique

du Parallèle, François Raviez (université d’Artois)

10h30 Pause

11h00 Récits singuliers et effets de perspective de l’écriture de soi dans la Note Saint-Simon, Marie-Paule de Weerdt-Pilorge (université François-Rabelais de Tours)

11h45 L’écriture de l’histoire et la question du singulier chez Saint-Simon, Marc Hersant (université Jean Moulin – Lyon 3)

12h30 Déjeuner

Après-midi

Président de séance : Jean Garapon (université de Nantes)

14h15  L’ “étrange singularité” de M. de Lauzun , Patrick Dandrey (université Paris-Sorbonne)

15h00 Pause

15h30 Dans le bruit et la vivacité de la débauche  : Saint-Simon face aux singularités de Philippe d’Orléans,
Damien Crelier (université Paris-Sorbonne)

16h15 Esclavage et liberté du singulier,
Francesco Pigozzo (Scuola Superiore Sant’Anna, Pise)

Direction scientifique : Marie-Paule de Weerdt-Pilorge (université François-Rabelais de Tours)

Entrée libre dans la limite des places disponibles.
Inscription obligatoire :
– en ligne : http://www.chateauversailles-recherches.fr (« événements sur inscription ») – par mail : colloques@chateauversailles.fr
– par téléphone : +33 (0)1 30 83 75 12

Centre de recherche du château de Versailles Pavillon de Jussieu — RP 834
78008 Versailles Cedex 

Le 19 février 2013.

Jean-Yves Pons.

Financement des budgets des Etats, Ils sont prêts à tout*.

9 Jan

salle-du-conseil2.jpg

L’Etat est en faillite. Il lui faut donc tenter de sauver ce qui peut encore l’être et la loi de finances 2013 vous a montré de quoi l’oligarchie au pouvoir est capable. Vous avez sans nul doute mesuré et apprécié à leur juste valeur les méthode employées et que l’on peut qualifier d’ « orthodoxes« : quelques économies budgétaires (largement insuffisantes cependant) et de considérables prélèvements fiscaux. Le résultat ne se fait pas attendre: l’économie est asséchée et la récession s’installe.

Comme la plupart d’entre vous s’en doutent, ces moyens s’avèreront donc rapidement insuffisants. Aussi, attendez-vous à ce que d’autres méthodes nous soient imposées. Nous les qualifierons de « non orthodoxes« .

En Europe, en particulier, les gouvernements, qui se sont engagés sur la voie de l’assainissement budgétaire alors que leurs économies étaient encore faibles, sont maintenant aux prises avec les répercussions sur la croissance. En conséquence, la stabilisation de la dette semble être une cible de plus en plus difficile à atteindre.

Aux États-Unis, l’assainissement a à peine commencé. Parce que l’économie privée est maintenant plus forte, le pays peut bénéficier de conditions plus favorables en terme de croissance, mais l’ampleur de l’austérité budgétaire nécessaire – plus de dix points de pourcentage du PIB, selon le FMI – est effrayante. Au Japon, rien n’a été fait à ce jour et l’importance de l’effort requis défie l’imagination.

Officiellement, tous les gouvernements des pays avancés restent engagés à accepter la douleur de l’ajustement. Mais combien d’entre eux s’épuiseront avant que ce programme soit réalisé dans son intégralité ?

En vérité, tôt ou tard, volontairement ou non, certains auront besoin de recourir soit à l’inflation soit à des mesures administratives destinées à capturer l’épargne nationale en vue de financer l’Etat et de garder des taux obligataires faibles (ce que les économistes appellent la répression financière). Sans exclure pour autant, de manière ultime, de recourir à la restructuration pure et simple de la dette voire à prononcer le défaut de remboursement.

Chacun de ces trois remèdes a été utilisé durant des crises de la dette antérieures. Ils peuvent être considérés comme des formes de taxation, même s’il s’agit d’une taxation plutôt implicite qu’explicite. En fin de compte, ce sont différentes méthodes pour forcer les générations actuelles et futures à assumer le fardeau de la dette qui s’est accumulée (pour les raisons que vous savez et qui ne sont pas de la responsabilité des peuples mais de leurs gouvernants).

Est-il préférable de choisir un ajustement complet ? Ou, est-il conseillé de mélanger l’assainissement avec une dose de remède alternatif ?

Sur ce point, la discussion est souvent formulée en termes moraux. L’ajustement, nous dit-on, est moralement louable, tandis que toutes les alternatives impliquent de répudier les contrats que les gouvernements ont conclus avec les créanciers obligataires.

Cela peut être vrai, mais les gouvernements se soucient plus de leur réélection que des principes moraux. Il est donc utile de discuter en termes purement économiques ce qu’impliquent les choix orthodoxes et non orthodoxes du point de vue de l’équité et de l’efficacité.

Commençons avec l’équité. De ce point de vue, l’ajustement est difficile à battre. La combinaison de la fiscalité et des réductions de dépenses permet de distribuer avec précision la charge de l’ajustement. La décision appartient au législateur. Certains ajustements, comme en France aujourd’hui, pèsent surtout pour le moment (mais ne rêvons pas) sur les individus à gros et moyen revenus; d’autres, comme en Italie, pèsent sur les retraités. Ces choix ont été faits démocratiquement, au sein des parlements, dans le cadre de décisions budgétaires. Encore faut-il en avoir le temps et les moyens. L’exemple de la Grèce est édifiant sur ce plan.

Par contre, les techniques non orthodoxes sont moins précises et plus opaques. L’inflation affecte toutes les personnes qui détiennent des actif (liquidités, obligations) ou des revenus (salaires, revenus de comptes d’épargne) qui ne sont pas indexés (ou sont imparfaitement indexés) par rapport au niveau des prix. En revanche elle allège les dettes personnelles. La répression financière est essentiellement une forme de taxation administrative de l’épargne intérieure. Quant à la restructuration, elle correspond à un prélèvement sur la richesse des obligataires, y compris l’épargne-pension de la classe moyenne: la restructuration concentre le poids de l’ajustement sur les personnes qui détiennent des obligations émises avant une certaine date limite et provoque ce que Keynes appelait « l’euthanasie du rentier ». Mais, lorsque le poids de la turpitude passée est trop lourd, il peut s’agir de la seule solution pour protéger les générations futures.

En revanche, pour les contribuables, c’est une formule alléchante, surtout quand une part importante de la dette est détenue en-dehors du pays !

Passons à présent à l’efficacité. Des ajustements à grande échelle peuvent affaiblir la capacité d’une économie à générer de la croissance, parce que des impôts élevés découragent les investissements ou parce que des coupes dans les dépenses publiques érodent la qualité des infrastructures et de l’éducation. Toutefois, tout cela s’applique également aux remèdes non orthodoxes.

La répression financière introduit des distorsions en canalisant l’épargne vers le financement du budget et au détriment des investissements. L’inflation implique une augmentation des taux d’intérêt à long terme, jusqu’à ce que les marchés reprennent confiance dans la banque centrale (à condition que celle-ci soit efficiente et non pas assujettie à la BCE par exemple). Quant à la restructuration, elle affaiblit les banques, qui détiennent généralement d’importants portefeuilles d’obligations d’état, ce qui les rend moins aptes à financer l’économie.

Cependant, une exception peut être présentée. Lorsque les secteurs public et privé sont tous deux surchargés de dette, l’ajustement conduit à une spirale de déflation par la dette, en particulier lorsqu’il est réalisé sous un régime de taux de change fixe. Dans ces conditions, un ajustement complet risque de devenir autodestructeur, ou au moins déraisonnablement difficile, comme l’illustre le cas de la Grèce. En dépit de leurs coûts économiques, la restructuration de la dette publique ou l’érosion de toutes les dettes publiques et privées à travers l’inflation peuvent se révéler des options moins néfastes.

En fin de compte, les alternatives à l’ajustement ne sont pas tendres. A part dans des situations extrêmes, elles sont moins performantes que l’ajustement budgétaire du point de vue de l’équité et ne sont pas préférables en termes d’efficacité. Par conséquent, l’idée qu’elles offrent un moyen facile de sortir de situation actuelle que connaissent les pays avancés est discutable. Mais pourra-t-on y échapper ?

En réalité, il ne faut pas s’y tromper. Nos gouvernants sont moins scrupuleux qu’on pourrait l’espérer et ils sont, pour la plupart, prêts à tout pour conserver leurs prébendes. Tant qu’ils seront assujettis aux règles imposées par l’Union européenne et la zone euro, ils en resteront aux méthodes « orthodoxes ». Mais si les circonstances économiques et financières devenaient insupportables, ils se tourneraient à coup sûr vers les méthodes « non orthodoxes ». Toutefois, il faut être conscient que, dans tous les cas, une de ces méthodes reste « un fer au feu », applicable brutalement et sans préavis, la répression financière. C’est à dire la captation administrée de notre épargne et sa dévolution au budget de l’Etat. Ce vol ne les effraie pas. Aussi, restez méfiants vis-à-vis de vos assurances-vie par exemple…

* Communiqué rédigé à partir des éléments d’un entretien de Jean Pisani-Ferry, Directeur de l’Institut Bruegel.

Le 9 janvier 2013.

Conseil dans l’Espérance du Roi.