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Billet d’humeur d’ANNE-LYS : Limites des conflits sociaux; Quand le crime paie.

29 Jan

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Quand prennent fin – souvent provisoirement – les conflits sociaux, il faut faire les comptes de ce qu’ils ont coûté. Et le résultat a de quoi effarer :

Les salariés d’une PME qui ont accepté la fin de leur « boîte » et la fin de leur emploi dans les conditions légales, sans enfreindre la moindre loi, se retrouvent avec de très minces indemnités et la perspective de se retrouver, au bout de quelque temps, en « fin de droits », avec le RSA pour tout potage.

Mais les salariés d’une certaine entreprise, qui disposaient de 8.000 litres de produits toxiques et ont menacé de les déverser dans la Seine ont obtenu chacun 15.000 € d’indemnités supplémentaires ; le millier environ de salariés de Conti qui ont saccagé la sous-préfecture de Compiègne n’ont jamais subi les foudres de la justice et se sont au contraire retrouvés avec un bonus de 50.000 euros pour chacun. Et hier, on apprenait que les 1173 salariés de Goodyear, dont le comportement a découragé tous les repreneurs, après avoir longuement séquestré deux cadres de l’entreprise dans des conditions très pénibles (les auteurs de la séquestration ont prétendu qu’elle n’avait pas été si pénible que cela puisqu’après plusieurs heures ils avaient fourni à leurs captifs… un peu d’eau à boire !) non seulement ne risquent apparemment aucune peine mais vont toucher …. au moins 120.000 € chacun, en principe pour mettre fin au conflit (mais des cadres de la CGT, entendus sur BFM TV, ont encouragé les salariés à intenter de nouvelles actions, officiellement à titre individuel).

De tels exemples laissent penser que plus gravement les salariés violent la loi à l’instigation d’un syndicat, plus ils en sont récompensés, sans que le gouvernement ni la justice semble y voir malice.

Si les salariés d’une entreprise « en grève pour la conservation de l’emploi » en viennent un jour à tuer, leur versera-t-on un million d’euros à chacun ?

Car, apparemment, en France syndicale, le crime paie et la vertu ne paie pas.
Anne-Lys                                                                                                                                                                                                                                                          http://www.vexillaregis.com/?page_id=26

BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (18 avril 2013)…DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE.

18 Avr

*  L’espérance de vie en bonne santé stagne :

Les Européens vivent de plus en plus vieux, mais leur « espérance de vie en bonne santé » après 65 ans stagne depuis 2005, atteignant 8,8 ans pour les hommes et 8,6 ans pour les femmes, selon des chiffres rendus publics mercredi à Paris dans la revue Population et Sociétés (http://www.ined.fr/fr/publications/pop_soc/).

Alors que l’espérance de vie à 65 ans a augmenté de 1,3 an pour les hommes et de 1,2 an pour les femmes depuis 2005 dans les 27 pays de l’Union européenne, l’espérance de vie sans incapacité (EVSI), devenue un indicateur important des politiques européennes, n’a pratiquement pas bougé, augmentant de 0,2 an seulement pour les hommes et diminuant même de 0,2 an pour les femmes au cours de la même période.

« Cela signifie que les années de vie supplémentaires sont vécues avec des limitations d’activité« , explique Jean-Marie Robine, directeur de recherche à l’Inserm qui coordonne l’Action européenne conjointe sur les années de vie en bonne santé (EHLEIS).

La France reste la championne de « l’espérance de vie à 65 ans » (à savoir le nombre d’années à vivre pour une personne âgée de 65 ans), affichant 19,3 ans pour les hommes et 23,8 ans pour les femmes en 2011, contre 18 ans pour les hommes et 21,4 ans pour les femmes dans l’ensemble des pays de l’UE.

La France fait partie des pays où l’espérance de vie à 65 ans a le plus augmenté: 1,8 an pour les femmes et 1,6 an pour les hommes entre 2005 et 2011.

Mais comme dans le reste de l’Europe, l’espérance de vie en bonne santé a stagné en France entre 2005 et 2011, surtout en ce qui concerne les femmes (+0,3 an, considéré comme « non significatif ») , les hommes ayant pour leur part gagné 1,2 an, soit nettement plus que la moyenne européenne.

Des écarts importants, pouvant atteindre plus de 10 ans, subsistent entre les différents pays européens, selon des chiffres publiés en mars par Eurostat, l’office statistique de la Commission européenne. Les hommes lituaniens ont ainsi une espérance de vie à la naissance de 68 ans contre 79,9 ans pour leurs homologues suédois.

Des différences existent également en ce qui concerne l’espérance de vie en bonne santé qui va de 52 ans en Slovaquie pour les hommes qui naissent actuellement, à 71,1 ans en Suède (chez les femmes, les chiffres vont de 52 ans en Slovaquie à 70,7 ans à Malte).

À 65 ans, l’espérance de vie en bonne santé atteint encore 15 ans chez les femmes suédoises ou norvégiennes, mais tombe à 9,9 ans chez les femmes françaises et à 9 chez les femmes espagnoles dont les espérances de vie globales font partie des plus élevées d’Europe.

« C’est probablement dû au fait que les pays nordiques privilégient l’autonomie et favorisent plus l’indépendance des individus alors que les pays du sud réussissent à faire vivre leur population plus longtemps avec des incapacités ou des maladies chroniques » explique M. Robine.

Le cas le plus intéressant est celui du Danemark où l’espérance de vie à 65 ans chez les femmes est inférieure de près de 4 ans à celle des Françaises, alors que leur espérance de vie en bonne santé est supérieure de près de 3 ans.

Au chapitre des bonnes nouvelles, M. Robine cite un nouvel indicateur qui mesure les années de vie où les gens se perçoivent en bonne santé, qui a augmenté paradoxalement en Europe entre 2005 et 2011 (1,5 an pour hommes et 1,6 an pour les femmes), alors même que le nombre des personnes vivant avec des incapacités ou des maladies chroniques augmentait. Ce qui montre l’efficacité encore réelle des services de santé et de soins à la personne.

Mais pour combien de temps, quand on considère la vitesse à laquelle se dégrade la santé des plus pauvres dans les pays européens les plus frappés par la crise (vous serez particulièrement édifiés par un très récent article paru dans l’ International Herald Tribune et intitulé « Beaucoup d’enfants ont faim en Grèce« http://www.nytimes.com/2013/04/18/world/europe/more-children-in-greece-start-to-go-hungry.html?ref=global-home&_r=0 – ) ?

*  Dans la rubrique « Ils vous mentent » :

(Entretien avec Eric Verhaeghe, Mathieu Mucherie et Sophie Pedder )*

Non, la crise de l’euro n’est pas finie

  • Le président français a affirmait lundi 10 décembre 2012 : « la crise de la zone euro est « derrière nous ». A condition que nos créanciers continuent à acheter notre dette…

Eric Verhaeghe : Soyons clairs: l’euro est une monnaie en crise structurelle permanente. Pour une raison simple: les distorsions entre les pays de la zone euro ne sont pas mises sous contrôle par une politique budgétaire harmonisée. Tout le monde sait cela depuis les années 60 et l’invention de la théorie de la zone monétaire optimale. Selon cette théorie, une monnaie unique ne peut fonctionner que si elle s’accompagne d’une politique économique concertée sur l’ensemble de la zone de monnaie unique.

Quand on a créé l’euro, cette théorie était parfaitement connue et, pour le coup, les politiques ont fait semblant de ne pas savoir. Ils ont créé la monnaie unique en jurant que sa réussite n’exigeait pas une diminution de la souveraineté nationale en matière budgétaire. C’était un mensonge pur. Certains ont fait le pari que l’euro produirait de la croissance et que la question de l’harmonisation budgétaire ne se poserait pas immédiatement.

Mathieu Mucherie : La crise en zone euro ne peut que continuer tant que la terreur monétaire (des taux 300 points de base trop hauts pour nous et 600 points de base trop hauts pour les Espagnols) continuera, c’est-à-dire tant que la BCE indépendante n’aura pas été destituée d’une façon ou d’une autre.

En attendant, la dette privée et publique ne peut se réduire, compte tenu des pressions déflationnistes, le refrain est bien connu depuis Irving Fisher au moins. Au mieux ce sera la japonisation au Nord (mais la France fera-t-elle partie du Nord ?) et l’Argentinisation au Sud (mais sans le soja OGM et les matières premières pour amortir). Tous aux chaloupes, et bonne chance.

Sophie Pedder : François Hollande avait un problème : il semblait voir la crise en zone euro comme une petite crise de nature conjoncturelle à laquelle succéderait rapidement et facilement la croissance économique et les bénéfices qui y sont inhérents. En réalité, nous sommes parti pour des années et des années de croissance molle en Europe comme ce fut le cas pour le Japon. Nous ne sommes pas dans une situation conjoncturelle mais structurelle. La croissance semble faire son retour au niveau mondial, les pays émergents étant devenus les moteurs de celle-ci. Seule l’Europe est encore en récession et les politiques, surtout en France, n’ont pas encore trouvé de nouveaux moteurs de croissance internes pour l’avenir de notre pays.

Nous ne pouvons pas parler d’une crise bientôt finie puisque nous connaissons actuellement une véritable mutation structurelle de notre économie. La France doit miser sur le high-tech, l’innovation et le savoir. Nous ne pouvons plus attirer les investisseurs avec nos usines automobiles. Il nous faut le Google français de demain et plus globalement les entrepreneurs des secteurs d’avenir. Nous ne pouvons plus être dans le déni.

* Éric Verhaeghe est l’ancien Président de l’APEC (l’Association pour l’emploi des cadres) et auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). 
Diplômé de l’ENA (promotion Copernic) et titulaire d’une maîtrise de philosophie et d’un DEA d’histoire à l’université Paris-I. 

* Mathieu Mucherie est économiste de marché sur Paris, et s’exprime ici à titre personnel.

* Sophie Pedder est Chef du bureau de The Economist à Paris depuis 2003.
Elle est l’auteur de Le déni français aux éditions JC Lattès.

* Souvenir, souvenir…

Il n’est pas inutile, en ces temps où règnent le mensonge, les turpitudes et l’incompétence, de rappeler le communiqué de presse de Harlem Désir et de Karine Berger, au nom du Parti socialiste, le 5 décembre 2012 :

 » Les attaques contre Jérôme Cahuzac sont inacceptables. Le combat politique n’autorise pas tout. Le Parti socialiste condamne fortement les attaques et les calomnies sans fondement à l’encontre de Jérôme

Cahuzac. C’est le combat du Ministre du Budget contre la fraude fiscale et pour la justice fiscale qui est ici visé par ses adversaires. Le Parti socialiste réaffirme tout son soutien à Jérôme Cahuzac pour le combat qu’il mène en faveur de la justice et de l’intérêt général. »

Mais ce n’est pas tout !

Après les aveux puis la fausse « confession » télévisuelle (BFM TV) de Jérôme Cahuzac, nombreux sont ceux parmi les journalistes qui critiquaient ou mettaient en doute les investigations de Mediapart qui, de peur d’être montrés du doigt, se réfugient frileusement derrière LE MENSONGE de l’ex-ministre. Allant même jusqu’à convoquer la fine fleur de la psychanalyse (comme Pascale Clark, sur France inter) pour nous expliquer, au cours de leurs sabbats médiatiques, les différences qui pourraient exister entre le mensonge, l’imposture et… »la part d’ombre » de chacun de nous ! C’est tellement facile, après.

Souvenez-vous quand même, par exemple, de Jean-Michel Aphati (RTL et Canal +) disant au Point: « Quelles sont leurs preuves ? Je m’interroge sur cette pratique du journalisme. Mediapart affirme que Cahuzac a transféré son compte à Singapour. Et on est obligé de les croire ? ». Ou encore sur son compte Twitter, en mars dernier: « Trois mois après l’enquête de Mediapart, nous ne savons toujours pas si Cahuzac a eu un compte en Suisse. C’est dire si l’enquête est bonne. » Mais on peut en citer d’autres, telle Cécile Casciano, de L’Express qui accusait Mediapart de « feuilletonner », c’est à dire de « mettre ne scène l’information en la découpant par épisodes, en gardant de nouveaux éléments sous le coude« . Ajoutant aussi: « Outre le supplice chinois que doit subir la personne mise en cause, ce procédé affaiblit, en l’étalant dans le temps, la force du scoop et peut, pour certains observateurs, porter atteinte à la crédibilité du média qui l’emploie. » Qu’en termes perfides ces choses-là sont dites…

Tous ces imposteurs nous montrant, en réalité, à la fois leur connivence initiale avec le pouvoir, genre « Touche pas à mon pote« , et leur lâcheté finale une fois que le pot aux roses a été découvert.

C’est à vomir…

*  Mais « la France ne peut pas périr, car le Christ aime encore les Francs ! » (Henri comte de Chambord) :

Signac , les couleurs de l’eau

29 mars – 2 juillet 2013

Dans le cadre de la seconde édition du festival Normandie Impressionniste consacrée au thème de l’eau, le musée des impressionnismes Giverny organise une exposition « Signac, les couleurs de l’eau ». 

Comme Claude Monet, Paul Signac a trouvé une source d’inspiration constante dans l’évocation de l’eau et de ses couleurs. 
Depuis les premières marines peintes sur le littoral normand avec une vigueur et une liberté impressionnistes jusqu’aux amples architectures portuaires aux couleurs vives d’après-guerre, la description de l’eau et du ciel offrirent à Signac un inépuisable prétexte à multiplier les variations chromatiques. 

L’exposition compte environ 130 œuvres, peintures, aquarelles et dessins. Elle est complétée par une riche section documentaire (photographies, publications et correspondances) présentée avec le concours des Archives Signac.

Paul Signac, Port-en-Bessin. Le Catel, 1884. Collection particulière

Organisée par le musée des impressionnismes  Giverny en collaboration avec le musée Fabre de Montpellier Agglomération.

Adresse : 99 Rue Claude Monet, 27620 Giverny
Téléphone :02 32 51 94 65
Le 18 avril 2013.
Jean-Yves Pons.

BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (1er mars 2013)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

1 Mar

*  Faut-il s’indigner ?

Disons-le sans ambages, la démarche qui s’esquisse à l’égard des plus pauvres d’entre nous non seulement nous indigne (car pourquoi eux et pas l’ensemble des consommateurs) mais aussi nous inquiète (compte tenu des incertitudes qui règnent encore).

Les plats cuisinés qui ont été retirés de la vente en raison de la fraude sur la viande de cheval pourront être redistribués aux associations caritatives, qui seront informées de leur contenu, a indiqué jeudi le ministre de la Consommation, Benoît Hamon. Interrogé sur RMC, Benoît Hamon a précisé qu’il existait «une disposition réglementaire qui prévoit qu’on puisse faire le don de produits qui ont connu un défaut d’étiquetage». Mais c’est là jouer sur les mots car il s’agit de bien plus que d’un défaut d’étiquetage. Ces plats contiennent en effet de la viande de cheval à la place de viande de boeuf, ce qui n’est pas en soi un obstacle à la consommation. Malheureusement nul ne sait aujourd’hui d’où viennent les chevaux utilisés ni s’ils étaient propres à la consommation (maladies, administration de médicaments, etc.). Les découvertes très récentes de viandes avariées chez certains fournisseurs de ces plats posent d’ailleurs question sur ce plan. Les distribuer avant d’être formellement rassurés sur leur qualité sanitaire n’est pas acceptable, même pour des raisons économiques.

«Ensuite, c’est aux associations de décider si oui ou non elles acceptent ces dons», a poursuivi le ministre. Mais «ceux qui bénéficieront de ces produits alimentaires ont droit à la réalité sur ce qu’ils mangent», a insisté le ministre. Il a reconnu qu’un tel don pouvait être coûteux pour ces associations, notamment dans le cas des produits surgelés qui nécessitent un transport frigorifique. «On peut aussi comprendre que les associations refusent», a-t-il admis. Bref, lançons un ballon d’essai, ça ne mange pas de pain, si l’on ose dire…

La semaine dernière, plusieurs associations avaient indiqué qu’elles seraient intéressées par ces produits à la condition que les garanties sanitaires soient réunies. «On reste sur la même position» ont confirmé jeudi les Restos du Cœur. «On ne ferme pas la porte, mais on attend des assurances», selon une porte-parole. «C’est aux professionnels de veiller à ce que le produit soit conforme à la règlementation sanitaire», a déclaré jeudi une porte-parole de la Direction générale de la concurrence, la consommation et de la répression des fraudes.

Mardi, la ministre de la lutte contre l’exclusion Marie-Arlette Carlotti rencontrera les associations en charge de l’aide alimentaire (Croix Rouge, Secours Populaire, Banques alimentaires et Restos du Cœur) «pour discuter de l’opportunité de récupérer ces produits». «Si un consensus est trouvé, il serait inutile d’ajouter le gaspillage à la fraude», précise la ministre dans un communiqué.

«L’ensemble des produits retirés des rayons ont été conservés et non détruits. Ils ont été stockés dans des chambres froides (…), respectant toutes les conditions sanitaires nécessaires», a assuré la Fédération du Commerce et de la distribution . «On est actuellement en discussions avec les associations caritatives et les administrations pour voir dans quelle mesure ces produits peuvent être donnés», a déclaré une porte-parole.

Ne nous donnons pas rendez-vous au prochain scandale sanitaire !

*  Une loi d’amnistie qui « interpelle » :

Le Sénat a adopté une proposition de loi communiste d’amnistie sur les délits commis dans le cadre de mouvements sociaux depuis 2007. Le PS en a limité la portée mais, comme on pouvait s’y attendre, le Medef dénonce « un appel au cassage » et la droite un geste « clientéliste ».

Une semaine après l’abrogation du jour de carence sur les arrêts maladie des fonctionnaires, l’adoption au Sénat, hier soir, de la proposition de loi communiste d’amnistie des délits et sanctions pour des faits commis lors de mouvement sociaux, relance les critiques sur les arbitrages d’un gouvernement soucieux d’apaiser les tensions croissantes avec les syndicats.

Lors des débats, le sénateur UMP Pierre Charon, ex proche conseiller de Nicolas Sarkozy, a donné le ton en accusant la gauche d’ « excuser ce qui ne doit pas l’être pour des raisons idéologiques et clientélistes. » Les sénateurs centristes se sont aussi opposés en vain à une « proposition inopportune, dangereuse » qui donne « un signal de mauvaise augure à tous les manifestants professionnels »« La violence devient excusable ? Silence assourdissant et irresponsable de François Hollande », a ajouté Valérie Pécresse (UMP) dans un tweet, ce matin !

Le patronat est aussi monté au front. Très prompte à donner de la voix à l’approche des élections au Medef, Laurence Parisot s’est insurgée dès hier soir, sur BFM TV, contre « un signal en faveur de l’antagonisme, du conflit, un appel au cassage » alors que « c’est exactement le contraire dont nous avons besoin.» « La violence ou la dégradation de l’outil de travail ne sont pour finir, au regard de ce texte, pas si graves que cela et ne méritent plus en France en 2013 de sanctions ! Clémence pour les syndicalistes ! », a abondé ce matin la CGPME, évoquant une justice à deux vitesses et réclamant, « si ce texte scandaleux doit être maintenu, son élargissement aux dirigeants d’entreprises notamment pour les délits d’entrave ».

Anticipant ces attaques, le PS s’est attaché, lors des débats au Sénat, à chercher « un équilibre » entre « droit syndical » et « respect de la légalité républicaine », comme l’annonçait la veille, sans rire, la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem. Ou, autrement dit, entre un geste assez marqué pour envoyer un signal à la gauche de la gauche et aux syndicats, CGT en tête, mais assez limité pour ne pas trop braquer l’opinion. Ne sont ainsi concernés que les faits commis entre le 1er janvier 2007 et le 1erfévrier 2013, période à laquelle la gauche estime que la concordance de la montée de la crise et de la mise en oeuvre par le précédent gouvernement d’une « politique pénale très répressive » a pu conduire à des condamnations excessives. Une exception symbolique et historique a toutefois été ajoutée : le texte amnistie les mineurs condamnés lors des grèves de 1948 et 1952, dont sept sont encore vivants.

Cette amnistie ne concernera que les faits passibles de 5 ans de prison au plus. Cela exclut du champ de l’amnistie les violences physiques, que les sénateurs socialistes et écologistes ont jugé central de ne pas cautionner. Pas de clémence non plus pour les atteintes volontaires aux personnes et les infractions commises à l’encontre des personnes dépositaires de l’autorité publique -menaces ou outrages à agents par exemple. Même logique de filtrage resserré dans le champ des bénéficiaires potentiels. Sont concernés les faits commis par des salariés, du privé comme du public, lors de conflits du travail et d’activités syndicales, y compris lors de manifestations, mais les professions libérales et les exploitants agricoles ont été exclus du champ de la loi. Les salariés licenciés pour une faute ayant fait l’objet d’une amnistie devront être réintégrés sauf, autre mesure tempérant le texte initial, s’il s’agissait d’une « faute lourde constituant une atteinte à l’intégrité physique ou psychique des personnes. » De même, les infractions commises lors de mouvement lié au logement seront amnistiables, mais pas celles intervenues dans le cadre d’actions liés à l’éducation, la santé, l’environnement et le droit des migrants.

« Exit donc les faucheurs d’OGM, désobéissants, antipubs, militants antinucléaires, Notre Dame des Landes, ligne THT, Base Elèves et RESF… », regrette dans un communiqué le Front de gauche. Il salue toutefois ce « premier geste » après que Jean-Luc Mélenchon a mis une forte pression sur les sénateurs socialistes, avec l’appui de la CGT, en manifestant hier devant le Sénat avant l’ouverture des débats. Pierre Laurent, leader du PC, se félicite d’un « acte de justice, de réparation qui va être entendu par les salariés qui veulent faire valoir leur droit à l’expression syndicale sans avoir la peur au ventre » mais appelle à « un élargissement de la loi dans les prochaines semaines. » Ben voyons !…

Anticipant aussi les accusations de laxisme et soucieuse de ne pas voir le débat tomber dans « la démagogie » et les « simplifications outrancières », la sénatrice socialiste Virginie Klès a aussi rappelé la portée réelle limitée d’une loi d’amnistie : « Une loi d’amnistie efface l’infraction mais n’efface pas les faits. Et surtout n’éteint pas l’action en civil et n’empêche donc pas la réparation en civil. Si une personne s’est contentée de briser une vitre, cette personne sera amnistiée. Elle devra payer une vitre neuve mais il n’y aura plus d’inscription sur son casier judiciaire ».

Le texte doit désormais être examiné par l’Assemblée nationale. Le Front de gauche réclame son inscription rapide à l’ordre du jour.

En tout état de cause, il est évident que le pouvoir socialiste n’a pas mesuré la portée symbolique de cette loi. Dans le contexte économique et social où se trouve notre pays elle est un signal puissant et pourtant inconscient en direction des révoltes qui s’annoncent. Une brèche vient d’être ouverte dans les dernières lignes de protection de l’Etat républicain.

Dans notre Histoire, nombreux furent ces « petits faits », ces « décisions marginales » ou simplement « légères » qui firent sauter les verrous et favorisèrent les chocs les plus violents. Chacun devrait ici se souvenir de la métaphore de Benjamin Franklin:

 » À cause du clou, le fer fut perdu.
À cause du fer, le cheval fut perdu.
À cause du cheval, le cavalier fut perdu.
À cause du cavalier, le message fut perdu.
À cause du message, la bataille fut perdue.
À cause de la bataille, la guerre fut perdue.
À cause de la guerre, la liberté fut perdue.
Tout cela pour un simple clou. « 

*  Ils ont appelé ça « une chance », c’est une honte pour la France :

Une fois encore des coups de feu ont été tirés à bout portant et ont blessé trois ouvriers d’une entreprise de BTP, le 18 février dans une cité de Pierrefitte-sur-Seine. La préfecture de Seine-Saint-Denis, maintes fois alertée sur les agressions subies sur les chantiers de rénovation urbaine dans les cités du département, a fini par réagir. Il était temps : c’est en effet la troisième agression grave en trois mois qui intervient dans le département. Tous les acteurs parlent d’une escalade de violences à l’égard des chantiers de rénovation lancés dans le cadre de la « politique de la ville ».

L’agression de Pierrefitte, dans ce quartier au doux nom de cité des Poètes, a été particulièrement traumatisante. Sur la vidéo filmée par les caméras de surveillance, un homme gros, casqué et cagoulé, entre dans l’Algeco où se préparent les ouvriers et ouvre le feu à quatre ou cinq reprises avant de s’enfuir en scooter, raconte leur employeur, la Coredif, une entreprise de travaux publics. Le chef de chantier et un conducteur de travaux ont été blessés aux jambes et hospitalisés. « On a l’habitude des insultes et des menaces mais c’est la première fois qu’on atteint ce niveau de violence », assure le directeur général de la société de BTP. Le chantier a été aussitôt interrompu, tout comme celui de l’entreprise GTM, filiale du groupe de Vinci, à quelques rues de là.

Dans cette même cité, en décembre 2012, deux agressions – un vol d’ordinateur et de portable, puis l’incendie de deux engins de travaux – avaient révélé le regain de tension autour de ce chantier de construction de logements HLM. Et voici deux ans, la première tranche de ce projet de réhabilitation avait été le théâtre d’une opération de racket organisé : quatre jeunes, d’origine étrangère, avaient été arrêtés et trois incarcérés pour extorsion de fonds sur cinq entreprises du bâtiment dont Coredif, la société à nouveau visée.

Alors voila où nous en sommes, en France: avec ses 42 milliards d’investissement en travaux, la rénovation urbaine a constitué depuis son lancement en 2003 une aubaine pour les quartiers. Les pressions sur les chantiers de rénovation ont toujours existé tant ces derniers constituent un enjeu pour les petits caïds : faire embaucher quelques jeunes ou prélever sa dîme sur le matériel de chantier est monnaie courante. Et les entreprises l’ont intégré dans leur budget.

Mais le chantage a changé d’échelle. Depuis quelques mois, les tensions et intimidations sont devenues systématiques et plus violentes. « Cela a pris des proportions inquiétantes et c’est devenu un système très organisé comme on peut le connaître en Corse », assure Stéphane Peu, président de Plaine commune habitat, office de HLM. Rares pourtant sont les entreprises qui portent plainte. Par prudence pour leurs salariés. Et aussi parce que, la rénovation urbaine étant vitale pour leurs carnets de commandes, elles préfèrent payer« Tant que ça ne touche pas l’intégrité des salariés, les entreprises n’en parlent pas et préfèrent s’arranger », reconnaît le dirigeant d’une entreprise de travaux publics et ancien patron du Medef local.

Dans ces quartiers miséreux et détériorés de la banlieue parisienne, les opérations de réhabilitation dérangent certaines activités souterraines. Le schéma est classique : c’est souvent dans ces cités enclavées, bâties comme des lieux clos dont les accès peu nombreux sont facilement contrôlables (un peu sur le modèle des médinas de la rive sud de la Méditerranée !) que les dealers installent leurs trafics. Quand, dans un quartier, il est décidé d’ouvrir une voie, d’aménager les halls ou simplement de revoir les parcelles de jardins, les travaux bouleversent les habitudes, les repères. Les dealers n’aiment pas le changement ni les intrusions dans leur monde« J’ai déjà vécu ça en 2000 en Seine-et-Marne et à Montfermeil. C’est fréquent dans le 93 », remarque le dirigeant de Coredif. Depuis quelques mois, plusieurs autres attaques de chantier ont défrayé la chronique locale, provoquant l’arrêt des travaux.

En octobre 2012, à la cité Karl-Marx (ça ne s’invente pas mais, après, on s’étonne…) au centre de Bobigny, un ouvrier est frappé de plusieurs coups de marteau. Quinze jours plus tard, des jeunes menacent à nouveau sérieusement les ouvriers. Le chantier est arrêté.

Aux Francs-Moisins à Saint-Denis, le 30 janvier, c’est aussi sous la menace d’une arme blanche que deux individus font descendre un ouvrier de son tractopelle. Engins incendiés ou ouvriers molestés, le mois de janvier a été particulièrement violent sur les chantiers de Saint-Denis. Les entreprises sont par ailleurs soumises à un racket systématique. Dans un quartier, c’est une société de gardiennage « locale » que les caïds locaux conseillent pour surveiller le matériel. Coût annoncé : 150 euros la nuit pour protéger une machine à goudron.

Sur un autre quartier, l’entreprise doit changer l’ensemble des fenêtres des 450 logements. « Les racketteurs ont touché 80 000 euros après avoir revendu les châssis à un ferrailleur »témoigne un élu. Les noms des cités sont tus, « par sécurité pour les salariés », dit la ville. Même les sociétés d’éclairage ont pris des mesures de prudence et ne travaillent que « de 5 heures du matin, moment où les dealers se couchent, à midi, heure à laquelle ils se lèvent »témoigne un patron local. Car les mesures de rétorsion sont devenues plus violentes : « On ne raye plus les voitures ni ne crève les pneus, on tire »raconte un adjoint municipal.

Les entreprises victimes de ces chantages ne souhaitent pas témoigner. Ni Vinci, Eiffage, Bouygues, ni ISS Espaces verts « ne souhaitent réagir sur le sujet ». Les élus se sont aussi longtemps tus. « De la police aux patrons en passant par les bailleurs et les élus, tout le monde a fermé les yeux. Il faut aujourd’hui réagir et une vraie réponse policière et judiciaire face à cette dérive mafieuse » a-t-on entendu dire récemment sur le sujet !

Jusqu’où iront la lâcheté et l’impéritie du pouvoir républicain qui sévit en France ?

*  Mais « la France ne peut pas périr, car le Christ aime encore les Francs ! » (Henri comte de Chambord) :

 
La Oración en el huerto con el donante Luis I de Orleans (después de la restauración), ¿Colart de Laon? Temple graso, 56,5 x 42 cm, 1405 -07 – 1408. Madrid, Museo Nacional del Prado

La Oración en el huerto con el donante Luis I de Orleans (después de la restauración), ¿Colart de Laon? Temple graso, 56,5 x 42 cm, 1405 -07 – 1408. Madrid, Museo Nacional del Prado

Le 11 février, le Musée du Prado a dévoilé avec fierté La Oracion en el huerto con el donante Luis I de Orleans [« La Prière dans le jardin des oliviers avec le donateur Louis Ier d’Orléans »], « l’une des plus importantes découvertes de la peinture primitive française, a annoncé l’institution madrilène. Le nombre de peintures françaises de cette époque est très faible. Et très peu, voire aucune, n’atteignent la qualité et l’importance de celle-ci. D’où son caractère exceptionnel. »

Cette peinture, qu’aucun musée n’a jamais exposée, trônait jusqu’à l’année dernière dans le salon d’une famille madrilène d’origine française. Elle aurait été réalisé quelques mois à peine avant ou après la mort du duc d’Orléans, en 1407, assassiné dans les rues de Paris sur ordre de son cousin et rival politique, le duc de Bourgogne, Jean sans Peur.

Rien ne laissait présager que le tableau, déposé au Prado en février 2011 pour une expertise, avant une possible mise aux enchères, recélait tant de surprises. Sa propriétaire a toujours vu l’oeuvre chez elle. Elle ne sait ni quand ni comment elle est arrivée dans sa famille installé en Espagne à l’époque napoléonienne.

Quoi qu’il en soit, l’oeuvre a tout de suite attiré l’attention de Pilar Silva et de la restauratrice Maria Antonia Lopez de Asiain. Dans la moitié supérieure, le Christ agenouillé sur une colline adresse une prière au Seigneur. Dans la moitié inférieure, sur le quart droit, se trouvent les apôtres Jacques, Pierre et Jean. Sur la gauche, en revanche, rien. Ou, plutôt, une masse de terre. Une épaisse couche de peinture marron qui contraste avec la finesse du reste de l’oeuvre. « J’ai tout de suite pensé qu’il y avait quelque chose sous la peinture, et nous l’avons donc passée sous infrarouge », raconte Pilar Silva. Et son intuition est bonne.

Grâce à une radiographie de l’oeuvre, l’équipe du laboratoire technique du Prado découvre que sous l’épaisse couche de peinture marron sont dessinés deux personnages : un homme agenouillé au sol et une femme qui le protège.

La figure féminine est rapidement identifiée comme sainte Agnès, reconnaissable à la brebis qui l’accompagne. L’homme doit être le commanditaire du tableau, celui à qui il est dédié. Mais qui est-il ? Pilar Silva se plonge dans une étude documentaire et historiographique. Le cadre est en chêne baltique, un bois noble qui laisse penser que le donateur est une personne très importante. Le ciel d’un bleu dense, constitué de pigment lapis-lazuli, représente un autre signe de la richesse du commanditaire. Ses habits, avec de larges manches recouvertes de feuilles d’or, correspondent à la mode en vigueur à la cour royale française dans les années 1400-1415, où, entouré de son frère le duc d’Orléans, règne le roi Charles VI, qui a sombré dans la folie.

Pendant ce temps, l’analyse scientifique du tableau débouche sur une très bonne nouvelle pour Maria Antonia Lopez de Asiain. « Une couche de vernis séparait la peinture originale de l’aplat marron, ajouté sans doute deux siècles plus tard,explique la restauratrice qui travailla durant un an sur l’oeuvre. Ce vernis était essentiel pour permettre de restaurer la peinture originale sans l’endommager. Il garantissait aussi que cette partie du tableau était en bon état, et même en meilleur état que le reste. »

Pour découvrir l’identité du donateur, Pilar Silva s’intéresse à sainte Agnès. Elle apprend qu’elle fut la patronne des ducs de Milan, mais aussi la protectrice du roi Charles V. « J’ai eu une intuition : le donateur devait être Louis Ier d’Orléans (1372-1407), fils de Charles V et marié à Valentine Visconti, fille du duc de Milan. Par son père et son épouse, il avait une double raison d’être sous la protection de sainte Agnès. »

Une intuition n’est pas suffisante. Aucun tableau de Louis Ier d’Orléans n’existe. Pilar Silva finit par trouver une preuve lors d’un voyage à Paris, en épluchant les ouvrages sur l’époque à la Bibliothèque nationale de France. Sur une miniature, elle reconnaît la forme particulière des feuilles qui se trouvent sur les manches des habits du donateur : des feuilles d’ortie.

Tout concorde alors pour désigner le donateur comme étant Louis Ier d’Orléans. « Il avait pris pour devise l’ortie, symbole héraldique de l’épine de la mort, à mesure qu’augmentaient ses ambitions politiques et ses désaccords avec les ducs de Bourgogne, son oncle Philippe le Hardi et son cousin Jean sans Peur. »

Restait à déterminer qui en fut l’auteur. Pilar Silva est convaincue qu’il provient de l’école parisienne car la ligne, le style, le rythme et la composition du tableau sont très différents des tableaux bourguignons ou flamands. Il est « plus élégant », les personnages sont « plus fins », les plis des vêtements plus « délicats ». Une chose est sûre : aucun des rares tableaux de l’époque n’est réalisé par la main qui a peint cette oeuvre conservée à Madrid.

Pilar Silva penche alors pour Colart de Laon« peintre reconnu et valet de chambre de Louis Ier d’Orléans de 1391 jusqu’à sa mort ». Mais aucune peinture de cet artiste ne nous est parvenue. Son nom est donc accompagné d’un point d’interrogation sur le cartel qui accompagne l’oeuvre accrochée dans le musée.