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Arnaud-Aaron Upinsky en appelle au Président de la République afin que  » le Français devienne la langue commune de l’Europe »

10 Jan

Union Nationale des Ecrivains de France 62, boulevard St Germain
75005 Paris

Le Président

Monsieur le Président de la République Palais de l’Elysée
55, rue du Faubourg St Honoré
75008 Paris

Paris, ce 20 novembre 2017

Réf. Discours de la Sorbonne du 26 sept. 2017 « Pour une Europe souveraine, unie, démocratique ».

Objet : Appel au Président Protecteur de l’Académie française pour qu’il engage la « Reconnaissance du français comme la langue commune de l’Europe ».

Monsieur le Président,

« LA RENAISSANCE OU LA MORT DE LA LANGUE FRANÇAISE ! » . Comment allez-vous relever le suprême défi du « cri d’alarme 1 » que l’Académie française vient de lancer au monde dans sa déclaration du 26 octobre 2017 en déclarant « la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui redevable devant les générations futures 2. »

MONSIEUR LE PRÉSIDENT, à l’heure de tous les périls, c’est vers vous que se tournent aujourd’hui tous ceux qui, de votre discours d’Orléans à votre intronisation à Versailles – figure emblématique de toutes les gloires de la France – ont vu en vous le restaurateur de sa grandeur : celui qui s’engageait à redonner leur fierté aux français, celui qui en appelait à combler le « vide » de Verticalité, à « rebâtir la France » et à relever le défi héroïque du futur. « Depuis trop longtemps, leur avez-vous dit en effet dans votre Grand entretien du 31 août 2017 au Point, nous nous sommes résignés à une vie démocratique sans sel. Nous sommes en train de payer le prix de cette bêtise collective qui consiste à croire en la fin de l’Histoire, alors qu’elle nous revient en plein visage. Pour l’affronter, nous devons renouer avec l’héroïsme politique propre au monde républicain, retrouver le sens du récit historique. Notre pays ne propose en effet plus de héros. » « Le défi de la politique, aujourd’hui, c’est donc aussi de réinvestir un imaginaire de conquête. » En réponse à la question « De quelle manière comptez-vous, insuffler ce nouvel état d’esprit ? », vous avez conclu : « Nous devons redevenir un pays fier. Il faut expliquer qu’il y a des héros en France, des génies et des gens qui s’engagent au quotidien 3. » (…)

« POUR REDEVENIR UN PAYS FIER », selon vos vœux, Monsieur le Président, c’est donc dans le chef de l’État, protecteur de l’Académie française depuis le règne de Louis XIV, que les Français mettent aujourd’hui tous leurs espoirs : non seulement pour sauver la langue française en péril de mort ; mais plus encore pour répondre à l’appel solennel « À la reconquête de la langue française » que l’Académie avait lancé au Président Hollande, le 5 décembre 2013 ; et, par- dessus tout, pour obtenir la « Reconnaissance du français comme la langue commune de l’Europe » : au titre de la maîtrise de sa Souveraineté linguistique, de sa Puissance politique, de son rayonnement  culturel, de sa  compétitivité et de sa  vocation historique de  » lingua  franca« 4 ,, comme langue internationale de la diplomatie  et de l’universalité

1 Déclaration de l’Académie française sur l’écriture dite « inclusive », du 26 octobre 2017.

2 Idem.

3 Le Point, op. cité, p. 32.

4 « lingua franca » ou« langue franque » : langue véhiculaire du Moyen-âge au XIXe siècle dans l’ensemble du bassin méditerranéen, désignant aujourd’hui une langue utilisée par des populations de langues maternelles différentes pour communiquer.

MONSIEUR LE PRÉSIDENT, cette reconnaissance de la langue française, comme langue commune naturelle de l’Europe, s’impose d’évidence au regard de la position historique de « lingua franca » qu’elle n’a cessé d’y occuper depuis le XIIIe siècle, position inscrite dans la dénomination d’«Europe française» depuis Louis XIV, ayant fait du français la langue diplomatique incontestée, et position ayant fait d’elle la langue commune naturelle de l’Europe formalisée dans la rédaction du Traité de Paris  du 18 avril 1951 assurant sa suprématie jusqu’à l’hégémonie anglaise d’après 1995. Cette prédestination historique fait de cette « Reconnaissance » le couronnement d’évidence à apporter à votre discours de la Sorbonne « Pour une Europe souveraine, unie, démocratique », du 26 septembre 2017, ayant omis de conclure qu’une « Europe souveraine » ne saurait être véritablement souveraine si elle ne dispose pas d’une langue commune de prestige incontestée : une langue qui soit à la fois « européenne » et « souveraine », qui ne saurait donc être l’anglais et qui ne peut être que le français pour affirmer sa singularité, sa culture et son unité à la face du monde, en particulier vis-à-vis du marché anglo-saxon.

« LE BREXIT A SAUVÉ L’ÂME DE L’EUROPE ! » Car, Monsieur le Président, les faits parlent d’eux-mêmes. Ce n’est pas l’Europe qui a traité le Royaume-Uni en corps étranger, c’est le Royaume-Uni qui s’est reconnu étranger à l’Europe. En se retranchant du corps politique « souverain » de l’Europe, par le « Brexit », le Royaume-Uni, a rendu manifeste l’incompatibilité substantielle de l’élément anglo-saxon avec le projet européen, comme l’avait prévu le général de Gaulle. Dès lors l’anglais n’est plus une langue européenne et sa colonisation hégémonique, comme langue commune de l’Europe au détriment du français, doit cesser de facto et de jure. Sa poursuite ne pourrait apparaître que comme une haute trahison de la « Souveraineté européenne » à laquelle vous en appelez, et qui, d’évidence, a besoin d’avoir sa propre langue de gouvernance géopolitique : pour parler au monde en son nom, pour faire respecter la singularité de son génie propre, dans toute la richesse de sa diversité comme de son universalité, et pour traiter d’égal à égal avec les grands ensembles continentaux. Le « poids » de la « souveraineté européenne » fera de la « lingua franca » européenne la langue de référence mondiale alternative, ayant vocation à supplanter l’hégémonie anglo-saxonne mondiale, tant au service du prestige politique de l’Europe, de sa puissance économique et de son rayonnement culturel, que d’un monde désormais plus ouvert à la diversité. Enfin, cette reconnaissance de la langue française comme langue commune de l’Europe, fera ipso facto cesser un scandale : celui de la langue anglaise déclarée « lingua franca » par l’Onu 5 ! La Communauté européenne du Charbon et de l’Acier (CECA), initiée par le Traité de Paris du 18 avril 1951, où le français domine largement, précise à l’article 100 que seule la version française du Traité fait foi.

5   Sur le site de l’ONU, au jour de la langue anglaise du 23 avril, on peut en effet lire : “English, along with French, is one of the two working languages of the United Nations Secretariat, and one of the Organization’s six official languages. Because it is so widely spoken, English is often referred to as a « world language », or the lingua franca of the modern era.” ( http://www.un.org/en/events/englishlanguageday/)

Mais, MONSIEUR LE PRÉSIDENT, au-delà du retour à l’ordre naturel des choses, il y a tout à attendre de la restauration du français dans sa vocation de porte-parole de la Civilisation européenne, en termes de valeur décuplée, politique, économique et culturelle :

1)  RAYONNEMENT LINGUISTIQUE ET CULTUREL. Après l’anglais, le français est la langue la plus parlée en Europe, à 11 %. Contrairement à «L’anglais [qui] n’est pas un outil de communication international fiable 6 », le français possède les trois caractères du latin ayant permis à l’empire romain d’exercer un gouvernement international durable – économique, politique et spirituel –, sur des peuples les plus divers, en constituant une langue qui soit à la fois : « universelle, immuable, non vulgaire 7 ». C’est cette complétude et cette immuabilité, inscrite sur le sceau de l’Académie française – « À l’immortalité » – qui en fait l’« étalon » linguistique idéal. Prise comme langue-pivot de «référence systématique, au sein des services de traduction des institutions européennes, il ne faudrait plus que 48 filières de traduction au lieu de 600 avec 25 pays membres 8». Le génie de l’anglais est aux antipodes de celui de l’Europe. Le Brexit libère le génie européen de sa cage et le rend à sa vocation mondiale ! Quant au futur rayonnement diplomatique et culturel de l’Europe, tenant compte du fait que « La France est la première puissance culturelle au monde » (Kennedy), il en sera décuplé. C’est de ce prestige culturel immense de la France, première destination touristique au monde, que l’Europe, premier marché au monde rendu à son génie culturel, a désormais le plus pressant besoin pour préserver sa compétitivité, légitimer sa « Souveraineté » et fonder sa propre politique distincte de celle de l’axe anglo-saxon.                                                                                                                                                               2)  COMPÉTITIVITÉ ÉCONOMIQUE. La corrélation entre l’influence culturelle, la langue et le flux commercial induit, est décisive. L’imprégnation massive des jeunes européens en langue anglaise (musique, média, « soft power ») les détourne du marché européen. L’adoption du français comme langue commune, en rapatriant le centre de gravité culturel de l’Europe de l’étranger vers l’intérieur de ses frontières, y fera revenir les flux commerciaux au profit de sa balance commerciale. L’Organisation internationale de la francophonie a calculé que « l’adoption d’une langue commune stimulera les flux commerciaux d’environ 33 % : il abaissera en effet les coûts à l’exportation, permettant aux entreprises de pénétrer plus facilement un nouveau marché à l’exportation et de maintenir des flux existants 9. » En vérité, l’exemple anglo-saxon montre que le pouvoir multiplicateur de l’adoption d’une langue commune est infiniment supérieur ! Il porte tous les fruits résultant de l’Unité. Enfin, il suffit de comparer les 510 millions d’habitants du marché européen au 320 millions du marché américain pour voir le poids en résultant faisant de la langue commune de l’Europe, celle de la première puissance marchande du monde !                                                                                                                                                                                                                              3)  POUVOIR POLITIQUE : comme l’illustre l’histoire de France, la langue commune – la « langue du Roi » devenue langue de la République – respectueuse des langues nationales et du latin, fut « l’axe vertical de l’unité de la France ». Après le Brexit, le français apparaît aussitôt comme l’axe vertical de l’unité culturelle et politique de l’Europe : il est en effet la langue unique de délibération de la Cour de justice de l’Union européenne ; il est la deuxième et seule langue européenne de l’OTAN ; il est la langue du seul membre permanent du Conseil

6  L’anglais correct pour les nuls,, First Editions, 2004, p. 25.
7  Le latin langue de l’Eglise, Bernadette Lécureur, Spses, 1964, p. 153.
8  L’avenir de Buffon, 1996.
9 « Etat des lieux du français dans le monde », France diplomatie, diplomatie.gouv.fr

de sécurité qui soit européen ; il est la prestigieuse langue diplomatique par excellence, la langue de la clarté, de la précision et de la haute intelligence. Véritable «latin des modernes », il est l’outil de gouvernance démocratique qui manquait pour renouer avec le « génie européen », varié à l’infini mais dont l’esprit est le même : le seul propre à faire de l’Europe – actuel nain politique – la première puissance politique au monde.

CETTE PREMIERE PUISSANCE AU MONDE – culturelle, économique et politique –, Monsieur le Président, c’est la vôtre ! C’est celle de votre discours de la Sorbonne « Pour une Europe souveraine, unie, démocratique », auquel il ne manquerait, pour aboutir, que le couronnement de la « Reconnaissance du français » comme langue commune de l’Europe : comme langue de gouvernance constitutive de cet « axe vertical de l’unité de l’Europe » qui est la condition sine qua non de la « Souveraineté européenne » que vous appelez de vos vœux !

CET AXE VERTICAL DE L’UNITÉ DE L’EUROPE, c’est à vous qu’il appartient maintenant de l’instaurer, Monsieur le Président, vous en qui les Français ont mis tous leurs espoirs pour : 1) Sauver la langue française en péril de mort ; 2) Répondre à l’appel solennel que l’Académie française a lancé le 5 décembre 2013, « À la reconquête de la langue française » ; 3) Faire obtenir la « Reconnaissance du français comme la langue commune de l’Europe ».

« L’AVENIR DE LA FRANCE EST INSÉPARABLE DE LA GLOIRE DE NOTRE LANGUE », a déclaré Madame le Secrétaire perpétuel de l’Académie française dans son appel à la Reconquête de la langue française. Désormais, c’est la gloire de l’Europe qui est inséparable de l’avenir de la langue française !

« NOUS DEVONS RENOUER AVEC L’HEROÏSME POLITIQUE », « Nous devons redevenir un pays fier», sont vos engagements. Relever le suprême défi du «péril mortel» que l’Académie française a lancé le 26 octobre 2017, à la nation en la déclarant dès aujourd’hui redevable devant les générations futures » s’adresse donc en premier lieu à son Protecteur : le chef de l’Etat que vous êtes ! Sauf à renoncer à vous-même et à votre grand projet européen comment pourriez-vous ne pas répondre à son appel « au secours du français » devant l’histoire ?

« LA RENAISSANCE OU LA MORT », il n’y a pas de troisième voie. C’est donc au nom de cette adresse de l’Académie française à son Protecteur, valant déclaration d’Etat d’urgence ; au nom de l’espoir que tous les amoureux de la langue française ont placé en vous pour retrouver leur fierté ; au nom même de votre projet d’une Europe « souveraine, unie et démocratique », que nous vous adressons cet appel solennel pour inverser la spirale de mise à mort du français en en faisant la langue commune de l’Europe, comme condition sine qua non de sa réussite !

«AU NOM DE L’HEROÏSME POLITIQUE ! » qu’exige assurément la reconquête de la languefrançaise en péril de mort et sa Renaissance comme figure emblématique de la premièrepuissance au monde, dans l’attente d’une rencontre que vous pourriez nous accorder, veuillezdonc agréer, Monsieur le Président, l’assurance de ma très haute considération.

Arnaud-Aaron Upinsky

Candidat à l’élection à l’Académie Française du 14 décembre 2017

Et pour signer la pétition en ligne

https://www.change.org/p/emmanuel-macron-la-pétition-pour-la-reconnaissance-du-français-comme-langue-commune-de-l-europe

Bonne nouvelle pour Marine le Pen. Barack Obama soutient Emmanuel Macron.

4 Mai

Et l’on sait ce qui est arrivé tant  à Hillary Clinton soutenue par Barrack Obama qu’ aux partisans du maintien du Royaume-uni dans l’union européenne. Voir  à ce sujet: Barack Obama met en garde les Britanniques contre un Brexit. http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/04/22/barack-obama-met-en-garde-les-britanniques-contre-un-brexit_4907377_3214.html

Par ailleurs , il fut un temps où c’était la couronne de France (Louis XVI) qui intervenait – et de quelle façon – dans les affaires de ce qui n’était pas en core les Etats-Unis. Aujourd’hui ce sont les USA qui se mêlent -et de quelle scandaleuse façon- de la vie politique de l’homme malade de l’Europe.

Lu dans Present .Theresa May. Brexit : pari tenu

20 Mar

Brexit : pari tenu
Publié le 17 mars 2017 par
Olivier Bault

Quand la Cour suprême britannique a contraint, en janvier, le gouvernement de Theresa May à passer par un vote du parlement avant d’enclencher la procédure de sortie de l’Union européenne, il n’était pas sûr que la promesse d’invoquer l’article 50 du Traité de l’UE avant la fin du mois de mars serait tenue. On sait depuis mardi que le Premier ministre va pouvoir respecter le délai annoncé aux électeurs puisque le parlement de Westminster a définitivement adopté la loi autorisant le Brexit. La Chambre des lords a en effet renoncé à ses exigences de voir les droits des travailleurs étrangers originaires de l’UE préservés après le Brexit, indépendamment des négociations à venir avec Bruxelles, et d’obtenir un droit de veto du parlement à l’issue de ces négociations.

Interviewée mardi par Nigel Farage, ancien leader de l’UKIP reconverti au journalisme sur la radio anglaise LBC, Marine Le Pen a félicité les parlementaires britanniques pour leur attitude démocratique. Une majorité d’entre eux avaient en effet fait campagne contre la sortie de l’UE, mais ils ont su respecter la volonté du peuple exprimée par référendum. Mme Le Pen a ajouté, à propos de ses félicitations : « Je dis cela assez facilement parce qu’en 2005, les Français ont dit non au projet de constitution européenne lors du référendum et les dirigeants de gauche et de droite ont uni leurs forces pour nier la volonté populaire. […] C’est donc un signal transmis par la Grande-Bretagne à tous les peuples qui veulent restaurer la souveraineté et la liberté. »

De son côté, Nicola Sturgeon, premier ministre d’Ecosse et leader du Parti National Ecossais (SNP) , voudrait profiter de l’occasion pour exiger un deuxième référendum sur l’indépendance de sa région, après l’échec de celui de 2014 où une majorité d’Ecossais ont choisi de ne pas quitter le Royaume-Uni. La responsable indépendantiste écossaise souhaite la tenue d’un nouveau référendum entre l’automne 2018 et le printemps 2019, dans l’espoir que l’Ecosse pourrait alors rejoindre l’Union européenne en même temps que le reste du Royaume-Uni la quittera. Le Parlement écossais doit toutefois obtenir l’autorisation de Westminster pour un tel référendum, et Theresa May a déjà annoncé qu’elle refuserait un référendum dont une majorité d’Ecossais, selon les sondages, ne veulent de toute façon pas. Londres n’exclut toutefois pas un nouveau référendum dans un avenir plus lointain, mais pas avant que les Ecossais aient eu le temps de bénéficier des fruits du Brexit et soient à même de faire un choix éclairé.

Olivier Bault

https://present.fr/2017/03/17/brexit-pari-tenu/

Anne-Lys, CJA, dit ce qu’elle a sur le coeur concernant le Brexit.

27 Juin

STEPHFF-Europe-atonique

Comme je crois vous l’avoir écrit, mon instinct me dit que le « /Brexit /» était

une meilleure solution pour la Grande-Bretagne, la France et
l’Europe. Mais mon instinct n’est pas infaillible et je peux très bien
me tromper.

Ce sur quoi, en revanche, je suis malheureusement sûre de pas me
tromper, c’est quand je pense que les semences de peur qu’ils ont
répandues ont germé et sont en train de croître, empêchant peut-être les
meilleurs effets du /Brexit/, sans pour autant que ceux qui les ont
semées en récoltent le fruit, ni par la victoire (qu’ils n’ont pas
obtenue), ni par la remontée de l’estime que leur portent les populations.

Déjà, ce sinistre quatuor et ses séides mènent campagne. Et ce n’est pas
pour tenir compte du vote britannique ou des réactions des populations
qui, en majorité, sont de plus en plus exaspérées par la façon dont des
commissaires et des tribunaux (à qui ils n’ont jamais donné un tel
mandat) entendent régir tous les aspects de la vie politique de leurs
pays respectifs et même de leur vie personnelle. Non, les gouvernements
des peuples européens, qui n’ont jamais, eux non plus, reçu un tel
mandat, approuvent entièrement les mesures prises par ces commissaires
et ces tribunaux et s’empressent de les faire ratifier par des
Parlements à leurs bottes (quand ils ne vont pas au-delà, en durcissant
les normes pourtant souvent excessives imposées par Bruxelles).

Il faut dire qu’il y a belle lurette que les peuples ne peuvent plus
réellement choisir leurs gouvernants, puisque différentes législations
et réglementations, notamment concernant le financement des partis
politiques et des campagnes électorales, limitent leur choix aux
personnalités choisis par « /l’establishment/ », personnalités qui, une
fois élues, ne se sentent aucune obligation envers leurs électeurs.

Ce qui explique que, depuis des décennies, sur tout ce qui concerne
l’Europe, les décisions des gouvernants ne tiennent aucun compte de
l’exaspération croissante des populations contre des dispositions qui
les empêchent de choisir qui elles veulent accueillir chez elles,
pourquoi faire et pour combien de temps, mais aussi de protéger les
entreprises et les emplois dans leur pays, ou de sévir efficacement
contre une criminalité qui menace leur sécurité. Ils se sentent d’autant
plus tranquilles dans leur posture que tous les médias puissants vont
dans le même sens et empêchent cette exaspération de se faire entendre.

Donc, les adversaires du /Brexit /mènent campagne, et c’est pour
proposer de prendre de nouvelles dispositions réduisant encore le très
mince espace laissé aux peuples et aux individus par les réglementations
bruxelloises actuelles. Depuis quarante ans, ils serinent le même
refrain et hélas le mettent peu à peu en pratique : /si l’Union
européenne fonctionne mal, si ses interventions exaspèrent les
populations, c’est qu’elles ne sont pas suffisantes : non seulement il
ne faut ni les réduire, ni les modérer, mais au contraire il faut aller
plus loin dans le sens que nous avons adopté et qui entraîne cette
exaspération, puisque nous avons les moyens de l’empêcher de s’exprimer.
Au pire, les populations furieuses voteront Front national ou autre
parti « populiste », mais nous savons jouer du ressort de la peur pour
empêcher ces partis d’arriver au pouvoir et peut-être de changer quelque
chose. Nous gagnerons toujours./

Souvenez-vous de 2005 et 2008 : les Français et les Néerlandais avaient,
par référendum, rejeté à une forte majorité un certain projet de
Constitution européenne qui aggravait considérablement le traité de
Maastricht, déjà très coercitif. Mais, avec l’appui non négligeable de
M. Giscard d’Estaing, ancien président de la République, manquant
cyniquement à son devoir de réserve comme membre du Conseil
constitutionnel n’ayant pas le droit de s’exprimer publiquement sur un
sujet dont le Conseil pouvait avoir à connaître, M. Sarkozy, alors
président de la République, a fait ratifier par le Parlement un prétendu
/« mini-traité », /dit/« traité de Lisbonne/ », réputé expurgé des
dispositions les plus contestées. Mais M. Giscard d’Estaing a vendu la
mèche : dans une pleine page du /Figaro/, il a expliqué à quel point il
était satisfait du bon tour joué aux « /nonistes/ » : loin d’être un
« mini-traité » ou d’être expurgé des articles litigieux, le « /traité
de Lisbonne/ » n’était  autre que le texte, presque mot pour mot, du
projet de Constitution européenne, dont l’ordre des articles a
simplement été modifié.

C’est ce que voudraient imposer les « Remain » aux Britanniques en
exigeant une majorité inédite de 60% de « Leave » par une «
pétition » qui est censée avoir recueilli plus de 3.000.000
signatures, mais dont la valeur est plus que douteuse, puisqu’aucune
vérification de l’identité des signataires n’est faite, et
qu’apparemment une même personne peut voter autant de fois qu’elle le
souhaite. Un Français aussi : L’Express l’a fait sur le site
www.parlement.uk <http://www.parlement.uk> ; un internaute français a
voté sous le nom de /Napoléon Bonaparte/. Il semble que cette
possibilité ait été supprimée récemment (je viens d’essayer de retrouver
la pétition sur le site www.parlement.uk <http://www.parlement.uk>, sans
succès).

Anne-lys

easter-lily