Tag Archives: Château de Versailles

D’un coin à l’autre du Château de Versailles… s’est élaborée la Chapelle royale

21 Mar

Vue axonométrique du premier étage du Château montrant l’emplacement des chapelles successives. © Aloest

1663 : Un premier sanctuaire est attesté, dans le Château hérité de Louis XIII, dans le pavillon situé à l’extrémité de l’aile du Nord, à l’emplacement de l’actuelle pièce de la Vaisselle d’or.

1670 : L’agrandissement du Château par l’Enveloppe de Le Vau entraîne l’installation de la chapelle au sud du corps central, à l’emplacement de l’actuelle seconde antichambre de la Dauphine et, au-dessus, de la salle des Gardes de la Reine.

1672 : Une chapelle plus vaste remplace, juste à côté, la précédente dans ce qui correspond aujourd’hui à la première antichambre de la Dauphine et, au premier étage, à la salle du Sacre.

1682 : Pour des raisons de circulation, la chapelle passe au nord du Château, sur deux niveaux également, à l’emplacement de l’actuel salon d’Hercule et du vestibule à colonnes situé au-dessous.

1682 : Louis XIV annonce officiellement son projet d’une nouvelle chapelle à la mesure de la résidence qu’il est en train de considérablement développer, et confie celui-ci à l’architecte Jules Hardouin-Mansart qui dirige déjà l’ensemble des travaux.

1685 : Un premier projet à plan centré est entrepris au milieu de l’aile du Nord, mais très vite suspendu.

1687 : Le choix de l’emplacement actuel, plus au sud, est définitivement arrêté. Moins ambitieux, le parti d’une chapelle avec chevet en hémicycle à l’est est adopté.

1689 : Jules Hardouin-Mansart, grâce à son système de colonnade intérieure, peut surélever le projet qui atteint les 40 mètres de hauteur, mais la guerre de la Ligue d’Augsbourg compromet les travaux.
1699 : Le chantier, après dix ans d’interruption, peut reprendre.

1700-1704 : Il est décidé, en supprimant les arcs doubleaux initialement prévus et des ouvertures hautes, d’étendre et d’unifier la voûte intérieure en faveur d’une vaste composition qui sera peinte par Antoine Coypel, Charles de La Fosse et Jean Jouvenet.
1705-1707 : Élévation du lanternon de près de 12 mètres de haut surmontant la toiture.

1708 : Au décès de Jules Hardouin-Mansart, son beau-frère et assistant, Robert de Cotte, mène à terme, sous l’œil vigilant de Louis XIV, le projet. L’essentiel du décor, peint et sculpté, est alors réalisé.

1710 : Le 5 juin précisément, la Chapelle royale, enfin achevée, reçoit la bénédiction du Cardinal de Noailles, archevêque de Paris.

http://www.lescarnetsdeversailles.fr/2017/11/entre-terre-et-ciel/

Publicités

Mais que ferait Emmanuel Macron si Louis XIV n’avait pas existé ?

23 Jan

Le président actuel de la République est décidément un  » fan  » du Roi-Soleil et du château de Versailles. Après avoir fêté son élection en grande pompe au Palais du Louvre puis reçu Vladimir Poutine tout aussi solennellement à Versailles, il y avait, dès juillet, convoqué le Parlement pour exposer aux députés et aux sénateurs réunis en Congrès l’ensemble de ses projets politiques.

Six mois plus tard, à peine, Emmanuel Macron a récidivé en recevant au château de Versailles, dans les pas des rois de France, lundi 22 janvier, quelque 140 patrons de multinationales étrangères et françaises, lors d’un sommet baptisé  » Choose France  » ( » Choisir la France  » eut été préférable), auquel a également participé une partie du gouvernement. Objectif : leur vendre l’Hexagone comme  » le lieu où il faut être « , selon l’expression d’un conseiller du chef de l’Etat.

Merci, Sire, devait-il penser en recevant ces acteurs économiques…

Pour persuader ces  » global leaders «  de faire un détour par la France sur la route du Forum économique de Davos (Suisse), prévu du 23 au 26  janvier, l’Elysée a mis les petits plats dans les grands : déjeuner avec le premier ministre Edouard Philippe, rencontres en  » format speed dating «  avec quinze membres du gouvernement, dont Jean-Yves Le Drian, Bruno Le Maire et Agnès Buzyn, conférence sur l’intelligence artificielle avec le mathématicien et député La République en marche (LRM) Cédric Villani, etc.

M. Macron était lui-même à Versailles en fin de journée, où il s’est notamment entretenu en tête-à-tête avec Sheryl Sandberg, la numéro  2 de Facebook, et Sundar Pichai, le PDG de Google. Il a également prononcé un discours – en anglais – devant les chefs d’entreprise présents, dont Lloyd Blankfein (Goldman Sachs), Goldman Sachs) (Novartis), Jamie Dimon (Jamie Dimon ), James Quincey (Coca-Cola) ou (Danone). Il a ensuite participé à un dîner signé par le chef étoilé Alain Ducasse et servi dans la galerie des Batailles, la plus vaste pièce du château, où sont exposés trente-trois tableaux représentant les plus grandes victoires françaises.

Versailles : la galerie des Batailles

 » Sur la route de Davos, nous avons profité du fait que les leaders économiques venaient en Europe pour faire un stop à Paris, inviter 100 PDG des plus grands groupes mondiaux et construire avec eux 100 projets pour la France « , justifie l’entourage du chef de l’Etat, qui assure qu’une dizaine de projets d’investissement seront dévoilés à cette occasion, pour un montant total d’environ 3 milliards d’euros qui seront  » déployés sur trois à cinq ans « , selon l’Elysée.  » Emmanuel Macron fait le pari de l’attractivité et il sait que cela passe aussi par des symboles, car derrière ces symboles il y a des entreprises et donc des emplois « , approuve Christophe Castaner, délégué général de LRM et secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement.

Dans la foulée de Versailles, le président de la République se rendra à Davos (Canton des grisons , Suise) , mercredi, pour y rencontrer le gotha économique et politique mondial, qui se réunit tous les ans dans la station suisse des Grisons afin de réfléchir sur l’avenir de la planète.  » Les deux événements sont liés et s’inscrivent dans la vision de la diplomatie française du chef de l’Etat, dont l’attractivité fait partie intégrante « , explique un proche de M. Macron. L’ancien banquier d’affaires y prononcera un discours où, selon son entourage, il posera  » un diagnostic lucide de la mondialisation «  et  » proposera une vision (…) pour le monde de demain « .

Mais en s’affichant à Versailles, puis à Davos, aux côtés des plus grands patrons de la planète, Emmanuel Macron prend également le risque de donner de la consistance à l’étiquette de  » président des riches «  que lui collent depuis plusieurs mois.  » Qu’un chef de l’Etat se préoccupe d’attirer des investissements internationaux, qui s’en désolerait ? Mais Emmanuel Macron leur parlera-t-il aussi de leurs responsabilités sociales, environnementales, fiscales ? « , interroge Boris Vallaud, député (PS) des Landes. Sans compter les critiques de quelques responsables Les Républicains sur le choix du lieu de l’invitation aux chefs d’entreprises et qui, à court d’arguments, jugent qu’il existe  » des lieux davantage républicains que Versailles pour faire la promotion de la France « . Pauvres imbéciles…

Conscient du danger, l’Elysée a décidé que le sommet  » Choose France  » se déroulerait à huis clos, loin des caméras et des journalistes. Une première pour un tel événement : les précédents conseils stratégiques de l’attractivité organisés à l’Elysée avaient tous été couverts par les médias. 

Alors, ne nous retenons plus et crions 

VIVE LE ROI !

Le 23 janvier 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

 

 

Alexandre Maral. Femmes de Versailles aux éditions Perrin.

1 Déc

 

0fd6166bd8a66c2e5430010265434378Alexandre Maral
Femmes de Versailles. Préface de Stéphane Bern. Editions Perrin.
Résidence des trois derniers rois de France de l’Ancien Régime,Louis  XIV, Louis XV, Louis XVI; Versailles fut également le séjour de leurs épouses : Marie-Thérèse, qui y mourut en 1683, Marie Leszczynska, qui y vécut de 1725 à 1768, et Marie-Antoinette dont on connait la fin tragique le 16 octobre 1793.

Illustration de  couverture : »Marie-Antoinette et ses enfants » par Elisabeth Vigée-Lebrun, 1787 –

Aux sources de l’étiquette à la cour de France (XVIe-XVIIIe siècles)

24 Sep

Les transcriptions de sources que nous présentons dans cette section regroupent plusieurs recueils de textes liés à l’étiquette à la cour de France. Elles ont été réalisées dans le cadre de l’axe de recherche « L’étiquette à la cour : textes normatifs et usages »*, mené par le Centre de recherche du château de Versailles (2014-2016).

Ce programme triennal, sous la direction scientifique de Mathieu da Vinha et de Raphaël Masson, a pour but de formaliser les usages non écrits de la cour de France afin de saisir l’évolution de l’étiquette à l’époque moderne entre développement, perfectionnement et/ou appauvrissement.

Pour mettre en lumière cette évolution, de nombreux dépouillements, centrés sur les mémorialistes des règnes de Louis XIV, Louis XV et Louis XVI, ont été réalisés. Ce travail a permis la création d’une base de données, en cours de développement. Conjointement à l’analyse des écrits des contemporains, nous avons également réalisé une transcription systématique des grands textes normatifs règlementant l’organisation de l’étiquette.

Ce travail a été effectué par Alice Camus, attachée de recherche au Centre de recherche du château de Versailles.

http://chateauversailles-recherche.fr/francais/recherche-et-formation/programmes-de-recherche/axes-de-recherche-en-cours/l-etiquette-a-la-cour-textes.html

Pour prendre connaissance en son entier de l’article, merci d’activer le lien ci-après :

https://www.chateauversailles-recherche.fr/francais/ressources-documentaires/corpus-electroniques/corpus-raisonnes/l-etiquette-a-la-cour-de-france

le Hâmeau de la reine à Versailles, miraculeusement restitué de 1992 à 2006. C’est si récent et pourtant !

10 Sep

 

Ferme, hameau de la Reine, domaine de Trianon

Construite de 1784 à 1789, la ferme du hameau comprend plusieurs bâtiments dont une bergerie, une porcherie, des étables et une maison pour les fermiers. Un pont au-dessus du fossé permet l’accès depuis l’allée du Rendez-Vous, grâce à une grande porte à auvent.En direction du hameau s’élève un autre portail en maçonnerie et pierres de taille, surmonté de deux grosses boules : la porte rustique. Si la Normandie inspire les maisons du hameau, la Suisse sert de modèle pour la ferme et fournit la majorité des animaux.
Après la Révolution, la ferme se dégrade rapidement par manque d’entretien. La majeure partie de l’ensemble est détruite sous le Premier Empire. La ferme a été oubliée lors de la rénovation Rockefeller. La seule construction d’origine est la porte rustique, donnant sur le hameau.
La restitution complète de l’exploitation dans son état de 1789 est lancée en 1992 et achevée en 2006.                                                                                                                              NDLRB . Pour une  fois que la République  fait  quelque  chose de bien, il convient de l’en saluer et de la féliciter.

Ferme, hameau de la Reine, domaine de Trianon

Galerie des Carrosses du château de Versailles.

3 Sep

imagesimagesPRÉSENTATION

La galerie des Carrosses du château de Versailles, située dans la Grande Écurie du roi et fermée au public depuis 2007, a ouvert à nouveau ses portes le 10 mai 2016, grâce au mécénat de la Fondation d’entreprise Michelin. Récemment restaurée, cette collection de carrosses, l’une des plus importantes d’Europe mais encore largement méconnue du public, est présentée dans un nouvel espace muséographique.

Les carrosses de Versailles

Conçus pour frapper les esprits, les carrosses de Versailles sont des chefs-d’oeuvre d’art total. D’un luxe ostentatoire, ornés à profusion d’ors et de sculptures, ils ont été réalisés par les meilleurs artistes de la Cour.

Au-delà de sa qualité artistique, la collection est aussi en quelque sorte un « Salon de l’Auto des XVIIIe et XIXe siècles » présentant les plus beaux prototypes et les dernières avancées de la carrosserie française en matière de confort, de performance et de technique : traction, direction, suspension, premiers coupés, décapotables, etc.

Chaque carrosse raconte également une page de l’Histoire de France à travers un événement dynastique ou politique : baptême, mariage, sacre, funérailles. Surtout, la collection constitue le témoignage le plus vivant de la vie de Cour et des fastes sous l’Ancien Régime, l’Empire et la Restauration.

La réouverture de la galerie sera l’occasion pour les visiteurs de découvrir au plus près ces voitures de grand apparat, comme les berlines du mariage de Napoléon Ier, le carrosse du sacre de Charles X, le char funèbre de Louis XVIII, mais aussi les petits carrosses des enfants de Marie-Antoinette et une étonnante collection de traîneaux de fantaisie réalisés sous le règne de Louis XV.

http://www.chateauversailles.fr/les-actualites-du-domaine/evenements/evenements/autres-evenements/reouverture-de-la-galerie-des-carrosses

Gérard de Villèle, CJA . Ce que je reproche à la muséographie versaillaise c’est d’être disparate, par impossibilité de trancher.

27 Jan

Nous sommes heureux de porter  à votre  connaissance ce texte de Gérard de Villèle, membre du Conseil dans l’Espérance du Roi , CJA, en date  du 18 août 2015.

Gérard de Villèle  étant  en charge de la  culture parmi nous en tant  que Conseiller aux Beaux- Arts , il a paru logique de mettre en ligne dans nos colonnes ce  texte  qui ne l’avait jamais encore été.

———

La France est muséifiée pour que l’on ne remarque pas qu’elle existait avant 1789. Cela fait partie du jeu républicain.

J’avoue que je m’embête un peu à Versailles. Le summum étant la galerie des batailles aux mauvaises peintures de style louis-philipard. Mais, je ne suis pas d’accord, Louis XIV en détruisant ce qu’il avait conçu auparavant n’a fait que ce qu’il fallait faire pour exister pleinement : la grotte de Thétis et l’appartement des bains avec ses motifs alchimiques étaient devenus inutiles. Il les a donc remplacés par autre chose. Car Versailles de son temps était vivant… Quand Louis XV modifie encore le palais pour créer un autre style de vie (d’ailleurs plus proche de nous…) il a cassé pour reconstruire et réaménager selon ses besoins. Ce que je reproche à la muséographie versaillaise c’est d’être disparate, par impossibilité de trancher. Le ministère de la Culture devrait imposer un style et reconstruire Versailles suivant une date précise du règne de Louis XIV. Pour en faire un vrai musée où l’on irait voir du Louis XIV 1710, par exemple, ou du Louis XV 1745… ou du Louis XVI 1788. Faire en sorte que Versailles soit un instantané représentatif d’une époque et non pas un assemblage hétéroclite rénové au gré des conservateurs ou des goûts d’un ministre… Avec tout, des salles de réception aux chiottes en passant par les salles d’eau, les offices, les cuisines, les galetas de la noblesse et des laquais… etc.

Les représentants de l’art financier contemporain (de Buren à Kapoor…) ne font que des montages pour choquer les lecteurs du FigMag et de Points de Vue.

Même engeance inculte. Quand je vois une œuvre qui m’indiffère, je passe à côté. C’est valable aussi bien pour Koons, Kapoor, Picasso et d’autres barbouilleurs de toiles, de plastique et d’idées… Si l’on en parlait moins, la cote baisserait. Mais on en cause… la cote monte…

A Versailles, ce qui me gêne c’est qu’on dérive vers n’importe quoi à partir de la vision et de la réalisation de Louis XIV, de ce vers ailleurs qu’il a voulu et qui se déchire avec le truc de Kapoor… Parce que cela n’a pas de rapport réel avec ce qui existe à l’intérieur du palais : cette idée de faire partir tout de la Chambre royale vers le point cardinal légèrement décalé avec les pièces d’eau, les allées, la statuaire etc. Avec tous ces touristes c’est impossible.

Ah, et ne confondons pas un enseignement un peu trop académique avec celui de l’Académie royale etc., comme il ne faut pas mélanger un dessin académique de la fin du XIXe et une académie traditionnelle du XVIIIe. Une Suzanne au bain et une Olympia, un sujet à méditer et un prétexte à grivoiserie…

Finalement, il n’y a pas de mémoricide car il manque d’avoir choisi une mémoire.

Publication initiale  dans le forum de discussion Vexilla regis.