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BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (15 février 2013)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

15 Fév

*  Deux poids, deux mesures :

Vous souvenez-vous de ce qui s’est passé le 17 décembre 2010 ? Peut-être faut-il le rappeler.

Ce jour-là, dans la petite ville de Sidi Bouzid, en Tunisie, un jeune marchand ambulant de 26 ans, chômeur diplômé, se donnait la mort par le feu, désespéré de ne pouvoir travailler et après la saisie de son étal de fruits et légumes par la police locale, pour défaut de licence. Ce furent les flammes qui mirent le feu à la Tunisie et de ce jour date ce que nos médias bien pensants appellent encore, d’une expression aussi bucolique qu’elle est fausse, « la Révolution de Jasmin« .

Le jeune homme, devenu le symbole d’une jeunesse sans espoir dans une Tunisie subissant la férule et la corruption du président  Zine el Abidine Ben Ali et de son clan, avait succombé à ses brûlures le 4 janvier. Son acte, rarissime dans une société musulmane, avait déclenché une vague de manifestations de grande ampleur contre le régime, qui avait gagné tout le pays. Le 17 janvier, le chef de l’Etat était renversé et s’enfuyait en Arabie saoudite.

Vous souvenez-vous de l’hystérie collective qui s’empara alors de nos journaux et de nos médias audio-visuels ? En voici quelques titres, au hasard:

« Emeutes en Tunisie après l’immolation d’un jeune chômeur » (Rue 89)

« Violences à Sisi Bouzid, berceau de la révolution tunisienne » (Le Parisien)

« L’immolation, un geste de désespoir à forte charge politique » (France 24)

« Pourquoi s’immole-t-on par le feu ? » (Slate.fr)

« Tunisie, les éclaireurs » (Le Monde diplomatique)

« Brûler son corps pour faire entendre sa voix » (L’Express)

« De la révolution de Jasmin à la chute de Ben Ali » (Le Figaro)

et l’on pourrait ainsi continuer…

Le 13 février 2013, un Nantais de 42 ans s’immolait par le feu devant l’agence de Pôle emploi dont il dépendait. Mais qui en parle avec le même lyrisme ? Aujourd’hui ses cendres sont déjà balayées sous le tapis des justifications et des explications. Un drame normal. 258.000 chômeurs de plus en 2012. 42.000 emplois détruits lors du dernier trimestre. Quels sont ceux qui ne vivent pas dans la peur, pour eux, pour leurs proches ? Combien de temps encore accepterons-nous ? Combien de temps la résignation ? Combien de temps le cynisme du pouvoir et de ses chiens de garde ? Quelques « brèves » dans les radios. Quelques lignes dans les journaux et « circulez, il n’y a…plus rien à voir« . Deux exceptions relatives. Un éditorial (pas plus) de Dominique Quinio dans La Croix de ce jour, intitulé « Mortel chômage« . Et Le Monde, d’habitude si prolixe en matière sociétale, n’a produit qu’un texte sobre, dans son numéro daté d’aujourd’hui, intitulé « Emotion après l’immolation d’un chômeur à Nantes » (signé d’Anne-Hélène Dorison). Mais seulement en page 12, bien après les rubriques Evènement, International, Planète (sic) et Politique…Avec une mention spéciale aux propos remplis de compassion de notre ministre socialiste du Travail, Michel Sapin, et qui en disent long sur la lucidité de nos dirigeants politiques:  » Des solutions lui ont été proposées mais il y a des moments où on est dan s une telle situation qu’on ne comprend plus les explications. Je crois qu’il était dans un tel état qu’aucune main tendue n’a permis d’arrêter son geste. (Dans cette affaire) tout le monde avait agi comme il se devait. » Qu’ils ne s’y trompent pas, d’autres drames de cette sorte auront lieu dans les mois qui viennent car la misère et le désespoir rongent désormais jusqu’à la trame de notre tissu social.

Mais nous voudrions insister sur la première phrase de l’article du Monde que nous venons de citer car…elle dit tout. Elle dit certes le drame du chômage, dont nous ne cesserons pas de montrer ce qu’il peut avoir de destructeur de l’âme comme du corps des travailleurs mais aussi de l’ensemble de notre société. Mais elle dit aussi, incidemment, l’autre drame que vit notre malheureux pays : «  Djamal Chaab, un chômeur algérien de 42 ans, s’est immolé par le feu mercredi 13 février devant l’agence Pôle emploi de Nantes-Est, provoquant une très vive émotion. » La boucle est bouclée.

N’en doutons pas, la politique du « chien crevé au fil de l’eau » de la République et l’aveuglement de l’oligarchie politico-médiatique nous mènent droit dans le mur. 

*  Les exportations d’armes françaises en chute libre :

Les dernières statistiques gouvernementales nous l’avaient annoncé: le déficit de notre balance commerciale s’est amélioré en 2012 par rapport à 2011. Mais, comme nous le précisions dans un précédent Bulletin climatique, ce sont surtout les importations qui ont diminué plus que les exportation qui ont augmenté. Traduisant ainsi le marasme de notre économie et la diminution du pouvoir d’achat de nos compatriotes. Une preuve supplémentaire de cette situation est la déclaration du Délégué général de l’armement, mercredi 13 février. Il y apparait que  les exportations d’armes françaises en 2012 ont atteint un niveau de 5 milliards d’euros, en nette baisse par rapport à l’année précédente. Serait en cause une plus vive concurrence que celle que nous connaissions auparavant.

« On ne peut pas dire que soit un chiffre significativement bon, on espérait un petit peu plus« , a reconnu le délégué général. Les exportations avaient atteint 6,5 milliards d’euros en 2011, en hausse de près de 27% par rapport à 2010, où elles s’étaient montées à 5,12 milliards.

Laurent Collet-Billon a expliqué cette baisse par « une concurrence extrêmement forte » sur le marché des armements. Elle est due à la fois au « retour des Américains (qui se montrent) extrêmement offensifs du fait de la diminution des commandes de production » du département de la Défense, et de l’émergence de pays qui accèdent à un niveau technologique qui les rend concurrentiels.

Il a cité pour exemple Israël, « bientôt l’Italie dans le domaine naval« , et la Corée du Sud. D’après le quotidien israélien Haaretz, citant les estimations du ministère de la Défense, les exportations de matériel militaire israélien ont grimpé de 20% en 2012 pour atteindre 7 milliards de dollars (5,2 milliards d’euros).

« En 2013, il est indispensable de poursuivre notre effort sur l’expertise technologique, pour maintenir au meilleur standard les capacités des forces armées et préserver la compétitivité de notre industrie« , a-t-il ajouté (en écho aux demandes réitérées du Conseil dans l’Espérance du Roi !).

La DGA a augmenté en 2012 le montant des études en amont, pour préparer l’avenir des systèmes d’armement, à 706 millions d’euros contre 695 millions en 2011. Mais, en raison de la baisse des budgets, elle a en revanche réduit ses commandes de programmes aux industriels, de 7,9 milliards en 2011 à 6,3 milliards l’année dernière.

Les gros contrats remportés par les industriels français l’année dernière sont la commande par l’Inde pour plus d’un milliard d’euros de missiles air-air MICA pour la cinquantaine de Mirage 2000 de ses forces aériennes (le MICA est fabriqué par MBDA, co-entreprise d’EADS, du britannique BAE Systems et de l’italien Finmeccanica), celle de six corvettes conçues par les chantiers navals DCNS à la Malaisie, et des ventes d’équipements à l’Arabie saoudite, a expliqué le Délégué général.

La région Asie-Pacifique a absorbé plus de 40% du total, le Golfe arabo-persique quelque 16%, a précisé Stéphane Reb, directeur du développement international de la DGA.

La DGA, une institution sans véritable équivalent en Europe, prépare les futurs systèmes de défense, équipe les forces armées et promeut les exportations d’armement. Il faut soutenir ses efforts autant que ses recommandations.

* Quand le bâtiment va mal, tout va mal :

Année noire pour le secteur de l’immobilier neuf. Les ventes au détail des promoteurs ont chuté de 28 %, à 73 700 logements, en 2012, après une baisse de 10 % en 2011, a indiqué, jeudi 14 février, la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI). Et la part de l’investissement locatif privé – les particuliers qui achètent pour louer – a chuté de 55 % en deux ans, à 32 700 logements.

« En 2012, le rythme de réservations, c’est-à-dire le nombre de logements réservés par mois et par programme, a chuté d’environ 30 %, chez nous comme pour l’ensemble du marché », constate ainsi Moïse Mitterrand, membre du directoire du promoteur Les Nouveaux Constructeurs.

Toutes les catégories d’acheteurs dans le neuf ont été touchées : « Les primo-accédants ont vu les conditions d’obtention des crédits se resserre ; les secondo-accédants, qui vendent un bien pour acheter, ont fait face à un marché de l’ancien difficile et ont préféré ne pas vendre, explique M. Mitterrand. Et enfin, pour les particuliers-investisseurs, le dispositif Scellier d’aide à l’investissement locatif, dont c’était la dernière année, était fiscalement moins avantageux que par le passé. » Reste à savoir si le nouveau dispositif d’aide à l’investissement locatif, en vigueur depuis le 1er janvier, plus social, communément appelé « le Duflot », attirera les particuliers.

Pour 2013, l’objectif des promoteurs est en tout cas d’endiguer la baisse. « De ne pas descendre en dessous de 70 000 logements, ce qui est loin d’être acquis, et de viser un retour vers les 100 000 logements, précise François Payelle, président de la FPI. Et si on veut contribuer à produire plus, il faudra que les investisseurs institutionnels reviennent. » C’est d’ailleurs l’un des projets du gouvernement.

Aujourd’hui, si les ventes ne décollent pas, les nouveaux programmes ne sortent pas de terre. « On commence même à voir des abandons d’opérations », constate M. Payelle. Car les conditions de financement se sont durcies pour les promoteurs. « Actuellement, nous ne pouvons démarrer les travaux que quand 50 % d’un programme est commercialisé, sinon les banquiers ne financent pas les opérations, explique M.Payelle. Il y a un an ou deux, à 30 % de commercialisation, les banques nous suivaient. »

Donc, non seulement les promoteurs vendent moins de logements, mais ils en proposent moins : les mises en vente ont reculé de 17,5 % en 2012. « On est dans une logique d’accident industriel. Un logement, c’est au moins deux emplois directs. En passant de 115 000 à 73 700 logements en deux ans, on a perdu environ 80 000 emplois dans la filière, c’est colossal« , s’alarme M.Payelle.

Pour l’instant, en France, les conséquences sur le secteur du BTP sont restées limitées : la baisse d’activité a été de 1,2 % en volume en 2012, alors qu’un repli de 1,9 % était anticipé, selon la Fédération française du bâtiment (FFB). Mais cela pourrait s’aggraver si les mises en chantier continuent de s’effondrer au cours de l’année 2013 : seulement 341 000 logements ont été mis en construction en 2012, contre 421 000 en 2011, selon la FFB. Et selon les calculs de Didier Ridoret, le président de la fédération, le secteur pourrait perdre 40 000 emplois cette année, dont 15 000 en intérim.

Les perspectives ne sont pas plus réjouissantes du côté des entreprises de travaux publics, où l’on déplore une forte chute des commandes de la part des collectivités locales. « Ecoles, hôpitaux, stations d’épuration… Tout est en recul », s’alarme le président de la Fédération nationale des travaux publics, qui anticipe une baisse de 2,5 % du marché en 2013, après un recul de 2,2 % en 2012.

Imaginez les conséquences de ces bonnes nouvelles sur la courbe du chômage et son poids économique…

*  Mais « la France ne peut pas périr, car le Christ aime encore les Francs ! » (Henri comte de Chambord) :

Programme du 220 ème anniversaire des guerres de Vendée


La Chabotterie.

Juin 2013

En Vendée, de nombreuses églises conservent des vitraux racontant des épisodes des guerres de Vendée. Un recensement de cette mémoire paroissiale est en cours, sous l’égide de Christophe Vital, conservateur des musées de Vendée. Et plusieurs « Nuits des vitraux » seront proposées en juin.

Novembre 2013

Un colloque sur la Mémoire organisé par le Centre vendéen de recherches historiques sous la responsabilité d’Alain Gérard et Michel Chamard. Des pointures nationales sont pressenties : l’historien Pierre Nora (auteur d’un superbe travail sur Les Lieux de mémoire), l’historienne Mona Ozouf, le philosophe Alain Finkielkraut…

Premier trimestre 2014

Inauguration « en présence de personnalités internationales » du nouveau parcours-spectacle de la Chabotterie, haut lieu des guerres de Vendée, où Charette fut arrêté par le général Travot, le 29 mars 1796. « Le site avait très mal vieilli, précise Bruno Retailleau. On se devait de refaire la scénographie. »

Toute l’année

« Sur les pas du soulèvement vendéens » : une visite commentée des principaux lieux de l’insurrection vendéenne.

Les Amis de la Chabotterie (château de Charrette)

Association les amis de la Chabotterie

 

L’association des Amis de la Chabotterie s’est constituée afin de soutenir les actions du Logis de la Chabotterie et pour participer à son développement.
L’association est le partenaire des manifestations organisées au Logis tout au long de l’année. L’originalité des concerts et des animations présentés, la qualité des stages proposés par des animateurs sans cesse renouvelés, les dîners avec des intervenants prestigieux, la présence des bénévoles aux côtés de l’équipe dans toutes les manifestations, ont apporté un élément de choix au renom de la Chabotterie dans le domaine du bon goût.
L’association organise directement des journées de stages, des voyages découvertes du patrimoine, des concerts, des dîners-conférences. 

L’adhésion est de 18 € par an pour les individuels et de 25 € par an pour les familles. Les adhérents bénéficient de nombreux avantages dont l’entrée gratuite au Logis de la Chabotterie.

Renseignements : 02 51 56 12 86 ou amisdelachabotterie@orange.fr

(armoiries de Charrette de La Contrie: d’argent au lion de sable armé et lampassé de gueules, accompagné en pointe de trois cannettes de sable posées 2,1, membrées et becquées de gueules)

Le 15 février 2013.

Jean-Yves Pons.

21- 27 juin 2012. VEILLE DE SOMMET EUROPEEN (fin juin 2012). Le monde avance, l’Europe saute à la corde

28 Juin

L’union fait la force .                                                                                                                                                                                                                                 Il y a 10 ans les autorités sud-coréennes, chinoises et japonaises lançaient une étude de faisabilité concernant la création d’une zone de libre-échange entre leurs trois États. Aujourd’hui le déclin des importations occidentales dû à la crise aux USA et en Europe pénalise l’économie de ces trois grands exportateurs, à tel point qu’ils viennent de décider de remettre l’ouvrage sur le métier.                                                                                 À l’issue du sommet du 13 mai à Pékin qui réunissait Y. Noda, Premier ministre japonais, L. Myung-Bak, président sud-coréen et W. Jiabao, Premier ministre chinois, ce dernier annonçait que « les trois sont d’accord pour ouvrir avant la fin de l’année des négociations sur une zone de libre-échange et une coopération étroite en matière d’investissement « .   Accaparés par le SOS des banques espagnoles, les présidentielles françaises et les législatives grecques, les médias ont fait preuve d’une regrettable discrétion à l’annonce de ce projet qui vise à créer la première puissance économique mondiale.                                                                                                                                                                                                    Cumulée avec la suppression des taxes douanières, l’indéniable complémentarité industrielle (production de composants et unités d’assemblage) entre ces trois pays leur permettra de réduire le prix de revient du produit fini et donc de conforter leurs places dans les secteurs où ils sont déjà bien implantés (semi-conducteurs, panneaux photo voltaïques) et de développer ceux dans lesquels ils sont encore peu ou pas présents (aéronautique).                                                                                                                                                                                                                        L’union fait la force, et plus encore lorsqu’il s’agit d’unir des forces déjà bien réelles ; ceci dit à l’intention des instances dirigeantes de l’Union européenne.  Un peu hâtivement certains commentateurs ont minimisé l’évènement en soulignant l’obstacle monétaire créé par le conflit yuan-yen ; mais justement…

Yuan et Yen                                                                                                                                                                                                                                                                       Dans la foulée, fin mai, Tokyo et Pékin décidaient d’échanger leurs monnaies sans passer par l’étape dollar. Jusqu’alors le yuan était changé en dollar et le dollar en yen ; à partir du 1er juin les deux capitales ont instauré un taux de change direct yuan-yen (1 yuan = 12,58 yen, 20 juin 2012). Ainsi, en réduisant le coût de leurs transactions financières et en s’affranchissant des fluctuations du dollar, la Chine et le Japon venaient de prouver que le pragmatisme économique prévaut sur les querelles diplomatiques (la dernière en date est liée au projet chinois de construire une base militaire sur les Iles Senkaku revendiquées par la Chine, Taïwan et le Japon).

L’affaire du London Metal Exchange (LME)                                                                                                                                                                                             Vénérable institution plus que centenaire, la Bourse des métaux de Londres est le premier marché mondial des métaux non ferreux ; en 2010 le volume des transactions atteignait 11 600 milliards $ pour 2,8 milliards de tonnes.  Son capital est détenu par les grandes maisons de négoce et diverses banques dont J.P. Morgan et l’incontournable Goldman Sachs qui possèdent 20% des actions à elles deux.   En raison des faibles commissions appliquées sur chaque transaction le résultat financier du LME est très modeste, de l’ordre de 0,02% du chiffre d’affaire.  Par ailleurs depuis l’adhésion de la Chine à l’OMC, la place de Londres est fortement concurrencée par la Bourse de Shanghai sur le marché du cuivre. Ceci peut expliquer que fin septembre 2011 le LME décidait de se mettre en vente et lançait un appel d’offre en bonne et due forme ; la date de clôture est fixée au 7 mai 2012 et pour être validée, une proposition doit être acceptée par les ¾ des actionnaires et non inférieure à 1,25 milliard €. Naturellement tous les grands opérateurs boursiers sont sur le coup, parmi lesquels figure le Hong Kong Exchange & Clearing (HKSE).  Le 18 juin 2012 les actionnaires acceptent la « très intéressante » offre du HKSE à 1,7 milliard €, conclusion logique de l’activité du LME tournée à 40% vers l’Asie et principalement vers la Chine qui absorbe à peu près les 2/5 de la production mondiale de cuivre, d’aluminium et de nickel.  Détail qui a son importance, préalablement le LME avait décidé d’introduire le yuan dans son panier des devises autorisées pour ses transactions. Ainsi, grâce à cette acquisition, HKSE qui, depuis 2011, bénéficie déjà du succès de ses émissions obligataires en yuans pourra également introduire la monnaie chinoise dans des cotations boursières (après Mc Donald’s, Caterpillar et Volkswagen, en septembre 2011 Air Liquide fut la première entreprise française à contracter un emprunt obligataire de 1750 millions de yuans).   Tout est bien qui finit bien, les actionnaires de LME empochent au-delà de leur espérance et Pékin, par l’intermédiaire de Hong Kong « pont financier » entre la Chine et l’Occident, marque un point dans l’internationalisation du yuan.

Une autre politique monétaire                                                                                                                                                                                                                                Après avoir maintenu le yuan à un niveau anormalement bas durant une décennie, portée par ses exportations la Chine est devenue le géant économique que l’on connait…et subit !  En dépit d’un net ralentissement fin 2008, son commerce extérieur a peu souffert de la crise monétaire occidentale grâce à l’énorme quantité de dollars imprimés par la Fed et aux plans de relance de la zone euro. Les choses ont commencé de se gâter au début de l’été 2011 ; Outre Atlantique la reprise restait poussive en raison d’un chômage élevé, l’Europe ne parvenait pas à se désenvaser du marécage de la crise grecque et la Chine était confrontée à la contestation salariale et au risque d’une bulle immobilière.                                                                                                                                                                                    Conséquence d’une consommation tristounette sur les deux rives de l’Atlantique, l’excédent commercial chinois a commencé de se contracter avec pour corollaire la réduction des réserves de change : après une croissance continue depuis 2004 (500 milliards $) à septembre 2011 (3202 md$) elles n’étaient plus « que » de 3181 md$ fin 2011.                                                                                                                                                                                                                                               Bien que Pékin refuse de communiquer la proportion des devises qui composent ses réserves, des organismes tels que le FMI et la Banque des Règlements Internationaux estiment que le dollar comptait pour 75% en 2006, 65% en 2010 et 55% en 2011.                                                                                                                  Ce repli  s’explique par le fait que depuis 2007, année des subprimes, la Chine ne considère plus les États-Unis comme un pays sûr et cherche à diversifier ses réserves de change au détriment de la monnaie américaine sans pour autant se tourner vers un euro bancal.                                                                                                 Dans l’immédiat, puisque les exportations ne suffisent plus à absorber la production de la gigantesque usine chinoise, pour Pékin il importe que la consommation intérieure prenne le relais, d’où les augmentations salariales accordées en 2011.                                                                                                                       En parallèle il est probable que la Chine continuera de se libérer du dollar en faisant du yuan une devise internationale incontournable et susceptible d’entrer dans le club très privé des monnaies de réserve. Les faits rapportés dans cet exposé confortent cette hypothèse au terme de laquelle, d’ici quinze à vingt ans, la dictature du yuan pourrait succéder à celle du dollar. Pour l’Europe qui ambitionne de faire jouer l’euro dans la cour des grands, cette éventualité présente un risque qui devrait être pris en considération lors du sommet des 28 et 29 juin. Tout comme devrait être pris en considération le fait que les peuples d’Europe sont majoritairement hostiles à un gouvernement fédéral au service de l’euro.                                                                                                                                                         Pour éviter de se retrouver dans une impasse, à la fin des années 90 quelques économistes avaient suggéré l’idée d’une monnaie commune assise sur un panier de devises nationales qui servirait à régler les échanges commerciaux de l’Union européenne avec le reste du monde. À creuser ?

                                               Pierre Jeanthon. Conseiller du CER