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Lu sur Médias – Presse – Info :  » Macron : quel royalisme ? « 

8 Août

Sous la plume de Patrick Malvezin, cette intéressante (et même pertinente dans sa conclusion) analyse des récents propos de notre ministre socialiste de l’Economie qui proclamait il y a quelques semaines : « Il manque un roi à la France !« 

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Les réactions aux propos « royalistes » du ministre de l’économie, il y aura bientôt un mois, n’ont pas été moins surprenantes que les propos eux-mêmes.

L’affaire aurait pu être énorme : que le ministre le plus important du gouvernement Valls, jeune, modernissime, sorti d’une brillante carrière bancaire, et conseillé favori du moi-président, fasse sienne une analyse qu’un monarchiste ne renierait pas, aurait dû provoquer un concert d’indignations primaires, et en contrepoint, des interrogations.

Un vulgaire ministre socialiste aurait été sommé par son parti de s’expliquer, de démentir, et de s’excuser, avant d’être expulsé du gouvernement, lequel a décrété que toute mise en question des valeurs républicaines dans leur absolue pureté idéologique contradictoire, engendre ipso-facto l’exclusion de la communauté politique nationale, et s’identifie quasiment au terrorisme et au nazisme. Toute évocation positive d’un élément (et quel élément !) de l’Ancien régime n’entre-t-il pas dans cette catégorie ?

La « vraie gauche » révolutionnaire intégriste ne pouvait que crier à la trahison si éminemment avouée.
A droite, les républicains auto-proclamés se devaient d’exploiter l’incartade tout en s’en démarquant nécessairement.
Le nouveau FN, obsédé de donner des gages et d’expulser de son sein tout ombre réactionnaire, devait faire la même chose.
Les royalistes résiduels patentés auraient enfin pu s’en étonner, voire même s’en servir et s’en réjouir.

Rien de tout cela : aucune Mélenchonade, quelques commentaires de journalistes agacés, moqueurs. D’autres ont relativisé ce qui, selon eux, n’était au fond qu’un petit passage au sein de l’évocation d’une formation philosophique personnelle tellement plus intéressante, puis plus rien. Sidération ? silence gêné ou conspiration du même effet ?

Deux questions s’imposent à nous : pourquoi ce rapide refoulement généralisé ? et en amont, pourquoi ces propos ? Au vu du personnage, l’hypothèse, de l’inconscience ou de la naïveté est invraisemblable.
La seule chance d’espérer des réponses nous semble être dans l’exploration du propos lui-même : d’abord ce qui nous y apparaît le plus sûr, puis le plus douteux, et enfin le plus absent.

Dans la première catégorie se trouve l’affirmation de l’absence du roi, depuis sa mise à mort, forme de « l’incomplétude démocratique » en France. Cette considération a évidemment été comprise de travers par les jacobins obtus et ringards, comme un nouvel avatar d’une nostalgie française qu’ils démentent triomphalement par de grossiers sondages, reflets de la propagande avalée par les masses depuis l’école. Le coupable n’a pourtant pas dit que « le peuple regrette » mais que « le peuple français n’a pas voulu » cette mort, ce qui, si on ne réduit pas ce peuple à la populace sans culotte parisienne surexcitée, est une pure évidence historique.

En réalité ce constat d’absence est plus systémique, et si Emmanuel Macron, comme il le dit, s’est autrefois spécialisé en philosophie politique et s’est particulièrement nourri au réalisme aristotélicien, il ne peut ignorer que, considérant dans La Politique les gouvernements des cités réelles, Aristote constate que les meilleurs d’entre eux, du point de vue du Bien commun, sont ceux qui mixent les « trois espèces de Constitutions » plus exactement nommées dans l’Ethique à Nicomaque : Royauté, Aristocratie, et République, laquelle est le gouvernement des citoyens libres et égaux devant la loi. Cela, dans les proportions qui conviennent selon l’état de la cité dirigée. Si la meilleure Constitution est la première des trois « le Roi (…) n’ayant besoin de rien de plus qu’il n’a, n’aura pas en vue ses propres intérêts », sa déviation, la Tyrannie, est naturellement la pire, devant l’Oligarchie pour l’Aristocratie, et devant la Démocratie qui « n’est qu’une légère déviation de la forme du gouvernement républicain » (Aristote parle ici d’une Démocratie réelle et non de l’imitation que nous en connaissons qui masque le plus souvent une oligarchie et, au besoin, une tyrannie). La mixité des trois formes, si elle respecte les réalités de la cité concernée, lui apporte, dans les proportions qui lui conviennent les qualités des trois, en la préservant de leurs déviations. Via saint Thomas d’Aquin, cette conception se retrouvera dans notre Ancien Régime. Le fringant ministre ne s’aventure pourtant pas si loin, se contentant de revenir à des réflexions moins explicites, prolongeant celles de Paul Ricoeur dont il fut l’assistant, sur la « demande permanente de délibération » horizontale et le défaut de « rapports plus verticaux nécessaires à la décision », sans en tirer de conclusion.

Mais l’absence majeure dans son analyse, est le mode de désignation du Roi manquant. Notre ministre philosophe ne s’y risque pas. Ce serait fatalement s’installer dans un royalisme quasi maurrassien qui ne lui conviendrait pas au teint. En évoquant pourtant les « moments napoléonien et gaulliste », tentatives pour « réinvestir ce vide », il souligne implicitement leur échec à le faire durablement, et par là même, celui de toutes les autres tentatives et postures présidentielles. Par conséquent, l’hypothèse dynastique qu’il n’évoque pas, est incontournable pour assurer l’indépendance royale dans la décision, qui, selon Aristote, engendre sa supériorité politique. La solution du monarque officiellement potiche à l’anglaise n’est bien sûr pas évoquée, ne répondant pas au problème posé.

Supposer, comme certains l’ont fait, qu’en soulignant le déficit de verticalité il voudrait seulement justifier, au service de l’oligarchie, un autoritarisme gouvernemental et le mépris de la bureaucratie européenne pour le consentement populaire, ou imaginer une manoeuvre machiavélique tarabiscotée pour pointer la faiblesse du moi-président-normal qui l’a pourtant fait ministre, dans l’objectif de le remplacer par lui-même ou par Manuel Valls, ne nous semble pas à la mesure de la réflexion amorcée. L’idée qu’il se verrait roi, équivaut à le prendre pour l’imbécile qu’il n’est pas.

Conjecturer enfin, dans un complotisme extrême, qu’il veut nous préparer un roi du monde et du peuple élu, illuminati siégeant bientôt à Jérusalem, nous semble manquer quelque peu de fondements indubitables.

La possibilité d’un retour occasionnel à une réflexion sincère quoiqu’incomplète, ne nous paraît donc pas à écarter, en dépit du décalage de celle-ci avec les activités et les décisions politiques et bancaires de son auteur. Notre virtuose du paradoxe socialiste libéral, se donnerait ici, dans un mépris aristocratique souverain et légèrement décadent, le privilège de ses propres contradictions, et le droit d’un moment mesuré de vraie philosophie politique publique, en dépit des interdits idéologiques auxquels il aurait l’arrogance, dans sa situation, de ne pas se sentir soumis.
La stupeur muette, face à cette brèche majeure qu’on ne saurait voir dans le front bas républicain, lui donnerait raison.
Il y aurait donc là une pensée insolente de la nécessité royale, insuffisante et imparfaite, mais précieusement bienfaisante pour les esprits, dans ces temps d’obscurantisme démocratique, tant en politique, ce qui semble impossible peut néanmoins être nécessaire.

Patrick Malvezin.

EGYPTE : UN CASSE-TÊTE POUR L’IDÉOLOGIE DÉMOCRATIQUE. Obama, un caméléon sur couverture écossaise

19 Août

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On l’aura bien compris, Barak Obama tout comme notre illustre président, sont pour la paix et la démocratie partout dans le monde et en Egypte en particulier.

On aura également compris que ce n’est pas gentil de tirer à l’arme lourde sur de pacifiques manifestants. Mais une fois cet angélisme démocratique accepté comme théorème de départ, reste tout de même à déterminer qui est gentil et qui est méchant.

Le drame du démocrate, c’est de ne pas pouvoir faire du manichéisme comme Mr Jourdain faisait de la prose. Quand il est impossible de désigner un méchant absolu, que tout est dans la nuance de tons entre oppresseurs et fanatiques, le démocrate type mondialiste,  modèle Obama, se retrouve comme le pauvre caméléon sur la couverture écossaise. Il crève de ne pouvoir prendre toutes les couleurs à la fois.

A dire vrai les forces de l’ordre, police et armée sont à la reconquête d’un pouvoir qui leur avait échappé. L’armée qui ne fait plus la guerre depuis 71 et les fameux accords de paix qui ont gelé le plus important des pays arabes dans une stratégie américaine très favorable à Israël, se retrouve face à la rue.

Entre le putschiste et le président élu, le cynisme occidental

Mais ceux qui occupent la rue ne sont pas de pacifiques manifestants. Ce sont des fanatiques religieux qui veulent imposer un pouvoir théocratique intégriste par la force et le terrorisme au besoin. Ils ont certes remporté les élections mais, tout de suite, ils ont fait dériver le régime vers un totalitarisme correspondant à leur idéologie religieuse.

Une armée détournée de la guerre pour devenir l’instrument d’un régime autoritaire se retrouve face à des milices armées appuyées par une partie de la population. C’est pourquoi Assad soutient l’armée égyptienne et la Turquie les islamistes. Quant aux démocrates égyptiens, plutôt favorables à l’armée d’ailleurs, ils comptent pour peu de choses.

Les dirigeants occidentaux prisonniers de leurs beaux sentiments pratiquent une hypocrite langue de bois qui condamne la force sans pour autant envisager quoi que ce soit. Une chose est sûre, d’un côté les kakis, de l’autre les barbus et entre les deux pour le moment rien ou presque.

Vu d’occident, on aurait tout intérêt objectivement à une défaite même sanglante des islamistes, car ce sont eux qui nous menacent et certainement pas l’armée égyptienne. Les choses sont simples, sauf pour les idéologies compliquées qui essayent d’adapter des situations spécifiques à des normes communes.

La condamnation prétendument unanime de la communauté internationale, c’est à dire les Usa et leurs alliés est, bien sûr, aussi facile qu’inutile. Se donner bonne conscience est une chose, finalement la seule que nos dirigeants  tentent de faire à chaque fois, de l’Irak à l’Egypte en passant par la Syrie.

Mais  l’esprit critique en apporte la preuve. Face aux conflits de notre temps, la grille de lecture démocratique est obsolète.

                         Jean Bonnevey 

le 18/08/2013

http://metamag.fr/metamag-1465-Egypte—un–casse-tete-pour-l’ideologie-democratique.-Obama–cameleon-sur-couverture-ecossaise..html

   A vrai dire, il n’ya  pas  qu’en Egypte que l’idéologie démocratique ne marche pas … En France , non plus quant on voit les  contorsions du gouvernement  républicain Hollande /Ayrault   pour ne jamais  écouter le peuple s’agissant  du mariage  abusivement présenté  comme étant pour tous Comment ne pas se  scandaliser au  souvenir de l’attitude  du Conseil économique  social et  environnemental refusant , ne serait-ce que de recevoir,la pétition pourtant  signée par 700  000 Français ? https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2013/02/27/mariage-pour-tous-sauf-pour-le-president-le-conseil-economique-social-et-environnemental-refuse-de-tenir-compte-de-la-petition-populaire-700-000-sigatures/ …Mitterand, lui,  était  -sur ce point, au moins  – un véritable démocrate lorsqu’il retira le 14 juillet 2004 son texte  le grand service public unifié et laïque de l’éducation nationale. http://fr.wikipedia.org/wiki/Projet_de_loi_Savary

Sur les limites de la démocratie née des « Lumières », voir aussi sur ce  blog même : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2013/08/16/les-deux-democraties/

Alain TEXIER, CJA, Membre du CER

 

Des LIMITES de la DEMOCRATIE dans le cadre de la Coopération NORD-SUD.

26 Juil

Un gamin d’au delà des mers demande à sa mère :

 – « Maman, qu’est-ce que c’est la démocratie dont on parle tout le temps en classe ? »

 – « Eh bien, mon fils, c’est quand les français travaillent tous les jours pour que nous puissions avoir tous nos avantages sans rien faire. Comme  les téléphones cellulaires gratuits pour chaque membre de la famille, le logement gratuit, les restos du Cœur,  les bons d’alimentation, la gratuité des soins médicaux et pharmaceutiques, les aides infirmières, les subventions et ainsi de suite… »

– « Mais maman, est-ce que les français ne râlent pas, à ce sujet ? »

– « Bien sûr, mon chéri, qu’ils râlent, mais ça : c’est ce qu’on appelle le racisme ! »

http://www.lesfrontaliers.lu/thread/492934/r-alit

NDLRB. Merci à Roger de nous avoir informé de ce  point de  vue.

Lettre ouverte à l’éditorialiste politique de France Inter et autres lieux.

28 Mar

A Monsieur Thomas Legrand, éditorialiste politique de France Inter et autres lieux.

Monsieur,

Votre éditorial de ce jour, dans le cadre du 7/9 de Patrick Cohen, se voulait  en quelque sorte dédié au président de la République qui doit s’adresser ce soir aux Français, alors que les douleurs de la France mais aussi l’incapacité de l’oligarchie au pouvoir à y remédier atteignent des sommets. Vous vous attardez notamment sur ce que vous appelez pudiquement la « nervosité de la société » (avouez cependant qu’elle pourrait l’être à moins !). Et, pour ce faire vous nous dites ceci:

 » L’un des révélateurs de l’état psychologique d’une nation c’est son débat public. Et ce débat est, en ce moment, particulièrement agressif et acrimonieux. Un état de crise de nerfs. »

Permettez-nous, avant tout, de rappeler la définition usuelle d’une crise de nerf :  » Expression populaire pour désigner des manifestations paroxystiques à caractères neuro-psychiatriques et comportant plus particulièrement des manifestations psychomotrices, et des troubles de la conscience et du comportement « . Pensez-vous raisonnablement que l’expression que vous employez soit particulièrement adaptée au drame à la fois culturel, politique, économique et social que vivent nos compatriotes et soit un reflet exact de ce que vous appelez  » l’état psychologique d’une nation  » ?

Alors vous avez décidé de nous offrir quelques  exemples (parmi beaucoup d’autres sans doute) de cet état de crise de nerf. Nous vous citons encore:

«  La violence des réactions des amis de Nicolas Sarkozy après sa mise en examen, les invectives de Jean-Luc Mélenchon contre les membres du gouvernement sont inédites. Ceux qui hurlent disent qu’ils relaient un ras-le-bol ! Tout est outré à l’image d’un Wauquiez par exemple, qui peut dire « on a tiré sur nos enfants » à la fin de la manif pour tous, les catholiques se disent méprisés pendant le débat sur le mariage homosexuel… Les homosexuels voient une partie de la population descendre dans la rue contre l’extension d’un droit ! Les musulmans dénoncent une « islamophobie » ambiante. La mécanisme qui devait nous faire passer d’une « société du conflit » à une société du « compromis social », pour l’instant, ne marche pas. L’exemple de l’accord national interprofessionnel est frappant. C’est un accord entre syndicats et patronat. C’est donc, normalement le résultat de négociation, d’une entente. Eh bien, ça ne passe pas ! Il est considéré par une bonne partie de la gauche comme une capitulation, une violence de plus. »

On pourrait effectivement en ajouter bien d’autres et de plus avisés, c’est à dire plus proches de la vie et des préoccupations des Français aujourd’hui. Mais vous allez encore plus loin dans la métaphore :

«  Le terme de « dépression collective », formulé en 2010 par Jean-Paul Delevoye, le président du Conseil économique et social, est plus vrai que jamais. La France est comme un chômeur déprimé. Un chômeur déprimé a plus besoin d’un emploi que d’un psychiatre. Mais un psy peut l’aider à retrouver la sérénité qui convient pour avoir plus de chances de retrouver un emploi. Pour un peuple, c’est pareil… mais le Président n’est ni un employeur ni un thérapeute ! Le problème de notre organisation politique – la Vème République- c’est que depuis 1962, le président se fait élire en faisant croire qu’il est les deux… Et tous les sept ans, et maintenant tous les cinq ans… nous ne demandons qu’à le croire !  » (ndcer: le surlignage est de notre fait)

Alors, là, nous crions de joie et nous disons : BRAVO ! 

Pourquoi ?

D’abord, parce qu’en proposant, de manière inédite, une psychothérapie à nos compatriotes confrontés à la perte d’emploi, à une pression fiscale confiscatoire, à la violence ordinaire (que bien sûr vous ne rencontrez jamais dans les beaux quartiers de la capitale), aux turpitudes politico-financières généralisées, à l’acculturation rendue obligatoire et, finalement, à la désespérance relève non plus de l’audace mais du triomphe intellectuel !

Ensuite, parce qu’en mettant enfin le doigt sur l’absurdité institutionnelle qui consiste à élire tous les cinq ans le président de la République et à rendre incontournable l’adage selon lequel « Les promesses n’engagent que ceux qui les entendent« , vous touchez presque au but !

Alors, Monsieur, encore un effort. Un tout petit effort et vous découvrirez que la solution, la seule solution, pour en finir avec  » l’état de crise de nerfs  » que vous pointez du doigt…c’est tout simplement de mettre un terme à l’expérience désastreuse de la République en France et de demander, avec nous, le retour du Roi légitime. Car, comme vous ne pouvez plus l’ignorer, «  le changement, c’est maintenant ! « 

De grâce, ne vous étouffez pas…Entendez plutôt ceci que publiait, il y a quatre jours seulement, l’un des nôtres, le professeur Olivier Tournafond :

 » Opposer la monarchie à la démocratie n’a guère de sens pour les monarchistes. Les monarchistes ne sont pas hostiles à la démocratie dès lors qu’elle ne prétend pas devenir une sorte de religion de substitution, chassant la religion véritable, celle qui est fondée non pas sur l’adoration du nombre, de la quantité et de l’argent, mais sur la transcendance et la valeur et aussiMonarchie évidemment l’amour puisque là réside l’essence même de Dieu.

D‘une manière générale, contrairement à la pensée révolutionnaire et républicaine qui fonctionne sur le modèle de la « logique formelle » sources d’oppositions et d’exclusions (gauche ou droite, Roi ou Peuple, progressiste ou réactionnaire, capitaliste ou anticapitaliste, etc…), la pensée royaliste fonctionne à l’inverse sur le modèle de la « logique paradoxale », celle qui accepte d’associer des éléments contraires.

Ainsi, pour nous, les droits du peuple ne sont pas antinomiques des pouvoirs du Souverain, de même que l’inégalité n’est pas incompatible avec la solidarité collective. De même nous considérons que l’autorité et les règles de droit ne sont nullement incompatibles avec les libertés. Que bien au contraire, elles protègent et encadrent la liberté des hommes.

En deux mots, le royalisme est beaucoup plus qu’une simple doctrine politique, c’est une approche philosophique différente de celle qui domine actuellement notre civilisation matérialiste. Les royalistes sont des « antimodernes », ce qui ne signifie pas qu’ils rejettent l’idée de progrès, mais qu’ils considèrent que l’Occident matérialiste s’est engagé il y a deux cents ans dans une fausse voie.

Cette voie pouvait paraître séduisante de prime abord, car elle flattait les tendances naturelles de l’homme (soif de richesses, de pouvoir, de liberté… espérance dans un progrès facile et illimité… jalousie et ressentiment des foules aussi…), mais le recul de l’histoire montre qu’elle reposait sur une erreur intellectuelle fondamentale qui est la facilité, le dogmatisme et le refus du réel.

Aujourd’hui ce modèle est à bout de souffle. Il est en ruine même. Voyez la Grèce, Chypre, le Portugal, l’Italie, l’Espagne…et la France bientôt !

Et l’effondrement menaçant de cette gigantesque escroquerie intellectuelle, qui porte le nom de « démocratie parlementaire », risque fort de faire des dégâts. C’est à juste titre qu’Arnaud Colbert, économiste et lointain descendant du ministre du Roi, déclarait il y a quelques années : « Attendons- nous au pire. Et le pire n’est jamais décevant ! ».

Au fond, l’alternative est aujourd’hui simple pour nos compatriotes :

Soit ils cessent de se battre pour se laisser mollement aller aux forces fatales et mortifères qui rongent notre civilisation, et pour devenir à terme les esclaves économiques des nouvelles puissances comme la Chine, car la nature n’aime pas les faibles…

Soit ils se redressent pour créer un nouveau modèle de civilisation en puisant dans leurs traditions et leur patrimoine collectif. Et pour permettre l’éclosion d’une nouvelle Renaissance. N’oublions pas que la Renaissance a d’abord été la résurrection du pouvoir politique et de la souveraineté. »

Et répétez-vous chaque matin, comme nous le faisons : « Ceux qui se battent peuvent perdre mais ceux qui ne se battent pas ont déjà perdu « .

Le 28 mars 2013.

Conseil dans l’Espérance du Roi.

Billet d’humeur de Paul TURBIER : Le Mur ou l’illusion de la démocratie.

13 Déc

L’épée Joyeuse

Le Mur sépare les deux pièces : la Longue, assez étroite et la Large, peu profonde.Dans le Mur, un épais vitrage permet à ceux qui habitent la Longue de voir ceux qui occupent la Large car celle-ci est éclairée par de puissants et nombreux projecteurs.Dans la Longue, il fait assez sombre de sorte que ceux de la Large ne voient rien ou presque de ce qui s’y passe.

Une estrade est installée dans la Large et une troupe pas très nombreuse y vaque. Certains délibèrent gravement autour de tables recouvertes de drap vert. Beaucoup écrivent sur de larges pages blanches, d’autres parlent dans des micros, d’autres encore devisent en petits comités sous le regard de caméras Tous changent de place de temps en temps. Ainsi, les choses semblent bouger un peu.

De l’autre côté du Mur, la foule est dense. Elle entend ce qui se dit dans les micros, voit sur des écrans ce qui se filme et lit les pages autrefois blanches mais maintenant noircies qu’on lui glisse sous la porte.Elle ne perçoit rien des conciliabules qui se tiennent autour des tables vertes. Elle est très occupée à travailler et à glisser de temps à autre des enveloppes dans des fentes : des bulletins de votes ou des chèques.

Ce qu’elle voit, lit ou entend la surprend, l’étonne ou l’inquiète. Parfois la peur et la colère la saisissent  Alors elle fait de grands signes devant la vitre et pousse de grands cris pour attirer l’attention de ceux de la Large et se faire entendre. Mais en vain: le vitrage est très épais.

Il existe un passage qui conduit de la Longue vers la Large: c’est un labyrinthe.Une vie d’homme marchant d’un bon pas est nécessaire pour en trouver l’issue.Certains s’y essaient pourtant et quelques-uns y parviennent à force de courage et d’obstination. Lorsqu’ils atteignent enfin la grille de communication et qu’ils frappent à l’huis, un homme affable entrouvre un judas : c’est l’éconduiseur. Mais ils n’entrent pas

Par les fissures du plafond de la Longue s’écoule un étrange liquide qui vient de la Large par une mystérieuse conduite. Ceux qui en reçoivent un peu sur la tête ou sur les épaules n’en sont pas mouillés mais seulement humiliés car le liquide qui suinte ainsi, c’est du mépris, rien que du mépris. Une odeur tenace emplit la Longue: celle de la sueur.

Le Mur est très solide et personne n’a jamais pu le démolir. Des agitateurs font croire qu’il est possible de remplacer ceux de la Large par quelques uns de la Longue à l’aide des outils sanglants d’une révolution. La différence n’est que de quelques millions de morts. Dans la Longue, bien sûr.

Le 13 décembre 2012.

Paul Turbier, membre correspondant du Conseil dans l’Espérance du Roi.

 

Billet d’humeur de Paul TURBIER : La démocatie n’est qu’un agglomérat d’ambitions et d’arrivisme. Qui peut approcher les princes pour déposer une supplique?

30 Nov

épée de charlemagne

                                                                   L’épée  Joyeuse

Je suis désespéré de voir que le mélo tragi-comique que nous donnent les démocrasseux de l’UMP ne suscite aucune réaction des royalistes qui ont encore, bien que faibles, des possibilités de se faire entendre. Il y a peu, Mgr le comte de Paris intervenait de temps à autre sur une demi-page (avec talent ) dans le Figaro. Qui pourrait prendre le relais, non pas pour se moquer de la comédie (les acteurs s’en chargent ), mais gravement, pour rappeler que la France, pantelante, et les français, humiliés, sont plus qu’oubliés dans ces pitreries. Bref, pour élever le débat, qui peut parler du royaume ? Qui peut montrer que ce que ce qui est appelé démocratie n’est qu’un agglomérat d’ambitions et d’arrivisme. Qui ? Ceux d’entre nous qui peuvent approcher les princes peuvent-ils déposer une supplique ?

     Paul Turbier, membre  correspondant  du CER.

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N° 9 du 31 mai 2012. TOUT VA BIEN, LA REPUBLIQUE SE PERFECTIONNE !

31 Mai

À l’occasion des législatives anticipées de 1997 suite à la dissolution de l’Assemblée Nationale par J. Chirac, nous nous sommes invités dans la campagne électorale par le biais d’une affiche portant en lettres blanches sur fond bleu « droite, gauche le choc des partis, le vide des idées…un Roi pourquoi pas ?»

Déjà au début de notre ère Tite Live écrivait dans son Histoire de Rome (des origines jusqu’à l’an 9 avant J.C) : « La lutte entre les partis est et sera toujours un malheur bien pire que la guerre, la famine, la peste ou n’importe quel autre courroux divin» Plusproche de nous le grand A. Soljenitsyne repartait à la charge dans son ouvrage Comment aménager notre Russie « Parti signifie part. Se diviser en partis c’est se diviser en parts. Un parti, part du peuple, à qui s’oppose t-il ? Evidemment au reste du peuple qui ne l’a pas suivi. Chaque parti se donne de la peine avant tout pour lui-même, pour ses membres et non pour la nation entière. L’intérêt national est estompé par les fins particulières : avant tout ce qui est nécessaire au parti pour être réélu la prochaine fois ; si quelque mesure utile à l’État et au peuple a pour provenance un parti à nous hostile, il est admissible de ne pas le soutenir. La lutte des partis remplace la recherche de la vérité, c’est une bataille pour le prestige du parti et la conquête de morceaux du pouvoir exécutif. Les groupes dirigeants des partis politiques se transforment en une oligarchie. Et à qui les partis rendent-ils des comptes, si ce n’est à leurs propres comités ? Une instance qui n’est prévue dans aucune constitution… Le principe même de l’appartenance à un parti étouffe la personnalité et son rôle. Tout parti est simplification et grossissement de la personne. L’homme a des conceptions, le parti une idéologie. » (1) 

Ne pas chercher la vérité est une forme de mensonge joyeusement perpétuée par les descendants des partis de la République Romaine.

En 1736, Voltaire, dans une lettre à Thiriot, écrivait : « Il faut mentir comme un diable, non pas pour un temps, mais hardiment, et toujours ! ». Nul doute que beaucoup de politiciens aient suivi le précepte. Mais J.L. Mélenchon a dépassé ce qu’on croyait possible, en affirmant le 6 mars, à Rouen : « Non, les Communistes n’ont pas de sang sur les mains ! Le seul qu’ils aient, c’est celui de l’envahisseur qu’ils ont repoussé ! » (2)

Sous la V eme  République, hormis Pompidou, tous les présidents ont brigué un second mandat selon la même tactique : le nouveau prétendant cherche à démontrer que le président sortant n’a pas concrétisé ses promesses pendant que ce dernier pousse le premier dans ses retranchements afin qu’il précise comment il compte honorer les siennes.

Une fois passée la bataille des chiffres la vie reprend son cours, les électeurs élisent et les problèmes demeurent ; de sorte qu’en 30 ans de gauche-droite la dette française a quadruplé dans l’indifférence générale jusqu’à la triple crise financière, économique et européenne de 2008. La question étant toujours d’actualité au soir du 2 mai 2012, il était normal que N. Sarkozy et F. Hollande en débattissent. Ont-ils convaincu les Français ?

Un sondage réalisé les 22 & 23 mars par Viavoice-BPCE pour le compte de France Info et les Echos, révélait que les Français estimaient que les candidats :

   parlent trop du couple dette-déficit public et de l’insécurité

   ne parlent pas suffisamment de l’emploi et du pouvoir d’achat.

Au passage vous noterez que personne ne relève le silence des prétendants sur les questions européennes ou de politique étrangère et leur discrétion sur les sujets de société (homo, recherche médicale, respect de la vie, éducation…)

Pour le reste ce sondage a le mérite de mettre en évidence que les chers électeurs ne comprennent pas que sans régler le problème dette-déficit, la France s’apprête à rejoindre la Grèce, pays où la notion de pouvoir d’achat est reléguée au musée des bonnes adresses du passé.

Il faut être lucide : la hausse des prélèvements obligatoires et sans doute une certaine remise en cause de notre système de protection sociale sont au menu des prochains mois. Situation difficile mais pas dramatique sous réserve que le fardeau soit équitablement réparti…sans oublier que pour l’heure les épaules de nos Messieurs de la République sont fort peu chargées.

Enfin la dette pèse doublement sur l’emploi :

   les quelque 45 milliards € d’intérêts annuels pourraient être affectés à l’entretien du patrimoine et à celui d’infrastructures dramatiquement vieillissantes (entre autres le réseau de distribution électrique et les voiries locale et départementale)

   pour nombre d’investisseurs la dette publique constitue un placement juteux au détriment des investissements vers l’appareil productif.

Il est étrange de constater qu’après avoir mondialisé les idéaux de 1789, le village gaulois rêve maintenant de résister encore et toujours à la mondialisation.

Une fois posés les droits de l’homme et le principe selon lequel la loi du nombre prévaut sur toute autre, la Révolution industrielle et celles des moyens de transport et de communication ont ouvert une voie royale à l’essor du commerce international : il devenait normal que chacun ait le droit de fabriquer de tout n’importe où et de le vendre partout pour répondre au besoin de consommation enfin librement exprimé par tous les peuples « joyeusement démocratisés » au nom « de l’égalité en droit, de la liberté, de la moralité subjective et du bien être. » (3)

Rien n’étant parfait en ce bas monde on est bien obligé de reconnaître que les impératifs commerciaux, industriels et financiers écornent un tantinet l’idéal démocratique ; au moment d’acheter quelques barils de pétrole à l’Arabie Saoudite et de s’accommoder du « capitalo communisme » chinois nous devions bien savoir où nous mettions les pieds !

N’est-il pas normal que la belle histoire de la démocratie connaisse quelque accroc temporaire ? D’autant qu’inversement à l’ancien Régime qui, en dépit de quelques maladresses propres à la nature humaine, fondait sa politique selon un ordre reçu de Dieu, les sociétés modernes, après avoir nié l’existence d’un monde métaphysique et enfermé la religion dans la sphère privée, sont désormais libres de tout essayer au gré des modes et des connaissances scientifiques.

Ainsi l’histoire du monde présent n’est plus assise sur la Création mais sur un devenir, sur une transformation perpétuelle, sur la réforme des réformes au hasard de la lutte des partis politiques. Lutte reconnue d’utilité publique par ceux qui, en admettant l’acte de foi de Darwin, « et la matière s’est faite esprit », pensent que l’histoire n’est pas dénuée de sens puisque la compétition politique s’accorde avec celle de la sélection naturelle vers un ordre de plus en plus élaboré et parfait.

Dans la vie quotidienne, à chaque type de compétition correspond une règle du jeu ; les choses sont simples aux échecs où chacune des pièces se déplace selon une règle établie et reconnue par les joueurs ; l’affaire devient un peu plus difficile dans un match de rugby qui nécessite la présence d’un arbitre pour veiller au respect des règles également admises par les deux équipes.

Et franchement complexes dans le cas d’une confrontation entre partis politiques arbitrée par le Conseil Constitutionnel, avec pour seule règle d’apprécier la validité présente d’une loi humaine écrite dans un passé plus ou moins proche pour répondre aux « valeurs républicaines à géométries variables » promues par le parti majoritaire à l’époque de sa rédaction. Le résultat est sous nos yeux : 5 Républiques, 5 Constitutions fondamentales, 5 échecs. Et une seule cause, la négation des Lois de Dieu qui, elles, sont éternelles.

Au lieu de s’obstiner sur la voie de l’échec la France aurait meilleur compte à renouer avec sa vocation de fille aînée de l’Église et de porter à sa tête un chef qui reconnaisse la primauté des Lois divines afin que les lois écrites ne contreviennent pas aux Dix Commandements et favorisent le Onzième.

Reconquête difficile…mais Jeanne d’Arc a suffisamment prouvé que rien n’est impossible avec l’aide de Dieu. Seigneur donnez-nous beaucoup de saints prêtres…

Aussi vrai qu’il y aura toujours des pauvres parmi nous, il se trouvera toujours des indifférents et des hostiles envers lesquels il serait vain, et sans doute néfaste, de vouloir imposer une pratique religieuse chrétienne ; de même il serait injuste d’exercer une discrimination sociale à leur égard. Au fond il s’agit de cantonner le laïcisme dans la sphère privée et de laisser se diffuser le témoignage public d’une France Catholique.

France catholique…telle est bien la nécessaire condition préalable au retour d’un roi qui règne et gouverne. Maintenant est-elle suffisante pour répondre à la question « un roi pourquoi faire ? » à une époque qui requiert des arbitrages inconnus de nos premiers rois ?

Inutile de reprendre tout ce qui a déjà été écrit sur ce sujet ; sauf à insister sur un vieux mot qui n’a plus cours dans une société « libérale avancée » et gavée de promesses électorales, confiance. Confiance dans les grâces conférées par le Sacre de Reims.

Par lesquelles, en contrepartie des efforts à fournir pour s’extraire du bourbier nous sommes certains que le roi de France n’accorderait pas quelques arrangements avec la morale, qui seraient contraires au but du pèlerinage terrestre.

Inversement, au vu des ministres et ministres délégués nommés le 15 mai, il est probable que la République découvre quelques nouveaux droits de l’homme peu compatibles avec l’identité nationale et la foi catholique.

Il est vrai qu’à l’instar de ses prédécesseurs, le président fraîchement élu a peut-être des convictions mais plus sûrement l’obligation de remercier les camarades du parti momentanément vainqueur. Du côté des vaincus on prépare la contre attaque avec de nouvelles propositions pour que demain soit meilleur qu’aujourd’hui. Vous devez avoir confiance, tel sera bien le cas puisque selon la théorie de Darwin, c’est grâce à la lutte féconde des partis que l’humanité républicaine évolue vers la perfection.

Autre est l’enseignement de Saint Paul « c’est en oeuvrant en vue de la construction du corps du Christ que nous parviendrons tous ensemble à l’unité dans la foi et la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme parfait. » (Eph.4 7-13)

Au fond le choix politique est simple : étant tous d’accord sur le nom perfection, il n’est qu’à trancher entre deux adjectifs, divine ou républicaine.

Pour nous le choix est fait, « Dieu et le Roi », reste simplement à militer. 

P. Jeanthon 

(1)           Merci à A. Brassié d’avoir mis ces textes sur son blog (annebrassie.fr)

(2)           …et à A. Arette pour Voltaire et Mélenchon

(3)           M. Hecquard  « Les fondements philosophiques de la démocratie moderne »