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La face volontairement cachée de l’identité de la France.

15 Août

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Nous avons dû subir pendant de longs mois, avant qu’elle ait la fin piteuse qu’elle méritait, la guignolade sarkozienne pompeusement intitulée « Débat sur l’identité de la France ». Ouvrir ce débat après 1500 ans d’un destin hors du commun ne peut témoigner que de la consternante amnésie des uns et de la perfide volonté de nuire des autres. On y vit d’ailleurs s’affronter, sans la moindre sincérité tant leur connivence est avérée, les gesticulations électoralistes des Diafoirus au pouvoir et les cris d’orfraie des Grands-Prêtres du métissage. En vérité ce débat n’est pas le nôtre. C’est celui de la République, de ses mensonges et de ses échecs. L’accepter c’est se laisser corrompre par une démarche relativiste dans l’air du temps mais dont l’unique objectif est précisément la négation de l’identité française.

Tenter de lire l’avenir de notre pays dans les racines de son histoire et s’interroger sur les menaces qui pèsent sur lui est une démarche éminemment louable et sans doute nécessaire face aux avancées de la barbarie. Mais est-elle suffisante si elle ne donne pas à voir la clé de notre identité ? Fernand Braudel nous mettait pourtant sur la voie dans son livre-testament (1) : « Une nation ne peut être qu’au prix de se chercher elle-même sans fin, de s’opposer à autrui sans défaillance, de s’identifier au meilleur, à l’essentiel de soi, conséquemment de se reconnaître au vu d’images de marque, de mots de passe… ».

Mais quelles sont alors ces « images de marque », ces « mots de passe » qui permettraient aux Français de penser, vouloir, agir, construire ensemble pour vivre et mourir ensemble, en dehors des élucubrations des penseurs de la modernité ? La réponse à cette question est, à nos yeux, des plus simples.

Depuis la nuit des temps les hommes et les peuples qu’ils constituent ont connu le besoin et même la nécessité d’exprimer leur identité par des systèmes emblématiques tant il est vrai, même si cela échappe désormais à nos prétendues élites, que tout emblème est signe d’idéal et de volonté. Cette forme particulière de métaphore connut son apogée en France, « Mère des arts, des armes et des lois », dans la première moitié du XIIème siècle avant de s’étendre à l’ensemble de l’Europe occidentale puis bien au-delà : il s’agit des armoiries et du système héraldique que des règles, si rigoureuses et pourtant si simples, et une langue, si particulière et pourtant si poétique, différencient de tous les autres systèmes emblématiques, antérieurs ou postérieurs, militaires ou civils.

Ce système s’inscrit totalement dans le jeu fondamental du « cacher/montrer » qui caractérise si bien les signes d’identité à ce moment de l’histoire. Nous y voyons d’ailleurs l’une des expressions les plus explicites de ce que l’historien Jacques Le Goff résume si bien lorsqu’il met en valeur l’invention de « l’intériorité » à l’époque médiévale (2) : « Au-delà de l’œil et de l’oreille externes, il y a l’œil interne et l’oreille interne, combien plus importants car ce qu’ils perçoivent, c’est la vision divine, la parole et la rumeur du monde le plus réel, celui des valeurs éternelles ». Et c’est ainsi qu’à la question : « qu’est-ce que la France ? » la réponse, pendant sept siècles et aux yeux du monde, fut toujours : « le royaume des lis ». Ne cherchez pas ailleurs car tout est là…

Lorsque naissent les armoiries, la fleur de lis constitue déjà un très ancien symbole de pureté et de fécondité (on la trouve utilisée en ce sens dans plusieurs civilisations orientales dès le troisième millénaire avant notre ère avant que les gaulois ne se l’approprient et l’installent sur leurs monnaies) mais aussi de souveraineté. Très vite cependant, sous l’influence de Suger, abbé de Saint-Denis, et de Saint Bernard de Clairvaux prêchant sur le Cantique des cantiques, elle acquit une nouvelle dimension à la fois christologique (« Je suis la fleur des champs et le lis des vallées », Cant. -2,1) puis mariale (« Comme un lis au milieu des épines, telle est ma dame au milieu des lis », Cant.2,2) et même cosmique (le semé de fleurs de lis d’or sur un champs d’azur des vêtements royaux, à partir de Louis VI et Louis VII, rappelant que le roi de France est médiateur entre le ciel et la terre, entre Dieu et son royaume).

C’est aussi de cette époque que date l’association de la couleur bleue (azur) à la nation française. Hervé Pinoteau résume admirablement ce caractère si particulier non seulement du roi mais aussi de ses emblèmes : « Notre roi portait ainsi la livrée du Dieu de l’univers… ». Et c’est ainsi que le caractère sacré de la royauté française et l’origine « célestielle » (comme cela se disait autrefois) de sa mission furent à l’origine de ses armoiries puis de celles de la nation française : sur les vêtements, les oriflammes puis l’écu du roi apparurent les fleurs de lis d’or sur un champs d’azur, d’abord sans nombre (semé) comme un ciel constellé d’étoiles, puis réduites au nombre de trois (en l’honneur de la Sainte Trinité) à partir de la fin du règne de Charles V.

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Mais c’est ainsi également que se trouvent réunis dans cet emblème, à la dimension symbolique à nulle autre pareille, l’ensemble des éléments constitutifs de l’identité de la France tels que les rappelle Paul-Marie Coûteaux (3) : la foi partagée, une langue (celle du blason ayant été universellement le Français), des partages historiques (une mémoire, des rituels, un imaginaire culturel, etc.), enfin la souveraineté. Une fois encore nul mieux qu’Hervé Pinoteau ne saurait résumer le lien entre l’emblématique et la symbolique : « Superbe signe apotropaïque, expression d’une royauté dynamique au service de Dieu et donc aidée par le ciel, les armes de France sont emblème de combat alors même qu’il s’agit là de fleurs, lesquelles, chose admirable, mettaient en fuite les bêtes féroces arborées par les autres princes de la chrétienté ».

Lorsqu’en 1964 l’historien Pierre Francastel (dans la préface du catalogue d’une exposition du musée Guimet) affirmait que «…Les signes parlent au premier regard et disent toujours beaucoup plus que ce qu’ils ont pour fonction de dire » il n’imaginait peut-être pas combien ce point de vue pourrait être d’actualité en 2010 dans un débat sur l’identité nationale. Il suffit de voir la pérennité de l’usage des fleurs de lis sur d’innombrables objets de luxe, bijoux, ferronnerie, tissus, objets d’ameublement, etc. pour comprendre combien la mémoire collective est vivante !

Les révolutionnaires ne s’y sont d’ailleurs pas trompés lorsque, dans leur délire destructeur et leur obsession régénératrice, ils abolirent en juin 1790 les armoiries du roi et des particuliers mais aussi, par le fait même, celles de la France. La République ne s’y trompe pas davantage en refusant depuis septembre 1870 un emblème héraldique à la France et aux Français en se cramponnant au seul drapeau tricolore (article 2 de notre Constitution) dont l’histoire apparaît bien mince en regard de celle de la fleur de lis et même d’autres emblèmes qui accompagnèrent l’histoire de notre pays au fil des siècles (4). En effet, ni Marianne, allégorie de la République qui ne s’enracine dans aucun système emblématique, ni les bonnets (qu’ils soient « rouges », « phrygiens » ou « de la liberté ») par trop associés aux débordements de la Terreur (au point d’en avoir effrayé Robespierre lui même !), ni les monogrammes RF (lettres initiales de République française) aux styles incertains et variables, et moins encore les faisceaux de licteur ou autre pelta hérités de la Rome antique ne sont des emblèmes dignes de la France ; seul le coq parvient à survivre tant bien que mal grâce à ses accointances…sportives ! Et ce n’est pas le logo tricolore de la République, imposé sans concertation en 1999 par les services du Premier Ministre de l’époque (Lionel Jospin) et qui fleurit depuis sur tous les documents officiels, qui peut en tenir lieu : nous y observons le profil blafard d’une Marianne grimaçante se détournant d’un ciel sans nuage pour se perdre dans le rouge violent du drapeau tricolore.

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Ce terrible particularisme, qui fait de la France le seul pays d’Occident sans armoiries d’Etat, en dit long sur la volonté de déculturation de l’oligarchie au pouvoir qui s’efforce de cacher la véritable face de l’identité de la France sous le faux débat dont on nous a rebattu les oreilles. A l’inverse, dans l’ensemble des pays occidentaux, l’héraldique en général et les armoiries d’Etat en particulier constituent encore aujourd’hui une part essentielle et inaliénable du patrimoine, non seulement historique ou culturel, mais aussi politique. Aucun de ces pays n’a, il est vrai, commis la faute d’élever au rang de religion d’Etat la folle idée de faire du passé…table rase ! Il n’est qu’à voir la vitalité des artistes créateurs en ce domaine autant que des institutions chargées de ces questions emblématiques : les pays du nord de l’Europe sont ici particulièrement imaginatifs tandis que ceux du sud ou de l’est mettent davantage l’accent sur la redécouverte et la mise en œuvre des sources anciennes.

En France seuls quelques rares héraldistes survivent en ayant miraculeusement échappé à la mort lente de l’oubli. Ils ont compris qu’une renaissance est possible par la base et non par le sommet de la pyramide sociale. C’est ainsi qu ‘après la grande vogue des « logos » initiée par les élites post-soixantehuitardes nous observons un regain d’intérêt pour l’héraldique municipale et associative. La parution d’ouvrages spécialisés, l’organisation de colloques ou d’expositions mais aussi le développement de sites internet dédiés à cette science annexe de l’histoire témoignent de la pérennité du besoin emblématique de nos compatriotes, confrontés à une grave et inquiétante détérioration de notre tissu social. Gageons qu’un emblème héraldique d’Etat pourrait avoir de nouveau un rôle favorable sur la cohésion sociale de notre pays comme sur son image de marque au sein de la communauté internationale.

Mais, disons-le clairement, nous n’accepterons pas les vociférations des ayatollahs de la République qui prétendent qu’il est inconcevable (car politiquement incorrect) d’utiliser les armoiries de la France monarchique. Ce sont en effet les mêmes qui nous ont enchaînés à une institution politico-économique dont ils ne cessent de nous vanter les mérites et qu’ils nomment l’Union européenne. Celle-ci est aujourd’hui composée de vingt huit Etats, sept monarchies et vingt et une républiques : tous ces états se sont appropriés, sans le moindre conflit politique ou social, les anciennes armoiries de leurs pays ou de leurs monarques, les considérant comme des signes de souveraineté et de continuité nationale. Au nom de quoi ceux-là même qui, depuis cent cinquante ans, s’avèrent incapables de proposer le moindre projet d’emblème national susceptible de réconcilier, de rassembler et de mobiliser nos compatriotes leur interdiraient-ils de redécouvrir et d’adopter les armoiries qui accompagnèrent les gloires de la France pendant tant de siècles?

En ces moments où les menaces s’accumulent autour et au sein même de notre pays, il faut nous dresser contre cette nouvelle tyrannie des temps modernes afin que les armes de la France redeviennent un signe d’espoir et d’une mission sacrée. Alors…à vos armes citoyens !

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Le 15 août 2016, Fête nationale de la France.

Jean-Yves Pons, CJA, Conseiller aux Affaires intérieures, à l’ordre public et à l’organisation du territoire du CER.

Lorsque le moteur de recherches Google affiche six fleurs de lys sur sa page d’accueil.

26 Jan

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https://chartedefontevraultprovidentialisme.wordpress.com/2016/01/26/google-sentirait-il-le-vent-tourner-en-fleurdelysant-sa-page-de-recherches/

Une fleur de lys, souvenir d’un drapeau pris jadis aux troupes du roi de France, ornait les étendarts du « Manchester Régiment »

9 Juil

 Manchester Regiment

Le Manchester Regiment est un régiment de l’armée britannique aujourd’hui dissous, formé en 1881 par la fusion du 63rd Regiment of foot (West Suffolk) et du 96th Regiment of foot. En 1958, il a été fusionné avec le King’s Regiment (Liverpool) pour donner naissance au King’s Regiment (Liverpool and Manchester) transformé, en 1968 en King’s Regiment puis, amalgamé en 2008 au sein du Duke of Lancaster’s Regiment (King’s, Lancashire and Border).

Adoption d’un nouvel insigne                                                                                                                                                                                                                    En 1923, la fleur de lys remplace les armes de Manchester comme insigne du régiment. La fleur de lys était depuis longtemps l’insigne non officielle pour marquer le souvenir des batailles de la Guadeloupe contre le roi de France en 1759 où le régiment, à l’époque le 63rd Regiment of Foot, avait pris un drapeau. Dès la Première Guerre mondiale, elle constituait la marque d’identification du régiment sur les casques Mk 1.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Manchester_Regiment

Manchester Regiment

Le Manchester Regiment est un régiment de l’armée britannique aujourd’hui dissous, formé en 1881 par la fusion du 63rd Regiment of foot (West Suffolk) et du 96th Regiment of foot. En 1958, il a été fusionné avec le King’s Regiment (Liverpool) pour donner naissance au King’s Regiment (Liverpool and Manchester) transformé, en 1968 en King’s Regiment puis, amalgamé en 2008 au sein du Duke of Lancaster’s Regiment (King’s, Lancashire and Border).

Adoption d’un nouvel insigne

En 1923, la fleur de lys remplace les armes de Manchester comme insigne du régiment. La fleur de lys était depuis longtemps l’insigne non officielle pour marquer le souvenir des batailles de la Guadeloupe contre le roi de France en 1759 où le régiment, à l’époque le 63rd Regiment of Foot, avait pris un drapeau. Dès la Première Guerre mondiale, elle constituait la marque d’identification du régiment sur les casques Mk 1.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Manchester_Regiment

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http://historyme.wordpress.com/2011/10/31/manchester-regiment-fleur-de-lis-collar-badge/

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Un peu de poèsie dans ce monde de brutes, la fleur de lys .

8 Mai

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Le Fouet de cocher du carrosse du Sacre de Charles X acheté par le château de Versailles

5 Fév

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http://www.chateauversailles.fr/les-actualites-du-domaine/evenements/evenements/vie-du-domaine/les-acquisitions-du-chateau-de-versailles

Les acquisitions du château de Versailles (2013) . Le Fouet de cocher du carrosse du Sacre de Charles X .

Ce fouet de grand attelage à la française a été utilisé lors des cérémonies du sacre de Charles X, à Reims, le 29 mai 1825. Le carrosse de Charles X était attelé à huit chevaux ; privilège royal, les deux de tête étaient conduits par le postillon monté sur le cheval de gauche et les six autres tenus en guide par le cocher. Ce dernier tenait le fouet dans la main droite, au tiers de la poignée, le coude au corps. Ce fouet est constitué d’un manche en bois doré et vernis, souple et effilé par le haut, orné de six bagues au décor alterné. La monture, absente ici, était montée sur la ganse que l’on distingue au bout du manche. En cuir découpé de fins lacets tressés, elle se terminait par une mèche, petite tresse de corde ou de ficelle nouée qui touchait les épaules du cheval. A la base du manche, la poignée est recouverte de velours de soie cramoisi orné en haut et en bas de bouillons de fils d’or. A son extrémité, le culot est en or, gravé de la fleur de lys avec cette inscription « Charles X, Sacré le 29 Mai 1825 ».

La garniture assortie au carrosse du Corps, les dimensions tout à fait exceptionnelles de ce fouet, la préciosité de l’objet et l’inscription sur le culot en or étaient l’hypothèse que ce fouet était bien celui utilisé par le cocher du carrosse du corps lors du sacre de Charles X, et pourraient indiquer qu’à la suite des cérémonies, l’objet a été remis en cadeau honorifique à un dignitaire qui l’a ensuite fait graver en souvenir de l’évènement. L’inscription même sur un objet courant à valeur d’usage démontre l’importance et la valeur symbolique jouée par ce fouet lors de la cérémonie. Cette œuvre originale vient compléter les collections du musée des carrosses du château de Versailles.

Mélusine et les Lusignans; une histoire qui commençait bien, pourtant.

2 Mar

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Les grandes armes de la Marche ( Dessin Robert Louis)  se blasonnnent :
D’azur semé de fleurs-de-lys d’or,à la bande de gueules brochante, chargée de trois lionceaux passants d’argent.
Support : Mélusine tenant deux bannières armoriées de Lusignan.

« Société Vexillologique de l’Ouest :                                                     http://svowebmaster.free.fr/blason_marche.htm

Le 1er mars 1224, Geoffroy de Lusignan, comte de Jaffa et d’Ascalon, seigneur de Vouvant et Mervent, de Montcontour et de Soubise, troisième fils de Hugues VIII le Vieux, seigneur de Lusignan, comte de la Marche, et de Bourgogne de Rançon, et frère de Guy de Lusignan, roi de Jérusalem et roi de Chypre s’éteint à l’âge de soixante-quatorze ans, un très bel âge. A offrir tant de garçons à leurs femmes, ces Lusignan assurent la continuité de leur illustre lignée poitevine de Croisés qui n’a pas fini de marquer l’histoire.

Parmi les fils de Geoffroy, le redoutable Geoffroy II semble avoir eu une vie plus qu’épique. Par convoitise pour l’opulente abbaye de Maillezais, il pille et incendie ce haut-lieu du Poitou créé par Emma d’Aquitaine. Après en avoir exterminé les moines parmi lesquels son frère, il est excommunié, et rejoint Rome implorer son pardon auprès du Pape en promettant de rebâtir l’abbaye.

Durant les guerres du Poitou, à l’instar de nombreux barons, il se range selon ses intérêts, soit du côté français soit du côté anglais. Fait prisonnier par les Plantagenêt, il obtient sa liberté en leur cédant ses châteaux de Vouvant et de Mervent. Plus tard il reconnait la suzeraineté de Louis IX et de son frère, Alphonse de Poitou, en laissant à disposition ses terres pour les nécessités de la guerre. C’est en tout cas ce que l’on peut lire dans les livres d’histoire.

Car Jean d’Arras dans Mélusine ou la noble histoire des Lusignan en 1393 ou Couldrette dans Le Roman de Mélusine vers 1400, et bien d’autres après eux, racontent tout autre chose et donnent à Geoffroy II de Lusignan, dit Geoffroy la Grand’dent, une filiation bien plus mordante…

Il était une fée du nom de Persine qui vivait au royaume d’Albanie (Ecosse). Le roi Elinas chassait quand il l’aperçut à l’orée d’un bois s’abreuvant à une fontaine. Il succomba à sa grande beauté et la supplia de l’épouser. La belle dame accepta à la condition qu’il s’engage à ne pas la voir certains jours du mois. Trois filles au moins aussi ravissantes que leur mère naquirent de leurs amours. Mais un jour, poussé par les idées insidieuses du dauphin né d’un premier lit, Elinas trahit sa promesse. Persine s’obligea à l’exil et emmena ses trois filles, Mélusine, Mélior et Palestine, sur l’île fantastique d’Avalon où fut forgée l’épée d’Excalibur. Le temps passant chacune observait de loin avec mélancolie ou rancœur le royaume de leur mari et père. Un beau jour, pour venger leur mère, les trois sœurs décidèrent d’enfermer le Roi, mais ce geste extrême courrouça la bonne Persine qui pour les punir jeta une malédiction sur ses filles. Mélusine aurait le bas de son corps transformé en serpent chaque samedi, Mélior devrait vivre dans une tour avec un épervier, et Palestine serait enfermée jusqu’à ce qu’un preux chevalier capable de déjouer un dragon jaloux vienne la délivrer…

Mélusine dans son funeste sort avait au moins la liberté, aussi s’en alla-t-elle. Bravant la mer, arpentant vallées et montagnes, traversant bocages et collines, elle arriva dans la forêt de Colombier, en Poitou, où une source fraîche et limpide lui permit de se revivifier. Alors qu’elle s’adonnait avec volupté aux plaisirs de la baignade, un cheval s’arrêta à la fontaine de la Soif, laissant son cavalier sans voix. Raymondin de Lusignan était son nom. Il venait de tuer par mégarde son oncle, le comte de Poitiers, au cours d’une chasse au sanglier, et se laissait porter par le galop de sa monture rongé par le désespoir et les remords. La créature superbe et mystérieuse offrit sa main, gage d’un glorieux avenir pour le triste chevalier, sous réserve qu’il accepte de ne jamais la regarder le samedi. Coup de foudre ensorcelant entre un chevalier errant et une belle dame près d’une fontaine sur fond d’une promesse. Comme un air de déjà vu…

Raymondin promit et épousa Mélusine. Poussé par sa femme, il parvient à convaincre le seigneur du Poitou de lui céder un lopin de terre qu’une peau de cerf délimiterait. Ce dernier n’avait sans doute pas lu Virgile et ignorait que Mélusine ferait sien le stratagème que Didon avait utilisé avec Enée pour la fondation de Carthage*. Dans le secret de la nuit, châteaux, villes, forteresses, églises poussent comme par enchantement sous les mains habiles de la fée. Selon la légende, Lusignan, Parthenay, Vouvant, Mervent, Saint-Maixent, Ménigoute, Niort, La Rochelle et tant d’autres villes ou villages poitevins portent l’empreinte de la « Mère Lusigne ». La prédiction se réalise et la famille de Lusignan devient prospère et puissante avec une descendance garantie. Dix garçons naquirent de leurs amours ; Urian, Eudes, Guyon, Antoine, Renaud, Geoffroy, Fromont, Horrible, Thierry et Raymonnet. Tous furent vigoureux, seuls les deux derniers n’avaient pas de tare physique, trois furent rois, trois partirent aux Croisades. Parmi eux Geoffroy Grand’dent qui avait la bouche fendue par une dent de sanglier, et qui est selon Rabelais un ancêtre de son Pantagruel, ou plus précisément le « grand-père du beau cousin de la sœur ainée de la tante du gendre de l’oncle de la bru de sa belle-mère », Pantagruel, Chap II, livre V.

C’est un véritable conte de fée pour les Lusignan jusqu’à ce samedi. Ce samedi où le comte de Forez venu déjeuner à Lusignan s’étonne de ne point voir sa belle-sœur. Langue de serpent inspirée par la jalousie d’une réussite fraternelle trop fulgurante, le comte introduit un doute terrible dans l’esprit de Raymondin. Pour mettre un terme aux rumeurs perfides et lever le doute sur le secret sibyllin, le mari de la belle Mélusine rompt son serment et espionne sa femme par le trou de la serrure alors qu’elle prend son bain. Elle avait un « corps féminin jusques aux boursavits, et le reste en bas étoit andouille serpentine, ou bien serpent andouillique », rapporte François Rabelais dans Le Quart Livre, 1552.

Brisée par la douleur, Mélusine doit quitter le monde des mortels et se jette du château de Lusignan déchirant le silence d’un cri perçant. Raymondin dévoré par le chagrin termine sa vie comme ermite au monastère de Montserrat. La belle fée, dit-on, revient la nuit caresser ses enfants et apparaît avant la mort des êtres qu’elle a tant aimés. Mythe littéraire fondateur d’une grande famille, fée cosmique et chevalier aventureux, fontaine de vie et interdit, Eros et Thanatos, promesse trahie et repentance, l’esprit de Mélusine, la fée bâtisseuse et nourricière, aimante et fidèle, continue de planer sur ses terres tandis que Rabelais ou Goethe, Apollinaire ou Nerval se font l’écho d’une histoire aussi merveilleuse que tragique…

Albane de Maigret

http://www.bottin-mondain.fr/chronique-hebdo/n/Lettre-du-1er-mars-%253A-La-f%25C3%25A9e-M%25C3%25A9lusine-ou-la-l%25C3%25A9gende-des-Lusignan_102/

BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (22 février 2013)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

22 Fév

*  « La crise est derrière nous ! » (François Hollande en décembre 2012) :

Nous avions pris l’habitude des balivernes et même des mensonges de François Hollande. Mais depuis ce matin nous pouvons les toucher du doigt. En effet, la Commission européenne a publié ses très attendues prévision de croissance de la zone euro pour la période 2013-2014. Et l’on apprend que, finalement, la zone euro sera toujours en récession cette année (-0,3%), alors que l’ensemble de l’UE sera à +0,1%. La reprise est attendue en 2014 (+1,4% pour la zone euro, +1,6% pour l’ensemble de l’UE). La France ne devrait connaître qu’une très faible croissance cette année (+0,1%), mais peut-être plus importante en 2014 (+1,2%).

Pays après pays, la Commission européenne a fait ses comptes. Optimiste, elle estime que l’activité économique, qui a atteint son niveau plancher, pourraitt connaître une accélération progressive.Mais il est vrai que l’on a déjà vu bien des espérances déçues en la matière.

Pour le retour de la croissance, il faudra quand même attendre un peu que la machine se relance. Si elle le veut bien…Et l’Union européenne devrait connaître une très faible croissance cette année (+0,1%), alors que la zone euro sera encore en récession (-0,3%).

Dans le détail, la France n’est pas encore sortie de l’ornière. La croissance sera quasi-nulle cette année (+0,1%), au niveau européen, avant de repartir en 2014. Quant au déficit public, il sera encore loin du seuil des 3% espérés : 3,7% en 2013, 3,9% en 2014.

Du coup, la Commission européenne pourrait faire un geste, et reporter à 2014 l’objectif des 3%. La question sera formellement débattue en mai, après la publication des nouvelles prévisions européennes, et la présentation par la France de son programme de stabilité.

Le commissaire en charge des Affaires économiques, Olli Rehn, a expliqué :  « Si nos prévisions de printemps montraient que l’ajustement budgétaire structurel dépassait 1% par an en moyenne sur la période 2010-2013 et si des événements économiques négatifs et inattendus ayant des conséquences défavorables majeures pour les finances publiques se produisaient (si cela ne s’appelle pas une langue de bois…), alors le pacte de stabilité et de croissance permettrait de repousser à 2014 l’échéance pour ramener le déficit public nettement en dessous de 3%. »

Dans ces conditions, le chômage va encore s’aggraver dans la zone euro, pronostique Bruxelles. Après 11,4% l’an dernier, il devrait atteindre 12,2% cette année et se stabiliser à 12,1% en 2014. Avec des pointes cette année à 27% en Grèce et 26,9% en Espagne, les deux pays les plus touchés par la crise – contre 5,7% en Allemagne et 4,5% en Autriche. Mais probablement au moins 11% en France.

« Attendez-vous donc à savoir » que le gouvernement français ne tardera pas à accentuer l’appauvrissement des particuliers en rognant sur les retraites, en baissant les salaires de la fonction publique (que l’on a soigneusement amadouée en supprimant le fameux jour de carence lors des arrêts maladie) et bien sûr en augmentant encore un peu plus la pression fiscale. Ils n’ont manifestement pas compris que ce racket et tous ces sacrifices désordonnés feront notre perte.

*  Non seulement il faut les encourager, mais…

il faut les aider à y rester !

 De nombreuses jeunes femmes Franco-marocaines (c’est-à-dire Marocaines par le droit du sang et Françaises par celui du sol), filles d’ouvriers marocains venus en France dans les années 60/70 pour travailler dans l’industrie, le bâtiment, ou encore le textile souhaitent retourner dans le pays de leurs parents. Un Maroc qu’elles pensent connaître parce qu’elles parlent arabe, qu’elles sont musulmanes et qu’elles y vont souvent en vacances.

Ces jeunes de la double culture représenteraient plus de la moitié des Français au Maroc (plus de 22 000 personnes) et, selon les organismes chargés de les accueillir, seraient de plus en plus nombreux.

Différentes raisons les motivent : la crise d’abord.. Même si tout n’y est pas rose économiquement, le Maroc c’est 4% de croissance par an. Ces jeunes femmes sont souvent diplômées mais au chômage et sont donc tentées d’aller voir au Maroc…si la misère n’est pas « plus belle au soleil ». Mais la quête des origines de leurs parents aussi. Beaucoup décrivent enfin le « désamour de la France à leur égard« . On se demande bien pourquoi.

Elles sont généralement très bien accueillies par les entreprises locales car elles maîtrisent les deux langues et les codes sociaux. L’Etat marocain voit dans cette démarche un retour de compétences et les aide à créer des entreprises.  Dans la société, c’est différent. On les appelle les  » zmigris  » (les  » immigrés « ), comme on appelait leurs parents en France. Elles  s’installent dans une société très traditionnelle, où il est encore de bon ton que la femme fasse profil bas, où elles ne peuvent pas vivre en concubinage, prendre une chambre d’hôtel avec leur compagnon. Parfois, c’est un véritable choc culturel. Mais elles s’accrochent et puis elles sont parait-il très respectueuses. Que ne l’étaient-elles dans leur seconde patrie ?

Le premier obstacle à franchir  est de convaincre les parents de les laisser partir !  Ils ont quitté leur pays pour profiter des multiples avantages sociaux offert par la France au temps des vaches grasses et ne comprennent pas encore très bien ce besoin de « retour« .

Nous, nous le comprenons et nous pensons même qu’il faut accompagner ces jeunes. Mais pas seulement des jeunes femmes et pas seulement vers le Maroc ! Elles (ils) sont l’avenir de leur pays.

*  On a gagné ! On a gagné !

Vous vous souvenez sans doute de notre protestation (notre article du 15 décembre 2012 « TROP, C’EST TROP. Le Conseil dans l’Espérance du Roi en appelle au Chef de l’Etat« ) lorsque les dirigeants quataris du club de foot ball du Paris-Saint-Germain exigèrent que le logotype du club abandonne le rappel héraldique de la ville de Saint-Germain-en-Laye, et en particulier la fleur de lys qui y figurait pour rappeler le roi Louis XIV (né à Saint-Germain).

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Nous fumes entendus et de nombreuses autres protestations se joignirent à la nôtre. Les dirigeants nous ont entendu et viennent de régler la question. Son président, Nasser Al-Khelaifi, a fait le choix de la continuité pour sa nouvelle identité. La nouvelle conception permet de hisser la marque au niveau des standards d’excellence de Paris, dans le respect de son histoire.

 

Le Paris Saint-Germain a choisi de capitaliser sur l’atout maître de la marque : Paris.

La ville lumière, icône incontestée dans le monde entier, constitue un levier exceptionnel pour propulser le Paris Saint-Germain parmi les plus grandes marques mondiales de sport. Aussi, dans ce nouveau logotype, le nom de Paris est clairement mis en avant, avec la Tour Eiffel eu cœur. A la base de celui-ci, le nom de Saint-Germain lui reste associé avec la fleur de lys de son roi.

Plus synthétique, plus immédiat, le logotype de la marque peut désormais résonner dans l’esprit des amateurs de football et de sport du monde entier.

La typographie est inspirée des grandes marques parisiennes, les couleurs sont rendues plus lumineuses et rehaussées d’une touche d’or, la Tour Eiffel devient le cœur battant du logotype mais elle est soutenue par une fleur de lys d’or sur champ d’azur.

Pour Nasser Al-Khelaifi, « l’évolution du logotype du Paris Saint-Germain marque une étape importante dans la mise en œuvre de notre ambition : faire du Paris Saint-Germain une des plus grandes marques mondiales de sport. »

Nous ne bouderons pas notre plaisir !

*  Mais « la France ne peut pas périr, car le Christ aime encore les Francs ! » (Henri comte de Chambord) :

« Les Voies du Seigneur sont impénétrables »

La Soue à Cochon

Les Français savent-ils qu’ils l’ont échappé belle ? Car c’est ainsi, si l’on en croit la dernière biographe de Dominique Strauss-Kahn (DSK), qu’aurait pu se nommer le palais de l’Elysée, lieu où s’exerce le pouvoir suprême de la République française, sans l’intervention d’une modeste femme de chambre guinéenne de l’hôtel Sofitel de New-York, le 14 mai 2011. Au-delà du fait divers pornographique qui ne nous intéresse pas, il nous semble important de mesurer le degré d’abaissement du régime politique actuel de la France.

Certes, les récents occupants de la fonction suprême de la République n’ont pas brillé par leur rigueur morale. Mais il est probable que, dans le cas particulier, nous aurions atteint des sommets…libidineux. C’est en tout cas ce que laisse à penser les confessions de Marcela Iacub, juriste et spécialiste de la philosophie des mœurs, chroniqueuse à Libération, dans son dernier ouvrage intitulé « Belle et bête » (Stock-122 p.-13,5 euros) et dans lequel elle raconte sa liaison avec DSK dans le courant de l’année 2012.

Voici, très succinctement, ce qu’elle en dit. D’abord ceci, pour commencer:  » Tu étais vieux, tu étais gros, tu étais petit et tu étais moche. Tu étais machiste, tu étais vulgaire, tu étais insensible et tu étais mesquin (…) Et j’ai été folle de toi. » Puis cela, comme pour finir: « C’est parce que tu étais un porc que je suis tombée amoureuse de toi. Le porc a un rapport au présent que les humains n’ont guère (…) Tu aurais transformé l’Elysée en une géante boite échangiste (…). Très peu de gens savaient que ta femme avait fait de toi son caniche. Tu ne pouvais pas envisager de la quitter parce que cette vie de luxe là, c’était impossible d’y renoncer. Elle avait ce rêve d’être l’épouse d’un président. Tu as fait ce qu’elle voulait de toi. Ta vie à toi tu l’avais échangée contre de l’argent, des palais, des voitures (…). Il faudrait que le cochon, au lieu d’être ton inférieur, devienne ton maître. Ce jour là tu abandonneras tes prêches auprès des banquiers. Tu t’enfermeras pour écrire. Tu pourras enfin te débarrasser de toutes les entraves qui s’interposent entre ton désir et ton plaisir. » En d’autres termes, non, tout n’est pas bon dans le cochon !

Nous n’en livrerons pas davantage, tant les propos sont laids et cruels. Nous n’insisterons que sur ce que l’auteur pense être une sorte de dédoublement de la personnalité de son personnage, au travers de la métaphore du cochon, qu’ Eric Aeschimann (journaliste du Nouvel Observateur auquel Marcela Iacub s’est confiée) résume ainsi: « Le drame de Dominique Strauss-Kahn, n’aura pas été d’être trop cochon, mais de ne pas l’avoir été assez. D’avoir détesté la seule part de lui qui était vraie. » Marcela Iacub ne dit-elle pas d’ailleurs, dans le même entretien: « Je me sens obligée de sauver ceux qui sont honnis et méprisés. Le cochon, c’est la vie qui veut s’imposer sans aucune morale, le présent, le plaisir, la plus belle part de l’homme. Et en même temps, le cochon est un être dégueulasse, incapable d’aucune forme de morale, de parole, de sociabilité (…). On ne peut pas faire une société avec lui (…). Cet homme n’est pas un violeur, il n’est même pas méchant. Son problème est que son absence de sensibilité au regard des autres et de lui même le rendent très bête. Il est condamné à tout rater à cause de ce mépris envers autrui. Il est plus à plaindre qu’à haïr. » Qu’en termes délicats ces choses-là sont dites.

Et on en vient à réaliser combien l’amour, l’amour des autres, l’amour de notre pays et de ses citoyens, tient peu de place dans l’engagement politique des hommes et des femmes de la République, aujourd’hui. Et combien le mépris leur tient lieu de morale. Si l’on accepte de faire abstraction du fait que certains ne sont que des malades, il faut bien constater que seul compte pour eux le pouvoir, qui corrompt, et l’argent, qui pourrit. Pour autant, le combat entre l’altruisme et l’hédonisme pervers est-il celui du pot de terre contre le pot de fer ( « Je me suis fait plaisir , entend-on. Un tel aveu, autrefois, aurait été indécent. Maintenant, il donne le ton » , nous dit Jean Sevilla dans son livre Moralement correct, Paris, Perrin, 2007) ? C’est à nous, chrétiens et royaliste, de répondre.

Mais on en vient aussi et finalement à songer que, peut-être, en envoyant Nafissatou Diallo sur le chemin de Dominique Strauss-Kahn, le Christ a voulu sauver une fois encore la France et les Francs du désastre. Souvenons-nous du 25 février 1429 et réfléchissons à ce signe.  « Les voies du Seigneur sont impénétrables » (Romains, 11, 33-36) et « ses instruments inconscients viennent se jeter dans nos jambes comme des roquets dans un jeu de quilles. »  (Louis Pergaud, La Chute, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921).

Le 22 février 2013.

Jean-Yves Pons.

Armoiries des Cardaillac du Quercy , leur lion fut « habillé pour l’hiver » par Louis XIV

8 Jan

Le  blog  du CER est tellement  riche  que , peut-être ? – certaines de ses mises en ligne  vous auront  échappé . Vous  connaissez probablement la passion de Jean-Yves Pons pour l’héraldique. Mais  connaissez  vous les  chroniques  que ce blog , un de ces enfants, consacre à ce que l’Ancien régime nommait parfois «  le noble savoir » ?                                                                                  https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/category/8-heraldique-emblematique-vexillologie/

 Alors  voici quelques lignes  pour  vous permetttre de mieux  comprendre cette passion si variée et  si inventive partagée par un ombre non négligeable d’entre nous .

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La branche aînée des Cardaillac dans le Quercy portait : « De gueules au lion d’argent, armé, lampassé et couronné d’or, et treize besants d’argent en orle ».

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Les branches de la famille de Cardaillac ont adopté différents écus d’armes; ainsi par exemple celle  des Cardaillac de La Capelle obtint du roi Louis XIV le droit de vêtir le lion d’une « cotte d’armes d’azur, semée de fleurs-de-lys d’or », ce qui  constituait un éminent  » acroissement d’honneurs » inspiré des armes de France , la branche de Saint-Cirq Lapopie l’avait obtenu de Louis XII un peu plus tôt.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_de_Cardaillac

Armoriez vos plaques minéralogiques !

24 Déc

Pour bien commencer l’année 2013, retrouvez les armoiries de vos provinces ! Mieux encore, adoptez TOUS l’écu de France –d’azur à trois fleurs de lis d’or– et apposez-le sur vos plaques minéralogiques automobiles, en lieu et place des logotypes (généralement affreux) situés en haut et à droite de ces plaques. La loi n’impose que le logotype de l’Union européenne, la lettre du pays (F pour nous) et le numéro du département.

Vous pourrez trouver ces armoiries auto-collantes sur le site ci-dessous:

www.mon-blason.fr

Tél : 09 65 32 52 53

BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (21 décembre 2012)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

21 Déc

Comme chacun peut le constater, la fin du monde n’a pas eu lieu en ce beau jour de l’Avent. Personne, ou presque ne s’en souvenant, nous avons rappelé hier, en cette veille d’une Apocalypse qui n’aurait pas lieu, que pour nous, royalistes de France, la fin d’un monde avait déjà eu lieu. Nous en donnions même précisément la date: c’était le 21 janvier 1793, à 10 heures vingt-deux, lorsque, sous les roulements des tambours, la tête d’un innocent et peut-être même d’un saint, tomba tranchée par la dure lame d’une guillotine. Car aujourd’hui le Roi n’est plus mais l’absolutisme règne.

« Il reste au moins que, par ses attendus et ses conséquences, le jugement du roi est à la charnière de notre histoire contemporaine. Il symbolise la désacralisation de cette histoire et la désincarnation du Dieu Chrétien. Dieu, jusqu’ici, se mêlait à l’histoire par les Rois. Mais on tue son représentant historique, il n’y a plus de roi. Il n’y a donc plus qu’une apparence de Dieu relégué dans le ciel des principes.«  Ecrivait superbement Albert Camus dans L’homme révolté.

Nous sommes révoltés. Mais, en même temps, l’Avent est pour nous l’espérance de l’avènement. C’ est la période durant laquelle nous nous préparons à célébrer simultanément la venue du Christ à Bethléem il y a deux mille ans, sa venue dans le coeur des hommes de tout temps et son avènement dans la gloire à la fin des temps : « Il est venu, Il vient, Il reviendra !« .

C’est aussi parce que nous somme dans cette attente du jour de Noël que nous allons, dès aujourd’hui, respecter une nouvelle Trêve de Dieu.

L’activité de combat de notre blogue s’en trouvera tempérée. Mais nous retrouverons toute notre vigueur avant que l’an ne soit achevé.

Alors, voici tout de même une petite chronique consacrée à l’ordre du Mérite militaire.

« La France ne peut pas périr, car le Christ aime encore les Francs ! » (Henri comte de Chambord) :

Au début du 18e siècle, l’armée française était constituée d’une vingtaine de régiments étrangers, dont un suédois, neuf allemands, dix helvétiques et du célèbre régiment des gardes-suisses. La grande majorité des officiers étrangers qui encadraient ces régiments était de confession protestante. Il était alors impossible de récompenser leurs actions d’éclat, de bravoure au combat et leur ancienneté, car le prestigieux Ordre de Saint-Louis était réservé uniquement aux catholiques. Conscient du caractère stimulant que peut avoir la possibilité d’être décoré au combat pour un soldat, le lieutenant-général Maurice de Courten, officier suisse et catholique, lança l’idée de la création d’une distinction qui serait réservée aux officiers étrangers protestants.

C’est le Roi Louis XV qui signa, le 10 mars 1759, l’ordonnance « portant création d’un établissement sous le titre du Mérite militaire », inspirée de l’Ordre de Saint-Louis, afin « que cette distinction ait la plus parfaite ressemblance avec celle que procure l’admission dans cet Ordre. » Cette distinction ne sera officiellement appelée « Institution du Mérite militaire » qu’à partir de la décision royale du 13 août 1784.

Elle comportait initialement trois degrés ( 1er, 2e et 3e ), qui deviendront rapidement à l’usage, puis officiellement, à partir de l’ordonnance du 1er janvier 1785, les grades suivants : Chevalier, Commandeur ( appelé aussi Grand-cordon ) et Grand-croix.
La croix du Mérite militaire était attribuée après 18 annuités de services pour les colonels, 20 pour les lieutenants-colonels, 22 pour les majors et 28 pour tous les officiers subalternes. Ultérieurement et à l’image de l’Ordre de Saint-Louis, l’on adoptera une ancienneté de service équivalente pour tous les grades : 24 annuités.
Les titulaires du premier degré ( Chevaliers ), étaient admis dans l’institution lors d’une cérémonie de réception où ils devaient prêter le serment suivant : « Je m’engage à être fidèle à Sa Majesté, à ne point me départir de l’obéissance qui lui est due, et à ceux qui commandent sous ses ordres ; à garder et défendre de tout mon pouvoir son honneur, son autorité, ses droits et ceux de sa couronne ; à ne point quitter son service pour en prendre aucun chez les princes étrangers, sans son agrément par écrit ; à lui révéler tout ce qui viendra à ma connaissance contre sa personne et son état ; et à me comporter en tout comme le doit un vertueux et vaillant chevalier. »

Le Roi Louis XVI, par l’ordonnance du 1er janvier 1785, dota l’Institution du Mérite militaire d’une rente de 32 000 livres, uniquement dévolue aux pensions des titulaires. Les 2 Grands-croix purent recevoir ainsi 4 000 livres chacun, les 4 Commandeurs 3 000 livres chacun et enfin les 12 000 livres restantes furent réparties aux Chevaliers sous la forme de pensions variant entre 200 et 800 livres.

Sous la Révolution, le décret du 1er janvier 1791, transforma l’Ordre de Saint-Louis et le Mérite militaire en une seule et même distinction : la Décoration militaire. Cette dernière, utilisant la croix de Saint-Louis, était décernée sans le serment qui fut ainsi aboli et, à partir du décret du 26 septembre 1791, a pu être attribuée à tous les officiers, quelle que soit leur religion. L’on demanda alors aux titulaires du Mérite militaire, d’échanger leur croix au profit de celle de Saint-Louis. Mais , le 22 septembre 1792, la République était proclamée par la Convention et la monarchie déchue. En conséquence et par le décret du 15 octobre 1792, la Décoration militaire décernée à 5 424 titulaires, fut supprimée.

Pendant la période révolutionnaire, l’armée royale émigrée continua cependant de recevoir normalement et régulièrement l’Ordre de Saint-Louis et le Mérite militaire. Ce dernier était toujours attribué selon les critères d’origine, c’est-à-dire qu’il restait la distinction réservée aux officiers étrangers au service du Roi de France.
Mais, l’on put constater, malgré tout, quelques nominations d’officiers français de confession protestante.
Durant la Restauration, le Roi Louis XVIII, dans son ordonnance du 28 novembre 1814, étendit l’attribution du Mérite militaire « à tous nos officiers de nos troupes de terre et de mer qui ne professent pas la religion catholique, apostolique et romaine. » Le ruban de l’Institution du Mérite militaire devint le même que celui de l’Ordre de Saint-Louis ; le nombre des Commandeurs passa de 4 à 8, celui des Grands-croix de 2 à 4 ; le nombre des Chevaliers n’étant pas limité.

Après les Cent-jours, des croix du Mérite militaire furent décernées, exceptionnellement, à neuf officiers anglais de l’état-major de Wellington, en raison des services éminents rendus par l’armée anglaise d’occupation, pour sa modération et sa bonne conduite.
En 1829, eut lieu la dernière promotion du Mérite militaire, qui n’étant plus attribué à partir de 1830, s’éteindra alors doucement avec ses derniers titulaires. Ces derniers purent, cependant, continuer à porter leur insigne en ayant pris soin de supprimer les fleurs de lys.

 

Le Mérite militaire ne fut donc pas un Ordre, au sens strict du terme, car il n’y avait pas de Grand maître, ni aucun rite religieux particulier, comme pour les autres Ordres de chevalerie. C’est plutôt l’habitude et sans doute un besoin d’équivalence avec les Ordres classiques, qui firent qu’avec le temps, et notamment sous la Restauration, l’on a pu l’appeler, « Ordre du Mérite militaire ».
Cependant, sa proche similitude avec les autres Ordres royaux de chevalerie, tout particulièrement durant la période révolutionnaire sous la forme de « Décoration militaire », permet de le classifier avec eux.

L’insigne de l’ordre du Mérite militaire était une croix dite de malte en or à quatre branches anglées de fleurs de lys d’or et terminées par huit pointes pommetées. Le centre de chaque branche portait une queue d’aronde d’or bordée d’émail blanc sur l’extérieur.

Sur l’avers    : le médaillon central portait une épée d’or en pal, posée sur un fond d’émail rouge et était entourée
par la légende en lettres d’or  PRO  VIRTUTE  BELLICA  ( pour les vertus guerrières ) sur fond
d’émail bleu.

Sur le revers : le médaillon central portait une couronne de laurier en or émaillée de vert, posée sur un fond
d’émail rouge et était entouré d’une bordure émaillée de bleu portant en lettres capitales d’or
la légende « Ludovicus XV Instituit 1759 » en abrégé :  LUD. XV. INST. 1759.

Le ruban était bleu, non moiré, au moment de sa création puis, à partir de la Restauration, fut le même que celui de l’ordre de Saint-Louis, rouge feu moiré.

 Le 21 décembre 2012.
Jean-Yves Pons.