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Un diplôme universitaire » religion, droit et vie sociale » en septembre 2016 dans le cadre de la formation continue à l’Université de Rennes 1. C’est pour faire des ronds dans l’eau ?

20 Juin

20/06/2016 – 07H30 Rennes (Breizh-info.com) – Un diplôme universitaire » religion, droit et  vie sociale »   sera lancé en septembre 2016 dans le cadre de la formation continue à l’Université de Rennes 1. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que sa mise en place – dans une période d’expansion de l’islam et de l’islamisme en France – ainsi que son contenu laissent entrevoir un diplôme touchant presque essentiellement un public  musulman  

D’ailleurs, le comité de prévention de la radicalisation, de la violence et du suicide en milieu pénitentiaire, fondé par  Mohamed Loueslati aumônier régional musulman, se félicite de la création de ce diplôme, qui avait été souhaité et mis en place par le ministère de l’Intérieur et de l’Education nationale après les attentats de Charlie Hebdo.

« Cette formation s’adresse aux cadres religieux, personnels des organismes cultuels, des collectivités territoriales, ceux des différentes administrations (enseignement, milieux soignant, carcéral, maison de retraite), des entreprises souhaitant avoir un «référent religion», aux membres d’associations diverses, aux étudiants, voire à toutes les personnes intéressées par l’exercice de la liberté religieuse au sein de notre société laïque.» indique l’université, dans une langue de bois particulièrement affutée.

« Cette formation répond à une demande exprimée tant par les pouvoirs publics que par divers cultes. Au sein de la société française, de nombreuses religions coexistent. Le but du droit, notamment à travers le principe de laïcité, est d’assurer un vivre ensemble dans le respect de la liberté de conscience et du libre exercice des cultes. Cette formation a donc pour objectifs de présenter cette situation de pluralité de religion et surtout de faire connaître les règles permettant d’assurer ce vivre ensemble.

Elle permettra aux stagiaires de mieux cerner la place garantie par le droit aux religions, notamment au sein des entreprises, des services publics, dans l’espace public ou dans les relations entre particuliers.» expliquent les responsables d’une formation qui « devrait permettre aux diplômés de se proposer comme référent ‘religion’ au sein d’entreprises ou d’administrations».

L’enseignement sera dispensé de septembre à février, durant chaque année universitaire.

Outre de la méthodologie, une partie « droit, éthique et religion » présentera les différents systèmes normatifs (droit, éthique, religion), mais aussi les sources du droit ou la présentation des droits fondamentaux. Une unité d’enseignement portera sur « l’État et les religions » (principe de laïcité et neutralité de l’État et des services publics). On cherche encore les exemples de dérives dans le service public concernant la religion catholique, ou bouddhiste …

Il sera aussi question de « l’individu et la liberté de religion », au travail, dans la vie personnelle, familiale, ou dans la sphère publique. Mais aussi du droit des organisations religieuses ou encore d’histoire religieuse de la France et de sociologie religieuse, et enfin de la présentation des quatre principales religions du pays : le catholicisme, l’islam, le judaïsme et le protestantisme. Les autres religions ne seront pas étudiées …

A noter que ce diplôme- subventionné en partie par l’État contrairement à d’autres diplômes universitaires – existe déjà dans d’autres universités, comme à Lille, Bordeaux ou à Toulouse par exemple.

En faillite dans sa « guerre » contre l’islamisme, le gouvernement tente, comme il peut, par des moyens qui laissent sceptiques beaucoup d’observateurs, d’endiguer la montée de l’islam radical en France. Le tout sans jamais ‘nommer’ la cible visée par ces mesures, mettant toutes les religions ‘dans le même panier’, principe de non discrimination oblige. Sans pour autant tromper qui que ce soit.

[cc] Breizh-info.com, 2016 dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine

http://www.breizh-info.com/2016/06/20/45142/rennes-diplome-religion-universite-islamisme-islam

Fusion de communes ; un autre moyen pour déraciner les Français.

25 Déc

Exit le château et la plaine

C’est lancé : Ambillou-Château (49700) Louerre (49700) et Noyant-La-Plaine (49490) deviendront « Tuffalun »À partir du vendredi 1er janvier 2016, les communes d’Ambillou-Château, Louerre et de Noyant-la-Plaine ne feront plus qu’une.

Le nom « Tuffalun », mélange du tuffeau et du falun, les deux composantes minérales du sous-sol des trois communes, a été choisi comme nom de la nouvelle entité communale de ces trois villages du Grand Saumurois. Ce regroupement a été lancé ce lundi 7 décembre 2015, lors d’une réunion à distance entre élus Castel-Ambillouçois, Loriens et Noyantais…
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http://www.saumur-kiosque.com/infos_article.php?id_actu=28144

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LOUERRE. D’argent, chaussé de sinople, à l’arbre de gueules accompagné de deux anilles d’or

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NOYANT : d’argent à trois fasces de gueules

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LA CHAPELLE BASSE-MER . D’hermine à la bordure de gueules et au lambel d’azur en chef

LA CHAPELLE BASSE-MER , Bas-lieu des massacres républicains, perdra son statut de commune

http://www.breizh-info.com/31088/actualite-historique-patrimoine/la-chapelle-basse-mer-une-commune-se-bat-pour-ne-pas-voir-sa-memoire-effacee/

https://chartedefontevraultprovidentialisme.wordpress.com/2015/11/25/comment-ripoliner-le-souvenir-dun-massacre-commis-par-les-republicains-a-la-chapelle-basse-mer-en-loire-atlantique-44450/

Nantes. Clientélisme et communautarisme : le système Ayrault au prisme des subventions .

1 Mar

25/02/2014 – 08H00 Nantes (Breizh-info.com) – Les subventions accordées par les municipalités socialistes de Bretagne sont motivées le plus souvent par des préoccupations clientélistes et communautaristes. Nantes est à cet égard exemplaire. Depuis un quart de siècle le système Ayrault, outre une forte fiscalité, se caractérise en effet par le poids des subventions aux associations qui atteignent le quart du budget de la ville. A partir de celles accordées en 2013, analyse d’une politique qui a permis au PS de contrôler la cité des ducs et d’en faire un de ses meilleurs bastions.

Nantes dépense en moyenne le double  des autres villes dans ses subventions aux associations : 330 € par habitant contre une moyenne de 166 €.  …. 1100 d’entre elles environ apparaissent dans le compte administratif de la ville et se partagent le gâteau de 95 millions d’euros pour 2013.  Ce sont celles pour qui, selon le site de la ville Nantes.fr  « le projet et les actions présentent un intérêt public local et s’intègrent  dans les politiques publiques de la ville ».

Dans les documents – difficiles d’accès – de la ville, ce qui relève du droit public et du droit privé est souvent mélangé. L’opacité est grande, les subventions aux associations sont présentées par ordre alphabétique en indiquant parfois celles  bénéficiant de locaux gratuits. Les associations sont en outre souvent indiquées par des sigles. Si le lecteur sait ce que veut dire CGT ou LICRA, il ignore ce que sont ADELIS, ADES, AGIR ou ABCD… sans compter  les multiples et diverses dénominations comme Lézards animés, Songo ou Toubab à kanel…

La culture « facteur de cohésion sociale » se taille la part du lion dans les subventions municipales. Citons : Royal de Luxe, phare du système Ayrault avec 2 millions d’euros, Songo : 1,7 M €, Trempolino pour les « nouvelles musiques » : 1,1 M € et tout ce qui tourne autour de « La Fabrique » comme Mire, ciné expérimental : 120 000 €, la Culturelle de l’été (Les rendez-vous de l’Erdre ) 805 000 €, le Centre chorégraphique nantais (Brumachon) : 270 000 € , Culture barbars : 55 000 € …

Le dispendieux et contesté « Voyage à Nantes » est devenu une société publique locale. Il n’est plus destiné à distraire les Nantais mais à « renforcer Nantes comme destination touristique de niveau international ». S’il échappe désormais au domaine culturel, il n’en  reçoit pas moins près de 9 M €.

Pour les « jeunes » c’est la sous culture des ghettos noirs américains, le Hip Hop, c’est-à-dire la promotion du  rap et des tags  qui a la faveur municipale. Depuis plusieurs années, Nantes encourage ainsi le festival Hip Hopsession dont une édition se déroule en ce moment. « Rap à Cité » –  la bien nommée – reçoit 34 000 €  sans compter les rallonges. « Humanit Art » reçoit 13 700 € pour promouvoir le  graff.  Nantes Passion, le magazine de la municipalité  explique doctement que « sur les murs, au sol, au plafond… le graff et ses dérivés comptent parmi les disciplines phares du hip hop ».  Les Nantais qui ont vus leurs  murs tagués par ces « artistes » apprécieront.

Le sport arrive derrière la culture dans le montant des subventions accordées par la ville, là aussi c’est aussi pour soutenir « sa fonction éducative et de cohésion sociale »  et en particulier « le rôle de solidarité des clubs de quartier ».  Les clubs de haut niveau  reçoivent  8 M €, L’Hermine basket en recevant 706 000, Nantes Rezé basket 700 000, le  Rugby 300 000 €. Le Volley ball est particulièrement choyé : Nantes Rezé Volley 500 000 €, Volley féminin 330 000, Volley atlantique : 42 000 €. Le Hand-ball aussi : 1M € ! ASPTT :210 000, aviron 158 000 … Tous les sports sans exception y compris les moins pratiqués sont subventionnés, en particulier les « pratiques émergentes » (sic) comme le Futsal cher aux « jeunes ». Une multitude d’associations  de quartier, ou liées à des établissements d’enseignement, bénéficient de subventions, sans oublier les associations sportives liées à la fédération Léo Lagrange très proche du PS. Leur montant est au total proche du double réservé aux investissements de la mairie dans ce secteur. Ne vaudrait-il pas mieux encourager la pratique des sports pour le plus grand nombre par des équipements nouveaux, terrains, locaux, matériel, plutôt que le versement de ‘cash’ à des associations souvent non contrôlées ?

Les syndicats ne sont pas oubliés : CGT, CFDT, FO reçoivent 24 000 € chacune, l’UNSA, peu représentative 19 000 €, FSU, CFTC et CFE-CGC 12 000 chacune. Mais l’ACENER (comités d’entreprise) proche de la CFDT perçoit 72 000 € et «L’aide ubiquiste aux C.E » proche de FO 40 000 €.

Ce que la municipalité socialiste nantaise appelle « l’égalité et l’intégration citoyenne », le renforcement de la démarche « Label Diversité » ou la « lutte contre la discrimination raciale » n’est pas oublié : Tissé métisse reçoit ainsi 270 000 €, Métisse à Nantes 32 000 €, Marumba (valorisation de la diversité par la danse et la musique) 21 200 € … L’aide aux ‘sans papiers’ : CIMADE, GASPROM … sont aussi subventionnés ou aidés par le biais de locaux gratuits. Au chapitre ‘repentance’, Mémoire de l’Outre mer reçoit 51 000 €, les Anneaux de la mémoire 25 000 € et sont logés gracieusement.

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Le Mémorial de l’abolition de l’esclavage ou le culte de la repentance. Photo Groume/Flickr (cc)

Dans les « quartiers sensibles »  on n’est pas en reste : 23 000 € pour Regart S à Bellevue, 50 000 € aux Dervallières pour Yolk – la Fabrique » (production de CD). A Malakoff plusieurs associations sont subventionnées avec locaux gratuits, citons C West qui a pour but de : « permettre aux jeunes de s’impliquer dans la vie de leur quartier et prendre conscience des enjeux liés à leur passivité et leur inactivité ‘sociale et citoyenne’ sur leur condition de vie actuelle et future ». Une telle profession de foi mérite d’être encouragée : 48 000 €.

Le lobby laïc au travers de la FAL (Fédération des amicales laïques) est particulièrement choyé par la municipalité de Nantes : près d’un million d’euros de subvention avec mise à disposition de locaux gratuits auxquels se rajoutent plus de 230 000 € pour une vingtaine d’amicales d’écoles – avec aussi des  locaux gratuits pour la moitié d’entre elles. Francas et Léo Lagrange, pépinières des futurs cadres du PS, reçoivent eux 356 000 €, avec locaux bien sûr.

Des subventions à caractère « sexiste » méritent d’être relevées, comme les 140 000 € versés au très féministe et gauchisant  Espace Simone de Beauvoir, ou les 22 000 € pour le Centre Gay Lesbien Bi Trans (…) de Nantes. Les différentes subventions publiques représenteraient 95 % du budget de ce centre.

Le communautarisme est encouragé. Ainsi l’Association musulmane culturelle de Nantes  Nord est subventionnée à hauteur de 39 000 € plus locaux gratuits. Sur un site communautaire elle est classée dans  « les professionnels du domaine halal ». Rappelons que les années précédentes l’association culturelle turque  – sur son site, culturel et cultuel ne sont pas différenciés – s’était  vue garantir par la ville de Nantes un emprunt de 347 000 €, tandis que la mosquée de Malakoff dépendant de l’islamiste UOIF recevait une subvention de 200 000 € pour son centre culturel. Doit-on rajouter dans la rubrique communautarisme le creusement d’un lac dans la ville de Dschang au Cameroun pour la somme de 240 000€ ?

Pour en finir, les médias « amis » ne sont pas oubliés aussi. Radio Alternantes, post gauchiste, reçoit encore 25 000 €, la Radio Européenne Nantaise « pour une conscience européenne démocratique et citoyenne » reçoit 30 000 € et bénéficie de loyers à loyer réduit. Télé Nantes, société privée, dont la municipalité nantaise n’a vraiment pas à se plaindre est subventionnée à hauteur de 250 000 €.

« Le fait associatif est un vecteur de la démocratie locale » (Nantes.fr.). Cela Jean-Marc Ayrault l’avait indiscutablement bien compris. la politique suivie dans ce domaine lui aura permis de mettre en place un système fondé sur le clientélisme et le communautarisme. En plein accord avec ses convictions mondialistes. Tout se tient.

[cc] Breizh-info.com, 2014, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine. 

http://www.breizh-info.com/8878/actualite-politique/nantes-clientelisme-communautarisme-le-systeme-ayrault-au-prisme-des-subventions/

26 janvier 2014. « Jour de colère ». Témoignage d’un journaliste de Breizh-info.com sur les geôles du pays des Droits de l’Homme (Sic)

30 Jan

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http://tempsreel.nouvelobs.com/justice/20140128.OBS4101/jour-de-colere-2-mois-de-sursis-pour-sybille-et-louis-marie.html

Exclusif : Paris. Notre journaliste arrêté témoigne (Jour de Colère)

Publié par : redacbzhinfo 29 janvier 2014 dans A La Une, Société 10 commentaires

29-01-2014 – 09h40 Paris (Breizh-info.com) – Je suis journaliste indépendant. Jeune, breton, épris de liberté. Actuellement, je suis particulièrement les diverses contestations qui émergent en France ces derniers mois. Je travaille principalement pour deux médias – BreizhInfo et NetworkVisio. Dimanche, je faisais mon travail en couvrant la manifestation du Jour de Colère. Comme près de 260 autres personnes, j’ai été raflé sur la place Vauban, pendant que les vrais fauteurs de trouble s’échappaient. Cette nuit, plusieurs autres confrères de divers médias indépendants – et des photographes free-lance – ont connu les geôles de la République.

Une colère aux cent mille visages

Bigarrée, la manifestation du Jour de Colère comptait autant de gens qui avaient décidé de quitter la Sécurité sociale et se battaient contre l’État pour y arriver que de chefs d’entreprise écrasés de charges. Autant de catholiques qui se battent encore et encore contre la politique du gouvernement dirigée contre la vie et la famille que de personnes issues d’autres religions qui en ont assez, comme le note Leïla, de Grigny, « de ce gouvernement qui monte les communautés les unes contre les autres, pour éviter qu’elles ne s’entendent contre lui ».

Défilaient aussi des associations qui luttent contre les prises d’intérêt illégales des maires qui profitent des éoliennes pour s’enrichir en bradant à vil prix les paysages de leurs communes. Des dieudonnistes en rogne contre la mise à mort publique de l’humoriste controversé. Des routiers. Des agriculteurs. Des ouvriers. Des nationalistes. Des antieuropéens. Des républicains. Des Lorrains, des Toulousains, des Alsaciens, des Bretons, des Corses, des Tourangeaux, des Orléanais, portant fièrement les drapeaux de leurs contrées. Des juifs, des catholiques, des athées et des musulmans, bras dessus, bras dessous.

Loin du cliché, véhiculé par une certaine presse – leur presse, qui tire goulûment sur les subventions d’État pour ne pas couler tout à fait – d’une manifestation de fascistes et d’antisémites. Quelques slogans pas très fins, une soixantaine de nationalistes radicaux sur des dizaines de milliers de manifestants, deux ou trois pancartes franchement insultantes sur les centaines brandies le long du cortège permettent à cette presse à plat ventre devant le pouvoir qui la nourrit, très éloignée des préoccupations du Français moyen, de marquer d’opprobre toute la manifestation.

Ce dimanche pourtant, dans sa diversité, c’était la colère de France qui défilait. Loin de la lassitude, plus loin que le ras-le-bol, une colère active, aux milliers de visages, une colère brute qui refuse de se laisser canaliser par les médiums habituels – partis et syndicats – l’expression d’un peuple tant opprimé et décrié, et qui se lève tout d’un coup.

Les heurts de la place Vauban

Il est 18 h sur la place Vauban, derrière les Invalides. Un demi-cercle de pierre. Au nord, le muret et les fossés des invalides. Derrière, trois larges artères qui convergent : l’avenue de Villars au sud-est (Bd des Invalides), l’avenue de Breteuil plein sud, l’avenue de Ségur au sud-ouest. Le long du muret, l’avenue de Torville bute d’un côté dans l’École Militaire, de l’autre côté sur le prolongement au nord du boulevard des Invalides. À 17 h 30 déjà, en remontant du Montparnasse, j’avais vu les CRS former un cordon épais fermant tous ces axes. La souricière parfaite était en train de se préparer.

Devant la tribune, une petite centaine de jeunes sont survoltés. La foule se presse, inquiète, sur la place. Les organisateurs donnent le signal de la dispersion à 18 h 09. Presqu’aussitôt, des heurts éclatent entre ceux qui veulent sortir et les CRS – ou gendarmes mobiles – qui les en empêchent. Il n’y a pas de sommations lorsqu’à 18 h 15, la première grenade lacrymogène est tirée. Une grande partie de la foule réussit pourtant à s’écouler entre 17 h 45 et 18 h 20 par le nord-ouest de la place, du côté du métro – fermé.

À 18 h 20, il reste plusieurs centaines de personnes. Et déjà des heurts sur l’avenue de Breteuil, barrée par un imposant dispositif policier. Une étincelle a fait réagir ces jeunes survoltés qui se seraient refroidis si on les avait laissés partir : la présence d’une cinquantaine de policiers en civil, habillés en noir, la matraque entre les mains. Leur rôle reste trouble. Selon les uns, ils auraient incité les jeunes à en découdre. Selon d’autres, comme le 26 mai dernier aux Invalides, ils auraient montré l’exemple, lançant ainsi l’engrenage infernal de l’émeute. Un manifestant sur la place les a vus « tout à l’heure, à droite ils étaient devant les CRS, puis ceux-ci ont fait mouvement et ils sont passés à gauche ». Sur l’avenue de Breteuil. Une vingtaine d’autres se placent vers l’avenue de Ségur.

Quoi qu’il en soit, la place forme une souricière parfaite. Vers 18 h 25, le bar au coin de l’avenue de Breteuil voit ses lourds pots de fleurs scellés arrachés par une cinquantaine de manifestants déterminés à enfoncer un barrage policier situé juste à côté. Des grilles enlevées autour de la tribune servent de bouclier improvisé à plusieurs manifestants, qui chargent avec. Alors qu’une cornemuse rythme les charges et les retraites, le gaz déferle par vagues sur la place, noyant les lieux dans une fumée épaisse aux couleurs de l’éclairage public et des fumigènes rouges des manifestants.

Les charges des manifestants n’enfoncent pas le cordon, qui s’épaissit et se rapproche. À 18 h 40, c’est la dernière d’entre elles. Le nuage de gaz étouffe littéralement des jeunes gens qui s’étaient réfugiés entre les algecos et camions de l’organisation de la manifestation et les fossés des Invalides. À partir de là, les jeunes masqués, voire casqués et pour certains « lookés » – foulards et blousons de cuir –, disparaissent comme par enchantement. L’un d’eux me confiera deux jours plus tard, sous le couvert de l’anonymat : « on a vu la nasse se refermer. Là, le mot d’ordre c’était de s’écouler par petits groupes, pour aller mettre le bintz ailleurs ». Il y a eu notamment des heurts à l’Odéon, où des manifestants très déterminés ont barré le carrefour avant de se faire poursuivre dans les rues avoisinantes par les forces de l’ordre.

Raflés et parqués dans le froid

Ne restent sur la place que des manifestants pacifiques qui essayaient de sortir de ce bourbier. Mais aussi plusieurs journalistes. Je fais état à sept reprises de ma qualité de journaliste aux CRS, justificatif à la clé, en essayant de sortir à divers endroits de la nasse. Nulle réaction. Si ce n’est que les CRS disent : « vous attendez, on va relâcher tout le monde lorsque la situation sera calmée ». Or la nasse se referme, poussant les deux cent cinquante et quelques personnes vers le coin nord-est de la place, à l’angle entre l’avenue de Torville et l’avenue de Villars. C’est donc en connaissance de cause qu’ils m’embarquent parmi les premiers. Palpé et fouillé, je me retrouve dans un bus converti en « panier à salade ».

Le bus est plein à craquer. Mélange improbable de dieudonnistes issus des cités d’Ile de France, de jeunes catholiques très déterminés dont c’est déjà la troisième ou la quatrième arrestation, d’ouvriers, de pères de famille. Quelques filles sont avec nous. Il y a un étudiant en journalisme (IFJ). On attend. Il fait chaud au moins. Puis à très lente allure, le bus remonte vers le nord de Paris, jusqu’à la rue de l’Évangile. On chante, il y a une ambiance d’enfer là-dedans. La MarseillaiseShoananasOn n’entend plus chanter les CRSHollande la sens-tu, la quenelle, sur l’air du Chant des Partisans. Les classiques de l’Action française. La Blanche Hermine. Des chants scouts. La Catholique. On crie : Hollande, t’es foutuSocialistes, fils de putesConducteur, appuie sur le champignon – surtout quand il, enfin elle, entreprend de faire demi-tour sur place pour aller dans le XVIIIe, et manque de peu de rentrer dans un fourgon de police qui arrive en face. Un petit tour vers le commissariat du XVIIIe. On revient à l’Évangile. Brinquebalés sur les voies ferrées, on arrive aux locaux de la BRF qui sert souvent lorsqu’il y a des rafles de manifestants.

On débarque. Lentement. A mesure qu’on nous rend nos cartes, on se retrouve parqués dans un enclos entre des barrières gardées par deux lignes de CRS. Plusieurs heures dans le froid s’écoulent. D’autres cars – saladiers arrivent. Tout le monde se tasse. Un vieux monsieur fait un malaise. Deux jeunes filles, aussi, plus tard. Peu à peu, les CRS nous vident par petits paquets de quatre. L’on se tasse aux barrières.

Je finis par me rapprocher des barrières et passer. Mis contre le mur; palpation, poches vidées. J’entre. Les auditions se font dans un petit bureau où trois officiers de police travaillent à la chaîne. Le PV est déjà tapé, il reste à mettre le nom de la personne. Je demande à voir un médecin, me faire assister par un avocat (Me Pichon, du CARP) et ne signe pas pour ne pas reconnaître le motif unique qui nous est à tous attribué pour notre interpellation : « participation à un attroupement armé ». Sur le PV, il est indiqué que ma garde à vue a commencé à 19 h 15. Embarqué à 18 h 55, je n’ai eu mes droits  signifiés qu’à 22 h 50. C’est illégal. Et la mention du PV aussi. Rien que ces deux illégalités suffisent à annuler la procédure pour vice de forme.

Un long couloir. On ressort, juste derrière l’enclos de tout à l’heure. Des barbelés du côté des rails de la Grande Ceinture que l’on devine au loin. Des barrières qui nous séparent de nos camarades de tout à l’heure, pas encore gardés à vue. Un CRS vide son sac : « c’est inadmissible, ce qu’on nous fait faire. C’est une rafle. C’est juste pour vous emmerder à bloc. Ne vous laissez pas casser. Toutes les procédures sont viciées et vous serez relâchés ». Par manque de moyens et lassitude, les policiers et gendarmes mobiles – décimés par les suicides, huit depuis début décembre dans la gendarmerie, plusieurs au sein de la police – bâclent le travail.

Je vois mon amie photographe free-lance, qui sera emmenée dans le XVe et fera 24 h de GAV tout rond. Là bas, quatre manifestants seront parqués dans des « cages puantes, mais chaudes » et ils seront nourris. Un homme entre deux âges s’effondre, pris d’un malaise. Deux policiers l’emmènent vers l’intérieur. J’ai toujours mes effets. Je confirme aux médias pour qui je travaille qu’il va être difficile de compter sur mes articles avant le lendemain soir, au mieux. J’appelle brièvement ma famille. Je prête mon portable à un gars qui fait de même.

Près de la porte, un touriste slovène est complètement ahuri. Nous conversons en anglais et je comprend qu’il était venu admirer le dôme des Invalides côté place Vauban, avant de se retrouver pris dans la rafle. Je lui explique ce qu’il en est,  qu’il sera probablement relâché d’ici 24 h. Il ponctue mes explications de : « It’s incredible ! ». Je lui propose d’alerter son ambassade en profitant du fait qu’il n’a toujours pas été pris en charge par un commissariat et qu’il a toujours son portable. Entre la lecture des droits et la prise en charge, il doit y avoir une heure maximum. Ce délai légal est largement dépassé. Certains d’entre nous ne seront évacués dans divers commissariats que loin dans la nuit. Une fille finit même à Créteil – il n’y a plus de place dans les geôles de Paris et de la petite couronne.

GAVé à l’Évangile

Il est une heure du matin quand je dépose ma fouille, mes lunettes et intègre ma cellule. Nous sommes seize à rester à l’Évangile. « Les meilleures geôles de Paris », d’après un policier. C’est vrai qu’elles sont neuves. Et propres. Même si, dans ma cellule, il n’y a pas d’eau et l’interphone a été débranché. On bourre la porte de coups de pied quand on a quelque chose à demander. Bien que nous ayons été parqués sans manger, nous ne mangerons pas cette nuit. Pas même un biscuit. Depuis le matin, je n’ai rien mangé et suis aux limites du vertige. Macache. Mais puisque l’État veut être con et « nous emmerder à bloc », dans ce domaine là, j’ai de la ressource.

Deux heures et demie du matin. J’arrache quelques bribes de sommeil, pelotonné dans une position inconfortable sur la couche glaciale. Le verrou claque. Debout, départ pour l’Hôtel Dieu, avec un picard raflé place Vauban aussi. On se retrouve parqués dans des cellules aux UMJ. Là au moins c’est chaud et on peut dormir. Dans la cellule voisine, plusieurs manifestants issus d’une cité francilienne. Dans la nôtre, outre mon compagnon d’infortune, un accidenté qui n’avait pas son assurance et un homme taciturne qui dort. Le jeune picard a lui été atteint par la GAV. C’est sa première, et il plie. Je l’exhorte à tenir. Et à demander l’aide juridictionnelle : l’État nous a arrêté, il veut nous faire payer, c’est lui qui paiera. Père ouvrier, mère agent de maîtrise, ce n’est pas là l’archétype du bourgeois catholique. Et c’est l’emploi – ou plutôt son absence pour les jeunes – qui l’a incité à défiler.

Un médecin d’origine roumaine – trahi par un imperceptible accent – me voit. Je lui explique, pour la nourriture. Une infirmière fait l’aller-retour vers le quarteron de policiers groupés autour du téléphone. Deux jeunes policiers essaient de me brancher sur Notre-Dame des Landes – dossier que je connais bien pour couvrir régulièrement les événements. Je leur répond que la protection des sources est pour moi un impératif sacré, surtout quand elle concerne mon peuple. Je me mure dans le silence. J’obtiendrai un quignon de pain, longuement savouré sous la garde de deux policiers qui craignent que je ne m’envole. Après le rendez-vous, retour à la cellule en attendant le fourgon. Un jeune nordiste, raflé au même endroit que nous, entre. Lui aussi est déterminé et se fera assister par maître Pichon. On parle de résistance, d’aide juridictionnelle et de vices de forme. Il est GAVé dans le XVIIIe.

Retour à la cellule. Miracle ! bien que le poste soit prétendument en rupture de stock de repas chaud, à quatre heures trente on me réveille de nouveau en m’apportant une cuiller en plastique et une barquette de raviolis chauds et non périmés. Toujours défendre ses droits, être déterminé, il n’y a que ça qui marche. Ne jamais croire surtout au « good cop », le gentil flic qui vous apporte un verre d’eau ou une cigarette pour vous délier la langue. Car être affamé et parqué dans le froid, puis réveillé la nuit, fait partie de leur stratégie : affaibli, le prisonnier est plus coulant. Raté. Je graille, et je m’endors en grelottant. Le matin à 8 h, ils nous donneront en plus deux biscuits et du jus.

Réveil de nouveau à 8 h et demi. Ils ont égaré les coordonnées de mon avocat. Je leur fais apporter mon portable, pour les leur redonner. Il est allumé, et ils ont regardé mes contacts. Peine perdue : tous ceux qui auraient pu les intéresser, je les ai supprimés encore dans le panier à salade. Ils me font espérer une audition dans la matinée. Parfait. Si tout va bien, ce soir je suis sorti. Je me rendors.

Neuf heures. Le discours change, ils sont plus gentils que la veille. Raison? Le tribunal renonce à défendre des procédures farcies de vices de forme et à risquer de s’emplir de ridicule dans un procès public. Il prépare donc une ordonnance pour nous, à la condition que nous renoncions à l’assistance d’un avocat. Le deal est bon, ça nous fait sortir à deux heures de l’après-midi au plus tard, on prend. Nous ne sommes plus que quinze. Une fille qui avait des examens ce matin a été extirpée de sa cellule dans la nuit. Une demi-heure plus tard, je vais aux empreintes. À dix heures et demie, audition. Les deux OPJ sont détendus, leur expression empreinte de sympathie quand ils lisent sur leur PV que je suis journaliste. D’autres confrères de la presse indépendante – Agence Info Libre, Nations Presse (nationaliste), le Rouge et le Noir (catholique) et des photographes ont aussi été raflés cette nuit. Ils le savent, et toute leur expression prouve leur profond désarroi.

PV imprimé. J’indique ne pas reconnaître le motif et refuser le recours à un avocat. Je signe. Pendant qu’un policier réimprime le PV où il y a quelques coquilles, il pense tout haut : « c’est bien qu’il y ait des jeunes comme vous qui vous mobilisez et qui vous creusez le ciboulot pour comprendre comment le pays en est arrivé là ». Dans le mur. Au loin, un train de céréales brinqueballe sur la grande ceinture. Mon esprit s’évade, suivant les rails de l’ex Compagnie du Nord.

À midi, le verrou de la cellule claque encore. « Vous venez récupérer votre fouille, vous allez être libéré ». Remettre les lacets, ranger tout ce qui a été sorti en vrac du porte-feuille. Une, deux, trois, quatre signatures. Je sors avec un compagnon d’infortune qui retourne chez lui dans le Cambraisis. La porte du commissariat se referme derrière nous. L’air frais de Paris nous serre dans son amicale étreinte. Nous voici à nouveau libres. Mais jamais ils ne mettront jamais en cage notre droit à informer l’opinion

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